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Podcast / conversationJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 20 octobre 2021 43 minAutoproduitMixteTravail & emploiRetraitesSolidarités & familleInstitutions & élections

Ep. 5 - Mai et juin 2021 : les coulisses de la campagne présidentielle

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « je puisse revenir vous voir comme Président de la République ayant rétabli les 8 heures de travail, ayant rétabli les 35 heures, ayant rétabli la retraite à 60 ans. »
  • 9:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « 65% des Français sont pour. »
  • 10:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « 78% des français sont d'accord, les députés "d'En marche" l'ont rejeté, point ! »
  • 22:00Jean-Luc MélenchonFait
    « l'ennemi vaincu cette fois-là ne l'a pas été définitivement puisqu'on en voit aujourd'hui des résurgences. »
  • 26:00Jean-Luc MélenchonFait
    « le racisme n'est pas seulement une offense à l'esprit d'égalité qui doit vous animer, mais il est aussi un danger pour la mobilisation des forces dont le peuple a besoin pour changer l'existence quotidienne. »
  • 30:00Jean-Luc MélenchonFait
    « le pays est riche, immensément riche. D'abord du savoir-faire des gens qui y vivent, et dont les niveaux d'éducation et de qualification sont les meilleurs atouts dont dispose le pays pour se développer. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

– Qu'est-ce que vous êtes jeune ! c'est superbe ! – Ben là ça chez moi, tu vois c'est le soir de la victoire. – Toi tu te disais… on a tous ce sentiment la 1ère fois, on pense tous à une imposture . – Après avoir fait la fête, on a tenté de rejoindre le QG d'Hugo et tout le monde était là, on a passé la nuit là.

Le Dimanche, oui et le mardi on était à l'Assemblée. – C'est bien, c'est bien, aussi bien que c'est beau. Voilà tu vois et faut pas que tu oublies tu vois, parce que là, tu n'as pas tout-à fait… c'est bien mais il faut que les gens te voient le poing fermé parce que c'est ça qu'on symbolise hein.

T'as vu, à chaque fois je pourrais dire "je m'en fous", je prends mon air digne d'empereur romain tu vois, mais ça sert à rien. Ce qui est attendu de nous c'est qu'on incarne ça, la gauche. – Surtout à des moments comme ceux-là. – Ah ben tu parles le 1er mai ! [Chanson : "On est là… " et ambiance de manifestation] – Voilà ce qu'on va faire pour la classe ouvrière les salariés, les travailleurs, les gens humbles qui vivent seulement de leur travail et qui espèrent en vivre dignement pour eux et leurs enfants, être libérés de la peur du chômage, être libérés de la peur du licenciement, être libérés de la peur du lendemain car demain pourrait être beau, demain pourrait être lumineux, alors je vous souhaite que le 1er Mai 2022 je puisse revenir vous voir comme Président de la République ayant rétabli les 8 heures de travail, ayant rétabli les 35 heures, ayant rétabli la retraite à 60 ans.

Qu'est-ce que ça adonné BFM et tout le reste ? – Direct sur BFM, direct sur CNews. – Ouais. – D'ailleurs CNews ce matin à 8h, quand j'ai allumé ma télé ils ont ouvert sur Le Pen.

Leur truc c'était à 8h, journal télé du 1er Mai tu vois, le grand titre c'est : "Marine Le Pen : la fin du plafond de verre ? " Et puis toute l'antenne pour ça ! Des plateaux à 4 sur ça… hallucinant ! …des graphiques pour montrer que ça va mieux pour elle. [Bruit du train] – On peut rien espérer d'eux quand même décidément hein.

On ne peut rien espérer du débat parlementaire avec ces gens. – Ils parlent, ça ne les intéresse pas, ça leur paraît des songes creux qui n'ont pas de sens… – Ils ne voient pas dans quel monde on vit – Non. [Discussion non compréhensible] – Vous savez c'est une école de masse hein, cette affaire-là.

Il y a du monde qui regarde dans la journée, moi je vois, je vois sur mes listes hein, qui suivent un débat ou l'autre, ne crois pas que ton truc c'est passé inaperçu. – J'en sais rien, c'est passé en fin de classement… Alors c'est pareil, il demande l'autre qu'il y ait le consensus, il n'a pas vu les chiffres, 65% des Français sont pour. En fait ils ont des arguments en plus de ça, mais bon bref. – C'est là que les sondages c'est pas mal en fait, à chaque fois de faire ça, sur les propositions de loi Il faut y aller à chaque fois comme des bourrins.

