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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 28 décembre 2021 26 min

Sandrine Rousseau : "On ne peut pas continuer en ordre dispersé de cette manière, il faut une équipe"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Elle a été finaliste de la primaire d'Europe Écologie-Les Verts. Aujourd'hui, elle est présidente du conseil politique du candidat Yannick Jadot. La campagne patine toujours en cette fin d'année. Et la primaire populaire vient troubler encore plus le jeu. Sandrine Rousseau est l'invité du Grand Entretien. Bonjour. Bonjour. Je précise que vous êtes en duplex de La Rochelle depuis les locaux de France Bleu, qu'on remercie au passage. Yelgoz est à mes côtés pour vous interroger.

0:26
Sandrine Rousseau

Bonjour Sandrine Rousseau.

0:27
Présentateur

Bonjour. Et on compte aussi sur vous les auditeurs. Appelez-nous au 01 45 24 7000 ou réagissez sur les réseaux sociaux et sur l'application France Inter. Alors, avant d'évoquer la campagne Sandrine Rousseau, revenons sur les annonces du gouvernement hier soir. Une fois de plus, l'exécutif mise tout sur la vaccination face à la déferlante Covid. Et la contestation a eu beau monter ces derniers jours face à la forte contamination des enfants, la rentrée scolaire aura bien lieu le 3 janvier. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que c'est cohérent alors que le taux d'incidence explose, multiplié par 12 en un mois chez les 5-11 ans ?

1:02
Invité

Ce qui n'est pas cohérent, c'est surtout qu'on fait des demi-mesures. C'est-à-dire qu'on s'arrête au milieu du chemin dans les mesures. Si Jean Castex, comme il l'a dit sur votre antenne il y a quelques minutes, Jean-Michel Blanquer dit sur votre antenne que l'école c'est la priorité, eh bien alors il faut mettre tous les moyens pour que l'école soit réellement la priorité. Et dans ces cas-là, il faut que les enseignants soient par exemple prioritaires dans l'accès à la vaccination. Il faut qu'il y ait des capteurs de CO2 dans l'ensemble des classes. Il faut qu'il y ait des moyens de remplacement qui soient réellement prévus.

Or les mesures qui sont aujourd'hui sur la table sont des mesures qui ne permettent pas d'équiper toutes les classes par exemple en capteur de CO2 et en aération suffisante. Et ça ne permet pas non plus d'assurer tous les moyens de remplacement. Donc là on voit bien qu'à chaque fois il y a des espèces de mesures qui sont des mesures marketing, j'ai envie de dire, ou des mesures autoritaires, mais qui ne permettent pas d'aller au bout des choses. Et c'est comme l'histoire des pop-corns dans les cinémas. Moi j'entends que c'est une priorité, mais pourquoi on n'a plus le droit de prendre un café debout et pourquoi on a le droit de prendre un RER à une heure de pointe ?

Pourquoi alors que les centres de vaccination affichent complet dans bien des villes en France, on oblige le pass vaccinal dès le 15 janvier ? Et en attendant le 15 janvier, il n'y a pas de télétravail complet. C'est-à-dire qu'en fait, on permet aux gens de se mélanger après les fêtes. Et vu les taux d'incidence du variant Omicron, je pense que là, on n'est pas dans des mesures qui vont nous permettre réellement d'éradiquer la progression de ce variant.

2:34
Sandrine Rousseau

Est-ce que vous dites, comme Marine Le Pen ou comme Jean-Luc Mélenchon depuis hier soir, que c'est l'échec d'une stratégie tout vaccinale du gouvernement ?

