Mélenchon : Macron prépare la riposte #cdanslair 12.05.2022
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. C'est le sondage qui sonne la mobilisation générale. À un mois du scrutin, la gauche réunie fait la course en tête avec 28% d'intention de vote au premier tour. Alors on sait la fragilité de ces sondages pour des législatives, mais l'opération Élisez-moi à Matignon de Jean-Luc Mélenchon a fonctionné. Emmanuel Macron prend le temps, lui, de caler sa stratégie. Le nouveau Premier ministre devrait être annoncé en début de semaine prochaine avec comme urgence pour lui ou elle la sauvegarde du pouvoir d'achat.
Face au candidat de Renaissance, mardi soir, Emmanuel Macron a ciblé le patron de la France insoumise, le renvoyant à un programme qui creuse les déficits et une ligne qui fait le choix du communautarisme. Le nouvel attelage de la gauche qui se retrouve bien embarrassé avec les accusations de violences sexuelles qui visent l'un de ses protégés. Face à Mélenchon, Macron prépare sa riposte, c'est le titre de cette émission, avec nous pour en parler ce soir, Bruno Jeudy. Vous êtes rédacteur en chef au service politique de Paris Match. Je rappelle vos deux derniers articles, heureux comme Castex à Matignon et Mélenchon, l'éloge de la patience. Nathalie Saint-Cré qui est avec nous ce soir.
Vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Caroline Vigoureux, vous êtes journaliste politique à l'Opinion, chargée du suivi du Parlement et de la majorité. Vous êtes l'auteur du livre Le Mister Taubira, paru aux éditions Plon. Enfin, Mathieu Plannes, vous êtes économiste, directeur adjoint du département Analyse et Prévisions à l'Observatoire français des conjonctures économiques. Citons ce soir l'économie française 2022 aux éditions La Découverte. Bonsoir à tous lesquels. Bonsoir. Merci de participer à ce C dans l'air en direct. Il y en a un qui est content, Bruno Jeudy, c'est Jean Castex. Il est content de plier bagage.
Oui, il n'est pas encore parti, mais il est quand même assez regretté puisqu'on n'arrête pas de dire dans la majorité, il n'arrête pas de dire qu'il faudrait trouver un Castex féminin. Donc quand il a été nommé, souvenons-nous, ce n'était quand même pas forcément le profil attendu. Il est même un peu arrivé sous les colibés, il n'était pas pris tellement au sérieux.
Puis ce haut fonctionnaire, finalement, s'est imposé comme un Premier ministre qui pouvait à la fois travailler avec Emmanuel Macron, qui est resté à sa place et qui, quelque part, a un peu, je trouve, revalorisé la fonction de Premier ministre sous le régime du quinquennat où, au fond, il faut s'adapter à l'hyperprésident, ce qu'on veuille ou non, tout est maintenant régi par le président de la République.
Je mets un petit peu de malice. Il a réussi parce qu'il n'a pas existé ?
Il a réussi parce qu'il a peu existé ou quand il a existé, il a existé à sa place sans jamais vouloir faire de l'ombre au président. On l'a vu, ça n'a pas fonctionné aussi bien avec Édouard Philippe. En tous les cas, on l'a bien vu sur les derniers mois, notamment le premier confinement. Alors que Jean Castex, lui, qui a eu le droit à quasiment deux autres confinements derrière, lui, il a su faire par rapport à la personnalité et à l'hyperprésidence d'Emmanuel Macron.
Mais qu'a-t-il laissé comme bilan à Matignon ? Qu'est-ce qu'il a su faire ? On a bien compris qu'il fallait s'installer dans le rôle du collaborateur, ce qu'il a assumé, vous l'avez dit, depuis le début. Mais est-ce qu'il a imposé une patte ? Est-ce qu'il a su faire travailler son équipe ? Est-ce qu'il a réussi à faire émerger des talents ?
Je vais le citer. Allez-y. Je l'ai vu. Il est assez lucide sur ce qu'on retiendra de lui. Un, je resterai le premier ministre du Covid, de la Covid, comme il dit, parce que c'est quasiment occupé tous les mois qu'il leur a passé à Matignon. Et ça s'est arrêté, on va dire, en février ou mars, avec la fin de la vague Omicron. Il s'en va d'ailleurs au moment où on va enlever les dernières mesures barrières, notamment les masques dans les transports. Donc vraiment, il le dit lui-même, il est assez lucide. Et la deuxième chose, le premier ministre des Territoires. C'est une de ses fiertés.
Au fond, il dit qu'il a un peu réconcilié Emmanuel Macron avec les élus locaux, il a mis un peu d'huile dans les rouages, les élus locaux, les partenaires sociaux. Voilà, c'est un petit peu ça son autre marque. Mais c'est vrai que l'essentiel de son travail, ça a été la Covid, et des choses qui sont restées dans l'ombre, parce que la Ve République fonctionne de telle manière que le Premier ministre reste quand même en gros le super-chef de l'administration française, et les arbitrages et les décisions passent par Matignon. Mais il part sans regret, il dit lui-même qu'il n'est pas exténué, mais que les vacances ne nuiront pas.
En tous les cas, oui, il dit ça, il dit ça assez librement, et il dit surtout qu'il a tout refusé, il ne veut pas assiéger au Parlement, il ne veut pas être ministre, il n'ira pas travailler pantoufé dans une grande entreprise privée, et on le retrouvera dans quelques mois, dans, à mon avis, une institution parapublique, une fondation ou quelque chose comme ça.
– Nathalie Saint-Cré qui lui a demandé de rester le président ?
Il aurait bien aimé qu'il reste ou c'était exclu dès le début ? – C'était exclu, il ne peut pas à la fois avoir un discours sur le nouveau quinquennat, en disant que le quinquennat est nouveau, avec un peuple nouveau qui est élu, un président nouveau pour un projet nouveau, et en plus garder quelqu'un. qui effectivement restera dans l'esprit des Français, comme surtout le monsieur des confinements qu'il était avant, et comme quelqu'un, il a besoin d'un nouveau souffle.
Alors il a besoin d'avoir quelqu'un qui a les avantages de Jean Castex, c'est-à-dire, comme le disait Bruno, pas trop d'ombre, qui n'a pas d'agenda personnel, qui ne commence pas à avoir l'œil rivé sur la ligne bleue de 2027 dès lors qu'il arrive à Matignon. Il a son fameux portrait robot qu'on nous a ressassé depuis trois semaines, écolo, productif et social, voire une femme, et il faut que ce soit un peu de Castex, mais un peu proche des gens.
Mais pour rester sur Jean Castex, est-ce qu'il a réussi à fédérer les ministres ? Qu'est-ce que les ministres disent de lui ? Au moment où, c'était son dernier conseil des ministres hier, il fait un pot de départ, un dîner ce soir avec l'ensemble de ses équipes.
C'est-à-dire qu'au début, il se moquait un peu de lui, c'est-à-dire qu'il disait, enfin moi j'ai entendu dire des ministres assez importants, dire « il est gentil Jean ». Quand on dit de quelqu'un qu'il est gentil, ce n'est pas extrêmement sympathique en général. Mais au bout d'un moment, il a eu une forme de force tranquille qui fait qu'il a fait taire certains, et qu'il a réussi à mener avec bonhomie son équipe, et qu'il a manifestement essayé de faire taire un peu ceux qui voulaient trop exister, et faire les intéressants. Grandement aidé par Emmanuel Macron, qui leur a conseillé plusieurs fois de se taire.
– Sur le plan économique, il aura été le Premier ministre d'un mandat très particulier, puisque c'était le moment où on avait oublié dans le langage courant « maîtrise des déficits et maîtrise des finances publiques ». C'était le Premier ministre du « quoi qu'il en coûte ».
– Oui, alors dans la poursuite du « quoi qu'il en coûte », parce que le « quoi qu'il en coûte », il a commencé sous Édouard Philippe, mais c'est vrai qu'il n'a pas eu, contrairement au début du mandat, sous Édouard Philippe, il n'y a pas eu de mesures chocs, comme ce qu'on a eu avec la réforme des retraites, ou les mesures qui ont déclenché la crise des Gilets jaunes avec la taxe carbone. Donc finalement, il a plutôt épongé les difficultés, mais avec une certaine largesse budgétaire. Donc c'est vrai qu'il n'a pas eu cette difficulté à annoncer des mesures difficiles.
Quelque part, il a dû gérer une crise, qui était quand même une crise Covid et des confinements, mais dans un monde où, effectivement, il y avait une forme d'argent magique. Donc c'était plus facile.
Il y avait des rapports avec les partenaires sociaux à plus fluide qu'Emmanuel Macron.
Oui, oui, oui, il est effectivement plus proche, il semblerait en tout cas des partenaires sociaux. Il n'y a pas cette ambition politique. Il y a une connaissance aussi du terrain, qui était particulière. Alors c'est vrai avec tout le personnage qu'il peut incarner. Mais j'allais dire, voilà, il a fait le boulot, dans un moment un peu particulier, sans de mesures d'annonce qui auraient pu être dures, ou qui auraient pu bloquer, en fait, soit les partenaires sociaux ou soit déclencher des mouvements sociaux.
