Entretien de Mathilde Panot avec David Dufresne – Au poste
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Alors voilà, parce qu'on était en train de parler du fauteuil. On t'a trouvé ce fauteuil en estimant que c'était un fauteuil de président. Mais si tu es mal à l'aise, je peux te donner celui-là et me mettre dans celui-là. On peut changer si tu veux. Tout va bien. Alors tout va bien, mais pendant que je réglais la technique, tu m'expliquais que c'était le combat. Et que le combat, il faut revenir sur ce que tu disais, tout ce qui s'est passé cette année. Et tu as notamment parlé de la confiscation de la démocratie.
Là, ça va ? Ils m'entendent bien ? Vous, vous m'entendez bien, par contre. Donc non seulement, je disais, il y a des millions de gens qui sont pauvres dans la 7e puissance économique au monde, mais on est dans une situation qui est très, très difficile pour beaucoup de gens et qui, y compris, se sont mobilisés en masse. Parce qu'il faut quand même dire que ceux qui ont sauvé la République en juin et en juillet dernier, c'est la jeunesse, avec deux jeunes sur trois qui se sont mobilisés, alors que, par exemple, sur la présidentielle dernière, c'était un jeune sur trois. C'est les militants associatifs, les militants politiques, les militants syndicaux, les militants des collectifs.
C'est les quartiers populaires. C'est les habitants des Outre-mer. C'est eux qui ont sauvé la République de l'extrême droite. Et aujourd'hui, il se trouve avec un gouvernement dans lequel vous avez, par exemple, Retailleau, qui parle de français de papier, qui parle des belles heures de la colonisation et qui vient là, aujourd'hui et demain, de lancer une opération qu'on pourrait appeler une chasse aux migrants, avec une opération avec 4000 policiers qui sont déployés dans les gares, aux frontières, pour arrêter généralement au faciès, tenter d'arrêter des personnes qui n'auraient pas de papier et pouvoir essayer de les renvoyer dans le pays dont ils sont originaires.
Donc, vous comprenez que quand les gens se sont mobilisés en masse pour priver l'extrême droite du pouvoir et qu'on se retrouve derrière avec une politique qui attaque les services publics, qui attaque l'éducation nationale, qui attaque l'hôpital public, que la retraite à 64 ans n'est toujours pas abrogée dans ce pays parce qu'on nous empêche de voter et qu'en plus de ça, vous avez un gouvernement qui profère et qui pose des actes qui sont des actes racistes. Il n'y a pas d'autre terme que cela. Je comprends que parfois, l'horizon paraît un peu obscur.
Alors, ma chère Mathilde, tu es née le 15 janvier 1989. C'est dire ta jeunesse. Et oui, ça fait moins de 40 ans, cette histoire. À Tours, tu es membre de la France Insoumise, tu es députée de la 10e circonscription du Val-de-Marne depuis 2017 et depuis 2021, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale. Ton enfance et ton adolescence se sont déroulés dans le Loiré.
Ton père... On va dire si tu... Ah, je pensais que tu allais dire l'avis et j'allais voir si tu l'as prononcé correctement. À Saint-Privé-Saint-Mémain. Parce que souvent, on n'arrive pas à le dire. Mais vas-y, continue.
C'est la raison pour laquelle je ne comptais pas citer la ville. C'est bien joué. On voit que tu as l'habitude des plateaux. On voit que tu as l'habitude de... Ah, mais tu sais qu'ici, il n'y a pas besoin. Alors, c'est pas grave.
Ouais, mais j'aime bien les citer. Il n'y a pas beaucoup d'habitants dans cette ville, donc je les cite.
Alors, où est cette ville ?
Eh bien, dans le Loiré. On n'est pas très, très loin d'Orléans. Et c'est une ville avec... Je crois qu'aujourd'hui, ils sont 6 000 habitants. Nous, on était 4 500, je crois, quand j'y étais peut-être 5 000. Et c'est des villes dans le Loiré où on est quand même avec des majorités de droite très fort. Et donc, vous voyez, on n'est jamais condamné à être... à rester dans les options politiques qu'on a autour de nous quand on est jeune.
Tu as un père formateur en agronomie, une mère professeure de mathématiques. En 2013, tu as obtenu, je sors ta fiche, un master en relations internationales de Sciences Po Paris. Après, c'est l'UNEF ?
Bon, ça, c'est raconté parfois, mais non, je n'ai pas tellement milité à l'UNEF. Je militais au Front de Gauche Sciences Po, moi.
Sans déconner, il y a un Front de Gauche à Sciences Po ? Tout à fait. Vous êtes combien ?
Ben, on n'est pas mal, en fait.
Ah, ça m'a dit.
Et on fait... Non, c'est utile parce que c'est... Bon, c'est quand même des gens qui sont... Enfin, à Sciences Po, il faut s'accrocher comme ambiance. Et donc, il y a un Front de Gauche Sciences Po qui milite dans le quartier, donc dans le 7e arrondissement de Paris, ce qui n'est pas toujours un plaisir. Et puis, qui aident... Par exemple, on avait un pôle argumentaire, donc on faisait des fiches régulièrement. Donc, non, on a... Il y a des gens de Gauche Radicale à Sciences Po et qui nous sont très utiles dans la bataille.
Alors, donc, on me dit de prendre l'autre micro, mais je n'ai pas envie de faire ça. Tendez l'oreille quand je parle ou sinon je vais crier plus fort ou sinon Franck va faire quelque chose. Ma chère Mathilde, en fait, je voulais faire une interview. Ah, voilà, on va changer de fauteuil. C'est Balthazar... Avec quel est 6 points pour en mettre ses conditions ? Oui, avec Balthazar qui arrive, qui va apporter un autre fauteuil maintenant.
Quelle force !
Ah oui, Balthazar, il est incroyable. Donc ça, je vais le pousser. Franck, c'est pire. On va voir, on va voir, on va voir. Attends, prends celui-là, vas-y, moi.
Mais non, mais c'est bon. Tout va bien. Tout va bien. Attendez, on va voir. Non, alors non, il n'est pas aussi enfoncé que l'autre. Il faut que je piège quelque chose, c'est ça ?
Franck, je vais avoir un truc avec la rône. Oui, mais ça ne sort pas. Ah, merci beaucoup, Mathilde. Alors, je suis vraiment désolé. Alors voilà, je voulais... Je pensais qu'on serait hyper pro techniquement aujourd'hui. Et donc, je me suis dit, tiens, une petite fantaisie. La fantaisie, on l'a depuis 20 minutes. Ici, il y a des feuilles oranges. Je te propose que tu tires. Non seulement tu regardes, mais tu dois lire. Incroyable, je suis tombé sur le Loiret. Voilà. Alors malheureusement, au moment où tu en parlais un petit peu, je me disais, merde, ça va, il ne faudrait pas qu'elle tombe tout de suite. Le Loiret, c'est où, c'est quoi ? Pour moi, c'est le début de la diagonale du vide.
Et est-ce que ce n'est pas ce qui est totalement oublié dans les débats politiques, cette France-là ?
Alors, ça peut être ça. Le Loiret, pour moi, c'est d'abord la Loire, qui est le dernier fleuve sauvage d'Europe. Et qui est un fleuve sur lequel toute ma famille est installée. Donc tu l'as dit, moi, je suis née à Tours. Donc ensuite, j'ai grandi dans le Loiret. Mais j'ai mes oncles, mes tantes, mes cousins, mes cousines. Parce que ma mère vient d'une famille de 10 enfants. Donc j'ai 24 cousins et cousines. Donc à Angers, à Nantes, tout le long de la Loire, c'est ma famille. Et le Loiret, c'est aussi un endroit où on a beaucoup de l'agriculture industrielle. Ça, c'est une évidence. Mais c'était un bel endroit pour grandir. C'était un bel endroit pour grandir parce qu'il y avait la Loire.
Il y avait justement le Loiret qui était juste à côté avec des moulins qui nous permettaient qu'on sorte tout le temps. Et moi, j'ai grandi en étant dehors absolument tout le temps. Ce qui était assez joyeux.
Mais sur le côté, cette lance qu'on oublie un petit peu dans les discussions, dans les débats.
En tout cas, c'est le Loiret. Et pour le coup, ça, ça a vraiment des similitudes avec ce dont nous, on parle beaucoup. Y compris là où j'ai travaillé ensuite. Là où il y a vraiment des similitudes avec les quartiers populaires, parce qu'on a tendance souvent à opposer les gens. Alors qu'à mon avis, il y a des combats qui sont très communs et très transversaux, justement, entre des personnes qui vont vivre en ruralité directement, ce qui n'est pas le cas de Saint-Privé-Saint-Mémain, mais de petites villes ou petits villages un peu autour, et des gens des quartiers populaires. C'est que c'est un des endroits où il y a des absences totales de services publics.
C'est des endroits où se déplacer est difficile. C'est les premières victimes des politiques néolibérales qui sont faites. Et donc, oui, je pense qu'on n'en parle pas assez. C'est évident.
Alors, une autre question. Il y en a une quinzaine. Et puis, évidemment, si dans le public, vous avez des questions, je surveille aussi le chat. Alors là, j'ai Stérin ou Legrain.
Je vais choisir Legrain, mais Sarah Legrain, qui est députée de mon groupe, qui est députée de Paris, qui s'occupe beaucoup des questions de culture, et qui est une personne dont je suis très heureuse qu'elle soit dans notre groupe. Entre les deux, honnêtement, je n'ai pas tellement envie de choisir. Mais Stérin, là, on lui réserve des belles choses, puisqu'il refuse de venir à l'Assemblée nationale et de répondre à des demandes de commissions d'enquête. Et je vous assure qu'on ne va pas le laisser tranquille.
Alors, si tu peux monter un petit peu le son, Franck, pendant que... Ah non, mais là, c'est bon. Là, ça y est, c'est bon, là, maintenant. On a monté le son. Ça devrait être super. Alors, bon, très belle pirouette, je reconnais. Bien joué. Donc, le Legrain auquel je pensais n'était pas celui-là. Évidemment. Donc, c'est l'autre. Celui qui a quelques millions, qui est derrière la maison des médias libres, qui est derrière... Enfin, voilà, qui a fait quelques déjeuners qui ont été vantés avec ceux qui vont devenir l'après. Et la question n'est pas une...
Avec des patates à la portugaise, il faut le dire. C'était ce qui était au menu au moment du dîner. Et c'est quoi, les patates à la portugaise ? Je ne sais pas, du coup, on appelle ça les dîners, les patates à la portugaise. Je crois que c'est des patates à l'eau, juste, mais... Enfin, peut-être qu'il y a une différence, c'est que je ne l'ai pas perçue. Mais ça, on nous redira dans le chat si ça change.
D'accord, d'accord. Mais... Et donc ? La question était ? La question, c'est... Est-ce qu'il faut se fâcher avec les quelques gars de gauche qui ont de l'argent ? Alors qu'en face, il y a des milliardaires ?
En fait, bon, d'abord, il y a un problème évident avec des stérins, des bolorés qui sont en train d'abîmer durablement la démocratie, notamment par le fait qu'ils détiennent des médias, par... Bon, ça, c'est une évidence. Après, est-ce qu'on a besoin de millionnaires, forcément, pour gagner ? Moi, je ne crois pas. Enfin, je veux dire, on ne va pas nous changer des choses de notre programme. La base de ce qu'on est et de ce qu'on défend et qui fait l'unité du mouvement insoumis, c'est le programme de rupture avec le modèle de consommation et de production capitaliste qu'on a aujourd'hui.
Donc ça, c'est la base de ce pour quoi on est ensemble, c'est-à-dire de rompre avec le macronisme et de battre l'extrême droite. Donc nous, on ne veut pas, pour avoir une aide particulière ou je ne sais quoi, on ne veut pas tergiverser dessus. Donc nous, on a souvent dit depuis 2016-2017, quand on a lancé le mouvement insoumis, que nous, on n'avait pas de millionnaires, de milliardaires, mais qu'on pouvait avoir des millions de gens avec nous, ce que d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon a fait en récoltant plusieurs millions de voix à chaque fois à l'élection présidentielle jusqu'en 2022, où on a été à 420 000 voix de passer au second tour de l'élection présidentielle.
Donc voilà, moi, je n'ai pas envie de choisir un millionnaire ou un milliardaire particulier. Moi, je pense que la démocratie, elle ne doit pas s'acheter d'une manière ou d'une autre.
Alors, patate à la portugaise, ce plat de pommes de terre se prépare avec peu d'ingrédients, mais un maximum de saveurs grâce à une cuisson lente qui sublime la texture et le goût de nos précieuses pommes de terre. Elles sont cuites à la pleine lune. Merci, chère Adéine. Mais cuisson lente, intéressant, cuisson lente. Bon, je ne sais pas, est-ce une image ? Peut-être, peut-être, il faudra le tester un jour. Messieurs, messieurs, ne soyez pas intimidés, avancez, avancez, voyons, voyons. Bon, vous pouvez vous asseoir ici, il y a de la place.
Donc, sur quand même, je voulais revenir sur Bolloré, sur ce terrain, parce que justement, quand LFI a commencé, vraiment, ces gens-là n'étaient pas tout à fait dans le champ, enfin, n'étaient pas aussi présents pour peser sur le débat public. Est-ce que vous, vous sentez réellement une difficulté plus grande aujourd'hui à vous faire entendre, par exemple, sur les médias Bolloré, sur les plateaux Bolloré ? Est-ce que ce n'est pas l'occasion d'en parler ?
Ah oui, enfin, c'est évident qu'on voit ce qui est en train de se passer dans les médias, et d'ailleurs pas seulement dans les médias détenus par des milliardaires, aussi dans le service public, sur lequel ça ne vous a pas échappé qu'il y a plusieurs journalistes qui subissent une purge en ce moment. Donc, on voit dans tous les médias qu'il y a... Pourquoi guillemets à purge ? Parce que, comme on nous a souvent dit que nous, on avait fait une purge, j'utilise ce mot à dessin, mais c'est une purge, c'est-à-dire que là, vraiment, ils dégagent les gens. Donc, c'était plutôt comme un clin d'œil. Non, mais j'ai bien compris le clin d'œil, mais...
Donc, c'est évident, enfin, je dirais même, y compris le fait d'avoir des chaînes de télévision en continu, parce que ça, on y pense assez peu, mais le fait d'avoir une surinformation qui est donnée aux gens en permanence, avec, du coup, des faits divers qui sont instrumentalisés en permanence et qui sont commentés en permanence, crée quelque chose qui est, je crois, très nocif pour la démocratie. Mais il y a une chose qui est intéressante. Là, il y a un sondage qui est paru aujourd'hui pour savoir, dans l'Europe, quel était le taux de confiance des peuples... Je vous l'ai sorti, comme ça, ça va être plus simple. Des peuples dans les médias dominants, on va dire.
Alors, c'est Reuters Institute qui a fait ça en 2025, donc c'est tout récent, là. Alors, Finlande, 67% de la population a confiance dans ses grands médias. Danemark, 56%. Bon, je vous en dis quelques-uns. Pays-Bas, 50%. Allemagne, 45%. Royaume-Uni, 35%. Et la France, 29%. Ça veut dire qu'il n'y a plus qu'une personne sur trois qui croit, qui trouve crédible ce qui est dit dans les grands médias. Et je crois qu'on a eu... Enfin, bien sûr, le combat, il est plus dur avec 9 milliardaires qui détiennent plus de 90% des médias. Bien sûr que c'est extrêmement dur quand on a Stérin qui fait le projet Périclès pour savoir comment mettre l'extrême droite au pouvoir.
Bien sûr que c'est très compliqué quand on a des médias qui mettent constamment... Je pense à CNews, par exemple. CNews, il y a une ONG qui s'appelle Sleeping Giants qui a regardé sur les bandeaux CNews. Ça ne veut pas dire que ceux qui parlent ne le disent pas. Mais juste sur les bandeaux, il y avait seulement 13 jours où il n'y avait pas sur le bandeau le mot « islam ».
En un an.
