Vaccination obligatoire des soignants, primaire des Républicains .. Le "8h30 franceinfo" de Philippe Juvin
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Bienvenue dans le 8.30 politique du dimanche sur France Info avec Jean-Jérôme Berteluz, bonjour. Bonjour. Chef du service politique de France Info, notre invité aujourd'hui, Philippe Juvin, bonjour à vous. Bonjour. Professeur de médecine, chef des urgences de l'hôpital Pompidou à Paris, maire Hélène de la, maire LR pardon, de la Garenne-Colombe.
Faut-il craindre, Philippe Juvin, une quatrième vague épidémique ? Écoutez ce que disait Jean-François Delphrécy cette semaine, le président du conseil scientifique sur France Inter.
Je crois qu'on aura une quatrième vague, mais qu'elle va être beaucoup plus nuancée que les trois premières. On en aura fini quand 100% de la population aura été soit vaccinée, soit contaminée. Et c'est probablement en 2022.
Pour cause de variant Delta, est-ce que vous redoutez une quatrième vague épidémique à la rentrée ? Regardez ce qui se passe en Grande-Bretagne, ça remonte à cause du variant Delta, donc il est très très probable que nous allons vivre absolument la même chose. Ça a été pareil avec la Grande-Bretagne et le variant britannique en janvier. On n'a pas voulu le voir arriver, il est arrivé. Et un an plus tard, c'était pareil avec les Italiens qui confinaient et nous ne voulions pas voir ce qui se passait en Italie. Donc oui, il est probable que nous aurons une nouvelle vague à la rentrée. Sauf si nous arrivons d'ici là, ce qui est évidemment compliqué, à vacciner toute la population.
Il y a la question de la vaccination qui se pose. Une centaine de médecins demandent aujourd'hui dans une tribune dans le journal du dimanche à ce que la vaccination soit rendue obligatoire pour les soignants dans les hôpitaux et dans les EHPAD. Est-ce que vous êtes pour ?
Écoutez, je pense, j'ai évolué sur le sujet. J'ai toujours pensé que la vaccination obligatoire pouvait être contre-productive en alimentant le compétisme. Il est vrai que là, on arrive à un moment où on voit très bien que le nombre de vaccinations s'écroule. Depuis 4 semaines, dans mon centre de vaccination à la Garenne, nous sommes passés de 2000 premières injections à moins de 200 premières injections en 4-5 semaines. Il y a des facteurs qui peuvent l'expliquer et peut-être qu'avant de rendre les choses obligatoires, peut-être faudra-t-il y arriver, il y a des mesures à prendre avant. Ces mesures, c'est quoi ? C'est faciliter la vaccination partout.
C'est-à-dire que le vaccin aille aux gens, sur les lieux de travail, sur les lieux de vacances.
C'est ce qui est annoncé par le gouvernement. Le vaccin vient à vous, dit Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement.
Oui, enfin, après de nous avoir dit le contraire il y a 3 semaines. Donc moi, j'attends de voir. Je pense que s'ils le font, c'est une très bonne idée. Deuxièmement, les incitations à la vaccination. L'information, jusqu'ici, on a eu des campagnes, des clips très sympas avec une grand-mère qui embrassait ses petits-enfants. Mais ce n'est pas ce type d'information qui pousse des gens méfiants à aller se faire vacciner. Je pense qu'il faut simplement dire aux Français les données dont nous disposons et celles dont nous ne disposons pas pour les persuader. Philippe Juvain, la question n'est pas celle. Enfin, on va y venir à tous les Français. Mais vous, vous êtes professeur de médecine.
La question, c'est sur les médecins. Cette semaine, la direction générale de l'assistance publique des hôpitaux a écrit à tous les agents, 100 000 agents, pour leur dire « Soyez responsables, faites-vous vacciner ». 30% des agents de la PHP ne sont pas vaccinés. Comment vous expliquez cette réticence ? Qu'est-ce que vous dites, vous, à vos soignants qui vous entourent à l'hôpital Georges-Pompilou ? Dans le service, la quasi-totalité des médecins sont vaccinés. Effectivement, une part relativement importante de leur 30-40% des paramédicaux ne le sont pas. Comment vous l'expliquez ?
