Moins de filles à l'X : Laura Chaubard répond
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Donc chers collègues, dans le cadre de nos travaux sur la thématique femmes et sciences entamé il y a près de 3 mois, je suis ravie d'accueillir ce matin Laura Chad, directrice générale de Polytechnique depuis 2022, elle-même ancienne élève de l'X promotion X99. Cher madame Chubard, je vous souhaite la bienvenue parmi nous et vous remercie pour votre disponibilité. Vous êtes la première femme à diriger l'école polytechnique et avez été avant cela docteur en mathématiques, ingénieur général de l'armement, experte en intelligence artificielle à la direction générale de l'armement, conseillère pour l'innovation et le numérique au cabinet de l'ancienne ministre des armées Florence Parli.
Comme vous le savez, notre délégation s'intéresse depuis plusieurs mois à la place des femmes dans les sciences. Notre mission vise à identifier les leviers d'action permettant de donner aux filles et aux femmes toute leur place dans les parcours et carrières scientifiques alors qu'elle ne représente encore qu'un tiers des chercheurs scientifiques et qu'un des ingénieurs de France. Cette sous-représentation féminine dans ces domaines est la conséquence d'une insuffisante orientation des filles vers les filières et spécialités scientifiques au lycée puis dans les études supérieures, mais aussi de différence de représentation et de résultats entre filles et garçons dès l'école primaire, en particulier en mathématiques.
En 2023, la France ne comptait que 13 % d'étudiantes universitaires diplômées dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, l'estime, contre 40 % d'étudiants diplômés. L'école polytechnique n'est pas épargnée par cette désaffection des filles puisqu'à la rentrée 2024, la proportion de femmes admises au concours du cycle ingénieur par la voie des classes prépa était de 16 % contre 21 % en 2023, soit une baisse de 5 points en 1 an. Nous vous savons très engagés sur cette question de la féminisation des filières scientifiques.
Vous avez par exemple mis en place des programmes de sensibilisation s'adressant au lycéen et vous vous êtes déclaré en faveur des quotas de filles dans les grandes écoles et les classes préparatoires. Comme vous, nous sommes convaincus que l'accroissement du nombre de femmes dans les sciences aura un impact sur la la réduction des inégalités salariales, sur la compétitivité des entreprises et sur notre croissance économique. Nos précédentes auditions nous l'ont bien montré.
Les défis sont nombreux et présents à tous les niveaux. celui de la famille, de la société dans son ensemble, celui du système éducatif, celui des différents paliers d'orientation dans l'enseignement secondaire et supérieur et celui des trajectoires professionnelles. Ellisabeth Borne a annoncé début mai un plan filles et math avec plusieurs mesures visant à féminiser les filières scientifiques et à redonner le goût des maths aux filles parmi lesquelles la sensibilisation et la formation de tous les professeurs au biais et stéréotypes de genre en sciences de l'école primaire jusqu'au lycée afin de mettre en place une une pédagogie égalitaire tout au long de la scolarité puisqu'on se rend compte que c'est dès l'école primaire dès le cours préparatoire que le décrochage se fait, la sensibilisation des parents à l'intérêt des filières scientifiques pour les filles puisque effectivement dans la prescription, les parents peuvent jouer un grand rôle et à des faux de prescription dans le frein.
Le renforcement de la place des filles dans les enseignements qui ouvrent vers les filières d'ingénieur et du numérique avec un objectif d'ici 2030 de 50 % de filles qui choisissent la spécialité MAT en première. et en terminale et de 30 % de filles dans chaque classe préparatoire scientifique. Enfin, la promotion de rôle modèle scientifique féminin pour changer durablement les représentations.
Certains aspects d'une politique publique ambitieuse pour accroître la part des femmes dans les filières scientifiques méritent sans doute d'être développé. Je pense notamment aux modalités de mise en œuvre des quotas de filles. À quelle étape de la scolarité seront-ils les plus efficaces ? comment les faire respecter à la mise en place de bourses pour engager les jeunes femmes à s'engager dans des parcours scientifique et à l'augmentation du nombre de places réservé aux filles dans les internats, à l'évolution des épreuves de concours, à l'adaptation des cursus au sein des grandes écoles permettant d'encourager les passerelles entre les filières scientifiques ou encore à l'importance d'une réelle politique de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. que ce soit à l'école, au grand dans les grandes écoles, dans les universités et partout où les filles n'osent plus aller.
Sur ce point particulier, l'École polytechnique organise depuis 4 ans une enquête interne sur l'ampleur des VSS parmi la population étudiante. Cette enquête a fait l'objet d'une publication détaillée et complète en 2024, mais pas en 2025. Alors, pas notre connaissance en 2025, année pour laquelle la synthèse publiée était parcellaire et a de ce fait susciter des critiques parmi les élèves qui nous ont été relayés.
Donc, vous nous expliquerez cela sur ces sur tous ces sujets. Il nous a donc semblé essentiel avec les quatre rapporteurs Marie Dochliman, Josine Antoine, Lord Arcos et Marie-Pierre Monier. Marie Dochliman vous priant d'excuser son absence, donc de vous entendre.
Cher Laura Chouard, je vous laisse sans plus tarder la parole et proposerai ensuite au rapporteur de vous interroger. Madame la présidente, mesdames les sénatrices, merci pour cette invitation à m'exprimer sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur et sur lequel effectivement l'école polytechnique est engagée depuis 10 ans et je dois rendre là hommage à mes prédécesseurs qui se sont saisis du sujet bien avant moi. Les chiffres, madame la présidente, je ne vais pas revenir dessus, vous les avez rappelés, ils sont préoccupants.
Les effets de la réforme du lycée sont encore sous observation puisque elle est assez récente et et provoque des ajustements dans les comportements d'orientation des jeunes femmes, des jeunes hommes et des familles. Mais à minima, on peut affirmer qu'on ne va pas vers une nette amélioration, voir que les les chiffres des dernières années sur l'intégration dans les écoles d'ingénieur en général et les classes préparatoires sont plutôt préoccupants. Euh alors, pourquoi est-ce et c'est une question qu'on me pose régulièrement, les femmes font des choix d'orientation différentes de celles des hommes.
Elles sont plus attirées par les métiers du soin. Enfin, on entend ça régulièrement. Pourquoi est un problème ?
Euh à l'échelle individuelle, évidemment, tous ces choix de carrière sont valorisables et valorisants. Pour moi, cela pose des deux questions préoccupantes à l'échelle collective. D'abord, aujourd'hui, les carrières scientifiques et d'ingénieur sont extrêmement valorisantes socialement, intellectuellement, financièrement également.
Donc, ce sont des voies d'émancipation euh individuelles. Euh elles sont au cœur d'enjeux technologiques majeurs pour notre pays et pour l'Europe et les femmes en sont majoritairement absentes. Donc c'est un euh c'est un des voies particulièrement valorisantes.
Il y a plus de place en école d'ingénieur que de candidats au concours, pas à l'école polytechnique mais sur l'ensemble d'écoles des écoles d'ingénieur. et les femmes s'en écartent massivement pour aller vers des des secteurs tout aussi compétitifs. He les études de médecine sont des études extrêmement compétitives euh et certes magnifiques professions mais pas plus valorisantes en tout cas socialement et financièrement.
Et puis c'est un enjeu, vous l'avez dit hein, de souveraineté et de puissance économique pour la France. Il manque des dizaines de milliers d'ingénieurs sur le marché du travail. Nous avons nous nous sommes dans une période de bouillonnement technologique absolument inédit avec l'émergence rapide de l'IA qui accélère le développement technologique et le progrès scientifique dans tous les domaines.
Euh la révolution quantique n'est pas loin derrière. Donc, on va avoir besoin euh d'ingénieur pour assurer euh la l'autonomie stratégique euh et le développement technologique de la France et de l'Europe. Alors, face à cette situation, qu'est-ce qui est déjà fait ?
Vous l'avez rappelé, l'IX s'est engagé depuis 10 ans dans des actions de terrain visant à promouvoir les filières scientifiques spécifiquement auprès des des jeunes femmes. Nous ne sommes pas tout seuls à le faire. Euh euh beaucoup d'autres établissements d'enseignement supérieur et de recherche scientifiques sont engagés dans mêmes actions et nous ne le faisons pas tout seul évidemment, nous le faisons au côté des associations les plus engagées sur ce sujet des territoires aux grandes écoles filles et mat une équation lumineuse en il y a vraiment des acteurs de terrain avec des actions remarquables.
Du côté de l'École polytechnique, nous avons une équipe dédiée à l'égalité des chances à la fois pour euh augmenter la parité dans nos recrutement euh mais également la diversité sociale. C'est pas le sujet d'aujourd'hui, c'est aussi un sujet de préoccupation. Euh alors cela passe par des actions d'incarnation, de de d'inspiration et de promotion des filières scientifique.