Quand la loi est rejetée, il faut mettre les visuels avec, le sondage, dire 78% des français sont d'accord, les députés "d'En marche" l'ont rejeté, point ! – C'est un bon exercice, pour nous c'est intéressant. [Conversation inaudible] – C'est bon allez, moi je vais manger ma part de pizza. [Musique : La Marseillaise] – Le devoir de mémoire est très important encore aujourd'hui ? – Fondamental, sur la question du 8 mai 45, parce que l'ennemi vaincu cette fois-là ne l'a pas été définitivement puisqu'on en voit aujourd'hui des résurgences.

On voit revenir sur le devant de la scène l'idéologie du racisme, de l'ethnicisme et de ces choses, par conséquent il faut se souvenir. Se souvenir, mais pas pour reporter sur les générations précédentes les devoirs qui nous incombent dans celle ci. Tant qu'à mener des batailles autant les mener jusqu'au bout et les mener avec courage.

Et je crois que c'est la leçon d'un jour comme le 8 mai 1945. Les événements en général, nous faisons ce que nous pouvons pour essayer de les modifier. On n'y arrive pas toujours, mais par contre son choix personnel on en est le maître. et je crois que chaque jeune gens, chaque tête dans ce pays doit se dire : "alors moi qu'est ce que je fais pour empêcher que mon pays roule à l'abîme ? ", il faut se rappeler ça, c'est le jour ou jamais, et ne pas oublier de quoi on parle hein.

De quoi on parle, qu'est-ce qu'on a vaincu ? Et aujourd'hui c'est le jour où un certain nombre de gens feraient bien de se taire ! [Applaudissements] – Quoi qu'il arrive, chacun d'entre vous, femmes, hommes vous incarnez la continuité d'une histoire, d'un état d'esprit.

D'une aspiration à la dignité humaine, à l'égalité. Tout ça, ça n'existe pas dans le ciel des idées. Ça n'existe que si c'est pris en charge par des êtres humains.

Et votre 1er devoir est de résister publiquement, ostensiblement, notoirement au racisme et au venin qu'on essaye d'injecter dans notre peuple. De détestation des uns ou des autres et pour être plus précis, aujourd'hui des musulmans. Votre devoir est de vous y opposer de toutes vos forces, chaque fois que ça se présente.

La barrière du racisme c'est nous ! C'est nous ! [Applaudissements et bravos] Alors vous autres, qui êtes les plus liés aux combats et à la mémoire des luttes ouvrières, rappelez-vous que quand le racisme s'y met, il n'y a plus aucune unité possible des travailleurs pour leurs revendications.

C'est pourquoi le racisme n'est pas seulement une offense à l'esprit d'égalité qui doit vous animer, mais il est aussi un danger pour la mobilisation des forces dont le peuple a besoin pour changer l'existence quotidienne. Voilà comment tout ça se lie en un seul et même combat. [Applaudissements, la foule crie : "on est là"] – Ça c'est un temps pour Hollande, [l'assistance rit] moi j'arrive il fait beau. – Demain il fera bon et beau, vous allez voir. – Ah bon, je vous crois. – Ça fait un mois qu'il dit : "Mélenchon, il va marcher sur l'eau, il va amener le soleil" [Rires] Alors ça c'est des puits de mine sur la commune de Cransac, chaque piquet c'est un puits de mine.

C'était un gruyère ! Oui il n'y avait pas que des hommes, il y avait des femmes qui travaillaient à la mine, regardez. – Même à une certaine époque elles descendaient au fond de la mine, elles travaillaient tout comme les enfants. – Le problème c'est qu'en 1927, ils ont eu leur part de grisou.

Et il y a eu un coup de grisou qui a fait 8 morts à l'époque, et vu que les conditions d'exploitation étaient devenues très difficiles ça a entraîné à partir 1927 le déclin des compagnies de Campagnac. Mais ici, c'était beaucoup, beaucoup la silicose donc… – ha ben la silicose ça a tué hein. … à 50 ans le mineur il était flambé, mais 30 ans de fond à l'époque il était flambé quoi. – Hum, oui, oui – Tu savais quand il était à la maison ou quand il n'y était pas hein.

