L'invité du jour : Jérôme Guedj - 17/08
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« Je trouve hallucinant que le gouvernement ait posé le débat en ces termes au milieu de l'été. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Le gouvernement, on a oublié, mais pendant l'été, il a aussi annoncé qu'il allait doubler le montant des franchises médicales. »
- 2:26Invité politiquePromesse
« Je dis que c'est irresponsable de l'avoir mis en disant que c'est les seuls retraités qui vont régler la crise de la sécurité sociale. »
- 2:44Invité politiquePromesse
« D'abord, on va mettre à contribution les entreprises parce que ces dernières années, elles ont doublé le montant des exonérations de cotisations sociales. »
- 2:50Invité politiquePromesse
« En mettant à contribution les revenus du capital le plus important. »
- 2:55Invité politiquePromesse
« En mettant à contribution l'héritage. »
- 2:57Invité politiquePromesse
« En mettant à contribution les grandes entreprises du numérique qui, voyez-vous, avec l'intelligence artificielle, détruisent des emplois mais ne cotisent pas pour la sécurité sociale. »
- 3:27Invité politiqueChiffre
« Je parle des retraités, le tiers des retraités avec les pensions les plus importantes payent une CSG inférieure à celle des actifs. »
- 3:57Invité politiquePromesse
« Si vous l'avez bien entendu, je dis, il faut faire des économies sur les dépenses inutiles à l'intérieur de la sécurité sociale, et il y en a. »
- 4:24Invité politiqueChiffre
« Sur les 700 milliards de dépenses de la sécurité sociale, on peut aller chercher 3,5% de mesures qui ne sont pas tout à fait efficaces. »
- 4:40Invité politiquePromesse
« Il faut par ailleurs dégager des recettes supplémentaires pour la sécurité sociale, si on veut maintenir le même niveau de remboursement. »
- 5:45Invité politiqueFait
« Ce sera un enjeu central de l'élection présidentielle, la réforme du financement de la protection sociale. »
- 5:52Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, le financement de la Sécu, c'est assis presque aux deux tiers sur les revenus du travail. Ce n'est plus possible. »
- 6:08Invité politiquePromesse
« Il s'agit de faire en sorte que l'augmentation annuelle ne soit pas au même niveau que l'inflation. »
- 7:30Invité politiqueFait
« Tout propos raciste ou antisémite, il y a une libération de la parole raciste et il y a une libération de la parole antisémite dans ce pays incontestablement. »
- 7:47Invité politiqueFait
« Et c'est hallucinant, exploser après le 7 octobre, c'est-à-dire après une attaque antisémite, on libère la parole antisémite. »
- 8:24Invité politiqueFait
« Moi, je me félicite de la réaction unanime, en tous les cas, je l'espère, de la communauté nationale, qui dit ça, on ne tolère pas ni racisme ni antisémitisme dans notre pays. »
Temps de parole
- Jérôme Guedj69 %
- Locuteur 326 %
- Présentateur5 %
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Vous écoutez RMC.
Bonjour Jérôme Gage. Bonjour. Vous êtes député socialiste de l'Essonne, candidat à l'élection présidentielle. Vous êtes aussi en charge du budget de la Sécu pour le groupe PS à l'Assemblée. Alors faut-il bloquer, geler les retraites les plus hautes et ne pas les indexer sur l'inflation ? Je vous pose la question directement.
Je trouve hallucinant que le gouvernement ait posé le débat en ces termes au milieu de l'été. C'est-à-dire que si on voulait flinguer le débat, c'était ce qu'il fallait faire. Parce que ça donne l'impression qu'on cible une catégorie de la population, les retraités, en mettant cette interrogation à partir du camp un retraité est aisé, pas aisé. J'entendais les inquiétudes de Nadine à l'instant. Le problème qu'on a, c'est qu'on a une sécurité sociale en France aujourd'hui qui n'a pas assez de recettes.
