Entretien d'actualité n°49.1 - 27/09/2017
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Bienvenue à tous. Nous sommes le mercredi 27 septembre 2017. Place à notre entretien d'actualité avec François Asselineau en 5 questions. Et nous commençons avec le dossier Siemens, devenu actionnaire majoritaire d'Alstom. Quelles seront les répercussions selon vous ?
Bonjour à toutes et à tous. Là, on parle d'un dossier qui est très grave. D'abord sur le dossier lui-même, mais également sur ce qu'il révèle de la politique. La politique générale de l'État depuis maintenant un certain nombre d'années et plus particulièrement de la politique depuis que M. Macron est arrivé à l'Élysée. Il s'agit de quoi ? Il s'agit d'un fleuron industriel extraordinaire qui s'appelait jadis Jacques Alstom. Moi, je me rappelle lorsque j'étais en charge du commerce extérieur vers l'Asie.
Jacques Alstom était un producteur français, un industriel français qui était très présent à la fois dans l'énergie, dans les centrales électriques classiques, mais également dans le transport. C'est Jacques Alstom qui fournissait notamment des centrales électriques que l'on vendait aux pays en voie de développement ou qui fabriquaient le fameux TGV. Et puis, tout ce qui était fabriqué par Alstom avait des répercussions, notamment dans l'industrie militaire. En réalité, on a assisté au démantèlement ou plus exactement à la cession de ce groupe prodigieux à des intérêts étrangers par une série d'abandons.
Le principal ayant été la cession de la branche énergie à l'américain Général Électrique, d'une part. Et puis, aujourd'hui, on apprend donc que la partie transport va fusionner avec l'allemand Ziemens. Mais en fait, dans cette fusion, c'est l'allemand Ziemens qui va prendre le pas et qui prend la majorité. D'ailleurs, on parle maintenant du groupe Ziemens-Alstom. Alors c'est très grave parce que ça veut dire que voilà des fleurons industriels français qui procuraient beaucoup d'emplois, qui faisaient vivre, par exemple, dans la région de la Franche-Comté, du territoire de Belfort, qui faisaient vivre beaucoup de gens.
Mais ce fleuron industriel avait des conséquences très importantes pour irriguer le tissu industriel français, y compris avec ses implications militaires. Alors ce point est d'autant plus scandaleux d'ailleurs que, semble-t-il, Ziemens va rapatrier l'activité la plus rémunératrice en Allemagne, notamment tout ce qui est signalisation, et puis va laisser en France les activités déficitaires. Et donc on va sans doute nous dire dans quelques temps, dans quelques 6 mois, 1 an, 2 ans, que les activités en France sont extrêmement déficitaires et qu'il faut les fermer. Ça témoigne en fait d'une absence totale de volonté de défendre l'intérêt national et l'industrie nationale.
Alors c'est d'autant plus grave que cette affaire... Ça veut dire au passage que le TGV, le fameux TGV français, dont la France, qui était un des éléments de la vitrine même de la France industrielle, je rappelle, dans les années 90 à 2000 du XXe siècle, moi, quand j'accompagnais le président de la République, M. Jacques Chirac, quand on était allé en Chine, où nous avions été reçus à Chang'an-la, et dans la partie de la cité interdite à Pékin réservée aux dirigeants chinois, j'avais assisté à un entretien au plus haut niveau entre Jacques Chirac et son homologue chinois de l'époque, le président Chiang Zemin. Et il avait été question, bien sûr, de la vente du TGV entre Pékin et Shanghai.
Et Jacques Chirac s'était fait le promoteur de la production française. Et d'ailleurs, de façon malicieuse, le président chinois avait répliqué à Jacques Chirac, « Oui, mais alors, M. le président de la République française, il y a deux mois, je recevais dans le bureau même où je vous reçois, le chancelier d'Allemagne, et à l'époque, c'était le chancelier de Gérard Schröder, qui était venu me parler de l'excellence de la solution allemande de l'ICE de chez Zemin, ce qui était le concurrent. » Alors ça veut dire quoi ?
Eh bien ça veut dire que maintenant, la France ne pourra plus, lorsqu'elle rencontre un président chinois ou un chef d'État ou un chef de gouvernement de n'importe quel pays du monde, ne pourra plus dire que nous avons un fleuron industriel qui est celui du TGV. On a quand même été la nation qui a été en pointe sur cette affaire. C'est d'autant plus grave que ça s'accompagne en même temps, on l'a appris aujourd'hui même, d'une décision à peu près comparable, s'agissant des chantiers de l'Atlantique, qui étaient devenus STX, qui s'appellent Naval Group, qui ont été échangés de main en main, puisqu'ils étaient déficitaires.
Et on apprend aujourd'hui qu'un accord a été trouvé, toujours par Macron, avec son, non pas homologue, mais le chef du gouvernement italien, M. Gentiloni, qui a eu un sommet à Lyon aujourd'hui même entre le président de la République française et le président du Conseil italien. Et on apprend que Fincantieri, c'est-à-dire l'italien, prend 50% de cette fusion entre chantier naval de l'Atlantique devenu Naval Group, en anglais bien sûr, et Fincantieri. Et en plus de ça, 1% supplémentaire que l'État français se conserve le droit de reprendre dans les 12 ans, si d'aventure, Fincantieri ne tient pas ses engagements.
Ça veut donc dire que là aussi, les Italiens vont prendre la majorité sur les chantiers navals de l'Atlantique. C'est les chantiers navals de l'Atlantique, où je rappelle qu'ils ont d'ailleurs une espèce de rad, de chantier qui permet de construire des bateaux avec des très grosses coques, et notamment la fabrication des porte-avions français.
Alors, on a donc assisté à quelques heures d'intervalle à un désastre, en fait, industriel en France, c'est-à-dire le passage ou contrôle étranger de deux des plus importants fleurons de ce qu'était l'industrie française, ce qui est grave à la fois pour notre savoir-faire industriel, à terme pour nos emplois industriels, parce qu'on peut toujours dire « oui, oui, les emplois vont être maintenus ». Une fois que le centre de décision est parti ailleurs, on ne sait pas à l'horizon de 2 ans, 5 ans, 10 ans, 20 ans, ce qu'il en adviendra, ou plus exactement, on ne le sait que trop.