Il suffisait de rentrer, de pousser la porte, tu entendais au fond de la pièce : [Râle de respiration]. Il y a un coup de grisou, une explosion, mais le coup de grisou en lui-même il ne serait pas très grave, c'est le détonateur le coup de grisou, le coup de poussier se transmet d'une galerie à l'autre, c'est un lance-flammes, voilà ! Il faut imaginer un lance-flammes – D'accord, d'accord, d'accord, ça me revient qu'on me l'a raconté. – Oui, vous êtes brûlé, carbonisé, tout, les chevaux, tout ce qui se trouve sur le passage, brulé. – Ça c'est les obsèques de ces catastrophes. – 1888 : 49 mort, 1913 : 11 morts, 1927 : 8 morts. – Tu vois monsieur Rieux, au nom du syndicat des mineurs de Decazeville salue les victimes de la fatalité. – Ça, ça fait peur hein. – Le temps qu'on a mis à comprendre qu'il y avait des coupables. – Mais j'ai l'impression que ça continue encore. – Oui mais tu vois, ce qu'on fait nous, ça tient tout ça debout, c'est pas en vain, c'est pas en vain.

Et les rares qui se sont bien révoltés et qui ont fait les choses, ils ne l'ont pas fait pour rien. Nous on est là, on continue. On veut pas parler d'une manière misérabiliste, vous comprenez parce que ces gens par dessus tout, au delà leur misère, ce qu'ils nous transmettent c'est une leçon de courage et de dignité personnelle et c'est ça qui dure dans le temps.

Après, bon évidemment ils en ont bavé des ronds de chapeaux, c'est clair hein, c'est clair. Mais nous il faut, en tout cas des gens comme moi ne peuvent pas simplement avoir à transmettre : "Regardez comme c'est dur, comme c'est affreux", parce sinon on réduit la portée de ce qui s'est passé. On va essayer de faire ça bien. [Bruits de chantier] – Là vous voyez il est 10h et l'installation du meeting est en train de se faire pour pouvoir accueillir le public dans ce lieu donc, à Aubin, voilà. [Dialogues entre militants] – Il va pleuvoir, la question c'est de savoir s'il pleut beaucoup et s'il pleut pendant le meeting.

À priori le radar météo dit que la dernière averse a lieu entre 13h et 13h30. – Sauf si tout le monde se met à danser en rond pour faire la danse du soleil. Est-ce qu'on a un référent danse du soleil ? – Donc bonjour à toutes et à tous, nous sommes très heureux d'être avec vous en ce début d'après midi pour notre 2ème meeting en plein air, nous sommes à Aubin sur le plateau des Forges, et je suis avec Manuel Bompard pour suivre avec vous le début de cette marche de ces victimes, Donc Manuel Bompard… – Bonjour à toutes et tous… – Attends je donne ton titre. – Ah OK. … C'est la délégation France Insoumise au Parlement européen, bonjour Manu. – Bonjour Mathilde, bonjour à toutes et tous, vous avez reconnu Mathilde Panot, vice-présidente du groupe de la France Insoumise à l'Assemblée nationale, et on va tous deux vous faire vivre avec nous cet événement extraordinaire, ce meeting ici à Aubin avec, avant le meeting une marche. – Exactement alors une marche qui a débuté par une prise de parole du maire d'Aubin, Laurent Alexandre qu'on remercie, donc il nous a fait d'abord un mot d'accueil et ensuite une marche qui s'élance donc en contrebas du plateau où nous sommes actuellement, qui passe à côté d'un lac, nous sommes dans un lieu extrêmement joli. – Ah ben voilà regardez on peut voir la marche.

La marche qui est partie tout à l'heure aux environs de 14 heures. On retrouve Bastien sur la moto, Bastien tu peux nous faire suivre ce qui se passe dans le groupe ? – Bon je crois tout le monde a compris maintenant, notamment ce qu'on a vu récemment encore à l'Assemblée nationale avec la loi climat qui manque complètement… (rires) … . – Il fait chaud ici ? – Il fait bon. – On va vous laisser travailler, on va répéter à la cuisine. – Au niveau du temps, à priori le radar météo dit que ça ne devrait pas pleuvoir plus que ça le fait actuellement, et on a bon espoir que vers 14 heures, il n'y ait plus de pluie.

