La nouvelle Europe de Macron #cdanslair 05.03.2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 49 %Attaque 29 %Défensif 19 %
Questions et réponses
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- 3:05OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que la France peut apporter comme outil sur l'établi pour réparer l'Europe ?
- 4:38RelanceRéponse directe
Quel est le message qu'il envoie aujourd'hui ?
- 5:36OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il a démontré avec cette tribune ?
- 6:57FerméeRéponse partielle
Il entre en campagne avec ce texte-là ?
- 9:40FerméeRéponse directe
Est-ce que ses prédécesseurs s'étaient autant engagés dans des scrutins aux européennes ?
- 10:21OuverteRéponse directe
Il y a eu des réactions ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:57PrésentateurFait
« Emmanuel Macron se lance donc dans la campagne des européennes avec un mot d'ordre désormais, défendre une Europe qui protège. »
- 3:50InvitéFait
« Il avait, dans son discours de la Sorbonne, milité pour des listes transnationales européennes. »
- 4:40InvitéFait
« Le message qu'il envoie, c'est de dire, il ne faut pas abandonner l'Europe. »
- 6:00InvitéFait
« En Marche a dit que le parti lancerait vraiment la campagne le 30 mars, mais il y a le Brexit avant, donc il fallait qu'il prenne position avant. »
- 8:47PrésentateurFait
« Je pense qu'il se pose un initiateur d'un débat qui doit avoir lieu. »
- 12:12PrésentateurFait
« Emmanuel Macron tente de se poser en moteur de l'Europe avec une tribune qu'il signe seule, remise à plat de Schengen, Banque européenne du climat, Conseil européen de sécurité intérieure. »
- 14:11PrésentateurFait
« Emmanuel Macron défend sa vision d'une Europe qui protège. »
- 14:14PrésentateurFait
« Nous devons remettre à plat l'espace Schengen. Tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité, contrôle rigoureux des frontières et de solidarité. »
- 15:10PrésentateurFait
« En France, les réactions de ses détracteurs sont unanimes : il faut comprendre qu'Emmanuel Macron est toujours l'homme des discours. Mais il n'est pas l'homme des actes. »
- 15:39PrésentateurFait
« Est-ce qu'il va réformer Schengen de l'intérieur ou de l'extérieur ? »
- 16:47PrésentateurFait
« Le mot de protection revient depuis longtemps maintenant dans son discours, national comme européen. »
- 17:00PrésentateurFait
« Sur l'immigration, les frontières extérieures réaffirmées comme le combat à mener, et non les frontières intérieures de chaque pays. »
- 18:26InvitéFait
« Pour moi la souveraineté c'est au niveau européen. »
- 22:45PrésentateurFait
« Quand il parle de remettre à plat l'espace Schengen, au début, je la lis, je me dis, tiens, c'est Nicolas Sarkozy en 2012, le discours de Villepinte, on parle de réviser Schengen. »
- 36:16InvitéFait
« Alors c'est un salaire minimum adapté à chaque pays. »
- 36:21InvitéFait
« Il n'est pas en train de dire « Mais Macron, il faut un SMIC avec le même niveau partout. » Absolument pas. »
- 37:03InvitéFait
« on s'est mis d'accord sur les salaires, il faudrait se mettre d'accord sur les cotisations sociales pour qu'elles soient préégales entre les pays. »
- 40:41InvitéFait
« Laurent Wauquiez a beaucoup évolué, contrairement à Emmanuel Macron. Il a été très européen et puis tout d'un coup, on l'a vu faire un pamphlet absolu anti-européen en disant qu'on ne peut plus continuer comme ça. »
- 40:50InvitéFait
« Il a été aussi en train de remettre en cause aussi le noyau dur de la construction européenne en disant qu'il ne fallait plus s'entendre avec certains pays fondateurs de l'Europe. »
- 43:50PrésentateurFait
« Agnès Buzyn a été la belle-fille de Simone Veil donc ça lui ajoute une dimension symbolique. »
- 44:00PrésentateurFait
« Nathalie Loiseau est dans le cœur du sujet mais peut-être un peu trop technocrate. »
- 47:47InvitéFait
« on a le droit d'avoir un avis qui diverge des éléments de langage du gouvernement »
- 47:49InvitéFait
« ce traité organise le fait qu'on va partager notre siège permanent c'est faux »
- 48:31InvitéFait
« évidemment qu'il faut faire entendre au sein de ce Parlement Européen une voix eurosceptique »
- 56:24InvitéFait
« la constitution fait du président de la République le numéro 1 au niveau national et on voit aussi que sur la scène européenne c'est d'ailleurs le raisonnement de Raffarin en disant il vaut mieux l'action est plus importante et intéressante quand on est chef de président de la République que quand on est chef de parti »
- 56:50PrésentateurFait
« Il a fait le discours d'Athènes, le discours de la Sorbonne, la réforme modeste des travailleurs détachés, des tas de sommets européens »
- 1:01:00PrésentateurFait
« on peut construire ce serpent et tout doucement resserrer les frontières pour qu'un jour entre ces limites on aille vers un SMIC européen qui ne soit pas identique évidemment à Athènes ou à Stockholm mais qui participent de la même logique »
Temps de parole
- Présentateur60 %
- Invité16 %
- Invité 215 %
- ?4 %
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Bonsoir
à toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Une tribune publiée dans 28 pays simultanément et un engagement, la renaissance de l'Europe. Emmanuel Macron se lance donc dans la campagne des européennes avec un mot d'ordre désormais, défendre une Europe qui protège. La droite pointe l'absence d'ambition sur l'immigration. La gauche dénonce un président libéral en France qui réclame un bouclier social sur la scène européenne. Le chef de l'État conserve dans sa ligne de mire ceux qu'il appelle les exploiteurs de colère.
Les nationalistes européens et en particulier le Rassemblement National Naturellement au moment où, dit-il, l'Europe est en danger. Avec cette campagne, le président continue son opération de s'abordage des républicains. Jean-Pierre Raffarin le rejoint pour cette bataille. La nouvelle Europe de Macron, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste politique à l'Express. Votre édito du jour sur le sujet est intitulé Macron. Une tribune et après. Françoise Fressoz, vous êtes journaliste éditorialiste au quotidien Le Monde. Votre édito du jour sur le sujet élection européenne 2019. Le retour aux fondamentaux de Macron.
Clémentine Faurissier, vous êtes journaliste spécialiste des questions européennes. Vous êtes rédactrice en chef du journal en ligne Contexte. Enfin, Dominique Régnier, vous êtes professeure à Sciences Po. Je cite votre livre « Où va la démocratie ?
»
publié chez Plon. Je rappelle que vous êtes directeur général de la Fondation pour l'innovation politique. Bonsoir à tous les quatre.
Merci de
participer à ce C'est dans l'air en direct. On va parler naturellement des propositions du Fonds. Mais d'ailleurs, juste un mot pour commencer sur la forme. Une tribune
signée
par un seul président qui s'adresse aux 28 pays européens. C'est assez singulier.
C
'est inédit. C'est même un peu risqué. Ça pourrait apparaître comme péremptoire, comme la France une fois de plus donneuse de leçons qui essaie d'imposer ses vues aux autres pays européens. Je pense que ce n
'est
pas le cas parce que le contenu du texte est extrêmement pragmatique. On est loin d'une déclaration grandement idéologique avec des emphases. Et je pense que c'est plus habile d'avoir procédé ainsi en allant toucher un maximum de gens par leur quotidien habituel plutôt que d'avoir tenté un grand discours dans une grande cérémonie européenne avec une grande mise en scène. Mais habituellement, les tribunes, on les signe avec Angela Merkel. Oui, mais l'Allemagne n'est plus dans une position politique où elle peut être locomotive de l'Europe. Et on voit bien qu'Angela Merkel est complètement depuis bientôt deux ans repliée sur sa sphère nationale, sur ses problèmes nationaux.
Et le couple franco-allemand peut effrayer peut-être plus que l'initiative d'un seul pays. Macron profite encore un peu de l'aura qu'il avait au début de son mandat et qui lui permettait d'être une sorte de vedette internationale. Et le discours de la Sorbonne avait été largement écouté par ses pairs européens comme une espèce de nouvelle profession de foi de ce nouveau président si jeune et de cette France si surprenante. Là, aujourd'hui, on est beaucoup plus du côté de la boîte à outils. Qu'est-ce que la France peut apporter comme outil sur l'établi pour réparer l'Europe ?
Alors, je vais un peu provoquer, mais est-ce qu'il se fait plaisir, Emmanuel Macron, en faisant une tribune publiée dans 28 pays, en laissant entendre qu'il serait encore le patron de cette Europe qu'il a voulu progressiste ? Ou est-ce qu'il, vraiment, la parole d'Emmanuel Macron est attendue ? À votre avis, Françoise Fressos, dans les autres pays européens ?
Alors, il y a, de toute façon, dans sa démarche, quelque chose qu'on avait déjà trouvé dans le discours de la Sorbonne, qui est l'idée qu'on ne peut plus construire l'Europe
en
dehors des peuples. Et qu'il faut arriver à s'adresser au-delà du Sénacle européen, de ce cercle de la Commission, du Conseil, de ces organismes qui semblent très, très, très éloignés des gens. Il avait, dans son discours de la Sorbonne, milité pour des listes transnationales européennes. Donc, il est,
sur
ce point-là, dans la logique de se dire, je fais une vraie campagne européenne, c'est-à-dire que je m'adresse au peuple des 28 pays, y compris le Royaume-Uni, qui pourrait partir du... Voilà. Donc, ça, il est assez logique. En même temps, je pense qu'il avait besoin de corriger des choses par rapport à son discours de la Sorbonne, et notamment, cette idée qui était, au fond, dans la continuité de ce qu'avait été la politique française, de dire, on va tout miser sur le couple franco-allemand, et on va essayer de faire émerger une Europe autour de la zone euro, bien intégrée, qui marchera bien.
