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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 janvier 2012 9 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalTravail & emploiSécurité

Gérard Longuet

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    La perte du AAA pour la France à moins de 100 jours du premier tour, c'est un tournant de la campagne ?

  • 1:59RelanceRéponse partielle

    Je vous parlais tournant tout à l'heure parce que Nicolas Sarkozy va rester comme le président qui a perdu le triple A après avoir proclamé qu'il en était le gardien.

  • 2:10RelanceRéponse partielle

    Quand vous parlez d'un devoir de vérité, il y aurait de quoi faire une forme de méa culpa, même si vous faites porter la responsabilité aussi aux socialistes qui ont géré il y a plus de dix ans.

  • 3:48RelanceRéponse partielle

    Enfin, admettez, Gérard Longuet, que c'est plus compliqué aujourd'hui de prétendre qu'avec le programme du PS, le pays est menacé de faillite.

  • 4:20OuverteRéponse partielle

    L'investissement dans l'éducation, dans la recherche, c'est aussi ce que propose François Hollande.

  • 6:00FerméeRéponse directe

    Compétitivité, disiez-vous, dans la période 97-2002, même si vous n'avez pas cité la mesure, je pense que vous venez à l'allusion aux 35 heures.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueFait
    « La France a un exercice de vérité sur elle-même. »
  • 0:42Invité politiqueFait
    « C'était en 1974 ou en 1975. »
  • 0:59Invité politiqueChiffre
    « L'endettement s'est accru de 600 milliards d'euros ces cinq dernières années. »
  • 4:15Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, nous avons 70 milliards de déficits. »
  • 4:18Invité politiqueChiffre
    « Là où les Allemands ont 140 milliards d'excédent. »
  • 6:26Invité politiqueChiffre
    « Le pays qui a des excédents travaille chaque année en moyenne par salarié 225 heures de plus que nous par an. »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « Ça a toujours été de la dépense publique. »
  • 4:02Invité politiqueFait
    « Et pour l'avoir vécu en franco-allemand, je peux vous dire que les années 97-2002 ont plombé notre productivité relative. »
  • 4:51Invité politiqueFait
    « Ce que nous propose François Hollande, c'est d'accentuer ces dettes de fonctionnement à court terme. »
  • 7:47Invité politiqueFait
    « La TVA sociale est une chance qui est d'alléger le coût du travail et donc de redonner plus d'espérance d'emploi à plus de salariés. »

Temps de parole

  • Gérard Longuet78 %
  • Présentateur22 %

3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Gérard Longuet

Le 7-9 de Patrick Cohen.

0:06
Présentateur

Le ministre de la Défense numéro 3 du gouvernement et l'invité de France Inter ce matin. Bonjour Gérard Longuet. Bonjour Patrick Cohen. La perte du AAA pour la France à moins de 100 jours du premier tour, c'est un tournant de la campagne ?

0:15
Gérard Longuet

Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais c'est un approfondissement de cette campagne. La France a un exercice de vérité sur elle-même. La campagne électorale, c'est regarder ce que nous sommes, ce que nous pouvons, ce que nous avons fait et peut-être aussi les chances que nous avons gâchées depuis 30 ans. Je dis bien depuis 30 ans. Et pourquoi depuis 30 ans ? Parce que c'est la dernière date du dernier budget en équilibre. Je crois que c'était en 1974 ou en 1975. Et peut-être aussi parce que la comparaison de notre productivité et qui se traduit par le déficit du commerce extérieur est un rappel à l'ordre extrêmement fort. Donc nous avons une épreuve de vérité française.

Sur ces cinq dernières années que l'endettement s'est accru de 600 milliards d'euros. L'endettement s'est accru de 600 milliards d'euros ces cinq dernières années parce qu'il y a eu un effort de résister à la crise en tablant sur une croissance plus forte. Aujourd'hui, la crise financière ne permet pas cette croissance. Et donc toute la question est de savoir au fond comment vont réagir les marchés qui avaient en partie anticipé cette situation et vont-ils surréagir ? Je crois que le premier devoir, c'est un devoir de sang-froid. Sur trois agences, deux nous conservent le triple A. Les marchés ont anticipé, je le pense profondément, cette évolution.

Si l'État n'est pas confronté à un renchérissement de sa dette, nous sommes en mesure d'apporter des réponses à condition naturellement, et je reviens sur l'essentiel, de nous poser la double question. Trop de dettes, donc trop de dépenses publiques, et d'autre part, pas assez de productivité, ça se traduit par un déficit du commerce extérieur.