Il n'y a pas eu de flamboyance dans ce qu'il laisse, mais un côté opérationnel, qu'il assume.
Absolument, qu'il assume. Une petite nuance quand même par rapport à ce qu'a dit Nathalie. Lorsque vous discutez avec lui, de sa relation avec Emmanuel Macron, dans ce moment où je crois que ça a effleuré l'esprit à Emmanuel Macron de garder Jean Castex au moins jusqu'aux législatives. Lui le laisse entendre, et il s'est plutôt élevé contre cette idée sur le thème une présidentielle derrière, c'est une nouvelle incarnation. Et il ne pouvait pas rester 50 jours, c'est-à-dire 50 jours qui séparent la présidentielle de la législative. Je crois que l'idée a quand même effleuré l'esprit du président. Mais il faut, c'est dans la personnalité d'Emmanuel Macron, de garder les gens.
Et quelque part, il y avait aussi un certain confort à garder Jean Castex, qui a été un premier ministre, qui lui a permis, quelque part, parce que de Jean Castex, il aura finalement plutôt bien géré la Covid, puisqu'à l'arrivée, ça n'a pas été un thème de la campagne.
Il vous a donné le profil de son successeur ? Une femme. Une femme ?
Une femme.
Ça, c'est sûr ? C'est ce que dit Jean Castex ?
C'est ce qu'il laisse entendre. C'est ce qu'il laisse entendre. En tous les cas, lui, raconte comme ça un peu en privé qu'il a su, lui, qu'il serait premier ministre huit jours avant sa nomination.
Mais il sait le nom de celui ou celle qui va lui succéder. Probablement. Après le départ de Jean Castex, ce sondage. 49% des Français veulent un premier ministre de gauche. Alors lui, il était issu des rangs de la droite. Là, pour le coup, c'est un vrai enseignement que va tirer Emmanuel Macron du scrutin et de la perspective des législatives et peut-être des attentes des Français.
C'est vrai que si on regarde les résultats du premier tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a évidemment entendu le message des électeurs et du très bon score de Jean-Luc Mélenchon. Donc il s'orientait plutôt vers un profil de gauche, d'autant qu'on lui a beaucoup reproché pendant le premier quinquennat de pencher trop à droite. Jean Castex lui-même était un sarkoziste. Donc il s'orientait plutôt vers une personnalité de gauche qui lui permettrait de rééquilibrer cette balance de lui enlever le sparadrap de président des riches qui lui a longtemps collé à la peau.
Et Macron, il a toujours eu un problème pendant son premier quinquennat, c'était que sa majorité était plus à gauche que lui. Ça avait créé quelques aléas à l'Assemblée nationale. Et là, il faudra la tenir, la tenir fort, cette majorité, durant le second quinquennat, d'autant qu'il y a la succession qui va vite s'organiser. Donc avoir quelqu'un de gauche pour tenir la barque, ça peut aussi faciliter l'examen des réformes au Parlement.
En tout cas, la méthode n'a pas encore changé. Comme à son habitude, Emmanuel Macron prend son temps, peaufine son équipe, cherche des profils de gauche, vous l'avez dit, et prend la main sur la campagne des législatives. Le premier ministre sortant, Jean Castex, a fait son dernier conseil des ministres hier. Le cœur léger, un collaborateur à Matignon qui n'a jamais, on l'a compris, revendiqué la lumière. Paul-Rémy Barjavel et Hervo Alignon.
Jean Castex, sur le perron de l'Elysée, l'air de rien. Bonjour, monsieur Castex, comment ça va ? Et pourtant, hier, il s'agissait certainement de son dernier conseil des ministres. Un pot de départ organisé un peu plus tard dans les jardins de Matignon et son ministre de l'économie qui lui rend hommage sur Twitter. Un formidable chef d'équipe, un premier ministre à l'écoute, un ami. Merci, Jean Castex. Un merci pour un au revoir qui n'en finit pas plus de 15 jours après la réélection d'Emmanuel Macron. Le président de la République dit prendre son temps pour nommer le successeur de Jean Castex à Matignon. Même s'il connaît son identité comme il l'a révélé à Berlin dans un sourire.
Oui, mais ce n'est pas ici que je vais le dire, ni maintenant. On a le droit d'avoir de la suite dans les idées mais de faire les choses en bon ordre. Donc je vous rassure. Le futur hôte de Matignon doit avoir selon lui la fibre sociale, environnementale et productive tout en étant capable de conduire la bataille des législatives. Car l'union de la gauche change la donne. Elle est même annoncée en tête dans un sondage IFOP paru aujourd'hui et obtiendrait 28% des voix au premier tour des élections législatives.
La réunion des candidats de la majorité mardi s'est transformée en mobilisation générale conclue par un discours d'Emmanuel Macron dans lequel il dénonce la prise de pouvoir idéologique de la gauche radicale dans cette nouvelle alliance rivale.
L'extrême-gauche n'est unie que par une chose la décroissance L'extrême-gauche a choisi le communautarisme plutôt que l'universalisme Et ces troupes marchent dans ses pas en tapant sur Jean-Luc Mélenchon et la NUP comme l'un des plus fidèles du président Clément Beaune L'image de rassemblement d'ailleurs serait relative On n'a pas vu Yannick Jadot Monsieur Roussel a fait le service minimum Ils ne sont pas d'accord sur le nucléaire Ils ne sont pas d'accord sur l'Europe Donc c'est une union de façade C'est essentiellement une mascarade à ce stade Décrédibiliser la nouvelle union populaire, écologique et sociale Car en demandant aux Français de l'élire Premier ministre Jean-Luc Mélenchon s'est positionné comme le principal opposant au président de la République avec un mot d'ordre simple en vue des législatives Tous contre Macron Comme l'a dit quelqu'un On n'élit pas le Premier ministre C'est malin de dire ça Et bien on élit des députés qui constituent une majorité Lesquels ?
Ceux de l'Union populaire Ah oui mais Là je vais quand même mettre les points sur les i
Toutes les familles sont dans l'Union populaire Ceux qui présentent des candidats contre les candidats de l'Union populaire sont des candidats macronistes parce qu'ils ne servent que Macron
Le quinquennat d'Emmanuel Macron menacé par une éventuelle cohabitation souhaitée par Jean-Luc Mélenchon et par les difficultés économiques qui s'annoncent Car les indicateurs ne sont pas bons 0,25% de croissance seulement prévue au deuxième trimestre selon la Banque de France et une inflation qui grimpe à plus de 5% en juin sur un an selon l'Insee Le gouvernement prévoit déjà des mesures après les élections législatives Nous proposerons de prolonger le bouclier tarifaire sur les prix de l'énergie jusqu'à fin 2022 Nous mettrons en place un dispositif pérenne et mieux ciblé que la remise de 18 centimes pour les prix du carburant qui sera poursuivi évidemment Nous allons continuer à baisser les impôts avec la suppression de la contribution à l'audiovisuel public qui avait été annoncé dans le cadre proposé dans le cadre de la campagne par le président Des mesures coûteuses pour l'Etat qui inquiètent déjà le gouverneur de la Banque de France Entre deux élections il a un message à faire passer
L'illusion d'une dette qui est sans limite et sans coût c'est une illusion très séduisante mais très dangereuse Donc il y a des choix de priorité à faire en termes de dépenses
Le quoi qu'il en coûte finalement a un prix La dette française atteint 2900 milliards d'euros soit 115% du produit intérieur brut Est-ce que j'ai vu son truc ?
Et cette question d'Héléna dans la Manche A quelle date Emmanuel Macron est-il légalement tenu de donner le nom de son premier ministre ou de sa première ministre ?