On sent que, depuis deux ans, ça, ça cafouille, notamment parce qu'Angela Merkel, Christophe Barbier, l'a dit, n'est pas au rendez-vous, et puis, peut-être parce qu'aussi, d'autres sujets sont remontés de façon beaucoup plus forte que l'économie, c'est notamment l'immigration, tous les accords de Schengen et toute la crise qui s'est développée
avec l'Italie. Mais quel est le
message qu'il envoie
aujourd'hui ? Donc, le
message qu'il envoie, c'est de dire, il ne faut pas abandonner l'Europe.
Je
pense qu'il prend aussi à son compte un certain nombre de la thématique populiste,
c
'est-à-dire le besoin de protection, le très fort besoin de protection, peut-être aussi quelques éléments protectionnistes,
c
'est-à-dire l'Europe doit se protéger par rapport à l'extérieur. L'idée aussi qu'au fond, on construit l'Europe avec les peuples et pas dans leur dos, et que donc, c'est une façon aussi d'éviter un peu le procès qu'on aurait pu lui faire, de dire, vous êtes un candidat qui défend une Europe fédérale, éloignez des peuples, je suis à l'écoute et je vais essayer de répondre très pragmatiquement, c'est ce que dit aussi Christophe Barbier, très juste, on va faire du pragmatisme sur quelques
sujets clés de votre préoccupation. On va y venir, je vous assure
sur le fond, parce qu'il y a pas mal de choses dans cette tribune, mais c'est sur la démarche, la démarche de décider seul qu'on va faire une tribune qui s'adresse au peuple des 28 pays. Qu'est-ce qu'il a démontré ? On aurait pu penser, il y a quelques semaines, ici même sur ce plateau, que la campagne européenne, elle était limite secondaire dans le climat, de la crise des gilets jaunes. Dans quel moment il est là, Emmanuel Macron ? Il rappelle aux Européens,
que
c'est lui le patron, je le dis comme ça, mais c'est pas ce qu'il dit dans cette tribune-là. Il rappelle aux Français que la vie continue et que la campagne est en marche. Dans quelle logique il est ?
Alors, il est dans une logique où il y
a
le Brexit le 29 mars. En Marche a dit que le parti lancerait vraiment la campagne le 30 mars, mais il
y a
le Brexit avant, donc il fallait qu'il prenne position avant, qu'il fasse un point par rapport au discours de la Sorbonne. Sa tribune,
elle
est quand même plus resserrée que le discours de la Sorbonne, qui était un discours vraiment fleuve, qui avait duré près de deux heures, où il y avait une multitude de thèmes abordés. Là,
c
'est plus resserré, plus concret, effectivement, ça s'adresse aux citoyens dans une perspective d'espace public européen. Il n
'a
pas eu les listes transnationales, là, il s'adresse directement à eux. Il y a effectivement une certaine forme de logique, et on est aussi dans le moment grand débat. À la fin de la tribune, on en reparlera peut-être, il veut créer cette convention pour l'Europe, et ce n
'est
pas juste une convention, il parle de panel citoyen, etc., ça fait penser au grand débat. Il y
a
aussi un autre aspect, peut-être qu
'on
y reviendra, c'est qu'il cherche des alliés, Emmanuel Macron. Là, c'est aussi de manière peut-être de donner des gages à des futurs alliés potentiels au Parlement européen. Pour l'instant, on ne sait pas, objectivement, avec qui En Marche va s'allier. Et là, c'est une manière de dire, voilà sur quoi je pourrais vous
proposer des... Il entre en campagne, on va le dire
autrement, je vous pose la question autrement. Il entre en campagne avec ce texte-là ?
Il entre en campagne, après, ça va bien au-delà des européennes, ce qu
'il
propose là, en réalité. Ce n
'est
pas juste un programme de ce que pourrait faire un Parlement européen, ça va vraiment bien au-delà.
Dominique Régnier. Moi,
je
suis quand même frappé par, ça a déjà été souligné, mais le geste qui est tout à fait inédit.
C
'est la première fois qu'un chef d'État écrit à travers la presse des États membres, plus le Royaume-Uni, qui n'est pas oublié dans cette publication. À travers cette presse, il écrit au peuple. C'est une façon aussi de rappeler le rôle de la presse comme intermédiation dans un moment où, au fond, beaucoup d'intermédiations sont critiquées. Je ne dis pas que c'est l'objectif, mais enfin, ça le rappelle en tout cas avec force. Moi, je soulignerai le caractère inédit. Je trouve que c'est extrêmement important. C'est l'anniversaire de l'élection en 2019 de ce Parlement au suffrage universel direct, depuis 1979.
Le constat qui sous-tend ce texte, c'est une Europe en danger, je pense que c'est vrai. Je ne pense pas qu'on puisse dire qu'il exagère, ni qu'au fond, il n'y a pas de raison de s'inquiéter. Et l'attaque du texte, c'est quand même citoyen d'Europe.
C
'est ça. Pour ceux qui aiment l'Europe, c'est magnifique. C'est-à-dire, c'est une façon de dire aux Européens, je m'adresse à vous en tant que citoyen de cet ensemble politique qu'est l'Europe, si peu souvent convoqué pour faire de la politique, pour vous exprimer, pour choisir. Donc, c'est un geste, de ce point de vue-là, particulièrement, je trouve, bienvenu. Mais j'ajouterai ceci qui est que,
si
vous n'avez pas
cette
initiative d'Emmanuel Macron, je ne crois pas, moi, qu
'il
se pose un patron de l'Europe. Je pense qu'il se pose un initiateur d'un débat qui doit avoir lieu. Et
lance
la campagne,
mais
pas simplement en France, sur la scène européenne. On a besoin de ça en Europe. S'il n
'y a
pas cette initiative, ce n
'est
pas Angela Merkel qui peut le faire. Christophe Barbier l'a dit. Elle ne peut pas. Mais qui d'autre ? Personne. Personne. Et donc, qu'est-ce qui va se passer s'il n'y a pas cette initiative ? Qu'est-ce qui va se passer ? Comme d'habitude, les élections européennes, ce seront des élections strictement nationales, où on va exprimer son mécontentement national à l'égard de ses gouvernants nationaux. Et généralement, ça se termine par un bon score pour les partis protestataires qui ne savent pas grand-chose de ce qu'il faut faire, mais qui savent comment défaire.
Et donc, on se retrouverait à la fin avec une espèce de tohu-bhu habituel qui ne ferait rien avancer, mais qui fragiliserait encore les démocraties
en Europe.
C'est son rôle de chef d'État de se lancer dans cette opération-là. Est-ce que ses prédécesseurs s'étaient autant engagés dans des scrutins aux européennes
?
Ce n
'était
pas le même contexte.
Non, non,
mais j'ajouterais que c'est vraiment ce qui va le caractériser. Je pense que pour la France,
c
'est un rôle historique. Pour Emmanuel Macron, c'est une présidence qui se caractérise par cet engagement-là. Le discours de la Sorbonne a déjà été signalé. Je veux juste dire que je comprends qu'on ne l'ait pas lu, tout le monde ne
l
'ait pas lu, mais il se trouve que je l'ai lu, je l'ai même donné à mes étudiants comme sujet. Enfin, il
y a
un extrait, je vous rassure. Mais c'est quand même un discours très riche sur la question de la souveraineté des Européens. C'est une question clé, indubitablement. On va y revenir encore une fois aussi sur le discours de la Sorbonne et pour étudier les changements qu
'il
y
a
pu avoir avec cette tribune-là. Mais juste un mot, il y a eu des réactions ? Ici, adressées aux 28 pays, mais il
y
a eu des réactions ? Angela Merkel, elle a dit un mot. Les autres leaders européens ont réagi ?
Alors, Angela Merkel n'a pas réagi, elle. Son porte-parole, je crois, dans le point presse quotidien, a fait une déclaration, mais qui vraiment ne mangeait pas de pain pour dire on prend acte, etc. Il n
'y
avait pas de vraie déclaration de côté d'Angela Merkel, ce qui n
'est
pas extrêmement étonnant, parce que comme vous l'avez rappelé, d'une part, elle est de CDU, donc il faut quand même dire qu'au plan européen, elle n'est pas dans le même camp aujourd'hui théoriquement qu'Emmanuel Macron, même si Emmanuel Macron n'a pas encore vraiment choisi son camp, on ne sait pas exactement où ils seront.
Ils sont du côté des
progressistes,
c'est ce que vous le dit Emmanuel Macron. Oui, mais avec
qui vont-ils s'allier ? Enfin, ça, c'est vraiment un des enjeux. Mais il y a eu des réactions. Les libéraux qu'on pouvait attendre, c'est-à-dire le belge, le luxembourgeois, Guy Verhofstadt, donc le président du palais des ADLE centristes libéraux au Parlement européen, ont réagi. Il y a eu des réactions à gauche aussi. Mais pour dire quoi ? Pour
dire bravo ? Pour dire on salue,
bravo, des réactions enthousiastes, en fait, pour dire c'est positif d'avoir cet élan, on valide la direction. Après,
il
y
a
eu des réactions de la gauche aussi. Donc ça, c'est intéressant. Le Premier ministre espagnol a repris les trois piliers qui sont mentionnés par Emmanuel Macron, qui sont protection, liberté et le dernier méchant progrès, évidemment. Il y a eu aussi le ministre de l'Économie allemand. Alors là, ce qui est intéressant, c'est qu'il est SPD dans la grande coalition. Et lui, il est toujours un peu bloqué, c'est-à-dire que notamment sur la réforme de
la zone euro,
c'est la gauche allemande, etc. Et il y
a
eu des réactions côté hongrois, qui
sont
des fervents opposants d'Emmanuel Macron, pour dire de toute façon, cette tribune, c'est pro-immigration. Emmanuel Macron est un homme qui défend l'immigration. On n'est pas de ce bord-là. On passe notre chemin. Voilà, ce n
'est
pas notre politique.
En tout cas, une nouvelle fois, Emmanuel Macron tente de se poser en moteur de l'Europe avec une tribune qu'il signe seule, remise à plat de Schengen, Banque européenne du climat, Conseil européen de sécurité intérieure, une série de propositions et une ambition, la renaissance de l'Europe. Magali Lacroze, Émilien David et Emmanuel Bach.
La
correspondance du président français, traduite en 24 langues, publiée simultanément ce matin dans les journaux des États membres de l'Union européenne. Emmanuel Macron s'adresse, écrit-il, aux citoyens d'Europe
pour
une renaissance européenne.