Écoutez, je l'explique par les mêmes mécanismes qui font qu'il y a des médecins qui fument alors qu'on sait que c'est dangereux, par les mêmes mécanismes qui font que nous avons chaque année des épidémies de grippe dans les EHPAD parce que les personnes qui travaillent dans les EHPAD ne se vaccinent pas, alors que le vaccin est un vaccin robuste, connu depuis des années, le vaccin anti-grippe. Les soignants sont un peu comme tous les Français. Certes, ils ont, en théorie, un niveau de culture scientifique plus important, mais ils sont méfiants. Donc, il faut aller vers eux et les persuader. Moi, je crois beaucoup à la pédagogie.
Peut-être comme tous les Français, la première maladie nosocomiale aujourd'hui à l'hôpital, c'est le Covid. Est-ce qu'ils n'ont pas un devoir de responsabilité supplémentaire ? Je pense que moralement, c'est pour ça que j'ai été un des premiers à me faire vacciner, nous devons protéger nos patients. Donc, il est évident qu'il y a une obligation morale à le faire. La question que je me pose, c'est qu'une fois qu'on a dit c'est obligatoire, comment fait-on en pratique ? Moi, je voudrais qu'on m'explique cela. Que dit-on à une infirmière ou une aide-soignante ou un médecin qui dit « Moi, je ne veux pas me faire vacciner ». On lui dit « Vous ne venez plus travailler ?
» Mais nous avons déjà des difficultés dans nos services. Donc, si vous voulez, la vaccination obligatoire est quelque chose sur lequel je crois qu'il faut que nous réfléchissions, mais il faut avant tout que nous réfléchissions sur sa mise en œuvre. Et moi, elle me paraît plus complexe qu'on ne veut bien le dire.
Alors, sur sa mise en œuvre, d'accord, mais sur le principe, est-ce que vous êtes pour... Je viens de vous répondre.
Je pense que les soignants doivent être vaccinés. Il est inimaginable que nous mettions en danger nos patients. Que les gens comprennent bien, quand vous avez la grippe ou quand vous avez le Covid et que vous soignez quelqu'un, vous risquez de lui transmettre soit le Covid, soit la grippe. C'est pareil. Il y a une vaccination obligatoire sur l'hépatite B, déjà. On doit être vacciné contre l'hépatite B parce qu'on risque de le transmettre. Qu'est-ce qui se passe quand les gens ne veulent pas se faire vacciner, en pratique ? Ils viennent travailler, mais on les met dans des postes où ils exposent moins leurs patients.
Or, là, la difficulté avec le Covid, c'est qu'on les expose par définition puisqu'on est au contact d'eux. Et donc, voyez-vous, je repose la question. Il faut qu'on aille vraiment au bout de la démarche. Comment fait-on vis-à-vis de ceux qui décident de ne pas se faire vacciner ? Il faudra que ce soit dans le projet de loi, l'éventuel projet de loi du gouvernement. Mais comment faites-vous, pardon, j'insiste, comment faites-vous appliquer la loi ? Je vais regarder les pays qui font ça. Il y a beaucoup de pays qui se posent la question. Il n'y a pas qu'en France, en Italie, en Grande-Bretagne, etc.
Il y a un pays qui est allé jusqu'au bout de la démarche, mais mon Dieu, on n'est pas prêt de faire ça en France. C'est l'Arabie Saoudite qui a dit, vous ne vous faites pas injecter le vaccin, vous perdez votre travail. Pour un soignant, ce n'est pas possible ? Point interrogation. Alors, tout d'abord, pardon, mais le jour où vous allez dire aux soignants de ne pas venir travailler, moi, je veux que vous m'expliquiez comment on fait fonctionner nos services qui, déjà, manquent de personnel.