Il n'est pas tenu Il n'est pas tenu Il n'y a pas de tenderie Il pourrait même, comme l'avait fait le général de Gaulle en conservant Georges Popidou Il pourrait conserver le même premier ministre le même gouvernement Il n'est pas tenu
Son mandat se termine officiellement le 13 ? Ça ne change rien
Absolument Et son nouveau mandat commence le 14 à 0 heure Mais rien n'est pas écrit dans la Constitution que parce que réélu président de la République il devrait nommer un nouveau premier ministre C'est un nouveau gouvernement Ça c'est l'usage C'est la tradition des élections qui fait qu'un président réélu comme ça peut changer de premier ministre D'abord, un, ce n'est pas arrivé souvent Quand c'est arrivé en général c'était après des périodes de cohabitation Donc forcément Jacques Chirac avait nommé Jean-Pierre Raffarin dès le lendemain de sa réélection en 2002 et François Milliran avait nommé Michel Rocard dès le lendemain mais on sortait de cohabitation Là on est dans une situation qui ressemble à celle de 65 A l'époque Charles de Gaulle décide de conserver Georges Pompidou à Matignon Cette fois-ci il aurait pu le faire Sauf que nous sommes dans une situation différente et nous aurons un premier ministre
Donc ça peut durer jusqu'à quand ? Il y a quand même une campagne délégislative à mener mais bon c'est lui qui l'a fait
C'est un sujet politique à partir du moment où on nous a dit que c'était le dernier conseil des ministres on est fondé à penser que ça va être la semaine prochaine Mais c'est vrai c'est une tradition républicaine de démissionner mais même si c'était la démission de casse-ex plus la renomination ce n'est pas nécessaire Le mandat du premier ministre peut enjamber la fin du mandat du chef de l'État mais là on a toutes les indications selon lesquelles on ne peut pas nous faire le dernier conseil des ministres depuis trois semaines
On peut avoir un premier ministre en début de semaine prochaine et un gouvernement qui arrive beaucoup plus tard
Oui, beaucoup plus tard, pas forcément mais on ne peut pas puisque la fiction c'est que le premier ministre choisit son gouvernement et propose au président il faut au moins qu'il y ait un petit moment entre le premier ministre et sa nomination et qu'on est les fameux balais de voitures où on quitte Matignon, on arrive à l'Élysée du genre avec une liste et puis on a essayé de discuter sur la liste et puis Macron a barré ça donc logiquement il se passe deux, trois jours
Vous dites la fiction, pourquoi ? Parce que c'est Emmanuel Macron qui décide de tout Caroline, pourquoi cette question ? Mais je vous pose cette question parce qu'au fond, on va nous faire le balai des voitures qui vont et viennent Clairement, il est en train d'écrire les noms sur les petits papiers Vous venez de nous citer ?
Oui, je pense qu'il y aura des ajustements de dernière minute si par hasard le contrôle des patrimoines si par hasard il y avait un déséquilibre si par hasard il y avait trop de gens du nord pas suffisamment de gens du sud Voilà, mais globalement C'est un peu plus lourd qu'habituellement c'est-à-dire que maintenant on sait que lorsqu'on veut changer de premier ministre et de gouvernement ça va s'étaler sur une semaine et vous aurez sans doute le conseil des ministres du nouveau gouvernement vendredi probablement en fin de semaine
Caroline Vigoureux c'est donc pour l'instant, on a des élections quand même là dans un mois c'est donc Emmanuel Macron qui fait campagne on l'a vu dans ce premier reportage il a pris la parole devant les députés de Renaissance je ne confonds pas avec Reconquête mais Renaissance et Reconquête donc Renaissance pour leur dire au fond je vais faire du nouveau nouveau président, nouveau mandat et j'ai un adversaire c'est Jean-Luc Mélenchon
Oui, oui, tout à fait il souhaite mobiliser sa majorité c'est lui qui fait campagne c'est même lui qui a décidé de toutes les investitures une par une c'était le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand qui était à la manœuvre enfin qui avait été missionné par le président pour faire la liste des investitures avec François Bayrou et Édouard Philippe et Macron a donné le dernier mot au cas par cas pour dire que c'est très important pour lui d'avoir une majorité solide sur laquelle il peut s'appuyer il a bien assisté au spectacle des frondeurs sous François Hollande et il ne veut absolument pas revivre la même chose donc il a mis sa patte directement sur la majorité et maintenant il mobilise ses troupes en désignant notamment comme adversaire Jean-Luc Mélenchon puisque c'est lui qui a pris toute la place ces deux dernières semaines en scellant son alliance Avec un attelage qui vous semble solide
avec horizon d'Édouard Philippe avec le modem de François Bayrou un attelage et une promesse notamment sur le fond parce que c'est aussi une question de fond on pense notamment à la réforme des retraites tout le monde est raccord sur ce qu'il va falloir faire dans l'urgence
Alors l'attelage est assez solide mais il a fait l'objet de nombreux et nombreux débats en interne on se souvient notamment qu'au soir du premier tour Emmanuel Macron annonce la création d'un parti unique qui n'a en réalité pas vu le jour ce qui vient d'être annoncé c'est une bannière pour les élections législatives on est très loin du parti unique qui a été annoncé par Emmanuel Macron il y a eu beaucoup de débats et de questionnement sur l'organisation de la future majorité pour justement qu'elle soit solide et ce qui a été décidé c'est qu'elle soit composée donc de trois parties la République en marche qui va être rebaptisée Renaissance le modem et horizon et ces trois parties auront chacun leur groupe parlementaire Le modem François Bayrou et horizon Édouard Philippe Tout à fait auront chacun leur groupe parlementaire à l'Assemblée nationale ils ont voulu neutraliser les petits partis les petites chapelles au sein de la majorité qui seront toutes fondues au sein de Renaissance
Merci pour cette explication parfaitement claire de cet attelage ça veut dire que tout le discours autour de la société civile les nouveaux visages de la Macronie le fait qu'on change le personnel politique etc ça c'est fini on en a très peu entendu parler c'est parce que ça n'est plus la stratégie j'ai vu en préparant cette émission qu'il y avait un dixième de candidats issus de la société civile dans ce nouveau groupe Oui il y en a qui ont souhaité partir déjà
qui n'ont été pas forcément enchantés par leur mandat et puis c'est un discours peut-être il y aura pour illustrer ce discours encore deux ou trois personnes qui nous étonneront dans le gouvernement et qui viendront d'ailleurs c'est-à-dire pas du microcosme pas forcément qui ont été des élus donc on a toujours droit à quelqu'un soit qu'on ne connaît pas et qui vient et qui a fait autre chose avant mais c'est plutôt effectivement plus trop la tonalité du discours
Il va y avoir très vite un sujet qui va se poser et ce qui se pose sans doute déjà dans la composition du gouvernement pour Emmanuel Macron c'est toute la partie économique avec ce message qui a été envoyé par le maire de Reims qui s'appelle Arnaud Robinet et il est horizon donc dans le parti d'Edouard Philippe et il a dit il faut assumer l'objectif des 65 ans on voit bien que la question des finances publiques on l'entendait dans ce reportage avec le patron de la Banque de France qui dit en gros l'argent va être un peu moins facile les taux d'intérêt vont monter ce sujet là va se poser très clairement au président de la République au moment même où il doit parler aussi à la gauche en gros
oui alors c'est le grand écart qui va être compliqué c'est comment on réconcilie tout ça c'est à dire qu'il y a l'urgence qui est sur le pouvoir d'achat on voit bien le choc énergétique qui vient entamer le portefeuille des ménages en plus plutôt des plus fragiles périurbains on n'est pas sorti j'allais dire de l'auberge parce que les prix de l'énergie ne vont pas retomber a priori demain on est plutôt sur une spirale inflationniste pas une dérive inflationniste très forte mais en tout cas il y a quand même on est dans un nouveau schéma et donc la question du pouvoir d'achat qui était déjà dans la campagne au contraire elle va s'aggraver et la question aussi de la fracture des inégalités va être d'autant plus forte par contre les marges de manœuvre budgétaire vont être réduites
alors comment on fait ?
le sujet de l'urgence
du premier ministre vous êtes d'accord pour dire déjà dans le calendrier ça va être les mesures d'accompagnement du pouvoir d'achat
exactement je pense que 2022 va être marqué par ça d'ailleurs on le voit les annonces il y a eu le plan de résilience là il y a des mesures une loi pouvoir d'achat mais l'horizon est fin 2022 donc moi j'allais dire les difficultés vont commencer vraiment en 2023 c'est-à-dire quel atterrissage à tout ça bon il y a bien sûr le conflit en Ukraine qui a beaucoup d'impact sur l'économie il y a les relations avec la Chine et la stratégie des euro-covid mais il y a aussi nos partenaires européens et la banque centrale européenne donc est-ce que les taux vont remonter est-ce que les règles budgétaires vont revenir donc les vraies contraintes elles vont arriver et de toute façon on est face à un choc négatif parce que ce choc économique qu'on connaît lié à la hausse des hydrocarbures ou certaines matières premières c'est des produits qu'on importe on ne les produit pas donc ça nous coûte juste plus cher donc c'est comment on gère ça ça nous coûte plus cher sachant qu'il y a d'autres enjeux d'investir dans la transition écologique accompagner les perdants on l'a vu sur la question du pouvoir d'achat la question de la défense il y a beaucoup beaucoup de sujets comme ça mais il y a l'équation budgétaire derrière et clairement la question des retraites du coup pourrait être un financement mais ça va faire des perdants ça va faire des perdants au moment où on va réindexer les retraites c'est-à-dire les retraites pourraient être réindexées dès l'été mais si les salaires n'augmentent pas aussi vite que les retraites est-ce que les gens vont accepter de travailler plus longtemps pour des retraités dont on garantit le pouvoir d'achat donc il y a une question générationnelle même derrière
discours social en juin discours de rigueur budgétaire en septembre c'est possible ?