Tous nos élèves de première année euh quand ils sont en stage de formation humaine et militaire réparti sur le territoire vont en binôme dans deux établissements scolaires, collège ou lycée pour parler des filières scientifiques et et des attraits qui leur ont trouvé. Ils y vont de plus en plus avec des alumnies de l'école pour incarner ce que c'est qu'être ingénieur parce que c'est pas toujours clair quand on est au collège ou au lycée et qu'on a pas un repère familial de ce qui est être ingénieur autour de soi. Euh nous mettons aussi en place depuis plusieurs années de nombreuses actions de tutorat mentorat avec des cibles spécifiques sur les jeunes femmes. tutora mentora qui est réalisé à la fois par nos élèves et étudiants, par nos enseignants chercheurs également pour amener à une découverte des sciences par la recherche qui est complémentaire de la formation scientifique au lycée et au collège.
Et puis nous accueillons de nombreux élèves sur le campus collégien lycéen, soit dans des camps de sciences pendant l'été avec là aussi des cibles sociales et de parité très clair ou à l'occasion d'événements et notamment la fête de la science où nous accueillons plusieurs milliers de collégiens et lycéens. Euh alors, est-ce que c'est efficace ? Euh à l'échelle individuelle, il y a de de formidables histoires et nous avons encore dans les deux dernières promotions des jeunes femmes et des jeunes hommes euh issus de de milieux dans lequel l'environnement n'était pas propice à la poursuite de d'études scientifiques euh qui sont passés par ces programmes de tutor mentoraat qui ont intégré euh l'X en l'occurrence mais on a aussi des exemples à Télécom Paris et dans d'autres écoles ou à l'ENS euh et qui nous disent "C'est vraiment à l'occasion de ces stages, de ces rencontres que euh j'ai formé euh ma décision de poursuivre des études scientifiques." Donc ça, on est effectivement ravi.
Mais je pense que collectivement, on peut pas s'arrêter là. Les chiffres sont têtus. Euh l'évaluation de ces actions est difficile.
Je sais qu'une évaluation est en cours des du programme des cordés de la réussite. Le suivi des cortes est particulièrement difficile dans dans euh dans ce type d'action. Et globalement à l'échelle nationale, on voit que les progrès ne sont pas notables sur la féminisation des des carrières scientifiques.
Ce qui ce qui m'amène à me demander si on comprend réellement les mécanismes d'évitement et de billets d'orientation genré euh et je pense que la réponse aujourd'hui est non. On ne comprend pas. Ils sont évidemment multifactoriels, extrêmement ancrés dans notre société.
Euh et aujourd'hui euh malgré beaucoup d'actions déployées, de nombreux acteurs, euh le le faible effet de ces actions à l'échelle collective, je le répète, montre qu'on ne comprend pas bien où se forment ces ces billets d'orientation. C'est pourquoi on on a pris la décision d'orienter aussi notre action vers la recherche. Aujourd'hui, les parcours scolaires des des écoliers, écolères, collégiens, collégiennes est fortement numérisé.
Nous avons de la donnée sur les établissements qu'ils ont fréquenté, les les choix d'option qu'ils ont fait, leurs absences, les absences de leurs professeurs et cetera. Et évidemment le développement de de l'IA peut nous aider à analyser ces données. Nous lançons un projet de recherche dans ce sens en partenariat avec l'éditeur de Pronote pour essayer de détecter à quel moment ces billets se forment, arriver à les qualifier.
Et je je le rajoute parce que euh il y a déjà des instituts de recherche qui travaillent sur ces sujets, notamment l'Institut des politiques publiques qui est une référence euh en matière d'économie de l'éducation avec lesquelles nous travaillons euh activement. Euh, ils ont euh qui apportent des éléments, des hypothèses de compréhension. Je voudrais citer deux études récentes de l'Institut des politiques publiques. la première il y a un an et demi qui montrait qui qui était une expérimentation dans laquelle on donnait à une coorte de candidats à parcours supè qui avaient les mêmes résultats que et elles avaient fait comme choix et avaient obtenu comme comme cursus d'enseignement supérieur et ont comparé leur propre choix à une coorte qui n'avait pas cette information.
Et bien dans la corde qui avait cette information, les jeunes femmes ne faisaient des choix plus sélectifs, plus ambitieux, plus orientés vers les carrière scientifique. Euh et de la même façon, mais pour avec des mécanismes assez différents, les jeunes hommes et femmes issus de de milieux moins favorisés. Euh la deuxième étude que je vous ai cité, elle est parcue très récemment euh et sur le le la réussite des jeunes femmes en classe prépa scientifique et l'étude de l'Institut pas l'Institut Polytechnique, pardon, l'Institut des politiques publiques euh euh témoigne du fait que même quand elles sont rentrées en classe prépa, elles ont moins de chance de réussir euh statistiquement euh que les jeunes hommes en classe préparatoire. l'étude s'arrête là et euh et on est très tenté de demander pourquoi.
Et quand je dis qu'on ne comprend pas bien parce queon peut se dire ben elle rentre avec un niveau différent, elle la pédagogie de des classes prépa n'est pas adaptée aux jeunes femmes. Ou alors quand elle se retrouve à 4 sur 50 dans une classe prépa étoile, les plus sélectives qui préparent au meilleur concours, ben il y a des phénomènes d'isolement, de moindre émulation, peut-être de mal-être qui peuvent apparaître et qui peuvent affecter le leur performance. J'ai mon idée sur ces sur ces trois hypothèses, mais aujourd'hui euh je pense urgent d'expérimenter d'expérimenter, de dépasser les les raisonnements et les hypothèses, j'allais dire de comptoir parce que en tout cas moi j'en discute très souvent et et avec des gens qui ont des perceptions et des des hypothèses différentes qui sont toutes euh potentiellement théoriquement pertinente.
Il est urgent d'expérimenter et je trouve que nous sommes trop frileux à le faire dans le système français d'expérimenter des quotas. Je ne sais pas si ça sera la solution, j'en ai j'ai l'intuition que ça aura un effet positif mais peut-être pas. d'expérimenter pourquoi pas euh des classes non mixtes.
Je sais que le le proviseur d'un d'un grand établissement de classe préparatoire extrêmement prestigieux réfléchit à rassembler en tout cas rassembler, je vais lui laisser la la primeur de de l'annonce s'il va au bout de sa démarche euh à rassembler les jeunes femmes qui sont en prépar étoile dans une même classe pour qu'elles ne soient plus quatre par classe mais 20 ou 25 dans une même classe et qu'elle constitue un noyau de de de solidarité de camaraderie de voilà de de dialogue, mais il hésite, il hésite tant les réactions peuvent être fortes. Euh il hésite tant euh on on brandit assez vite des obstacles réglementaires voire législatifs voire constitutionnels à ce type de mesure face à l'égalité d'accès à l'enseignement supérieur et au concours de la fonction publique pour ce qui concerne le concours de l'école polytechnique. Je je pense vraiment qu'il y a là un verrou peut-être législatif mais aussi [Musique] idéologique à faire sauter.
Je je rappeler à la sénatrice Lord Darcos que il y a quelques dizaines d'années, il y avait euh des écoles normales féminines, des écoles normales masculines avec un nombre de places de chaque côté. ça ressemble drôlement à un quota et que nous avions la même constitution. Donc je pense qu'il y a des moyens, des voies réglementaire et législative s'il le faut pour expérimenter se donner les moyens de mieux comprendre dans quel cadre les femmes réussissent mieux euh et dans quel cadre elles sont confrontées à à l'échec ou à l'évitement.
Euh j'ai été sur cette question des classes non mixtes et des cursus non mixtes qui bien sûr peuvent être perçu comme un retour en arrière qui n'est pas forcément souhaitable. Euh je voudrais quand même euh citer euh Nicole Elcaroui qui est une grande mathématicienne française euh la la papesse de la de la mathématique financière qui a créé à elle seule toute une toute une école de la mathématique financière euh en France et qui euh était normalienne et qui euh racontait il y a peu que quand dans les années 80 une femme prenait la parole dans une conférence mathématique de premier plan, on savait que c'était une française parce que l'école normale avait créé cette filière de femmes extrêmement brillantes en mathématiques et que les autres pays n'avaient pas cette cette chance. Aujourd'hui, à l'école normale en math, je ne connais pas le pourcentage exact mais enfin, il doit pas être loin de celui de l'école polytechnique, même peut-être un peu en dessous puisque les filières matteuses sont les moins paritaires.
Voilà. Un autre point donc vraiment je j'insiste sur le fait de trouver des moyens d'expérimenter pour mieux comprendre parce qu'aujourd'hui on on est tous et toutes extrêmement préoccupés par la situation mais les actions qu'on a mis en place visiblement n'ont pas l'effet de levier qu'elle qu' quel qu'elle que nous espérons. Le deuxième point sur lequel j'aimerais insister, c'est l'enseignement des mathématiques.
Et en cela, je je j'applaudis le le plan Fle Math annoncé par Ellisabeth Borne. Je pense qu'effectivement l'enseignement est un point de cristallisation de de ces billets d'orientation genré à la fois parce que la France est un pays de mathématique. C'est c'est paradoxal quand on entend chaque année la litanie des des classements PISA qui nous alerte sur le niveau moyen en mathématiques.