En un an. Pareil, je crois qu'on était à 30 jours sur lesquels il n'y avait pas le mot « immigration ». Donc on a des médias qui parlent en permanence de l'islam, de l'immigration, qui pointent du doigt nos concitoyens musulmans, qui diffusent une islamophobie en permanence. Et lorsque vous regardez, par exemple, ce que sont les priorités des gens, notamment dans les cahiers de doléances des Gilets jaunes, vous arrivez en premier sur le pouvoir d'achat, la santé, les services publics, l'éducation des enfants, bref, donc sur des choses qui sont complètement dissonantes. Donc bien sûr que c'est plus dur, mais je crois qu'il y a un apprentissage très fort des gens de ce que sont ces médias.
Et notamment, si je devais citer à un moment qui est quand même un des plus grands, si ce n'est le plus grand mouvement populaire qu'on ait eu dans notre pays depuis l'arrivée au pouvoir de Macron, c'est-à-dire les Gilets jaunes, si je devais citer un moment de bascule, ça serait justement les Gilets jaunes. Parce que les gens, au départ, ils vont dans la rue sur la question des prix des carburants, très vite, ils arrivent sur des choses beaucoup plus larges, sur qui a le pouvoir dans ce pays, ils défendent le référendum d'initiative citoyenne, le référendum révocatoire, c'est-à-dire le fait que le peuple garde toujours la main sur ses élus et donc qu'il puisse révoquer ses élus.
Et en fait, en face, dans tous les médias, il y a d'abord eu la phase où ils sont arrivés, où c'était formidable, où pour la première fois, on entendait des chômeurs à la télé, on entendait des femmes seules avec enfants qui racontaient ce que ça voulait dire de devoir vivre correctement avec des petits salaires et les enfants à nourrir. On entendait des retraités avec des petites retraites. Donc ça, c'est le premier moment formidable qui s'est très vite arrêté à partir d'un moment où on a commencé à désigner tous les Gilets jaunes comme étant des antisémites, des violents, des fascistes, etc.
Et je pense que ça, c'est un apprentissage de masse à la fois sur les questions de violences policières parce que là, le nombre de gens qui ont perdu une main, un œil, y compris la vie, Zineb Rédoine par exemple, mais aussi sur le fait que les médias diffusaient ce qui se passait dans les Gilets jaunes d'une manière complètement distordue par rapport à ce que vivaient les gens au quotidien et à la lutte qui était menée, et y compris aux discussions sur les ronds-points où, en fait, se réinventait aussi la vie politique dans les discussions qui s'y menaient.
Donc le fait qu'on a des grands médias qui sont détenus de la part de milliardaires qui clairement désirent que l'extrême droite soit au pouvoir est un gros problème, mais je crois qu'on gagne aussi en bataille idéologique sur le fait qu'il ne faut pas toujours écouter les médias et même souvent, il ne faut pas les écouter.
Tu écoutes quels médias alors ?
Alors, moi j'écoute quand même France Culture le matin et le soir avant de m'endormir, c'est pour avoir les informations principales. Pour s'endormir, oui. Non, non, c'est con, c'est con.
C'est la meilleure radio.
Moi, je n'ai pas de télé, donc après, c'est beaucoup, nous on a des boucles de veille, donc sur lesquelles passent beaucoup des articles, des actualités. Et puis après, moi je regarde beaucoup sur les réseaux sociaux.
Est-ce que vous avez senti, vous, LFI, également une évolution de la part des autres médias de presse écrite, par exemple, ou radio, qui n'appartiennent pas à Bolloré, mais qui pourraient être plus agressifs depuis que les chaînes Bolloré, les médias Bolloré, se vendent au bout contre vous ? Voilà, tout ce qui se passe, c'est de votre faute. Est-ce que, par exemple, là je pense à France Inter, est-ce que vous avez senti que certains médias essayaient de faire la course à l'échalote
de certains médias Bolloré ? Oui, je pense que, enfin, ça se voit à toutes les échelles, ça se voit dans l'Assemblée nationale. Dans l'Assemblée nationale, il y a des choses qui sont dites et exprimées, y compris de la part de la minorité présidentielle, donc des députés macronistes, qui ne seraient jamais passées il y a 7 ou 8 ans. Enfin, je veux dire, si on reprend Retailleau, après je reviendrai à France Inter et autres, mais si on reprend Retailleau, si on imagine, on se remet en 2017, un ministre de l'Intérieur, ministre des Cultes, qui dit « abat le voile » devant des milliers de personnes, ça ne serait jamais passé. Donc, il faut aussi qu'on réfléchisse à la manière dont...
Nous, on dit toujours qu'il ne faut jamais banaliser les coups de force. On nous a beaucoup reproché, par exemple, à l'Assemblée nationale, de répondre toujours par une motion de censure à un 49.3 parce que certains nous disaient que ça banalisait la motion de censure. Moi, je trouve qu'au contraire, banaliser le 49.3, c'est grave, en fait. Et qu'à chaque fois qu'on banalise un coup de force, en fait, on laisse passer et on laisse, sans exprimer ce qui est en train de se passer, un autoritarisme avancé.
Et évidemment que sur l'ensemble des médias, alors déjà, il y a une ligne éditoriale qui n'est plus du tout originale, c'est-à-dire que quoi qu'il se passe dans le monde ou dans le pays, c'est la faute de Mélenchon et de la France Insoumise. Enfin, donc ça, c'est une ligne qu'on entend de partout. Et puis, il y a une agressivité à notre égard qui est incroyable de violence. Parce que quand on réfléchit, qu'on aime ou pas notre ligne politique, après tout, ça, c'est la démocratie. Nous, on fait une offre politique au pays, c'est notre programme, on est d'ailleurs les seuls, voire les rares, à avoir un programme. Mais quand vous réfléchissez, la Macronie, c'est devenu un camp sans idée.
C'est quoi leurs idées ? C'est quoi qu'ils défendent ? La droite, qu'est-ce qu'ils défendent ? Le PS, ça a été quoi les grands débats de leur congrès ? Il y a eu Boris Vallaud qui a parlé de démarchandisation, mais c'est la seule proposition politique qu'on a entendue. Donc, en fait, au bout d'un moment, vous avez un phénomène où tout le monde hurle avec les loups contre nous. Mais en fait, à un moment, répondez-nous sur nos propositions. Débattez de nos propositions. Expliquez pourquoi vous n'êtes pas d'accord. Mais nous, au moins, on amène des choses dans le débat politique et public qui permettent ensuite aux gens de trancher.
Parce que ce qu'on demande à une élection, c'est que le peuple tranche entre différentes options politiques. Et c'est ça, la démocratie. C'est comme si on était dans un moment où on est dans la suite de Thatcher, quoi. Il n'y a plus d'alternative. Donc, tout le monde devrait penser pareil. Dès qu'il se passe un truc grave dans le pays, on appelle à l'Union nationale et on ne supporte pas qu'on refuse de faire l'Union nationale avec les macronistes et l'extrême droite. Enfin, la démocratie, c'est d'abord et avant tout. Pourquoi est-ce qu'on a une démocratie représentative ? Nous, on nous dit souvent aussi qu'on parle trop fort. que nous sommes des violents.
Ça s'est vu pendant 20 minutes. On n'entendait que toi et pas moi. Mais c'est pas de ton fait.
Mais la démocratie, si on fait la démocratie représentative au départ, c'est parce qu'on ne veut pas d'une guerre civile pour trancher les désaccords. C'est un moyen. Alors pourquoi 51% ont raison contre 49% ? Bon, c'est une règle démocratique qu'on s'est donnée. Et c'est marrant parce que tout le monde a rendu des grands hommages à Jean-Louis Debré qui présidait l'Assemblée nationale, Conseil constitutionnel, etc. Mais Jean-Louis Debré, dans une des dernières interviews qu'il donne un peu avant de mourir, il dit on n'est pas à l'Assemblée nationale pour boire le thé. Il dit il y a seulement dans les dictatures que les assemblées se tiennent sages.
Donc en fait, c'est très sain que s'exprime par la parole des désaccords, y compris radicaux, sur des projets de société qui sont différents.
Mais le soir, après on va reprendre les questions, mais le soir, quand tu t'endors en écoutant la douce France Culture, est-ce qu'il t'arrive de te dire comment se fait-il que mon parti, ton parti, est devenu un objet de détestation comme l'a été pendant plus de 30 ans le Front National, alors que les défis étant en total contraire, enfin, adversaire des idées du Front National, et en fait, aujourd'hui, vous apparaissez comme totalement pestiféré. Est-ce qu'à un moment donné, vous vous dites qu'on a merdé ? Non.
Non, enfin, je veux dire, il faut regarder l'histoire de France.
Si vous croyez que Jaurès, tout le monde, lui sautait au cou en disant que c'était formidable ce qu'il était en train de faire, si vous croyez que Blum, tout le monde lui sautait au cou en disant que c'était formidable, ben ouais, mais en fait, dans l'histoire de la gauche, toute l'histoire de la gauche en France et dans le monde a été marquée à chaque fois que vous aviez, y compris soit des gens qui avaient pris le pouvoir, soit des gens qui pouvaient prendre le pouvoir, a été marquée par une violence à l'encontre de leurs personnes, de leurs idées politiques, de leurs partis, a été marquée par une violence qui visait à décrédibiliser les personnes et l'option politique qui était présentée.
Donc moi, je refuse qu'on intègre le fait que ça serait de notre responsabilité. Et moi, je vais même retourner ça. Je pense que ceux qui contribuent à ça, et ils sont très nombreux dans ce pays, qui contribuent à salir la première force de gauche à l'Assemblée nationale, la première force de gauche est de très très loin à l'élection présidentielle. Et ceux, alors que ce sont les mêmes qui ne cessent de dire « Horrible, il y a un danger du rassemblement national et de l'extrême droite dans ce pays », sont responsables de la même chose que ce qu'on disait à l'époque, plutôt Hitler que le Front populaire. Je veux dire, ça a toujours existé.
Donc, là où ils commettent, à mon avis, une erreur, c'est... Non, je parlais tout à l'heure du taux de crédibilité que les peuples accordaient aux grands médias. C'est qu'à force de nous taper dessus, il y a un moment, et ce moment, on commence à le voir un peu sur certains signes, où les gens disent « C'est trop, en fait. C'est trop. Pourquoi on leur tape autant dessus ? » Et je pense qu'on est en train de faire de nous des gens au cuir très très très solides. Nous, on ne bégaye pas quand il y a des polémiques. On a des polémiques tous les jours. Donc nous, on reste droit dans ce qu'on a dit, et on dit qu'on fera ce qu'on a dit, et on dit ce qu'on fera.
Enfin, si je le continue jusqu'au bout. On a compris. Donc, nous, on ne biaise pas, en fait. Nous, on est droit dans ce qu'on porte. Et on sait pour qui et pourquoi on se bat. Moi, je veux dire, moi, j'ai commencé mon engagement militant dans un quartier à Grigny, qui est une des villes les plus pauvres de France. Et quand je suis partie, les gens avec qui je bossais, qui étaient des gens où c'est une situation qui est inadmissible dans un pays aussi riche que le nôtre, ils ont dit « Tu vas faire la campagne de Mélenchon parce que c'est pour ça que je suis partie. Ben, pense à nous quand tu continues ça. » Et ton association, c'était ? Je travaillais à Voisin Malin.
Mais avant, j'ai fait beaucoup de temps à TD Carmon d'agir tous pour la dignité.
Et Voisin Malin, c'était un truc d'agir propre réseau sociaux, c'est ça ?
Non, pas réseau sociaux, porte à porte. Porte à porte. En fait, c'est une association qui existe toujours. C'est une association qui embauche des gens des quartiers populaires. Alors, c'est un temps vraiment très, très partiel. Donc, c'est à côté de leur vie générale. Il y a des retraités, il y a des étudiants, il y a des gens qui travaillent à plein temps, il y a des gens qui ne travaillent pas et qui vont faire du porte à porte auprès de leurs voisins sur des sujets d'amélioration de la vie quotidienne. Comment on accède aux droits de santé, comment on accède aux droits sociaux, comment on se débarrasse des punaises de lit.
Donc, c'était vraiment un lien qui se faisait justement entre voisins, y compris qui peuvent passer dans une autre langue s'il y a un moment sur le français, ça bloque un peu et qui ont des liens de confiance qui ne sont pas du tout les liens de confiance qu'ont les institutions pour le coup pour parler directement aux gens.
Il y a dans le chat Mathias Djeza qui nous dit c'est toujours le parti le plus radical qui est le plus attaqué surtout quand il est en position de prendre le pouvoir. Là, tu as de l'eau, je te le rappelle si tu veux reprendre un petit peu ton souffle et j'en profite pour dire au chat si vous pouviez... Moi, je suis d'accord avec Mathias. C'est Martial. Martial, tu as mal lu. J'ai mal lu mais parce que c'est écrit tout petit ce machin. Pardon, j'avais dit... Bon. Bon, ok. Est-ce que... Après, on repasse aux questions-là.
Mais est-ce que ça veut dire que par exemple quand c'était le parti socialiste au pouvoir depuis les années 90 et qu'il avait droit à un traitement pas forcément de faveur mais en tout cas pas de défaveur, ça veut dire qu'il n'était pas tout à fait de gauche ?
Ça veut dire qu'on va dire que là, les riches ont tellement un président qui est incroyable pour eux. Enfin, je veux dire, Macron a fait des choses que jamais aucun pouvoir auparavant n'avait osé faire. Donc, je pense qu'ils sont effectivement très inquiets du fait qu'on puisse arriver au pouvoir et qu'ils savent qu'on fera ce qu'on dit. Enfin, je veux dire, ça a été dit y compris dans la presse.
Emmanuel Macron, après juillet, a reçu des grands patrons à l'Elysée qui leur ont dit surtout ne donnez pas le pouvoir au nouveau Front Populaire et à la France Insoumise parce qu'on sait qu'immédiatement ils vont faire le décret pour abroger la retraite à 64 ans, le décret pour augmenter le SMIC et que donc on ne supporte pas qu'ils prennent le pouvoir. Donc, je pense qu'ils sont effectivement très inquiets, oui.
On avait reçu l'équipe du Nouvel Obs qui avait révélé que Bernard Arnault avait tout fait pour que Lucie Castette ne soit pas Première Ministre. Exactement. À toi de choisir.
Alors, vie république, mais j'imagine que ça veut dire sixième république.
Ah non. Sixième république. Oui. Ah mais, ceci dit, c'est un joli lapsus, vie république.
C'est un joli lapsus. Non, c'est très bien.
Ah ? Et puis j'ai compris, j'ai compris. Oui, tu vas vite. On le savait.
Alors,
la sixième république.
Sixième république, ça me plaît bien qu'on parle de ça. D'abord, parce qu'on est en train de faire une campagne en ce moment partout dans le pays. On est à plusieurs centaines de réunions publiques, plus une pétition qu'on fait signer. Et alors, même si on a du mal à percer, pour le coup, le mur médiatique sur cette question, je crois que plus que jamais ce qu'on est en train de vivre montre qu'il faut qu'on change de république. Alors, changer de république, c'est pas pour dire qu'on change de numéro de république. C'est pas à cinquième, à sixième, et pourquoi pas la septième, nous disent les gens parfois. Non, c'est pas ça l'idée.
Nous, c'est notre méthode révolutionnaire de stratégie révolutionnaire, c'est-à-dire la constituante. Comment est-ce que le peuple se réunit pour réécrire les règles du jeu ? Nous, par exemple, je vais donner des exemples, dans la constituante, on défendrait le référendum révocatoire, donc le fait de pouvoir révoquer ses édures, le référendum d'initiative citoyenne, mais aussi des nouveaux droits. Nous, on voulait mettre le droit à l'avortement dans la constitution, on a réussi à le faire avant, mais on veut qu'on mette les grands droits fondamentaux des personnes dans la constitution pour qu'ils puissent être garantis.
