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DébatC à vous (sur YouTube)· 23 octobre 2023 6 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéInstitutions & électionsEurope & international

Jean-Luc Mélenchon : la polémique de trop ? - Bernard Rougier - C à Vous - 23/10/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Bonsoir Bernard Rougier, vous signez la préface du livre « Quand l'islamisme pénètre le sport » ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Ce débat à l'Assemblée nationale, ça veut dire que la France n'échappera pas à l'importation de ce conflit ?

  • 4:32OuverteRéponse directe

    Vous pensez que Jean-Luc Mélenchon vous vise personnellement dans le choix des mots ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Comment réagissez-vous aux propos de Mélenchon sur une absurde police des mots ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « Les Palestiniens ne sont pas le Hamas, le Hamas n'est pas le peuple palestinien. »
  • 0:25Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas de victime qu'il conviendrait de pleurer moins que d'autres. »
  • 0:31Invité politiquePromesse
    « Nous demandons une trêve humanitaire qui permette un accès sûr et immédiat pour l'acheminement de l'eau, de nourriture, de fioul et d'aide humanitaire et médicale à Gaza. »
  • 0:47InvitéFait
    « Pourquoi la France est-elle incapable de dénoncer avec la même force les crimes de guerre commis par le Hamas et ceux commis par le gouvernement de Netanyahou ? »
  • 1:02InvitéFait
    « Si les mots ont un sens, il est clair que l'agression conduite par le Hamas est à la fois terroriste, constitutive d'un crime de guerre généralisé et adossé à un discours à caractère génocidaire assumé. »
  • 4:32InvitéFait
    « Il y en a qui soufflent sur les braises de façon incessante, méprisante. »
  • 5:04PrésentateurFait
    « La présidence de l'Assemblée nationale est menacée de morts et de plus en plus intensément. »

Temps de parole

  • Présentateur49 %
  • Présentateur 223 %
  • Invité8 %
  • Jean-Luc Mélenchon6 %
  • Invité 25 %
  • Invité 35 %
  • Invité 44 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Au 17ème jour de la guerre entre Israël et le Hamas, l'Assemblée nationale a dépatu cet après-midi de la situation au Proche-Orient. Elisabeth Borne a voulu rappeler la voix singulière de la France, à la fois amie d'Israël et amie des Palestiniens. Tous les partis pouvaient lui répondre, mais c'est évidemment la prise de parole de la France insoumise qui était particulièrement attendue.

0:20
Jean-Luc Mélenchon

Les Palestiniens ne sont pas le Hamas, le Hamas n'est pas le peuple palestinien. Il n'y a pas de victime qu'il conviendrait de pleurer moins que d'autres. Il n'y a pas de vie qui vale moins que d'autres. C'est pourquoi nous demandons une trêve humanitaire qui permette un accès sûr et immédiat pour l'acheminement de l'eau, de nourriture, de fioul et d'aide humanitaire et médicale à Gaza.

0:43
Invité

Cessez le feu ! Pourquoi la France reste-t-elle silencieuse ? Pourquoi la France est-elle incapable de dénoncer avec la même force les crimes de guerre commis par le Hamas et ceux commis par le gouvernement de Netanyahou ? Madame la Première Ministre, nos larmes ne peuvent pas être à géométrie et à géographie variable. Si les mots ont un sens, il est clair que l'agression conduite par le Hamas est à la fois terroriste, constitutive d'un crime de guerre généralisé et adossé à un discours à caractère génocidaire assumé. Je reconnais bien volontiers la complexité à protéger les civils car le Hamas, toujours plus enclin à l'ignominie, se sert de la population civile comme bouclier humain.

Voilà pourquoi on ne demande pas à des terroristes de cesser le feu mais de déposer les armes et de libérer les otages. C'est tout.

1:35
Présentateur

Bonsoir Bernard Rougier, directeur du Centre des études arabes et orientales, professeur des universités à Paris 3, Sorbonne Nouvelle. Vous signez la préface du livre « Quand l'islamisme pénètre le sport », c'est aux éditions presse universitaire de France, c'est écrit par Médéric Chapiteau. On y vient dans un instant, mais ce débat à l'Assemblée nationale, ça veut dire un, que la France n'échappera pas et n'a pas échappé jusque-là à l'importation de ce conflit. Et deux, ce sont des débats, dites-vous, qui sont suivis de très près par les islamistes ? Alors, l'importation du conflit, elle existe depuis longtemps.