1:54
Présentateur

On va venir dans un instant sur les réponses, mais je voudrais qu'on reste quelques instants encore, Gérard Longuet, sur le constat politique. Je vous parlais tournant tout à l'heure parce que Nicolas Sarkozy va rester comme le président qui a perdu le triple A après avoir proclamé qu'il en était le gardien. Quand vous parlez d'un devoir de vérité, il y aurait de quoi faire une forme de méa culpa, même si vous faites porter la responsabilité aussi aux socialistes qui ont géré il y a plus de dix ans.

2:21
Gérard Longuet

Le devoir de vérité s'impose à tous et tout le temps. Ce qui est formidable dans cette campagne présidentielle, c'est que nous sommes obligés de nous mesurer pour ce que nous sommes, nous Français, avec de formidables atouts et de vraies faiblesses. C'est une campagne qui est placée sous le jugement, ça peut paraître surprenant, en effet, d'un regard extérieur. D'habitude, la campagne présidentielle, c'est une affaire franco-française. Aujourd'hui, c'est le jugement que le monde porte et l'Europe porte sur la France qui nous rappelle à l'ordre.

Et d'une certaine façon, je trouve que la démarche de Nicolas Sarkozy, qui est une démarche d'acceptation de l'Europe, d'ouverture sur l'Europe, d'acceptation de la réforme, de devoir de réforme, le met dans une position de réactivité forte, là où nous avons, au fond, deux types de concurrents, ceux qui récusent l'ouverture, ils sont minoritaires, mais ça représente additionner de Mélenchon à Le Pen des voix, et d'autre part, une forme d'ignorance de la pression de l'actualité, ce qu'exprime François Hollande.

François Hollande connaît l'Europe, je ne lui fais pas le procès d'être fermé sur lui-même, en revanche, il se tait, et ce silence devient extraordinairement préoccupant, parce que son silence est, au fond, l'aveu que ce programme est décalé. Attendons, vous avez tout à fait raison, attendons. On attend beaucoup depuis François Hollande. On attend, on attend. En attendant Hollande,

3:45
Présentateur

pour paraphraser la pièce de Becker. Enfin, admettez, Gérard Longuet, que c'est plus compliqué aujourd'hui de prétendre qu'avec le programme du PS, le pays est menacé de faillite.

3:54
Gérard Longuet

Non, je veux dire, le programme du Parti Socialiste, c'est de la dépense publique. Ça a toujours été de la dépense publique, et si on rajoute 97-2002, c'est de la perte de productivité. Et pour l'avoir vécu en franco-allemand, je peux vous dire que les années 97-2002 ont plombé notre productivité relative, et en 2002, nous avions encore un petit excédent commercial de 3 milliards. Aujourd'hui, nous avons 70 milliards de déficits. Là où les Allemands ont 140 milliards d'excédent.

4:20
Présentateur

L'investissement dans l'éducation, dans la recherche, c'est aussi ce que propose François Hollande,

4:25
Gérard Longuet

et c'est ce que recommandent les agences de notation. Je veux dire, l'investissement dans l'éducation, dans la recherche, dans le développement durable, dans les infrastructures, dans la qualité de la vie, c'est formidable l'investissement. Une seule condition, c'est de pouvoir le financer. Et pour financer de l'investissement, il faut dégager de la marge, et ne pas payer des dettes de fonctionnement. Or, de quoi parlons-nous ? Nous parlons de dettes de fonctionnement. Et ce que nous propose François Hollande, c'est d'accentuer ces dettes de fonctionnement à court terme.

Quand on s'endette pour investir, ok, on s'endette pour le TGV, parfait, on s'endette pour un programme industriel, excellent, mais quand on s'endette pour le déficit de la sécurité sociale, le déficit du chômage, ou pour la dépense publique de fonctionnement, parce qu'on a embauché trop de fonctionnaires à une certaine période de notre vie, eh bien, cela paralyse l'avenir même du pays.

5:17
Présentateur

Bon, ça c'est pour François Hollande que vous venez de comparer au capitaine du Costa Concordia qui s'est voté sur les côtes italiennes.

5:23
Gérard Longuet

Je ne l'ai pas comparé, non,

5:24
Présentateur

ça se rend procès d'attention.