Pas
un manifeste de campagne selon l'Elysée, pourtant, cela y ressemble beaucoup.
À
trois mois des élections européennes, Emmanuel Macron agite le chiffon rouge du Brexit, façon de justifier l'urgence de sa tribune.
Qui
a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l'accès au marché européen ? Le repli nationaliste ne propose rien. C'est un rejet sans projet et ce piège menace toute l'Europe. L'offensive reconquête de l'Europe avait déjà commencé 24 heures plus tôt, dimanche soir, sur les écrans de la télévision italienne. Emmanuel Macron est interviewé par un journaliste star de la RAI. Le président français change de ton. Il ne sera plus question des récentes tensions avec le gouvernement italien. Emmanuel Macron déclare sa flamme.
C'est ce amour, ce fascinant, ce respect réciproque. Mais nous
avons
aussi oublié qu
'il
devait continuer à essayer de comprendre.
Et
pour terminer, une déclaration d'amour face caméra, en version originale.
Tentative de réconciliation à l'italienne.
Et
ce matin
donc,
des
propositions concrètes publiées dans les journaux européens. Emmanuel Macron défend sa vision d'une Europe qui protège.
Nous
devons remettre à plat l'espace Schengen. Tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité, contrôle rigoureux des frontières et de solidarité. Une même politique d'asile. Emmanuel Macron met l'accent sur la protection des frontières. La protection économique aussi contre les entreprises qui porteraient atteinte aux intérêts stratégiques européens.
Et
sur une protection par la défense et le renseignement.
Cet
après-midi, devant les chefs des services de renseignement européens.
Construire l'Europe qui protège,
c
'était aussi, soulignait Jalas Sorbonne, nous donner les moyens de progresser sur ce qui est le socle
de
la sécurité de nos États et une des clés de leur souveraineté.
Je
veux parler, bien sûr, du renseignement.
Emmanuel Macron multiplie ses interventions européennes ces dernières 48 heures et tente de se poser en rassembleur de l'Europe.
En
France, les réactions de ses détracteurs sont unanimes. Il faut comprendre qu'Emmanuel Macron est toujours l'homme des discours. Mais il n'est pas l'homme des actes. Et ce qu'il propose de faire en Europe, c'est ce qu'il défait précisément en France. Emmanuel Macron
parle de protéger notre continent. Et il ne dit rien sur l'immigration massive, rien sur l'islamisme. Comme toujours, on parle, on cache les sujets difficiles et rien ne change.
Et
pour le Rassemblement national, la réforme proposée de Schengen ne va pas assez loin.
Est
-ce qu'il va réformer Schengen de l'intérieur ou de l'extérieur ?
Parce
que si on compte sur l'Europe,
vu l'état de Frontex, vu la manière dont les flux ont été gérés, on n'aura pas de grande solution.
Il
faut en réalité réformer
les frontières
de
l'intérieur et de l'extérieur. Et ça, il ne semble pas l'avoir admis.
La campagne européenne est bel et bien lancée.
Et
nous reprenons notre discussion avec cette question. En voulant réformer l'Europe en profondeur, Macron n'admet-il pas que les critiques des eurosceptiques sont en partie fondées ? Comme toujours, c'est la vieille phrase de Laurent Fabius. Les extrémistes apportent de mauvaises réponses à des vraies questions. Et c'est vrai que la question de la protection, pas seulement par rapport aux frontières extérieures et à l'immigration, mais par rapport aux hackers, il y a des passages sur la sécurité numérique, par rapport à la mondialisation qui a chamboulé les règles, qui fait que de grandes entreprises peuvent s'asseoir sur les règles de fiscalité de nombreux pays.
Tout cela, ça appelait des réponses. Les réponses européennes ont tardé à venir, c'est évident. Les réponses des gouvernements en désordre ces dernières années ont été inefficaces. Donc il faut complètement entendre cette peur-là.
Mais il l'entend ou pas dans la tribune ? Oui, il l'entend. Il le dit.
Il l'entend. Le mot de protection revient depuis longtemps maintenant dans son discours, national comme européen. Le tout, c'est de trouver des solutions. Et l'intérêt de ce texte,
c
'est de proposer, derrière des organigrammes, derrière des agences, derrière des structures, de proposer des buts de solutions. Par exemple, sur l'immigration, les frontières extérieures réaffirmées comme le combat à mener, et non les frontières intérieures de chaque pays, qui se rétabliraient pour pallier la passoire européenne. Alors encore faut-il que les 10 000 policiers nécessaires,
et
déjà évoqués, soient vraiment créés, constitués, rassemblés et formés. Encore faut-il que les pays concernés soient aidés, soient conscients de leurs responsabilités. Mais on a quand même un pas vers le pragmatique.
C
'est pour ça que nous avons choisi d'intituler ce soir la nouvelle Europe de Macron. Qu'est-ce qui a changé ? Dans son discours, il est arrivé aux responsabilités, et c'était assez inattendu, en portant un discours très pro-européen, il parlait de fédéralisme. Est-ce qu'il y a eu une inflexion dans le discours, justement parce que l'Europe des colères, l'Europe des peuples s'est faite entendre dans les derniers scrutins ? Alors,
je pense que son ambition européenne, c'est-à-dire l'idée de dire que dans une mondialisation très compliquée, parce qu'on a notamment la nouvelle attitude des États-Unis, on a la menace russe,
que
l'Europe ait la dimension pertinente pour compter dans le monde, ça, ça reste fondamentalement dans sa pensée, ça prolonge toute la politique intérieure française. Il y a des moments, notamment sur la défense, le bon niveau d'adaptation au monde, c'est l'Europe. À partir de là, moi je sens quand même des grandes inflexions, et beaucoup de thèses « souverainistes » qui progressent, et effectivement, qu'est-ce que c'est que la souveraineté ? Donc il la récupère en disant « pour moi la souveraineté c'est
au
niveau européen ». La protection, oui, donc on fait un peu de protectionnisme, notamment avec les pays qui ne respectent pas l'écologie. Oui, on est beaucoup plus dur effectivement avec les groupes qui échappent à l'impôt. Oui, on fait attention aux peurs, et donc on est sur la politique migratoire beaucoup plus ferme qu'avant. Mais alors ce qui change beaucoup, c'est qu'on n'est plus du tout dans la vision européenne assez fédéraliste, où tout se constitue autour du coup franco-allemand, dans une zone euro qui serait revitalisée. On est plutôt sur des coopérations par sujet, vous voyez, des coopérations variables.
C'est d'ailleurs ce qui se passe un peu aujourd'hui sur Schengen, c'est-à-dire les pays qui veulent avancer plus pour faire un espace protégé Schengen avec un droit d'asile harmonisé et des frontières renforcées, le font. Ceux qui veulent aller plus loin sur le militaire, le font aussi, et là il intègre la Grande-Bretagne. Donc on a plutôt l'impression d'une Europe à la carte, selon les politiques, et on n'est plus du tout dans cette idée de fédéralisme autour de deux pays. Il n
'y a
aucune mention aussi sur ce qui est assez aboré en ce moment, c'est-à-dire la Commission européenne, toutes les instances un peu technocratiques ne sont pas du tout dans son discours. Et donc son idée,
c
'est de dire, écoutez,
il
y a des valeurs démocratiques à défendre en Europe, il y
a
des politiques concrètes à mener, et je propose un nouveau mode d'emploi. Donc c'est assez nouveau, il fait un peu une synthèse entre la demande souverainiste et tout ce qui a fait un peu le passé de l'Europe,
c
'est-à-dire cette Europe qui se construisait pas à pas, un peu en dehors des peuples, parce que les peuples n'étaient pas toujours d'accord. Là, il essaye de raccorder le tout dans une démarche assez nouvelle.
Il y
a
des choses qui
ont
disparu, et vous l'avez souligné, du discours de la Sorbonne que j'ai soulagé, ça commençait quand même avec l'idée d'une plus forte convergence avec l'Allemagne. Vous disiez, il a un peu changé de braquet, est-ce que c'est parce qu'il a eu des déconvenues et qu
'il
s'est rendu compte que faire bouger les lignes à 27, 28, c'était compliqué ? Il y
a
eu quelques sujets sur lesquels il a buté Emmanuel Macron. Il change de méthode aussi.
Sur
la zone euro, par exemple, il n
'y
a rien dans cette tribune. Il n
'y
a absolument rien. Clairement, depuis qu'il a mis ce sujet sur la table, il n'a pas réussi à faire beaucoup avancer les choses. Les Allemands freinent, et c'est toujours la volonté française qui s'oppose à l'idée allemande que peut-être on va devoir payer pour les autres. Je veux dire, là-dessus, on n'a quand même pas beaucoup évolué. Effectivement, il est moins dans ce schéma franco-allemand. Encore une fois, il est en campagne. Donc, il ne va pas forcément aller faire campagne avec Angela Merkel. Il cherche des alliés, et il cherche des alliés pour le long terme. Et effectivement, il cherche des alliés pour faire des majorités, ce qu'ils appellent en marche des majorités de projets.
C'est-à-dire sur tel et tel sujet, sur qui on peut compter.
Alors, sur qui peut compter ?
Mais pour moi, et ça, peut-être qu
'on
l'abordera après, c'est la vraie question. C'est qu'aujourd'hui, tout ça,
c
'est quand même un peu encore incantatoire. C'est-à-dire qu'on ne sait pas sur qui Emmanuel Macron compte au niveau européen. Alors, on sait qu'il y
a
les Belges, le Luxembourgeois, etc. Mais qui sont vraiment les autres ? Est-ce qu
'il
va travailler un peu avec les verts allemands ? Est-ce qu'il va s'appuyer sur une partie du SPD si les sociodémocrates se rallient au Parlement européen ? Tout ça, ça n'a vraiment pas bougé. Moi, je relis mes notes d'il
y
a un an et demi. Aujourd'hui, rien n'a
vraiment évolué. Vous
iriez jusque-là ?
Il est isolé ?
