Énergie : conclusion de la rencontre « Concilier prospérité, climat et acceptabilité »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:22Invité politiqueChiffre
« depuis les années 90 l'europe a baissé de 19% de mémoire ses émissions de carbone la chine les a triplé »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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merci beaucoup monsieur président et merci à tous pour votre accueil tout fait je me sens un peu illégitime pour conclure ces échanges parce que à mon très grand regret je n'ai pas pu suivre l'intégralité de vos de vos travaux j'arrive tout juste de la session plénière à strasbourg où je devais intervenir en milieu de journée donc j'ai dû décaler mon train et je suis arrivé il ya une vingtaine de minutes je ne peux que dire combien je partage totalement ce qui vient d'être dit ici au fond la grande erreur de l'union européenne c'est souvent avec une espèce de myopie de considérer que le problème climatique sera résolu si nous imposons des normes toujours plus compliqué à nos industries européennes à ceux qui produisent en europe à ce qu'ils font l'activité économique européenne la vérité c'est qu'il suffit de jeter un oeil à quelques indicatif très simple pour se rendre compte qu'en fait le problème ne sera pas résolu de cette manière là bien sûr l'europe contribue aux émissions de carbone c'est une évidence mais elle y contribue pour 8 % des émissions totales de carbone dans le monde et donc il est absolument clair que de toute façon la solution du problème nous ne possédons pas tout seul ce serait une forme d'orgueil assez improbable que de croire que si on rend la vie impossible aux acteurs économiques européens on aura prouvé par là notre vertu non on aura juste prouver notre myopie et notre incapacité à comprendre qu'en réalité ce qui compte c'est de conduire le monde entier vers cet effort de décarbonation depuis les années 90 l'europe a baissé de 19% de mémoire ses émissions de carbone la chine les a triplé donc on se trouve dans une situation où en réalité et je n'accuse pas la chine un pardon en réalité c'était l'effet de notre stratégie dans la mondialisation nous avons baissé nos émissions de carbone mais nous avons augmenté considérablement notre empreinte carbone celui d'hier que nous avons simplement exporter la production et en exportant la production en exportant la tâche de produire vers d'autres régions du monde eh bien nous avons aussi délocaliser la pollution donc on se retrouve dans la même situation aujourd'hui et si on n'y prend pas garde dans le paquet fit for fifty-five notamment que ce soit d'ailleurs sur le plan de l'aéronautique comme sur tous les autres secteurs industriels sur la stratégie énergétique mais aussi par exemple en matière agricole si on applique à la lettre ce qui est décidé aujourd'hui est bien en réalité on ne fera qu'augmenter la concurrence déloyale organisée par nos propres institutions au détriment des filières européennes et on n'aura pas résolu à la fin le problème écologique on aura seulement détruit notre économie et on aura donné un avantage compétitif exactement au modèle de production qu'on cherchait à dissuader je ne veux pas dire que ces projets soient mal intentionnés je ne veux pas non plus dire que nous ne puissions pas faire plus d'efforts nous avons plus d'efforts à faire bien sûr et on voit d'ailleurs à l'instant dans les présentations qui nous ont été faites par le secteur aéronautique que nous avons la chance de pouvoir compter dans l'espace européen sur des acteurs économiques qui sont incroyablement engagées dans cet effort considérable que représente la transition environnementale il faut compter sur cet engagement il faut aussi compter avec une véritable exigence et on ne peut pas se reposer sur la pollution des autres pour ne pas s'inquiéter de celles que nous émettons nous mêmes mais enfin encore une fois le plus important c'est d'abord de réussir à entraîner les grandes puissances mondiales dans cet effort de décarbonation et de sortir d'une espèce de naïveté dans la mondialisation qui fait que nous n'avons fait je reprends les mots des interlocuteurs précédents co-organisé le contournement de l'europe par les activités de production et par l'activité économique c'est je crois vraiment ce qui nous était présentée à l'instant sur le secteur de l'aéronautique peut valoir d'une manière très générale sur les différentes filières qui sont engagés aujourd'hui dans ce travail de décarbonation et je pense que d'ailleurs c'est un chemin dans lequel l'union européenne et les institutions européennes jouent leur crédibilité parce que nous avons soit une opportunité magnifique soit un danger mortel l'opportunité magnifique c'est celle qui consiste à redonner un sens au projet européen à partir de là qui est incroyable que nous avons su construire ensemble que nos aînés ont su construire et qui est le marché unique ce