Mais la France est une un grand pays mathématique. Elle a formé de de très grands mathématiciens et mathématiciennes. Elle est au premier à la première place mondiale du nombre de médailles fields à égalité avec les États-Unis.
Euh et la culture mathématique est profondément encrée en France. Euh c'est le l'approche française des sciences que de les aborder par les mathématiques. C'est pour ça qu'on est aussi très fort en physique quantique parce que c'est un une théorie extrêmement mathématisé.
Euh et c'est un critère de sélection très fort, très fort qu'on le veuille ou non. on est resté très attaché euh à la sélection par les mathématiques. Personnellement, j'y suis aussi attachée mais enfin en tout cas ce n'est pas neutre en terme de genre puisqu'on voit que les mathématiques cristallisent les évitements d'orientation des femmes.
Elles sont trois fois moins nombreuses à choisir aujourd'hui l'option math qu'elle ne l'était à choisir une première scientifique. et elles sont plus nombreuses à abandonner l'option math en première que que les garçons. Vous l'avez dit madame la présidente, des études montrent que ce cette projection différente dans les mathématiques, cette projection genrée dans les mathématiques remonte à l'école primaire.
Euh et je pense vraiment que l'effort est à mettre sur l'enseignement des mathématiques à l'école primaire, la formation des enseignants, alors à la pédagogie non genrée, c'est très bien, mais aux mathématiques euh puisque on demande beaucoup de choses au au aux enseignants et aux enseignantes parce que c'est une grande majorité de femmes du primaire. Euh on leur demande à la fois d'enseigner le code de la route, l'éducation affective, les et les mathématiques. Or pour beaucoup, elles n'ont pas dans leur cursus académique suivi une formation scientifique qui leur permett de comprendre les programmes de mathématiques, évidemment, qu'elle est qu'elle les comprennent, mais d'avoir le le recul suffisant sur le les mathématiques pour les inscrire dans une perspective de d'apprentissage de la construction, du raisonnement, de la démarche scientifique.
Euh ces ces notions sont trop peu présentes euh à sont trop peu présentes à l'école primaire euh où les mathématiques sont sont enseignés comme une somme de connaissance plutôt que comme une démarche et une construction. Euh et effectivement, je pense que l'apprentissage de l'abstraction comme dans les matières artistiques est essentiel aussi dans la construction euh des des jeunes écoliers et écolières. Euh voilà donc les les deux sujets sur lesquels j'espère qu'on puisse faire bouger les choses dans les prochaines années, c'est l'expérimentation et l'enseignement des maths à l'école primaire.
Euh je pense qu'il faut aider l'école publique. Euh il est entendu que les euh professeurs des écoles euh accepte de l'aide en musique, en sport avec des interventions extérieures de gens formés. Euh je pense que on en est à ce point en mathématique et il faut absolument apporter des forces en mathématiques à l'école primaire.
Puis je conclurai sur la sur la sur le point sur les violences sexistes et sexuelles. Euh c'est malheureusement un phénomène persistant dans l'ensemble de la société française, même si les différents mouvements mit tout et assimilés ont on ont on ont on ont fait progresser à la fois leur visibilité, leur prise en compte euh et leur leur dénonciation. Euh la population étudiante est loin d'être épargnée.
L'École polytechnique non plus. Euh nous sommes néanmoins la seule école d'ingénieur à à faire depuis 4 ans cette enquête systématique et en publier les résultats. La synthèse qui a été publiée et postée dans notre salle de presse cette année contient le même détail, le même degré d'information que celle des années précédentes.
Euh en revanche chaque année, les élèves me posent la même question et veulent avoir accès à l'intégralité des résultats. euh question par question, cursus par cursus euh et chaque année, je leur réponds non. Je vais vous expliquer pourquoi.
Euh cette enquête, elle est anonyme et elle nous un lien enfin la première promesse de cette enquête, c'est de préserver la confidentialité de ceux qui y répondent. Elle ne sert donc pas à instruire les cas de VSS. Euh je je dépose un article 40 chaque année après cette enquête, mais euh elle ne sert pas à elle ne sert pas à instruire euh les cas individuels puisque par définition les déclarations sont anonymes.
Elle sert à deux choses. Euh elle sert chaque année à remobiliser l'ensemble des acteurs de l'école et j'espère un peu plus largement de l'enseignement supérieur sur la question et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. elle sert à mobiliser les élèves en disant ça ne concernait pas que la promotion précédente.
C'est dans votre promotion, ça se passe sur notre campus, c'est autour de vous. Et puis elle sert à suivre dans le temps euh nos actions, à les ajuster, à nourrir aussi le groupe de travail que nous avons avec les élèves sur ce sujet depuis 4 ans. À faire évoluer nos dispositifs de sensibilisation, de prévention, de signalement et d'accompagnement des témoins et des victimes.
C'est pour ça que je me méfie beaucoup des des restitutions qui peuvent aller dans les petits nombres quand les élèves réclament et ils le réclament chaque année. un tableau complet avec l'ensemble des réponses question par question, cursus par cursus, on arrive très vite à des petits nombres qui compromettrait le l'anonymat finalement des des personnes qui ont témoigné ou signalé au travers de cette enquête. Donc c'est pour ça qu'on publie une synthèse agrégée mais néanmoins détaillée question par question.
Encore une fois, nous sommes, je crois et la seule école à le faire chaque année, euh à le faire en interne, mais également dans notre salle de presse qui donne chaque année à des articles euh forcément désagréables à lire, hein. Je préférais qu'il n'y en ait plus euh sur les les violences sexistes et sexuelles à l'École polytechnique. Pour autant, c'est une ligne que nous assumons, que notre ministère de tutelle, ministère des armées, assume à nos côtés parce que pour moi, c'est le seul moyen qu'on en parle chaque année et qu'on continue à avancer sur ces sur ces sujets.
Euh je vais m'arrêter là parce que j'ai oublié ce que je voulais dire. Merci. Non, mais c'est euh c'est moi qui vous remercie.
Vous disiez pour terminer sur ce sujet euh que vous déclenchiez un article 40 à chaque fois et vous avez vous arrivez à avoir un suivi. C'est qu'est-ce qui se passe quand vous déclenchez l'article 40 ? Est-ce qu'il y a des conséquences réelles ?
Alors, pas sur cette enquête parce qu'elle est entièrement anonyme. Donc pas sur cette enquête. En revanche, nous avons une plateforme et une cellule de signalement qui recueille des témoignages.
Et lorsque nous avons donc suspicion de d'un crime ou d'un délit, nous déclenchons un article 40. Nous accompagnons aussi nos élèves à la gendarmerie pour porter plainte dans certains cas. Euh et oui, il y a des enquêtes qui sont euh qui sont menées euh par la suite.
Je je vais quand même plus loin puisque les enquêtes sont menées par la suite. Et vous faites quoi de l'élève en question ? Alors, au niveau de l'école de Oui.
Euh au niveau de l'école, euh nous prons prenons euh euh très rapidement des mesures conservatoires euh et déclenchons euh lorsque c'est euh pertinent euh une enquête de commandement, enquête administrative dans le cadre militaire euh afin d'arriver à des mesures disciplinaires dans le cadre de l'école. Euh donc mesures conservatoires euh ça peut aller euh de la euh la séparation euh physique de euh de la victime présumée et de l'auteur présumé euh sur le campus, de l'interdiction de fréquenter les mêmes cours, de l'interdiction pour l'auteur présumé euh de de participer à la vie associative euh et au lieu de euh de convivialité de l'école Ça peut aller jusqu'à la suspension le temps de l'enquête. Et puis à l'issue de l'enquête administrative, là on a toute la gamme de de sanctions disciplinaires.
Je je je dois dire que en réalité les cas où il est où il est le plus simple de sanctionner, de prendre des mesures rapides sont les cas les moins graves qui se passe souvent en public de d'atteinte sexiste, que ce soit parole ou ou physique, d'agression sexuelle euh qui se passe devant témoins dans des soirées et cetera. Là, c'est très facile pour nous euh d'agir quand on va sur des faits beaucoup plus graves euh d'agression sexuel ou de viol qui se passe en général dans la sphère privée des élèves, même si la sphère privée est sur le campus, donc je municipal, euh il est souvent beaucoup plus compliqué pour l'école d'agir euh et de et de préempter euh l'enquête judiciaire qui doit qui doit avoir lieu. qu'on prend des mesures conservatoires, on prend beaucoup plus rarement des sanctions dans ce cadre-là par difficulté à établir la matérialité différent.
Alors, je vais changer le sujet en posant une dernière question avant de passer la parole à au rapporteur. Quel est le pourcentage de filles qui se présente au concours polytechnique ? Alors, ouais, vous êtes dans un concours commun ?
Non, on est pas Oui, avec les ENS et et le SPCI euh et le pourcentage de filles et ensuite le pourcentage de filles à l'arrivée. Oui. Alors, c'est la question est un tout petit peu complexe parce qu'en fait, on dit le concours mais on a autant de concours que de filières.