Je ne
dis
pas qu'il est seul. Je dis juste qu'on ne sait pas exactement quelle va être sa stratégie. Et il y a une réalité pragmatique derrière tout ça, c'est qu'en fait, il y a énormément d'incertitudes sur les mois qui s'annoncent. On ne sait pas à quel point les sociodémocrates vont faiblir. On ne sait pas si les Britanniques seront toujours dans l'UE au moment où il y
aura
les élections. Théoriquement, non, mais franchement, aujourd'hui, il y
a
encore une incertitude. On ne sait pas encore, et ça, c'est un autre élément de contexte qui est intéressant sur ce qui se passe en ce moment, si le PPE aura encore dans ses rangs Victor Orban,
de
reconfiguration.
C'est
la
droite
européenne. Ce que
je veux dire, c'est que moi, je trouve que cette tribune, elle est vraiment dans la droite ligne de la Sorbonne, en plus resserrée. Je ne trouve pas vraiment qu'il y
a
un changement fondamental de cohérence. Et je trouve aussi qu'elle est assez classique sur certains thèmes abordés par les présidents français en exercice. L'histoire de concurrence, de protection de l'industrie, de réciprocité, etc. Franchement, vous regardez des discours de François Hollande, vous regardez des discours de Nicolas Sarkozy,
c
'est des thèmes qui, au moment où les présidents français sont en exercice, reviennent régulièrement. Ils n
'ont
pas tous forcément les mêmes solutions, mais ça revient. Et sur Schengen, il est aussi habile, Emmanuel Macron. Il fait du en même temps dans sa tribune, parce que la phrase de démarrage, quand il parle de remettre à plat l'espace Schengen, au début, je la lis, je me dis, tiens, c'est Nicolas Sarkozy en 2012, le discours de Villepinte, on parle de réviser Schengen. Et puis juste après, hop, en fait, ce qu'il dit, c'est, attention, Schengen, c'est responsabilité et solidarité.
Et ça, c'est directement adressé aux Hongrois et aux Italiens, pour dire, voilà, d'un côté, vous, vous devez contrôler l'arrivée sur votre sol, et de l'autre, vous, les Hongrois, vous devez prendre des quotas de migrants. Et juste pour conclure, pour moi, cette tribune, c'est vraiment, à nouveau, on martèle, c'est l'Europe, stop ou encore. C'est nationaliste contre progressiste.
On y est encore. Pour moi, on y est
encore. On avait pensé qu'on avait mis ça de côté. Là, clairement, c'est ce qui dit tout, dans tout le début de la tribune,
c
'est vraiment ce message-là qui fait passer.
C'est à eux qui s'adressent. Comment est-ce qu'ils les appellent ? Il a une formule pour
les exploiteurs de la colère. Les exploiteurs de la colère,
dont le projet n'est que le rejet
de
mes crédits. Pardon, mais c'est vraiment rater le texte que d'en tirer
cette conséquence
-là. Ah ben non, on a le
droit.
On a le droit, bien sûr. Moi, je vous
dis que mon analyse, c'est qu'on rate le texte si on tire cette conclusion-là. C'est précisément le virage qui est opéré ici. D'abord, on ne peut pas reprocher au président de
la
République de tenter quelque chose dans une Europe qui se délite. Le Brexit,
ce
n
'est
pas lui, donc il n'en a pas fixé les modalités. Il ne
l
'a pas voulu. Mais Orban, la réaction qui a été évoquée par les rongrois tout à l'heure, outre que le président français n'écrit pas au président ou au Premier ministre, mais au peuple des pays membres de l'Union européenne, Orban, il est plutôt, à mon avis, rassuré par un texte comme celui-là, ainsi que Salvini. Ce sont les éléments d'un nouveau compromis. Quand vous avez une phrase qui dit
«
Je crois, face aux migrations,
à
une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières », qu
'est-ce que c'est, ça,
sinon, un pas important vers cette Europe que Salvini et Orban appellent de leur vœu ? C'est-à-dire,
beaucoup
plus, en réalité, attentive à la régulation des entrées et des sorties, comme à la défense des valeurs. Il y a tout un paragraphe où le mot « frontière »
n'est pas
seulement est prononcé, mais est considéré comme la condition même
de
la communauté politique européenne.
C
'est la première fois, là, c'est important, c'est la première fois qu'à mon avis, une espèce de vérité profonde qui était jusqu'ici portée à part, justement, ceux qui sont considérés comme des illibéraux, c'est la première fois que cette vérité-là, c'est-à-dire que les peuples ne peuvent pas exister s'il n'y a pas de frontière qui limite leur communauté qui fixe un dedans et un dehors, avec des droits et des devoirs, c'est la première fois que c'est reconnu, et c'est reconnu ici par le président français dans cette lettre. Donc
c'est considérable.
Ça veut dire que, un, vous voyez un vrai virage et vous voyez un président qui, d'une certaine manière, entend, on dit la colère des peuples par facilité, mais cette colère des peuples qu'on a vue en Italie, en
Hongrie...
Et d'ailleurs, il dit, pardon, mais il dit aussi deux choses, il dit que l'Europe est menacée par ceux qui mentent au peuple comme elle est menacée par ceux qui ne respectent pas ou n'écoutent pas les peurs et les colères du peuple. Il donne les deux aspects du problème. Et de certaine manière, lui-même, il était jusqu'ici plutôt du côté de ceux qui n'arrivaient pas à entendre cette difficulté qu
'ont
les Européens à deviner leur avenir dans une Europe passoire dont les valeurs semblent fouler au pied. Là, il répond, il fait un pas important. C'est vraiment un élément nouveau et significatif. Et je ne vois pas pourquoi, sur ce point-là, les Européens avec lesquels il s'est fâché maladroitement ne seraient pas en mesure de lui dire « Nous aussi, on va faire un pas » ou alors, bon, il est possible qu
'il
n
'y ait
pas du tout l'intention de préserver l'Europe. Mais ce n
'est
pas ce que dit Orban dans ses discours.
Il
dit qu'il y tient beaucoup et qu'il en dépend lui-même beaucoup. Il
ne veut
pas en sortir. Il ne
veut
pas en
sortir. Il
dit « Nous ne sommes rien. Je n'ai que 20 000 hommes à opposer à une armée qui m'attaquerait. Si sans l'Europe, je ne suis rien. » Donc c'est très clair. Mais là, il y a vraiment des éléments qu'il ne faut pas les sous-estimer parce que sinon, on va rater cette initiative. Alors,
ça voudrait dire que
le clivage progressiste nationaliste demeure. Il s'adresse quand même à ces pays-là, à cette Europe-là. Mais il arrondit les angles.
Dans
une Europe où il y a des frontières défendues, des valeurs défendues, une puissance publique. Parce que c'est ça aussi la réponse qu'il imagine et qui est une réponse attendue. Qui peut me protéger si je suis un citoyen d'un pays d'Europe ? Une puissance publique à la taille de l'Europe. Ça, c'est le discours. Après, quand on regarde les propositions,
on
se dit « Tiens, revoilà l'Europe telle qu'on la connaît. Conseil européen de sécurité intérieure, Office européen de l'asile, Agence européenne de protection des démocraties, Banque européenne du climat. » Et Force sanitaire
européenne. Et Force sanitaire européenne. On
se dit « Tiens, revoilà les agences
européennes et les inzins. » On
voit revenir la technocratie, on voit revenir la bureaucratie. Mais au moins, ça donne l'avantage, ces appellations, de montrer les problèmes et d'expliquer qui va pouvoir s'en occuper. Après, c'est aussi derrière ces agences-là, ou ces organismes-là, l'idée de remettre les gouvernements, c'est
-à
-dire les chefs d'État et de gouvernement, pour justement échapper à du bruxello-bruxellois. C'est peut-être ça aussi qu'il
y
a dans l'idée de Macron, c'est de créer des organismes, où ce sont les gouvernements qui viennent décider une politique et ils sont chargés de la mettre en place, plutôt que de passer par Bruxelles. L'idée de confier, par exemple, à cette banque qui s'occuperait de la transition énergétique, des
capitaux... Ce serait quoi ?
Ça serait les capitaux de la BEI, la Banque Européenne d'Investissement, qui dorment quand même pour la plupart, qui viendraient sur cette mission. Avec peut-être aussi les capitaux de la Bird, vieille banque fondée en 90-91 pour intégrer les pays d'Europe de l'Est, qui est devenue quasiment inutile. Mais il y
a
les Américains dedans. L'idée, ça serait de fusionner BEI et Bird et de venir faire cette banque qui permettrait aux entreprises et aux pays qui veulent emprunter de l'argent pour faire de la transition énergétique de trouver des financements faciles, liquides. Ça,
ça
peut être une bonne idée. Ça peut échapper à la technocratie et rester dans l'intergouvernemental. C'est évidemment plus facile à dire et à écrire qu'à faire. Mais derrière ça, il y a quand même l'idée très politique de dire aux Européens, aux électeurs, l'Europe, ça peut marcher. Ça marche quand ça s'appelle aérospatial, quand ça s'appelle Erasmus. Ça marchera demain avec mon Conseil européen de sécurité intérieure, avec l'Agence de protection des démocraties contre les hackers russes ou le financement des partis politiques par Poutine. C'est ça qu'il veut dire. Il y a des outils concrets à forger si l'on veut lutter concrètement contre les problèmes.
Alors évidemment, ça permet de dire aux électeurs tentés par la colère populiste, venez aussi chez moi, j'ai aussi des solutions à vous proposer. J'ai entendu votre colère. Macron entend la colère des peuples européens comme il essaye d'entendre la colère des Gilets jaunes dans le grand débat. C'est pour ça qu'à mon avis, sa cible politique, ce n
'est
pas seulement les populistes, c'est ses ennemis, c'est ses adversaires. Il faut toujours avoir des adversaires, c'est très bien. Mais ils ne seront pas majoritaires au Parlement européen. Orban, Salvini et les autres, si tant est qu'ils puissent s'entendre une fois leur alliance contre Bruxelles passée. C'est le PPE. C'est comment casser le PPE en l'obligeant à choisir son camp pour l'entraîner du bon côté et essayer de constituer cette majorité introuvable qui permettra de faire l'Europe que hier, Kohl, CDU et Mitterrand socialistes ont su faire avancer à grand bon avec Jacques Delors. Justement, on va en parler du PPE et de la droite en particulier. Il a finalement franchi le pas.
Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac, apporte son soutien au projet européen d'Emmanuel Macron et prend ses distances avec son parti. Et ce, quelques jours après le départ au Conseil constitutionnel d'Alain Juppé, l'opération de siphonnage de l'électorat de droite se poursuit, la droite encaisse, quand les ténors préfèrent, eux, évoquer une clarification nécessaire. Mathieu Lignot, Emilien David. Grandes manœuvres médiatiques ce matin pour le gouvernement. Ordre de bataille pour lancer en quelque sorte la campagne des élections européennes pour la République en marche.
Ministres, secrétaires d'État, tous parlent d'une même voix pour soutenir la tribune d'Emmanuel Macron.
En ayant un engagement européen fort, c'est là qu'on rend la France forte.
Les hostilités à peine lancées et déjà une prise de guerre pour la majorité.
Jean
-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de droite, figure historique des Républicains. Il délaisse sa famille pour se rallier au camp du Président. Aujourd'hui, affaiblir le Président français, c'est affaiblir la France. Il ne s'agit pas pour moi d'un engagement de politique intérieure, mais d'une réponse à la menace de déconstruction qui pèse sur l'Union européenne dans un monde extrêmement dangereux. Trahison pour certains, mais pas de défection. Jean-Pierre Raffarin reste toujours membre des Républicains, mais peut-être plus pour longtemps. Au sein de son parti, on regrette cette décision, même s'il ne surprend pas vraiment.
Jean
-Pierre Raffarin nous dit tous les matins qu'il a quitté la politique et puis en même temps, il négocie pour ses amis, pour lui peut-être, sans doute aussi sur d'autres plans, avec le Président de
la
République. Ce n
'est
pas la conception de l'honneur que je me fais en politique. Contexte compliqué pour la droite. Les Républicains sont crédités de 14% des intentions de vote aux élections européennes.
Pour
la République en marche, c'est 22%.
Et
la stratégie de la majorité est claire, chasser à droite sur les terres des Républicains et tenter de siphonner leur électorat. Ce qui est très important aujourd'hui à travers la parole de M. Raffarin, c'est qu'en vérité, les gens qui se situent à droite de l'échiquier politique et qui néanmoins ont la conviction que sans Europe ou avec moins d'Europe, la France va à l'échec, eh bien ceux-là, ils choisissent quoi ? Ils choisissent ce que Emmanuel Macron met sur la table. Une stratégie payante. La tribune d'Emmanuel Macron, publiée aujourd'hui, sème déjà une certaine zizanie chez les Républicains. J
'aurais pu
l
'écrire, je vais même vous dire mieux, c'est que lorsque je l'ai lue, je me suis dit que cette tribune, elle aurait dû être écrite par ma famille politique. C'est bien dommage que tous ces mois passés à exclure des gens au sein de notre parti auraient été sans doute mieux consacrés à faire des débats de fond et à atterrir sur une lettre comme celle-là.
Alors, quelle solution pour se démarquer de la République en marche
? Les
Républicains ont-ils des raisons de s'inquiéter ? Jean-François Copé a dit que cette lettre, il aurait pu l'écrire. Est-ce que la République en marche chasse sur les terres de la droite aujourd'hui
? C
'est vraiment pas le sujet, là, vous savez. Est-ce qu'on s'appuie sur quelque chose de concret ? Et nous avons partagé nos propositions avec l'ensemble des partis de droite et de centre-droite. Donc, il ne s'agit pas d'écrire un texte qui ressemble à l'auberge espagnole, d'en donner à tout le monde. Il s'agit d'être capable de mener une politique. Or, la seule chose qu'a fait en Europe, M. Macron, depuis deux ans, c'est d'isoler la France et de la fragiliser.
Prochaine étape pour la République en marche, désigner une tête de liste. Plusieurs noms circulent, notamment celui d'Agnès Buzyn.
L
'actuel ministre de la Santé tiendrait la corde. Sa personnalité plutôt au centre serait un atout. Autre hypothèse, Nathalie Loiseau. Mais ce matin, la ministre des Affaires européennes élue de la question.
L
'équipe de campagne explique que ce n'est pas encore le bon moment pour dévoiler la tête de liste en marche.
À
moins de trois mois des élections, le ou la chef de file des européennes du parti pourrait être révélée vers le 20 mars prochain. Alors, on peut trahir un secret. Lorsqu'on regardait ce reportage, on a un peu souri lorsqu'on a entendu Christian Jacob expliquer que ce n'était pas le sujet de savoir si Emmanuel Macron et la République en marche voulaient fracturer la droite. C'est quand même ce qu'il est en train de faire.
Bien
sûr, mais il l'a fait depuis qu'il est élu président par sa politique économique. En étant très libéral, il a gêné la droite, il a attiré à lui des éléments de droite. Et là, il continue sur le plan européen. Mais la droite est fracturée sur le plan européen depuis très longtemps. Depuis la fin des années 70, l'appel de Cochin de Jacques Chirac, depuis toutes les années 80-90, il y
a
toujours eu à droite des européistes et des souverainistes. Alors, ils s'arrangeaient pour ne pas trop en parler, pour se séparer quand il fallait. Par exemple, en 92, lors du référendum sur Maastricht, pour se retrouver ensuite. Mais il y
a
toujours eu les deux écoles.
Ils sont
si éloignés que ça, Jean-Pierre Raffarin et Laurent Wauquiez ? Oui, ils sont très éloignés. Moins Laurent Wauquiez de son passage au ministère des Affaires européennes que le Laurent Wauquiez des textes qu'il a écrits plus tard et de ce qu'il incarne à droite depuis deux ans. C'est Laurent Wauquiez qui a le plus bougé des deux. Raffarin, depuis son passé giscardien, est resté totalement pro-européen. Justement, cette question-ci, j'ai bien compris. Emmanuel Macron a lu le livre de Laurent Wauquiez et il lui coupe l'herbe sous le
pied. Oui, mais enfin, ce que je pense,
c
'est que sa stratégie, elle est de gauche et de droite. C'est-à-dire qu'il veut être le seul opposant à Marine Le Pen. Il le veut au niveau national, il le veut au niveau européen. Et donc, il fera tout pour fracturer la droite, ce qu'il a fait encore aujourd'hui avec le ralliement de Jean-Pierre Affarin. Mais ce qu'il ferait aussi avec la gauche, parce qu'on voit bien que dans son comité de soutien et qui va être très proche,
c
'est quand même qu'Anne Bendit aussi est là. Et que dans son discours, on voit aussi qu'il
y
a toute une partie où la gauche peut se retrouver,
le salaire
minimum européen, même l'idée de protéger contre les pays qui ne respectent pas les normes environnementales. l'idée écologique aussi qui porte assez haut. Donc on voit bien que son projet,
c
'est vraiment de faire en sorte que dans la campagne, il y
ait
que sa voix qui soit audible et que les autres soient complètement marginalisés, soit parce qu'ils sont divisés, ce qui se passe chez les Républicains, soit parce qu'ils sont complètement émiettés, ce qui se passe à gauche aujourd'hui.
Vous parlez des messages à la gauche. Il y a cette idée de bouclier social européen avec un salaire minimum européen. Alors là, on se dit s'il a eu du mal à imposer ses vues sur la question budgétaire, ça sera encore plus compliqué sur ce sujet-là, non ?
Alors c'est un salaire minimum adapté à chaque pays. Oui. Ce qui est très différent d'un salaire minimum européen.
Il
n'est pas en train de dire « Mais Macron, il faut un SMIC avec le même niveau partout. » Absolument pas. Il dit « Il faut un... » Mais donc, en fait, en pratique, je crois qu
'il
y a 22 pays aujourd'hui en Europe qui ont un salaire minimum. Et le reste, c'est parce que ce sont des discussions qui ne sont pas forcément faites au niveau du gouvernement. Donc en fait, là, franchement, ça resterait à éclaircir qu'est-ce qu'il entend réellement par là ? Qu'est-ce qu'on pourrait faire de plus ? Est-ce qu'il y
a
des critères qu'on pourrait fixer au niveau européen mais qui ne seraient de toute façon pas des trucs contraignants ? Ça, c'est une question qu'on peut se poser. Ce qui est intéressant aussi dans la tribune, c'est qu'il parle à un moment de... En fait, il fait une allusion à la directive sur les travailleurs détachés et on croit comprendre qu'il voudrait aller plus loin que ce sur quoi il s'est déjà battu parce que quand il a été élu, il y avait cette directive qui était sur la table.
Il a fait en sorte qu'on aille plus loin que ce qui était prévu et là, il dit, en gros, on s'est mis d'accord sur les salaires, il faudrait se mettre d'accord sur les cotisations sociales pour qu'elles soient préégales entre les pays. Donc, il va plus loin. Et ça, clairement, c'est des choses que la gauche ne peut pas renier. Enfin, je veux dire, dans les programmes des européennes des précédentes élections, il y avait ce genre de symbole.
Donc, il fait du en même temps aussi dans cette tribune. Revenons sur Jean-Pierre Raffarin. C'est une prise de guerre, c'est comme ça qu'on dit. Est-ce que ça a du poids dans une campagne, Jean-Pierre Raffarin
? Oui,
ça a du poids parce que ça représente une sensibilité. Il est l'expression, avec d'autres, mais c'est quand même une figure importante d'une sensibilité. Christophe Barbier l'a dit, il a rappelé, une sensibilité UDF, anciennement, giscardienne, qui est vraiment, alors là, pour le coup, une tradition pro-européenne. Donc,
il
y a quelque chose de chez Jean-Pierre Raffarin, il n
'y a
aucune trahison là. Il est fidèle à ses idées.
Il
est fidèle à ses convictions. Il a toujours parlé ainsi depuis qu'il fait de la politique. Il s'était forcé de ramener le débat national vers des questions européennes. Et c'est quand même, il faut quand même rappeler ça. Jean-Pierre Raffarin, il se retrouve davantage chez Emmanuel Macron, comme Jean-François Copé dans la lettre du président, parce que les Républicains, quand il écrit sur l'Europe, qu'ils les réunissent. Qu'est-ce qu'ils disent ? Si vous ne dites rien, que l'autre parle, ça vous arrive que l'autre finisse par attirer vers lui des personnes qui sont en manque de texte. Le président, ce qu'il fait à l'échelle de l'Europe, c'est pareil.