Il va y avoir un petit sursaut entre 12h45 et 13h 30, et après 13h30, ça devrait… – D'accord, donc vous avez tous vos écharpes ? [Chanson : "Continuer à danser encore" de HK Saltimbank] (Extrait du discours de JLM) – Qu'est ce que le courage ? dit Jaurès.

Le courage c'est d'agir, de se donner aux grandes causes sans savoir quelles récompenses réserve à notre effort l'univers profond, ni même s'il lui réserve une récompense. L'histoire enseigne aux êtres humains la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, nous le savons bien tous ici. Mais l'histoire justifie l'invincible espoir de la victoire qui nous porte et à laquelle je vous promets de travailler avec les miens, de toute mon énergie, de tout mon courage, de toute la force et de toute l'intelligence que je pourrai y donner, comme je vous appelle vous-même à le faire. [Hymne "la Marseillaise] Ils commençaient à me dire : "non, mais t'inquiète pas, il pleuvra pas demain" [Rires] – Quand ils commencent à me dire qu'il ne va pas pleuvoir, c'est qu'ils ont une trouille bleue qu'il pleuve. je lis dans le journal qu'il va y avoir des trombes d'eau. [rires] – "Non, non, non c'est des conneries." [rires] – Bon bref faut pas lire les journaux mais c'était suspect.

Après le maire m'a dit : "la pluie s'arrête pile à 13h tout le temps ici" [rires] – Prenez-moi pour un idiot. Je me suis dit, en fait ça va être un désastre, on regardait depuis la fenêtre, on vous regardait vous rassembler. Stéphane me dit : "non mais il y a 500 personnes, on les voit pas bien, t'inquiète pas, et tout… " [rires] – Et finalement ça c'est bien passé, la chose qui est frappante, on se disait ça entre nous tout à l'heure, c'est que c'est à nous maintenant, il y a une situation à laquelle beaucoup d'entre-nous, en tout cas dans ma génération, les élections notamment, à quoi nous n'étions pas forcément préparés, c'est que il ne reste plus que nous, la gauche c'est nous.

Et moi j'ai pas l'habitude de ça, j'ai passé toute ma vie aux côtés, ou dans un grand parti, ou avec des grands syndicats qui organisaient notre vie, qui nous apprenaient à faire, Bref tout ça vous le savez, mais maintenant il n'y a plus que nous, alors si on ne fait pas le travail personne ne le fera. – La semaine dernière ça a été une semaine qui a été importante politiquement, beaucoup de choses se sont cristallisées autour de la manifestation qui a eu lieu le mercredi devant l'Assemblée nationale à l'appel d'un certain nombre de syndicats de police, avec des revendications extrêmement fortes, programmatiques, mais aussi une remise en cause à la tribune de principes aussi élémentaires, que ceux de la séparation des pouvoirs. Une volonté de faire pression sur l'autorité judiciaire dans lequel se sont fourvoyés un certain nombre de responsables politiques, mais y compris, un certain nombre de responsables de partis dits de gauche.

Ce qui s'est passé mercredi aura sans aucun doute un impact important dans la structuration du champ politique. En gros on est quand même les seuls à avoir tenu bon dans le paysage médiatique global, la seule organisation qui apparaît comme une organisation en résistance par rapport à ce qui se passait c'était nous, et on a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de bons retours de cette séquence-là. Ça veut pas dire pour autant que dans la séquence globale, il n'y a pas des éléments d'inquiétude, hein. la caractéristique des moments pré-fascistes ou des dérives fascistes c'est qu'il y a une partie de la population qui se met à adhérer à des options qui ne sont pas des options républicaines.

Alors je ne dis pas qu'on est dans une dérive fasciste, mais on est peut-être dans une phase pré-fasciste oui, je ne dis pas ça pour aggraver le problème, mais je dis ça pour juste être conscient que des fois il y a des positions de principe qu'il faut prendre et qu'on est content de prendre et qu'on a raison de prendre, mais ça ne veut pas dire qu'elles deviennent majoritaires dans la population parce qu'on les a prises. Donc ça veut dire qu'il y a une bataille à mener sur ces sujets-là. Donc ça éclaire la nécessité d'une riposte et c'est tombé au bon moment qui est l'appel à la manifestation et aux manifestations qui vont avoir lieu le 12 juin prochain.

