Laurent Marcangeli, ministre de la Fonction publique est l'invité de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Laurent Marcang. Vous êtes ministre de la fonction publique à à 4 jours du vote de confiance surprise décidé par François Ballot. Est-ce que vous avez déjà fait vos bagages ?
Non non, j'ai pas fait mes bagages parce que je suis à la mon affaire jusque à la fin. Euh j'ai euh reçu des organisations syndicales, j'ai euh maintenu euh mon agenda, j'ai fait la semaine dernière un un déplacement à Amien euh dans la Somme et euh je serai ministre jusqu'à la dernière minute. Ministre jusqu'à la dernière minute.
Mais aujourd'hui, c'est vrai que les Français sont en colère. Euh d'après euh un sondage élabe, 82 % d'entre eux jugent la séquence politique actuelle comme un spectacle navrant. Ils considèrent que la classe politique n'est pas à la hauteur de la situation.
À qui la faute ? à Emmanuel Macron ou à François Baï qui a semblé torpiller lui-même. Moi, je vais nommer personne.
Je suis engagé dans la vie publique depuis longtemps. J'ai exercé de nombreux mandats locaux, nationaux. Je pense que tout le monde est responsable.
Tout le monde. Personne peut mar. Est-ce que vous avez compris la démarche du premier ministre ?
Demandz la confiance au député ministre jusqu'à la fin. Je suis membre de ce gouvernement. Je suis solidaire.
Je suis solidaire du gouvernement et du premier ministre. Un ministre lorsqu'il n'est pas solidaire, il prend ses responsabilités, il s'en va. Donc ce combat, je le mène avec François Bairou, il a ma confiance comme je pense avoir la sienne depuis le mois de décembre.
Donc vous avez compris sa démarche de demander la confiance alors qu'il n'a pas passé un coup de fil cet été pour essayer d'avoir des accord premier jusqu'à la fin. Sinon, je ne serai pas membre de ce gouvernement et vous ne me recevrez pas en qualité de ministre. Mardi, Emmanuel Macron lui indique un cap, c'est-à-dire élargir la majorité, se tourner notamment vers les socialistes.
Le lendemain, bah on s'attendait à ce que François Baïou lâche du l'est à sa gauche. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il s'est tourné du côté du Rassemblement national en plaidant pour une restriction des soins pris en charge par l'aide médicale d'État pour les étrangers sans papier.
Il y croit plus non plus lui-même euh François Baïoua. Écoutez, ça c'est le discours aura lieu lundi. Il y aura un discours dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale et ensuite il y aura l'ensemble des forces politiques qui vont répondre.
Je pense que vous vous trompez de questions depuis tout à l'heure madame Bouyagué. Je vais vous expliquer pourquoi. Le problème c'est pas ça.
Le problème c'est l'endettement historique du pays. C'est les dettes qu'on va léguer aux générations futures. Le problème c'est que aujourd'hui si François Baïou est renversé par l'Assemblée nationale avec son gouvernement, le problème va demeurer et que le futur gouvernement qui soit de gauche, qui soit Rassemblement national, qui soit de droite ou je ne sais quoi encore et bien il va avoir cette difficulté et on est en train d'être dans un déni feraient mieux de s'intéresser à la situation de nos finances publiques.
Il y a quand même des contreprojets he des contrebudgets. Les socialistes alors effectivement c'est une version plus light he c'est 22 milliards d'euros d'économie par rapport au 44 milliards de François Baou. Donc c'est vrai que c'est pas la même ampleur mais est-ce qu'on peut pas se dire aussi il faut faire des efforts ?
Est-ce qu'on peut les lisser ? C'est-à-dire est-ce que au lieu d'en faire 44 on pourrait en faire 33 ? Est-ce que Est-ce queil y a pas il y a pas on peut pas revoir ça aussi ? vote pas le budget mardi lundi.