Donc moi je suis lucide, il y a des économies à faire pour éviter les gaspillages, ne pas rembourser peut-être des médicaments qui ne servent à rien, ne pas rembourser des prescriptions redondantes, multipliées par les médecins. C'est ce qu'on appelle la pertinence des soins. Donc ok pour faire des économies, on est des gens sérieux, à condition que ça ne touche pas à l'accès aux soins et aux classes populaires et aux classes moyennes. Le gouvernement, on a oublié, mais pendant l'été, il a aussi annoncé qu'il allait doubler le montant des franchises médicales. Donc tout ça, ce n'est pas la bonne manière d'appréhender les choses. Il faut des recettes pour la sécurité sociale.
Et il faut que tout le monde contribue de manière juste à la sécurité sociale. Et aujourd'hui, ce n'est pas suffisamment le cas.
En tout cas, j'ai revu à cette idée. On va détailler ce que vous, vous proposez exactement. Mais cette idée, elle est diversement appréciée par nos auditeurs ce matin sur le WhatsApp RMC Élise.
Et notamment Philippe, qui regrette qu'on tape toujours sur les citoyens retraités, notamment que nos élus nous fassent voir l'exemple qu'ils baissent leur indemnité de 40%. Après, ils toucheront aux citoyens, nous écrit Philippe ce matin. Et puis, on a beaucoup de sceptiques aussi qui doutent de la mise en œuvre d'une telle mesure à quelques mois de l'élection présidentielle. Christian, qui nous écrit, aucune taxe ne touchera les retraités puisqu'ils sont l'électorat qui fait la présidentielle. Ludo fait un peu d'humour en disant qu'Édouard Philippe, le PR, est très ché.
Mais alors, Jérôme Gage, LFI, l'ERN, LR sont tous contre, évidemment, que cette idée serait coûteuse politiquement. Vous, vous dites qu'en gros, il faut des recettes et il faudrait demander à tout le monde de participer. Mais vous dites que c'est irresponsable d'avoir mis le sujet sur la table. Je ne comprends pas.
Je dis que c'est irresponsable de l'avoir mis en disant que c'est les seuls retraités qui vont régler la crise de la sécurité sociale. Ce n'est pas vrai. Si l'effort doit être juste, alors il doit être partagé. Et moi, alors vous voyez, ce n'est pas très grand public, ce n'est pas très sexy de dire ça. Oui, j'estime que ce n'est pas tabou dans un effort collectif. D'abord, on va mettre à contribution les entreprises parce que ces dernières années, elles ont doublé le montant des exonérations de cotisations sociales. En mettant à contribution les revenus du capital le plus important. En mettant à contribution l'héritage.
En mettant à contribution les grandes entreprises du numérique qui, voyez-vous, avec l'intelligence artificielle, détruisent des emplois mais ne cotisent pas pour la sécurité sociale. Et une fois qu'on aura mis à contribution tous ces acteurs, en faisant des économies en même temps, alors oui, je prends le risque, devant votre micro, de dire qu'il n'est pas déraisonnable de poser la question de savoir pourquoi, par exemple, les retraités payent une CSG. Je parle des retraités, le tiers des retraités avec les pensions les plus importantes payent une CSG inférieure à celle des actifs.
Je ne trouve pas normal, vous voyez, et Nadine, je suis sûr que son petit-fils, quand il va commencer à travailler au SMIC peut-être, lui, il va payer une CSG de 9,2% dès son premier euro de salaire.
Elle est autour de 8 pour les prix.
Alors qu'un retraité, au-delà de 2500 euros de pension, lui, il ne paye que 8,3% de CSG.
Jérôme Gage, pardonnez-moi d'être un peu tatillon, mais en fait, on pose la question de la pension des retraités les plus aisés. Vous vous dites, si je vous suis bien, il faut augmenter les impôts de tout le monde, puisque vous parlez des exonérations de cotisations, des niches sociales, des revenus qui échappent à l'impôt, des revenus du capital, des revenus du patrimoine, de l'héritage. Vous dites, en fait, il faut augmenter massivement les impôts, Jérôme Gage.
Si vous l'avez bien entendu, je dis, il faut faire des économies sur les dépenses inutiles à l'intérieur de la sécurité sociale, et il y en a. Sur les 700 milliards de dépenses de la sécurité sociale, on peut aller chercher 3,5% de mesures qui ne sont pas tout à fait efficaces. Il y a des médicaments qu'on rembourse, dont on sait qu'ils ont un service médical rendu qui est faible. Et oui, il faut par ailleurs dégager des recettes supplémentaires pour la sécurité sociale, si on veut maintenir le même niveau de remboursement.