2:42
Invité

Mais c'est surtout toujours la même stratégie de l'autoritarisme. C'est-à-dire qu'on est dans le contrôle et l'autoritarisme. Qui va contrôler les passes vaccinaux ? Qui est habilité pour faire ces contrôles-là ? Et moi, j'ai quand même l'impression qu'on passe à côté de l'essentiel. C'est-à-dire qu'on a toujours ce sentiment qu'on est dans l'urgence, qu'on découvre la pandémie, qu'on prend des mesures qui répondent à une espèce d'immédiateté, mais qu'on ne s'installe pas dans cette vie avec ce virus. Or, aujourd'hui, il nous faut aller vers les personnes qui ne sont pas vaccinées et faire preuve de pédagogie.

Parce que ce n'est pas vrai qu'il n'y a que des personnes qui ne veulent pas être vaccinées. Il y a aussi des personnes qui n'ont pas accès au vaccin, encore aujourd'hui, en raison des inégalités sociales, en raison d'un isolement social. Et tout cela n'est pas fait. C'est-à-dire qu'on est vraiment dans quelque chose de l'ordre de la responsabilité individuelle, comme si l'État n'avait pas une forme de responsabilité dans l'organisation même de notre société autour de ce variant.

3:44
Sandrine Rousseau

Vous en parliez, Sandrine Rousseau, vous en parliez, le pass vaccinal qui va arriver demain en commission à l'Assemblée nationale. Principale nouveauté, le contrôle d'identité qui pourrait être opéré par l'exploitant du lieu qui reçoit du public. Est-ce que pour vous, cela pose un problème pour les libertés, pour vous ?

4:01
Invité

Mais bien sûr que cela pose un problème pour les libertés. De crise en crise, on grignote dans les libertés. La vérification d'identité, normalement, est réservée aux personnes qui ont l'autorité légitime de l'État, c'est-à-dire les policiers et d'autres professions qui, comme ça, peuvent exercer l'autorité. Mais pas les cafetiers, les restaurateurs.

4:21
Sandrine Rousseau

Vous saisirez le Conseil constitutionnel, vous ? Enfin, je dis vous, les écologistes, au sens large ?

4:25
Invité

Je ne sais pas encore si on saisira le Conseil constitutionnel, mais la seule chose sur laquelle il nous faut être vigilants, c'est que nous ne pouvons pas, comme ça, grignoter nos libertés indéfiniment et, à chaque crise, réduire l'espace de nos libertés. Le réchauffement climatique, la crise sociale nous indiquent qu'on va probablement vivre d'autres crises dans les années qui viennent. Si à chaque fois, on réduit nos libertés, alors on s'oriente vers une société qui perd en démocratie. Et ça, c'est grave, au fond.

4:55
Présentateur

Alors, autre débat dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, c'est le coût des autotests. On s'est demandé si l'assurance maladie allait les prendre en charge. La réponse est non. Est-ce qu'il faudrait, selon vous, mettre en place cette gratuité ?

5:08
Invité

Mais bien sûr qu'il faut prendre en charge cette gratuité des autotests. Mais quand je vous disais qu'on n'est qu'au milieu du chemin, c'est qu'à partir du 1er janvier, c'est une information qui est passée quasiment inaperçue. Mais si vous allez aux urgences, par exemple, et que vous n'êtes pas hospitalisé ensuite, vous aurez un forfait de 19 euros à payer. Donc, non seulement on fait payer les autotests, mais en plus on fait payer...

5:30
Présentateur

Un forfait de 19 euros sur quoi ?

5:31
Invité

Sur l'accès aux urgences. C'est quelque chose qui est passé complètement inaperçu, mais à partir du 1er janvier, vous ne pourrez pas aller aux urgences gratuitement.

5:39
Sandrine Rousseau

Sans remboursement par la Sécurité sociale derrière ?

5:41
Invité

Alors, il y a une partie qui sera remboursée, mais il faut avoir une mutuelle pour qu'une partie de ces 19 euros soit remboursée. Et tout le monde n'a pas de mutuelle.

5:50
Présentateur

Oui, mais la Sécurité sociale rembourse quand même.