Lundi, on pose une question est-ce que l'endettement du pays est suffisamment important pour qu'on s intéresse mais vous savez très bien que c'est pas cette question c'est ce que je dis et la phase de négociation aurait eu lieu. Les ministres concernés étaient prêts à négocier avec l'ensemb cet été. Les ministres étaient prêts.
Mais nous n'étions pas encore en phase de préparation du budget. Mais on va pas commencer à dire n'importe quoi aux françaises et aux français. Le budget, il est négocié à l'automne, il est négocié avec les frais présent au parlement.
Il a présenté. Avez-vous déjà vu un budget présenté qui arrive à la fin de l'automne budgétaire tel qu'il a été présenté par le premier ministre ? Quand vous avez des majorités absolues, ça ne se passe pas comme ça.
Donc aujourd'hui, en réalité, les oppositions veulent se débarrasser de Baou parce que François Baou porte un message. Vous savez, c'est comme au temps du Moyen-Âge, le messager porte un mauvais message, on le tue. Malheureusement, le message il reste.
Donc, vous pensez que François Bairou peut survivre au 8 septembre ? Moi, je me battrai à ses côtés jusqu'au 8 septembre. Je lui dois bien ça.
Il m'a fait confiance et il a aussi ma confiance. Euh quand vous voyez ça, vous voyez les crispations qui sont engendrées par ce budget dans le cadre d'une campagne présidentielle pour 2027. On sait que Édouard Philippe hein, vous êtes proche de lui, affiche une ligne économique euh stricte, on va dire.
Euh quand on voit donc les difficultés pour passer un budget, quand on voit l'hostilité de l'opinion publique, quand on voit aussi le blocage, il va y avoir un blocage du pays pour le 10 septembre, est-ce qu'on peut gagner une présidentielle en premier temps bah du sang et des larmes ? Vous parlez d'une ligne stricte. Moi, je vais vous parler d'une ligne qui s'appelle tout simplement une ligne responsable.
Euh, on peut pas continuer d'infantiliser les Françaises et les Français en leur disant qu'on peut dépenser plus que ce qu'on a. Vous savez qu'aujourd'hui, nous sommes en voie d'avoir l'intérêt de la dette comme premier budget de la nation. Ça veut dire qu'en réalité onempre pas pour investir sur l'avenir, onempre pas pour construire des hôpitaux, on emprunte pour payer l'électricité, payer les facture.
Et je pense pas que la France puisse se permettre de faire ça. Et avec Édouard Philippe depuis 2021, nous avons créé un parti politique et le jour où nous l'avons créé, nous avons dit qu'il faut de l'ordre dans les comptes et dans la rue. Mais donc vous pensez toujours et il pense toujours lui qu'on peut gagner une présidentielle en évoquant une éventuelle retraite à 67 ans avec la la capitalisation, avec une règle constitutionnelle. de discipline budgétaire, on peut gagner, on peut séduire les Français.
Ch à chaque jour euh suffit sa peine. Madame Bouyagué, nous allons euh vivre des moments difficiles. Euh je pense que l'élection présidentielle est encore loin.
Édouard Philippe aura son discours, aura cette adresse à la nation au moment où il sera candidat comme je le souhaite et nous verrons ce qu'il dira. Mais en tout cas, ce que je peux vous dire aujourd'hui, c'est qu'il a pas envie de mentir aux françaises et aux Français. Euh la suite.
Donc bon, on quand même partir du principe que François Baou risque fortement d'être renversé lundi. Il y a aussi euh euh une possibilité de dissolution. C'est une petite musique qu'on entend.
Emmanuel Macron a récemment écarté cette hypothèse. Au contraire pour Édouard Philippe, elle est même assez inéluctable. En quoi une dissolution peut clarifier les choses ?
PIP a voulu dire que si d'aventure ce gouvernement tombait et qu'un autre tombait après lui, malheureusement il craignait que la dissolution soit inéluctable. Écoutez moi, je vais pas être dans la politique fiction. Je vais vivre séjour en tant que ministre qui va essayer de se battre au côté du premier ministre et nous verrons à partir de lundi comment les choses se passent.