Il y a le droit de mourir dans la dignité qu'on voudrait mettre, le droit et la liberté de changer de genre qu'on voudrait mettre dans la constitution, et puis, aussi, un certain nombre de propositions qui visent à assumer qu'il y a des communs dans notre société. Par exemple, que l'eau, qui est un commun sans qui on ne peut vivre, ne peut pas être marchandisée et donc accaparée par des multinationales. Donc, c'est ça, réécrire les règles du jeu. Et je pense que tout le monde a compris dans le pays qu'il y a un problème et que ce problème s'appelle Emmanuel Macron.
Parce que quand vous avez la retraite à 64 ans qui est imposée contre l'immense majorité du peuple, contre tous les syndicats, et même y compris contre l'Assemblée nationale qui allait voter contre, et c'est pour ça qu'ils ont utilisé le 49-3, donc il n'a jamais été voté dans ce pays. Tout le monde comprend qu'il y a un problème avec le fait qu'un homme tout seul puisse imposer sa décision contre tout le monde dans le pays. Et ça, c'est permis par un régime qui crée un monarque républicain, comme on l'appelle, donc un hyper-président qu'Emmanuel Macron a poussé jusqu'à son paroxysme.
Et donc, c'est nécessaire de réaffirmer que le seul souverain dans ce pays, c'est le peuple et que le peuple doit à tout moment pouvoir garder le pouvoir parce que sinon, ce qui se passe, c'est que vous avez une élection présidentielle, vous votez une fois et puis pendant 5 ans, vous êtes condamné à être un citoyen silencieux, passif, ou alors un citoyen qui revendique et qui, à ce moment-là, risque sur sa profession, risque sur son... même sur son corps, en fait, d'avoir une répression qui est absolument insupportable. Donc, pour nous, c'est une belle campagne qui permet justement, je disais, on a un horizon un peu bouché, mais de réouvrir un horizon aussi pour le pays.
Et c'est mené par mon collègue député insoumis, Pierre-Yves Cadalin, que je remercie.
Alex dit, nous demande, enfin, te demande, pourquoi ne pas déterrer les cahiers de doléances d'il y a 5 ans ?
Alors, les cahiers... Tu parlais des gilets jaunes, tu parlais de... Les cahiers de doléances, on s'est beaucoup battus pour qu'ils puissent être publiés. Donc là, on a voté une première loi pour leur publication et donc, on devrait avoir un accès total à ces cahiers de doléances. Et moi, pourquoi j'insiste dessus, c'est qu'on a souvent une histoire qui est racontée par les puissants, en fait, qui sont racontées par ceux qui ont le pouvoir, les vainqueurs, on dit souvent dans l'histoire. Les cahiers de doléances, c'est de la littérature populaire.
Je me rappelle, par exemple, de la lettre d'une femme qui se trouve dans des cahiers de doléances qui ont pour l'instant été sorties par des chercheurs et il y avait eu un très beau documentaire sur les cahiers de doléances qui avaient été fait. Donc, on n'a pas encore accès à tout mais qui permettait déjà de sortir des choses. Et c'était une lettre au président qui avait été écrite par cette femme et qui disait, monsieur le président, vous allez expliquer à ma fille de 7 ans pourquoi je n'ai pas à lui donner à manger à chaque fois, chaque jour. Vous allez devoir expliquer à ma fille pourquoi quand elle voit le manège en face d'elle, je ne peux pas lui payer un tour de manège.
Vous allez devoir expliquer à ma fille pourquoi on a froid à la maison. Et ça, c'est vraiment des choses qui sont à la fois très précieuses parce que c'est le peuple qui se raconte lui-même et puis qui redisent aussi une chose, ça c'est ce que disaient notamment les chercheurs dans le documentaire qui en avait été fait, c'est que contrairement à ce qu'on essaye de nous faire croire, la priorité des gens, ce n'est pas de s'entrehaïr entre eux, ce n'est pas de détester son voisin, de vouloir qu'on fasse une chasse aux personnes exilées, qu'on parle sans cesse d'islam et de musulmans.
Ce qui arrivait en premier, c'était justement la question de la vie digne, des services publics, le fait de pouvoir bien vivre, le fait d'avoir confiance en l'avenir pour ses enfants, ses petits-enfants, ses arrières-petits-enfants et donc je trouve que c'est aussi un beau motif d'espoir
pour la suite. Si jamais dans le public quelqu'un veut réagir sur la 6ème République, c'est le moment. Mais justement, à propos de la 6ème République, là tu viens de parler avec émotion de cette lettre de cette femme qui est écrite au président de la République, la 6ème République vue par LFI, ça reste un régime présidentiel ?
Non, alors c'est un régime parlementaire. Il peut, on peut, alors en fait tout ça est décidé avec la constituante. On peut garder un président qui a plutôt un rôle de représentation du pays comme ça existe dans beaucoup d'autres régimes. Mais nous, on est d'abord sur un régime parlementaire. En tout cas, c'est ça qu'on va porter. En fait, pour que tout le monde s'imagine bien comment ça va se passer. Nous, on a dit beaucoup de choses sur ce qu'on proposerait dans la constituante et dans la 6ème République. Donc, l'idée d'une constituante, c'est quoi ? On va d'abord élire des gens pour travailler sur un projet, un nouveau projet de constitution.
Donc, les règles du jeu sur comment est-ce qu'on vit ensemble. Comment on fait pour élire ces constituants ? D'abord, on s'est mis à un certain nombre de règles. Par exemple, les parlementaires actuels ne peuvent pas y participer et concourir pour l'élection. Et les personnes qui y seront s'engageront à ne pas concourir à l'élection d'après, y compris pour ne pas faire des règles pour soi-même. Bon, ça, c'est des règles qu'on se donne. Ensuite, il y aura le jour de l'élection de la constituante. Donc, l'élection de la constituante, ça va se passer comme ça.
Il va y avoir, par exemple, les candidatures proposées par la France Insoumise avec les propositions que je disais, référendum révocatoire, bien commun, droits fondamentaux, etc. Bon, on peut en rajouter beaucoup d'autres, mais ensuite, il y aura, je ne sais pas, la droite qui va, elle, proposer, je n'en sais rien, de refaire la Ve République en peut-être encore pire. Il y aura le Rassemblement National qui proposera, par exemple, de supprimer l'Assemblée Nationale puisqu'ils sont tellement antiparlementaires que, eux, ça leur irait bien. Il y aura les macronistes qui proposeront je ne sais quoi puisqu'ils n'ont plus d'idées.
Et donc, ça, ça sera les différentes propositions qu'il y aura devant la table. Et puis, il y aura une dernière sur laquelle j'insiste. C'est le bulletin tirage au sort. Et si, par exemple, en tout cas, c'est ce que nous, on propose, si par exemple, 10% des gens prennent le bulletin tirage au sort, alors 10% de la constituante sera tirée au sort. Si c'est 50%, ça sera 50%. Si c'est 25%, vous avez compris l'idée. Et ensuite, la constituante a tout un temps de travail. Ce temps de travail dans les pays qu'on fait des constituantes, on l'estime entre un an et un an et demi.
Donc, c'est un travail assez long avec l'idée que, évidemment, vous avez des juristes qui sont là en appui de ce que veulent les citoyens. Encore une fois, ce n'est pas l'idée que la politique serait l'affaire d'experts, c'est tout ce qu'on combat, ça.
Et avec, en tout cas, dans l'idée que nous, on s'en fait, et c'est ce qu'il faut qui arrive pour qu'une constituante puisse vraiment aboutir, qu'il y ait une émulation dans le pays où partout dans le pays, les gens se réunissent pour savoir ce qu'ils veulent, etc., avec un droit de pétition devant l'Assemblée constituante, ce qu'il y avait dans la Première République sur l'Assemblée nationale, ce qui serait quand même assez formidable de voir des gens arriver dans l'Assemblée nationale pour dire « Nous, on crève la dalle, augmenter les salaires, augmenter les minima sociaux. » Donc, avec, justement, quelque chose qui se nourrit d'une dynamique dans le pays.
Et quand l'Assemblée constituante a terminé ses travaux, à ce moment-là, on fait un référendum et c'est par ce référendum que le peuple français décide s'il adopte, oui ou non, sa nouvelle constitution.
Pour arriver à ce moment de changement de constitution, de constituante, qu'est-ce qu'il faut exactement ? Il faut qu'on arrive au pouvoir. C'est-à-dire que vous allez arriver au pouvoir en disant « On le remet en jeu. » On arrive au pouvoir
avec un certain nombre de mesures d'urgence. Je parlais du décret sur le SMIC, du décret pour abroger la retraite à 64 ans, sur les services publics, etc. Mais oui, on arrive au pouvoir et directement après, on organise le fait qu'il y ait cette élection pour l'Assemblée constituante. Et pendant que l'Assemblée constituante travaillera, nous, on mettra en place ce qu'on a dit dans notre programme.
Programme ?
Flottille. De la liberté. J'y vais directement ou tu as une question ? Ah non, non, je n'ai pas de question. Je te laisse. Enfin, j'en ai mille, mais...
Pour nous, c'est une grande fierté. C'est une grande fierté qu'il y ait eu six Français sur cette flottille et notamment, Rima Hassan qui est eurodéputée de la France Insoumise avec d'autres militants. Il y avait Greta Thunberg qui était là et d'autres militants et humanitaires qui étaient présents. Et deux journalistes. Et deux journalistes. Ça a été trop peu souligné, notamment, parce que là, on est soulagé que, notamment, Yanis a été libéré puisque là, il est en Jordanie.
Mais c'est quand même assez incroyable de voir qu'un journaliste se trouve encore au bout de six jours emprisonné illégalement par l'extrême droite de Netanyahou sans que quasiment aucun journaliste ne prenne la parole pour dire qu'un journaliste qui couvre un événement ne doit pas être criminalisé et comme l'a écrit Yanis lui-même qu'un formé n'était pas un crime.
Donc, pour nous, c'est un grand honneur qu'il y ait eu plusieurs de nos compatriotes qui soient sur cette flottille et que la France Insoumise y soit représentée par la personne de Rima Hassan parce qu'on ne peut pas dire qu'il y a un génocide et ne pas utiliser tous les moyens qui sont à notre disposition pour tenter de briser le blocus de Gaza ce qui a fait la flottille ce qui a tenté de faire la flottille qui n'est pas la première tentative d'ailleurs je le dis parce que là, il y avait des personnalités qu'on a beaucoup plus vues et qui est une stratégie de médiatisation à mon avis qui était intéressante mais il y a beaucoup de militants qui ont tenté à plusieurs reprises depuis 2011 de briser le blocus de Gaza et y compris pour tous ceux qui répétaient les éléments de langage dont il faudra un jour demander qui leur a donné parce que c'est pas normal que tout le monde raconte la même chose partout mais tous ceux qui racontaient la croisière s'amuse le spectacle est fini lorsqu'il y a eu l'arrestation illégale dans les eaux internationales des influenceuses bien maquillées qui prennent des vidéos peut-être ne veulent pas se rappeler que le 2 mai dernier 2 mai 2025 une flottille un bateau de la flottille précédente s'est fait attaquer directement par drone et que c'était un bateau qui était beaucoup plus grand donc sur lequel il n'y a pas eu ni de morts ni de blessés mais que si les mêmes attaques par drone se passaient sur le voilier sur lequel se trouvaient Rima Assad Greta Thunberg et les 10 autres militants alors ça voulait dire qu'ils coulaient immédiatement et en Méditerranée ça je l'ai appris à ce moment là mais il y a entre 6 et 8 heures de survie possible dans l'eau de cette mer commune que nous avons et puis qu'on a eu en 2010 un bateau qui lui aussi tentait de briser le blocus de Gaza sur lequel il y a eu 9 morts plusieurs blessés et des militants qui eux ont été emprisonnés pendant 5 jours donc tous ceux qui font comme si c'était une opération qui avait été lancée comme ça sans réfléchir ne comprennent rien à la beauté de ce qui s'est passé au courage de ceux qui étaient sur ce bateau et qui disent qui ont permis de renforcer encore la mobilisation internationale autour de ce qui se passe pour le peuple palestinien à Gaza ou encore hier vous avez 50 personnes qui ont été tuées dans des distributions alimentaires tenues par Israël et les Etats-Unis vous venez chercher à manger et vous vous faites tirer dessus donc le choix qui reste pour les palestiniens c'est de mourir sous une bombe de mourir de faim ou de mourir d'une balle dans une distribution alimentaire c'est insupportable en fait donc moi je suis très fière de ce qu'a fait Rima Hassan de ce qu'elle continue de faire dans le combat qu'elle porte avec nous et je veux remercier un équipage d'une flottille qui a fait plus pour mobiliser pour le peuple palestinien en 10 jours que ce qu'on fait aucun des gouvernants européens en 20 mois de génocide
Alors je me dois de faire l'avocat du diable et quand bien même évidemment après ce que tu racontes sur les atrocités commises dans la bande de Gaza c'est un peu compliqué mais je n'enlève je ne retire rien de ce que tu as dit du courage etc mais néanmoins le système médiatique fait que ce que tu viens d'avoir le temps de dire finalement vous avez peu le temps de le dire c'est à dire que immédiatement la polémique s'est installée sur la croisière Samuse et je ne suis pas sûr que la mobilisation pour le peuple Gazaoui ait été aussi forte grâce à cette flottille que tu le penses là nous n'avons pas de métrique particulière pour partager notre parole mais ce que je veux dire c'est que cette question médiatique qui est collée constamment est-ce que de temps en temps vous prenez la mesure du fait que finalement vous jouez le jeu du médiatique non parce que le but précisément c'était de bloquer le blocus de Gaza il n'a pas été débloqué du tout
par une seule seconde oui tout à fait c'est vrai ça n'a pas été à son terme mais moi je vais dire pourquoi je suis en désaccord sur la mobilisation il y a eu des mobilisations tous les soirs place de la république tant que l'ensemble de l'équipage n'était pas libéré je crois qu'il y aura une nouvelle mobilisation pour Yanis etc avec des jeunes qui ont placé des tentes place de la république et dormaient place de la république avec une mobilisation qui en termes de nombre était vraiment très très beau à voir et là je parle de Paris parce que moi j'étais à Paris je faisais les allers-retours avec l'Assemblée nationale mais il y en avait partout partout même y compris dans des toutes petites villes il y avait des mobilisations pour la libération de l'équipage et pour mettre fin au génocide donc ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que samedi on a eu une grosse manifestation qui est peut-être une des plus grandes qu'on ait organisé parce qu'au bout d'un moment Netanyahou et l'extrême droite jouent aussi sur le fait de pas d'une forme d'habitude parce que je ne veux pas utiliser ce terme là devant des atrocités aussi fortes mais sur une forte d'impuissance en fait qui est en train de s'installer sur le fait que par exemple aller manifester ne servirait à rien et moi j'avais auditionné une femme que j'aime beaucoup à l'Assemblée nationale qu'on a revue depuis qui a été victime de répression qui s'appelle Iman qui est infirmière qui s'est rendue à Gaza pour aider les soignants palestiniens et elle disait elle-même que lorsque avant d'aller à Gaza elle n'allait plus en manifestation parce qu'elle avait l'impression que ça ne servait à rien et Iman elle passe partout pour raconter l'expérience qu'elle a vécue qui est affreuse même à écouter enfin je veux dire dans la salle où on était les gens sortaient pour pleurer tellement c'était affreux mais elle dit moi depuis je vais à toutes les manifestations et vous savez pourquoi ?