je pense pas quand même je pense qu'on est encore dans une séquence où on va avoir des mauvais chiffres y compris en septembre c'est-à-dire qu'on voit que la croissance est en train de s'affaisser on n'est pas à l'abri d'une récession la question de l'inflation du pouvoir d'achat va monter y compris sur le pouvoir d'achat des actifs, des salariés et donc c'est vrai que dans la loi de finances il y aura quand même des mesures de soutien au pouvoir d'achat mais sur l'horizon de moyen terme c'est effectivement quelle est la stratégie budgétaire et la question des retraites peut être dedans mais ça veut dire aussi on voit bien 65 ans c'est extrêmement dur si on le fait vite donc ça veut dire comment on fait pour que ce soit acceptable comment on gère les carrières longues comment il y a des départs anticipés et plus on va mettre des mesures en fait d'exonération moins budgétairement ça rapportera
mais c'est intéressant ce que vous racontez parce qu'on voit bien l'équation dont va devoir s'emparer Emmanuel Macron bien sûr mais le ou la prochaine locataire de Matignon ça va être ça le sujet comment est-ce qu'on accompagne socialement tout ce que vous avez parfaitement expliqué et en même temps avec cette contrainte qui va peut-être revenir assez vite
et une contrainte notamment pour ce qui est du dossier des retraites puisqu'il a annoncé que la méthode serait autre c'est-à-dire qu'il y aurait non pas une concertation mais une négociation ou non pas une discussion mais effectivement des échanges avec les partenaires on peut imaginer que le calendrier des retraites sera un peu décalé par rapport à ça et qu'il ne peut pas se prendre de plein fouet une nouvelle crise mais il faudra que ça commence et donc le Premier ministre comme vous le disiez devra à la fois être un profil qui comprend les problèmes de pouvoir d'achat qui comprend les problèmes des entreprises parce que le pouvoir d'achat c'est aussi les gens qui vont menacer de se mettre en grève ou qui vont réclamer des augmentations dans les entreprises et ça c'est pas le Premier ministre ou c'est pas le gouvernement qui décide ces augmentations-là donc il y a quand même un danger à faire tout en même temps je pense que les retraites risquent d'être un petit peu décalées
Dans cette période-là d'un mois où il fait campagne Emmanuel Macron quel est le discours pour contrer la stratégie de Jean-Luc Mélenchon sur la partie économique pour commencer ? D'abord qu'il y en ait un discours
il n'y en a pas pour l'instant ?
Comme le disait Caroline tout à l'heure Jean-Luc Mélenchon a réussi ce prodige d'occuper le terrain dès l'entre-deux-tours et de faire en sorte qu'on oublie presque la présidentielle comme si c'était une parenthèse et que finalement en disant en plus en disant que c'était le président le moins bien élu c'est ce qui est faux le moins bien élu depuis Georges Pompidou oui parce que ça les arrange de dire depuis Georges Pompidou alors qu'il a été Georges Pompidou a été moins bien élu par rapport aux inscrits et il occupe le terrain c'est-à-dire qu'on a entendu pendant les médias partout pendant 15 jours donc déjà investir et je pense que l'idée c'est ce qu'il a dit notamment à ses parlementaires c'est d'essayer de démonter économiquement les propositions en disant les nationalisations en disant le blocage des prix ça ne tient pas debout il vous fait rêver il vous vend du rêve ça n'est pas tenable à l'échelon européen et d'essayer de démonter point par point comme il a essayé de le faire avec Marine Le Pen lors du débat de l'entre-deux-tours les propositions de Mélenchon pour montrer que ça ne tient pas la route mais c'est vrai que c'est dans 4 semaines et qu'il faudrait peut-être que ça commence
le sondage passé sur les intentions de vote au premier tour c'est toujours très compliqué les sondages pour les législatives mais là pour l'instant ce sont des rapports de force on va dire comme ça 28 pour NUP ou NUPES je ne sais plus jamais comment il faut dire il faudra qu'on se mette d'accord je n'arrive pas à trouver personne ne sait autour de cette table bon bah merci 27% pour Ensemble donc Renaissance, Horizon, Modem, Agir 22% pour le RN et 11% pour LR est-ce que ça les inquiète la dynamique qu'il y a autour de cette gauche rassemblée en Macronie est-ce que ça les inquiète ?
oui ça les inquiète la preuve le président de la République réélu a lui-même pris les choses en main puisqu'il est allé animer le séminaire de formation des candidats qui se présentent sous la bannière macroniste donc c'est lui qui bon alors il n'y a pas de premier ministre nouveau premier ministre donc c'est lui qui est le chef de la bataille et qu'a-t-il dit au fond passant du chiffon brun avant le premier tour de la présidentielle on est passé cette fois-ci au chiffon rouge c'est ce qu'il a fait donc c'est un discours valorisant quelque part Jean-Luc Mélenchon il l'a érigé en opposant sur cette bataille mais parce que ça l'arrange ?
à la fois ça l'arrange et en même temps ils ne sont pas totalement rassurés ils voient bien qu'on le veuille ou non que ça a fonctionné pour l'instant sur le papier ça fonctionne personne ne pensait que l'accord serait possible finalement il a été conclu maintenant qu'il est conclu effectivement la gauche qui n'a pas réussi à réunir à peine 30% sur la présidentielle est en mesure de peut-être gagner 120-130 sièges selon les différentes projections qu'il faut prendre avec prudence donc oui il est méfiant Emmanuel Macron et il a raison parce que les législatives il y a une démobilisation des camps et là ce qui se passe c'est que Mélenchon tirant lui-même la leçon de 2017 où il avait fait 19% au premier tour et seulement 11% au second tour ça s'est traduit par 17 députés c'est-à-dire pas grand-chose à l'échelle de l'Assemblée nationale il voit bien que Mélenchon est en train de mobiliser son camp et on sait que les législatives où il y a beaucoup moins de participation 57% d'abstention en 2017 aux législatives et on peut imaginer qu'en 2022 ça ne sera pas tellement plus haut ça veut dire quoi c'est celui qui mobilise le mieux son camp qui gagne l'élection et donc il ne faut pas prendre de risques donc Emmanuel Macron mobilise son camp il tape sur Jean-Luc Mélenchon il va aussi à mon avis dans les 40 jours d'ici l'élection ou 30 jours d'ici l'élection qu'est-ce qu'il va faire il va mettre en avant sa grande loi exceptionnelle sur le pouvoir d'achat on a entendu les mesures qui sont faites à la fois de promesses du candidat Macron ce qui va coûter cher le triplement de la prime Macron l'indexation des retraites sur l'inflation ça va coûter cher plus des mesures qui sont déjà en place mais qui ne sont pas
la suppression de la redevance
la suppression de la redevance le chèque alimentaire qui est une grande mesure qui coûtera 4 milliards de 50 à 60 euros par mois pour les plus défavorisés il va agglomérer toutes ces mesures dans une loi qui sera l'objet de la loi de finances rectificatives qui ne sera en place qu'au mois d'août qui sera utilisées dans la campagne parce qu'il va mettre les retraites en deuxième plan de la campagne moi je crois que s'il ne le fait pas rapidement il ne le fera pas les retraites vous faites ça en début de mois on l'a vu au dernier mandat il a voulu il a repoussé il n'a finalement pas pu le faire là je pense qu'il sera sans doute obligé de le faire mais plus il s'y prendra tard plus ce sera difficile à réaliser la réforme des retraites donc forcément la réforme des retraites ça ne se passe jamais bien en France s'il croit que ça va bien se passer ça ne se passera pas bien il ne le pense pas non il ne le pense pas mais bon Mathieu Plannes
juste sur les mesures qui sont annoncées qui vont être très coûteuses il y a peut-être cette volonté de changer un petit peu de braquet sur la méthode c'est-à-dire cibler davantage les personnes et les ménages qui en ont le plus besoin
a priori oui parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui on a été dans une réponse qui était une réponse d'urgence en réalité face à un choc qui était très particulier et ça a commencé d'ailleurs avant la guerre en Ukraine cette flambée des prix prix de l'énergie de bloquer les prix sur le gaz et l'électricité le fameux bouclier tarifaire et de baisser de 15 centimes la remise sur les prix de l'essence mais on voit bien que d'abord ça coûte très cher sur 2022 on est déjà au moins pas loin de 30 milliards de plans de résilience et vous rajoutez si avec la loi de pouvoir d'achat probablement encore 10 donc on est dans une forme de quoi qu'il en coûte quand même
on est encore
pas totalement mais je veux dire le quoi qu'il en coûte c'était 70 milliards par an d'injections avec le chômage par 7 mais donc c'est des sommes énormes donc on voit bien que dans la durée si on est face à un choc durable ce qui est probable enfin on voit que la question géopolitique est très importante on ne peut pas avoir une réponse qui soit juste conjoncturelle ou d'urgence donc ça veut dire qu'il va falloir cibler il faut accompagner les ménages les plus fragiles ceux qui sont dépendants énergétiquement voilà et vous ne pouvez pas y compris pour les ménages les plus riches subventionner des baisses de prix de l'essence mais ça veut dire aussi des mesures complexes avec des seuils il faut que les gens reçoivent cet argent et donc forcément il y aura des mécontents et il y aura des perdants
et avec puisque tout ça sera utilisé pendant la campagne avec un discours qui est un peu différent de la part de Jean-Luc Mélenchon qui lui est sur des mesures plus peut-être simples à expliquer c'est le blocage des prix notamment
Jean-Luc Mélenchon a cet avantage d'être un leader de partis d'opposition il n'est pas au pouvoir donc il n'aura pas ensuite à financer tout ce qu'il annonce il y a très peu de chances qu'il ait la majorité absolue aux législatives et donc il a cette liberté si je puis dire de pouvoir annoncer tout un tas de mesures sans qu'il y ait les contreparties financières qui vont avec Vous pensez à quoi en particulier ?