Mais il y a des vaccins obligatoires en France, notamment pour les enfants, et ça fonctionne. Là, c'est totalement différent, on ne peut pas imaginer la même chose.
Vous parlez de vaccins pour les enfants. Là, je vous parlais de vaccins pour les adultes. Moi, je vous pose la question, puisque ça semble aussi évident que ça. Qu'est-ce qu'on fait vis-à-vis de celui qui ne veut pas se faire vacciner ? Est-ce qu'il ne faut pas, pardon, travailler sur des incentives ? Oui, enfin, des incitations à la vaccination. Moi, je suis frappé, par exemple, aux Etats-Unis. Ils ont des démarches très, très intelligentes. Ils identifient des populations particulièrement rebelles, pour mille raisons, culturelles, liées à la langue, liées à la profession. Et ils ont des campagnes d'informations qui sont très, très simples.
Philippe Juvin, on vient de parler des soignants, mais la mission d'information du Sénat veut rendre obligatoire le vaccin pour les 25-59 ans. Ce matin, Laurent Berger et Geoffroy Roux de Bézieux, les deux partenaires sociaux, veulent rendre la vaccination obligatoire pour tous les salariés au contact du public. La Haute Autorité de Santé pour les 12 ans et plus, etc. Pour les profs, est-ce qu'il faut rendre la vaccination obligatoire pour tous les Français dès la rentrée ? D'un mot ? Si on n'y arrive pas rapidement, probablement oui. Encore une fois, je vous repose cette question. Ce qui me préoccupe, c'est la réalisation pratique de la chose.
On a un peu de mal déjà avec la vaccination non obligatoire. Je vous laisse entrevoir la difficulté logistique. Donc, j'aimerais que les choses soient mises sur la table. Il n'y aurait rien de pire que de rendre obligatoire une vaccination et de ne pas arriver à faire respecter cette obligation.
D'un mot, ça vous surprend qu'on commence à stagner à un peu plus de 30 millions de Français vaccinés ? Vous auriez pensé qu'on se serait plus vaccinés ?
En fait, le problème, c'est qu'il y a encore des limites à la vaccination. Je prends un exemple. Les enfants, quand vous envoyez un enfant se faire vacciner, il faut que les deux parents aient signé le papier. Ça n'existe pour aucun autre vaccin. Donc, vous voyez, je pense qu'il faut qu'on facilite, qu'on simplifie les choses. De la même manière, moi, je vois pourquoi les gens ne sont pas venus se faire vacciner. Depuis quelques semaines, c'est qu'ils me disent, je ne vais pas avoir la première injection parce que je suis sur la plage dans 4 semaines. Donc, là aussi, de la fluidité dans le circuit et on y arrivera.
Et à cette égare, il y a eu des annonces vendredi par le ministre de la Santé. Deuxième dose possible dans n'importe quel centre, y compris sur son lieu de vacances. Philippe Jules va vous rester avec nous. On se retrouve dans un instant, 8h41, le fil info avec William Delesseux.
Près de 2000 manifestants à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, contre le Rassemblement National, dont c'est la fin du Congrès aujourd'hui. Marine Le Pen, sans suspense, sera investie candidate à la présidentielle de 2022 et reconduite en tant que présidente du RN. Près de Narbonne-Plage, dans le massif de la Clappe, 250 hectares de forêt détruits par un incendie rapidement fixé grâce à la mobilisation d'un demi-millier de sapeurs-pompiers. Il faudra encore quelques jours pour éteindre totalement le brasier. Une enquête est ouverte pour déterminer l'origine du feu. Au centre du Japon, la coulée de boue a emporté une centaine d'habitations.