Donc, il faut faire un bar un un un baricentre entre le nombre de places et cetera. Euh vous l'avez dit, on était autour de 20 21 % de filles admises et euh ces dernières années, ça correspondait au pourcentage pondéré de candidates euh à à l'école polytechnique euh selon nos différentes filières. Donc euh on était insatisfait de ce chiffre mais à la fois satisfait du fait que les femmes réussissaient aussi bien le concours que les hommes. 20 % de candidates, 20 % d'admnises.
L'année dernière a été un décrochage dans cette symétrie. Euh le encore une fois en faisant la la moyenne pondérée des candidates, on était autour de 18 %. Donc c'est déjà en dessous des des 20 % et après admission nous étions à 16 %.
Donc là aussi il y avait un décrochage, double décrochage entre le nombre de candidates et le nombre d'admises. Je dois néanmoins nuancer ces chiffres. Enfin nuance non, il il reste vrai.
Mais euh en rappelant que l'école polytechnique accueille aujourd'hui 4000 élèves et étudiants dans le cycle ingénieur mais pas que dans dans le programme bachelore, dans les programmes de master, dans les programmes de doctorat et qui sont l'ensemble des cursus alors que le cycle ingénieur est le programme qui comporte le plus d'élèves. Donc il a un point fort dans cette moyenne. Sur l'ensemble des cursus, nous sommes autour de 30 % de femmes.
Ça veut dire que dans les autres cursus et qui recrutent beaucoup à l'international euh on arrive à attirer euh des jeunes femmes brillantes à l'école polytechnique. Très bien mesdames. Laquelle se lance ?
Joseline Antoine B sur le sujet que vous venez d'évoquer euh on voit que il y a de multiples mesures qui sont prises depuis de nombreuses années et en s'intéressant à la question. Je veux dire, c'est pas une question euh femme et science n'est pas une question euh d'aujourd'hui. Vous y travaillez déjà depuis plusieurs années.
Comment vous pouvez expliquer que malgré cela euh vous ayez ce décrochage que vous citez à la fois sur le nombre de candidates au concours et le nombre de candidates reçus ? Deux fois de points si j'ai bien compris. Et euh donc on met de plus en plus de choses en place et en fait on a de enfin les chiffres sont toujours plus mauvais quelque part, on s'en rend bien compte, il y a un vrai décrochage et euh je voudrais avoir votre analyse sur al bien sûr, vous l'avez dit, elle est multifactorielle et cetera, mais voilà.
Est-ce qu'il y aurait deux trois points sur lesquels on pourrait vraiment agir de façon à endiguer endiguer cette courbe ? parce qu'en fait on est sur une courbe descendante là et est-ce que vous avez des pistes en la matière ? Alors oui, d'abord je vous vous rappeler que effectivement les les résultats de l'année dernière sont très préoccupants.
Ils sont préoccupants à l'X mais dans les autres école d'ingénieur également. En revanche, on peut pas dire que dans les si on prend un peu de recul dans les dernières décennies, la cour soit descendante. Vous l'avez rappelé, je suis moi-même issu d'une une promotion de polytechniciens, nous étions 10 % de femmes il y a 25.
Euh donc, on est passé d'une moyenne de 10 % à une moyenne de 20 %. C'est absolument pas satisfaisant. Et à ce rythme-là, on sera encore là, enfin nos successeurs seront encore là à discuter de ce de ce sujet euh dans 50 ans.
Mais euh néanmoins, il y a eu plutôt euh une amélioration dans les dernières décennies. Je vais être très prudente sur le l'interprétation des chiffres de l'année dernière. D'abord parce que une année, ça fait une série statistique assez limitée.
Ensuite, parce que je l'ai dit et et là aussi je suis prudente, je ne tire pas à Boulet Rouge sur la sur la réforme du baccalauréat. Elle a des effets qui sont encore sous observation, qui sont encore euh incertains dans les dans les dans les conséquences que ça a sur les comportements des familles, des élèves, des enseignants, des chefs d'établissement euh qui sont tous prescripteurs de de l'orientation. Et en fait cette réforme n'a pas encore été digérée et euh certains chefs d'établissement vont avoir un discours, j'allais dire un peu naïf sur l'orientation en disant il faut que les élèves prennent les options qui leur plaisent.
Tout tous les doublés, tous les triplets sont ont les mêmes vertus. Or, on sait qu'en matière d'orientation de l'enseignement supérieur, ce n'est pas vrai et que aussi passionnante soit la combinaison entre la biologie et la musique, euh en matière d'orientation, c'est plutôt pénalisant. Voilà.
Et ça, c'est quand même un discours qui n'a pas été tenu dans les premières années de la réforme du baccalauréat. Euh donc ça ça ça va s'ajuster, c'est en train de s'ajuster. Les familles prennent conscience que tous les choix ne se valent pas en matière d'orientation.
Les élèves prennent conscience euh et donc ça c'est un effet transitoire, il me semble. Euh et puis l'éducation nationale a aussi, j'allais dire corrigé le le tir sur l'enseignement des maths en réintroduisant des heures obligatoires euh en en première, en introduisant et c'est c'est c'est à venir une épreuve de mathématique euh obligatoire au bac anticipé en en première également. Donc on est dans une période de transition.
Ce qui est sûr, c'est que les premiers effets euh en matière de de parité, c'est qu'on a on a demandé aux femmes de faire le choix des maths alors qu'avant on leur donnait le choix entre une filière littéraire et une filière scientifique. Or, les femmes font des sciences, elles font massivement des sciences de la vie. Elles s'orientent massivement vers les les filières de santé médicale.
Mais là, on leur a demandé "Est-ce que vous voulez faire des maths Et pour toutes les raisons qu'on a esquissé euh à cette à cette question, elle répondent plutôt non plus massivement que à la question "Est-ce que vous voulez faire des sciences ?" Donc en en forçant le choix des maths, finalement euh on on on a vu un phénomène d'éviction massif. Et donc je je reviens à à ce que je pense être la vraiment le le sujet principal qui est les premiers contacts avec l'enseignement mathématique à l'école primaire et comment on on donne à voir ce que peut être l'apprentissage, la pratique des mathématiques.
Une pratique à la fois créative qui structure la pensée et le rapport à à la vérité. Euh pour évidemment les scientifiques mais également pour tous les citoyens. C'est je fais une étude sociologique sur l'ensemble des scientifiques que nous auditionnons.
Est-ce que à la fin de la seconde vous avez hésité, vous saviez déjà que vous vouliez aller faire des sciences ? Moi, il y a 25 ans. Oui.
Il y a 30 ans, pardon, je me rajunis un peu. Euh euh ou est-ce que vous avez pris parce que ça vous permettait de tout faire ensuite ? Euh donc, j'avais un goût pour les mathématiques.
Après, j'étais une élève assez équilibrée euh entre littéraire et et euh et scientifique. Je n'ai pas hésité sur la première. En revanche, l'orientation postbac euh j'aurais pu aller vers une filière plus euh équilibrée entre math et et matière littéraire.
Et d'ailleurs, j'ai beaucoup apprécié de retrouver à l'École polytechnique la possibilité euh euh de d'étudier la philosophie, l'architecture, le cinéma, les langues vivantes qui qui sont peu présentes en classe préparatoire scientifique. Mesdames, Marie-Pierre Meer. Oui, merci.
Merci pour vos propos. C'était fort intéressant et on voit toute l'analyse que vous avez faite et le travail que vous faites pour que les choses changent. C'est important.
Euh je rejoins ce que vous avez dit sur l'école primaire. Moi, j'étais enseignante en mathématiques au collège, un peu au lycée. Et c'est vrai que c'est important dès l'école primaire qu'on qu'on arrive à avoir des gens très pédagogues à la fois sur le sens bruction des nombres, le sens des opérations et arriver à abstraire, c'est très dur mais c'est aussi comme ça que ça se passe quand on fait des études mathématiques et et donc il faut avoir des gens qui arrivent à vulgariser quelque chose qui au fond est assez compliqué.
Et donc en effet la formation, je crois qu'il faut il faut vraiment y revenir. Je voulais revenir sur les quotas. Vous avez dit que vous étiez d'accord et la ministre a annoncé la mise en place de je crois un minimum de 30 % de filles.
Euh c'est la la cible à l'entrée des CPGE. Moi, je voulais savoir si c'était su considériez ça comme suffisamment ambitieux et est-ce que vous avez été donc c'est déjà commencer à être associé à la concertation qui s'engage sur ce sujet ou pas parce que vous êtes quand même bien identifié là-dessus. Votre école a quand même le enfin les élèves ont le statut militaire, les élèves de polytechnique.
Est-ce que vous pensez que ça peut constituer un frein supplémentaire dans la projection des jeunes filles à poursuivre un cursus au sein de votre école au regard des stéréotypes de genre qui reste encore nombreux associés à l'armée ? Si oui, quelle prise en compte de cet aspect dans la communication de l'école et de sa promotion et sa promotion auprès des potentiels futurs étudiantes ? vous avez dit que vous receviez tout à l'heure des sur le campus des jeunes lycéens, des jeunes collégiens ou collégiennes ou lycéen.