parce que je me suis rendu compte que les palestiniens voyaient tous les actes de solidarité qu'on faisait avec eux et donc moi je crois que sur la mobilisation ça s'est vu et ça se verra que la mobilisation continue dessus la deuxième chose c'est que nous n'avons pas joué le jeu médiatique nous avons fait en sorte d'abord de protéger la flottille parce que là il y a un bateau qui a été arrêté Rima Hassan la première chose qu'elle dit en revenant en place de la République c'est un autre bateau est prêt à partir et d'autres bateaux partiront là il y a un bateau qui a été arrêté mais il y a 10 experts de l'ONU qui ont indiqué que ce que faisait la flottille était légal et je rappelle que tous ceux qui contestent que le bateau était en eau internationale non seulement ils ont vraiment été arrêtés en eau internationale mais même si c'était sur les eaux proches de Gaza ce ne sont pas des eaux israéliennes puisque je rappelle que l'occupation de Gaza est une occupation illégale au vu du droit international donc moi je crois qu'au contraire ça oblige non seulement des institutions à se positionner ça oblige des parlementaires là il y a des parlementaires qui ont signé l'appel à la libération et à la fin du génocide qui ne s'étaient jamais exprimés sur cette question avant il y a des gens qui ont signé l'appel à venir manifester ce samedi qui n'avaient jamais participé à un appel public pour manifester donc moi je crois que ça permet justement de débloquer des choses et de continuer d'avancer dans ce qui est au fond le plus important Rima Hassan elle l'a dit en revenant elle dit moi j'ai pas envie de parler tellement de ce qu'ils m'ont fait parce que j'ai envie qu'on continue d'être focalisé sur ce qui se passe à Gaza et c'est d'autant plus important dans un moment où ce qui est en train de se passer avec les frappes que Netanyahou a lancé sur l'Iran font aussi partie d'une stratégie pour invisibiliser ce qui est en train de se passer à Gaza et d'ailleurs en Cisjordanie avec la colonisation qui continue donc non nous on ne joue pas le jeu des médias par contre oui on utilise la communication comme on pense qu'on doit l'utiliser et notamment sur la flottille ça a été une stratégie qui a été pensée car celle du 2 mai le bateau qui a été attaqué c'était un bateau où justement ils avaient décidé de ne pas médiatiser dessus jusqu'à qu'ils se fassent attaquer par drone et qu'ils aient des gros problèmes derrière donc c'était une stratégie qui était pensée et moi je pense que c'était une bonne stratégie
alors le tchat évidemment il est en ébullition alors il y en a qui me traitent de fachos parce que soit disant je reprendrai des traîtres des traîtres des traîtres à la nation que sont les fascistes que je reprendrai des arguments mais ça c'est pas très important voilà d'autres disent quand même être et pourtant étant du bon côté de la barricade disent quand même je peux lire mais c'est un peu trop je vais le lire Provence Provence TV je suis un peu dessus de ce bateau j'ai envie j'ai l'impression que les filles a soutenu cela pour une retombée électorale voilà bon donc voilà ce que je veux dire c'est que il n'y a aucun doute sur la légitimité de cette action sur la sincérité de cette action sur la force de cette action mais ce qui m'étonne c'est que vous n'envisagiez pas avant les polémiques dont tu disais que vous en avez tous les jours vous ne désamorciez pas les polémiques mais qu'est-ce qu'on aurait pu faire pour désamorcer je ne sais pas moi je ne suis pas je veux dire
quand je disais il ne faut pas incorporer soi-même les polémiques qu'on nous fait en modifiant notre comportement on aurait dû faire quoi se cacher on aurait dû faire quoi dire à Rima Hassan qu'elle ne devait pas faire de vidéo alors que c'était la stratégie qui avait été décidée enfin en fait moi cet argument qui nous est très souvent servi par les médias dominants sur le fait que au fond le combat aux côtés du peuple palestinien serait un combat électoraliste bon déjà je tiens à dire quand même peut-être pas dans la bouche de Provence mais que dans la bouche par exemple d'un rotaillot et autres c'est porteur d'un racisme énorme bien sûr c'est à dire que on considérait que devant le premier génocide filmé en direct de toute l'histoire de l'humanité il faudrait être arabe musulman pour s'émouvoir de ce qui est fait au peuple palestinien du fait qu'on viole le droit international tous les jours sans que rien ne se passe et donc en fait pour être une voix pour la paix il faudrait uniquement appartenir à ces deux catégories de la population mais ça c'est fondamentalement raciste de dire ça on parle de 20 000 enfants qui ont été tués par Netanyahou dont la moyenne d'âge la moyenne d'âge de ces enfants est de 5 ans il faut toujours se rappeler qu'à Gaza la moitié de la population c'est des enfants on parle de 1 million d'enfants qui sont aujourd'hui on voit les images réduits à l'état de squelettes qui parfois ne peuvent même plus bouger qui se retrouvent avec des balles dans n'importe quelle partie de leur corps on parle de l'endroit au monde où il y a le plus d'enfants amputés donc moi je vais vous dire pour s'opposer à ça il ne s'agit pas ni d'être arabe ni d'être musulman ni d'être jeune c'est quoi il suffit juste d'être humain et ceux qui disent qu'on fait ça par électoralisme alors bon pendant la campagne européenne on nous disait ça et puis il se trouve que moi je suis président d'un groupe parlementaire qui toutes les semaines toutes les semaines depuis 20 mois fait une question au gouvernement sur Gaza et c'est l'honneur de mon groupe que d'avoir fait ça et je ne crois pas qu'il y a une élection là tout de suite je ne crois pas que donc non nous quand on nous demande pourquoi vous en faites un thème aussi central la réponse elle est simple parce que c'est un génocide parce que c'est un génocide et ce seul fait devrait suffire à que tout le monde comprenne que moi je ne me regarderais pas dans une glace si je ne faisais pas tout ce qui était en mon pouvoir pour tenter de stopper ce génocide et ce qui permettra de stopper ce génocide c'est l'isolement de Netanyahou c'est le fait qu'ils sont en défaite morale totale dans les peuples entiers du monde qui se mobilisent et qui manifestent contre la politique de l'extrême droite israélienne vous avez même vu qu'en France il y a un certain alors là avec l'Iran ça revient dans l'autre sens mais ça fait quand même plusieurs semaines qu'on observe un retournement dans ce qui est dit dans les médias dans ce qui est dit chez certains politiques au point que les seuls qui continuent vraiment inconditionnellement à soutenir Netanyahou c'est l'extrême droite française et c'est Marine Le Pen donc moi je crois qu'au contraire nous nous avons fait notre rôle de responsable politique de mouvement politique d'être du côté du droit international et moi j'en suis très fière
alors attendez parce que là cette question tu la verrais alors je la cache un peu attends hop voilà de toute façon je vais y tomber ah bah oui
Trump Trump catastrophique grosse grosse déstabilisation du monde alors évidemment bon c'est catastrophique pour le peuple états-unien mais c'est aussi catastrophique pour des millions et des milliards de gens dans le monde je pense notamment à l'aide au développement qui est coupée qui fait qu'il y a des milliers de femmes qui vont mourir d'une grossesse des milliers qui vont se retrouver à ne pas pouvoir avorter à ne pas pouvoir enfin avoir accès à la pilule bon ça c'est parce que je me suis beaucoup occupée de de voir ce que ça a donné sur sur l'avortement il y a 6 millions de personnes si l'aide n'est pas remise qui vont mourir du VIH 6 millions dans le monde ça c'est l'estimation des ONG et puis et puis c'est aussi la preuve et ça pour moi c'est très important parce qu'il y a un paradoxe en fait dans l'élection de Trump je vais peut-être commencer par ça pour
ou je sens les indécions qui reviennent en fait c'est la preuve
que seule la gauche du rupture peut battre l'extrême droite parce qu'en fait le paradoxe dans l'élection de Trump c'est que si vous prenez certains états vous avez par exemple un état dans lequel Trump arrive en tête et dans le même temps exactement au même moment est élue de ce même état au congrès Rachida Tlaib qui est palestino-étasunienne palestino-américaine et qui porte haut et fort les questions du génocide à Gaza vous pouvez pas comprendre pourquoi le même jour ils votent pour Trump mais ils votent pour Rachida Tlaib en même temps vous pouvez pas comprendre pourquoi dans des états ils votent pour Trump qui mettent en premier dans les états et en même temps ils votent pour le référendum constitutionnel qui était porté pour mettre dans la constitution de l'état le droit à l'avortement ou pour voter comme ça s'est passé dans d'autres états dans un autre état dans lequel Trump est arrivé en tête ou pour voter pour une augmentation du salaire minimum qui était l'équivalent de ce que demandait Bernie Sanders bon quand vous le dites comme ça ça semble paradoxal bah en fait c'est la preuve que quand vous avez une gauche en face qui n'assume pas la rupture sur les questions économiques et sociales qui refuse de parler du génocide parce que c'est quand même ça qui s'est passé voire en fait qui a été complice et qui a permis au génocide de se continuer parce qu'on sait très bien que si Biden avait par exemple dit à Netanyahou maintenant on arrête de livrer des armes on arrête de vous soutenir le génocide aurait pu s'arrêter beaucoup plus rapidement bah en fait quand vous assumez pas la rupture à la fin vous perdez et l'extrême droite gagne Union de la gauche
ça rit dans le public
bon ils y croient même pas vous avez vu l'interview de Jadot d'aujourd'hui
ah non moi je suis pas dans vos boucles je ne sais pas ce qu'il faut lire tout de suite réagir comment il faut réagir je sais pas alors qu'est-ce qu'il a dit Jadot
alors l'Union de la gauche il dit en 2007 et en 2022 j'ai utilisé à fond l'Union de la gauche pour espérer que Jean-Luc Mélenchon refuse et qu'on lui fasse porter le poids de la division et puis il continue en disant ça n'a pas du tout fonctionné il faudrait apprendre de ses erreurs ça c'est Jadot qui dit ça dans une interview aujourd'hui bon ensuite vous avez M. Glucksmann qui a annoncé qu'il serait d'ores et déjà candidat donc en fait personne ne croit au fait que il va y avoir à la fin une seule candidature à gauche
et donc tu veux dire que le fascisme aura le pouvoir
et bah pas du tout alors ça c'est vraiment le mantra qu'on répète tout le temps enfin je veux dire 2022 rappelez-vous Fabien Roussel qui nous faisait des grands dramas pour dire de toute façon 2022 c'est perdu il faut préparer 2027 mais vraiment il nous a dit ça mais vraiment si on se rend compte qu'il y a un candidat à gauche qui peut gagner à ce moment là on retirera notre candidature 420 000 voix pour le second tour 420 000 voix ces gens ont une responsabilité directe dans le fait qu'on soit pas au second tour donc je vais vous dire ceux qui avons fait les preuves de l'union à plein de moments c'est nous on nous fait rater à 420 000 voix le second tour on fait 22% ils font parti socialiste 1,67% score magnifique 2,5% je crois pour les communistes 4% je sais plus combien pour les écologistes bref tous moins que 5% que dit Jean-Luc Mélenchon jetons la rancune à la rivière faisons la nupesse à l'époque la nupesse qui contrairement à ce qui a souvent été dit où nous n'étions pas du tout hégémoniques puisque sur l'ensemble des députés qui étaient élus nous avions la moitié des députés excusez moi mais le rapport 22 1,67 c'est quand même et nous avons permis à l'ensemble de ces parties d'avoir un groupe parlementaire ce que par exemple les écologistes n'avaient plus donc nous faisons cela ensuite derrière le PS le PS trahit bon il y a il y a Naël on se rappelle etc plus Marine Tondelier nous explique alors qu'on demandait 20 000 fois qu'il y ait une liste unique aux élections européennes elle nous dit qu'il faut arrêter de faire les forceurs vous admirez l'expression magnifique bon donc nous partons séparés aux élections européennes le soir des élections européennes c'est le moment où Emmanuel Macron sur demande du rassemblement national décide de clarifier la situation politique et donc d'appeler à une dissolution en trois semaines nous on fait les négociations directement je rappelle qu'à ce moment là il y avait quand même un projet de faire avec les gentils et les filles de l'époque et puis tout le reste du spectre politique la possibilité de faire justement un travail pour une candidature unique en excluant la France insoumise mais bon passons dessus donc nous faisons des négociations et nous donnons sans circonscription aux partis socialistes pour faire en sorte que cette alliance puisse avoir lieu qui est le nouveau front populaire toujours sur un programme de rupture parce que nous nous ne signons pas si ce n'est pas un programme de rupture sans circonscription parce qu'ils avaient fait 14 et que nous avions fait 10 vous voyez quand on faisait 22 vous voyez la différence qu'il y a quand même entre les attitudes mais nous sommes toujours hégémoniques et nous sommes toujours un problème bon et ensuite arrive à la fois le renoncement sur la retraite à 60 ans alors que je rappelle qu'on avait fait une promesse tous ensemble à l'Assemblée de toujours nous battre pour abroger la retraite à 64 ans et de revenir à la retraite à 60 ans plus arrive ensuite évidemment le 7 octobre et le fait que parce que nous serions d'un coup devenus complètement infréquentables à défendre le droit international il y a une rupture du nouveau front populaire de la part du PS qui est confirmée ensuite où par 5 fois ils ont refusé de censurer le gouvernement Bayrou avec Rotaillot Darmanin et les autres joyeustés qu'on connaît donc qu'on nous fasse nous maintenant le procès de dire que c'est nous qui divisons je trouve ça quand même très fort de café et moi je vais vous dire nous nous serons toujours clairs dans ce que nous portons et donc on va continuer ce qu'on a fait depuis des années c'est à dire à continuer de regrouper le plus de monde possible sur de l'union populaire et en fait on peut gagner comme ça parce que la dernière fois on est passé un cheveu de pouvoir gagner ben on va continuer mais avec des gens qui respectent leurs paroles qui respectent ce qu'ils disent qui ne trahissent pas leurs paroles juste après avoir eu leur poste parce que c'est quand même ça qui s'est passé avec le parti socialiste par deux fois et donc avec une clarté sur ce qu'on fait parce que si vous êtes avec des gens enfin imaginons imaginons par exemple on fait une candidature unique pour faire croire que c'est comme ça qu'on peut gagner avec le parti socialiste bon on fait une candidature unique avec le parti socialiste bon alors Glucksmann je ne sais pas où il aurait disparu peut-être c'est même lui le candidat unique ça serait formidable mais vous croyez vraiment que les gens qui votent pour nous qui militent avec nous qui ont envie que ça change qu'on arrête avec ce monde de malheur sur les contrôles aux faciès les violences policières sur le racisme dans ce pays qui n'en peuvent plus qu'on ait des salaires aussi bas on n'ait pas de partage des richesses pas d'impôt de solidarité sur la fortune etc etc qu'il n'y ait pas de bifurcation écologique dans ce pays vous pensez vraiment qu'ils iraient voter pour quelqu'un dont ils savent qu'il ne va pas respecter sa promesse je veux dire la seule manière de battre l'extrême droite c'est ce que j'expliquais sur Trump tout à l'heure c'est qu'on arrive à les noyer dans le nombre c'est la seule manière qu'on ait donc il faut redonner le goût de la politique aux gens dire que ça sert à quelque chose dire qu'on est plus nombreux qu'eux et que le jour de l'élection c'est le seul jour où Bernard Arnault il peut avoir tous les milliards qu'il veut il peut être l'homme le plus riche du monde qu'il veut bah ça vaut ça vaut la même que celui qui est au RSA et qu'on peut plus de ce système complètement pourri et qui a envie que tout change et comme il y a plus de gens au RSA que de Bernard Arnault et bien c'est un problème pour eux
je vois que le chat est en folie et les caractères en majuscules sont même acceptés pour la première fois dans l'histoire d'Au Poste justice économique voilà mais je note quand même que tu es passé au vouvoiement quand je vais parler de l'union de la gauche ah peut-être sans m'en rendre compte ben oui c'est intéressant
alors ah j'adore celle-ci je ne sais pas si on le verra donc on est Nathalie Saint-Cricq JLM un PB un problème bon ça c'est symptomatique quand même de ce qui se passe dans les médias pour qu'on en arrive à dire des choses comme ça je pense que ça a été c'était une bonne séquence en fait pour nous parce que ça montrait quand même la hargne qu'ils avaient à notre égard donc je trouve que c'était assez démonstratif donc elles pourraient faire des petits papiers plus souvent même si bon on n'a pas besoin de ça pour comprendre lorsque ces personnes parlent ce que ça crée je ne sais pas si vous vous rappelez j'étais sur un plateau on était en train de commenter les résultats des européennes on parlait de la dissolution et puis elle fait vers l'animateur ou l'animatrice je ne sais plus enfin d'ailleurs je crois qu'il y en avait deux elle met un petit papier comme ça marqué Jean-Luc Mélenchon un problème pour lui dire que c'est quand même ça la question que les personnes devaient me poser bon ben voilà moi moi j'aime qu'ils aient peur de Jean-Luc Mélenchon Jean-Luc Mélenchon c'est quand même le seul homme politique que je connaisse qui a fait émerger autant de personnes que vous ne connaissiez absolument pas c'est pas que je te vous vois là c'est pour général que vous ne connaissiez pas il y a dix ans enfin Jean-Luc Mélenchon c'est quelqu'un qui transmet qui a une idée de ce qu'on incarne dans l'histoire longue de notre pays et ouais je comprends que c'est un problème pour les capitalistes pour les riches de ce pays pour des gens qui nous combattent quand tu es sur le plateau de France 2 je ne l'ai pas vu
tu ne l'as pas vu
en fait quand même elle l'a mis sur le côté je ne l'ai pas du tout vu ça c'est vu à la caméra en fait
et on ne peut absolument pas lui accorder le bénéfice du doute qui est simplement ben il faut poser cette question ça ne veut pas dire qu'elle pense ça
oui vous n'avez pas eu une émission aussi sur ceux qui vont dîner à l'Elysée pour recevoir directement les éléments de langage de Emmanuel Macron sur ce qu'il faut dire pour les éditorialistes je pense que ça serait utile de le faire
je vais essayer de voir dans les 600 émissions qu'on a fait cette année on a parlé de ça je pense que vous en avez parlé parce que ce n'est pas passé inaperçu bien sûr donc non
il n'y a pas de bénéfice du doute il n'y a pas de bénéfice du doute mais encore une fois nous on est fiers d'être des problèmes pour le système actuel
il n'y a pas de bénéfice du doute et il n'y a pas de doute pour Jean-Luc Mélenchon donc
moi je n'ai pas de doute que Jean-Luc Mélenchon doivent continuer la politique avec nous parce que comme on dit souvent je ne crois pas qu'il existe des hommes politiques sans défaut par contre il existe des hommes politiques sans conviction c'est même très très fréquent et bien Jean-Luc Mélenchon c'est un homme politique avec des convictions
et des femmes aussi ou pas ? est-ce que les femmes en politique oui mais là comme je parlais de Jean-Luc Mélenchon
je voulais pas le mégenrer voilà
voilà je ne dis pas ça je dis juste est-ce qu'il y a aussi des femmes en politique qui n'ont pas de conviction ? ah oui bien sûr ça existe partout oui
mais je veux dire c'est plus rare de trouver un homme et une femme politique c'est plus fréquent de trouver un homme ou une femme politique sans conviction qu'un homme ou une femme politique sans défaut donc moi j'accepte que Jean-Luc Mélenchon ait quelques défauts et ça ne me dérange pas je trouve ça très bien vous savez franchement je suis emmerdé ça va être repris ça
tu vas avoir des problèmes
vu la situation politique qui attend le pays pour 2027 enfin on disait déjà en 2022 c'est la dernière station avant le désert sur la question du dérèglement climatique qui est le plus grand défi du 21ème siècle on est dans un moment où les guerres reviennent de manière dramatique enfin je veux dire avec des implications qui peuvent être mondiales je veux dire si là Trump il y a des petits signaux quand même qui pourraient rentrer dans la guerre qui est faite à l'Iran je veux dire on revient sur ce qui s'était passé en 2003 avec un prétexte qui est utilisé sur la bombe nucléaire alors que toutes les agences de renseignement y compris la CIA disent que l'Iran n'est pas du tout en train de préparer une bombe nucléaire donc enfin je veux dire on est dans un moment où les défis vont être tellement immenses que moi je préfère penser que par exemple on aura à la tête d'un État quelqu'un qui ne se laisse pas dicter ce qu'il faut faire quelqu'un qui est capable de dire non et quelqu'un qui est capable de tenir une position plutôt que des gens comme Emmanuel Macron qui ne cesse de faire humilier notre pays à l'international et dont plus personne ne sait ce qu'il est en train de défendre et qui surtout ne se vit même plus comme un acteur qui peut influer sur le cours de l'histoire se vit juste comme une sorte de commentateur qui régulièrement humilie notre pays à de nombreuses reprises donc oui moi j'aime le fait que Jean-Luc Mélenchon ait un sacré caractère Ah c'est pas tout à fait
la même chose mais c'est bien entre il a des défauts et il a un sacré caractère Vous savez moi aussi j'ai des défauts vous avez pas de défauts vous ? Moi je ne vise pas Je pense que tout le monde a des défauts
Je ne vise pas Heureusement parce que des gens parfaits ça serait chiant Alors la meute Qu'est-ce que tu veux savoir sur la meute ?
