Agriculture : "On n'a jamais eu autant besoin de stocker de l'eau ! Sinon on ne produira plus local"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Sud Radio, le grand matin weekend 7h10h, Laurence Perot. Et on revient sur cette loi d'urgence agricole avec un texte qui est issu de la commission mixte paritaire qui assoupli certaines des positions les plus clivantes votées par le Sénat sur la gouvernance de l'eau. Et cette question que je vous pose depuis ce matin sur Sud Radio, pour vous, l'eau doit-elle être réservée ou en priorité aux agriculteurs lors des périodes de sécheresse ? continuer de réagir.
Vous êtes également nombreux à revenir sur la page Facebook de Sud Radio. C'est bien, vous êtes réveillé, ça fait plaisir. Voilà.
Et vous donner aussi votre avis et je suis avec mes deux invités, Benoît Bitau qui est avec nous et Luc Smessert, vice-président de la FNSEA. Alors, on vous a pas beaucoup écouté, Luc, on vous a pas beaucoup entendu. Je vais vous donner la parole à ce retour euh de publicité, comme on dit euh sur Sud Radio.
Euh j'aimerais savoir comment les agriculteurs vont pardon, comment les agriculteurs euh vont vivre au quotidien l'application de cette loi. Alors, en tout cas, moi je voulais déjà répondre à monsieur Bito, euh faut arrêter de faire les grands, euh voilà des grandes démonstrations. Le problème, c'est qu'il se fait rien en France depuis une dizaine d'années. faut sortir de cette écologie de salon où on a par exemple fait la continuité écologique où on a fait qu'accélérer l'eau qui part à la mer et on n'est pas capable de stocker quelques mètres cubes d'ose supplémentaire alors qu'il a jamais autant plu depuis ce début ce début d'année.
Vous vous souvenez en février il y avait toute le toute toute la Nouvelle Akitaine toute la Bretagne qui était sous l'eau. On n' pas capté un m³ d'eau. Et si on capte pas 1 m c d'eau, c'est ce qu'il y a de pire pour l'environnement, c'est ce qu'il y a de pire pour l'agriculture.
On est en train de vivre une année horrible en terme de sécheresse. La troisème canicule et on est que au 18 19 juillet et on a besoin d'eau. Il faut juste dire à tous les auditeurs, on fera pas d'agriculture, on ne fera pas d'agriculture sans eau.
On fera pas un fruit des fruits et légumes chez nous, on fera pas Moi, je suis éleveur aujourd'hui, je redonne du foin, je tape dans la réserve de l'hiver alors que j'aurais eu besoin si j'avais de cette capacité d'avoir un peu d'eau pour justement que ma luserne, que mes prairies parce que les prairies aujourd'hui sont complètement asséchées. D'ailleurs, il y a des départs de feu même sur des prairies en ce moment. On a jamais vu ça.
Donc il va falloir queon gère l'eau ensemble sur les territoires. Il est pas question que il y a un accaparement des agriculteurs. L'eau ça va gérer avec les mers, ça va se gérer sur les territoires parce que on sera capable d'en relâcher un petit peu pour éviter aussi que nos rivières soient à sec comme c'est en train de se produire actuellement.
Donc l'eau, ça doit être un combat collectif. Ça doit pas être des gens qui qui se disent à un moment donné dans un beau salon climatisé de dire on va faire ça, on va faire ça. Non, il y a le régime, il y a le principe de réalité. en ce moment et c'est pour ça que demain il faut simplifier la vie tout comme il faut aussi simplifier le curage de l'eau.
Et vous savez vous avez bien vu quand il pleuvait tellement on avait même pas le droit d'entretenir un fossé. Il faut simplement redonner du bon sens et je peux vous dire que demain on va gagner c'est parce que face à ce changement climatique si on nous donne pas de solution bah c'est simple hein à chaque fois qu'il disparaît un agriculteur il disparaît le premier écologique de France et ça j'espère que monsieur Bito est d'accord avec moi. Monsieur Bito est lui-même agriculteur.
Réaction monsieur Bito en direct sur radio et ben ben je député plus chitime. [raclement de gorge] Il y a plusieurs il y a plusieurs il y a plusieurs sujets mais monsieur Smessard ce s'émeux des inondations du mois de février. Qui a arraché les arbres ?
Qui a arraché les qui a redressé les cours d'eau ? Qui a retourné les zones humides ? Qui les a draîné depuis 60 ans ? les mêmes que ceux qui veulent mettre des méga bassines et ils veulent le faire et c'est l'éléphant dans la pièce dont on ne parle jamais, ils veulent le faire à grand renfort d'argent public mais tout ça ne fonctionnera pas si on ne restaure pas ces foutues zones humides qui permettent de restaurer le grand cycle de l'eau.
Ensuite, monsieur Smessard nous parle des inondations de cette de cet hiver. Je ne connais pas un seul fabricant de pompes quand bien même on mettrait des pompes à hélice qui est capable de mettre de l'eau des inondations dans des mégabassines. Pour remplir une bassine comme ça Soline que tout le monde connaît, il faut 3 mois de pompage.