Est-ce que vous vous allez aussi dans des établissements ? Est-ce que vous développez le le aller vert ? Est-ce que vous avez ça ?
Euh et puis qu'est-ce que j'avais encore à vous dire ? les chiffres là, vous avez dit donc que c'était sur la 7 l'an dernier à la rentrée, c'était je crois 18 % avant c'était 21 %. Est-ce que vous avez une projection sur une décennie, deux décennies ?
Est-ce que globalement sur l'école vous avez vu une amélioration de la place des des filles ? Et est-ce que vous êtes sensibilisé sur le mentorat ? Enfin, vous avez vraiment institué.
Comment faire que les filles aussi qui sont dans votre école se sentent bien ? On a bien compris comment ça pouvait être compliqué pour des filles qui choisissent des filières où il y a beaucoup de sciences, particulièrement des mathématiques. Vous avez dit pour qu'elle se sente bien et qu'elle voilà.
Est-ce que vous accompagniez cela ? Merci. Alors euh j'ai j'ai noté mais je vais répondre peut-être dans le désordre sur les actions qu'on met en place vers les établissements et et le mentorat.
Donc oui, aujourd'hui on a plusieurs centaines d'établissements partenaires sur le territoire en en métropole, en Outre mer. Euh notre façon de constituer ce réseau, c'est grâce au fait que nos élèves en première année en stage de formation militaire sont répartis sur le territoire. Il passe plusieurs mois dans les armées ou dans des associations civiles ou dans des établissements scolaires en stage dans les quand ils sont dans les établissements scolaires, ils font à la fois du soutien scolaire mais également du mentorat tutora en science.
Euh donc ce ce pendant qu'ils sont en stage de formation humanilitaire partout sur le territoire, ils vont dans les lycées euh et dans les collèges en binô avec de plus en plus un ancien élève. Ça s'appelle l'opération Monge euh en en référence au fondateur de l'école qui avait lui-même parcouru le territoire pour aller dénicher les élèves les plus doués euh en science et constituer la première promotion de l'école polytechnique opération Monge. Euh c'est 500 établissements scolaires qui sont ainsi touchés chaque année.
Et sur l'ensemble de nos actions, c'est 25000 jeunes qu'aujourd'hui on a on touche chaque année avec nos actions à la fois de d'information, d'inspiration mais aussi de mentorat tutora. Donc mentora Tutora, ça prend plusieurs formes pour les collégiens lycéens. On travaille euh avec plusieurs associations, avec l'association Télémaac qui fait un travail remarquable, avec l'association du territoire aux grandes écoles.
Euh également, on mène des actions de tutor mentorat donc dans les établissements pour les élèves qui sont affectés en stage en en visio tout au long de l'année avec nos enseignants chercheurs qui donnent des cours de mathématiques ou de physique avec une approche proche de la de la recherche pour faire découvrir les sciences. Autrement euh et puis sur le campus euh avec ces ces camps de sciences euh qui sont à parité homme-femme euh avec des critères euh sociaux ou d'environnement également et euh qui mêlent des cours scientifiques par des profs de classe préparatoire, nos enseignants chercheurs, mais aussi nos élèves et étudiants qui viennent. Euh et puis des activités de cohésion, de confiance en soi, euh de sport euh sur le campus.
Euh on est en partenariat avec le le lycée international qui est notre voisin et qui héberge dans son internat euh cette population mineure. Euh voilà. Et c'est une un format qui qui fonctionne euh il me semble très bien.
En tout cas, il y a une énergie débordante qui se dégage de ces de ces promotions et on voit ensuite quelques années plus tard ces élèves arriver dans nos écoles. On a également mis en place récemment des stages coup de boost pour les classes prépas justement pour les classes prépa au moment des vacances de la Toussin parce qu'en fait non seulement les femmes sont pas très nombreuses à aller en classe prépare scientifique mais en plus dans les premiers mois elles sont plus nombreuses à abandonner. Euh donc euh au moment des vacances de la Toussin, alors là, on les amène dans les calanques euh pour faire euh une semaine de de de sciences, mais pas que parce qu'ils ont déjà elles ont il et elles ont déjà euh ingurgité beaucoup de de math et de physique dans le dans leur premier euh trimestre, euh mais là aussi des activités euh de de confiance en soi, de travail en équipe pour les rebooster, pour persévérer dans cette voie.
Vous parliez du mentorat tutorat des jeunes femmes qui ont intégré l'école polytechnique et je dois reconnaître qu'il n'y a pas d'action dans ce domaine là. Mais c'est alors il y a des groupes et des associations de jeunes femmes qui se réunissent régulièrement. Il y a il y a une action envers les doctorantes qui elles aussi hein connaissent des phénomènes d'isolement dans les laboratoires des en sciences fondamentales.
Donc il y a un groupe de doctorants auquel le chercheurs, les enseignantes chercheuses et l'école apporte animation et et soutien. Euh on soutient les les activités des associations euh de femmes étudiantes euh dans nos cursus, mais il n'y a pas euh d'action de mentoratora euh spécifique aux jeunes femmes qui ont intégré l'école polytechnique. C'est c'est une piste, même si elles sont, je dois le dire, très attachées à la légitimité qu'elles ont acquise en intégrant, en réussissant ce concours et en intégrant cette école, il ne souhaite pas forcément être bénéficiaire d'action particulières qui les distinguer au sein de l'école, tout comme elles sont nombreuses à ne pas être favorables à la mise en place de COTA.
C'est une discussion que que j'ai avec elle régulièrement. Euh vous avez parlé des chiffres pluriannuels de féminisation. Donc je vous le disais, ça fait ça fait plusieurs années, je dirais il faut que je regarde mais je dirais une bonne décennie que on était sur un plafond à autour de 20 % pour le cycle ingénieur par concours.
Euh et depuis que nous avons ouvert d'autres cursus, donc à partir de 2017, on a vu les chiffres globaux de parité sur le campus augmenter pour atteindre environ 30 %. euh avec encore une fois des effectifs dans les autres cursus qui sont moindres. Donc ça veut dire des parts de femmes plus importants.
Et puis euh vous parlez des quotas est suffisant. En fait, moi je je euh je suis consciente que les les quotas n'auront pas d'effet miracles. Euh personne n'empêche euh les femmes de choisir des classes préparatoires.
Donc moi, ce que j'en attends euh c'est à la fois un signal qu'elles y sont attendues et bienvenues. [Musique] de une réflexion des établissements sur la manière de les accueillir, sur la manière de les faire réussir quand elles ne seront plus une très faible minorité. Je pense qu'il y a un effet de seuil qui est très important à atteindre qui est autour de 30 %.
Donc je pense que la fixer l'obj le premier objectif à 30 % est plutôt bien calibré. Et ensuite, ben c'est comme dans les dans les entreprises hein, c'est ces quotas, ils sont amenés à suivre les progrès de la parité euh dans les filières scientifiques, je l'espère. Euh et euh il y a pas de raison à terme que euh on nit pas au moins 40 % de femmes et au moins 40 % d'hommes euh dans euh dans ces filières euh scientifiques. [Musique] C'est une mesure parce que là on parle des quotas dans les classes préparatoires et là je pense qu'ils sont complètement légitimes parce que c'est une politique publique de de concentrer des moyens un environnement plutôt privilégié des places d'internat.
Vous vous l'avez rappelé, c'est très important que ce soit accompagné de place d'internat pour créer euh un collectif de travail, d'émulation euh d'ambition dans dans ces classes autour des jeunes femmes. Et il y a encore des établissements où en fait les places d'internat hommes-femmes sont contingentées et donc ça ça contingente de fait le nombre de femmes qui qui accèdent à ces à ces classes. Alors, souvent c'est des pour des questions immobilières, enfin d'organisation, mais il faut trouver les moyens d'ouvrir plus de place d'internat pour les pour les jeunes femmes.
Euh, j'ai perdu le début de ma phrase. Euh donc en classe prépare, ça me paraît complètement légitime parce que c'est une politique publique d'investir plus particulièrement sur des élèves qui ont le potentiel de mener des études particulièrement euh brillantes. La question se posera aussi sur les concours et je je suis consciente du totem de la méritocratie que représente les concours dans l'école d'ingénieur et le concours de l'école polytechnique en particulier.
Et je pense qu'il faut se vraiment se poser la question parce que c'est c'est une chaîne depuis l'école primaire jusqu'à l'insertion professionnelle et puis après dans les carrières également. Et à chaque maillon de la chaîne, on doit affirmer que nous voulons euh des femmes scientifiques et des femmes qui suivent des études scientifiques, y compris au concours. Il faut le faire avec délicatesse parce que c'est c'est le concours de l'école polytechnique est une machine bien huilée mais mais je pense que c'est à terme nécessaire et bénéfique.
Alors, ce sera pas un cadeau he pour ce sera pas un cadeau pour les jeunes femmes qui en bénéficieront qui Oui, c'est pas ça. Mais au début, on a été enfin les premières promotions c'était une sorte de de promotion voilà obligatoire. C'est c'est compliqué, c'est ça.