En ce moment, les secouristes sont à la recherche de survivants, emportés par ce gigantesque glissement de terrain. Un millier d'hommes déployés sur place. A 13h10, à suivre sur France Info, le Tour de France, neuvième étape entre Clues et Tignes, dans les Hautes-Alpes. 51 km de montée sur 144. Le porteur du maillot jaune, le Slovène Tadej Pogacar, après l'arrivée au Grand Bornan. Hier, le coureur plus que jamais favori à sa propre succession. Et puis, s'amuseront-ils ? Les croisiéristes reprennent les paquebots à Marseille. Deux navires, 6000 passagers en tout. Le secteur est crucial pour le port marseillais. 16 mois qu'aucun bateau de ce type n'avait pris de large. France Info.
Philippe Juvin, professeur de médecine, maire Les Républicains de la Garenne-Colombe, est avec nous ce matin. On quitte le Covid, mais on reste dans le domaine médical. Coralie Dubost, députée de l'Hérault, co-rapporteure du projet de loi bioéthique, était avec nous à votre place hier matin. On a parlé de la procréation médicalement assistée, puisque la loi de bioéthique, ça y est, est passée à l'Assemblée nationale, avec la PMA pour toutes les femmes, les couples de femmes ou les femmes seules. Et elle estime que ce sujet-là, aujourd'hui, fait consensus en France.
Je considère qu'il y a un consensus et que nous avons avancé vers un texte qui est parfaitement équilibré aujourd'hui, qui respecte nos principes éthiques à la française, qui sont très spécifiques, d'ailleurs, d'un point de vue international, et qui, tout à la fois, permet d'avancer de façon respectueuse pour toutes les familles et toutes les femmes et tous les enfants vers ces techniques du XXIe siècle qui permettent de faire famille dans des conditions dignes.
Vous êtes d'accord avec Coralie Dubost ? Aujourd'hui, la PMA pour toutes les femmes fait consensus en France ?
Non, elle ne fait pas consensus, mais à titre personnel, je trouve que c'est une très bonne chose. Moi, je trouve que la société doit laisser les gens libres. Et le choix de la PMA ou pas de la PMA, il dépend des individus, et cette loi est une bonne loi. Est-ce qu'en matière d'interruption volontaire de grossesse, il faut aller plus loin que le délai actuel ? Une proposition de loi va sans doute revenir à l'Assemblée. Emmanuel Macron est contre le fait de repousser le délai de 12 à 14 semaines. Christophe Castaner, le patron du groupe majoritaire à l'Assemblée, est lui pour. Qu'en pense Philippe Juvin ? Je pense que passer de 12 à 14 semaines, ça a un intérêt et une justification.
C'est qu'il y a beaucoup de femmes qui, aujourd'hui, ne parviennent pas à bénéficier de l'IVG dans les 12 semaines. Pourquoi ? Parce qu'il y a un problème avec des disparités régionales d'accès à l'IVG en France. On sait très bien que dans un territoire, l'IVG va être immédiatement accessible. Dans un autre, il ne le sera pas. Il y a une hétérogénéité de l'installation des centres. Donc passer de 12 à 14 semaines me paraît une bonne chose. Je crois que le chiffre, c'est de l'ordre de 8 jours de délai pour réaliser une IVG dès que la décision a été prise. Donc on voit bien qu'à une semaine près, les choses peuvent être difficiles.
On entend que sur le plan politique ou sociétal, vous êtes plutôt libéral. Retour à la politique. Jean Léonetti, le maire d'Antibes, LR, sera au bureau politique des Républicains mardi prochain pour exposer la méthode de départage entre les candidats LR pour la présidentielle. Ils sont nombreux. Vous en êtes ? Vous êtes candidat ? J'ai toujours dit que je participerai à cette primaire quand elle aura lieu. Parce que je crois que la primaire a deux vertus. La première, évidemment, c'est de désigner un candidat. C'est important. Et la seconde, c'est de mettre sur la table des sujets politiques. On voit, vous m'avez posé des questions sur la PMA ou l'IVG.