Fort Heureusement qu'on n' pas 3 mois d'inondation pour avoir le temps de remplir des mégabassines. Donc la solution c'est effectivement restaurer le grand cycle de l'eau et donc les zones humides. Mais je pense que vous n'êtes pas Mais je pense Non, attendez attendez monsieur Bitau.
Je ne pense que enfin moi il y a un moment je suis consommatrice, je je vais manger des choses que les agriculteurs, vous et les autres travaillent. Pourquoi vous ne travaillez pas dans le bon sens tous ensemble ? Il y a un moment, vous dites la même chose, sauf que vous êtes incapable de vous entendre.
Et je ne comprends pas pourquoi les agriculteurs, les politiques, les gens un peu censés de ce pays arrêtent de se battre et travaillent ensemble pour refaire les choses correctement. Voyez même sur l'antenne mais si sur l'antenne vous vous battez. Moi je veux pas me battre madame.
Moi je veux pas me battre. Je veux pas me battre. Je je je suis je avant d'être paysan j'ai je suis scientifique et j'étais chercheur.
Et moi, je me réfère à ce que nous disent les scientifiques. Les scientifiques nous disent le les les solutions basées sur le stockage de l'eau comme on l'a conçu dans ce projet de loi d'urgence ne fonctionneront pas. On ne pourra pas mettre de l'eau là-dedans si on ne restaure pas en amont le grand cycle de l'eau.
Donc on dit pas exactement la même chose. C'est-à-dire que là, on ne ferait rien pour préserver et restaurer le grand cycle de l'eau et on pense qu'on pourrait mettre de l'eau dans des mégabassines comme ça enant des march. Mais on ne parle pas que Mais arrêtons de ne parler que des mégabassines.
On ne parle pas On ne parle pas que des méga bas. Non, mais il y a pas que ça. On parle de quoi d'autre ?
Je suis Dites-moi, Dites-moi, dites-moi ce qu'il y a d'autre dans ce texte de loi. Dites-moi voir un peu. Moi, je j'étais à la CMP.
Dites-moi voir ce qu'il y a d'autre dans ce texte de loi. Moi, j'ai rien trouvé d'autre que ça. Des solutions basées sur du technolutionnisme qui ne fonctionne pas.
Et si on s'écarte un petit peu de ce texte de loi et qu'on réfléchit à autrement vous demandez de parler du texte de loi. Je vous parle du texte de loi. Je suis désolé.
Je vous en dire deux mots sur le texte. Allez-y. Allez-y.
Oui, parce que je pense que si vous étiez en CMP. Oui, si vous étiez en CMP, vous avez vu quand même que dans ce texte, il y a bien plus que ça. Il y a des éléments pour quand vous parliez du revenu, quand on on va plus loin pour que enfin on prenne la totalité des coûts de production par rapport au revenus.
Quand vous voyez aujourd'hui la réaction de l'industrie agroalimentaire de la grande distribution qui ne veut pas ses tunnel de prix qui ne veut pas prendre en compte les coûts de production dont le travail parce que un agriculteur la le coût principal c'est le travail et pour par exemple récolter un fruit aujourd'hui 50 % c'est de la main d'œuvre et c'est ça qu'il fallait prendre en compte. Donc ça il y a il y a ça dans le texte il y a des éléments sur la la protection pour éviter aussi les intrusions dans les élevages. Ça c'est des éléments qui parlent.
Il y a des éléments sur les recours abusifs parce qu'aujourd'hui il y a des associations qui ne veulent pas qu'on ne bouge un le petit doigt et que ils font des recours de recours. Ça c'est dans le texte. Vous avez des éléments euh monsieur Bitau, vous le savez très bien sur aussi euh l'eau quantité mais aussi l'eau qualité pour qu'enfin on puisse ensemble trouver des solutions.
Vous avez raison, il faut stocker il faut stocker l'eau quand elle tombe en en hautes eau. Et et on a des fois 2 3 mois durant l'hiver où il y a vraiment des capacités mais c'est la capacité. On sera on fera pas que moi j'aime pas le le mot bassine parce qu'une bassine, je suis désolé c'est pour se laver mais pour ces retenus notamment des retenus colinéaires, on a des choses, on a la chance, on a du relief en France et en gravité.
Et si aujourd'hui le pire de tout c'est des zones humides qui sont asséchées par ces canicules et donc il faut s'adapter. Fermez les yeux face à ce changement climatique monsieur Mo, c'est juste pas possible. Et moi, je veux juste dire un mot aussi, c'est qu'on peut pas se servir des agriculteurs et appeler au secours les agriculteurs que quand la fontaine de la forêt de Fontaine Bleau brûle pour leur donner un coup de main, ils le font.