Et puis c'est également une atteinte à l'image que les Français se font de leur propre pays, et à l'image que le reste du monde se fait de la France comme d'une puissance industrielle. C'est d'autant plus grave que tout ceci vient dans la lignée de toute une série d'autres sinistres industriels de la même veine. Rappelons-nous pour l'aluminium Péchinet, qui avait été progressivement avalé puis démantelé. Rappelons-nous Arcelor, les aciéries, qui avaient été finalement absorbées par Mittal, un groupe anglo-indien. Rappelons-nous de Alcatel, qui était un géant dans la téléphonie, qui a été avalé par Lucène, puis par le finlandais Nokia.
Rappelons-nous Lafarge, les cimentiers qui s'est marié avec le suisse Holcic, etc. Donc en fait, on assiste à la disparition consentie de tous les fleurons de l'industrie française. On assiste en fait, de façon accélérée, à la fin de la France industrielle. J'avais eu l'occasion, pendant la campagne présidentielle, de présenter au public qui venait m'écouter. J'avais eu l'occasion de présenter une carte sur l'évolution de l'emploi industriel en France, département par département. C'était une carte qui était extraite d'un ouvrage récent d'Emmanuel Todd et d'Hervé Lebrac qui s'appelait Le mystère français, où on voit la disparition de l'industrie française.
La France est en train de devenir un musée, si on n'y prend pas garde. Alors, face à tout ceci, il y a les réactions de la façon dont présente la presse, et dont M. Macron présente ça, c'est de présenter ça non pas comme des abandons catastrophiques, non, c'est présenter comme étant un champion européen. C'est un... Alors, paraît-il que Alstom-Zimens, qui d'ailleurs ne s'appelle plus Alstom, mais s'appelle Zimens-Alstom, et puis vous verrez que dans quelques années, ça s'appellera Zimens, et Alstom aura purement et simplement disparu, eh bien Zimens-Alstom est présenté comme un champion européen, une coopération européenne, c'est l'Europe en marche.
S'agissant de Naval Group et de Fincantieri, on dit la même chose, ou on dit qu'on va faire un champion mondial. C'est-à-dire qu'on présente aux Français des défaites industrielles réellement très graves, on les présente aux Français de façon positive. C'est absolument tragique. Ça n'est pas loin, c'est même tout très très proche de l'état d'esprit des collabos de 1940, qui présentait la défaite de la débâcle de 1940, qui présentait ça quelques mois après, comme finalement un moyen de régénérer la France, et puis une nouvelle Europe, et de collaborer avec le Troisième Reich, etc., etc. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui ne veulent même pas reconnaître le désastre en cours.
Je voudrais dire aussi quelque chose que je crois très grave, et que je pense que, à part moi, personne ne le dit, ce sont les déclarations qui ont été faites à l'occasion de ces deux sinistres de jour. Au sujet du rapprochement, enfin de l'absorption de Naval Group par l'italien Fincantieri, Macron a donc eu un sommet à Lyon avec le président du Conseil italien Paolo Gentilon, je le disais tout à l'heure. Et voilà ce que M. Macron a dit. Il a dit « Nous pouvons l'un et l'autre dire aujourd'hui que c'est un accord gagnant-gagnant. A ceux qui disent, je cite Macron, « C'est terrible, il y aura un opérateur industriel qui n'est pas français.
Je veux leur rappeler que jusqu'à il y a quelques mois, une très large majorité, l'actionnaire et l'opérateur, étaient coréens. Qu'on m'explique, dit Macron, lorsqu'on défend l'Europe chaque jour, qu'il vaut mieux avoir un opérateur et un actionnaire coréen qu'un opérateur italien. » Ça veut dire que pour Macron, eh bien finalement, la catastrophe, ce serait que les chantiers navals passent sous une direction coréenne, donc asiatique. Mais en revanche, que ça soit un étranger italien, ça c'est très bien. Ça mène à plus à l'oreille, d'autant plus que dans les mêmes heures, on a appris que M.
Laurent Berger, qui est le secrétaire national de la CFDT, au sujet du rachat de Alstom par Zimins, a dit, je le cite, « Il vaut mieux Zimins qu'un acheteur chinois. » Réfléchissez bien à tout ceci. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on met dans la tête des Français que lorsqu'on perd un champion industriel, qui est un fleuron national, eh bien il vaut mieux que ça soit à un italien ou à un allemand que ça passe, plutôt qu'à un chinois ou un coréen. C'est-à-dire qu'on fait un distinguo. Aussi bien un syndicaliste que le chef de l'État, on fait un distinguo. Mais il est un distinguo fondé sur quoi ?
Je suis désolé, mais la seule personne, le seul responsable politique en France qui le dit, c'est moi. La construction européenne est un apartheid, est un racialisme qui ne dit pas son nom. Moi, lorsque j'étais avec Jacques Chirac, lorsque vous m'avez été reçu par le président de Chang Zemin, Jacques Chirac, à l'époque, avait dit, nous sommes là pour nouer une coopération industrielle au plus haut niveau franco-chinoise. Et il s'agissait justement de damer le pion aux Allemands. Maintenant, par solidarité ethnique, eh bien c'est très bien de tout fourguer aux Allemands et aux Italiens, du moment que ce ne sont pas des Asiatiques.
Il y a derrière tout ça quelque chose qui sent très mauvais et qui est exactement comparable à ce que j'appelle le choc des civilisations. Sur ces affaires, je voudrais dire qu'au-delà de critiquer ce qui est un scandale national, cette affaire est un véritable scandale national. D'ailleurs, l'affaire Alstom a fait l'objet d'un reportage télévisé qui avait déjà été passé et que vous pouvez visionner, qui a été très bien fait, que je signale au passage, qui a été passé sur, je crois, France 2 et LCP. C'est sur cet accord fantôme concernant Alstom. Je prends ici l'engagement.
Et je m'adresse ici non seulement aux personnes qui travaillaient, aux agents, aux ouvriers, aux cadres, aux agents de maîtrise qui travaillaient à Alstom, mais également à l'ensemble de la population française. Si un jour, je suis élu président de la République, eh bien, tous ensemble, nous essaierons de récupérer, autant que faire se peut, de récupérer les fleurons industriels dont nous disposons et, si nécessaire, je renationaliserai Alstom.
Que pensez-vous du nouveau budget présenté par le gouvernement ?