Eh bien, ce sont des questions que nous devons aussi avoir au sein des partis politiques. Donc oui, c'est un espace de débat et je participerai évidemment à ce débat. Je serai au bureau politique, bien sûr. Il y a un détail qui, sans doute, peut vous intéresser. Il semble qu'avant cette primaire ouverte, où tous les Français vont pouvoir participer, un petit peu sur le modèle de 2016, il y aura un sondage auprès de 15 000 Français. Peut-être pour établir une liste. Est-ce que vous ne craignez pas, par exemple, qu'avec ce sondage, avant ce vote militant, vous soyez exclus de ceux qui peuvent se présenter à la primaire ?
Alors, le sondage tel qu'il va être fait, en fait, il y aura deux sondages, un en septembre, un autre en octobre, a un autre but. Le but de ce sondage, c'est de déterminer si, oui ou non, nous aurions un candidat naturel. Vous savez que ça a été un grand débat chez nous. Avons-nous un candidat naturel ? Si oui, pas de primaire. Nous ne l'avons pas, primaire. Pour éviter, pourquoi la primaire ? Parce qu'il faut que les gens comprennent. S'il n'y a pas de primaire, nous risquons d'avoir deux ou trois candidats au premier tour et donc, par définition, mécaniquement, être éliminés du second tour. C'est pour ça que la primaire est indispensable.
Non, le sondage est fait pour cela, pour vérifier que nous n'avons pas de candidat qui serait un candidat naturel, c'est-à-dire, en fait, quasi assuré d'être second tour. Ce n'est pas pour établir la liste de ceux qui peuvent se présenter devant le... Je ne crois pas, je ne crois pas.
Alors, il y a la question de ceux qui participeront à cette primaire. Vous nous dites que, visiblement, ce sera votre cas. Il y a aussi celle de ceux qui n'y participeront pas, ou en tout cas, qui annoncent qu'ils ne vont pas y participer. Et à cet égard, Xavier Bertrand s'est illustré. Lui, il dit, pas de primaire pour moi. Vous parlez de candidat naturel. Lui, il pense que c'est lui, par exemple.
D'abord, il a raison de croire en lui-même. Quand vous êtes candidat à la présidentielle, il faut croire à ces choses. Eh bien, on discute. Et on essaye de persuader Xavier Bertrand qu'il a lui-même intérêt à cette primaire. Pourquoi ? Le risque, c'est quoi ? C'est que notre parti, notre famille, la droite et le centre, au sens large, est un candidat. Si Xavier Bertrand, qui a toute légitimité pour être candidat, toute légitimité, on a vu ses scores au régional, et puis surtout le travail qu'il fait en profondeur depuis des années, est aussi candidat, nous risquons de tous les deux perdre. Donc, c'est l'intérêt commun d'avoir une méthode qui est entendue par tout le monde.
Donc, vous lui dites, si t'es le plus fort, viens le prouver. Oui, c'est ça.
Philippe Juvin, en fait, on ne reprend pas les mêmes et on recommence, mais on reprend la même méthode et on recommence la primaire de 2016, qui a été quand même assez délétère pour les Républicains, puisque, en fait, ça donne effectivement un candidat à l'élection présidentielle, mais ça donne aussi beaucoup d'ennemis à ce candidat ou des militants qui sont démobilisés parce que leur champion n'est pas choisi. Comment éviter ce chaustrable ? Ce que vous dites est très important. D'abord, la primaire est indispensable, sinon, je le répète, nous pouvons ne pas être au second tour parce que nous aurions plusieurs candidats au premier tour.
Mais il est vrai, vous l'avez très bien rappelé, qu'il y a quatre ans, en particulier, la période du second tour a été terrible parce qu'évidemment, les gens se sont tapés dessus très violemment. Donc, il faut en tirer les leçons. Quelles seraient les pistes ? On va voir ce que Jean-Léonetti nous propose, mais il y a plusieurs pistes possibles. Je ne sais pas la piste qui sera retenue. Je ne suis pas dans le secret des dieux. Peut-être qu'un scrutin à un tour permettrait d'éviter des querelles de second tour. Peut-être des modes de scrutin un peu atypiques.