5:25
Gérard Longuet

Je dis simplement

5:26
Présentateur

qu'il faut être extraordinairement prudent. Il faut des capitaines qui frôlent trop les côtes et qui conduisent leur bateau sur les récifs. Je trouve que François Hollande côtoie et tutoie les déficits publics avec beaucoup de complaisance. Il côtoie les déficits publics jusqu'à présent. Sauf que l'homme qui est à la barre aujourd'hui, c'est Nicolas Sarkozy et pas François Hollande. Oui. Non, parce qu'il y a la gravité de l'accident.

5:49
Gérard Longuet

Je le concède. Il y a la gravité de l'accident. Mais annoncer tranquillement que 60 000 emplois supplémentaires dans l'enseignement, ça ne crée pas, ça peut se faire par redéploiement, c'est une plaisanterie.

6:00
Présentateur

Alors, compétitivité, disiez-vous, dans la période 97-2002, même si vous n'avez pas cité la mesure, je pense que vous venez à l'allusion aux 35 heures. Absolument.

6:11
Gérard Longuet

Et c'est globalement la durée du travail.

6:12
Présentateur

Alors, le temps de travail, 35 heures et même cinquième semaine de congé payé, puisque Luc Châtel, votre collègue y a fait allusion ce week-end. Est-ce que ça fait partie de vos réflexions aujourd'hui à deux jours d'un sommet social ?

6:24
Gérard Longuet

Si vous voulez, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le pays qui a des excédents travaille chaque année en moyenne par salarié 225 heures de plus que nous par an. Pour les temps pleins. Pour les temps pleins, absolument. Ce qui veut dire d'ailleurs qu'il faut différentes formules de travail. Moi, je ne suis pas pour le... Je pense que c'est dans le débat professionnel, dans le débat par branche, dans le débat dans l'entreprise, que l'on s'adapte et que l'on s'organise. Il y a des métiers qui exigent plus de présence. D'autres métiers dont la mécanisation permet un certain allégement. C'est dans le débat par branche que l'on peut trouver des solutions.

Aujourd'hui, dans le sommet du 18 janvier, qui vient mercredi, moi, ce que j'attends personnellement, ce sont les analyses et les diagnostics des partenaires sociaux, des syndicats et du patronat. Ils ont les mêmes informations que nous. Ils connaissent l'entreprise. Ils connaissent l'économie. Ils savent quelle est la situation de notre pays. On ne peut pas se mentir. Ont-ils des choses à dire à cet instant qui puissent faire bouger la France dans une bonne direction autrement que dire faire payer les riches ?

7:34
Présentateur

Non, mais ils n'iront sûrement pas dans le sens des pistes qu'évoque l'UMP depuis plusieurs semaines, c'est-à-dire TVA sociale ou temps de travail.

7:42
Gérard Longuet

Alors, sur la TVA sociale, c'est absolument pas le problème du coût du travail qui est directement posé. La TVA sociale est une chance qui est d'alléger le coût du travail et donc de redonner plus d'espérance d'emploi à plus de salariés. Ce n'est pas immédiatement, évidemment, une amélioration du pouvoir d'achat pour chacun. Ce n'est pas à l'ordre du jour. C'est une amélioration du pouvoir d'achat collectif puisqu'il y aurait plus de Français au travail dans la mesure où le travail français se vendrait mieux parce qu'il serait simplement un peu plus productif.

8:13
Présentateur

Sur le temps de travail, j'y reviens, pardon,

8:16
Gérard Longuet

ça fait partie de vos réflexions ? Mais totalement, le temps de travail global, c'est-à-dire la capacité des Français à produire de la richesse depuis le départ, c'est-à-dire lorsqu'ils commencent à travailler jusqu'au moment où il s'arrête en passant par la durée du travail. Le débat est absolument indispensable d'avoir un débat d'adaptation de la durée du travail par branche et par entreprise. Toutes les entreprises qui l'ont fait, il y a eu des expériences en France, il y a eu des votes de salariés. Lorsqu'il y a engagement d'emploi, lorsqu'il y a engagement d'investissement de la part de l'entreprise, les salariés acceptent de s'adopter pour donner plus de chance à l'entreprise.

8:59
Présentateur

Gérard Longuet, ministre de la Défense, invité de France Inter ce matin jusqu'à 9h-5. On vous retrouve dans quelques minutes, M. Longuet, avec les questions des auditeurs d'Inter 01, 45, 24, 7000. Sous-titrage Société Radio-Canada