5:52
Invité

Non, non, non. Les 19 euros, c'est un forfait qui va être à la charge des patients s'ils n'ont pas de mutuelle. Et là, on est dans quelque chose qui réduit l'accès aux soins à un moment où on a plus besoin d'accès aux soins. Et dans cette guerre contre le Covid, il y a quand même aussi une chose qui n'est pas mise sur le tapis, qui n'a pas été dans la conférence de presse hier du Premier ministre, c'est la situation de l'hôpital. Les soignants sont dans une situation de tension énorme.

6:20
Sandrine Rousseau

Alors justement, vous allez trop vite. On allait vous poser la question sur la mesure que Yannick Génaud préconise, votre candidat. 100 000 soignants recrutés, c'est votre objectif. Mais vous faites comment pour aller les chercher, les convaincre de venir, ces 100 000 soignants ?

6:34
Invité

Déjà, on fait cet appel et on ne réduit pas les lits. Je rappelle qu'en 2020, il y a eu 5700 lits d'hôpitaux qui ont été fermés en pleine crise. En pleine crise. Et donc là, l'hôpital est dans une tension inouïe. Donc oui, il nous faut aller vers plus de vaccination parce que la vaccination est une solution et sans doute la principale. Mais il nous faut aussi soutenir massivement l'hôpital public. Et aujourd'hui, ça n'est pas le cas. Les mesures qui ont été prises sont des mesures pansement, des mesures de détail en fait. Et ça n'est pas une restructuration en profondeur de l'hôpital. Ça n'est pas un soutien en profondeur du personnel soignant.

Ça n'est pas un soutien en profondeur du nombre de lits que l'on doit ouvrir dans l'ensemble des hôpitaux publics en France.

7:19
Sandrine Rousseau

Le Ségur de la Santé, ce n'est pas quand même une petite affaire. C'est des milliards d'euros versés au service de l'hôpital. Peut-être que ça va prendre du temps.

7:27
Invité

Le Ségur de la Santé a continué à fermer les lits. Il n'a pas permis d'arrêter cette fermeture des lits dans l'hôpital public.

7:33
Présentateur

Mais parce qu'on manque de bras aussi, Sandrine Rousseau.

7:37
Invité

Non, parce qu'on est dans une gestion de l'hôpital à la tarification, parce qu'on est dans une gestion de l'hôpital libéral et parce que les discours qui se succèdent sont à la diminution du nombre de personnels fonctionnaires, par exemple, y compris dans les services publics les plus essentiels. Voilà pourquoi on est dans cette situation aujourd'hui. Et remettre la responsabilité et remettre l'autoritarisme sur les personnes individuellement, c'est oublier qu'il y a une forme de responsabilité de l'État sur la manière dont notre système de santé aujourd'hui est à bout.

8:10
Présentateur

Bon, venons-en, Sandrine Rousseau, si vous le voulez bien, à la campagne présidentielle. À trois mois et demi du premier tour, la gauche avance toujours en ordre dispersé et représente dans les sondages en cumulé un score de l'ordre de 25%. On va dans le mur ?

8:26
Invité

Là, aujourd'hui, en ordre dispersé, on n'atteint pas le second tour. Ça, c'est certain. Et donc, oui, on va dans le mur.

8:32
Sandrine Rousseau

Est-ce que vous ne contribuez pas vous-même à la dispersion ? Parce qu'on vous a vu récemment féliciter l'éventuelle candidature de Christiane Taubira. Je suis ultra contente, vous disiez, qu'elle vienne parce que je pense que cette femme est une femme de combat. Vous avez applaudi sa démarche. Vous roulez pour qui, en fait, Sandrine Rousseau ? Pour Yannick Jadot ou pour une primaire à venir ?