Si on veut, par exemple, pour les retraités d'aujourd'hui, qui ont peut-être des parents qui sont en maison de retraite, si on veut améliorer le nombre de personnels dans les EHPAD, tout le monde voit bien qu'il manque du personnel dans les EHPAD, les personnels soignants, ils sont payés par la sécurité sociale. Si on veut avoir plus d'heures à domicile pour les personnes qui continuent à vieillir chez elles, si on veut, bref, augmenter le champ d'intervention de la sécurité sociale, alors oui, il faut à la fois faire des économies, et il faut dégager des recettes supplémentaires. Et dans les recettes supplémentaires, il faut qu'elles soient réparties de manière équitable.
Parce que sinon, alors en effet, on aura une baisse du champ d'intervention de la sécurité sociale. On aura des retraites qui vont diminuer, on aura des moindres remboursements à l'hôpital, on aura moins de personnel à l'hôpital, etc. Et je crois que personne ne veut ça. Donc moi, je veux avoir un discours de délit.
C'est un enjeu de l'élection présidentielle, Jérôme Gage, ou alors vous dites au gouvernement en sortant, puisqu'ils ne pourront pas se représenter, terminez cette partie du boulot, s'il vous plaît ?
Ce sera un enjeu central de l'élection présidentielle, la réforme du financement de la protection sociale. Ça ne peut plus être uniquement le travail qui finance la sécurité sociale. Aujourd'hui, le financement de la Sécu, c'est assis presque aux deux tiers sur les revenus du travail. Ce n'est plus possible. Il n'y a pas assez de cotisants, que ce soit pour les retraites ou pour l'assurance maladie. Il faut élargir aux revenus du capital, à l'héritage, aux géants du numérique. Et ce faisant, on sauve la sécurité sociale. Parce que, et je tiens à le dire à Nadine, il ne s'agit pas de baisser la pension des retraités, et de tous les retraités.
Il s'agit de faire en sorte que l'augmentation annuelle ne soit pas au même niveau que l'inflation. Et vous savez déjà, ça existe. Un tiers des retraites, qui sont les retraites complémentaires versées par l'AGIRC et l'ARCO, et c'est géré par les partenaires sociaux, c'est-à-dire par les syndicats de salariés comme par les syndicats patronaux, eux, ils décident chaque année du niveau d'augmentation des pensions de retraite, et ils ne le font pas au même niveau que l'inflation. Donc, les gens ne perdent pas de retraite, simplement, ils n'ont pas une augmentation au même niveau que l'inflation.
Ils perdent du pouvoir d'achat tout de même, puisque l'inflation, ce sont les prix qui augmentent. Mais effectivement, ce n'est pas baisser les pensions de retraite. En tout cas, ce n'est pas ça qui est sur le débat pour l'instant. J'ai deux, trois petites questions politiques à vous poser, Jérôme Gage, mais auparavant, il y a cet autre sujet sur lequel je voulais vous entendre. Il y a une enquête pour provocation publique à la haine ou à la violence qui a été ouverte samedi à la suite de la diffusion d'une vidéo virale montrant une commerçante en Isère qui tient des propos antisémites dans la station iséroise des Deux Alpes.
La communauté juive, vous êtes trop nombreux à un moment donné, ça excède les gens, etc. On l'entend clairement, la commerçante a été auditionnée, des propos fermement condamnés par plusieurs figures politiques ce week-end. Mais pour vous, elle nous dit quoi, cette vidéo du climat, du pays, d'une forme de banalisation aussi de propos extrêmement graves ?
Mais vous avez parfaitement raison. Tout propos raciste ou antisémite, il y a une libération de la parole raciste et il y a une libération de la parole antisémite dans ce pays incontestablement. Et s'agissant de l'antisémitisme, on l'a vu notamment, et c'est hallucinant, exploser après le 7 octobre, c'est-à-dire après une attaque antisémite, on libère la parole antisémite. Mais moi, je mets sur un même plan. Aucune parole, que ce soit contre les musulmans, contre les arabes, contre les juifs, contre quelques catégories de la population, nous sommes une communauté nationale et donc nous devons faire front.