Alors, le nouveau budget présenté par le gouvernement est, à mon avis, assimilable à une provocation. Et je pèse mes mots. On a appris que le projet de budget de 2018, présenté par M. Le Maire, et évidemment avalisé par le Premier ministre Édouard Philippe, et évidemment par Macron à l'Élysée, en fait consiste à tailler dans les dépenses et à tailler aussi dans les impôts. Mais pas n'importe quelle dépense et pas n'importe quel impôt. Alors, parmi les impôts, certes, il paraît que la taxe d'habitation va être à 80% diminuée chez le public et le gouvernement dit, voilà, on va redonner du pouvoir d'achat. Quelle est la contrepartie qui sera face à ça ?
Est-ce que c'est pas la CSG qui va augmenter ? C'est une autre histoire. Mais moi, ce que je vois surtout, c'est le cadeau qui est fait aux plus riches des Français, pas aux classes aisées, aux milliardaires. De quoi s'agit-il ? Il s'agit que le gouvernement a décidé de faire diminuer le taux d'imposition sur les sociétés avec une diminution progressive pour passer de 33% le taux de l'IS sur les bénéfices réalisés à 25% en 2022. C'est-à-dire une diminution de plusieurs points par an jusqu'en 2022. Ça veut donc dire que les grandes entreprises, lorsqu'elles dégageront du profit, paieront moins d'impôts sur les sociétés, sensiblement moins.
Ça veut donc dire que cet impôt qui normalement doit être versé à l'État manquera. Et après, on dira d'ailleurs que l'État est désargenté et qu'il fait des déficits. Et qu'est-ce qui va se passer ? Il va se passer qu'avec cet argent, ce profit supplémentaire que feront les entreprises puisqu'elles auront moins d'impôts sur les sociétés à payer, elles vont soit le réinvestir, c'est ce que dit le gouvernement, ça va favoriser l'investissement, mais rien n'est moins sûr. Quand vous avez un pays comme la France où le niveau de vie, les charges sociales, etc., sont plus élevées qu'ailleurs, il est très peu probable qu'elles investissent.
Les entreprises investissent plutôt à l'étranger, elles délocalisent. Mais en revanche, ce qui est tout à fait probable, c'est qu'elles augmenteront les dividendes versés aux actionnaires. C'est-à-dire que c'est un formidable cadeau donné aux actionnaires, aux détenteurs des capitaux des grandes sociétés. Au même moment, le gouvernement, toujours en matière fiscale, décide de modifier l'impôt de solidarité sur la fortune en le transformant en un impôt exclusivement fondé sur les biens immobiliers. Là aussi, c'est un véritable scandale.
Parce que ça veut dire que les plus grosses fortunes, les Français qui possèdent des fortunes personnelles qui dépassent les 50 millions d'euros, 100 millions d'euros, 500 millions d'euros, 1 milliard d'euros, il y en a, eh bien ces personnes-là, l'essentiel de leur patrimoine, c'est en fait une détention d'actifs, le capital de société. Et donc ça, ça échappera à l'impôt sur les sociétés.
En revanche, un cadre supérieur, ou un cadre moyen, tout simplement, qui a eu l'intelligence, la sagesse, de s'endetter lorsqu'il était jeune pour acquérir un appartement, par exemple, parisien, et j'en parle en connaissance de cause, mais c'est mon cas, eh bien, vu la flambée de l'immobilier qu'il y a dans certaines grandes villes, risque, au bout du compte, d'être taxé à l'impôt de solidarité sur la fortune parce qu'il a un appartement qui dépasse ce montant. C'est-à-dire qu'on va, en fait, l'impôt de solidarité sur la fortune va peser sur les gens aisés, les professions libérales, les avocats, les notaires, les cadres supérieurs, etc., mais pas sur les milliardaires.
C'est-à-dire que l'on a, encore une fois, comme tout à l'heure, pour l'impôt sur les sociétés qui baisse, ça favorise les détenteurs des capitaux, on favorise une deuxième fois les détenteurs de capitaux. C'est un cadeau aux milliardaires. J'ajoute que l'on peut ajouter à tout ça des décisions qui sont prises pour diminuer l'aide aux emplois aidés, pour augmenter la taxation sur le livret A. Le livret A, c'est vraiment les classes populaires, les classes moyennes qui disposent du livret A. Eux, on va les augmenter, leur impôt. J'ajoute également qu'il va y avoir des réductions budgétaires, notamment sur l'aide personnalisée au logement.
En d'autres termes, il s'agit d'un budget que l'on peut qualifier carrément, non seulement d'antisociale, mais même presque, je ne sais pas, je trouve que c'est presque une inconscience politique, compte tenu de l'état de la situation de la population française, compte tenu de l'état du chômage qui ne cesse d'augmenter, qui va continuer d'augmenter, puisque l'euro est très élevé et très fort sur les marchés internationaux vis-à-vis du dollar. Prendre des décisions de cette nature alors que l'impopularité de Macron est déjà extrêmement élevée, je trouve que c'est de la pure inconscience. En attendant, les gens qui ont voté Macron devraient vraiment réfléchir à ce qu'ils ont fait.
Troisième question. Quels enseignements tirez-vous des résultats des élections sénatoriales ?
Alors ça, c'est un sujet qui a été un peu passé à la trappe. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles j'avais annoncé il y a deux mois, je crois, que nous ne nous présenterions pas aux élections sénatoriales parce qu'en fait, les médias n'en parlent pas. C'est un peu à tort. J'en profite pour dire, il y a beaucoup de gens qui m'écoutent, de plus en plus nombreux, je les en remercie. Peut-être que parmi les gens qui m'écoutent, tout le monde ne sait pas exactement à quoi sert le Sénat. Je rappelle qu'en France, c'est un système que l'on appelle bicaméral, c'est-à-dire avec deux chambres, l'Assemblée nationale et le Sénat.
C'est un système qu'on retrouve aux États-Unis, qu'on retrouve au Royaume-Uni avec la Chambre des communes et la Chambre des lords, qu'on retrouve en Allemagne avec le Bundestag et le Bundestag. Il y a beaucoup de pays où il y a ce système des deux chambres. Mais à part l'Italie, qui est un cas particulier, il y a toujours une chambre, un des deux parlements, qui l'emporte sur l'autre. En France, c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot au moment du vote des lois. Mais le Sénat participe aussi au vote des lois. Il faut donc savoir, et les Français ne le savent pas forcément, que lorsqu'il y a une loi, elle doit être votée par le Parlement.