8:50
Invité

Je roule pour Yannick Jadot sans ambiguïté. Dans une primaire ? Ou pour la présidentielle ? Mais Yannick Jadot ne veut pas aller dans cette primaire. Dommage, vous dites dommage ? La seule chose que je dis, c'est qu'on ne peut pas continuer à un ordre dispersé de cette manière-là et qu'il nous faut une équipe. Et si je me suis réjouie de l'arrivée de Christiane Taubira dans ce jeu, c'est parce qu'elle représente des choses et qu'elle a une aura, elle a un impact auprès d'une partie de l'électorat de gauche et qu'il nous faut aujourd'hui aller vers une écologie sociale. Et Yannick Jadot doit porter cette écologie sociale. Il doit être le leader de ce rassemblement de l'écologie sociale.

Mais pour cela, il faut qu'il aille vraiment chercher aussi les personnes qui se déclarent aujourd'hui. Il ne le fait pas assez pour l'instant ? En tous les cas, il serait temps qu'on échange entre nous et que l'on trouve des solutions. Parce que primaire ou pas primaire... La primaire, en fait, c'est juste un moyen. Ce n'est pas un objectif en soi. L'objectif en soi, c'est l'union de la gauche. Et donc, comment on réalise cette union-là ? Eh bien, moi, je dis à Yannick, vas-y, pâte des coups de fil et mettons-nous autour d'une table pour trouver la solution pour faire cette équipe.

9:57
Présentateur

Alors, les auditeurs de France Inter, Sandrine Rousseau, évidemment, ont des questions à vous poser. On est en ligne avec Julie qui nous appelle de Clamart. Bonjour Julie.

10:06
Auditeur

Bonjour et bonjour Madame Rousseau. Donc, j'avais une question par rapport à cette candidature unique que beaucoup espèrent pour la gauche. Selon vous, qui serait mieux placée pour représenter la gauche ? Madame Taubira ou Monsieur Jadot ?

10:19
Invité

Mais l'écologie est absolument centrale dans les mesures qu'il nous faut prendre dans les cinq prochaines années. L'écologie, c'est aussi une manière de renouveler et de moderniser la gauche et tout le camp du progrès, des progrès humains. Donc, moi, je pense qu'il n'y a pas de débat là-dessus. C'est-à-dire que ça doit être Yannick Jadot qui porte cette union. Mais pour cela, et pour montrer aussi toute la pluralité des combats de gauche, eh bien, il nous faut plusieurs personnes autour de la table. Il nous faut une équipe complète.

C'est aussi une manière de sortir de la Ve République que de ne pas avoir un homme seul face à son destin, mais d'avoir un homme au milieu d'une équipe en tête, en leadership de cette équipe. Et donc, je pense que c'est Yannick Jadot qui doit porter cette équipe, mais que par contre, seul, il ne peut pas aller vers un score suffisant pour aller au second tour et que donc, il nous faut aller vers une association de toutes ces forces de gauche. Et je l'appelle de mes voeux parce que c'est important que nous puissions mener cette bataille culturelle et que nous puissions mener cette bataille électorale pour gagner. Pour gagner, nous avons besoin de gagner à gauche.

11:26
Sandrine Rousseau

Sonnerie Rousseau, l'équipe que vous appelez de vos voeux, elle sera issue d'une primaire fin janvier où vous parlez d'une équipe qui se ferait indépendamment de la primaire ?

11:35
Invité

Mais la primaire est un moyen. Je vous dis que l'objectif, c'est l'union.

11:38
Sandrine Rousseau

Mais donc, vous voulez une primaire. Vous voulez une primaire fin janvier. On est bien d'accord.

11:42
Invité

Ce n'est pas à moi de décider. C'est Yannick Jadot qui a dit que la primaire n'était pas son mode d'action prioritaire parce que nous avons déjà eu... C'est le nœud du problème. C'est le nœud du problème, en fait. Mais il y a d'autres manières de se mettre d'accord. Il y a d'autres manières de trouver un accord pour que l'on s'unisse et qu'on unisse nos forces. Il n'y a pas que la primaire. Donc, discutons des voies et moyens pour y arriver. Mais encore une fois, ne confondons pas les moyens et l'objectif. L'objectif, c'est vraiment d'atteindre cette union qui est indispensable. Mais encore une fois, ce n'est pas juste indispensable au titre d'un électoralisme.