Je vous demande de bien avoir en tête que, c'est pas sûr qu'on va y arriver hein. Quand on annonce une date de mobilisation ça peut ne pas marcher, mais il faut pas le prendre comme une date de mobilisation parmi toutes les dates de mobilisation qu'il y a toujours. Ça devient une priorité politique, c'est une manif sur laquelle il va falloir qu'on mette de l'énergie.

Il va falloir qu'on mette de la communication, il va falloir qu'on insiste à plusieurs reprises, il va falloir qu'on appelle nos camarades à se mobiliser. Il y a un arc de fond qu'est large, c'est intéressant mais ça veut dire que maintenant il y a un enjeu sur cette manifestation, c'est qu'elle ne soit pas un flop. [Ambiance de manifestation] – Aujourd'hui, nous sommes tous et toutes réunies à la suite de 2 appels initiateurs, dans un front très large qui rassemble une trentaine d'organisations syndicales, associatives, politiques, et les personnalités ci-derrières, en appelant à marcher dans plus de 140 villes.

C'est déjà un succès ! Ce que nous constatons, c'est qu'en 1 an, le climat social et politique a changé de visage. Un nouvel arsenal juridique, liberticide et discriminatoire au nom de la sécurité globale, et des principes de la République.

Les accusations lancées par le gouvernement contre des universitaires, taxés d'islamo-gauchisme. Les attaques nauséabondes contre l'Unef, remettant en cause les libertés syndicales. Les manifestations réprimées, voire interdites, Une tribune de militaires d'extrême droite suivie par Marine le Pen En fait pour faire passer son programme anti-social et anti-écologique, le gouvernement, étouffe les libertés, accroît les répressions policières, et divise en stigmatisant une partie de la population, en particulier les musulmans et musulmanes.

Décomplexés, des groupuscules d'extrême-droite en appellent à des violences contre leurs adversaires. [Musique] – Elle a forcément une couleur particulière cette marche d'aujourd'hui avec la semaine que vous avez passée et les menaces dont vous avez fait l'objet ? – C'est clair que, pour moi comme homme, c'est un réconfort, parce que j'ai eu le sentiment que dans le pays on n'avait pas une claire conscience du danger, peut-être parce que nous avons vécu une longue période de paix, de tranquillité. et puis l'habitude des polémiques verbales qui des fois mordent un peu le trait, mais enfin bon après tout rentre dans l'ordre, mais c'est la 1ère fois qu'on voit des gens faire des vidéos pour menacer de mort, et faire ce que nous avons vu, et j'avais l'impression que on ne réalisait pas la nature du danger qui va croissant dans notre pays.

Le lendemain, Le Président de la République a reçu une gifle, et je crois que, ça aussi ça a été quelque chose qui a aidé beaucoup de monde à comprendre que cette fois-ci c'est grave. Que l'on est au delà des formes de polémiques habituelles, même encore une fois, quand elles sont excessives. On est dans autre chose et c'est à cette autre chose qu'il faut faire face.

Pour moi c'est très rassurant parce que, enfin il y a cette convergence à laquelle moi, j'ai toujours aspiré, des syndicats, des organisations. Voilà ça c'est bon signe, mais tout reste à faire, faut pas se raconter d'histoires. Tous ces gens-là oublient que l'extrême-droite c'est une mouvance politique pas comme les autres, parce que son fondamental est raciste, ethniciste, violent, et qu'à partir du moment où on laisse faire, ben voilà, à la fin ça donne des menaces de mort filmées, une gifle au Président de la République et quoi encore, je ne sais pas ?

Donc ça me paraît être l'occasion d'un coup d'arrêt aujourd'hui, peut-être qu'on va, pour la suite être capable de faire ce front ample, dont on a besoin pour, non seulement résister, mais en réalité pour passer à l'offensive, Pour être à nouveau conquérant, faire réfléchir les gens, que faire d'autre à part ça ? Essayer de faire réfléchir. [Bruit de route et conversation confuse] [Dialogue inaudible avec le public] – Nous sommes là, sur un point stratégique de l'industrie française.