Ce qu'on appelle le Parlement, c'est à la fois l'Assemblée nationale avec les députés et le Sénat avec les sénateurs. Et qu'il y a ce qu'on appelle une lecture d'un projet de loi qui est donc présenté à l'Assemblée nationale, puis présenté au Sénat. Et si les deux chambres sont d'accord, la loi est adoptée. S'ils ne sont pas d'accord, à ce moment-là, ça repasse à l'Assemblée nationale et ça repasse au Sénat. Et puis si au bout des deux fois, les deux assemblées, l'Assemblée et le Sénat ne sont toujours pas d'accord, à ce moment-là, on se réunit. Il y a une espèce de réunion entre sénateurs et parlementaires et députés pour voir s'ils peuvent trouver.
Et puis ça se termine par ce qu'on appelle une troisième lecture, c'est-à-dire l'Assemblée nationale qui finit par trancher. Alors le Sénat n'a donc pas le pouvoir définitif. C'est pour ça que beaucoup de gens ont un peu tendance à considérer que c'est une chambre un petit peu superflue dont on pourrait se passer. C'est une vision qui est caricaturale et qui est excessive. Pourquoi ? Parce que le Sénat, traditionnellement, représente davantage les zones rurales que les zones urbanisées. Il y a un poids spécifique. Les députés à l'Assemblée nationale représentent, en gros, sont assez corollées à la répartition de la population sur le territoire.
C'est moins vrai pour le Sénat où il y a une surreprésentation des zones rurales. C'est donc également au Sénat, traditionnellement, c'est une Assemblée qui est plus sage. Ils font des rapports souvent de grande qualité des sénateurs. C'est souvent peuplé par des parlementaires qui sont plus expérimentés, plus âgés que les députés, statistiquement et en moyenne. Et le Sénat, lorsqu'il est de l'opposition, peut mener quand même la vie un petit peu difficile au gouvernement. Pas totalement, puisque je l'ai dit que le gouvernement, dans la mesure où il a la majorité à l'Assemblée nationale, pourra de toute façon l'imposer à l'Assemblée nationale sans la volonté, s'il le veut vraiment.
Mais en pratique, un gouvernement est quand même obligé de composer, il ne peut pas délibérément, systématiquement, toujours et tout le temps, ignorer ce que dit le Sénat. C'est la raison pour laquelle il faut quand même porter attention à ce qui se passe au Sénat. Alors, ce qui s'est passé, c'est qu'il y a eu 170 élections, le Sénat se renouvelle par moitié. Il y avait donc 170, il y a à peu près 340 sénateurs, il y en avait 170 qui étaient là en jeu pour ces élections, plus une élection sénatoriale partielle, donc il y avait 171 élections. Ne vous étonnez pas de ne pas être allé voter, de ne pas avoir été sollicité.
Je rappelle que les gens qui votent pour le Sénat, ce ne sont que des grands électeurs, c'est-à-dire en gros les maires, les conseillers départementaux, les conseillers régionaux, donc c'est eux qui votent pour les sénateurs. Alors, on a assisté à quoi une fois que tout ceci a été dit ? Eh bien, on a assisté que sur les 171 élections qui ont eu lieu dimanche, la République en marche, donc le mouvement qui se réclame du gouvernement, a présenté 158 candidats sur les 171, ce qui prouve d'ailleurs au passage qu'il n'a pas réussi à présenter des candidats partout. Et sur ces élections, il y a eu 18 élus de la République en marche. Alors, 18 élus sur 158 candidats, ça fait 11,4%.
Et 18 élus sur 171 candidats, puisqu'il y avait 171 élections, ça fait 10,5%. Autant dire que c'est quand même un bilan qui n'est pas brillant pour le parti au pouvoir, pour la République en marche, qui a, je le rappelle, la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Alors, il est vrai que les élections sénatoriales sont des élections de sénateurs, sont des élections où les réseaux d'influence, l'impendantation, jouent un rôle certain. Et d'ailleurs, on a pu noter que par exemple, le parti socialiste a conservé quand même un certain nombre de sénateurs. Les partis, les républicains, ont pu maintenir mieux leur position.
Néanmoins, néanmoins, lorsque le parti du président de la République, nouvellement élu, au mois de septembre, se ramasse une gifle, on peut parler de gifle, il y a 11% seulement, ils ont réussi à gagner des postes dans 11% des cas, alors qu'ils ont, je ne sais plus combien, peut-être 55 ou 60% des députés, ça veut dire qu'il y a un problème. Ça veut dire notamment que l'image du mouvement La République en marche est très mauvaise. Ça veut dire également que parmi les électeurs du Sénat, c'est-à-dire notamment les maires et notamment les maires ruraux, c'est en fait une fronde contre le parti du président de la République.
Et la conclusion de cette affaire, c'est que le parti du président de la République a maintenant au Sénat une chambre qui ne va pas du tout lui être favorable. C'est un point négatif pour la suite du gouvernement.
Revenons sur le discours d'Emmanuel Macron sur l'Union européenne. L'avez-vous apprécié ?
Alors, c'est effectivement ce qui a agité le landerneau hier, voilà, mardi, mardi 26 septembre, M. Macron est allé à la Sorbonne et il nous a fait un discours sur la refondation de l'Europe. Avant de parler de cette refondation de l'Europe, je voudrais faire une petite incidente sur ce qui s'est passé quelques heures auparavant. Là, lundi, mardi, c'était à quelques heures d'intervalle. Figurez-vous que Macron, avant d'aller à la Sorbonne, a reçu un chef d'État étranger qui actuellement est en visite d'État. Il s'agit du président de la République du Liban, M. Michel Aoun, qui est un chrétien maronite. Et il a été reçu en grande pompe, ce qui est normal.
Le Liban est un pays proche de la France à bien des égards, d'égards historiques, linguistiques, migratoires, des liens familiaux. C'est un merveilleux petit pays qui est très cher au cœur des Français et réciproquement puisqu'il y a une francophonie au Liban qui, même si elle est en déclin en profit de la croissance de l'anglais, reste encore relativement vivace. Et le président français, recevant Michel Aoun, a fait cette déclaration devant la presse. Écoutez bien ce qu'a dit Macron.