C'est indispensable parce que chaque personne qui est aujourd'hui dans cette course pour la présidentielle représente des combats différents, représente une histoire différente, représente des sociologies différentes. Et que nous avons besoin de tout cela pour renouveler le discours et l'espoir autour d'un progrès humain dans notre société. Et ce progrès, c'est l'écologie.

12:36
Présentateur

Oui, mais le problème, c'est que chaque leader de gauche en ce moment dit « Rangez-vous derrière moi ». Et les autres ne suivent pas. Et les autres vendiquent aussi l'écologie.

12:45
Invité

Bien sûr, mais parce qu'on est dans ce moment-là où chacun réunit ses forces. Et c'est pour ça qu'il nous faut passer à une autre étape qui est l'étape de la discussion, de l'échange et de la formation, encore une fois, d'une équipe.

13:00
Présentateur

Et on a Jean-Claude qui nous appelle de ton nom, les bains, et qui a une question aussi pour vous, Sandrine Rousseau. Bonjour Jean-Claude.

13:06
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour Madame Rousseau. Ce n'est pas vraiment une question que j'ai à vous poser, mais c'est une remarque que j'aimerais faire à tous les hommes politiques. Si vous voulez, on se plaint qu'il y a de plus en plus d'abstention, mais je trouve que les hommes politiques sont trop de mauvaise foi. Je n'aurais pas vraiment d'exemple à donner, mais j'écoute la radio tous les jours et les hommes politiques. Et voilà, je trouve qu'il y a trop de mauvaise foi qui, pour moi, poussent à l'abstention, si vous voulez.

13:41
Présentateur

Merci d'être intervenu Jean-Claude. On a aussi Baptiste qui a une question, qui dit est-ce que l'écologie ne devrait pas être au Conseil scientifique non élu plutôt qu'un parti politique, une belle mesure que pourrait porter Madame Taubira ? Qu'est-ce que vous en dites ?

13:56
Invité

Je pense que l'écologie est politique et je pense qu'au moment il va falloir prendre des mesures importantes où il va falloir vraiment modifier notre économie, changer ce libéralisme qui nous conduit dans le mur, l'encadrer, le cantonner pour que les marchandises qui arrivent sur nos étals ne fassent pas des milliers de kilomètres, n'utilisent pas des travailleurs et des salariés à l'autre bout du monde dans des conditions qui sont indignes humainement.

Si on veut relocaliser l'économie, si on veut aller vers la sobriété, ce qui est absolument indispensable, diminuer la quantité de nos consommations et je le dis évidemment dans une période de Noël où la consommation a explosé, mais il nous faut aller vers une société de moindre consommation, de moindre production. Et bien cela, c'est politique. C'est politique. Ce ne sont pas que des mesures techniques et il va au contraire falloir avoir une forme de colonne vertébrale politique extrêmement solide pour faire front et pour faire face à l'ensemble des lobbies qui ont tout intérêt à continuer le système dans lequel nous sommes même s'il nous conduit dans le mur.

Je pense à tous les lobbies dans l'agriculture, dans des grandes entreprises, des multinationales, je pense aux lobbies de l'énergie, du pétrole qui nous conduisent à vitesse majeure, massive dans le mur et que l'on considère encore comme des interlocuteurs privilégiés au sein des politiques publiques. Je dis juste que pour arrêter cela, il va nous falloir vraiment de la force politique et que ça ne peut pas être juste un conseil technique, c'est avant tout une stratégie politique et donc il nous faut pour ça des leaders qui soient structurés autour de cela.