Personne ne fait de proposition nulle part. Ce que vous entendez simplement, ce sont des propositions de fermeture.
Vous
entendez très clairement le Rassemblement national, ce qu'ils veulent. On l'entend. Ce n
'est
pas forcément, d'un point de vue pratique, très bien défini, mais Brexit ou pas, ils ne sont pas très clairs là-dessus. Mais on sait qu'ils n'aiment pas l'Europe. Là, nous avons quelqu'un qui dit qu
'il
faut défendre l'Europe et qu
'il
faut déployer sa puissance. Mais que disent les autres entre les deux ? Les Républicains, on ne sait pas ce qu'ils veulent. C'est ça, leur difficulté. Ils sont responsables aussi du départ, enfin, de ce soutien de Jean-Pierre Raffarin au président Macron. C'était à eux de faire une lettre comme ça. Mais ça veut dire qu'en gros, c'est un départ par défaut parce qu'il ne sait pas ce que pense sa famille politique. Est-ce que c'est vraiment ça ? Qu'est-ce qui, dans ce que peut proposer Laurent Wauquiez, est insupportable pour Jean-Pierre Raffarin ?
Est-ce que
c'est le choix de la tête de liste, François-Xavier Bellamy ? Est-ce que, vous voyez, c'est difficile d'apprécier avec un langage qui est aujourd'hui celui du président qui parle de souverainisme européen, une Europe souveraine au niveau européen. Vous voyez ce que je veux dire ? Qu'est-ce qui est de si choquant dans
ce que dit Laurent Wauquiez ?
Le trio de tête de la liste des Républicains aux Européennes n'a pas grand-chose pour effrayer complètement Jean-Pierre Raffarin. La présence d'Arnaud Dangean, par exemple, qui est un peu de cette famille, ça devrait le rassurer. C'est plus la stratégie de Laurent Wauquiez globale parce que ce que Laurent Wauquiez applique aux élections européennes, c'est tout simplement sa stratégie nationale pour gagner en 2022, c'est-à-dire une droite extrêmement identitaire accrochée sur du national et sur des valeurs françaises. Et évidemment, développer à partir de là une ambition européenne, une volonté de coopérer à 27, c'est un peu contradictoire.
Donc le choix de François-Xavier Bellamy, c'est un choix purement national. Ce n
'est
pas par sa pensée européenne que Bellamy a conquis cette place-là. C'est parce que dans la société française, il occupe une position droitière sur des valeurs comme intellectuelles, comme politiques, qui correspondent à la stratégie de Wauquiez pour 2022. Les
européennes de 2019,
c'est une impasse. Il fait l'impasse sur cette élection. Il s'en sert simplement d'étape pour construire un discours et une équipe resserrée, peut-être affaiblie, mais homogène, en vue de la présidentielle 2022. Wauquiez ne pense qu'à cet horizon-là. Mais il y
a
un vrai clivage entre Laurent Wauquiez et Emmanuel Macron sur l'Europe.
Ah
oui, parce qu'il y a eu une prise de position. Alors Laurent Wauquiez a beaucoup évolué, contrairement à Emmanuel Macron. Il a été très européen et puis tout d'un coup, on l'a vu faire un pamphlet absolu anti-européen en disant qu'on ne peut plus continuer comme ça. Il a été aussi en train de remettre en cause aussi le noyau dur de la construction européenne en disant qu'il ne fallait plus s'entendre avec certains pays fondateurs de l'Europe. Et il avait beaucoup choqué sa famille politique. Et on sentait qu'il était toujours dans cette stratégie d'essayer de reconquérir l'électorat parti au Front National. Après,
il
a fait, alors je crois que Brice Hortefeux lui a un peu fait la leçon en disant « tu n'arriveras jamais à mener une liste comme ça si tu restes sur cette position ». Donc il a refait une marche arrière. Et la difficulté pour Laurent Wauquiez, c'est toujours ce problème d'authenticité. Que pense-t-il réellement ?
Vous
voyez, on est
obligé de se poser la question.
Dans une situation qui est quand même où on engage quand même notre avenir français mais aussi européen, il a toujours ce procès en insincérité parce qu'il a trop évolué. Et donc, au fond, on peut tout lui reprocher. Il peut être européen aujourd'hui, on ira retrouver ses écrits d'avant en disant « non, il était contre ». Et je pense que c'est ça.
Macron aussi a évolué.
Ce qui permet… Oui, mais Macron a toujours et il a été l'un des présidents français à oser faire campagne à la fois sur la France et sur l'idée de l'ambition européenne.
C
'est compliqué si je vous demande de résumer ce que pense le Parti socialiste, ce que pensent les Républicains de
l'Europe et les
différences qu'il peut y avoir avec, encore une fois, cette tribune qui fait figure de cap pour Emmanuel Macron pour ses Européennes.
Franchement,
c
'est compliqué. Aujourd'hui, que pense LR réellement, là, sur l'Europe, sur tous les sujets abordés par Emmanuel Macron ? Moi, je pense qu
'il
y
a
pas mal de sujets sur lesquels en fait, ils ne
sont
pas si éloignés que ça. On a interrogé récemment François-Xavier Bellamy avec d'autres journalistes. J'avais du mal à comprendre réellement ce
qui pouvait
distinguer en fait d'Emmanuel Macron. C'était compliqué. Et ce que pense le Parti socialiste ? C'est compliqué. Il n
'y
a rien vraiment sur la table en fait, aujourd'hui. Tous les partis se regardent un peu, sont encore en train de se demander à gauche notamment avec qui ils vont faire campagne. La
France insoumise
aussi
? Peut
-être que la France insoumise et le Rassemblement national sont ceux qui sont les plus au clair parce que finalement, depuis la campagne présidentielle, les choses n
'ont
pas fondamentalement changé sauf un peu quand même au Rassemblement national qui a peut-être clarifié sa position sur l'euro, la sortie de l'Europe même si parfois c'est toujours un peu ambigu. Faut-il ou pas sortir de l'Europe ?
Et le RN comme la France insoumise se sont renforcés des eurosceptiques des autres camps. Le Rassemblement national a volé Mariani à l'occasion de ses européennes aux républicains et la France insoumise a vu arriver à lui à elle l'aile gauche du Parti socialiste aussi sur ces thématiques-là.
Un
mot sur les têtes de liste de la République en marche. On n'a toujours pas les têtes de liste, on a un cap, un programme visiblement pour ces européennes. On a vu dans le reportage que visiblement les deux noms qui tenaient l'accord sont Agnès Buzyn ou Nathalie Loiseau. Pourquoi des profils comme ceci
?
Avantages et désavantages, ce sont des profils de femmes relativement méconnues mais qui ont aussi l'avantage de la nouveauté, qui ont une expérience de gouvernement depuis l'aventure Macron, qui sont des européennes convaincues. Agnès Buzyn a été la belle-fille de Simone Veil donc ça lui ajoute une dimension symbolique. Elle est ministre de la Santé, pas ministre des Affaires européennes. Elle va peut-être quitter son portefeuille alors qu'il
y a
une loi qui arrive à l'Assemblée nationale qui est très complexe et très importante. C'est un peu étrange de partir à ce moment-là. Nathalie Loiseau est dans le cœur du sujet mais peut-être un peu trop technocrate. Elle a été la directrice de l'ENA, un peu trop dans la mécanique, le moteur pour incarner un souffle. Le vrai bon candidat pour mener ce combat c'était Jean-Yves Le Drian. Jean-Yves Le Drian il vient du Parti socialiste il n
'est
pas suspect d'être un ultra-libéral. Il est européen depuis toujours. Il a été aux côtés de Jacques Delors, aux côtés de Hollande dans le Club témoin un européen convaincu. Il a présidé et il préside une région la région Bretagne qui sait ce qu'elle doit à l'Europe. qui est dangereux, qui est pétri de risques. Le risque s'appelle Poutine,
il
s'appelle Erdogan,
il
s'appelle Trump, etc. C'était le profil idéal pour contraster avec tous les jeunes. Aubry, Bardella, Brossa, Bellamy. C'est des jeunes. C'est très bien d'être jeunes. Mais là il y avait d'un seul coup le côté sur l'Europe il faut mettre de l'expérience. Apparemment, il n
'a
pas voulu ou on n
'a
pas encore réussi à le convaincre. C'est dommage parce que non seulement avec un coup de boutoir électoral il y avait quelque chose à jouer au Parlement européen sur une majorité composite mais surtout c'était une carte dans la main d'Emmanuel Macron s'il gagne en France avec le Drian pour peser sur la composition de la Commission européenne.
N
'oublions pas que Mitterrand a commencé à changer l'Europe quand il a pu mettre Jacques Delors en le prenant dans son gouvernement pour le mettre il était quasiment premier ministrable pour le mettre à Bruxelles. Et là on a l'impression que ni Édouard Philippe ni le Drian ne seront ces atouts-là. Il ne
peut
pas sortir une autre carte du chapeau
?
J'ai l'impression que c'est les deux femmes qui tiennent la corde et quant à Jean-Yves Le Drian je pense qu'il est aussi il fait partie peut-être le joker éventuel pour la fin du quinquennat s'il faut donner un coup une direction vers la gauche parce que ce qu'on a beaucoup constaté ce qui est vrai c'est qu'Emmanuel Macron s'est beaucoup déporté sur la droite depuis le début du quinquennat et qu'à un moment donné peut-être qu'il sera obligé ou en tout cas s'il veut respecter son en même temps essayer de redonner un coup vers la gauche et Jean-Yves Le Drian à ce moment-là est une carte pour Matignon.
Donc je pense que c'est pour ça aussi qu'il ne se presse pas pour aller aux élections européennes.
Il faudra qu'il réfléchisse beaucoup parce que c
'est
dans une France électoralement très à droite il ne faudrait pas terminer sur un Premier ministre à gauche avant une présidentielle. Oui
le
conseil de Dominique Régnier avant la prochaine présidentielle il a un peu le temps de voir venir.