C'est c'est normal, c'est l'intérêt général. Mais les agriculteurs ne peuvent pas être là que pour déneiger, que pour pousser les arbres quand il y a une tempête. Et puis évite, il faut qu'on se serve de l'eau pour autre chose que pour stopper les feux.
Il faut se servir de l'eau pour notre alimentation. Luxe Messert, vice-président de la FNSEA, Élveur Dloise. Benoît Bitau.
Euh vous qui êtes député donc de Charante Maritime de la seconde circonscription très exactement, ne vous trompez pas. Évidemment, moi mon sujet ce matin, c'est faut-il réserver l'eau aux agriculteurs en priorité lors des périodes de sécheresse ? Évidemment, il y a eu cette loi, il y a eu tout ce qui s'est passé sur la loi d'urgence agricole.
Mais une fois de plus, je vous pose la question à tous les deux et à tous ceux qui écoutent Sud Radio. Est-ce qu'on ne peut pas travailler ensemble ? Est-ce que vous pouvez pas aussi travailler avec les urbanistes pour que l'eau lorsqu'elle tombe dans nos villes, elle soit pas directement envoyée à la mer, mais que l'on laisse l'eau repartir dans la terre et recharger ?
Est-ce qu'on peut pas un jour travailler intelligemment tous ensemble sans se battre ? Mais mais c'est ce que c'est ce que c'est ce que j'arrête pas de faire. Ça fait ça fait presque 20 ans que je fais de la politique.
J'ai essayé d'expliquer tout ça et on n'est pas entendu et on n'est pas entendu non plus par le monde agricole. Je vais vous donner une autre donnée madame puisque vous avez l'air de de penser que je suis contre les agriculteurs alors que je suis moiême et que je suis et que je suis moi-même et que je suis moi-même irrigant pour pour votre info quand même. [raclement de gorge] Mais mais je vais je vais vous donner un autre élément, c'est que dans ce texte de loi, l'eau qui est prévue ne sert qu'à 6 % des agriculteurs qui ont un droit un droit historique de pompage.
Est-ce que on peut arrêter de dire que la souveraineté alimentaire ne repose que sur l'agriculture qui irrigue et et insulter les 94 % d'agriculteurs qui eux produisent sans avoir recours à l'irrigation ? Et ce que propose ce texte de loi, c'est de mettre encore plus en difficulté les agriculteurs qui ne sont pas irrigants parce qu'on va rabattre plus fort les nappes fréatiques. On va continuer donc de de les de mettre en difficulté les prairies dont parlait mon collègue Smessard à l'instant parce que sur des niveaux de napaibles, les prairies par le système racinaire ne peuvent plus aller chercher l'eau.
Vous parliez des fossées. Si on a plus ces zones humides qui gardent l'eau, qui la ralentissent, qui la retiennent pour la libérer. Au moment où la sécheresse est là, effectivement, il y a plus d'eau dans les fossé.
Et donc, c'est tout ça qui ne va pas. C'est-à-dire qu'on a on n'anticipe pas sur ce qui va se passer avec le dérèglement climatique. Alors que les scientifiques au travers des études hydrauliques, usage, milieu, climat nous disent ce qu'il faut faire.
Ils nous le disent dans chacune des commissions locales de l'eau, dans chacun des des schémas d'aménagement et gestion de l'eau que ce texte de loi veut affaiblir. On veut euh affaiblir le poids démocratique des commissions locales de l'eau pour amplifier le le la parole des agriculteurs. On veut affaiblir le poids de la démocratie de l'eau dans les comités de bassin où où l'Europe entière nous envie parce que c'est des organes de démocratie de l'eau et et ce texte de loi est encore en train d'affaiblir les comités de bassin y compris financièrement.
Donc je je sais pas qui qui fait fausse route, mais j'ai pas l'impression de moi faire fausse route. Moi je crois en la démocratie de l'eau. Je crois en la science et ce texte piétine et la [raclement de gorge] démocratie et la science euh des spécialistes de la gestion de l'eau.
En tout cas et vous avez eu la parole sur Sud Radio. Malheureusement ce ce débat se termine vu l'heure puisqu'il est 9h30. On pourrait en parler pendant des heures et des heures.
Travaillons ensemble quoi qu'il en soit et voilà c'est travaillons pour le bien de l'ensemble de tous et autant de ceux qui travaillent que de ceux qui consomment et qui mangent les produits de l'agriculture française. Merci en tout cas à tous les deux du métier que vous faites et je vous le dis avec énormément de sincérité. Je sais l'importance de ce que vous faites pour nous.
Je vous souhaite quoi qu'il en soit un bon dimanche et le débat et le sujet reviendra ça c'est sûr sur l'antenne de Sud Radio prochainement. Lux merci à vous. vice-présidente de la FNSEA, éleveur d'loise et Benoît Bitaot, paysan lui aussi, c'est comme ça que vous voulez 10 agriculteurs et député de la seconde circonscription de la Charante maritime du département numéro 17 et bravo aussi à tout le monde.
Yeah.
Benoît Biteau