Si les 2 usines qui produisent les matériaux dont on a besoin viennent à cesser la production, la France sera à 100% dépendante de l'extérieur, alors voilà la raison pour laquelle je crois que ça vaut la peine que tout le monde s'y intéresse. Si vous perdez les compétences, les qualifications qui existent là, vous perdrez tout. Et nous ne le voulons pas, pour le futur du pays et sa modernité ce ne serait pas une bonne chose – Je vais laisser quand même la parole à l'autorité qui est venue aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon pour ne pas le nommer. – Mesdames, messieurs, chers amis et pour beaucoup d'entre-vous chers camarades, c'est un honneur pour moi d'avoir été invité par vous à prendre la parole devant vous, car ma vie est vouée aux valeurs qui vous unissent et qui sont celles du monde du travail, la solidarité collective, la revendication de dignité personnelle et individuelle liée au salaire qui permet d'assumer son existence et celle de sa famille car la revendication du peuple n'a jamais été autre chose que cette revendication de dignité.

Ici avec cette entreprise ce que nous défendons c'est l'intérêt général. Ce que nous défendons avec cette entreprise c'est la capacité de la France à être à la hauteur de ses capacités intellectuelles et matérielles dont elle regorge, dans cette jeunesse qui est prête à se dévouer, dans ceux qui sont plus anciens et prêts à partager leurs savoirs-faire. Telle est la France du travail.

C'est elle la grandeur et l'espérance de la patrie pour le futur. [Applaudissements] [Ambiance de meeting] – Tu vois ça permet une aspiration à la lutte, tu vois. Je connais bien ça, , j'ai entendu le ton est extrêmement vigoureux, mais je sais que les gars, ils souffrent. [Échanges avec les participants] [voyage] – On a quand même ramené des souvenirs du passé, 2011. 2011, ils voulaient baisser nos salaire de 5% –Je m'en rappelle très bien. – Ouais, nous aussi ! [Rires] – On était nombreux dehors, il y avait du monde, ça arrivait tout ça. – Oui, on était tous en grève, on a fait 2 mois de grève cette année-là pour combattre notre actionnaire : Montupet, qui à l'époque voulait baisser nos salaires de 25%, et qui au final en fait voulait fermer la boîte. – Ah oui, je me rappelle que vous m'aviez expliqué et que vous étiez mal vus parce que vous teniez tête à tout le monde tout le temps. – Oui, mais ça a pas changé ça [Grand éclat de rire] – Ben il y a quand même une prime à la résistance malgré tout. – Enfin ça devient de plus en plus difficile. – Bien sûr ! – Enfin l'actionnariat a changé mais les méthodes n'ont jamais changé, On n'a affaire qu'à un monde de voyous dans l'industrie, et là on en a la preuve.

C'est pour ça que notre culasse en or, reflète ce qui il y a : c'est ces gens sont venus ici faire que du fric. Là l'exemple il est là et ça dure depuis dix ans. Si on avait accepté de baisser nos salaires de 25%, ben on serait dans la même situation, et ça serait encore trop cher ! – Ils vont fermer la seule fonderie qui fabrique des jantes en France, pour aller les fabriquer au Maroc.

Le gain est de 1 à 6 euro par jante, c'est-à-dire que vous gagnez au mieux 25 euros par bagnole. Par contre on regarde pas le trajet… C'est ça leur sujet, donc aujourd'hui pour 25 euros par bagnole on va foutre 300 gars dehors, on va mettre 300 familles en l'air et bousiller la planète et le climat et tout ce qui va avec. – Non mais attendez je blague pas moi, c'est que j'ai besoin de vous.

Parce qu'à quoi ça sert de dire qu'on va faire la bifurcation écologique, qu'on va remettre en route 8000 km de voies ferrées, créer des gares et tout s'il n'y a personne pour faire le boulot ? Pour moi, c'est très important qu'il reste une filière chez nous, si nous on décide qu'on fait tourner la production et que l'on va faire un équipement ferroviaire massif, il faut qu'il y ait des gens derrière pour produire. C'est pour ça que je dis très sérieusement que c'est important pour nous, que ces usines-là elle soient là, qu'elles restent, parce que sinon la moitié de ce qu'on prévoit de faire n'est tout simplement pas faisable !

Tout simplement pas faisable. – Il y a un communiqué de presse du gouvernement qui date du 26 avril et qui dit qu'on va accompagner la filière automobile fonderie avec 50 millions d'€, c'est là-dedans. À aujourd'hui, dans 5 semaines, j'ai 290 personnes qui perdent leur emploi. 290 personnes on leur dit : "c'en est où cet accompagnement" ?