Il y a tout un tas de mesures sur l'augmentation du SMIC à 1400 euros réduire les écarts de salaire de 1 à 20 dans les entreprises la retraite à 60 ans et lui il veut faire des élections législatives un duel et un référendum sur la retraite à 65 ans la retraite à 60 ans qu'il propose on n'a pas vraiment bien compris comment elle a été financée il est beaucoup plus libre qu'Emmanuel Macron là-dessus et c'est son avantage
Mais malgré tout les problèmes parfois arrivent après les photos de famille et les retrouvailles à gauche la NUP connaît ses premières difficultés la candidature finalement retirée du journaliste militant Tahabouaf à Vénissieux embarrasse notamment la France Insoumise après des accusations d'agression sexuelle Laura Radeau et Nicolas Baudré-Dasson
Ce sont des accusations qui visent le militant Tahabouaf et qui viennent déstabiliser la France Insoumise Des faits de violence sexuelle révélés hier par Mediapart et BFM TV et reconnus par Clémentine Autain l'une des figures du parti
Le signalement qu'on a reçu donc dont on a pris connaissance ce samedi est un signalement d'une gravité que nous n'avons jamais rencontrée et en étant en lien avec cette femme et avec d'autres depuis c'est vrai qu'on est on est bouleversé par ce qu'on a lu ce qu'on a entendu
Selon Clémentine Autain c'est donc samedi qu'elle prend connaissance des témoignages qui mettent en cause Tahabouaf 4 témoignages au total qui n'empêchent cependant pas le jour même la France Insoumise d'investir le candidat aux législatives Deux jours plus tard dans la nuit de lundi à mardi rien n'a encore filtré mais le jeune homme de 25 ans jette l'éponge donne ses raisons sans mentionner l'affaire Tous les jours une nouvelle calomnie une nouvelle insulte une nouvelle menace de mort une nouvelle accusation pour ma part j'ai essayé mais je n'y arrive plus Et du côté du parti toujours aucune allusion aux plaintes ni dans le tweet de Jean-Luc Mélenchon ni dans les déclarations du député Adrien Quatennens
On peut s'inquiéter du fait que des habitants de cités populaires qui décident de s'engager dans la politique qui n'ont certes pas la parole calibrée comme on peut l'attendre de certains politiques subissent des campagnes de calomnie comme celle qu'a subi Tahabouafs ces dernières semaines donc voilà sa décision je la respecte non non il n'y a pas eu de pression de la part de la France Insoumise
Jean-Luc Mélenchon Adrien Quatennens était-il déjà au courant des accusations contre Tahabouafs ou ont-ils délibérément menti sur les raisons de son retrait Tahabouafs journaliste militant se fait remarquer en révélant les violences commises par Alexandre Benalla contre un couple le 1er mai 2018 ça révèle bien finalement l'ampleur des dégâts c'est à dire qu'à un moment donné moi on m'a souvent posé la question de me dire ah ben t'imagines ça n'avait pas filmé on n'aurait pas su moi ce que j'ai envie de dire c'est qu'est-ce qu'on n'a pas filmé d'autre provocateur habitué des sorties violentes sur Twitter il s'en prend tour à tour au pouilleux de Charlie Hebdo et à une prostituée qualifiée de pute blanche en 2021 il est condamné en première instance pour injure publique à caractère racial la syndicaliste policière Linda Kebab est désignée sous l'étiquette d'arabe de service un pédigré qui lui vaut depuis plusieurs jours d'être la cible des critiques jusqu'aux nouveaux alliés communistes de la France insoumise
je ne comprends pas que la France insoumise puisse présenter quelqu'un sous ses couleurs qui a été condamné en première instance pour injure racial moi-même j'ai déposé un texte de loi demandant à rendre inéligible ceux qui avaient de telles condamnations alors il a fait appel mais ça veut dire qu'il pourrait être condamné en deuxième instance et s'il était élu devoir remettre son mandat
ce n'est pas acceptable la tempête nommée Tahabouaf peut-elle freiner la bonne dynamique dont bénéficie Jean-Luc Mélenchon le patron de la nouvelle union populaire qui se voit déjà à Matignon la probabilité d'avoir une majorité semble s'améliorer pour moi donc je me prépare plutôt à l'idée d'être premier ministre qu'à l'idée d'être de nouveau député pour lancer ce qu'il appelle le troisième tour Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants seront à Marseille ce soir le député sortant devrait annoncer son successeur et sûrement apporter quelques éclaircissements sur l'affaire Tahabouaf
alors cette question peut-on croire un seul instant que Jean-Luc Mélenchon n'était pas au courant des accusations de violences sexuelles visant Tahabouaf
c'est possible le calendrier a l'air d'être assez ils sont saisis en fin de semaine dernière par une femme qui vient expliquer alors aux dirigeants des insoumis ensuite il y a une réunion la décision intervient au début de semaine je ne sais pas c'est difficile c'est difficile à dire en tous les cas ils avaient tous tweeté pour encourager et défendre leur candidat enfin leur candidat qui n'était pas encore officiellement candidat Tahabouaf la vérité c'est que c'est un très mauvais timing et une grosse tuile
mais que c'est une vraie affaire embarrassante
oui c'est une affaire embarrassante parce qu'au-delà de ce qui est reproché à ce monsieur c'est un symbole il en avait fait un symbole un symbole du vote des quartiers Jean-Luc Mélenchon c'est quelqu'un qui ne fait pas beaucoup campagne dans les quartiers et en fait il s'est servi de quelques symboles pour obtenir leur voix et d'ailleurs ils expliquent les insoumis qu'ils ont quelques 3000 correspondants d'immeubles dans les quartiers en France c'est comme ça qu'ils sont ils expliquent c'est comme ça qu'ils sont allés chercher les voix est-ce qu'il y a eu aussi un peu de relais chez des imams ou chez des associations cultuelles je ne sais je ne sais pas il y a beaucoup de choses contradictoires qui sont écrites là-dessus mais ce qui est certain c'est qu'il en avait fait un symbole et que ce symbole est parti en torche
et qu'ils l'ont effectivement tous défendu Nathalie Saint-Cric
alors s'il n'est pas au courant c'est inquiétant et s'il était au courant c'est inquiétant voilà donc dans les deux cas parce que ce n'est pas n'importe qui ce n'est pas un jeune homme dont on découvre l'existence il a un passé il a un passif on l'a vu dans le reportage c'est quelqu'un qui a cité aussi à la manifestation le collectif contre l'islamophobie c'est quelqu'un qui a effacé des tweets qui étaient relativement importants notamment au moment de Charlie Hebdo en traitant les journalistes de Charlie Hebdo de Pouilleux donc quand on présente quelqu'un en plus dans une circonscription où il y a une femme sortante communiste qui ne comprend pas pourquoi on lui envoie quelqu'un comme ça on peut s'attendre on ne fait pas une enquête de moralité mais il est assez logique que quelqu'un d'aussi sulfureux que lui au bon sens ou au mauvais sens du terme ça c'est aux électeurs de voix qu'on ne se renseigne pas un peu plus mais c'est vrai que comme disait Bruno Jeudy il correspond à une ligne islamo-gauchiste entre guillemets même journaliste mi-temps il faudra m'expliquer ce que ça veut dire et qu'est cette ligne là et celle un certain nombre de personnes proches de la France insoumise et parfois Jean-Luc Mélenchon lui-même ayant en cela beaucoup évolué par rapport à ce qu'il était dans le temps vis-à-vis du communautarisme et tout il guette le vote on ne peut pas dire le vote musulman on peut dire le vote des banlieues mais c'est quand même sa stratégie considérant que maintenant la sienne de stratégie pas celle de l'ANUP de son attelage l'ANUP regarde passer alors l'ANUP de toute façon vu la façon dont les négociations ont été faites entre le parti socialiste les Verts et Jean-Luc Mélenchon les socialistes et les Verts ont avalé des couleuvres par milliards donc la ligne on a bien vu quand même les derniers jours de la présidentielle ou les dernières semaines que la cible principale de Yannick Jadot et d'Anne Hidalgo c'était Jean-Luc Mélenchon en l'accusant d'un certain nombre de choses bon
notamment sur l'islamo-gauchisme sur l'islamo-gauchisme
sur des positions pas forcément claires sur la laïcité donc à partir du moment où ce qu'on peut dire c'est que c'est la ligne du parti socialiste qui s'en fiche un peu de tout ça qui l'a emporté et qui était très présente dans les négociations et c'est la ligne également chez les Verts qui l'a emporté vous entendez plus parler d'Yannick Jadot c'est fini enfin je veux dire on entend parler de Cédric Piolle de Sandrine Rousseau mais c'est cette ligne-là qui est Mélenchon compatible qui l'a emporté donc c'est pas totalement une surprise qu'on se retrouve avec certains candidats
comme ça mais ça joue plutôt on l'a compris ce que disait à l'instant aussi Bruno Jeudy c'est quand même une tuile à un mois dans ce scrutin ou est-ce que ça fait partie j'allais dire du jeu non quand on fait des investissements on met en place des investitures on a des profils quand Marine Le Pen
on retrouvait quelqu'un qui était un ancien qui avait fait le salut nazi avec une progammée en fond et qui disait je suis pas au courant de tous les candidats et on disait que ça tenait pas debout bon lui en plus il est connu et c'est une tuile et en plus avoir considéré que ceux qui avaient étaient des lanceurs d'alerte y compris Caroline De Haas qui a signalé avant tout le monde qui avait peut-être un problème que ces gens-là ne le signalaient que par racisme c'est quelque chose de compliqué parce que le problème c'est pas de savoir raciste ou pas raciste savoir s'il a fait les choses il y a une enquête interne il y a une enquête interne qui a été diligentée bien sûr et s'il se retire c'est effectivement parce que manifestement de voir d'autres et que manifestement c'est pas simplement par racisme que les vous voyez alors Mélenchon a beau dire qu'il est tombé de l'armoire ou de sa table ou de sa chaise