15:37
Sandrine Rousseau

Christiane Taubira, Anne Hidalgo, vous dans la primaire écolo, est-ce que vous considérez que cette présidentielle 2022 est celle du temps des femmes ? Et question sur ce même registre, Valérie Pécresse et ses soutiens à droite entendent jouer à fond cette carte féminine pour porter le renouveau et la modernité de la candidature LR à la présidentielle. Est-elle pour vous une candidate féministe, Valérie Pécresse ?

15:59
Invité

Alors je n'irai pas jusqu'à dire qu'elle est une candidate féministe parce qu'elle a diminué des subventions et notamment au centre Hubertine Auclair à Paris qui joue un rôle tout à fait conséquent sur l'égalité femmes-hommes. Mais ceci dit, oui, la politique a besoin de se renouveler avec l'arrivée de femmes en politique.

Il est tout à fait anormal que dans notre Ve République, il n'y ait jamais eu, et même en France, quel que soit le numéro de la République d'ailleurs, il n'y ait jamais eu de femmes présidentes de la République, qu'il n'y ait jamais eu de femmes présidentes du Sénat, qu'il n'y ait jamais eu de femmes présidentes de l'Assemblée nationale et que dans tous les premiers ministres que nous avons connus, il y ait eu une seule femme, Edith Cresson, qui est tenue quelques mois. Quand je dis ça, en général, on balaie ça d'un revers de la main, mais...

16:43
Sandrine Rousseau

Ce n'est pas cosmétique pour vous, ce n'est pas cosmétique, ce n'est pas juste du symbole pour du symbole.

16:47
Invité

Les femmes représentent 52% de la population. Il est absolument anormal qu'il n'y ait pas une représentativité plus importante des femmes dans les autres fonctions politiques et ça dit à quel point le système politique est verrouillé. Donc oui, il nous faut des femmes qui arrivent aux plus hautes fonctions et voilà, quelles que soient ses plus hautes fonctions et la présidence de la République n'est pas la seule des fonctions à féminiser. Il y a aussi toutes celles que je viens de nommer et c'est un problème démocratique. Enfin, je veux dire, aujourd'hui, on ne peut plus faire comme si les femmes comptaient pour quantité négligeable dans la société. Nous ne sommes plus là.

17:27
Sandrine Rousseau

Et voilà un candidat que vous ne classerez sans doute pas parmi les féministes. Éric Zemmour, vous êtes-il appelée depuis les dégradations et le chahut qui a eu lieu devant votre domicile à Lille la semaine dernière ?

17:38
Invité

Ah non, il ne m'a pas appelée et je ne m'attendais pas plus à ce qu'ils le fassent.

17:43
Sandrine Rousseau

Où est votre plainte ?

17:44
Invité

Je n'ai pas de nouvelles de la police ou du ministère de l'Intérieur suite à ma plainte mais j'espère qu'il y a une enquête qui est menée parce que ça n'est pas possible d'intimider des opposants politiques à leur domicile. Je rappelle qu'il y aurait pu y avoir mes enfants au moment où ces choses-là se sont passées et que ça n'est pas vraiment le domicile privé des personnes et quelque chose de sacré quelque part et que je n'ai pas à subir ces intimidations en pleine nuit et cette couverture de la façade de ma maison par des autocollants d'un candidat qui est tout sauf un candidat démocrate. Enfin, je rappelle quand même qu'il a été condamné pour racisme.

Il a été condamné pour des propos racistes. Il ne devrait même pas être dans cette campagne présidentielle. Sa place n'est pas là. On ne peut pas être représenté en France par une personne qui a été condamnée pour propos racistes. Mais il a le droit

18:39
Présentateur

de se porter candidat

18:40
Invité

de toute manière. Rien ne l'interdit. Bien sûr, mais c'est un des problèmes de notre démocratie.

18:44
Sandrine Rousseau

Il n'a pas été jugé inéligible.