Tout
Non
Alors nous avons reçu les auteurs J'ai vu Enfin je n'ai pas vu l'émission mais j'ai vu que tu les recevais Ça ne vous a pas plu Ça n'a pas plu un certain nombre de donateurs d'AuPost C'est la vie Mais ce qui est beau dans la vie c'est que je te reçois aujourd'hui Je voudrais savoir Je ne te demande pas de répondre au livre Mais est-ce que ce livre au fond et la polémique qu'il a suscité et il a été de manière polémique Comment dirais-je Enfin l'émission qu'on a eue a été C'était chaud C'était chaud C'était pas C'était pas le tapis rouge comme ailleurs pour les auteurs Mais néanmoins ça me semblait important de les recevoir Pourquoi ?
Parce qu'il y a un effet d'accumulation dans le livre qui pose quand même question et je me demande je te demande est-ce que une fois que la polémique est passée est-ce qu'il y a des choses éventuellement que vous avez apprises de ça ? Ou alors vous êtes parfait avec un peu de caractère
et des défauts ? Vous savez en fait la politique c'est quand même un collectif humain donc non je ne dirais jamais qu'on est parfait par contre est-ce que je vais dire qu'on regrette des choses ?
Non enfin nous on mène un combat politique et je vais ouais il y a une chose que j'ai apprise si un jour quelqu'un veut faire la meute d'eux en nous animalisant encore de cette manière bah apparemment ça nous fait prendre 4 points dans les sondages donc ils peuvent ils peuvent toujours essayer bon ça c'est pour passer sur le début bon il y a quand même un exploit sur ce livre c'est que c'est un livre qui est fait normalement par des journalistes politiques qui arrive quand même l'exploit à ne pas parler une seule fois de politique c'est à dire que toutes nos actions seraient déterminées par nos égaux nos je ne sais quoi enfin c'est complètement délirant la manière dont on nous présente à un point quand même que moi j'ai été estomaquée de voir que par exemple Charlotte Bélaïch la journaliste en question expliquait que à la France Insoumise nous étions des gens qui ne pensions pas que les militants de chez nous étaient sous une forme d'emprise et qu'ils ne pensaient pas bon je pense qu'on peut reprocher beaucoup de choses à la France Insoumise discuter de la manière dont on organise le mouvement mais dire qu'on pense pas avec en plus le travail qui est fait par l'Institut Labo ici à côté le travail qu'on fait à l'Assemblée Nationale le travail qui est fait par le mouvement je pense que ça quand même c'est quelque chose sur lequel on peut nous donner crédit sur le fait qu'on travaille on est d'accord on n'est pas d'accord bon il y a ensuite après que j'ai dit ça il y a plusieurs problèmes le premier c'est le sérieux du travail journalistique qui a été fait enfin je veux dire moi je veux bien je les ai entendus faire des jérémiades pour dire qu'on ne répondait pas je ne sais quoi Caroline Fiat par exemple qui a beaucoup contesté ce qui était dit sur elle dans le livre ou Manuel Bompard ont tous les deux été auditionnés oui ben voilà bon après ça dépend comment on voit le livre mais bon bref dans le cadre de ce livre et en fait on ne leur a jamais posé du contradictoire c'est à dire que il y a des scènes qui sont racontées dans le livre où on aurait pu au moins demander à Manuel Bompard est-ce que ça s'est passé comme ça est-ce qu'on vous a dit ça est-ce que bon ça c'est un travail journalistique vous essayez de recouper des faits quand vous ne parlez que à des gens qui détestent la France insoumise et vous prenez pour argent comptant ce qui est dit et que vous ne vérifiez pas auprès des acteurs si c'est vrai ou si c'est pas vrai après vous avez le droit de le croire de ne pas le croire mais à minima si vous faites un travail journalistique vous dites l'intéresser ni l'effet enfin je veux dire normalement c'est ça un travail journalistique et ensuite il y a un truc qui est encore plus grave je trouve quand vous avez des journalistes politiques qui sont censés suivre notre travail qui écrivent un livre aussi à charge contre encore une fois la première force politique de gauche de ce pays alors que l'extrême droite monte partout en Europe mais aussi en France avec on l'a vu on a eu l'assassinat d'Abou Bakar Sissé on a eu Hichem il n'y a pas longtemps on a des femmes voilées qui se sont fait agresser à répétition au moins trois fois depuis que le ministre de l'Intérieur a dit abat le voile on a des groupuscules qui s'organisent sur le terrain pour aller comme ça s'est passé avec une projection antifasciste il n'y a pas longtemps organisée par le mouvement kurde qui s'organisent pour aller tabasser des militants qui ont fini à l'hôpital si vous pensez que c'est vraiment vraiment le moment d'aller nous taper dessus en racontant que nous sommes une secte en racontant que nous serions une meute d'animaux voilà je n'ai pas tellement envie d'en parler plus que ça parce que je trouve que ça veut dire beaucoup de choses de la période en fait
est-ce qu'il peut y avoir quelques autocritiques peut-être pas publiques ce n'est pas le jour de la maison mais moi j'ai entendu dire quand même allez je vais te le dire que ça avait secoué
la meute pas du tout alors là franchement je ne sais pas qui sont tes informateurs mais alors mais pas du tout tu penses bien que je ne vais pas te les donner non je vais te dire je vais te dire parfois il y a des polémiques je dis on résiste bien aux polémiques parfois il y a des polémiques qui sont plus ou moins dures sur des choses bien sûr mais la meute mais pas du tout enfin je veux dire parce que ce livre a une autre fonction enfin ce livre essaye de montrer qu'on se détesterait tous entre nous quoi essaye de montrer que un tel fait des calculs pour je ne sais quoi et déteste un tel sur lequel ça n'a pas alors là il y a un point sur lequel je suis certain c'est que chez les insoumis et d'ailleurs il n'y a qu'à voir les papiers de presse qui ont été faits dessus parce que quand même les papiers de presse là aussi normalement ils ne nous font pas de cadeaux ils ont été interrogés parce que là je ne parle pas juste du groupe parlementaire que je préside ils ont été interrogés tous les insoumis bon ben ils n'ont pas réussi à en trouver un qui donnait du crédit ou qui essayait de montrer qu'il y avait des problèmes sur des choses donc en fait je comprends qu'on soit désarçonné parce qu'on est en train de construire parce que ça n'existe pas ailleurs et c'est pourquoi d'ailleurs et peut-être que ça ça l'est fait brère si je dois parler comme ça mais c'est pourquoi d'ailleurs on a des mouvements du monde entier qui viennent nous voir pour savoir comment on s'organise autour d'actions populaires comment on organise le mouvement comment c'est possible qu'une gauche radicale arrive à faire 22% en France et soit peut-être le seul endroit en Europe où on peut réouvrir la brèche c'est Léonard Cohen qui disait ça il dit dans toute chose il y a une brèche et c'est par là qu'entre la lumière nous on creuse la brèche
Vos rapports aux médias le livre notamment alors les critiques que tu as fait certaines d'entre elles ont été évoquées dans l'émission je t'invite à la regarder si un jour sur France Culture c'est pas je pense qu'il y a
d'autres émissions que tu as faites que je préférais regarder
mais il n'y a pas de problème d'accord d'accord bon il y a la question du off qui est quelque chose qui moi m'énerve énormément est-ce que vous vous pratiquez le off à la France Insoumise enfin je sais que vous pratiquez le off est-ce que là vous ne pourriez pas être en rupture c'est-à-dire éviter d'alimenter par des off tel ou tel journaliste et être uniquement dans un truc qui est de dire les choses doivent être dites et sourcées clairement voilà ça c'est le premier point et le deuxième point il me semble que la France Insoumise était un petit peu plus véhémente à raison sur les médias il y a quelques années avec dans le programme des choses qui de programme en programme ont semblé moins virulentes moins véhémentes sur les propriétaires des médias par exemple qu'un milliardaire ne pourrait avoir qu'un média et pas plusieurs on a représenté une loi
il n'y a pas longtemps
oui oui je sais je sais mais est-ce que tu penses que vous payez ça même si moi je considère que vous êtes un peu plus cool qu'avant là-dessus donc le off et vos rapports au milieu
alors le off moi je ne le pratique pas c'est quelque chose que je ne pratique pas et pour le coup bon je ne dis pas que personne n'en fait il y a des gens qui en font mais pour le coup je trouve que contrairement à enfin quand vous voyez quand même le spectacle qui est donné en ce moment par l'ensemble des congrès etc. de la gauche enfin chez nous vous ne trouvez personne qui va aller sur un média pour critiquer un tel vous ne m'avez jamais entendu dire du mal d'ailleurs je pense beaucoup de bien ni de Clémence Guettet ni de Manuel Bompard ni de Paul Vannier ni de Nadej Abomangoli ni etc. etc.