je sais plus en apprenant ça voilà Caroline Vigoureux ce que dit Nathalie Sacré qui est important c'est-à-dire si ça j'allais dire si ça prend comme une polémique c'est aussi parce que ça met un coin dans l'union de cette union populaire sur un sujet qui est extrêmement sensible qui est la question de la laïcité et du rapport de la France insoumise avec la laïcité d'une manière on va le dire comme ça et vous rappeliez très justement que ça avait été très tendu entre Jean-Luc Mélenchon et Anne Hidalgo notamment je crois qu'elle disait qu'il n'était plus dans le champ républicain ou quelque chose comme ça
oui tout à fait Anne Hidalgo pendant la campagne elle a toujours défendu une laïcité universaliste et elle a toujours reproché à Mélenchon une forme de communautarisme de flatter un certain électorat avec un vote communautaire et donc cette affaire est assez embarrassante pour les dissensions qu'elle peut potentiellement mettre à jour au sein de l'union à gauche mais aussi selon moi parce qu'elle touche aux violences sexuelles qui est un sujet dont la France insoumise s'était emparée sur lequel Mélenchon voulait exister il a lu beaucoup de choses pendant la campagne sur toutes ces questions là et même Clémentine Autain qui fait partie de cette commission interne est quelqu'un qui se bat depuis très longtemps sur ces sujets donc ils ne peuvent absolument pas eux-mêmes en leur sein être touchés par ça être rattrapés par ça alors qu'ils se font les défenseurs des violences sexuelles
sur un autre sujet vous parliez tout à l'heure d'Éric Piolle le maire de Grenoble qui va faire voter lundi au conseil municipal l'autorisation de porter le burkini on a vu que ça avait fait une passe d'armes une polémique avec le patron de la région Ronald Pauvergne Laurent Wauquiez ça va s'inviter dans la campagne ou est-ce que c'est un sujet très local à vos yeux ?
on pense que c'est assez circonscrit à Grenoble même s'il y a eu des cas mais assez ponctuels qui se sont posés avant on ne sait pas s'il va céder mais il y a dans le discours de Cédric Piolle quelque chose qui est assez surprenant qui est de dire que alors évidemment on n'a pas le droit d'interdire pour des raisons de laïcité le burkini c'est pour la liberté des femmes la liberté d'accès aux services publics et au fait de pouvoir aller librement à la piscine mais c'est quand même symbolique d'une gauche enfin d'une gauche d'une partie des verts qui est complètement sur cette ligne là c'est à dire qu'ils sont ils considèrent qu'il n'y a aucun problème on attend de voir si ça va passer s'il y aura une cohabitation entre le burkini et le monokini puisqu'il dit aussi c'est ce qui est des seins nus c'est vraiment le premier combat je pense que c'est un truc prioritaire au niveau du règlement intérieur des piscines en tout cas c'est un sujet
qu'il a défendu depuis longtemps et qu'il tient à faire passer dans ce moment qui est un moment un peu de tension politique puisque on est en pleine campagne des législatives un mot aussi si on essaie de voir un petit peu quelles sont les difficultés là de cette nouvelle alliance et de Jean-Luc Mélenchon je voudrais avoir votre avis sur ce syndicat alliance qui va porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon qu'ils avaient traité de factieux est-ce que ça c'est
les relations entre Jean-Luc Mélenchon et les syndicats de policiers sont complexes depuis qu'il y a eu ce procès la République c'est moi les difficultés il y a eu il les a attaqués à plusieurs reprises sur les questions de violences policières puisque la France insoumise tout au long du mandat n'a cessé de multiplier les attaques contre la police sur le thème des violences policières dès qu'il y avait des manifestations donc oui
mais là c'est le syndicat qui fait de la politique et qui rentre dans la campagne
oui Alliance rentre un peu dans la campagne les syndicats de police parfois peuvent faire de la politique de toute façon ce syndicat là attaquera Jean-Luc Mélenchon mais à mon avis la difficulté elle est plutôt sur son programme économique parce que là pour le coup avec un programme qui coûterait autour de 250 milliards par an c'est les chiffres de la France insoumise rien que pour la retraite on en parlait tout à l'heure le retour à 60 ans de la retraite plus le fait de porter le minimum IAS en gros à un SMIC c'est 90 milliards quand même donc là il sera beaucoup attaqué il sera beaucoup attaqué mais il dit désobéissance
vis-à-vis des traités européens donc aussi je m'exonère des contraintes sans doute budgétaires imposées par les européens
oui alors effectivement c'est l'arbitrage politique c'est à dire qu'il considère que effectivement l'Europe n'est pas un problème dans ces enjeux économiques et qui fait le choix de mettre des mesures très fortes quitte à ne pas avoir le financement de s'endetter fortement en espérant que c'est des effets très forts sur l'activité etc mais effectivement ça pose la vraie question de la compatibilité avec notre intégration dans la zone euro et la politique monétaire premièrement et puis il y a la question y compris des financements extérieurs c'est à dire que quand on prête de l'argent où il y a des investisseurs sur 10 ans qui achètent de la dette française il faut avoir l'assurance que vous le rembourserez au bout de 10 ans donc il y a quand même cette question là c'est à la fois européenne mais aussi la réaction qu'il peut y avoir des investisseurs des marchés il faut juste dire que quand on discute comme on doit tous le faire avec des gens du parti socialiste ou ce qu'il en reste et avec des verts tout le monde sait très bien qu'il ne sera pas élu premier ministre tout le monde sait que simplement les négociations ont été acceptées pour revivre le PS veut revivre c'est à dire veut avoir un groupe c'est à dire le groupe c'est 15 et puis le REF c'est 50 pour pouvoir avoir des financements les verts qui n'ont pas de sortants veulent continuer à vivre de la plausibilité enfin de la faisabilité du programme de Jean-Luc Mélenchon on s'est assis sur la désobéissance vis-à-vis des traités européens en disant mais oui on changera quelques traités d'ailleurs Emmanuel Macron a dit lui-même voilà parce qu'ils veulent continuer à exister voir les insoumis être une centaine
lui n'y croit pas non plus je pense pas vraiment
lui à mon avis il imagine surtout qu'ayant mis toute la gauche sous sa bannière il sera le prochain candidat il sera en bonne santé en 2027 c'est ce que pense François Hollande il est en bonne santé en 2027 à ce moment là il essaiera alors en tout cas
il veut et il dit qu'il veut se plonger dans ce qu'on appelle l'enfer de Matignon Jean-Pierre Raffarin il y a passé 3 ans et 25 jours il raconte à Théomane Val Pierre d'Orne et Christophe Roquet cette énorme pression qui est tombée sur ses épaules quelques heures après sa nomination écoutez
entrer à Matignon c'est entrer dans un tourbillon 6 mai 2002 Jean-Pierre Raffarin remplace Lionel Jospin 20 ans plus tard le souvenir de ses débuts c'est celui de nuit sans sommeil
on a toute une phase de grande précipitation parce que je vois Jacques Chirac il me dit j'ai décidé de nommer premier ministre il décide d'appeler lui-même ma mère pour lui annoncer et puis il me dit tu vas déjeuner et on se voit ce soir on va parler du gouvernement ce soir il faut qu'on l'annonce demain soir à 20h
40 personnes à nommer en une journée une centaine d'autres dans les cabinets avec la pression des impondérables qui s'abat presque aussitôt je ne suis pas plutôt nommé qu'il y a l'affaire Karachi
la voiture du kamikaze a percuté l'autobus avant d'exploser sur les 40 français présents 11 sont morts sur le coup donc il faut que j'aille accueillir les blessés qui arrivent à Paris à l'aéroport donc très vite on est pris dans un tourbillon
et là franchement il y a une sorte de pression sur la poitrine qui se fait là et donc on prend un peu de l'exomile un tout petit peu pour un peu respirer parce que la pression est tellement forte que pendant quelques jours j'avais le palpitant qui s'accélérait quelque peu une pression dont on ne sait jamais en étant nommé combien de temps il va falloir la supporter seule feuille de route à laquelle se tenir en début de quinquennat le programme du président fraîchement élu mais la boussole devient parfois boulet la rue elle s'exprime elle s'exprime et il faut que le gouvernement qui gouverne l'entende car c'est bien au premier ministre de prendre les coups sur les réformes impopulaires comme celle des retraites en 2003 élément clé du programme de Jacques Chirac il me disait c'est toi qui monte en ligne il m'a même dit un jour jusqu'à 2 millions de personnes dans la rue c'est toi et quand il y a plus de 2 millions de personnes dans la rue viens m'en parler on essaie de prêter ça ensemble paratonnerre du président devant aussi gérer les égaux au sein de son propre gouvernement lorsque s'élèvent les ambitions qui appellent les recadrages est-ce qu'il vous arrive à ce moment-là de penser à l'élection présidentielle ?