18:47
Invité

C'est un des problèmes de notre démocratie et par ailleurs il y a plusieurs femmes qui dénoncent des violences sexuelles de sa part et une enquête devrait être ouverte pour savoir la réalité de ces violences sexuelles et s'il peut briguer les plus hautes fonctions. On ne peut pas être représenté. On est quand même la sixième puissance mondiale. On ne peut pas être représenté par quelqu'un qui soit multicondamné. Il y a un climat particulier sur cette campagne Sandrine Rousseau qui vous inquiète ?

Oui, je pense qu'on est à un niveau de violence qui a rarement été atteint dans notre société et à chaque fois que la démocratie subit les assauts de violences et bien elle recule et quand on voit dans un meeting de ce candidat-là que des militants d'SOS Racisme dont quand même on peut reconnaître l'importance et l'impact qu'ils ont eu dans les luttes antiracistes quand on voit que ces militants-là sont frappés sont frappés en toute impunité sont frappés dans une foule qui regarde et que derrière il n'y a pas de condamnation par le chef de l'État notamment de ses actes et bien je me dis que notre démocratie est en train de vaciller et qu'on ne devrait pas prendre ça à la légère

20:02
Sandrine Rousseau

Quand Éric Zemmour avait été agressé Emmanuel Macron avait passé un petit coup de fil pour prendre de ses nouvelles est-ce que vous auriez aimé qu'il fasse pareil avec vous ?

20:10
Invité

Et bien il est quand même étrange que quand Éric Zemmour en effet subit une agression dans la rue il ait un coup de fil du président de la république et que tous les militants de gauche écologistes qui ont subi des intimidations et parfois violentes et bien nous ne recevions aucun signe de la part du président de la république ça non plus ça n'est pas anecdotique je pense aux derniers en date qui sont Alexis Corbière et Raquel Garrido qui ont été ciblés dans une vidéo d'une violence inouïe il n'est pas normal qu'il n'y ait pas eu un mot de soutien oui bien sûr

20:44
Présentateur

Encore une question d'auditeur pour vous Sandrine Rousseau on a Martial qui nous appelle de Limoges bonjour

20:50
Auditeur

oui bonjour madame bonjour à madame Rousseau qui est votre invitée alors tout simplement je suis de gauche j'ai toujours voté à gauche je milite depuis l'âge de 15 ans et maintenant je suis jeune retraité je peux vous dire que la gauche est morte mais bien morte je pense que ce n'est même pas la peine de prendre le départ la candidature de Alain Taubira c'est une de trop et vous venez de dire simplement à la radio qu'il fallait que M.

Jadot passe quelques coups de fil ça me rappelle quand même une publicité la vie est simple comme un coup de fil et bien s'il fallait seulement un coup de téléphone pour faire un projet politique ça fait longtemps que ça se saurait et je trouve que je rejoins la question de M. Jean-Claude il va falloir que les candidats cessent leur verbiage ce ne sont que des mots M.O.T.S sur des mots très importants comme le chômage endémique qui fait souffrir la plupart des français

21:47
Présentateur

il y a un problème merci pardon il y a un problème d'égo à gauche Sandrine Rousseau

21:53
Invité

non mais c'est trop facile de mettre ça sur les égos et c'est trop facile de réduire ça à des questions de personnes les histoires politiques à gauche sont différentes et nous avons porté des combats qui sont différents et nous ne sommes pas d'accord sur tout sinon nous serions dans le même dans le même parti donc ce n'est pas aussi simple que juste une bataille d'égo parce que sinon on aurait déjà réussi à dépasser cela et je voudrais juste répondre que non seulement la gauche n'est pas morte mais qu'en plus c'est l'avenir l'écologie sociale l'écologie de gauche est l'avenir de notre pays comment fait-on pour endiguer les questions des règlements climatiques comment fait-on pour préserver notre biodiversité et par là comment fait-on pour préserver l'avenir de nos enfants sans une forme de radicalité et écologiste et sociale aujourd'hui les inégalités planétaires explosent les inégalités en France explosent et on laisse faire cela au titre du ruissellement au titre d'une théorie qui n'a jamais montré son efficacité comment fait-on pour faire en sorte que nous changions de société que nous voyons l'avenir de manière sereine tout en diminuant le niveau d'inégalité et au-delà de diminuer le niveau d'inégalité donner sa place à chacun et chacune dans la société c'est un projet humain c'est un projet de progrès et je suis convaincue qu'au contraire il est majoritaire dans notre société