Et et elles son et et les jeunes femmes sont très réticentes à ça. Celles qui ont passé le concours qui ont réussi euh se disent "Mais vous allez sabrer notre légitimité dans les premières promotions." C'est pas c'est pas un cadeau pour les jeunes hommes qui les entourent non plus, qui vont se sentir laisés. on rend toujours le le le soupçon d'avoir été laisé dans leur accession à ces écoles.
En revanche, je suis convaincu que c'est c'est un cadeau pour les générations à venir que d'instaurer pas après pas ce seuil de parité dans les applicats scientifiques. Juste sur les quotas, on nous a fait remarquer que les quotas en classe prépa, on parle de l'entrée en classe prépa, mais effectivement, mais quand vous répondez par le boost dont vous parliez, euh l'idée était de vraiment compter à la 2e année puisque on sait que les filles abandonnent. C'est ce que vous disiez quand elle rentre en prépa.
Oui, mais Laura vient de dire que dans cours de la première année. Oui, c'est pour ça. Et que du coup, on les a pas en 2è année clairement.
Et mais d'où l'idée la réponse du boost, c'est une des réponses pour effectivement essayer de les avoir aussi en 2e année. Mais effectivement, on nous a signaler que c'était surtout sur la 2e année qu'il fallait les compter plus encore que sur la première et et insister aussi sur les classes dites étoiles. les classes étoiles parce que là euh à quelques euh à quelques appréciations à quelques points près sur un contrôle continu en prépa, vraiment il y a des différenciations de destin entre entre ceux et celles qui accéderont à la classe étoile et elles sont très très peu nombreuses et qui vont donc préparer les concours les plus prestigieux et et les autres qui vont intégrer des écoles d'ingénieur euh tout à fait euh tout tout à fait formidable mais mais vraiment là, il y a une différenciation qui se fait au moment du passage en 2è année.
La dernière question, c'est sur la militarité. la militarité euh et le lien euh implicite que vous feriez que vous faites entre militarité et et environnement défavorable aux jeunes femmes. Euh bon, d'abord, je constate que les jeunes femmes s'orientent massivement vers des filières où la question des VSS est également très présente.
Euh les professions médicales, il me semble, professions artistiques, il me semble beaucoup. Ça ne ça n'exonère en rien euh les armées de le de leur examen de de conscience et au-delà. Et d'ailleurs, le ministre des armées, Sébastien Lecnu, est particulièrement engagé et fermement dans la lutte contre les violences sexuel.
Ce que je constate, mais je ne peux constater qu'à postériori, c'est-à-dire les jeunes femmes qui intègrent l'école polytechnique qui sont sous statut militaire. Euh elles en sont d'abord très fières euh et puis elles ont un attachement particulier à s'engager dans le service public. Euh aujourd'hui, on est dans une période où les élèves polytechniciens on ont cette appétit pour le service public.
Ça varie selon les époque et cetera, mais aujourd'h sont très nombreuses et nombreux à à candidater, notamment encore de l'État. Euh et les jeunes femmes sont en bonne place dans ces euh souhaits de rejoindre la fonction publique et les armées, ce qui encore une fois n'exonère en rien les armées de poursuivre leur action et leur lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Dans les stéréotypes de genre l'armée c'est pas pour les filles.
Je l'avais pas vu au niveau des violences. Voyez, je suis mal placée pour vous répondre. Je suis une femme militaire. double double peine et militaire et scientifique quoi.
Donc d'accord. Bon, j'avais une question en effet sur la précision que vous vouliez faire sur le à quel stade les cotin la classe les les classes étoiles en fait. Est-ce que c'est la pression euh de concours qui est encore plus forte qu'ailleurs ?
C'est-à-dire que euh on a toujours on parle toujours dans différentes déjà dans c dans ces travaux sur femme et sciences dans toutes nos auditions mais même dans d'autres sur le syndrome de l'imposteur de de des femmes. Est-ce que ça se pose encore plus psychologiquement vraiment là, je parle juste de de du mental hein des femmes de se dire est-ce que je suis vraiment capable d'aller jusque là quand on voit la dureté de la compétition qu'il y a à ce moment-là entre ces ces ces ces jeunes hommes et femmes pour pour atteindre ces ces ces concours les plus les plus élitistes à votre avis est-ce que c'est c'est de cet ordre là ? Est-ce que c'est c'est psychique ?
Deuxièmement, pour c'était pas le terme d'abstraction, mais je suis vraiment la victime totale de du traumatisme des maths dès le primaire. c'est que si on m'avait appris et on l'a souvent dit d'ailleurs dans certaines auditions, quelle était la finalité des mathématiques déjà en effet dans la la logique de pensée mais même de ce que ça pourrait m'apporter comme métier et comme usage au quotidien que de faire de la géométrie ou des problèmes ou après des fractions et cetera, je pense que j'aurais fait les choses autrement là et je pense que c'est encore le cas. on impose euh ces exercices euh aux garçons comme aux filles en fait hein.
Et soit vous vous chopez le le le la boss mat et à ce moment-là vous le prenez de vous-même en en aspect ludique. Mais si ça vous bloque, oui, mais moi je vois pas du tout comme ludique. Et en fait, je pense que il y a Non, mais c'est c'est c'est traumatisant quoi. et et en fait de de d'être sur ce plateau de sa clé depuis depuis tant d'années, je je j'en suis malade de me dire que j'aurais adoré être dans ce milieulà mais j'ai jamais eu quelqu'un qui m'est proposé de faire ça de manière ludique.
C'est en voyant Cédric Vidani en rigolant, je dis si je l'avais eu comme professeur de mat, je pense que mon mon ma carrière en aurait été changée. C'est c'est je pense ou ou sûrement toi Marie-Pierre mais mais je pense qu'il y a vraiment cet aspect là et donc je pense que dans les programmes ça sera très important et pour revenir parce que c'est mon dada mes collègues m'entendent toujours le dire moi je pense qu'on a pas encore l'effet exact de la de la réforme blancaire sur le fait que celles qui n'ont pas choisi Math euh quand elles vont décider d'être professeurs des écoles Non mais d'ailleurs c'est lui mais c'est c'est un effet collatéral hein celles qui n'ont pas choisi math parce que elles se voyaient pas dans le car scientifique mais aussi parce que comme moi elles sont traumatisées par les maths. Forcément quand elles vont devenir professeur des écoles, elles ont pas du coup cette appétence vers les mathématiques, l'enseignement des mathématiques et que je pense que en effet on va avoir un effet collatéral assez prochainement dans les prochaines promotions de professeurs des écoles qui finalement n'auront pas forcément envie elle aussi de d'apprendre les mathématiques en primaire.
D'où la réforme pluridisciplinaire euh que que Ellisabeth Borne est en train de mettre en place qui à mon avis peut faire peut faire la différence. Donc vous avez répondu un peu sur les classes étoiles mais je veux bien sur l'aspect psychique. Et moi j'avais aussi une autre question euh sur les bijutages euh parce que on a parlé VSS mais lesutages dans les grandes écoles et notamment à Polytechnique mais pas que hein.
Ça ça a été pendant très très longtemps un sujet. C'était une tradition hein, je l'entends bien mais ça fait longtemps euh que on en entend plus parler. Moi, je dois dire que je dois rendre à César ce qui est à César.
La première qui en ai parlé, c'était euh Segolen Royal quand elle est arrivée en 97 où elle parlait des problèmes de pédophilie, de professeur et de bisutage. et un certain doyen d'inspection générale que je connais bien c'était un peu étonné parce qu'en fait personne ne l'avait vu et le bijutage ce jour-là était mis sous le projecteur et on a commencé en fait entre guillemets à à à se voilà à s'améliorer ou à disparaître quand c'était trop trop dur. Est-ce que vous avez quand même encore une tradition de je parle pas simplement des soirées hein, mais de de mise à l'épreuve en en classe prépa où tout ça a complètement disparu euh parce que ça aussi ça peut être sûrement très traumatisant pour les jeunes filles.
Voilà. Et en tout cas, merci pour tout ce que vous avez dit parce que je pense que pour mes collègues, c'était moi je je parlais de de tout ce que vous aviez mis en place comme initiative et cetera mais je pense que même si en effet vous l'avez dit vous-même avec beaucoup deeté c'est c'est quand même très frustrant parce que on ne voit pas les résultats. Continuez parce que je pense qu'en effet ça va finir par faire sauter le plafond de verre et vous êtes un modèle en tout cas dans les écoles que je connais.
Vas-y, vas-y. Je peux Bah oui ou sinon elle répondait alors puisque elle a répondu à chacune d'entre vous puis après c'était un complément. Non, excuse-moi.
Vas-y, vas-y. Oui, c'est un complément sur les concours parce que vous avez parlé d'éventuellement que dans l'avenir, on il faudrait peut-être réfléchir à un quota sur les concours. sur ces concours, je voulais nous avons auditionné ici la vice-présidente de l'université ex-Marseille en charge justement de l'égalité et de ces questions au sein de l'université qui mettent en place une formation des juris parce que les biais de genre existent mais ils sont souvent inconscients et que les juris eux-mêmes font une forme de sélection.