À aujourd'hui on ne l'a pas mis en route ! – Chaque fois qu'on les interroge, chaque fois ils répondent : "mais non, mais c'est pas vrai, tout va bien, l'argent y est" – Tout à l'heure j'ai fait une prise de parole qui est la plus dure depuis toute ma vie de syndicaliste. Fallait que je dise aux mecs : "dans 5 semaines tu as perdu ton boulot, mais continue à travailler pour faire des pièces pour Renault, pour toucher ta prime supra-légale." !

Le bourreau, le bourreau… … Il a fallu que je prenne la décision parce que les salariés me demandent de dire : "Alain on peut pas refuser les 20 000€ de supra-légale" Je suis un syndicaliste j'ai pas à prendre de position par rapport à ma conviction. C'est par rapport à leur ressenti. Et officiellement et devant tout le monde, je dis aux mecs : Je leur ai posé la question, mais tu te rends compte d'une question pour un syndicaliste, dire : " votre bourreau, on va travailler encore pendant 1 mois ½, pour nourrir notre bourreau".

C'est indigne ! Par contre il y a pas un patron, il y a personne qui vient le dire ça ! C'est à un syndicaliste qu'on demande.

Les connards de syndicalistes on leur demande de dire : "pendant 1 mois ½ travaille, fait encore des pièces pour que tu touches 20 000€". On n'a même pas la dignité humaine derrière, c'est-à-dire derrière ces boss ferme ta gueule tu toucheras ton chèque et va pas te plaindre parce qu'il y en a d'autres qui ne l'ont pas. Et ça c'est inadmissible !

Donc j'espère que dans la campagne, une situation comme ça ne doit jamais, ne plus jamais arriver. Ça fait 30 ans que je milite, je crois que c'est la 1ère fois que j'avais une hantise avec cette une prise de parole . J'ai pas de souci, des fois t'es inquiet, t'es machin… Mais là, de dire aux mecs, de dire aux mecs : "Éh les gars vous travaillez encore pendant 5 semaines pour le mec qui va vous licencier, pour que vous touchiez 20000€".

Inadmissible ! Inadmissible ! – Vous verrez, si vous êtes… , votre rôle ce qui est attendu de vous, c'est que vous redonniez du courage aux gens.

Et moi je me disais : "Putain, c'est ça qu'il faut que je fasse", j'avais les boules, je savais pas comment m'y prendre, les mecs, bon d'accord maintenant je suis plus vieux que tout le monde, donc ça me donne un peu un droit, mais c'est un peu dur d'aller dire à des hommes faits à des femmes qui sont dans la mouise jusque-là : "courage relevons la tête, on va changer le monde et tout". Je l'ai fait et c'est pas évident, je l'ai fait. Et après bon ben tu parles parce que c'est des copains, c'est des amis beaucoup d'entre eux je les ai connus il y a dix ans, c'était déjà la merde, la boîte était déjà en train de fermer.

Mais les êtres humains ils sont comme ça, ils ont besoin de savoir qu'il y a un horizon possible. Si tu arrives et que tu enfonces la tête à tout le monde et que tu te crois toi coupable, t'as perdu, t'as perdu ! J'enrage de voir ça, vous verriez les boîtes qu'on voit, c'est des merveilles ce que les gens savent faire.

Et le capitalisme détruit tout ça et les gens avec. Ils foutent 300 personnes au chômage d'accord ? Peut-être encore un millier autour de tout ça pourquoi ?

Pour qu'un carburateur coûte 20€ de moins sur le prix d'une bagnole ! Vous connaissez le prix des voitures vous parce que vous en achetez ? Moi j'en ai pas mais bon, 20€ !

Pour 20€ ils assassinent 1 000 personnes socialement. Dans un coin où il y aura rien derrière hein. – Nos militants de terrain sont aussi une richesse, ils sont tous exceptionnels.

Nous on est pas comme le FN en disant aux militants : "vous ne pouvez pas parler aux journalistes parce que sinon vous allez nous faire honte". Nos militants c'est une fierté, les gens qu'on croise c'est des fiertés aussi, on a fait des rencontres mais c'est… – C'est bien ce que tu dis parce que notre affaire c'est qu'on doit construire une force politique à partir de zéro. Donc pour nous la force c'est d'avancer sur le contenu du programme.