23:16
Sandrine Rousseau

et comment vous expliquez que ces valeurs-là vu l'urgence n'arrivent pas à mobiliser davantage l'électorat est-ce que c'est une question de personnes de parties aujourd'hui les normales saisonnières sont explosées en France on est à plus 8 degrés douceur record pourquoi ça n'imprime ça n'imprime pas davantage on a quitté la présidentielle après campagne sur l'immigration on va repartir en janvier sur la santé l'hôpital et l'écologie

23:38
Invité

et bien parce que ça n'arrive pas parce que je pense qu'il y a déjà un déni collectif je pense qu'une partie de la population ne veut pas avoir l'ampleur du problème et que ce passe simplement parce que ça fait trop peur mais bien sûr il y a une éco-anxiété il y a un déni et qu'il est beaucoup plus facile de s'imaginer que l'on puisse continuer à vivre tel que nous vivons actuellement plutôt que de devoir changer beaucoup de choses dans notre vie Est-ce qu'il n'y a pas une responsabilité

24:01
Présentateur

d'un discours anxiogène de la part de certains écologistes aussi Sandrine Rousseau ?

24:05
Invité

Aujourd'hui nous devons regarder la réalité en face oui nous allons devoir changer nos manières de vivre oui tout ne va pas être agréable dans ces changements mais nous aurons la satisfaction de l'avoir fait et nous aurons donc la satisfaction de voir nos enfants grandir dans un monde où nous aurons tout fait pour les protéger et c'est cela en fait le projet de l'écologie et c'est un projet qui est absolument essentiel et quand vous disiez que le peuple de gauche n'arrive pas à trouver une voie dans cette présidentielle et bien c'est aussi parce que nous sommes divisés on voit que le total des candidats à gauche s'amenuise diminue progressivement mais parce que je pense qu'il y a une forme de détresse aussi des personnes écologistes de gauche qui veulent vraiment ne pas avoir le choix d'un candidat et quelque part se mobiliser pour un seul candidat et c'est pour ça que je dis que Yannick Jadou a un rôle à jouer dans cette mobilisation et dans cette union parce que nous sommes à un moment clé nous avons cinq ans pour agir le rapport du GIEC dont nous avons eu les prémices ces mois derniers dit que chaque tonne de CO2 que nous émettons aujourd'hui aggrave le problème et donc nous avons cette responsabilité d'agir et d'agir massivement d'agir sans faiblir

25:26
Sandrine Rousseau

il y a quelques jours vous disiez avoir invité tout le monde pour le réveillon de la Saint-Sylvestre à gauche pour boire une coupette manger du foie gras enfin du foie gras vegan en l'occurrence

25:34
Présentateur

du foie gras

25:35
Sandrine Rousseau

et sortir avec une seule candidature à gauche c'était une boutade c'était un vœu pieux est-ce que c'est plus facile de trouver du faux foie gras qu'un candidat commun ?

25:43
Invité

les fêtes sont aussi un moment d'introspection de réflexion et d'engagement sur la lumière en un mot

25:53
Sandrine Rousseau

votre vœu c'est quoi ?

25:55
Invité

et donc mon vœu à moi c'est que nous ayons une seule candidature à gauche et que surtout nous gagnons cette présidentielle parce que je pense que nous n'avons plus le luxe en quelque sorte de nous compter nous avons le devoir de réussir

26:06
Présentateur

merci merci Sandrine Rousseau merci aussi à nos amis de France Bleu La Rochelle qui ont assuré la liaison bonne journée France Inter La Rochelle

26:15
Locuteur

La Rochelle