Bruno Retailleau, par exemple, qui est un des candidats à la candidature à la primaire, qui est un homme de qualité, avait proposé ce qu'on appelle des scrutins pondérés, comme ça se fait dans certains pays, où il n'y a qu'un tour et les voies de celui qui est éliminé remontent au premier, au deuxième, etc. Un peu complexes, mais qui a une vertu, qui est celle de la tranquillité. Et puis, il y a aussi des modes de fonctionnement. Moi, je me souviens qu'à la fin de la primaire de la droite, il y a quatre ans, le candidat qui avait gagné avait continué à travailler avec ses propres équipes. Et les autres, tac, étaient restés sur le banc de touche. Mais parce qu'il y a une pré-campagne.
Donc, après la campagne, on l'a fait avec ses équipes. Mais peut-être faut-il tirer des leçons de ça. Et peut-être qu'une des leçons à tirer, c'est que celui qui gagnera la primaire, eh bien, s'engagera à travailler avec tous les autres candidats. Et d'un mot sur le délai, là, vous parlez de la méthode. Donc, Gérard Larcher souhaite un candidat opérationnel en novembre, c'est son mot. Pourtant, là encore, près d'une centaine de sénateurs ont dit quoi, novembre ? Mais c'est beaucoup trop tard. Ce qui est vrai, c'est que quand on regarde le paysage politique, on se dit que vous allez arriver presque après la bataille. Alors, c'est vrai que c'est un problème. Nous avons un problème de délai.
Nous avons un problème de retard à la mise en route. Nous avons voulu attendre des régionales. Nous préférerions avoir un candidat au 1er septembre, ça va de soi. Mais nous ne l'avons pas. Mais voilà, les faits sont là. Donc, il faut nous mettre en état de l'avoir. Et entre le moment où vous allez faire une campagne, il faut une campagne quand même, où vous allez mettre en place une organisation, il faut une organisation quand même, et que vous voterez, il faut quand même voter, tout ça va prendre du temps. Oui, c'est vrai. C'est vrai. Les sénateurs ont raison. Ça va prendre du temps et le temps ne joue pas pour nous.
À nous d'être intelligents, d'essayer de le réduire au maximum et puis de commencer en réalité la campagne en direction des Français, pas seulement des votants de la primaire, avant le vote. C'est vrai, les délais sont très courts.
Beaucoup de questions qui se posent avec des réponses, peut-être dès mardi avec le bureau politique des Républicains. Philippe Buvin, on se retrouve dans un instant. Le temps de dérouler le Filinfo à 8h50 avec William Delesseux.
S'agit-il d'un cambriolage ? Les corps d'un couple de sexagénaires retrouvés dans le Var, dans leur propriété de 15 hectares. Le domaine des sources accueille des réceptions. Un mariage devait se tenir hier. Le procureur de Draguignan a ouvert une enquête. Dans l'Oda, Narbonne, non loin de la plage, près de 200 habitants évacués, ils ont pu revenir chez eux. Après cet incendie dans le massif de la Clape, 250 hectares de forêt, soit près de 200 terrains de football, sont partis en fumée. Le feu est désormais fixé, c'est-à-dire sous contrôle des pompiers, qui sont toujours sur place ce matin.
Ces manifestations au Brésil contre le président Jair Bolsonaro, son gouvernement, touché par des accusations de corruption dans l'achat de vaccins anti-Covid des milliers de manifestants dans les rues de Rio de Janeiro. Aux Philippines, un avion militaire avec au moins 85 passagers à bord s'écrase dans le sud du pays à ce stade. Il n'y a que 15 survivants. L'appareil en feu a tenté d'atterrir sur une île. Le road football, l'Angleterre s'impose face à l'Ukraine, 4-0. Les Britanniques affrontent le Danemark en demi-finale mercredi, après cette victoire des Danois face à la République tchèque, 2 à 1. France Info
Philippe Juvin, professeur de médecine, homme politique de droite, maire LR de la Garenne-Colombe, est avec nous dans le Figaro. Hier, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, dit que les valeurs républicaines de la droite se retrouvent chez Emmanuel Macron. L'ordre, la sécurité, le travail, l'effort. Est-ce que vous êtes d'accord ou est-ce qu'il a tort ?