pas simplement quand je me rasse avec Nicolas Sarkozy c'était assez franc et direct comme on dit au rugby quand il faisait un rapport de force avec le président les conséquences venaient souvent sur mes épaules il m'est arrivé de demander à Nicolas Sarkozy d'annuler un 20h sur TF1 parce que le président allait parler deux jours après
on ressent une pression très très forte mais au fond la pression de l'adversaire n'est pas le problème le problème c'est la pression des amis
devoir surveiller ses ministres et sa majorité concilier patronat et syndicat gérer des libérations d'otages au dénouement souvent nocturne tout cela finit au fil des années par user on a été nombreux à avoir un petit accident de santé en fin de parcours on est plusieurs à avoir été par le Val-de-Grâce en fin de parcours c'est un indicateur objectif quand même le premier ministre Jean-Pierre Raffarin a été opéré cet après-midi d'une inflammation de la vésicule billet trois jours d'hospitalisation d'urgence en 2005 après trois ans à Matignon la demeure des premiers ministres mérite-t-elle donc à ce point d'être si souvent qualifiée d'enfer on ne peut pas dire que ce soit un enfer parce que l'action représentait la France il y a beaucoup de satisfaction mais c'est vrai que globalement vous n'avez pas une journée de bonheur parce que dans une journée il y a deux ou trois malheurs il y a des accidents graves il y a des choses qui sont douloureuses il y a des choses qui sont révoltantes donc vous pouvez avoir des bonnes nouvelles c'est souvent c'est rare qu'une bonne nouvelle dure plus d'une heure alors au moment de partir pas vraiment d'amertume juste l'espoir d'avoir accompli son devoir l'espace d'un certain nombre d'heures 1123 jours exactement sous le poids de Matignon
le moment de bonne heure dure rarement plus d'une heure
oui t'as un témoignage assez authentique de raconter comme ça les choses moi je me souviens parce que j'ai suivi cette période il avait cette habitude de compter les jours on avait les 500 jours les 1000 jours de Raffarin et la fin fut assez compliquée son problème de santé était vraiment révélateur de quelqu'un qui était essoré on parle souvent de l'essoreuse de l'hôtel Matignon et c'est l'image qui emploie parfois certains
mais est-ce encore le cas aujourd'hui et là on revient au tout début de notre conversation quand on évoquait vous évoquiez le profil de celui ou celle qui succédera à Jean Castex et vous disiez au fond avec Emmanuel Macron il ne faut pas être dans la lumière et la pression c'est Emmanuel Macron qui l'apprend
alors pour Jean Castex incontestablement lui le dit je ne suis pas exténué je ne suis pas fatigué voilà il dit ça et il dit je n'ai pas vécu l'enfer ici même si c'est un bourreau de travail 7h du matin minuit voilà il n'est pas connu mais Matignon si vous voulez être tranquille il ne faut pas faire Matignon parce que c'est vraiment des postes les plus durs c'est pour ça que Jean-Luc Mélenchon c'est étonnant quand il dit je suis du Marseille ça me fatigue si jamais il était à Matignon il devrait se fatiguer la tâche je crois que la fonction a évolué parce qu'une partie de la responsabilité politique le côté est pris finalement par le président de la République vous voyez cette semaine c'est le président qui lance finalement la campagne législative et il va souvent lui-même haranguer les députés et au fond la fonction de Matignon là où elle s'est un peu réduite c'est que c'est surtout devenu le super chef de l'administration et de toute façon la 5e République est organisée de telle manière que toutes les décisions passent par Matignon ce qui est le cas depuis toujours on va nommer le 25e Premier ministre mais c'est vrai que le poids politique est passé sans doute sur l'Elysée et du coup je ne dis pas que c'est devenu ils sont moins exposés c'est-à-dire qu'on voit bien
et deux femmes ont refusé récemment en tout cas elles ont fait savoir qu'elles avaient refusé c'était pas le cas
j'ai l'impression que ça a été des contacts informels et que peut-être la version donnée aux journalistes était un peu excessive et cresson pour continuer dans ce que disait Jean-Pierre Afarin Edith Cresson pardon a dit quand on lui demandait quel est son meilleur souvenir à Matignon elle a dit quand je suis arrivé quand je suis reparti comme s'il y avait une espèce de trou noir entre deux et a noté simplement que Jospin Lionel Jospin lui a adoré il n'a pas trouvé ça épuisant mais il faut dire aussi qu'il était dans une période de cohabitation et que probablement il avait un président qui faisait de l'international qui faisait autre chose et qu'il était le patron donc il n'avait pas à subir la surveillance permanence du chef de l'État
Juste un dernier mot Caroline Vigoureux parce que c'est obligé que je vous pose cette question parce que les gens se la posent est-ce qu'on a des noms qui circulent ? Oui il y en a beaucoup mais honnêtement je vais vous décevoir je n'aurai pas la réponse Non mais ça on le sait mais quand on regarde les noms qui circulent on a entendu parler de Audrey Azoulay
des femmes des femmes de gauche donc Audrey Azoulay Marisol Touraine ou Elisabeth Borne l'actuel ministre du Travail donc oui il y a plusieurs noms qui circulent mais c'est actuellement le secret le mieux gardé de la République Juste un point sur Matignon Emmanuel Macron a lui-même contribué à dépolitiser la fonction de Premier ministre quand il avait choisi Jean Castex il avait choisi quelqu'un il l'avait dit enfin Jean Castex lui-même l'avait dit pour faire l'intendance et l'exécution donc il n'y a plus de poids lourd politique à Matignon il y a un Premier ministre qui délivre qui vérifie la bonne exécution des réformes qui fait les arbitrages mais ça a quand même le choix de Jean Castex a quand même été le premier acte de dépolitisation Vous avez raison de le dire parce qu'on dit souvent que c'est le patron de la majorité c'est plus le cas ?
Alors si je dirais que c'est encore le cas parce que Jean Castex a quand même fait un gros boulot auprès des députés il allait souvent les voir il était assez présent au Parlement donc il y a encore la fonction de paratonnerre par rapport à la majorité mais ce n'est pas un poids lourd politique comme il y en a eu traditionnellement sous la Ve République Mathieu Plagne il y a plus de poids
et de pouvoir à Matignon ou à Bercy ?