Nous n'avons pas d'autre choix, alors je sais bien c'est compliqué c'est difficile, tout le monde est contre nous, mais mes amis, quand est ce que vous croyez que le capitalisme va vous donner les clés du camion ? En disant : "ah qu'est-ce que vous êtes intelligents, et ben ça me fait plaisir, prenez ce que vous voulez" Bien sûr que non ! De toute façon dans ce genre de situation, il y a la face, par laquelle les choses se décomposent et la face par laquelle les choses se recomposent.

Ce n'est pas vrai que notre peuple est massivement prêt au racisme et à la chasse aux arabes, ce n'est pas vrai, pour ça faut tenir bon. Et tout le temps être en train d'ouvrir des chemins, de montrer qu'on peut faire autrement, qu'il y a le moyen de faire autrement. Voilà moi j'ai assez d'espoir. – Après donc mercredi c'est le procès de "Valeurs Actuelles", suite à la caricature, je ne sais pas si on peut appeler ça une caricature, sur la caricature raciste on peut dire de Danièle Obono, dans "Valeurs Actuelles" ? [Ambiance de manif et applaudissements] – Merci beaucoup les camarades d'être venus aujourd'hui, merci à mes collègues, amis et camarades députés, et puis surtout à vous tous et toutes, je sais qu'il y a beaucoup de gens qui m'ont écrit en disant qu'ils ne pouvaient pas être là.

Ils sont là en pensée, ça compte beaucoup. C'est vraiment très important d'avoir ce soutien si large et si unanime, y compris transpartisans, parce que je crois qu'aujourd'hui se joue quelque chose d'important. On vit en ce moment dans un contexte qui n'a fait que s'aggraver en fait, depuis août dernier, beaucoup s'étaient exprimé en étant choqués par les propos, les images qui humiliaient, qui jouaient tous de les ressorts des fantasmes et de l'imagerie racistes et xénophobes, mais ce que je disais déjà à l'époque, c'était que c'était plus le signal de quelque chose, c'était la normalisation de propos, d'attitudes racistes et xénophobes, et c'est ça qui avait permis à ce journal d'extrême droite de se sentir libre, d'avoir cette attitude.

Et malheureusement ça a continué, on voit aussi aujourd'hui que c'est un climat général nauséabond, toxique, je crois qu'on va faire œuvre de justice, et œuvre collective et œuvre républicaine aujourd'hui, parce qu'il s'agit-là, effectivement aussi de retracer des lignes rouges, et de réaffirmer qu'en république, en démocratie, en France on n'a pas, et on ne tolère pas le racisme et la xénophobie. [Applaudissements] – Quoi qu'il arrive, quoi qu'il se dise, quelle que soit l'ampleur de la résignation, qui peut parfois nous entourer, nous tenons le fanal à la main ! [sur fond musical] C'est nous qui continuons à éclairer la piste.

Oui on peut vivre mieux il n'y a aucune fatalité à être réduit à tant de misère, tant de souffrances, tant de dénuement. Non ! le pays est riche, immensément riche.

D'abord du savoir-faire des gens qui y vivent, et dont les niveaux d'éducation et de qualification sont les meilleurs atouts dont dispose le pays pour se développer. Ne laissez pas la nuit tomber sur votre pays. Des fois c'est pas si difficile que ça.

Convaincre 1, 2, 3 personnes de voter pour notre ligne c'est énorme ! Il n'y a pas de petite mobilisation, il n'y a pas d'engagement vain, il n'y a pas de petite action, personne n'est de trop, personne n'est inutile dans notre combat, quel que soit son âge. Et vous en connaissez autour de nous, qui continuent jusqu'au bout, et à mon avis continueront jusqu'à leur dernier souffle, ces engagements, parce qu'ils savent que l'engagement est utile, parce que c'est l'engagement qui change le monde.

Parce que c'est cette petite partie du don de soi, quelle que soit la difficulté qu'on rencontre dans sa propre existence, qui contribue à cette part de bonheur qui peut se répandre, qui sans cela ne se répand pas. Oui nous sommes un autre monde ! Oui nous sommes la résistance au monde capitaliste.

Oui nous sommes le parti de la libération des êtres humains, des chaînes de l'argent et nous n'avons pas peur de le dire. [Applaudissements] [Chœur des esclaves de Verdi par une chorale d'enfants] [– Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -] [Fin du Chœur des esclaves de Verdi]