J'allais dire, dès 1967, il y a eu une très grande émotion dans les milieux intellectuels juifs en France. Je pense à Raymond Aron qui s'était senti pour la première fois interpellé par ce qui se passait et par la possibilité de la disparition d'Israël. Avec aussi les flux migratoires, il y a aussi une situation où la Palestine devient un enjeu de solidarité pour une partie de nos compatriotes. Là, le risque, si vous voulez, c'est la passion et l'identification primaire qui risque de, en quelque sorte, surpasser l'analyse rationnelle, même si elle est très difficile.

Ce qui s'est passé le 7 octobre, précisément, ce que ne comprennent pas le camp, entre guillemets, pro-palestinien, c'est la dimension tuerie de masse. La dimension mélange de 11 septembre pour l'effet de sidération et de Bataclan pour la tuerie de proximité. Et en ce sens-là, ça ne s'inscrit pas exactement comme les mêmes séquences du passé. Et il y a la réaction à laquelle on assiste avec ce sentiment que, pour la première fois, et c'était montré dans la chaîne Al Jazeera, la Palestine a été libérée, entre guillemets, pendant quelques heures. Et donc, il y a un sentiment de sidération côté israélien et d'admiration, au moins dans la chaîne de télévision Al Jazeera.

Ce qu'il faut, et c'est pour ça que c'est maintenant rétablir, j'allais dire, une rationalité en finalité, comme disait Max Weber, c'est-à-dire, non pas une rationalité en valeur, ne pas laisser des différents acteurs régionaux céder à la défense de la religion, de leur foi, de leur valeur propre, mais essayer de replacer un cadre politique. Et c'est ce sens-là, d'après moi, que doit faire la France. Et c'est le sens de la démarche d'Emmanuel Macron. C'est de rétablir un cadre politique, d'introduire des règles. Là, on a le sentiment qu'il n'y a plus de règles et que tout est possible. Réintroduire de la prévisibilité et empêcher, encore une fois, la montée aux extrêmes.

C'est plus facile à dire qu'à faire. Hier, la présidente de l'Assemblée nationale, Yalbrun Pivet, s'est rendue en Israël avec une délégation de parlementaires, une visite de soutien critiquée à gauche. Notamment par Jean-Luc Mélenchon, présent, lui, à Paris, à la manifestation pro-palestinienne. Le leader de la France Insoumise a publié un titre, un tweet lui reprochant, je cite, « de camper à Tel Aviv pour encourager le massacre à Gaza ». Yalbrun Pivet lui a répondu ce matin sur France Inter.

4:32
Invité

J'ai été très choquée. Il y en a qui soufflent sur les braises de façon incessante, méprisante. Vous pensez qu'ils vous visez personnellement dans le choix des mots ? Ce qui est sûr, c'est que connaissant un peu Jean-Luc Mélenchon, je suis convaincue qu'effectivement le mot « camper » n'a pas été choisi par hasard. Et que le fait que je favorise les massacres, c'est à nouveau une nouvelle cible qu'on me met dans le dos.

5:04
Présentateur

Oui, parce que la présidence de l'Assemblée nationale est menacée de morts et de plus en plus intensément. Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon a répondu en parlant d'une absurde police des mots. Comment est-ce que vous réagissez ? L'universitaire que je suis ne peut être que consterné par ce type de commentaire. C'est extrêmement grave. Il peut y avoir encore une fois... Il y a déjà les islamistes qui vont souffler sur les braises. Pour eux, c'est un cadeau formidable. Il ne faut pas les croire quand ils annoncent une colère ou une tristesse.

C'est une exploitation qui leur permet de décoder le monde, aussi bien la situation française que la situation internationale ou moyen-oriental, en termes religieux. Donc ils y trouvent une façon d'avoir une influence, un pouvoir auprès des plus jeunes en particulier. À chaque fois qu'il y a eu des crises, la première intifada, surtout la deuxième intifada, il y a eu constitution de groupes, de filières. On a des tas d'exemples. La filière des buts de Chaumont s'est constituée au début des années 2000, sur fond de guerre en Irak, de seconde intifada. Donc il y a un effet d'opportunité qui est extraordinaire.

La responsabilité des hommes politiques, c'est précisément de ne pas tomber dans ces pièges. Et de faire preuve d'autant de distance, de compréhension, d'équilibre, sans polémiquer sur un drame.