Là où vous avez raison, c'est que cette libération de la parole, et on le voit, cette dame là, de manière benoîte, assez évidente, qui dit bah oui, elle met sur la table les vieux préjugés antisémites qui, depuis des siècles et des millénaires, traversent le pays, la société, vous êtes trop nombreux, il y a trop d'argent, etc. Donc moi, je me félicite de la réaction unanime, en tous les cas, je l'espère, de la communauté nationale, qui dit ça, on ne tolère pas ni racisme ni antisémitisme dans notre pays.
Oui, réaction, et moi, unanime, ça c'est clair. L'élection présidentielle, Jérôme Guedj, quelques petites questions, il y a cette primaire fermée du Parti Socialiste et affilié, pour le dire un peu rapidement, est-ce que vous en serez déjà ?
Écoutez, moi j'attends de voir les règles définitives de cette primaire. J'ai toujours dit qu'il ne devait y avoir qu'un seul candidat issu de la gauche républicaine, c'est pour ça que moi, je veux porter cette voix, je suis un laïc, un universaliste, je suis attaqué souvent sur ces questions-là, je suis attaché à la question sociale, on vient de parler de pouvoir d'achat, de retraite, de services publics, bref, je veux porter ces combats-là dans cette primaire. Mais il faut d'abord qu'on ait un socle programmatique, c'est-à-dire que tous les candidats s'engagent à respecter un certain nombre de principes, de stratégies électorales, comme de sujets qu'on va défendre dans l'élection.
Et puis moi, je souhaite qu'il y ait le plus de sympathisants de gauche qui puissent participer à cette primaire. Vous avez dit que c'est une primaire fermée, moi je souhaite qu'elle soit quand même un peu ouverte à des gens qui ne sont pas forcément adhérents des partis politiques, mais qui disent, oui, c'est important de venir choisir le candidat de la gauche républicaine parce que je ne veux pas avoir un duel entre le Rassemblement National et la France Insoumise au deuxième tour et que cette gauche républicaine, elle a des choses à dire et c'est la raison par laquelle je...
Normalement, je vais être candidat, mais je veux quand même m'assurer, parce que tout ça est un peu improvisé, que ça va se passer dans des bonnes conditions, qu'on a un engagement programmatique, qu'on a une vision stratégique partagée, c'est-à-dire pas d'alliance avec la France Insoumise et qu'on va permettre... J'allais vous poser la question pour le dire clairement
pour que les candidats s'engagent à ne pas faire alliance avec LFI ensuite. Alors simplement, il nous reste 10 secondes, Jérôme Guedj, il y a la question du prix de cette primaire qui a été posée. J'ai vu que Ségolène Royal fustigeait son prix d'une quinzaine d'euros contre 2 euros en 2016. C'est trop cher, 15 euros pour une primaire ? Je ne sais pas, c'est quoi le juste prix d'une primaire ?
Vous savez, moi je ne sais pas quel est le juste prix et ça fait partie des dernières discussions qui doivent se finaliser avant la fin du mois d'août. Moi, encore une fois, je souhaite que le maximum de gens puissent venir et que le prix ne soit pas un obstacle, mais surtout qu'on puisse faire une primaire qui soit attractive, où on a des vrais débats à trancher sur l'orientation et sur la manière justement d'incarner. C'est pour ça que moi je suis candidat, parce que je viens avec mes convictions, vous m'avez entendu parler tout à l'heure. Je n'ai pas peur de dire des choses, y compris qui fâchent.
Je me suis fâché avec plein de gens ces derniers temps parce que j'ai défendu des positions sur la laïcité, sur le combat contre l'antisémitisme, sur les valeurs de gauche. C'est ça que je veux porter dans cette primaire.
Jérôme Gage, député socialiste de l'Essonne, candidat à l'élection présidentielle pour la primaire. On verra, pas à n'importe quel prix en tout cas. Merci Jérôme Gage d'avoir répondu à nos questions en direct ce matin.
Jérôme Guedj