Allez
il est l'ombre de Marine Le Pen dans les meetings les déplacements toujours un pas derrière Jordan Bardella 23 ans tente difficilement de se faire un non c'est lui qui a été choisi pour tirer la liste du rassemblement national pour ses élections européennes. Nos équipes l'ont suivi en campagne Victoria Rouxel Magali Lacroze
Ce
jour-là au salon de l'agriculture la star c'est elle
Madame Le
Pen
en
campagne pour les européennes Marine Le Pen prend toute la lumière quitte à éclipser celui qu'elle a pourtant propulsé tête de liste Jordan Bardella toujours un pas derrière la patronne.
Madame
Le Pen finalement c'est vous la tête d'affiche de la campagne ?
Non moi
je suis la présidente du mouvement
voilà
et voyez la différence de d'habitude en général je tire les listes maintenant je les pousse
à
23 ans la jeune recrue apprend aux côtés de sa mentor
je
fais un sème lui
est
plus à l'aise derrière un micro
depuis
des mois déjà il est l'une des voix du rassemblement national
Jordan
Bardella en perpétuel marathon médiatique la rhétorique est bien rodée quitte à parfois s'arranger avec la réalité comme avec les termes du traité franco-allemand signé en
janvier à Aix-la-Chapelle quand
on entend l'Allemagne depuis un certain nombre d'années réclamer aujourd'hui cette place au conseil de sécurité de l'ONU réclamer que la France partage son siège avec l'Union Européenne en tant que voie unique au conseil de sécurité on a le droit de s'interroger on a le droit d'avoir un avis qui
diverge des journalistes vous avez
tout à
fait le droit on a le droit d'avoir un avis qui diverge des éléments de langage du gouvernement mais de dire
que
ce
traité organise le fait qu'on va partager notre siège permanent c'est faux Jordan Bardella ou l'histoire d'une ascension fulgurante
une
enfance en Seine-Saint-Denis et une adolescence militante déjà aux côtés du Front National
le
voilà donc propulsé dans les hautes sphères de la politique entouré des équipes du Rassemblement National il élabore au jour le jour la campagne
donc
le tract le tract sur le retour des djihadistes ça c'est bon il est parti à
l
'impression je pense qu'il faut qu'on continue de monter au créneau et d'en parler
avec
la montée des populismes en Europe le contexte semble porteur pour le Rassemblement National Jordan Bardella veut croire à la victoire
évidemment qu'il faut faire entendre au sein de ce Parlement Européen une voix eurosceptique il faut faire entendre la voix de la France la voix des nations et c'est ce qu'on porte depuis déjà 2014 et ce qu'on va continuer de porter je l'espère avec nos alliés ça a un message à la nouvelle génération de dire que le contexte qu
'on
vit aujourd'hui à ces troubles n'est pas une fatalité et qu'on peut faire autrement et autrement ça se fait dans beaucoup de pays d'Europe avec nos alliés Salvini qui arrivent au pouvoir en Italie qui ont redonné confiance au peuple italien en Autriche et dans un certain nombre d'autres pays partout dans le monde les peuples se réveillent en réalité
alors
que les autres formations politiques ne sont qu'au balbutiement de leur campagne le Rassemblement National a déjà entamé son tour de France misé sur
la jeunesse
le renouvellement pour rejouer le match de
la présidentielle contre Emmanuel Macron à la tribune Jordan Bardella n'en reste pas moins le porte-voix des fondamentaux du parti
alors
que 143 000 Français dorment dans les rues en un claquement de doigts Emmanuel Macron trouve partout en France des centaines de milliers d'hébergements pour les migrants le choix que nous proposons aux Français est celui du bon sens l'arrêt de l'immigration la tolérance zéro avec l'insécurité qui pourrit la vie des Français en ville comme à la campagne
et
la formule fait recette
si
sa notoriété reste à construire
le candidat convainc déjà la plupart des militants venus l'écouter
il
a d'un tchat il n'est pas intimidé en fait il est ouvert en fait pour 23 ans moi je trouve que c'est
génial on a un candidat de la jeunesse de la vraie jeunesse qui connaît les problèmes des Français
et
c'est un discours entraînant je pense que c'est motivant et que ça nous promet une campagne européenne assez différente des autres formations politiques vous
nous
apportez le soleil
c
'est
gentil merci beaucoup
selon
un récent sondage le rassemblement national est crédité de 22% des intentions de vote
le
marathon continue
et
ça ne fait que commencer
au
coude à coude avec la république en marche
bon
bah eux au moins ils ont commencé la campagne on disait tout à l'heure il fallait la tribune d'Emmanuel Macron pour lancer le sujet le rassemblement national est en campagne oui ils sont en campagne ils sont d'ailleurs toujours en campagne en quelque sorte leur force c'est vraiment d'avoir avec Emmanuel Macron ce sont les deux forces politiques qui ont un message clair sur l'Europe on peut dire très facilement je crois que dans la rue les concitoyens voient à peu près ça que Macron lui il est très pro-européen et que le RN de Marine Le Pen est très hostile et c'est donc une force par ailleurs d'avoir choisi un jeune candidat à 23 ans qui a déjà vécu quelque chose qui va lui donner de la force dans les débats moi je le crois en tout cas c'est pas très risqué sauf s'il dit une énormité il en dit quelques-unes il en dira peut-être encore mais
il les assume
oui oui là il est en train de démontrer à ses troupes qu'il est vraiment un des leurs et qu'il ne va pas faiblir devant l'obstacle mais il y a quelque chose qui est déjà acquis pour eux
et
au fond sa part sera minime c'est une force politique qui va rencontrer un bon succès aux élections européennes en France notamment dans d'autres pays aussi donc de toute façon en un sens la partie elle est presque gagnée pour Marine Le Pen déjà on est à trois mois ils seront deuxième ils seront premier je serais surpris qu'ils soient troisième on en reparlerait à ce moment-là il faudrait voir comment ça s'est passé mais c'est plutôt déjà une opération bien menée par Marine Le Pen qui a réussi nous ne l'oublions pas à faire oublier pas tout à fait encore mais presque le front national de son père elle en est au rassemblement avec son propre nom
et
déjà on le voit elle est capable de lancer cette campagne avec un tout jeune dont elle sait que le score de toute façon sera porté par ce qui aujourd'hui fait en Europe la poussée de ces listes quel que soit au fond le titulaire qui va les représenter donc c'est plutôt une bonne opération pour le rassemblement national vous avez déjà répondu à la question que je voulais vous poser les élections européennes en France ne nous réservent-elles pas une grande surprise c'est ce que demande Gilles dans le Morbihan vous avez l'air de dire qu'a priori on connaît à peu près le trio de tête
en
tout cas on voit les forces en présence je pense que Macron reste dans sa logique je suis le président qui a été élu sur l'idée de la transformation de la France et de la transformation de l'Europe et face à lui il a une Marine Le Pen qui au fond dont le mouvement les gilets jaunes a en partie validé tout ce qu'elle disait depuis à peu près 10 ans c'est à dire une France oubliée ce qu'elle appelle les justes en dessous c'est à dire toute cette population qui a du mal à vivre à partir du 15 du mois et donc ça c'est le mouvement qui a fait émerger son électorat elle en rajoute pas c'est ça qui est assez intéressant dans la période c'est à dire que là ils font une campagne locale depuis janvier elle ne surjoue pas comme si finalement elle se disait que ses troupes sont là
que
son électorat est là et qu'elle a plutôt elle besoin de rassurer plutôt que de surjouer la colère parce que il y a quand même le souvenir du débat télévisé où elle avait été très très handicapée face à Emmanuel Macron donc elle essaye de gagner en crédibilité sans s'y rajouter mais on sent quand même qu'elle a un électorat constitué qui est précisément celui dont la colère a éclaté au moment des gilets jaunes
Est-ce que mener la bataille de la crédibilité en
j
'allais dire utilisant des fake news ils disent que ce ne
sont
pas des fake news que c'est une vue que c'est une opinion mais sur le traité d'Aix-Lachapelle
sur
l'histoire du fait qu'un migrant nouvellement arrivé gagne plus qu'un retraité qui a travaillé toute sa vie pour son pays ce genre d'informations qui ensuite sont vérifiées et donnent lieu à des informations ça ne
les
dérange pas pour la bataille de la crédibilité dont parle François Spressoz C'est ça qui est affligeant chez un jeune candidat dont on attendrait un comportement plus transgressif plus innovant ne trempant pas sa plume dans la même encre que ses aînés c'est-à-dire l'encre souvent du mensonge oui il y
a
des mensonges factuels venir dire le traité d'Aix-Lachapelle c'est la fin de l'Alsace-Lorraine qui seront rattachés à l'Allemagne c'est objectivement faux et quand on le dit quand on leur montre que le texte ne comporte pas cela la réponse c'est ah oui mais c'est mon opinion c
'est
mon opinion et donc voilà c'est transformer des choses mesurables concrètes tangibles en opinion et ça c'est toute la fausseté d'un discours politique ils n'ont pas besoin de ça pour constater sur des vrais problèmes qu'il faut peut-être d'autres solutions et honnêtement le Front National notamment la jeune garde pourrait construire un succès électoral sur le respect des faits et sur un discours politique de solution par rapport à ces faits il y a des pays où ça a marché puisqu'il
y a
des pays où les électeurs ont voté pour ces solutions là pourquoi toujours passer par un détour qui est le détour du faux moi je pense qu'à terme ça se retourne toujours contre ce parti Est-ce que c'est pas ce qu'a fait Trump ? Est-ce que c'est pas ce qu'a
fait Salvini ? Oui mais Trump est arrivé derrière
Hillary Clinton en nombre de voix et il a dû son succès au mode de scrutin et puis Trump honnêtement il avait une autre mécanique de fabrication des mensonges que les petites improvisations de tribunes de Jordan Bardella quand vous êtes capable avec votre fortune d'inonder par les réseaux sociaux de mensonges des cibles identifiées quand vous avez par ailleurs peut-être le soutien de telle ou telle puissance étrangère c'est quand même autre chose que simplement venir raconter des bêtises sur les plateaux télé qui sont d'ailleurs démontées très très vite moi je pense qu'à court terme ça paye les gens disent bah oui c'est vrai il a raison ça peut payer dans des élections intermédiaires où les gens viennent protester plutôt que comme les européennes mais à terme vous vous retrouvez dans des élections à deux tours où vous avez besoin d'alliés et personne ne s'allie avec vous vous vous retrouvez dans un moment solennel et important comme le débat d'entre deux tours de la présidentielle et toute cette construction fragile et fausse elle explose en vol comme a explosé en vol Marine Le Pen donc c'est un mauvais investissement que de partir sur cette base là il y a assez de vrais problèmes pour les français et les européens pour en inventer de faux
et
nous revenons maintenant à vos questions Macron est-il tête de liste La République En Marche au président de tous les français ? Elle est importante cette question je vous interrogeais tout à l'heure pour savoir si c'était son rôle
Non
mais ce qui est sûr c'est que la constitution fait du président de la République le numéro 1 au niveau national et on voit aussi que sur la scène européenne c'est d'ailleurs le raisonnement de Raffarin en disant il vaut mieux l'action est plus importante et intéressante quand on est chef de président de
la
République que quand on est chef de parti si on veut bouger l'Europe c'est chef de parti et il utilise cette carte là très fortement en disant je vais m'investir pleinement dans la campagne
Il
a fait le discours d'Athènes le discours de la Sorbonne la réforme modeste des travailleurs détachés des tas de sommets européens il faudrait qu'au moment où les électeurs vont se prononcer le président arrête de parler arrête d'agir c'est contradictoire oui de fait il est le chef d'un camp mais d'un camp qui est celui de La République En Marche plus Agir plus Raffarin plus quelques autres et sans doute à terme au niveau européen un camp qui va essayer de rassembler des écologistes des sociodémocrates des venus d'Espagne venus d'Allemagne donc quelque chose de beaucoup plus composite et international
Dans quel
groupe
? un
groupe qui serait nouvelle majorité européenne pour une renaissance européenne quand Macron dit renaissance il met un R majuscule
c'est donc une allusion
à la renaissance du XVIe siècle c'est pas pour rien qu'il reçoit Materaïla au Clos Lucé chez Léonard de Vinci pour les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci la renaissance c'était quoi ?