donc nous la forme mouvement elle est choisie pour plusieurs choses j'explique un peu pourquoi on a choisi ça on a choisi une forme mouvement y compris pour être en porosité avec la société pour que des gens qui jusqu'alors par exemple là les gens qui regardent cette émission et qui pour certains sont des militants sur les réseaux sur internet et qui jusqu'alors n'étaient pas reconnus comme militants parce qu'il fallait être un peu le moine soldat celui qui va tous les dimanches sur le marché celui pour être membre à part entière d'une organisation qui d'un coup qui est reconnue comme militant moi la France insoumise c'est la première fois où j'ai l'impression que mon engagement associatif et mon engagement politique peuvent se rejoindre entièrement donc la reconnaissance de plein de gens comme étant des militants et que le fait d'être dans un repas en disant au grand-père Dédé que ce qu'il a dit de raciste n'est pas possible
Dédé c'est David Dufresne non pas du tout
que du coup ça c'était aussi des actes de militantisme bon donc donc mouvement mais il y a aussi une autre idée dedans c'est qu'on passe pas notre temps uniquement en interne à mettre toute l'énergie sur nous et pas vers l'extérieur pour changer la société et convaincre les gens autour des propositions qu'on porte donc ça c'est un choix politique qu'on a fait et moi j'ai du plaisir à militer avec les gens de mon mouvement politique je veux dire moi je suis fière des gens qui sont dans mon groupe parlementaire je l'ai souvent dit mais pour moi le groupe parlementaire il a montré dans les faits que tout le monde pouvait faire de la politique quand vous avez une Rachel Keké qui est députée femme de chambre qui a gagné une grève de 22 mois quand vous avez Mathie Ligné première ouvrière agricole qui devient députée quand vous avez Sébastien Dologu chauffeur de taxi quand vous avez Caroline Fiat première aide-soignante jamais élue Jean Gratnon qui était ORSA activité etc au départ il y avait beaucoup de mépris jusqu'au moment où ils se sont rendus compte qu'en fait il fallait avoir peur de nous parce qu'en fait on fait mieux de la politique que celles et ceux qui s'y croient prédestinés et moi c'est très important cette chose là donc en fait en tout cas nous on se bouffe pas la tête entre nous et c'est une stratégie politique aussi enfin je veux dire c'est pas parce que c'est pas vrai qu'on s'entend toujours tous bien non plus mais je n'irai jamais cracher sur quelqu'un de mon mouvement politique devant un adversaire y compris devant des médias qui sont des adversaires pour la plupart
donc et sur le rapport aux médias bon là tu as un peu de le donner mais à partir du moment où vous êtes adversaire confirmé
là on a refait il n'y a pas longtemps encore une loi anti-concentration des médias qui je crois y compris d'ailleurs aiderait les journalistes qui se trouvent eux-mêmes dans une situation impossible du fait que l'argent soit en train de prendre la main sur l'ensemble du travail journalistique qu'ils peuvent faire qui est d'ailleurs maintenant enfin en fait là où c'est très grave c'est que ça ne se limite plus aux médias enfin par exemple moi je suis effaré de voir ce qui est en train de se passer dans l'édition dans l'édition vous avez compris les livres des gamins pour les programmes scolaires qui sont détenus par des milliardaires d'extrême droite c'est très grave ce qui se passe dans l'édition et l'édition ensuite c'est la manière dont vous pouvez derrière penser le monde dont vous pouvez avoir des échanges d'idées avoir donc en fait c'est même devenu plus large que ça donc ne vous inquiétez pas on ne va pas mollir là-dessus
alors pour ceux qui prennent le stream en cours il y a donc un petit chapeau avec des questions
ok celle-ci elle me fait trop plaisir parce que ça me fait plaisir d'en parler parce que sinon tout le monde n'en a rien à faire alors que je trouve que c'est hyper important
bienvenue au poste Martinique Martinique tu en viens
ok Martinique je reviens je suis revenue lundi matin de la Martinique pourquoi c'était très important pour moi d'y aller bon d'abord parce qu'en Martinique il y a eu un immense mouvement populaire contre la vie chère donc en automne dernier parce que en Martinique les prix de l'alimentaire sont en moyenne 40% plus cher donc quand vous regardez certains produits parfois c'est 100% parfois c'est 120% enfin c'est démentiel et ce alors que le taux de chômage est beaucoup plus élevé le taux de pauvreté est beaucoup plus élevé donc il y a eu un énorme un énorme mouvement de protestation pour dire maintenant ça suffit qu'on soit dans une forme d'économie de comptoir colonial où en fait en Martinique ils ne produisent pas ce qu'ils consomment et ils ne consomment pas ce qu'ils produisent et avec derrière dans cette économie de comptoir seulement 5 à 10% des prix de la différence de prix qui pourraient s'expliquer par le trajet qu'on doit faire même s'il faut travailler à l'autonomie alimentaire mais la plupart s'expliquent par le fait qu'on a des oligopoles avec notamment quelqu'un qui s'appelle monsieur Ayotte qui a la main sur absolument tout et qui en fait vampirise l'économie martiniquaise au point que du coup il fait des prix beaucoup plus élevés avec des profits très forts bref donc c'est pour le coup le modèle colonial qui perdure dans toute sa splendeur il se trouve que 6 mois après ces mouvements populaires contre la vie chère et alors que ça n'a toujours pas disparu enfin je veux dire le problème est toujours bien présent Macron n'a rien trouvé de mieux que de faire je cite ce que m'ont dit les martiniquaises et les martiniquais un crachat à la figure du peuple martiniquais en donnant la légion d'honneur à Ayotte je ne sais pas si vous imaginez à quel point c'est terrible d'avoir un symbole qui est fait comme ça vous avez quelqu'un qui est en train d'affamer des gens de voler leur argent et derrière vous avez du coup une légion d'honneur qui est donnée ce qui évidemment a été reçu comme une injure au peuple martiniquais bon donc du coup moi j'y venais dans le cadre d'assises populaires contre la vie chère qui était organisée par Jean-Philippe Nylor qui siège dans mon groupe député martiniquais et Marcelin Nadeau en lien avec le ERPRAC qui est le mouvement populaire de l'automne dernier et donc on a fait deux jours de travaux dans ces deux jours de travaux on a auditionné des experts on a écouté des associations on a écouté des universitaires on a écouté des syndicalistes et surtout il y avait des citoyens et des citoyennes qui étaient présents et qui ont fait des propositions et ces propositions vont nous aider à nourrir le travail parlementaire autour de propositions de loi mais aussi autour d'un travail qu'on va devoir faire autour d'un projet de loi qui est présenté par Valls le ministre des Outre-mer sur la vie chère et donc un travail d'amendement aussi pour qu'on atteigne vraiment des règles qui permettent de faire baisser le coût de la vie qui est insupportable je donne juste un exemple pour que les gens comprennent ce que ça veut dire ça veut dire par exemple des parents qui prennent leur fille leur fils et qui les donnent aux grands-parents parce que sinon ils n'ont pas la possibilité de les nourrir enfin on parle de ça quoi ça veut dire des parents qui disent à leurs enfants mangez bien à la cantine parce que ça sera votre seul repas de la journée donc en fait ça suffit c'est insupportable en fait comme manière de traiter les gens et la seule réponse de l'état jusqu'alors ça a été d'envoyer la compagnie CRS j'ai un moucheron qui m'a fait une bienvenue au poste sur moi et donc ça a été d'envoyer la CRS8 qui est une compagnie CRS qui n'était pas venue en Martinique depuis 1959 et qui la dernière fois qu'elle était venue avait fait trois morts donc là aussi en termes de souffrance que ça réouvre c'est très grave sur le fait que ça fasse enfin c'est l'autoritarisme qui continue de manière insupportable donc on a fait un beau travail et puis à la fin on avait un meeting de clôture sur lequel entre l'intérieur et l'extérieur il y avait entre 1100 et 1200 personnes ce qui est vraiment vraiment énorme pour la Martinique donc je suis très fier de ce travail qu'on va évidemment continuer
juste un point pratique quand tu te déplaces comme ça en tant que président de groupe et député tu viens de le dire donc là c'était avec le député le localier de l'État très bien mais est-ce que tu vois aussi des adversaires politiques est-ce que tu vois aussi des gens qui ne disent pas ce que tu as envie d'entendre est-ce que vous avez cette possibilité là ou est-ce que vous allez parce qu'on a tous nos biais confirmer vos biais et vous rentrez
en fait ça dépend des objets des déplacements là j'y allais vraiment dans un temps très contraint vraiment sur les assises populaires contre la vie chère donc je voulais écouter les gens je voulais écouter ce qu'ils disaient parce que c'était ce pourquoi j'étais là et donc là dans ce cadre là je n'ai pas fait tellement de rencontres autour ce que je vais faire sur d'autres déplacements un peu plus longs je donne un autre exemple je me suis rendu il n'y a pas longtemps en Kanaki Nouvelle-Calédonie où là par exemple j'ai vu l'ancien député qui siégeait chez les macronistes ou chez la droite c'est pareil voilà c'est vrai que c'est pareil bon en tout cas qui n'est pas du tout qui n'est pas du tout à gauche qui est donc d'un parti politique qui s'appelle Calédonie Ensemble et avec qui on a des discussions tout à fait sensées d'ailleurs enfin qui sont très loin de ce que font les loyalistes et autres qui sont en train de bloquer un accord politique qui permettrait de sortir par le haut d'une situation que l'État a créée par le passage en force il y a un an sur le dégel du corps électoral et donc oui dans ce cadre là on rencontre beaucoup plus largement donc en fait ça dépend des objets des déplacements des temps qu'on a mais oui ça m'arrive très régulièrement de rencontrer des adversaires politiques et je ne les ai pas encore mangés donc vous voyez je suis encore à peu près
mais par exemple quand tu es en commission en audition est-ce que je ne te demande pas de cas précis c'est juste pour essayer de comprendre votre travail aux uns et aux autres est-ce que tu peux te retrouver à te dire tiens j'ai changé d'avis sur tel ou tel sujet parce que justement j'ai entendu une parole qui est contraire à ce que j'attendais
Alors sur nous comme généralement on a un programme sur lequel on a beaucoup en fait notre programme c'est beaucoup issu du travail des associations des syndicats des mouvements citoyens donc en fait on a déjà un travail qui incorpore beaucoup des choses qui se font dans la société donc je ne me rappelle pas moi directement d'avoir changé d'avis sur des choses ça arrive régulièrement par exemple en réunion de groupe quand je me dis il faudrait plutôt qu'on fasse ça pour le groupe sur une stratégie et autre et qu'en discutant avec les camarades députés que je me dis ok cet argument m'a convaincu et que du coup je change d'avis et qu'on du coup qu'on prenne la décision collective ensuite sur ce qu'on fait collectivement dans l'assemblée ça me revient pas mais y compris parce que je pense que moi je crois vraiment j'ai une conviction sur le programme qu'on porte mais il y a des moments parlementaires qui sont jolis par exemple dans une de nos niches parlementaires c'était Bastien Lachaud qui avait fait ça on avait présenté une proposition loi pour réhabiliter les fusillés pour l'exemple et je dis pas à 100% qu'on l'aurait perdu mais c'était quand même un peu mal parti jusqu'à que Gosselin qui est un député qui siège chez les LR prenne la parole il était très ému parce que dans son entourage proche il y a eu un fusillé pour l'exemple il a vu ce que ça a créé derrière sur sa femme ses enfants qui étaient complètement ostracisés et donc il en a parlé avec beaucoup d'émotion il a même d'ailleurs versé des petites larmes pendant son intervention et ça je crois que sur l'assemblée ça a eu un effet et que ça nous a permis d'emporter le vote donc ça arrive qu'il y ait des on va dire des jolis moments parlementaires où on revient à quelque chose où les gens s'écoutent un peu parce que parfois on dit plein de choses dans l'hémicycle et puis en face de toute façon ils écoutent même pas la preuve on avait beaucoup rigolé au début du premier mandat en 2017-2022 où Éric Coquerel prend la parole sur un amendement qui n'était pas le nôtre qui était un amendement macroniste ou du gouvernement je ne sais plus macroniste je crois il prend la parole pour dire qu'on va voter l'amendement parce que pour une fois on était d'accord avec donc on le dit et comme Éric Coquerel a dit qu'on allait voter l'amendement comme Éric Coquerel les insoumis allaient le voter ils ont voté contre leur propre amendement donc enfin je veux dire donc c'est bon voilà donc parfois ils ne nous écoutent pas tellement quoi
alors il nous reste il en reste 20 minutes si je tiens parole mais si tu as plus de temps on peut durer plus longtemps mais sinon il faut qu'on raccourcisse les réponses un petit peu
alors Pologne et pilule ok ça c'était un beau voyage j'explique les Polonais je suis en lien avec elles depuis un bon bout de temps ça date de la de la bataille qu'on a menée pour inscrire dans la constitution le droit à l'avortement dont je suis très fière que ce soit les insoumis qui les fait voter en premier et surtout qu'on ait tordu le bras à Macron pour l'imposer parce que vraiment Macron n'avait pas envie de le faire on a dû le menacer d'aller au référendum pour qu'enfin il fasse un projet de loi et qu'on arrive à ce vote du 4 mars 2024 donc les Polonais je les connais de ce moment là j'avais été quand j'avais été à New York à un moment pour la commission sur les droits des femmes de l'ONU je les avais revus à ce moment là je les avais auditionnés à l'Assemblée nationale bref ça fait un bon bout de temps qu'on commence à travailler ensemble et c'est des Polonaises qui sont assez extraordinaires puisque d'abord c'est grâce à elles notamment que les élections législatives ont enlevé le pouvoir à l'extrême droite ont fait perdre l'extrême droite parce qu'il y a eu une mobilisation de la jeunesse et des féministes autour du droit à l'avortement je réexplique depuis le début pardon
puisque en Pologne
le droit à l'avortement et c'est la législation quasiment la plus restrictive d'Europe au point qu'il y a 7 femmes qui sont mortes de l'interdiction de l'avortement donc c'est une situation qui est vraiment très très grave et avec
à cause d'avortement clandestin c'est ça ?
oui à cause d'avortement non sécurisé et la pilule du lendemain ne peut pas être délivrée sans une ordonnance d'un médecin autant dire que ça sert à rien vu les délais dans lesquels il faut prendre une pilule du lendemain donc c'est vraiment très grave et donc c'est l'extrême droite qui avait enlevé ce droit comme l'extrême droite le fait à peu près partout donc nous en discutant avec les polonaises je leur ai proposé qu'on vienne avec des pilules abortives et des pilules du lendemain d'ailleurs parce que elles étaient en train de faire quelque chose d'extraordinaire elles ont ouvert dans un pays où c'est quasiment interdit elles ont ouvert une clinique pour l'avortement qui est en face du parlement polonais et qui permet à des femmes d'accéder clandestinement du coup à des pilules et donc on a fait le voyage avec un van depuis Paris jusqu'à Varsovie donc c'était un voyage très long et on leur a apporté des pilules abortives ce qui est donc illégal mais qui était aussi une manière de montrer que les polonaises n'étaient pas seules et je crois que c'est aussi des solidarités concrètes qui construisent des beaux liens et qui sont des liens qui vont se continuer d'autant que vous l'avez vu l'extrême droite a malheureusement gagné de peu l'élection présidentielle et le président a un droit de veto y compris les votes qui sont faits à l'Assemblée et là aussi c'était les libéraux qui avaient gagné la dernière fois contre l'extrême droite donc qui étaient arrivés en tête suite à une mobilisation civique exceptionnelle c'était le plus fort taux de mobilisation depuis 1989 en Pologne et il se trouve qu'ils avaient promis de remettre l'avortement et qu'ils ne l'ont pas fait et donc là aussi je disais seule une gauche radicale de rupture peut battre l'extrême droite quand les libéraux en plus ne tiennent pas leurs promesses ben là aussi l'extrême droite revient au pouvoir et on voit bien qu'Emmanuel Macron 2017 il y avait 7 députés d'extrême droite Emmanuel Macron 2022 il y a 89 députés d'extrême droite Emmanuel Macron 2024 il y a 142 députés d'extrême droite donc c'est Emmanuel Macron qui est historiquement responsable de la montée de l'extrême droite d'où le fait qu'il faut le dégager pour battre l'extrême droite on s'y emploie Apologie du terrorisme ok petite pensée pour Anna Skazib qui était en procès hier aujourd'hui aujourd'hui on est le 18 aujourd'hui
oui
et bien c'est aujourd'hui donc pensée pour lui puisque c'est la première fois qu'il y a un procès directement pour Apologie du terrorisme comment ? ah ça a été reporté ça a été reporté
non pas le tchat mais le peuple qui est là donc les parisiens qui arrivent petit à petit
et on sait c'est quoi la prochaine date ok on va suivre ça mais en tout cas du coup je voulais faire une pensée
ah dans un an c'est reporté le tchat a la réponse le 26 juin 2026 ce qui veut dire que c'est tellement ridicule pour lui
ça veut dire que c'est quand même pénible non pas tellement ça montre aussi à quel point c'est ridicule je veux dire enfin d'où des responsables politiques vont se retrouver devant des tribunaux à expliquer leur position politique moi je me suis retrouvée devant des policiers
toi t'as eu une plainte il y a eu une instruction ouais des policiers t'ont entendu sur l'apologie pendant 5 heures
alors pendant 5 heures je dis pourquoi ça a duré 5 heures c'est aussi parce que je leur avais fait une très très longue introduction pour leur expliquer ce qu'ils étaient en train de faire je l'avais mis sur sur mes réseaux si certains veulent regarder ça mais je voulais je voulais dire aux policiers ce qu'ils étaient en train de faire parce que c'est la première fois qu'une présidente de groupe parlementaire est convoquée pour un communiqué de presse de son groupe devant des policiers pour devoir expliquer de position politique pour apologie du terrorisme c'est incroyable que cette plainte ait été instruite d'ailleurs elle a été classée sans suite dans un silence absolu preuve qu'il n'y avait absolument rien récemment
il n'y a pas très longtemps
il y a deux mois je dirais deux mois sachant que Rima Hassan a toujours une procédure contre elle et que je crois qu'on est à 600 militants qui ont des procédures d'apologie du terrorisme qui sont des procédures qui ne correspondent à rien d'ailleurs Hugo Bernalicis avait fait une loi qui avait fait hurler les médias pour revenir à des choses classiques des délits de presse et arrêter d'avoir une instrumentalisation de l'apologie du terrorisme qui en fait vise seulement à criminaliser les voix pour la paix et qui défendent le droit international bon vraiment c'est enfin c'est incroyable il faut quand même se rendre compte du niveau qu'on a en France entre la France qui a d'abord interdit les manifestations en solidarité avec la Palestine la France où un responsable syndical monsieur Delesco dans le nord de la CGT responsable de la CGT se retrouve à avoir de la prison avec sursis perquisitionné à 6h du matin pour un traque sur le Gaza où le président de l'Union juive pour la paix à Strasbourg se retrouve en garde à vue pour avoir manifesté pour la Palestine où vous avez des centaines de militants et responsables politiques qui se retrouvent avec de l'apologie du terrorisme et pendant ce temps là ceux qui font l'apologie du génocide par contre qui parlent des palestiniens comme des animaux humains comme personne n'est innocent à Gaza appelant à exterminer l'ensemble des palestiniens de la bande de Gaza eux n'ont absolument aucune procédure contre eux on se rappelle de Meilleur Habib qui disait alors qu'on posait des questions au gouvernement vous inquiétez pas ça va continuer en parlant du génocide donc là on voit bien qu'il y a un deux poids deux mesures qui participent d'ailleurs au fait que la France ne soit plus écoutée dans ce qu'elle dit par les différents pays du monde et que nous je crois nous collectivement la France insoumise y prenons toute sa part mais nous collectivement on fait aussi exister une autre voix de la France qui est je crois très écoutée aussi à l'international
au nom d'un intérêt tout personnel pour la police c'était quel genre de policiers quel service et comment ils étaient après t'avoir entendu alors attends
faudrait que je te retrouve parce qu'en plus c'était de la police Elmi tu pourrais me retrouver ça pour que je puisse répondre précisément qui j'avais en face de moi parce qu'on n'étant moi même pas spécialiste puisque on a donc là tu viens
de t'adresser à ton bras droit
exactement mon directeur de cabinet
ton directeur de qui va me retrouver ça de cabinet qui est en train de chercher
mais comment ils étaient ils étaient en mode on est en train de faire le travail qu'on nous a demandé donc ça ne leur faisait ni chaud ni froid que je suis en train de leur lire un texte politique sur ce qu'ils étaient en train de faire
tu leur as lu un texte carrément
en fait je l'aurais lu et du coup la pauvre nana qui m'interrogeait était obligée d'écrire tout ce que je disais au fur et à mesure comme dans un PV d'audition c'est pour ça que ça a duré très très longtemps voilà ça ne devait pas être très agréable pour elle voilà je pense qu'elle trouvait ça pénible la pauvre oui mais bon il fallait quand même marquer le coup quoi donc parce que peut-être peut-être que je lui ai appris des choses bon on va retrouver on va retrouver
voilà voilà
alors Téhéran ouais bah grosse pensée bon nous on est très très très inquiet de ce qui est en train de se passer d'abord parce qu'il y a un risque de guerre généralisée moi je suis stupéfaite de voir le traitement médiatique qui en effet y compris la position qu'a prise la France je vais reparler juste après mais en oubliant de dire que c'est Netanyahou qui a agressé l'Iran et non l'inverse en faisant passer toutes les voix qui s'expriment pour dire que il y a des violations du droit international qui sont manifestes qu'il faut que ces frappes cessent immédiatement comme des amis du régime de Téhéran et des amis du régime des Mollah c'est encore ce qu'on nous a répondu quand Alma Dufour posait une question au gouvernement hier enfin la question qui est posée c'est pas de savoir si on est amis ou pas avec le régime des Mollah et avec nous c'est simple nous ne les avons jamais soutenus y compris on était dans toutes les manifestations femmes-vie-liberté donc aux côtés des Iraniens et des Iraniennes qui luttait pour le droit à s'habiller comme elle le voulait à pouvoir choisir à être dans une démocratie et nous moi-même je le fais moi-même je marraine quelqu'un qui est condamné à mort en Iran et nombre des députés du groupe insoumis marraine et parraine des condamnés à mort en Iran donc la question ne se pose même pas mais la question c'est pas de savoir si on est amis avec le régime de l'Iran la question c'est de savoir si la France se positionne du côté de la paix ou du côté de la guerre c'est ça qui est posé et je trouve ça incroyable que personne n'explique que tout cela est lié et une des causes de la dénonciation unilatérale en 2018 par les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire avec l'Iran qui était scrupuleusement respecté que personne ne rappelle que toutes les agences toutes sans aucune exception y compris la CIA toutes les agences de renseignement disent que l'Iran n'a pas la bombe nucléaire et que donc c'est un prétexte tout comme en 2003 on utilisait le même prétexte sur les armes de destruction massive dont on sait qu'elles n'ont jamais existé maintenant on nous explique que c'est pour un changement de régime là aussi c'est comme si on n'avait rien appris puisque je rappelle qu'en 2003 c'était la même chose sur Saddam Hussein qu'il fallait faire partir en Irak comme si on n'avait rien appris de tout ça et que l'Irak c'est un million de morts c'est du chaos et de la déstabilisation qui a été faite dans le pays et dans la région tout entour l'émergence de Daesh comme si on n'avait rien appris de la Libye et moi je dois dire que moi je fais partie des français et des françaises qui sont fiers que mon pays en 2003 ait refusé de participer à cette guerre et là on a quoi ?