Il a dit textuellement « Je veux redire l'attachement le plus particulier de la France à la souveraineté, l'unité et l'intégrité du Liban dont la stabilité et la souveraineté constituent un enjeu majeur pour l'ensemble du Moyen-Orient mais également pour l'Europe. » Voilà que Macron se bat donc pour maintenir la souveraineté nationale du Liban. Alors, moi j'aime bien le Liban mais je voudrais rappeler à toutes les personnes qui m'écoutent que le Liban a pour superficie 10 452 km². Le Liban est un pays qui est plus petit que le département français de la Gironde qui fait 10 725 km². Je rappelle que le Liban compte à peu près 6 200 000 habitants. Ça fait 9,2% de la population française.
Et je signale que le PIB, le produit intérieur brut du Liban en 2016 en parité de pouvoir d'achat, c'est la seule variable qui permet de comparer les PIB à travers le monde, était estimée en 2016 à 85 milliards de dollars. C'était le 91e rang mondial. C'est-à-dire que l'économie du Liban, le PIB du Liban est 31 fois plus petit que le PIB français qui était de 2 647 milliards de dollars en PPA en parité de pouvoir d'achat en 2016, le 8e rang mondial. Pourquoi je vous dis tout ça ?
Parce que le même Macron qui se bat donc pour la souveraineté nationale du Liban qu'il faut défendre, c'est le même qui, il y a quelques semaines, lors de la conférence des ambassadeurs, expliquait aux Français que la France est trop petite pour défendre sa souveraineté nationale. Il avait dit lors de la conférence des ambassadeurs qu'il fallait, je signale, revisiter les termes de la souveraineté. C'est du jargon, vraiment, c'est du jargon, revisiter les termes de la souveraineté. Il disait, il a dit devant les ambassadeurs, le multilatéralisme est à mes yeux, c'est Macron qui parle, un des outils de notre indépendance.
Cette indépendance, c'est une souveraineté ouverte sur le monde et cette souveraineté cependant exige d'être portée collectivement quand les enjeux excèdent le cadre national. Pour la France, le lieu où construire les outils de notre puissance et apporter la juste réponse aux défis qui se présentent, le lieu de notre souveraineté aujourd'hui, c'est l'Europe. C'est un sale migon, on dit, c'est vraiment emberlificoter les choses. C'est d'ailleurs pas du tout la tradition française. Je rappelle que la grande tradition de la langue française, c'est justement la clarté d'exposition, que les gens soient clairs et nets.
Moi, lorsque je m'exprime, j'essaye toujours que mes propos soient intelligibles et clairs et nets, que tout le monde comprenne. J'essaye de m'inscrire dans cette grande tradition française de clarté et de limpidité. Le discours de Macron devant les ambassadeurs, c'est un discours complètement controuvé, contourné, on ne comprend plus rien. La seule chose que l'on comprenne, c'est que le lieu de notre souveraineté aujourd'hui, c'est l'Europe, c'est-à-dire que la France est trop petite pour avoir sa souveraineté nationale. Alors je vous demande à toutes et à tous qui m'écoutaient de bien mesurer cette espèce de dédoublement de la personnalité, cette schizophrénie générale de M.
Macron qui explique qu'un État comme le Liban, qui est grand comme le département de la Gironde et dont l'économie est 31 fois plus petite que l'économie française, il faut absolument se battre pour sa souveraineté nationale et son indépendance, tandis que la France, elle, elle n'aurait qu'à fusionner d'ardard avec la Lettonie, l'Estonie, etc. On voit bien que ce cache derrière tout ça, ce sont des mensonges enfilés les uns après les autres. En fait, M. Macron, il n'est pas là pour défendre la souveraineté et l'indépendance nationale, il est là pour enterrer la France, la démolir. On l'a vu tout à l'heure avec l'affaire industrielle.
Alors maintenant, maintenant que j'ai replacé ça dans ce cadre, parlons justement de ces déclarations qu'il a faites à la Sorbonne. J'allais tenir un mauvais jeu de mots, il nous la Sorbonne. Il s'est mis à sortir comme ça d'un chapeau tout un projet sur l'Europe. Alors déjà, il y avait la forme. La forme, c'est qu'il s'est exprimé devant le drapeau de la République française, ça c'est bien naturel. Le drapeau de l'Union européenne, ça, personnellement, ça me donne des boutons. Je rappelle que si un jour je suis élu président de la République, la première chose que nous ferons, c'est de faire retirer le drapeau de l'Union européenne sur tous les bâtiments nationaux.
C'est d'ailleurs, la France n'a pas reconnu le drapeau de l'Union européenne lors du traité de Lisbonne et la Constitution française ne reconnaît que le drapeau bleu, blanc, rouge. Donc je rappelle que le drapeau de l'Union européenne, sa présence sur les bâtiments publics est en soi un objet de scandale. Mais bon, il fait ça, mais en plus de ça, Macron, le chef de l'État français, s'est exprimé devant les drapeaux nationaux des 27 autres États de l'Union européenne. Alors ça, c'est quand même très grave. En termes diplomatiques, il n'en a pas le droit. C'est pas Mme Michu, M. Macron, qui est dans un bal costumé pour Mardi Gras. C'est le chef de l'État.
Un chef d'État, lorsqu'il rencontre un homologue, par exemple, lorsqu'il rencontre le président du Liban, il parle devant le drapeau bleu, blanc, rouge. Le président du Liban parle devant le drapeau libanais avec le cèdre. C'est le pays du cèdre. Mais là, M. Macron s'est permis de parler devant le drapeau de la Belgique, de l'Allemagne, de la Pologne, etc. Et pour lancer son projet dont il n'a jamais parlé aux Polonais, aux Belges, aux Croates, aux Italiens, il fait une espèce de captation. C'est une escroquerie. Il escroque. Moi, je serais polonais. Je serais furieux. D'ailleurs, on a publié un communiqué aujourd'hui même pour réclamer de M. Macron qu'il s'interdit ce genre de choses.
Est-ce qu'on imagine l'inverse ? Est-ce qu'on imagine, par exemple, la première ministre de Pologne, celle qui avait déjà dit à Macron son fait lorsque celui-ci s'était permis de critiquer le gouvernement polonais depuis la Bulgarie, lorsqu'elle avait dit mais c'est pas la France qui dirige. Est-ce qu'on imagine la première ministre de Pologne qui ferait un discours où elle annoncerait voilà ce que doit être l'Europe et elle parlerait en disant voilà, il faut développer le système des travailleurs détachés, il faut démolir le SMIC, il faut que tout le monde s'abaisse sur le plus bas au niveau social ou elle parlerait de ça devant le drapeau français.