marché unique de 500 millions de consommateurs on a souvent accusé l'europe et peut-être à raison de n'avoir été qu'un marché de n'avoir construit car marché mais enfin il fallait le construire quand même c'est pas rien d'avoir su construire le plus grand marché mondial avec la plus grande profondeur de marché avec cette monnaie unique avec 500 millions de consommateurs qui sont aujourd'hui incontournables par quelques grandes puissances que ce soit du point de vue économique aucune puissance ni la chine ni les états unis ne peuvent se passer de l'union européenne comme marché et si l'union européenne a trop longtemps été un marché et seulement un marché si elle a trop longtemps pris les européens pour des consommateurs et seulement pour des consommateurs et bien aujourd'hui elle peut je crois redonner un sens politique à ce marché en en faisant précisément le levier dont nous avons besoin pour pousser les autres acteurs mondiaux à la décarbonation c'est le civam par exemple l'idée du civam c'est exactement ça alors on peut la prendre cette idée avec des perspectives différentes on peut sans m'inquiéter parce que il est tout à fait légitime de se préoccuper des effets de bord problématique que une telle mise en oeuvre aura mais malgré tout le civam c'est un geste absolument inédit et qui me paraît exactement l'europe dont nous avons besoin il faut l'améliorer ce texte il faut le travailler il faut le questionner et il faudra bien sûr qu'on le fasse avec vous parce que c'est avec vous qu'on va mieux comprendre la manière dont nous a vus dans nous éviterons justement c'est ses conséquences indésirables mais malgré tout pour la première fois on fait du marché unique un levier pour pousser la production mondiale vers la décarbonation et c'est je crois exactement ce dont on a besoin aujourd'hui si vous voulez le le grand le grand problème c'est que on a imposé aux producteurs européens des règles toujours plus complexes sans les imposer à ce qui importait en europe et donc on se retrouve et je vous dirai depuis le producteur de fruits et légumes dans un département français jusqu'à l'industriel le plus important dans l'espace européen avec le même problème c'est que vous devez suivre des règles extraordinairement contraignante et qu'ensuite on fait venir sur votre marché avec une politique commerciale la plus ouverte possible des produits qui sont importés et qui ont été développées sans respecter aucune de ces règles qui par conséquent bénéficient de cet avantage concurrentiel qui encore une fois ne vient pas de la réalité des talents économique des uns et des autres mais qui vient des politiques publiques créées par vos propres institutions donc ça un caractère désespérant si nous ne réagissons pas encore une fois c'est un danger mortel si nous ne réagissons pas c'est ce qui peut conduire l'union européenne au discrédit définitif aujourd'hui plus personne ne parle de briques site mais je crois que si nous ne sommes pas capables de remettre en jeu ce rapport à la mondialisation nous on demain de toute évidence d'autres briques site d'autres inquiétudes légitimes qui feront naître le désir de sortir d'une situation où nous avons le sentiment d'être piégés par cette concurrence déloyale jusqu'à une forme d' asphyxie économique moi je vous dis ça y est encore une fois je je je suis en commission itre est en commission de l'industrie de l'énergie je suis aussi en commission pêche je rencontre aussi bien les représentants des grandes entreprises qu'on vient d'entendre à l'instant que les pêcheurs artisans français dans leur dans l'eure dans leurs ports sur les littoraux et j'entends la même chose en réalité j'entends la même chose la semaine dernière au salon de l'agriculture de la part de ceux qui aujourd'hui éleveurs producteurs cultivateurs ont au fond exactement le même type de problème que les industriels je veux bien respecter des règles compliquées mais après ne fait pas venir sur le même marché que moi sans aucune espèce de barrières sans aucune espèce de frein des produits qui par définition ont coûté moins cher à développer puisqu'ils sont faits sans le poids de ces contraintes réglementaires que j'ai accepté d'assumer donc on est là devant encore une fois ce choix politique qui sera un défi existentiel pour l'europe et je crois que le sujet majeur c'est de savoir si l'europe est prête à sortir de la naïveté pour rééquilibrer la mondialisation et pour faire que ce marché qu'elle a su construire devienne la contrainte indispensable pour faire avancer les autres producteurs du monde parce que nous savons que les coptes n'y suffiront pas nous savons que les grandes déclarations d'intention que les beaux engagements signés sur papier glacé devant des appareils photos et des caméras nous savons qu'ils ne suffiront pas le coût de la transition est telle que si nous n'arrivons pas à créer un coût pour le refus de la transition nous ne sortirons pas