Non, je ne suis pas d'accord, mais de toute façon, Gérald Darmanin est en campagne pour le président de la République et on voit bien que la stratégie désormais de la majorité présidentielle n'a qu'un objectif, c'est de faire réélire le président. Donc Darmanin drague les électeurs de droite et puis d'autres dragront les électeurs de gauche et l'eux en même temps de communication. D'un petit mot quand même sur le délai en vous écoutant, j'ai envie de vous reposer la question. Ce qui est vrai, c'est que les régionales vous ont donné un ballon d'oxygène. Est-ce que vous ne pensez pas qu'en novembre, le soufflet sera complètement retombé ?
Est-ce que vous ne demandez pas à Jean Léonetti, mardi prochain, au bureau politique d'accélérer la cadence ? Ah mais nous sommes plusieurs à lui avoir demandé. D'ailleurs, lui est très conscient de cette affaire, vous savez. Sauf que nous sommes face à la nécessité de mettre en place une grosse machine. Il y a une chose qu'il faut absolument éviter, c'est de faire voter uniquement les militants. Ça n'aurait pas de sens. C'est vraiment une primaire, non pas des Républicains, mais de la droite et du centre, pris largement. Donc c'est compliqué à mettre en œuvre. Jean Léonetti serait le premier à vouloir aller vite. Sauf que nous sommes tenus par des impératifs techniques et matériels.
Les impératifs techniques, les questions de forme, il y a aussi les idées, évidemment c'est important. Il y a la réforme des retraites, c'est un grand sujet. Une conférence sociale est attendue ces prochains jours. Faut-il que la réforme des retraites soit remise sur le métier et rapidement avant la prochaine élection présidentielle ?
Faut-il une réforme des retraites ? Oui. Deuxièmement, faut-il la réforme des retraites qui a été mise sur le métier il y a un an et demi ? Non, parce qu'elle ne résolvait en réalité aucun des sujets importants. Et troisièmement, est-ce qu'on a le temps et la sérénité pour d'ici l'année prochaine, d'ici l'élection présidentielle, faire cette réforme ? Clairement non. On voit très bien qu'on va arriver avec une rentrée encore bouleversée par le Covid, ou une nouvelle vague, ou les conséquences des vagues passées, des Français irrités, des élections régionales qui n'ont pas donné un mandat clair, on va le dire comme ça, à la majorité présidentielle.
Je crains malheureusement que la réforme des retraites, ça a encore été une occasion perdue par le gouvernement, et nous n'avons pas le temps, d'ici là, sérieusement, de faire une réforme des retraites qui, si elle doit être réussie, doit être, non pas consensuelle, mais faire l'objet d'un vaste débat, ce qui n'avait pas été le cas avant.
Réforme qui avait été mise en pause, on le rappelle, à cause de la pandémie.
Oui. Le Conseil d'État demande au gouvernement d'accélérer sa politique en matière de rejet des CO2, enfin, ou plutôt, effectivement, de moins de rejet de CO2 dans l'atmosphère. Il lui donne 9 mois. Auparavant, le Conseil d'État avait suspendu la réforme de l'assurance chômage. Vendredi, c'est la Cour des comptes qui explique que la politique de l'État en matière d'alde verte en Bretagne est complètement inefficace. On a l'impression qu'aujourd'hui, les juridictions indépendantes font le boulot de l'opposition, font votre boulot. Je trouve que nous faisons le boulot. La preuve, c'est que les Français nous ont donné un bon mandat la semaine dernière.