Est-ce qu'on imagine ce serait un objet de scandale ? Déjà, on lui dirait écoutez madame la première ministre de Pologne ça c'est votre idée mais ça ne nous concerne pas nous ne sommes pas d'accord mais en plus de ça le fait qu'elle s'exprime devant le drapeau est scandaleux. Ça prouve au passage que M.
Macron est un ignorant complet des usages diplomatiques c'est un goujat il n'y a pas que ça ça c'est la forme il y a le fond Macron a lancé comme ça comme un prestidigitateur qui sort d'un haut de forme d'un chapeau des foulards il a sorti les uns après les autres des idées comme ça qui lui sont passées par la tête comme je l'ai dit à la radio Sud Radio il confond la présidence de la république avec le divan d'un psychanalyste qui s'allonge et puis il lui dit tout ce qui lui passe par la tête puis nous on est là derrière on prend en note ça ne va pas alors qu'est-ce qu'il a sorti il a dit par exemple qu'il fallait avoir partagé les services de renseignement entre les états d'Europe il rêve éveillé il ne connait rien à l'histoire de l'Europe il croit vraiment que les polonais vont partager leur renseignement avec les allemands non mais ça ne va pas il croit vraiment que c'est le grand amour entre toute une série de pays de l'Est il croit vraiment que les britanniques tant qu'ils sont encore dans l'Union Européenne vont nous filer tous leurs renseignements que le BND allemand qui est extrêmement fort va filer va jouer frangeux il propose d'avoir des listes transnationales pour les députés européens j'ai rappelé qu'il y a un article 14 dans le traité de l'Union Européenne qui prévoit que les élections européennes au Parlement Européen ce sont des listes nationales qui prévoit d'ailleurs que chaque état doit avoir au minimum six députés donc il est très probable que pour avoir des listes transnationales ça voudrait dire que les français ils aient une liste où ils puissent avoir je ne sais pas moi des députés français hongrois polonais belges donc déjà c'est très probablement contraire à l'article 14 du traité de l'Union Européenne en tout cas ça mérite une expertise juridique et donc s'il fallait modifier le traité c'est même pas la peine d'en parler mais même sans ça il est bien évident qu'il y a énormément d'autres états qui diront non d'ailleurs les français sont-ils d'accord est-ce que les français sont d'accord pour avoir ce genre de truc et puis il a dit également qu'il fallait qu'il y ait des militaires étrangers qu'ils soient dans l'armée dans les armées dans l'armée française les français sont-ils d'accord bref je ne vais pas y greiner ici tout ce que monsieur Macron a dit en réalité il a dit ceci sans demander l'avis des français et là on est quand même dans une situation qui est dramatique qui est même honteuse du point de vue de la démocratie je rappelle qu'en 1972 Georges Pompidou à l'époque président de la république française avait organisé un référendum auprès des français pour demander si les français étaient d'accord pour l'entrée du royaume-uni de l'irlande du Danemark et de la Norvège dans le marché commun de l'époque les français avaient d'ailleurs voté oui et puis ensuite la Norvège avait renoncé donc ils étaient entrés après ce référendum en 1972 il y avait eu donc l'entrée enfin en 1973 du royaume-uni qui va bientôt en sortir de l'irlande et du Danemark ça veut donc dire qu'à l'époque Georges Pompidou avait estimé que l'entrée du royaume-uni dans le marché commun qui était une trahison de la pensée de Charles de Gaulle qui avait toujours refusé l'entrée du royaume-uni dans l'Europe Georges Pompidou estimait que c'était une décision qui allait avoir un impact très important sur l'évolution de la construction européenne en quoi il avait raison et donc il avait demandé l'avis des français mais là c'est bien plus que l'adhésion d'un nouvel état membre là il s'agit de prendre des décisions tous azimuts de créer une Europe à la carte de créer un budget de la zone euro et il fait ça sans demander l'avis des français M.
Macron se prend pour une espèce de roi de droit divin car tel est mon bon plaisir tel est notre bon plaisir c'est comme ça que se terminaient souvent les décisions sous Louis XIV qui prenaient des décisions car tel est notre bon plaisir et bien voilà tel est le bon plaisir mais M. Macron n'a pas le droit n'a pas la légitimité de faire ces propositions qui engagent la France et les français pour potentiellement des décennies alors même qu'il n'a jamais présenté tout ça dans son programme j'ajouterai pour conclure sur cette affaire que en réalité M.
Macron avait prévu certainement avec Mme Merkel de faire ça dans la foulée de l'élection de dimanche dernier où Mme Merkel a été réélue pour un quatrième mandat ce qui est un tour de force en Allemagne mais elle a été très mal réélue l'information de dimanche dernier est très importante la CDU-CSU c'est-à-dire le parti chrétien-démocrate CDU c'est pour toute l'Allemagne sauf la Bavière et CSU c'est en Bavière la CDU-CSU a réalisé 33% des suffrages le plus mauvais score depuis la seconde guerre mondiale depuis 1949 lorsque l'Allemagne a récupéré sa souveraineté que les Américains ont rendu ensuite le SPD c'est-à-dire les socialistes ont réalisé 22% c'est également leur plus mauvais score ceux qui en revanche ont fait des bons scores c'est un peu les verts et surtout les libéraux du FDP et surtout Alternative für Deutschland qui est ce parti qui veut sortir de l'euro et qui est classé en France à l'extrême droite qui a fait des scores d'ordre de 22% dans les lenders de l'Est ça veut dire que Mme Merkel va être obligée de faire une alliance avec le FDP les libéraux or les libéraux ont déjà dit il est hors de question d'augmenter le budget de l'Union Européenne de payer pour les dettes des Italiens ou des Français hors de question d'avoir un budget de la zone euro quant à Alternative für Deutschland le poids ils entrent au Parlement avec 11 ou 12% des suffrages ça veut dire qu'en Allemagne comme dans tous les restes des pays de l'Union Européenne la pression monte pour démolir cette prison des peuples qu'il y a la construction européenne ça veut donc dire que M.