Et puis pour la dissolution, je vais couper court. Ça n'appartient qu'à une seule personne dans notre pays, c'est le président de la République. Mais imaginons que le Rassemblement national décide de faire tomber avec la gauche systématiquement chaque gouvernement qui arrive.
Est-ce que Emmanuel Macron aura le choix ? Ça n'appartient qu'à Emmanuel Macron, président de la République. C'est la Constitution qui le dit et il est à ce niveau-là le seul à pouvoir répondre.
Donc moi, toutes les personnes qui parlent pour le président de la République, quelle que soit leur qualité, leur éminence en disant il faut dissoudre, il faut pas dissoudre, pour moi tout ça ça sert pas à grand-chose. De toute manière, il y a qu'une seule personne qui peut appuyer sur ce bouton. Lorsqu'Edouard Philippe a été reçu à déjeuner, c'était mardi par le chef de l'État avec Bruno Retaillot notamment François Baou, le chef de l'État a dit "Bah voilà, maintenant il faut élargir la majorité, se tourner vers les socialistes." Qu'est-ce qu'est-ce qu'il voulait dire à travers ça ?
Est-ce que est-ce que c'est déjà l'après Baou ? Est-ce que se dessine le profil, on va dire, d'un nouveau premier ministre qui serait socialiste, compatible ? Ben Mou, vous m'avez reçu il y a un an, à peu près jour pour jour.
J'étais président du groupe Horizon et indépendant à l'Assemblée nationale. Et que disions-nous avec Édouard Philippe qu'il fallait un pacte de stabilité qui allait de la droite républicaine à la gauche social-démocrate responsable. J'ai pas changé d'avis et je continue de penser que même si c'est pas pour participer au gouvernement, il faut un accord minimaliste pour permettre à la France de pas tomber dans la spirale de l'instabilité qui est tout aussi mortifère que l'endettement public que nous connaissons.
Donc il y a forcément il y aura une question de casting. Qui peut incarner ça ? Est-ce que c'est un Bernard Casneuve ?
Est-ce que c'est un Gérald Arrmanin qui se positionne ces derniers temps sur en disant que le contrebudget socialiste est pas si mal que ça ? On risque de vous surprendre. Un, jusqu'à l'heure, il y a un premier ministre qui est en place.
Et de surtout, ça appartient aussi qu'à une seule personne de nommer le premier ministre, c'est le chef de l'État. Euh, il y a eu beaucoup de remot d'éventuelles dissolutions. Il y a eu aussi des appels à la démission du chef de l'État.
Depuis le départ, on entend les insoumis, hein, qui portent ce sujetl, mais on a entendu aussi des personnalités de droite. On a entendu Valérie PCR, on a entendu Jean-François Copé. Est-ce que ça vous a étonné que des personnalités de droite qui ont été au gouvernement tout d'un coup demandent la démission du chef de l'État ?
Les IPR et Jean-François Copé sont des amis, je les connais depuis longtemps mais je ne partage pas leur opinion. Je vais vous expliquer pourquoi. Nos institutions sont fragiles aujourd'hui, fragilisées par la composition de l'assemblée.
On sent une opinion publique remonter. Euh il y a aussi euh les réseaux sociaux et et la nouvelle manière de communiquer qui qui rend les choses très instables et et très fragiles. Je pense pas que on va aller mieux avec euh une démission d'un président de la République dans ces conditions-là.
Emmanuel Macron, il a été élu euh en 2022 pour un mandat de 5 ans et il doit aller à son terme pour le pays, pour ses institutions parce que ça créerait un précédent qui, à mon avis, serait dangereux pour notre avenir. Merci beaucoup Laurent Marcangelie. Bonne journée à vous hein.
Laurent Marcangeli