« Notre responsabilité est immense: rester fermes dans notre opposition au Mercosur. » Benoît Biteau
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Benoît BiteauFait
« Nous n'avons pas besoin d'accord de libre échange pour qu'il y ait des échanges planétaires. »
- 1:30Benoît BiteauFait
« Les produits agricoles et alimentaires sont des biens de première nécessité. Ils ne peuvent être ni la variable d'ajustement ni la monnaie d'échange à ces accords de libre échange. »
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J'aimerais commencer mon propos par une évidence. Nous n'avons pas besoin d'accord de libre échange pour qu'il y ait des échanges planétaires. Alors, quand j'entends certains nous dire que s'opposer aux accords de libre échange, c'est vouloir tuer le commerce mondial, moi ça me fait bondir parce qu'en réalité, qu'apportent les accords de libre échange ?
Il permettent à certains de négocier sur des gros paquets de biens de façon bilatérale des tarifs douigners très bas voire nuls. Et c'est comme ça qu'on se retrouve dans des situations absurdes comme celle que nous propose le Mercosour où pour exporter des produits européens en Amérique latine à des tarifs doigners nuls, nous devrions échanger, importer sur notre sol de la viande bavine, de la volaille, du porc, du lait, du miel qu'on sait produire en Europe qui seront vendus à des tarifs qu'aucun éleveur ne pourra atteindre chez nous. Bref, si on voulait finir de tuer ce qu'il reste de de l'élevage familial en France, on ne s'y prendrait pas autrement.
Et c'est une absurdité. Depuis quand est-il souhaitable de sacrifier tout un secteur économique pour en favoriser un autre ? Ça a commencé avec les accords de l'OMC.
Ça se poursuit à chaque nouvel accord de libre échange et là la coupe est pleine archi pleine. Nous écologistes affirmons que l'agriculture n'est pas un secteur commercial comme un autre. Les produits agricoles et alimentaires sont des biens de première nécessité.
Ils ne peuvent être ni la variable d'ajustement ni la monnaie d'échange à ces accords de libre échange. C'est un secteur éminemment stratégique devant assurer la souveraineté alimentaire qu'importe la fluctuation des cours mondiaux. Alors pour nous rassurer ou nous faire regarder ailleurs, on nous parle de clause miroir mais chacun ici le sait.
Leur contrôle est quasiment impossible et elles sont inefficaces en pratique pour défendre nos standards de production, nos normes environnementales et sanitaires. On nous parle aussi de clauses de sauvegarde mais ces clauses n'ont aucun caractère contraignant pour les pays du Mercosour. Elles ne protégeront ni nos éleveurs, ni nos filières, ni nos terroirs.
En clair, elles ne protègent que sur le papier. Signer cet accord, c'est accepter que les paysans des deux côtés de l'Atlantique soient sacrifiés. Car ce modèle de libéralisation agricole ne profite qu'à une chose, les logiques agro-industrielles.
Cette course à l'industrialisation qui écrase les petites fermes en France comme au Brésil, en Uruguay, au Paraguay, en Argentine, Mercosoura, les profits finiront toujours dans les mêmes poches, celles des grands groupes exportateurs. Mais le sacrifice n'est pas seulement social ou économique. Signer cet accord, c'est aussi accélérer le dérèglement climatique et l'effondrement de la biodiversité.
C'est encourager un modèle agricole basé sur la déforestation de l'Amazonnie qui est le poumon de notre planète, l'usage massif de pesticid interdit en Europe, les cultures OGM ou l'hyperindustrialisation de l'élevage, c'est au bout du compte renoncer à toute perspective sérieuse de souveraineté alimentaire pour demain, ici comme ailleurs. Et c'est exactement là que les choses deviennent profondément politiques. Car depuis des années, le gouvernement français affiche une opposition de façade, tout en laissant entendre à Bruxelles qu'un compromis serait possible.
C'est le fameux en l'État. On l'a encore vu lors des lors des débats sur la loi du plomb. D'un côté l'industrialisation de de l'agriculture, la complaisance envers les fermusines, l'abandon de la science et de l'autre des pseudos avancé brandi sur le Mercosour pour mieux dissimuler une position qui s'est infléchie.
La vérité c'est que la France n'est pas aussi ferme qu'elle ne le prétend. C'est pour cela que la proposition de résolution qui nous est proposée d'adopter aujourd'hui comme celle déposée par notre collègue François Ruffin est indispensable. Elle demande que le président de la République saisisse la Cour de justice de l'Union européenne afin de vérifier si l'accord Mercosour est conforme au traités européens.
Si le gouvernement est sincère, s'il pense réellement que cet accord menace nos agriculteurs, nos territoires, nos engagements climatiques, alors il doit le démontrer qu'il saisissent la Cour de justice européenne. Enfin, je tiens à rappeler que ce débat ne concerne pas que les agriculteurs, il est aussi profondément citoyen. Trois foncés sur qu rejettent cet accord.
Notre responsabilité est immense et notre devoir est clair : rester ferme sur notre opposition au Mercosour et tout mettre en œuvre pour qu'il soit rejeté. Et cela passe, j'insiste, par la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne comme le demande des députés européens. On attend, monsieur le président de la République sur ce sujet et je vous remercie de votre attention.
Ah.
Benoît Biteau