Macron son truc il le sort comme ça mais c'est complètement déconnecté de la réalité complètement déconnecté alors il y a Juncker Jean-Claude Juncker à Bruxelles qui a dit ben écoutez c'est un discours rafraîchissant rafraîchissant c'est pas une menthe à l'eau rafraîchissant ça veut dire en gros ben c'est gentil c'est un gamin quoi c'est quelqu'un qui ne qui fait un truc mais il sait très bien que c'est absolument impossible voilà comme aurait dit c'est Shakespeare dans Hamlet Much ado about nothing c'est à dire beaucoup de bruit pour rien tout ça les journaux en parlent aujourd'hui d'ailleurs dans tout le reste de l'Europe les gens n'en parlent à peu près pas il n'y a qu'en France on fait croire que ça a quelque importance que ce soit et puis tout ça ça fait dans des journaux et puis dans 2-3 jours on emballera les laitues ou les oeufs avec sur les marchés pour utiliser le papier M.
Macron a fait une opération de communication je crois qu'il faut vraiment de plus en plus falloir se poser la question de la santé mentale du locataire de l'Elysée
Cinquième et dernière question qui porte sur la situation en Catalogne situation qui s'envenime quelle est votre analyse à ce sujet ?
Alors c'est un sujet dont j'ai parlé depuis maintenant de nombreux mois et j'ai été notamment j'ai fait une conférence à laquelle je renvoie les personnes qui ne la connaîtraient pas qui est une conférence qui s'appelle sur les euro-régions que j'avais faite déjà depuis plusieurs années je l'avais notamment faite à Namur je crois elle est en ligne sur internet elle est là depuis plusieurs années en réalité malheureusement malheureusement tout ce que j'annonçais est en train de se produire c'est à dire que les autorités de Barcelone les autorités catalanes foncent vers l'organisation d'un référendum sur l'indépendance entre guillemets de la région catalogue dans le cadre de l'UE et naturellement et comme je l'avais annoncé également depuis plusieurs années le gouvernement espagnol ne peut pas tolérer ça parce que c'est contraire à la constitution du royaume d'Espagne et que l'armée espagnole notamment a juré lorsque les militaires prennent leur fonction lorsqu'ils entrent dans l'armée ils jurent de défendre jusqu'à la mort l'unité de l'Espagne on a donc un télescopage qui se produit entre des légitimités différentes il y a également des références politiques différentes et puis l'Europe là-dedans qui joue le facteur de désintégration c'est ça le problème qui se pose alors qu'est-ce qui va se passer normalement ce référendum doit avoir lieu dimanche prochain donc le 1er octobre et normalement on ne sait pas où ça va alors ce qui est vrai c'est que le gouvernement de Madrid a laissé s'envenimer la situation et puis il a tapé du poing sur la table probablement d'ailleurs sur la pression de la haute hiérarchie militaire espagnole il faut faire très attention à ce qui se passe en Espagne c'est un pays je rappelle quand même à ceux qui l'auraient oublié je n'arrive pas à le croire mais tout est possible que c'est un pays qui a connu une guerre civile atroce dans les années 30 en 1936 c'est un pays alors qu'il n'y a pas la même histoire que la France on a souvent parlé des Espagnes mais ça veut dire que le gouvernement de Mariano Rajoy a pris des mesures de plus en plus coercitives alors aux dernières nouvelles il a fait poser des scellés sur toute une série de bureaux de vote il fait en sorte d'interdire ils ont envoyé 10 000 soldats et forces de la police de la garde civile espagnole en Catalogne la police il y a quelques heures ou à l'heure même où j'allais commencer à parler la police a commencé à prévenir par des messages Twitter la population qui risquait d'y avoir des troubles et donc il est très probable que dimanche prochain il va y avoir des troubles en Catalogne il y a 700 maires qui avaient prévu d'organiser le référendum qui ont été interdits auxquels on a interdit on les a menacés de les mettre en prison des scellés ont été mis sur les bureaux de vote je le disais à contrario il y a des lycéens qui sont manipulés par des forces obscures qui ont décidé de se mettre en grève générale parce qu'ils veulent organiser le référendum enfin tout ceci est en train de s'enimer et de dégénérer j'espère pour l'Espagne j'espère pour nos amis espagnols que raison va être gardée mais on ne sait pas parce qu'il peut très bien y avoir aussi derrière tout ça des agents provocateurs est-ce qu'on imagine ce qui se passerait si à l'occasion de ces troubles qu'il va y avoir dimanche il y avait des manifestations des agents provocateurs et puis que ça se termine par des blessés voire un ou deux morts c'est l'ensemble de la société espagnole de l'unité de l'Espagne qui est en jeu et donc je rappelle que le point nodal de tout ceci c'est la politique des euro-régions et c'est également la charte des langues régionales et minoritaires que le gouvernant espagnol a signé puis ratifié bien relativement je rappelle que la France a signé cette charte mais n'a jamais ratifié cette charte parce qu'en France il faudrait reconnaître l'existence de plus de 60 langues régionales or je ne suis pas contre les langues régionales les gens peuvent bien entendu apprendre des langues mais à partir du moment où on donne un statut officiel à une langue à partir du moment où on dit en Catalogne il faut absolument que le catalan apprenne le catalan il ne s'est pas produit inexorablement ce qui s'est produit c'est à dire que de plus en plus la langue espagnole est bannie de Catalogne et puis dans la mesure où on donne de plus en plus de pouvoir aux régions en disant vous devez directement traiter avec Bruxelles et bien il y a un moment à partir duquel le président de la généralité de Catalogne se verrait bien président de la république catalane c'est un péril mortel pour les nations d'Europe qui ont parfois mille ans d'âge je l'ai dit je suis le seul sur la scène politique française à le dire ne croyez pas que cette menace ne menace pas la France il y a un risque parce qu'il y a des forces qui sont derrière de désintégration de l'unité nationale française le département des Pyrénées-Orientales que revendiquera d'ailleurs une éventuelle Catalogne indépendante il le revendique déjà allez sur Wikipédia voyez ce qu'ils appellent Catalogne à nord c'est à dire le département des Pyrénées-Orientales il veut le revenir sur le traité des Pyrénées qui avait été conclu par Mazarin en 1658 je crois de mémoire pareil pour la Corse pareil pour le Pays Basque pareil pour la Bretagne pareil pour l'Alsace etc c'est le démembrement de la République et le pire de tout ça c'est que les gens qui croient que c'est un mouvement de libération font fausse route d'une façon tragique parce que dans tous ces mouvements il s'agit de devenir indépendants dans le cadre de l'Union Européenne les Catalans disent nous on est une région plus riche on ne veut pas payer pour les régions plus pauvres de l'Espagne par exemple dans l'Estrémadour ou la vieille Castille d'abord ce n'est pas très sympathique comme mouvement spontané dire on est riche on n'a pas envie de donner pour nos compatriotes qui sont pauvres c'est exactement comme si la France dans l'île de France on disait écoutez on n'a pas envie de payer pour les Corses ou de payer pour l'Auvergne il y avait Raymond Barre il y a jadis qui avait fait un scandale en France en disant que la Corse coûtait je sais puis il avait dit 9 milliards de francs à l'époque à la collectivité nationale c'était un scandale en France il n'y a pas de peuple corse le conseil constitutionnel avait d'ailleurs invalidé un projet de loi du temps de Jospin qui parlait de peuple corse il n'y a pas de peuple breton il n'y a pas de peuple catalan il n'y a pas de peuple comment dirais-je basque il n'y a pas de peuple alsacien de même qu'il n'y a pas de peuple maghrébin marocain sénégalais la France ne reconnaît aucune communauté la France elle reconnaît le peuple français et d'ailleurs j'ai souvent eu l'occasion de le souligner j'en profite pour le rappeler que c'est quoi un breton moi j'ai un de mes 4 grands-parents qui étaient bretons bretonnants de Côte d'Armor enfin de Côte du Nord comme on disait à l'époque suis-je breton mes 3 autres grands-parents viennent du Tarn de Haute-Saône et celui dont je porte le nom mon grand-père paternel c'était du Loiret du centre de la France je suis quoi moi ?