de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui je je je je crois que j'avais un temps de parole à ces cours est par ailleurs l on est a déjà bien dur il avait dit non non vous avez dit des choses qui font écho on s'est rencontrés la semaine dernière au salon de l'agriculture directement et on évoquait les clauses miroir cause miroir dans le domaine agricole s'est imposée aux productions importé mêmes contraintes à dire sanitaire que les productions locales voilà une idée mais pour ça il faut qu'une politique européenne cohérente politique d'ensemble et est-ce qu'il faut une politique de l'énergie européenne alors les clauses miroir juste un mot sur les clauses mirrors jeu je sais qu'on se bercent beaucoup de cette passion pour les clauses miroir en ce moment dans le débat politique français la vérité moi je le dis très simplement je pense que les clauses miroirs sont dans une très grande partie une forme d'illusion on n'imposera pas aux autres pays du monde exactement nos standards et d'ailleurs ce serait contraire à toutes les règles de l omc et ce serait de toute évidence très difficile d'imposer une exigence de cette nature quand on part du point de départ qu'on connaît aujourd'hui le point départ qu'on connaît aujourd'hui c'est cette situation de concurrence complètement fausses et c'est vrai qu'il faut rééquilibrer je crois pas que ça ira pour autant jusqu'à une espèce de réciprocité absolue et d'ailleurs c'est assez logique je veux dire par là que nous européens nous choisissons d'imposer à nos entreprises des règles très contraignantes par exemple sur le plan prenons même tout simplement indépendamment des questions environnementales sur le plan social on va pas demain imposé à un pays comme la chine d'appliquer notre droit du travail en revanche en revanche ce que je crois et là pour le coup on est sûr au coeur du débat européen d'aujourd'hui ce que je crois c'est qu'on ne devrait jamais signé l'accord d'investissement avec la chine qui a été on ne devrait jamais ratifié l'accord d'investissement avec la chine qui a été signée récemment sans que la chine n'ait voulu et décidé et mis en oeuvre la ratification des accords de l'organisation internationale du travail contre le travail forcé parce que là pour le coup ce serait à la fois moralement scandaleux économiquement désastreux oui on part de très loin c'est à dire qu'aujourd'hui on a signé le conseil a signé un accord d'investissement avec la chine en échange duquel la chine accepte de réfléchir à l'éventualité de ratifier les conventions de l'oit et mais c'est d'une naïveté scandaleuse parce que il est évident que ce type d'engagement ne vaut rien tant qu'on n'a pas exigé la signature et le contrôle de l'application de ces conventions et si demain on met en concurrence nos entreprises avec des acteurs chinois qui pratiquent le travail forcé qui recours au travail forcé alors évidemment on détruit nos entreprises parce qu'aucune entreprise sérieuse ne peut rivaliser avec des produits qui ont été développés avec un coût du travail nul est par ailleurs on commet évidemment je crois une faute morale dramatique en renonçant à ce principe fondamental que l'europe devrait défendre que l'esclavagé n'est jamais ce qui peut permettre de servir une prospérité économique alors faut-il une politique européenne de l'énergie juste pour pour je vais pas répondre à cette question d'une manière exhaustive ce serait beaucoup trop prétentieux mais juste dire un mot j'imagine que vous en avez parlé tout au long de votre journée de la gravité de ce qui est devant nous aujourd'hui on est en train de voir un tsunami arrivait et je pense que très peu de responsables politiques d'ailleurs ont vraiment pris la mesure de ce qui était en train de se de se produire l'explosion des coûts de l'énergie qui est une explosion de toute évidence appelée à durer l'explosion des coûts de l'énergie potentiellement créer un problème social évident est majeur pour des millions de foyers européens va plonger dans la précarité énergétique si nous n'y prenons pas garde des millions de nos concitoyens pose aussi un problème évidemment économiques industrielles vitales moi je vois dès aujourd'hui d'aider des entreprises qui nous appellent à l'aide des transporteurs qui disent qu'ils vont mettre la clé sous la porte des agriculteurs qui vont faire faillite ils sont nombreux à avoir des marges extrêmement faible je parlais des pêcheurs à l'instant mais pour beaucoup d'entre eux la situation est d'ores et déjà intenable et puis un problème financier parce qu'en réalité sans être un spécialiste du marché de l'énergie il est près certain aujourd'hui dès aujourd'hui que les appels de marge sont devenus tellement importants qu'en réalité on va vers un problème de financement très rapide si on ne trouve pas des moyens de soutenir les chambres de compensation de leur apporter les garanties nécessaires et de permettre tout simplement aux marchés de