l'invention de l'imprimerie Gutenberg 1453 on a internet la mondialisation la première avec Christophe Colomb l'Amérique on a la mondialisation de nouveaux dangers c'était les Turcs de la prise de Constantinople jusqu'à la défaite de Lépente là aujourd'hui on a d'autres pays c'est ça que Macron veut réveiller c'est une reconstruction européenne qui soit pas le Saint-Empire romain germanique ou les calculs de Charles V qui soit quelque chose de moderne face à cette nouvelle ère et ça est-ce que ça a un nom en politique aujourd'hui ?
non c'est à lui de l'inventer s'il y arrive il rentrera dans l'histoire s'il y arrive pas au revoir par contre au Parlement européen on verra mais je fais le pari que le groupe le plus important ce sera le PPE la droite sans Victor Orban avec Victor Orban
bien sûr mais bien sûr il explose
il n'explosera
pas il y a une
procédure d'exclusion en cours
oui mais
ça se
passera pas
Victor Orban n
'a
aucun intérêt
à se séparer du principal
groupe et le principal groupe le PPE sera la clé d'une majorité qui va être compliquée puisque les deux grands groupes n'auront plus cette fois-ci et c'est presque sur aujourd'hui la majorité qu'ils avaient depuis 1979 qui sont les alliés d'Emmanuel Macron en Europe
ça
c'est la vraie question donc là il nous explique qu'ils voient beaucoup de gens mais ils ne disent pas vraiment qui 19 déplacements donc on ne sait pas exactement qui alors on sait un peu il
y a
évidemment les belges dont on parlait tout à l'heure les luxembourgeois ils sont aussi en discussion avec les néerlandais mais sur lesquels ils sont quand même très opposés sur un certain nombre de
sujets sur la
France KLM
il
y a en Espagne Ciudadanos mais qui en ce moment peut-être s'allie dans certaines régions avec l'extrême droite alors pas sur le programme et donc ça gêne un tout petit peu quand même on
a du mal à identifier
ses alliés c'est ça que vous
voulez nous dire on a pour
l'instant du mal à identifier ses alliés et surtout on a du mal à identifier leur nombre et en fait il y a un contexte qui est quand même très incertain donc là c'est un enjeu assez fort et ce qu'on disait sur le PPE c'est très clair là la question ça va être quelle va être la possibilité pour ce groupe là En Marche et ses alliés de s'allier avec le PPE et si jamais Orban est toujours là est-ce qu'on peut faire des majorités avec un parti dont on a critiqué les valeurs
depuis le texte je trouve que ce
qui est intéressant c'est qu'on avait un peu sous-estimé le Parlement européen et il redevient au fond central dans la recomposition politique parce que effectivement le PPE sera peut-être encore le premier mais il est en décru les sociodémocrates sont en décru on va avoir des groupes plus multiples et il va peut-être y avoir une recomposition par des majorités de progrès entre guillemets sur des textes et donc c'est pour ça aussi que le texte est intéressant de Macron parce qu'il y en a pour l'écologie il y en a pour la gauche il y
en
a pour la droite et
c'est ça qui prépare et c'est ça qui
prépare
pas
la même langue pas les mêmes lois pas les mêmes taux d'imposition et de TVA comment peut-on harmoniser tout cela est-ce qu'il en parle ? Harmoniser ça ne veut pas dire uniformiser ça veut dire avoir des objectifs communs et bâtir une forme de convergence si par exemple l'objectif commun c
'est
de créer une sorte de serpent fiscal comme il y
avait
le serpent monétaire donc on peut avoir des différences parce que pour investir en Slovénie il faut que le taux d'imposition soit valable parce que ce n
'est
pas avec les richesses culturelles et la qualité de vie qu'on va y arriver même si c'est très sympa la Slovénie mais la France a d'autres avantages que la Slovénie donc qu'il y
ait
des avantages fiscaux pour certains pays c'est très bien le tout c'est que ces avantages ne débordent pas d'une certaine limite et ne créent pas des concurrences déloyales comme ça a
pu
être le cas avec l'Irlande qui a vécu par l'argent de l'Europe contre les pays européens qui a fait sa richesse contre ses amis
et ça
ça n'a pas changé ça n'a pas changé mais on peut construire ce serpent et tout doucement resserrer les frontières pour qu'un jour entre ces limites on aille vers un SMIC européen qui ne soit pas identique évidemment à Athènes ou à Stockholm mais qui participent de la même logique comment avec un salaire minimum on peut vivre décemment avec le coût de la vie différent qui est celui d'Athènes ou celui de Stockholm avec les enjeux différents des personnes ça ça doit être possible au moins comme horizon Macron nous fait-il du Trump avec sa préférence européenne
?
Non je ne dirais pas parce que Trump le pousse vraiment à l'extrême mais en revanche il tient compte de cette idée que l'Europe a peut-être été s'est peut-être laissée un peu avoir a été le gentil dans l'affaire de la
mondialisation
et que maintenant il faut montrer ses muscles quand on a des concurrents qui sont des loyaux Les
Chinois viennent de racheter l'électricité au Portugal par exemple il faut quand même à un moment donné on ne pourra plus faire grand chose dans notre propre territoire pas simplement en France mais partout en Europe C'est pour ça qu'il parle d'Europe forte et souveraine Oui c'est un vrai c'est là qu'il y
a
une difficulté parce qu'on a raison une analyse politique de son texte mais il y a un vrai contexte si les Européens ne s'en saisissent pas il va effectivement se passer quelque chose de très grave C'est vrai qu'il y a il le dit des grandes puissances qui ont un comportement agressif à l'égard de l'Europe on pense à la Russie on pense aussi aux Etats-Unis de Trump qui ne nous ménagent pas mais on pense aussi à la Chine de Xi Jinping qui vraiment ne cesse même Xi Jinping organise il faut le rappeler des sommets internationaux entre la Chine et certains pays de l'Europe centrale orientale c'est quand même une entreprise extrêmement agressive en achetant le port du Piret l'énergie je l'ai dit électrique au Portugal et des aéroports en France bien des exemples de ce type si on ne réagit pas et bien assez vite nous aurons démantelé l'Europe au profit des grandes puissances les
Chinois sont
c'est
aussi
ce que dit Emmanuel
Macron les Chinois sont nos amis mais
enfin on va faire attention quand même comment y croire et se déplacer pour ces élections alors que cette Europe ingouvernable nous déçoit quotidiennement
c
'est ça la vraie difficulté franchement et même sur ces sujets là qui sont effectivement là on est à une sorte de tournant mais ça fait quand même une dizaine d'années que ces thématiques sont un peu sur la table de la défense des intérêts stratégiques de l'Europe par rapport aux Chinois etc et c'est vrai que le problème et on le voit là c'est difficile d'avoir des résultats concrets à montrer il
y a des
choses qui se passent encore une fois on l'a dit sur les travailleurs détachés par exemple c'est
un
exemple mais sur tous ces sujets d'harmonisation fiscale ou même de convergence c'est hyper difficile et sur la question des liens commerciaux entre nous c'est vraiment pas facile d'avancer
Pro
-européenne depuis longtemps est-ce que je peux rêver d'une réussite du président et de ses projets européens ? On peut toujours
rêver en politique
mais c'est vrai que pour Macron ça semblait plus accessible après son élection où il était vraiment une star et où le paysage était dégagé qu'aujourd
'hui Il est affaibli
? Il est affaibli parce que ce sont renforcés ses adversaires notamment l'Italie avec son choix politique et parce qu'Angela Merkel aussi a perdu la main est-ce que Macron abandonnera Merkel à son crépuscule pour faire un renversement d'alliance au Parlement européen en allant transiger soit avec la gauche allemande pour construire une majorité soit quelque chose de plus complexe c'est l'un des enjeux du 26 mai En tout cas il n
'est
pas interdit de rêver c'est ça que vous répondez à la question que
vous
a été posée ce soir Merci à vous tous et la fin de cette émission qui sera diffusée ce soir à 22h30 On se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air Tout de suite c'est à vous Belle soirée sur France 5