est-ce qu'il va falloir un jour par exemple en Catalogne il commence c'est quoi un catalan d'ailleurs en Catalogne quelqu'un dont les 2 parents par exemple sont nés à Barso en catalan et dont les 2 autres les 2 autres grands-parents il y en a un qui vient de Galice et un dernier qui vient de l'Andalousie il est quoi ? va-t-il falloir bâtir des lois comme les lois de Nuremberg des nazis vous savez en partir de 1935 il y avait des lois qui avaient été édictées à Nuremberg des lois raciales qui disaient ce qu'était un juif il fallait avoir 3 ou je ne sais plus combien vous n'étiez pas juif est-ce que c'est la même chose qu'il va falloir faire ?
tout ceci sent très mauvais et j'ai déjà eu l'occasion de le dire et avec courage parce que moi j'ai du courage et je dis tout ceci ce qui se cache derrière c'est la démolition d'un état comme la république française qui est capable de résister au rouleau compresseur anglo-américain imaginez que Dieu nous en garde imaginez ce que serait l'éclatement de la république française ce que deviendrait une Bretagne indépendante dans le cadre de l'Union Européenne une Catalogne indépendante dans le cadre de l'Union Européenne une Corse indépendante une Wallonie indépendante une Flamme les Flandres etc.
indépendantes dans le cadre de l'Union Européenne les Catalans d'ailleurs s'ils devenaient indépendants d'abord ils ne seraient pas dans l'Union Européenne et pour y rentrer il faudrait le accord de l'Espagne qui refuserait mais la solidarité au lieu d'exercer avec l'extrévado ils l'exerceraient avec la Roumanie la Bulgarie et de toute façon toutes leurs décisions seraient prises par la Commission Européenne à Bruxelles par la Banque Centrale Européenne à Francfort et par l'OTAN depuis Washington croyez-moi nous devons nous serrer les rangs comme sous la Révolution française la France ne connait qu'un seul peuple le peuple français nous devons revenir aux fondamentaux de notre histoire nationale de notre solidarité nationale liberté égalité entre tous les Français fraternité entre tous les habitants de la République française
Cet entretien d'actualité est sur le point de s'achever alors avant de conclure avant le mot de la fin avez-vous d'autres sujets à aborder ?
J'ai beaucoup parlé je ne veux pas abuser d'autant plus que maintenant vous avez vu que sur notre site nous avons une revue de presse hebdomadaire qui est assez appréciée donc nous on redresse on analyse un certain nombre de faits qui ont pu vous échapper alors je ne vais pas commenter toute l'actualité mais là il y avait un certain nombre de points sur lesquels je tenais à m'exprimer je vous remercie de l'avoir écouté je vous donne rendez-vous vous savez que tous les mercredis j'enregistre l'entretien d'actualité qui est diffusé dans les 48 heures suivantes et puis le mercredi suivant c'est un direct avec nos adhérents vous avez vu que là j'ai remis la cravate pour l'entretien d'actualité peut-être que je la retirerai de nouveau pour le direct il y a eu des réactions il y a eu à la fois des gens qui ont trouvé ça formidable d'autres qui m'ont critiqué finalement il faut tout pour faire un monde je voudrais terminer en insistant sur le fait qu'il faut absolument que ceux qui s'intéressent réservent leur journée du 18 et 19 novembre donc c'est dans un peu moins de deux mois où nous tiendrons le samedi 18 novembre l'université d'automne enfin oui d'automne et le 19 novembre le congrès notre quatrième congrès de l'UPR tout ceci se tiendra en Indre et Loire notez-le il va y avoir beaucoup de monde nous aurons quelques surprises on aura des tables rondes qui seront tout à fait intéressantes il y aura des surprises pour tout le monde et puis c'est surtout pour tous les adhérents de l'UPR un merveilleux moment pour se retrouver tous en commun découvrir qu'il y a des centaines et même maintenant des milliers d'adhérents de l'UPR et que notre mouvement que cela plaise ou ne plaise pas est encore en train de grimper en nombre d'adhérents en notoriété et en influence sur la scène politique française vive la république
et vive la France ayez confiance retrouvez nos analyses nos propositions adhérez ou faites un don sur UPR.fr retrouvez-nous aussi sur Facebook pour partager des idées et participer au direct Twitter pour suivre les réactions de François Asselineau au jour le jour Youtube pour ne rater aucune de nos vidéos pour nous aider à rétablir la démocratie poussez-nous abonnez-vous partagez – Sous-titrage
François Asselineau