l'énergie de continuer à fonctionner malgré l'explosion des besoins en financement qu'il est en train de de réquérir à très court terme donc il faut qu'on réagisse très vite et je pense que la boîte à outils qui a été présenté par la commission européenne avant-hier et très nettement insuffisante à mon sens elle met beaucoup l'accent sur la question du stockage on a découvert que la stratégie énergétique française était vertueuses en matière de stockage d'énergie en matière de stockage de gaz donc la commission européenne veut maintenant demandé à tous les états européens d'augmenter leur capacité de stockage mais quand on est dans un problème de pénurie à très court terme demander aux états d'augmenter leur capacité de stockage c'est me semble-t-il ne faire que tendre le marché parce que comment est ce que vous voulez stocker quand ce que vous avez à stocker vous ne pouvez ni le produire ni l'un portait donc on risque en fait d'augmenter encore l'envolée des prix et ça ne facilitera pas la réponse à la crise immédiate que nous sommes en train de vivre le sujet c'est plus que jamais et on avait déjà parlé partager cette question quand j'avais eu le grand honneur de venir pas de partager quelques réflexions avec vous il ya de cela quelques mois au fond notre dialogue trouve dans de cette période-là trouve aujourd'hui une actualité très grande puisqu'on avait bien insisté sur le fait que le maître mot de la politique européenne en matière d'énergie devrait être produire produire produire et produire par tous les moyens possibles on voit bien à quel point notre dépendance d'aujourd'hui nous coûte nous coûte sur le plan géopolitique à combien ça nous coûte de souveraineté combien ça nous coûte de liberté pour défendre nos principes face à l'agression que subit le créneau mais combien aussi ça nous coûte d'un pur point de vue économique industriel et du point de vue de notre tout simplement notre résilience comme comme société donc il faut retrouver cette cette volonté de produire cette ambition de produire et accepter enfin de nous donner tous les moyens de produire alors j'entends que le sujet n'est pas seulement le nucléaire vous avez tout à fait raison de le dire monsieur le président évidemment il faut pas dépendre d'une seule source d'énergie mais malgré tout le jeu je trouve très frustrant que la commission est encore un tel tabou au coeur même de la crise l'eeie a fait des propositions de bon sens avec les dix points qu'elle a soumis aux autorités européennes pour leur permettre de faire face à cette crise et la commission ne reprend pas tous les points de l'eeie bizarrement et la commission à part tuer ne reprend pas un instant ce point pourtant crucial qui est celui qui consiste à demander à l'allemagne à la belgique de maintenir en activité leurs centrales qu'elles ont prévu d'arrêter trois centrales m34 centrale au total entre l'allemagne et la belgique ces trois en allemagne une en belgique se serait dit les yeux si ces quatre centrales sont maintenus en activité au lieu d'être fermée de manière prématurée comme ces deux pays le prévoit ce serait un milliard de mètres cubes de gaz importé économiser chaque mois chaque mois et la commission est incapable de demander cela je trouve ça je me permets de le dire je les dis d'ailleurs avant-hier à la commission elle-même dans l'hémicycle à strasbourg mais je trouve ça fascinant et je trouve que ça dénote au fond le fait que la prise de conscience est encore au milieu du gué il faut une prise de conscience encore une fois je ne dis pas que seul le nucléaire ce notre avenir je ne dis même pas qu'ils se notre avenir à très long terme la recherche fait des progrès extraordinaires peut-être trouverons-nous demain d'autres modes de production de l'énergie qu'ils soient libérés des risques et des effets indésirables que cette énergie représente malgré tout aujourd'hui il faut faire avec tout ce que nous avons dans nos mains pour pouvoir nous remettre à produire l'énergie indispensable à la suite elle a offert de surmonter cette crise et je ne parle même pas ici du nouveau nucléaire etc je parle juste de maintenir le nucléaire existant il faut qu'on puisse au moins faire ce choix la clé absolu de la deûle a de l'avenir encore une fois de notre continent c'est notre capacité à produire de l'énergie à produire une énergie décarbonée celle qui aujourd'hui fait que la france a le point de people plus décarbonés du monde à produire une énergie qui soit suffisamment abondante pour nous permettre de faire face à l'augmentation des besoins en particulier en électricité mais vous savez tout cela mieux que moi raison pour laquelle je pense que le défi de l'equilibre de lait d énergie face aux déséquilibres actuels n'a jamais été plus actuelle et je serai très heureux de vous informer de tous les travaux vous avez mené tout au long de cette journée merci en compte le cas de m [Applaudissements]
François-Xavier Bellamy