un président de la république qui dit qu'il ira défendre Israël que nous sommes dans le cadre d'un droit à la légitime défense d'Israël alors que là encore c'est absolument faux quand on regarde le droit international c'est Netanyahou qui a frappé sur un motif fallacieux alors pourquoi est-ce qu'il a frappé ? il y a trois raisons que je veux quand même dire pour que tout le monde comprenne la première c'est
comme dirait le tchat elle a bossé Mathilde bah on suit je te jure ça n'arrête pas
alors la première chose c'est il y a des négociations qui devaient reprendre avec les Etats-Unis notamment sur la non-prolifération nucléaire donc ça permet de saboter les négociations ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que Netanyahou et peut-être que ça a échappé à certains mais ça me semble extrêmement important vient d'échapper en Israël à une motion de censure à une voie près donc la seule manière qu'il est de se maintenir au pouvoir c'est de continuer dans une guerre sans limite et infinie la troisième chose c'est que évidemment n'autant plus après ce qui s'est passé sur la flottille et la tension que ça a mis sur Gaza et puis avec des retournements où il est de plus en plus isolé il faut détourner les yeux du monde de ce qui se passe à Gaza et donc je le dis c'est très important évidemment qu'on s'élève contre cette anième violation du droit international que fait l'extrême droite israélienne mais il faut rester et continuer de regarder de tous nos yeux ce qui se passe à Gaza enfin avec un pays qui a quand même alors génocidé à Gaza donc avec des meurtres dans le cadre de la colonisation de Saint-Antoine qui a frappé le Liban qui a frappé la Syrie qui a frappé pour arrêter cet homme il y a 17 trains de sanctions contre Poutine sur la violation du droit international sur l'Ukraine il y en a zéro sur Netanyahou et pire que ça vous avez un président de la République qui décide d'annuler la conférence donc d'humilier notre pays encore une fois qu'il devait tenir sur lequel il devait annoncer la reconnaissance de l'état de Palestine bon ça tombe bien il n'y a pas besoin d'une conférence il peut la reconnaître unilatéralement dès maintenant l'état de Palestine qui n'a jamais décidé d'aucune sanction contre Israël dont des collègues journalistes qui ont fait un travail assez remarquable en lien avec des associations ont montré que la France continuait de manière continue à livrer des armes à Netanyahou donc pas d'embargo sur les armes pas de suspension de l'accord d'association enfin à un moment ça suffit et tout ça participe à l'impunité d'une extrême droite israélienne qui se croit tout permis et qui n'aura pas de limite tant qu'on ne lui mettra pas de limite mais c'est très grave ce qui se passe en lien avec l'Iran et moi je suis très inquiète si les Etats-Unis en plus s'y mettent et franchement vu les messages que Trump est en train de mettre je pense qu'il faut être à la hauteur du moment qu'on est en train de vivre vraiment c'est très grave moi j'ai demandé est-ce qu'on ait un débat à l'Assemblée nationale le Premier ministre devait me répondre hier j'ai appelé ça je ne l'ai pas raconté tiens je te le raconte ici j'ai appelé le ministre en charge des relations avec les parlements et je lui ai dit en fait le Premier ministre devait me répondre hier je n'ai pas de lettre je n'ai pas de réponse c'est quoi enfin il se passe quoi il me dit ah si il y a une réponse de trois pages qui a été préparée et cette réponse de trois pages du coup dit que la situation est très instable et que donc on préfère attendre pour faire un débat suivi d'un vote 50-1 c'est ce qui permet d'avoir un débat et un vote selon l'article de la constitution donc il dit je cherche la lettre je te la renvoie bon alors voilà il cherche la lettre ah tutoie moi non je vous la renvoie non moi non plus je le tutoie pas c'est moi qui ai traduit c'est moi qui ai traduit ah d'accord ok non non je vous vois je vous vois non moi je ne suis pas de copinage avec ces gens là et puis il me rappelle il me dit en fait on attend le conseil de défense pour répondre à votre lettre parce qu'on ne sait pas si on va répondre favorablement ou défavorablement pourquoi moi j'insiste autant sur le fait qu'il y ait un débat et un vote c'est que ce n'est pas possible qu'un homme tout seul puisse décider que peut-être on rentrera dans une guerre généralisée parce que c'est en train c'est ce qui est en train de se passer quand Macron dit on ira peut-être aider Israël à se défendre ça veut dire que nous-mêmes on rentre dans la guerre à côté d'une extrême droite qui est en train de commettre les pires des crimes de guerre et les pires de crimes contre l'humanité et ça il n'est pas question qu'on fasse ça comme ça sans qu'il n'y ait aucune procédure aucun vote aucun débat et que les gens ne comprennent pas de ce dont on est en train de parler
est-ce que le service de police a été retrouvé à la DCPJ direction de la police judiciaire il reste deux questions l'avant-dernière présidence de groupe
assemblée nationale
tu en as parlé un peu tout le long mais je voulais savoir ce qu'est je te précise ma question toutes tes réponses là ça ne peut pas être de la science infuse il y a des gens qui préparent des choses comment on travaille quand on est présidente de groupe comment on fait exactement
bien sûr qu'il y a des gens qui travaillent et d'ailleurs même les gens qui nous détestent doivent admettre que nous sommes ceux et celles qui travaillons le plus à l'Assemblée nationale alors comment on s'organise nous nous on a donc chaque député a des collaborateurs et collaboratrices donc des équipes qui travaillent avec avec lui ou elle et ensuite nous et on le fait plus que d'autres groupes c'est à dire que nous on a décidé de mutualiser de l'argent en plus l'Assemblée nationale octroie à chaque groupe une enveloppe qui leur permet d'embaucher des équipes pour le groupe nous on a décidé chaque député de donner chaque mois de manière supplémentaire pour pouvoir avoir plus de moyens mutualisés et donc on a des collaborateurs et collaboratrices qui sont donc qui suivent les commissions permanentes donc qui sont des experts en droit international en finance il y en a un ici qui sont des experts en affaires sociales c'est
ah mais moi je dévoile pas ah ouais j'aimerais bien savoir
ah non
ah non je pense que c'est je sais pas
donc ils sont des experts et qui donc font des notes sur tous les les projets de loi qui arrivent les choses d'actualité les annonces des gouvernements qui nous permettent d'avoir du fond à chaque fois sur ce que c'est c'est aussi eux qui vont rédiger les différents amendements pour les projets de loi c'est le secrétariat général qui va coordonner l'ensemble du travail s'assurer que on a bien déposé la motion de censure la motion de rejet bref qui font un travail qui est extraordinaire et moi je le dis parce qu'on nous voit souvent nous mais nos équipes que ça soit celle du groupe ou celle des députés enfin en fait il n'y a pas de politique sans eux enfin c'est c'est enfin la politique c'est d'abord des femmes et des hommes qui donnent de leur temps à côté plein d'autres choses pour faire qu'on convainque autour de nos idées et nous on a la chance d'avoir des équipes qui non seulement sont d'un très très haut niveau mais en plus qui sont des vrais bosseurs et bosseuses parce qu'ils savent pourquoi est-ce qu'ils font ça et puis ça a un peu changé l'Assemblée nationale aussi et ça ça fait du bien pour la première fois ils ont vu des collaborateurs et des collaboratrices non blancs venir dans l'Assemblée des gens qui ne s'habillent pas en costard, cravate qui viennent à l'Assemblée des jeunes beaucoup de jeunes qui sont arrivés avec nous et en fait le groupe parlementaire aujourd'hui c'est aussi un lieu de formation pour plein de gens et de gens qui après vont passer des concours de la fonction publique vont passer et il y a quand même 300 personnes qui sont en permanence avec nous donc c'est énorme
Est-ce que ça vaut ce que tu dis lieu de formation pour l'EFN pour l'ERN ?