Je voulais savoir si à Polytechnique euh vous aviez également ce genre de démarche à savoir la sensibilisation des jurets euh qui pour le coup parce qu'avant d'y mettre des quotas, il faut peut-être aussi sensibiliser ceux qui vont faire la sélection, y compris dans leur approche de la manière de poser les questions puisque on on n'est pas on on n'approche pas une jeune femme qu'on on approcherait un jeune homme. Je voulais savoir si ce genre de sensibilisation, ce genre de démarche était mise en place à Polytechnique. Peut-être en commençant par la dernière question, la réponse est oui.
Euh en revanche, nous avons encore La réponse est oui. Les les les jurés sont sensibilisés, même si euh aujourd'hui on manque de données scientifiques pour le coup euh sur il y a-t-il comment dire une approche genrée de la pédagogie ? Oui, j'en suis fondamentalement pas persuadée, même si je suis persuadé que l'effet de minorité des jeunes femmes dans les classes préparatoires comme quand on passe les concours et que on passe après 10 garçons, a un effet sur le comportement des jeunes femmes.
Alors sur les jurés, il nous reste quand même du travail parce que la grande difficulté c'est dans les donc le l'école polytechnique aujourd'hui ne recrute que des jurés qui soient ancien chercheurs. Pas de prof de prépart parce qu'on estime qu'ils sont visés d'une manière ou d'une autre vis-à-vis de leurs propres étudiants. Mais on doit être la seule école à avoir cette politique ce qui restreint le vivier de recrutement.
Euh et donc on a toutes les peines du monde à avoir dans les jurés de mathématiques des femmes que les rates qui sont réussi comme elles sont nouveau, son elles sont sursollicité et donc du coup c'est très compliqué pour elles sont sursollicitées. Donc on est en train d'examiner comment élargir un petit peu le vivier pour ne plus avoir un seul jury jury pardon monogénré dans les dans les dans les matières scientifiques. Euh si j'essaie de de de reprendre les questions sur les classes étoiles et la compétition en classe prépa.
Je pense que c'est euh alors certes la compétition existe en classe prépa, mais c'est aussi des des collectifs de taille réduite, une quarantaine, une cinquantaine où existe euh la plupart du temps une grande solidarité, des groupes de travail. Encore faut-il qu'il y ait des groupes de femmes qui puissent se former quand elles sont quatre par classe. C'est c'est pas la même chose que d'avoir un groupe d'une dizaine, une douzaine de camarades.
Alors, on peut travailler les femmes travaillent avec les garçons, hein. Je je et et et moi j'ai j'ai expérimenté le travail en groupe évidemment avec des garçons et des femmes, mais néanmoins, je pense que ça a vraiment un effet et que les la perception de la compétition est d'autant plus forte quand on est euh isolé ou pas dans une dynamique d'émulation que peut apporter aussi la ou de solidarité que peut apporter euh euh la compétition quand on ne peut pas se retrouver à l'internat en groupe. pour travailler après les cours.
Euh donc et encore une fois, les femmes s'orientent massivement vers des filières autrement plus compétitive. Le taux de de succès en première année de médecine, il est bien plus bas que le taux de succès au concours d'école ingénieur. Euh euh donc je pense vraiment qu'il y a une question de de seuil de parité qui permettra de de de transformer cette compétition.
Mais souvent, ils sont pas en compétition avec les élèves de leur propre classe, hein. se se confronte à un concours national euh en en émulation, y compris entre femmes euh sur l'appétit des des professeurs, l'appétit, la formation des professeurs des écoles euh vers l'enseignement des maths, je pense que la question est déjà présente aujourd'hui parce que massivement euh les les professeurs des écoles qui sont majoritaires ont plutôt un bagage littéraire Et encore une fois, c'est pas on peut on peut pas tout leur demander en même temps sans formation. Donc euh la formation aux mathématiques même à postériori des des professeurs des écoles.
Euh l'intervention d'intervenant extérieur avec un un recul scientifique, un profil scientifique ou ingénieur me semble une mesure d'urgence à prendre dans les dans l'enseignement primaire. euh sur le traumatisme des maths, la bosse des maths, euh c'est ça fait partie des des clichés persistants euh que que euh que bizarrement on ne retrouve pas parce que je connais aussi beaucoup de traumatisés de de l'orthographe ou de la grammaire, mais ce traumatisme s'efface avec le temps. Euh on trouve d'autres rapports à la langue, à la littérature, à l'expression orale ou écrite.
Alors que ce ce premier rejet de l'enseignement mathématique, il persiste. C'est pour ça qu'on peut dans une soirée entre gens très bien éduqués entendre des gens qui disent "Moi, j'ai jamais rien compris au math." Je n'en connais pas.
Qui dirait sur le même ton moi, Victor Hugo ça m'a toujours fait suer ou même s'il le pensent, il ils ne le diront pas, ils ne l'affirmeront pas en public de la même façon. Euh donc voilà, on a un rapport très paradoxal aux mathématiques euh à la fois matière d'excellence, de sélection et aussi de rejet euh euh acceptable euh en en en société. Euh sur le sur le bisutage, alors je suis mal placée pour parler du bisitage en classe prépa parce que je n'y suis pas.
Euh je ne l'ai pas connu mais encore une fois mon expérience date maintenant plusieurs dizaines d'années. Euh et je sais que les proviseurs d'établissement sont extrêmement sensibilisés depuis longtemps. Donc c'est vrai qu'on comme vous je dirais qu'on en entend plus parler.
Est-ce que ça et par ailleurs là aussi il existe encore fortement dans d'autres filières. Euh ouais voilà. Mais bon, même si tous les acteurs se sont mobilisés euh contre contre cet effet, moi je suis très euh euh j'ai un rapport euh très très nuancé avec le terme de tradition.
J'estime que ce qui se perpétue dans le temps et queon sait pas justifié autrement que parce c'est la tradition est toujours suspect. Euh donc euh euh en revanche, ce que je peux vous dire, c'est que nos élèves aujourd'hui euh ils sont très attentifs au rituel. Euh ils sont euh parfois un peu perdus, euh euh inquiets de l'état du monde.
On peut pas leur en vouloir. Euh et donc attaché à ce que cette école peut leur amener de rituel. Or, la militarité, la formation humaine et militaire qui est riche de ces rituels, rituel collectif, rituel d'insertion dans un dans un groupe euh euh et et ces rituels peuvent être extrêmement positifs.
Euh je parle pas du bisutage, je parle pas de rituel ni d'humiliation, ni de voilà euh mais simplement être intégré, incorporé à un groupe. Euh c'est dire que sous statut militaire, on va servir quelque chose qui nous dépasse euh qui dépasse nos intérêts individuels d'étudiants qui jusque-là avont avait surtout optimisé leur performance individuelle. Là, tout d'un coup, ils sont intégrés dans un gros.
C'est la performance collective qui va qui va primer euh ils vont servir quelque chose qui les dépasse complètement euh la nation euh euh l'intérêt général. Euh et ça c'est quelque chose qui les fait euh euh grandir, mûir très rapidement et de l'ordre du rituel positif. Voilà.
Euh on est très vigilant mais ils sont très frayants de rituel. Ils en rajoutent chaque année. Donc moi, le dialogue que j'ai avec eux, c'est vous voulez rajouter une cérémonie je ne sais quoi, qu'est-ce que vous enlevez ?
Euh parce que sinon c'est sédimentaire et effectivement, ils se transmettent les rituels et on est dans une période où ils ont besoin d'être sécurisés par ces rituels. Béatrice Goselin. Oui.
Alors, merci pour tous ces propos. Alors, je reprendrai l'éducation mathématique en niveau scolaire, l'enseignement parce que contrairement à l'or, je reprendrai ce que tu dit. Moi, je n'étais pas j'étais meilleure en français qu'en math et j'ai adoré, j'ai enseigné pendant 42 ans, j'ai adoré enseigner les maths.
Donc tu vois, ça peut avoir l'effet inverse aussi tout simplement parce que j'ai compris certaines choses que je ne comprenais pas quand j'étais enfant et j'ai trouvé ça formidable de pouvoir le l'exprimer. Mais mais je pense aussi que ce qui nous fait peur c'est le manque enfin on ne fait pas le relationnel avec ce qui se passe dans la vie courante. Et je crois que c'est on fait des maths une abstraction totale secours qu'on va ouvrir quand on entre dans la classe et qu'on va refermer quand on a fini ses devoirs.
En fait c'est ça le problème c'est qu'onentre pas les mathématiques dans la vie courante. On ne fait pas le lien avec ce qu'on peut faire avec tout ce qu'on vit de façon générale. Et pour faire un parallèle, moi qui étais enseignante en primaire, donc j'avais toutes toutes les matières, je peux vous assurer que c'est la même chose quand on avait la conjugaison.
La conjugaison pour les enfants, ils alignent les verbes et pour eux c'est du barbare. Mais je dis mais tu l'utilises tous les jours quand tu parles. Voilà le lien avec le le concret.