Je dirais à l'Elysée Non mais surtout là en fait on va de crise en crise et dans la gestion de crise la décision j'ai l'impression qu'elle se fait quand même beaucoup à l'Elysée sur ces arbitrages là c'est vrai que notamment avec Jean Castex c'était peut-être moins vrai avec Édouard Philippe sur la question des retraites notamment on a vu qu'il y avait quand même une opposition sur l'ambition de la réforme des retraites bon le fait qu'on a un régime d'hyperprésidentialisation conduit à faire que la responsabilité quand même incombe au président face à la crise et on l'a vu aussi avec la crise des Gilets jaunes celui qui était confronté aux Gilets jaunes c'était Emmanuel Macron
j'ai cette dernière question avant de passer aux questions des téléspectateurs Hervé dans le Morbihan qui dit pourquoi Mélenchon se rêve est-il en Premier ministre Matignon n'est-il pas réputé pour être le terminus des ambitions à l'Elysée
alors en général on dit qu'il y a une fatwa c'est-à-dire que quand on sort de Matignon on ne peut pas être élu président il a choisi ça parce qu'il pensait que comme la présidentielle était finie il faut toujours qu'il se passe quelque chose là où il est donc qu'est-ce que vous voulez qu'il lui reste il lui reste ça et je dois dire que pour aller dans le sens de ce que vous disiez il y a même des gens comme François Hollande qui ont théorisé l'absence de Premier ministre en considérant que c'était plus nécessaire c'est-à-dire que le transfert du poids vers la présidence de la République faisait qu'on pouvait avoir un chef mais pas quelqu'un qui soit Premier ministre au sens où on pouvait l'entendre dans le temps
et nous revenons maintenant à vos questions une question de Sébastien dans Calvados Jean Castex partirait-il un brin dégoûté de l'exercice du pouvoir c'est pas quand vous l'avez rencontré c'est pas l'impression qu'il vous a donné
non c'est pas l'impression qu'il donne mais ce qui est assez surprenant c'est que pour le coup il fait ce qu'il avait dit au début c'est-à-dire qu'il ne poursuivra pas dans l'exercice de la fonction politique il lui a été proposé clairement il a été sondé sur est-ce qu'il aurait pu devenir ministre ministre d'abord puisque finalement il y a plusieurs anciens premiers ministres qui sont redevenus ministres Laurent Fabius Jean-Marc Ayrault ont été ministres d'affaires étrangères Alain Juppé avant eux il aurait pu le cas d'Orsay un super ministre de l'éducation nationale se prépare ministre de la justice une fonction régalienne il a dit non il ne veut pas non plus siéger au parlement il n'a pas cette ambition ce n'est pas son truc comme il dit et au fond il va il va quitter la politique il va prendre quelques mois
pardon mais si ça ne lui avait plus c'est ce que suggère cette question si la politique et l'engagement politique ne lui avaient plus on le saurait du coup
oui on le saurait on l'aurait découvert il n'a pas envie c'est un serviteur un grand commis de l'état un serviteur de l'état au sens noble du terme c'est ce qu'il est c'est l'image de Marc qu'il veut laisser
Caroline Vigoureux pourquoi Macron attend-il
si longtemps avant de nommer son premier ministre ? il n'avait aucune urgence à le faire et même le calendrier spécifique en cette année présidentielle où le temps était plus long entre l'élection présidentielle et les élections législatives donc en se laissant du temps il se permet aussi de se donner un nouveau souffle en se rapprochant des élections législatives on peut aussi considérer qu'il a gagné trois semaines pour lancer le match maintenant à quelques semaines il exagère un peu il exagère pourquoi ?
il exagère là quand même on va dire que dimanche ou lundi on sera à 21 jours depuis la réélection franchement si c'est depuis huit jours puisqu'il l'a dit lui-même vous l'avez repassé l'image depuis lundi il l'a dit à lundi si c'est depuis huit jours qu'il va être le premier ministre franchement il y a mais il attend peut-être le dosage avec justement l'accord à gauche pour savoir s'il a oui mais d'accord c'est le gouvernement qui bloque oui mais on pense aux gens qui nous regardent je pense qu'à un moment il faut respecter aussi les électeurs il y a une compagnie qui va commencer j'attends toutes les nuits la désignation du premier ministre c'est vrai ?
on ne vous croit pas du tout les Français n'attendent pas pour l'attendre
nommer un premier ministre issu du parti socialiste ne serait-ce pas une provocation pourquoi pas Manuel Valls pendant qu'on y est
Caroline Vigour alors Manuel Valls il est député cette fois-ci il a été investi par la République en marche ce qui n'était pas le cas en 2017 j'imagine mal Emmanuel Macron nommé Manuel Valls qui est quand même une figure encore très clivante au sein de la Macronie et qui s'est peut-être un peu démonétisé à la fin du quinquennat Hollande le quinquennat c'est quand même assez mal terminé Manuel Valls lui-même l'avait reconnu donc je ne vois pas bien ce que ça lui apporterait ça ne serait pas un réel élargissement à mon sens il ne l'aime pas il ne l'aime pas il faut aimer son premier ministre c'est une question l'aimer c'est tout est relatif mais il faut au moins considérer et en plus comme Emmanuel Macron est un hypermnésique c'est à dire si vous avez dit un truc contre lui en 1912 il s'en souvient je pense que ce qui s'est passé entre les deux ça s'est assez mal passé vraiment et que vous passez beaucoup de temps ensemble c'est pour ça que comme le disait Caroline il n'a pas eu son investiture la dernière fois et que là bon ils ont fait un geste en se disant c'est mieux de l'avoir dans la majorité que de le laisser à l'extérieur c'est quand même un ancien premier ministre
donc on rajoute un élément important dans le choix dans tous les critères qui ont pesé dans le choix parce qu'évidemment il a choisi il a trouvé et c'est une femme c'est ce que vous avez dit tout à l'heure Bruno Jeudy il faut aussi que ce soit quelqu'un qui soit compatible en termes de tempérament et qui n'est pas un passif vis-à-vis d'Emmanuel Macron
c'est la base c'est l'usage la règle depuis la cinquième c'est un couple exécutif ça s'appelle comme ça d'ailleurs et donc ils vivent en couple même si en général à la fin du mandat du premier ministre le président ne peut plus le blairer et ça ça s'est vu tout le temps même si ça se passait bien au début sauf là avec Jean Castex sauf là effectivement
on n'a pas une capillon allez une question de Maria dans l'héros Macron n'a-t-il pas sous-estimé l'impact de l'inflation chez les français d'en bas les jeunes précaires et les petits retraités Mathieu Plannes
je ne suis pas si sûr en fait parce que ce choc il est global à tous les pays je dirais même qu'on s'en sort alors je ne vais pas faire de provocation mais on s'en sort un peu mieux que les autres pays on a l'inflation la plus faible en fait d'Europe parce qu'il y a eu un bouclier tarifaire qui a eu une remise de 15 centimes et que en réalité le SMIC ou les minima sociaux sont indexés sur l'inflation c'est pour ça qu'il va accélérer le calendrier donc la question c'est plutôt effectivement quand on va devoir cibler comment on cible mais j'allais dire globalement la France a plutôt pris plus de mesures que nos voisins européens
Une question d'Alain de telles fébrilités et de telles offensives contre Jean-Luc Mélenchon c'est vrai que c'est l'impression qu'on a ces derniers jours qu'il y a une forme de fébrilité
Je pense que la gauche fait peur à une partie de la Macronie enfin on pourrait changer ces derniers temps avec des ministres et des députés ils disent que ce qui les terrifie c'est l'idée que Mélenchon est le plus grand groupe d'opposition à l'Assemblée nationale quand on voit le pouvoir de nuisance qu'avaient les Insoumis avec 17 députés on peut imaginer que s'ils sont une centaine ils vont mener la vie dure au gouvernement ils vont passer leur temps à leur pourrir la vie sur toutes les réformes et ça va être très très compliqué parce que c'est un groupe
qui a beaucoup travaillé on peut le dire peut-être ils ont beaucoup travaillé les 17 députés et sur chaque texte il y avait vraiment la volonté de 150 amendements mais pas juste pour occuper le terrain travailler
et avec des propositions politiques effectivement on peut pas le dire de tout le monde eux les Insoumis effectivement ont travaillé oui c'était pas le cas du RN c'est ce que je voulais dire de façon détournée mais en plus pour abonder dans le sens de Caroline il y a eu quand même plusieurs déclarations en disant on aura besoin du soutien de la rue chez les Insoumis ça a été dit par Clémentine Autain dans une émission que vous connaissez bien et ça a été dit par d'autres depuis en disant en gros si ça suffit pas l'opposition à l'Assemblée on aura besoin d'être aidé dans la rue et la rue c'est pas exactement ce que la Macronie préfère à la fois militant à la fois militant très actif et potentiellement Caroline le disait c'est des gros moyens si vous êtes premier groupe d'opposition et notamment la présidence de la commission des finances bon courage pour le futur ministre du budget d'aller faire railler parce que là vous pouvez convoquer les ministres leur demander des comptes et le président de la commission des finances c'est quelqu'un de très important à l'Assemblée nationale
le discours anti-flic de la France insoumise ne risque pas de desservir ce parti lors des législatives
c'est déjà fait de ce point de vue là puisque de toute façon leur marque ça a été de s'opposer ils veulent désarmer la police ils ont des mesures dans leur plateforme des insoumis pour la présidentielle qui était absolument incroyable
entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes
ça va mieux puisque là ils ont trouvé un accord pour les législatives en gros Emmanuel Macron a réussi l'opération de mettre des verrous pour retarder le plus tard possible retarder la guerre de succession qui arrivera à un moment ou à un autre dans son camp et Édouard Philippe a eu 58 investitures ce qui fera un groupe modeste à l'arrivée
l'attelage de la majorité est-il plus solide que celui de la Nupes
Nupes plus solide ? oui dans le papier oui bien sûr plus solide parce qu'ils sont d'accord sur le fond déjà
merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h40 il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de C'est à vous au programme
ce soir Anne-Elisabeth bonsoir Caroline aucune région n'est épargnée par le phénomène on est que début mai mais les signes d'une sécheresse record sont là avec un impact sur les récoltes de céréales Christiane Lambert présidente de la FNSEA est ce soir notre invitée
merci Anne-Elisabeth bonne émission demain vous retrouvez Axel de Tarlay pour un nouveau C'est dans l'air je vous rappelle que vous pouvez retrouver l'émission quand vous le souhaitez en replay et en podcast belle soirée
c'est dans l'air
Jean-Luc Mélenchon