Ah bah bien sûr mais d'ailleurs c'est un des problèmes à la fois qu'ils aient des députés en grand nombre c'est un des problèmes aussi et nous on est assez fiers de ça d'avoir réussi à leur enlever les postes de responsabilité au bureau puisqu'avant ils avaient des vice-présidences de l'Assemblée nationale Yael Brunpivet les avait mis dans le conseil qui concerne le secret défense sur lequel donc c'était quelqu'un du RN qu'elle avait choisi de nommer évidemment ça fait monter en compétence les gens à chaque fois et c'est évidemment dangereux donc ça c'est une évidence après nous au groupe parlementaire on garde quand même toujours l'idée parce que c'est dur à l'Assemblée nationale je le dis quand même pour ceux qui nous écoutent déjà ça chamboule les vies des députés du jour au lendemain enfin je veux dire il y a des gens qui étaient payés 830 euros qui d'un coup ont une indemnité de député vous êtes dans les ordres de la République avec des gens qui ne cessent de nous mépriser et puis comme on est quand même des gens intelligents en fait on est des gens intelligents on pourrait tenir tout à fait des discussions très longues sur les choses philosophiques historiques bah parfois vous avez envie que y compris votre adversaire en face vous reconnaisse comme sur des arguments et non pas sur juste de la décrédibilisation donc il y a un enjeu à l'assemblée de se rappeler toujours pourquoi on se bat enfin qu'est-ce qu'on est en train de faire et nous on a théorisé au groupe parlementaire que nous on voulait être un groupe parlementaire avec un pied dedans un pied dehors c'est à dire à la fois emmener les colères à l'intérieur de l'hémicycle pour les faire résonner et puis faire comprendre à l'extérieur ce qui est en train de se jouer dans l'assemblée et les lois qui sont en discussion à ce moment là donc c'est ces deux pieds qu'on essaye de garder à chaque fois et de toujours se rappeler que nous sommes une force révolutionnaire même dans l'assemblée nationale
tu peux me dire quand parce que nous de temps en temps on suit les votes importants et j'aimerais savoir qu'est-ce qui se passe quand la présidente de l'assemblée dit je réunis les chefs de groupe dans mon bureau à tout de suite il y a eu un incident qu'est-ce qui se passe exactement qu'est-ce que vous racontez est-ce que ça se tutoise comment ça se passe elle raconte
alors qu'est-ce qui se passe généralement on va à l'hôtel Lassé alors oui il faut préciser c'est à l'entrée de l'assemblée nationale et donc la résidence c'est la résidence de la présidence de la présidence et puis c'est l'endroit où tous les mardis on fait notre conférence des présidents pour organiser l'ordre du jour de l'assemblée donc il y a à la fois généralement les présidents de groupe mais aussi les présidents d'assemblée de commission pardon qui sont là et les vice-présidents de l'assemblée bon généralement quand elles nous convocent juste les présidents c'est du coup juste les présidents donc on va à l'endroit où on se réunit et généralement c'est pour nous enfin je veux dire par exemple il y a Sébastien Delogu qui sort le drapeau pour palestinien pour dire qu'on est en solidarité avec la Palestine ça s'arrête immédiatement il est exclu pendant 15 jours de séance donc c'est plus que 15 jours il perd son indemnité sur deux mois etc etc bon ça c'est quand c'est un insoumis et puis quand par exemple il y a un macroniste qui commence à interpeller et à agresser physiquement un socialiste et un insoumis Antoine Léoman mais vraiment au point que les huissiers doivent venir pour les séparer et qu'ils commencent à lever le poing et en secouer un comme ça bon ça c'est arrivé trois semaines après de savoir est-ce qu'il allait être sanctionné pas sanctionné finalement il a été sanctionné un rappel à l'ordre c'est à dire rien c'est genre on te tape sur les doigts pour dire c'est pas bien ce qui a été fait faut pas recommencer voilà donc il y a un deux poids deux mesures de Yael Brown-Pivet qui est la présidente de l'assemblée qui a le plus sanctionné sous sa présidence que dans toute l'histoire cumulée de la Vème République donc généralement ça se passe de manière rouleuse c'est à dire que Yael Brown-Pivet dit qu'elle veut des sanctions immédiates commence à dire que c'est inadmissible qu'on dégrade l'image de l'Assemblée Nationale parce que ce ne sont pas les 49-3 ou le fait qu'on utilise comme des paillassons qui dégradent l'image de l'Assemblée Nationale mais le fait que nous insommis osions parler et dire des choses haut et fort et puis généralement après tous les groupes s'y mettent pour soutenir Yael Brown-Pivet dans sa demande nous on se défend c'est à dire que je dis que je ne suis pas du tout d'accord et puis à la fin il y a un vote sur les sanctions et puis généralement on perd voilà c'est à peu près comme ça que ça se passe et après
vous quittez l'hôtel pour retourner à l'hémicycle exactement c'est pour ça que c'est long
ah bah parce qu'on s'engueule
quand tu dis on s'engueule c'est on s'engueule
ah non non on s'engueule enfin je veux dire il y a un en fait il y a un deux poids deux mesures qui est tellement révoltant sur la manière dont c'est utilisé contre nous enfin je veux dire je me rappelle encore de messages de soutien à un député macroniste pendant la réforme des retraites parce que sa permanence avait été vandalisée et que c'était un scandale parce qu'il y avait des autocollants CGT sur sa permanence qui avaient été collés sur sa porte nous moi j'ai un député qui a dû déménager deux fois du fait des menaces d'extrême droite contre nous j'ai à peu près un tiers du groupe qui est menacé de mort qui a déjà été menacé de mort et qui est menacé de mort même régulièrement il y a un niveau de violence politique qui est autorisé contre nous du fait notamment de ce qui est dit contre nous sur le fait que nous serions en dehors du champ de la république sur le fait que nous serions un parti politique proche des islamistes quand nous serions antisémites donc il y a un niveau de violence qui est autorisé contre nous y compris par les plus hautes instances qui à la fin pourraient conduire à un drame et que je trouve révoltant donc non je ne m'engueule pas pour faire semblant et en général d'ailleurs ce qu'il faut imaginer je termine sur ce point là sur ce point là mais ça me semble quand même important l'Assemblée nationale pendant très très longtemps n'était composée que d'hommes et encore maintenant est quand même composée essentiellement de bourgeois donc l'idée c'est que vous avez l'hémicycle et puis juste à côté vous avez la buvette la buvette est un lieu sur lequel vous n'avez pas le droit de prendre de photos ou de vidéos l'idée c'était un peu en dehors de l'arène politique que vous puissiez vous retrouver à discuter des choses de manière plus calme plus apaisée et avec un peu l'idée je suis désolée de le dire aussi facilement mais que la politique était un jeu je veux dire on faisait le spectacle dans l'hémicycle et puis ensuite on se retrouvait entre sa classe dans un entre-soi magnifique où on se comprenait ah c'était beau ta diatribe contre nous ah la tienne était pas mal aussi et je ne sais quoi je déteste ce rapport-là à la politique c'est ce rapport qui considère que la politique n'est pas une question de vie ou de mort pour des millions de gens que ça ne concerne pas directement la vie de millions de gens dans notre pays et dans le monde et moi je n'ai pas envie de contribuer à ça et je pense que les insoumis là où c'est plus compliqué aussi c'est que nous on ne fait pas ce genre de mondanité parce que par exemple quand vous votez une loi immigration qui pour la première fois de la 5ème république et une loi immigration votée grâce aux voies de l'extrême droite et directement avec le programme de l'extrême droite ainsi dedans moi je n'ai pas envie de rigoler avec les autres ça ne me donne pas du tout envie de rire en fait
c'est la dernière question après j'en ai deux petites mais il est 20h ah il est 20h05 donc si tu as vraiment un rendez-vous à CNews par exemple bon bah c'est rapé pour eux
non moi je ne vais pas à CNews non je sais bien CPE contrat première embauche sur les premiers engagements c'est ça alors moi CPE je l'ai vécu blocage dans mon lycée manifestation mais moi je dirais que mes premiers combats c'est plutôt dans l'associatif quand même parce que je n'étais pas meneuse là-dessus enfin je ah il faut que tu sois meneuse pour que ça reste dans ta mémoire non mais je veux dire je n'étais pas militante vraiment vraiment quoi je veux dire moi je considère que j'ai été militante
donc on est en 2006
plus engagée tu es toute jeune je dirais à partir de 2008 moi avant j'étais ça m'intéressait mais j'étais moins active en fait c'est pas tellement que je n'étais pas meneuse c'est que je n'aurais pas la prétention de dire que que j'ai été la plus grande contributrice pour faire reculer le contrat première embauche voilà mais non moi j'ai commencé vraiment sur associatif et lutte contre la misère parce que tout le monde rentre dans la politique d'abord par un aspect après ça se complète par plein d'autres choses c'est aussi la force d'un programme mais moi je suis rentrée d'abord sur l'idée que je ne supporte pas qu'on soit un pays aussi riche avec avec une misère aussi grande du coup j'ai fait des théâtres des bibliothèques de rue plein de trucs comme ça c'est quoi les bibliothèques de rue bibliothèque de rue on se calait c'est les petits camions non on arrivait avec une couverture un petit barnum s'il pleuvait un truc vraiment très simple avec des livres dont des livres neufs qu'on achetait aussi et des jeux et en fait on faisait ça dans des quartiers populaires et à la fois c'était pour certains enfants les seules activités qu'ils avaient et puis c'était aussi la possibilité d'avoir un lien ensuite avec les familles et voilà ils travaillaient sur l'accès aux droits des familles donc voilà j'ai fait ça à Molenbeek j'ai fait ça dans le
à Bruxelles
j'ai fait ça à Nancy sur le quartier du Haut-du-Lièvre j'ai fait ça à Berlin j'ai fait ça assez souvent en fait à toi Céleste bah ouais j'ai jamais eu la chance de vivre au soleil alors que j'aurais adoré mais je sais pas pourquoi j'ai toujours vécu dans le nord c'est comme ça
le CPE
la vie est encore longue
le CPE c'est aussi l'époque de Dominique de Villepin ouais et tu as dit tout à l'heure ça m'a pas échappé que heureusement en 2003 tu fais partie de ces français et ces français qui sont fiers que la France n'est pas combattue c'était le fameux discours de de Villepin et c'est un vieux pays d'un vieux d'un petit pays d'un vieux continent bon et là Villepin il revient bon moi j'oublie pas que les émeutes 2005 et le CPE c'était lui mais est-ce que ça peut être emmerdant pour vous est-ce qu'il pourrait être cette figure de cet homme de droite sociale ça m'arrache la gueule de le dire enfin bon le social
j'aurais pas jusqu'à là non moi je pense que c'est à dire qu'il apparaît quand même pas pour les autres ouais en fait non moi je pense qu'il faut il faut dire que c'est bienvenu toutes les expressions qui ont eu lieu là depuis 20 mois dans des moments où quand même on était très très seul avec les différents urgences palestines et les autres auxquelles j'apporte mon soutien face à la menace de dissolution puisqu'ils ont fait la dissolution de la jeune garde donc c'était bienvenu quand même qu'il y ait des prises de parole qui s'élèvent pour rappeler y compris les positions historiques de la France enfin je veux dire nous on n'est pas enfin c'est pas extraordinaire ce qu'on raconte sur la Palestine je veux dire c'est pas c'est des choses qui auraient été tout à fait normales dans une autre période de notre histoire donc ça c'était bienvenu après bon je pense je pense que on a parlé meute on a parlé enfin après nous on en est très loin de ce que propose Dominique de Villepin notamment sur l'économie le social enfin je pense qu'on est à des antipodes très fort sur ces questions là donc je crois pas qu'on est tout à fait sur la même proposition politique donc après on verra si il est candidat il est candidat après ça fait partie des choix
alors justement à propos de propositions j'attaque les deux dernières questions comme ça je vais pouvoir te libérer la première question c'est as-tu des propositions culturelles des recommandations qu'est-ce que tu as lu vu ça peut être des vieux machins ça peut être des trucs tout nouveau alors
et là la question qui n'a pas été préparée non je suis juste en train j'ai mangé Zora Neillorstone voilà elle s'appelle comme ça qui s'appelle Mets leurs yeux dardés sur Dieu qui est un livre absolument magnifique qui date du début du XXe siècle donc c'est une écrivaine afro-étatsunienne qui est traduit mais remarquablement bien parce que la langue qui est utilisée est une langue créolisée par l'esclavage ça donne par exemple à un moment elle parle d'un homme ça donne cet homme il y avait du sel en dedans il y avait du sel en dedans il donnait du goût aux choses et au monde des choses mais qui sont absolument magnifiques et c'est l'histoire d'une femme et y compris presque un roman initiatique sur le rapport d'une femme noire à l'amour et aux relations et c'est vraiment un livre absolument incroyable qui est d'une beauté époustouflante donc ça j'invite
à le lire alors Kata demande quel est le titre du livre parce que tu l'as dit
Mets leurs yeux
dardés sur Dieu de Zora Neillorstone et voilà et merci Doyos 64 qui a donné la référence et dernière question ultime question il est 20h11 mille excuses pour les déboires techniques du début mais ça fait partie du charme artisanal de l'avant-garde merci pour l'invitation non ça c'est pas ça qu'est-ce qu'on a fait tous les deux et avec les milliers de gens dans le chat les quelques personnes les parisans ils sont chants pas vous parce que vous vous êtes venus mais les autres où est-ce qu'ils sont les 3 millions où est-ce qu'ils sont on leur propose un débat de qualité et ils sont pas là bon bref c'est pas grave qu'est-ce qu'on a fait
pendant 2h ? d'abord on a échangé sur du fond et ça je voulais te remercier dessus parce que c'est agréable de pouvoir parler sans être interrompu toutes les 2 secondes par quelqu'un qui dit mais est-ce que vous avez condamné ?
enfin bon voilà tu vas t'auto-poser la question donc ça c'est bien et puis ensuite moi je pense que tout ce qui aide à analyser le moment politique dans lequel on est qu'on soit d'accord avec nous ou pas d'accord avec nous d'ailleurs c'est pas très important mais tout ce qui aide à remettre de la réflexion à remettre aussi à sortir du court terme dans lequel on nous plonge tout le temps tout ça ça aide aussi à forger des consciences à se faire son propre avis et moi je pense qu'on est dans un moment où on nous nourrit quand même beaucoup à la résignation quoi enfin on nous explique qu'on pourra jamais gagner les élections présidentielles on nous explique que de toute façon tout est foutu on nous explique que de toute façon les grèves et les manifestations on ne les voit même plus dans ce pays donc en fait ça ne sert même plus à rien de se mobiliser ça ne sert même plus de se mobiliser et moi je trouve que par exemple dans un des motifs d'espoir très fort que j'ai pour l'avenir de notre pays c'est je ne sais pas si tu as lu le livre de Tibéry sur la France et elle de droite le sociologue
oui bien sûr
et dedans Vincent il utilise Vincent Tibéry exactement il utilise un concept il y en a d'autres qui bossent qui s'appelle la socialisation inversée je ne sais pas si tu vois de quel moment je parle donc en gros l'idée c'est de dire que pendant des années et des années c'était les adultes qui étaient prescripteurs du monde de la manière de voir le monde absolument donc généralement les parents les grands-parents dans une famille le professeur dans une école et il dit pour la première fois depuis très longtemps on voit une inversion de cette socialisation et où c'est les jeunes qui font changer d'avis leurs parents leurs grands-parents leurs professeurs et autres et je vais donner un exemple très concret par exemple l'inscription de l'avortement dans la constitution on ne devait pas gagner parce que pour inscrire dans la constitution il faut que les deux assemblées votent le même texte or le sénat en 50 ans n'a jamais jamais voté un texte en faveur de l'avortement c'est toujours par l'assemblée nationale que c'est passé et d'ailleurs peu avant le fait que moi je porte le texte et qu'on le gagne à l'assemblée il y avait eu une tentative au sénat par la sénatrice écologiste qui avait échoué on avait perdu pourquoi est-ce qu'on gagne quand ça arrive après l'assemblée nationale et ça c'est des sénateurs et sénatrices qui le racontent parce que il y a leurs filles petites filles nièces qui viennent les voir et qui leur dit si tu ne votes pas pour le droit des femmes à disposer de leur corps dans la norme suprême je ne viendrai plus jamais de voir à Noël je ne viendrai plus jamais de voir aux vacances bref je ne viendrai plus jamais de voir et du coup des sénateurs et des sénatrices expliquent qu'ils ont changé d'avis comme ça et on a même plus de votes quand on calcule assemblée plus sénat ensemble on a eu plus de votes au congrès réunis que les deux assemblées si on faisait l'addition
donc la socialisation inversée
parce qu'ils ont aussi changé d'avis après
c'est que la jeune génération
influe exactement et ça pour nous c'est notre plus grande chance parce que la jeune génération la jeunesse de ce pays elle est massivement antiraciste elle est massivement féministe elle est massivement anticapitaliste bref elle a soif d'égalité elle comprend l'enjeu qu'on a devant nous de faire la bifurcation écologique et donc ça je trouve que c'est un très beau motif d'espoir pour la suite et c'est pour ça que il ne faut jamais se résigner et qu'on peut gagner
merci beaucoup le chat te salue
moi aussi je salue le chat
d'être venu au poste j'avais vu passer un joli message mais là il y en a trop de quelqu'un qui a particulièrement adoré l'émission en disant je suis du Loiret magnifique voilà bonjour Loiret aussi c'est ça toutes nos excuses pour les déboires techniques qui font notre réputation ma chère Mathilde tu as parlé on me l'a parlé tout à l'heure de la flottille et bien demain matin j'ai le bonheur de recevoir dans le studio au dessus à 9h le réalisateur d'un film qui s'appelle Save Our Souls qui a passé deux mois sur le bateau le rafu d'SOS Méditerranée et qui est un film absolument bouleversant qui va être présenté dans 100 salles vendredi soir simultanément avec un débat donc voilà on continue on continue
merci beaucoup
merci à toi
et force à toi
à très bientôt et la prochaine fois on dit à Mélenchon Jean-Luc de ne pas faire d'émission en même temps que la nôtre voilà je pense qu'il a fini parce qu'il y a des gens qui arrivent là et bien tant pis les gars et les filles regardez le replay voilà merci beaucoup merci
on va rester aux règles démocratiques qui fait que c'est l'élection qui compte et pas la manifestation étudie pour se faire entendre mais elle n'est pas un substitut au vote je vous demande d'un très peu sur l'explication dans la capacité à trouver à la fois le bon rythme et les solutions sur le terrain cette mission qui est collectivement la nôtre qui est aussi celle de notre génération bâtir un nouveau contrat social en 21ème siècle nous allons le tenir c'est pas quand ça souffre qu'il faut changer de cadre coup de tonnerre à deux ans de l'élection présidentielle c'est un séisme politique c'est un choc politique c'est un coup de tonnerre qui provoque ce séisme politique c'est un coup de massue on a à avoir une élection démocratique avec une personne qui représente une grande partie des français au scénario monsieur le député une loi d'amnistie on annule l'inéligibilité je pense que ce n'est pas une bonne loi puisque que vous le vouliez ou non c'est enlever la souveraineté du peuple si le peuple veut voter pour quelqu'un qui a fait les pires comment dire les pires choses c'est le peuple qui décide le cas de Nicolas Sarkozy ou même de Marine Le Pen on ne peut pas s'empêcher vu la gravité des peines qui sont demandées de se dire qu'il y a quelque chose de disproportionné il s'agit d'une négation pure et simple de l'état de droit je fais confiance à Nicolas Sarkozy pour apporter les preuves de ce dit au sang la France est-elle encore une...
Mathilde Panot