En revanche, la question que vous posez est une question très importante, qui est celle de la balance des pouvoirs en démocratie. Nos démocraties, nos systèmes, ont besoin de contre-pouvoirs, ont besoin de lieux d'expression, d'avis contraires. Et c'est vrai qu'une certaine manière de voir les institutions de la Vème République depuis quelques années, peut-être particulièrement depuis quelques mois, a concentré les pouvoirs dans les mains d'un seul homme. Vous êtes conscients que nous attendions tous, 67 millions de Français, attendaient le jeudi soir, la décision d'un seul homme, nous serons ou nous serons pas confinés. Je pense que les démocraties ne peuvent pas fonctionner comme ça.
Et l'expression du Conseil d'État ou de la Cour de cassation, d'une certaine manière, c'est une expression de ces... Ils ne devraient pas l'être de contre-pouvoirs. Ils sont là pour faire respecter la loi. Je pense que ça pose la question du poids de l'Assemblée nationale et du Sénat, des syndicats, des associations, des corps intermédiaires.
Et quand la chancellerie, place Vendôme, le ministère de la Justice, est perquisitionné pendant plus d'une douzaine d'heures avec des forces de police importantes qui emportent des coffres, encore une fois, dans un soupçon de conflit d'intérêt à l'égard du ministre de la Justice, une perquisition diligentée par la Cour de justice de la République, qu'est-ce que vous dites ? Vous dites, comme l'avocat, d'Éric Dupond-Moretti, trop de moyens déployés, ou alors vous dites, non, Éric Dupond-Moretti doit démissionner parce qu'en fait, ça abîme toute la politique ? Non, tout d'abord, Éric Dupond-Moretti n'a aucune raison de démissionner.
Enfin, je ne sais pas parce qu'il y a une perquisition chez vous, même s'il était mis en examen. Une perquisition au ministère de la Justice, quand même. Les Français, il n'y a rien à y comprendre. Vous savez, il y a un principe absolu. Tant que vous n'êtes pas condamné, vous êtes innocent. Si on commence à jouer avec ça, dans ces cas-là, c'est la porte ouverte, effectivement, à toutes les dérives et au grand n'importe quoi, premièrement. Deuxièmement, que la justice fasse son travail, c'est normal. Toutefois, je ne peux que dire et m'émouvoir qu'il y a très clairement, par certains, une utilisation de la justice pénale à des fins partisans. Et on l'a vu très clairement avec Dupond-Moretti.
On peut contester la politique de Dupond-Moretti, mais on ne peut pas le déstabiliser en utilisant des moyens pénaux. Ça, ce n'est pas une bonne chose.
Et d'un mot, puisqu'on parle de judiciarisation de la vie politique, qu'est-ce que vous pensez de ces plaintes et de ces procédures, même ouvertes, sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement, des plaintes contre un ministre de la Santé, par exemple ?
Alors, d'abord, tout le monde a le droit de porter plainte. La question, c'est qu'on voit très bien que le fait que le ministre de la Santé ou l'ancien Premier ministre aient été perquisitionnés le matin à 6h chez eux. C'est quand même une folie. Et oui, en fait, quand un ministre est en train de gérer une crise aussi compliquée, laissez-le travailler. C'est une folie. Une toute dernière question. François Fillon, votre ancien candidat au Républicain, vient d'accepter de rentrer dans un conseil d'administration d'une entreprise parapublique russe de prospection pétrolière, une entreprise dirigée par un ancien du KGB. Ça vous choque ? C'est un peu surprenant. Surprenant et choquant ?
C'est une litote quand je dis surprenant. Quand on est ancien président de la République, ancien ministre, ancien Premier ministre, je pense qu'effectivement, il faut faire attention à ces relations.
Merci beaucoup, Philippe Juvin, professeur de médecine, maire LR de la Garenne-Colombe, d'avoir accepté l'invitation de France Info.
Merci. Merci.