Et je crois que dans l'enseignement primaire mathématique, comme dans certaines bases de français ou d'enseignement primaire en général, ce qu'il faut c'est ce lien avec le avec le réel, avec la réalité, c'est le ce que l'enfant peut vivre tous les jours. Et quand il fait le lien avec les fractions, euh ben vous déjeunez le midi, vous dites voilà, j'ai une j'ai une pizza, je l'ai partagé et ça marche tout seul. Et moi j'ai j'ai expérimenté après avec mes petits enfants, ça fonctionne bien en disant bah tu vois là la pizza, elle était en 4.
Si on est H, ben comment on fait ? On la partage en voilà. Et c'est des petites choses comme ça.
Alors que quand vous parlez fraction à un gamin de CMA qui n a qui n'a pas ne le vit pas au quotidien, c'est de c'est du complètement de l'abstraction. Et je crois réellement que les programmes et moi je je me bats pour qu'on retravaille les programmes de ma tête de français sur cette volonté de s'adapter à l'enfant dans sa vie de tous les jours et on aura beaucoup plus de facilité. pour que nos gamins apprennent et apprécient les maths comme les autres matières et et vraiment envie d'en faire par la suite.
Alors après évidemment en collège ça se complique mais je crois que la base même du primaire c'est ça c'est vraiment l'adapter à la vie de tous les jours de l'enfant parce qu'il ne fait plus pour lui c'est vraiment un travail de de de scolarité enfin c'est c'est de l'enseignement ça n'est pas la vie de tous les jours et je crois que c'est vraiment là le problème. Là, je voulais simplement reprendre parce que parce que c'est quelque chose que que j'ai vraiment vécu et sur lesquels je me suis je m'en suis fait la réflexion au bout de quelques années d'enseignement, mais je dis mais j'adore enseigner les maths, moi et vraiment j'étais plus mal à l'aise en français contrairement. Voyez Anic Billon.
Merci madame la présidente. Merci à vous madame la directrice générale pour être venue à la rencontre de la délégation et des rapporteurs ce matin. Euh moi vous avez parlé beaucoup de rôle modè et de du coup finalement de ces jeunes filles qui s'engageaient dans les dans ces cette école polytechnique et du coup qui était extrêmement sollicité.
Alors, deux questions simples. Est-ce que vous vous jouez un rôle modèle aussi en tant que directrice générale puisque vous êtes assez peu nombreuse finalement à ces postes-là dans ces écoles d'ingénieur et comment euh comment euh jouez-vous ce rôle ? Euh qu'est-ce que vous imaginez avoir de voir de faire de plus finalement à ce poste euh que vous ne l'auriez pas fait si vous étiez un homme ?
Et peut-être aussi, est-ce que vous pensez que s'il y avait plus de femmes dans les postes à responsabilité, à la fois dans les écoles d'ingénieur, mais dans tous les stades, dans toutes les strades de la société, on on serait face à cette situation également. Merci. Alors euh lorsque j'ai été euh nommée à ce poste euh je savais que j'étais la première femme à occuper ce poste.
Je n'en mesurais pas euh l'effet produit. J'ai je pense ressenti la même chose que si un homme avait été nommé. J'étais heureuse et fière euh soucieuse de de tenir ce poste du mieux possible.
Euh et c'est vrai que j'ai j'ai constaté dans les réactions euh qui m'ont été adressées euh réactions euh d'anciens collègues, réaction de parents d'élèves, réaction des élèves elles-mêmes, euh que ça avait une dimension particulière et une implication particulière. C'était aussi l'année de où on célébrait les 50 ans de l'entrée des femmes à l'école polytechnique. Euh dans le quotidien euh je ne m'oblige pas à faire des choses en me disant je le fais parce que je suis une femme et je le ferais pas si j'étais un homme.
J'ai bien sûr une sensibilité particulière à ces sujets, que ce soit la lutte contre les violences sexités sexuelles, la parité parce que à la fois j'ai été passionnée par le parcours que j'ai suivi et et et passionné par les mathématiques et leur apprentissage. Donc je ne perçois pas qu'il y ait une une dimension genrée à la pratique et au plaisir des mathématiques. que je souhaite le partager avec euh le plus grand nombre de jeunes femmes et de jeunes hommes.
Euh donc non, je je ne me force pas à être à à incarner un modèle de quoi que ce soit. Euh c'est un poste où l'exemplarité est quand même euh importante, qu'on soit un homme ou une femme. Euh et et par contre, j'ai une attention toute particulière au sujet de parité.
Je pense d'ailleurs que au-delà des directrices d'école, euh les rôles mondes dont on a vraiment besoin, c'est des femmes scientifiques et des femmes ingénieures. Euh je disais, on a fêté les 50 ans de l'entrée des femmes à l'école polytechnique. Euh j'ai eu le plaisir d'inaugurer l'avenue Anne Chopiné en présence d'Anne Chopiné sur le campus qui va devenir l'allée centrale dans la dans la dans le réaménagement du campus dans les prochaines années.
Il y a aujourd'hui des maires ingénieurs et des grands-mères ingénieurs. Et je pense que c'est ça le signe d'espoir le plus fort parce que c'est vrai que c'est c'est c'est compliqué de se projeter dans des études, dans une carrière si on n pas autour de soi un repère familier de ce que c'est qu'être ingénieur. C'est un mot valise dans lequel il est très difficile de se projeter tant il ouvre de d'opportunités et de et de et de métiers différents.
Euh et donc c'est plutôt l'incarnation des métiers scientifiques par les femmes, je pense plus que les métiers de direction d'école euh qui sont qui sont d'ailleurs beaucoup occupés par des femmes à tous à tous les niveaux de de l'enseignement. Euh je je peut-être rebondir euh sur euh ce ce débat euh ancien entre les maths de la vie quotidienne et puis l'apprentissage de l'abstraction. Je pense qu'il faut pas opposer les deux.
C'est comme opposer l'art figuratif à à l'art abstrait. Quand on enseigne les arts plastiques, bien sûr que ça va être important que l'enfant puisse représenter, se représenter, représenter sa famille, représenter son environnement quotidien, mais ça peut lui apporter quelque chose aussi de s'échapper dans l'abstraction, une un refuge, une un espace de liberté, une construction intellectuelle différente. Il faut pas il faut pas opposer les deux.
Et je pense qu'il y a dans les mathématiques ce même continuum. Très bien mesdames. Non, plus de questions.
Ben écoutez, voilà, il me reste vraiment à vous remercier. Euh malgré tout, vous avez un parcours qui est suffisamment complet pour être un véritable rôle modèle, pas forcément en en tant que directrice de générale de l'école polytechnique, même si c'est un poste prestigieux aussi, mais vous en avez occupé d'autres. Et je crois que euh il faut très probablement l'accepter.
Effectivement, les femmes sont souvent trop modestes en disant moi non, bah non, pas moi. Elle oui, très probablement, mais moi quand même. Et je pense que c'est dommage vraiment, il faut s'affirmer et montrer et effectivement attirer attirer les les filles vers les maths. en commençant et là Béatrice avait raison par le primaire et puis en voyant parce que effectivement l'or nous cite souvent la main à la pâte et moi c'est quelque chose qui m'effrait parce que moi la main à la pâte j'aurais pas aimé du tout parce que moi ce que j'aimais dans les maths c'était le côté ludique et abstraction mais alors dès qu'on me parlait de physique de truc ça m'ennuyait terriblement le la vie quotidienne m'ennuyait terriblement donc j'aimais les math je les assimilais plutôt à de la musique à voilà à une façon effectivement d'aller dans l'abstraction et de rêver autrement ou de jouer ou de donc voilà donc il faut réussir à trouver pour chaque enfant comment on l'attire et comment on l'amène pour se rendre compte de ça.
Et puis après je suis d'accord avec vous les math c'est quand même la seule matière dont on n dont on dit avec fierté moi je suis nulle en math et jamais ne personne ne dit moi je sais pas bien écrire je sais pas bien lire on n'est jamais fier de pas bien savoir lire quoi. même quand c'est on en est pas fier alors qu'on arrive à être fier d'être nul en math et c'est dommage. Et là aussi je pense que c'est quelque chose qui qui est à modifier mais en tout cas merci beaucoup vous y contribuez à notre façon nous essayons de contribuer aussi à faire que il y ait plus de filles scientifiques.
D'ailleurs, c'était né d'une idée de Lord Darcos qui effectivement s'ormait pas de pas pouvoir travailler à sa clé. Effectivement, nous sommes allés à l'École normale supérieure et on comprend que c'est un environnement quand même extraordinaire que d'être à sa clé. Et donc voilà, elle s'est dit il faut que d'autres filles puissent y accéder.
Moi j'ai fait l'école spéciale des travaux publics, on était que 10 sur 150 donc je comprends ce que veut dire le fait de pas être très nombreuse. Mais bon, on survit très bien la preuve. Donc merci beaucoup euh et puis voilà, nous essayons nous aussi de contribuer à notre façon pour vous pour voir comment on fait pour vous amener plus de filles parce que je crois qu'une société paritaire, plus égalitaire et aussi plus sereine.
Merci madame la présidente et merci à toute pour votre action sur ce sujet.
Dominique Verien