Stratégie vaccinale française, fabrication de vaccins et de traitements contre le coronavirus, impôts... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue à tous dans le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de France Info. A mes côtés, bonjour Jean-Jérôme. Bonjour. Notre invitée est la ministre déléguée chargée de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher. Bonjour à vous. Bonjour Arsine Lébovitch. Le groupe français Sanofi a annoncé vendredi la distribution de 4 milliards de dividendes aux actionnaires. Écoutons ensemble la réaction d'Hugo Bernalicis, député de la France Insoumise, qui était à votre place hier matin et vous réagissez ensuite.
C'est un fiasco, c'est une honte. Sanofi a bénéficié de fonds publics depuis des années et pas qu'un peu. Ça se chiffre d'ailleurs en milliards quand vous mettez les années successivement les unes après les autres et notamment d'un dispositif qui est le crédit impôt recherche. Quand même la France, une sorte de paradis fiscal pour la recherche.
Agnès Pannier-Runacher, 4 milliards distribués aux actionnaires, du retard sur les vaccins, la suppression de 1000 postes, c'est un scandale ou pas ?
Je crois qu'il faut surtout sortir des paroles et du commentaire et être dans l'action. Et c'est très exactement ce que fait le gouvernement. Nous, nous avons engagé Sanofi à réinvestir le site France. Réinvestir le site France, c'est très concret. C'est 2 milliards d'euros de recherche et développement dans les 3 années qui viennent. Vous pouvez regarder sur ces dernières années, on n'était pas du tout à ce niveau-là. C'est un investissement de 600 millions d'euros sur un nouveau site qui produira d'ailleurs des vaccins et qui sera un site qui pourra être mis au service d'une future épidémie, le cas échéant.
Donc vous dites oui, scandale, mais ça s'arrête ?
Non, moi je dis que je suis dans l'action. Je trouve des solutions. Je suis face à un grand groupe français. Personne ne s'insurge contre les dividendes distribués par Pfizer. Et ce que je pense qui est important, c'est d'avoir une vision industrielle de Sanofi et de faire en sorte que le site France soit plus industriel et que la recherche et développement soient réactivés en France sur les 3 points forts de Sanofi. Le cancer, le vaccin et les maladies rares.
Mais vous êtes ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Renaché, on l'a dit à l'instant. Est-ce que néanmoins, vous ne demandez pas un petit peu plus de modestie ou de discrétion au champion national de l'industrie pharmaceutique Sanofi qui vendredi sur notre antenne expliquait que finalement ces résultats extraordinaires et ces 4 milliards distribués aux actionnaires, c'était une chance pour la France ?
Je crois qu'on confond souvent les sujets financiers. Moi, j'ai besoin d'avoir des actionnaires dans toute entreprise. Et ce sont les messieurs comme Hugo Bernicillis qui sont les premiers à s'inquiéter lorsque l'actionnariat change de main ou lorsqu'une pépite française passe aux mains d'étrangers. Donc notre sujet, c'est d'avoir des actionnaires, des actionnaires de long terme. Et ce que je recherche, c'est des actionnaires qui ont une vision industrielle et pas une vision financière. Et c'est dans cette optique-là qu'on doit se positionner.
Et lorsque Sanofi investit en France sur un site industriel, lorsqu'ils remettent de la recherche et développement en France, lorsqu'ils continuent le développement du vaccin, parce qu'encore une fois, le développement n'est pas du tout arrêté.
C'est du retard.
Je veux le préciser pour les gens qui nous écoutent.
Mais quand même, quand même, 1400 postes de recherche supprimés au sein de Sanofi ces dernières années, François Bayrou, le haut commissaire au plan, ce matin dans le Parisien, constate que la recherche et développement française, mais aussi européenne, file aux Etats-Unis. Comment est-ce qu'on peut arrêter cette hémorragie ?
C'est très exactement ce à quoi s'emploie le gouvernement depuis 4 ans. Pourquoi avons-nous réarmé la recherche avec la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, en remettant plus d'argent dans la recherche publique, mais surtout en travaillant à ce qu'il y ait plus de ponts entre la recherche publique et la recherche privée ? Car qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, une biotech comme BioNTech, qui est donc allemande, trouve un vaccin ? Parce qu'il y a ce pont entre le public et le privé. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, Moderna, une entreprise qui est d'ailleurs dirigée par un Français, trouve un vaccin ? Parce qu'il est soutenu massivement par les pouvoirs publics.
Donc, il faut arrêter d'avoir des propos tout faits, et qui en fait ne sont pas effectifs, et il faut réinvestir dans le domaine de la santé. C'est ce que nous faisons dans l'industrie, c'est ce que nous faisons dans la recherche et le développement.
Si vous proposez des solutions, c'est bien qu'à la base, il y a quand même un problème. Alors, on va revenir à...
Tout à fait, je me permets de vous couper. Entre 2005 et 2015, le poids de la pharmacie et du secteur de santé en France a été divisé par deux. Pourquoi ? Parce que ça a été la variable d'ajustement des précédents gouvernements. Le médicament a été la variable d'ajustement, et il a été toujours de bon ton de taper sur les entreprises pharmaceutiques. Mais ce n'est pas comme ça qu'on développe de la recherche. Ce n'est pas comme ça qu'on développe de l'industrie. Aujourd'hui, nous avons réarmé, et nous sommes en capacité de produire quatre des six premiers vaccins déservés par l'Union européenne.
Sur la campagne de vaccination, je voudrais qu'on écoute le Premier ministre qui a annoncé jeudi de nouveaux rendez-vous. Jean Castex.
1,7 million de rendez-vous supplémentaires pour des premières injections. 500 000 rendez-vous fin février et 1,2 million rendez-vous sur le mois de mars qui seront ouverts dès le milieu de la semaine prochaine. Nous pourrons atteindre l'objectif de 4 millions de personnes ayant reçu leur première injection d'ici la fin du mois de février.
Et le Premier ministre a annoncé aussi 500 000 nouveaux rendez-vous possibles dans le courant du mois de mars si tout va bien. Est-ce qu'à ce stade, aujourd'hui, même si on constate une certaine pagaille dans les centres de vaccination, la France n'a plus de problème d'approvisionnement de vaccins ?
En l'occurrence, les vaccinations et les rendez-vous sont donnés au fur et à mesure des livraisons. Donc, nous sommes dans le calendrier qui avait été donné par le Premier ministre en termes de vaccination. Je rappelle, 1 million de vaccinations fin janvier, nous avons fait 50% de plus, 1,5 million. Et nous avons indiqué vaccination de toutes les personnes vulnérables d'ici juin. Toutes les personnes vulnérables, c'est grosso modo 15 millions de personnes. Ça, ce sera respecté. Ensuite, beaucoup de gens veulent être vaccinés. Ce qui est une très bonne nouvelle. Je vous rappelle que ce n'était pas le cas au mois de décembre où il y avait beaucoup d'interrogations.
Et donc, il y a une demande de rendez-vous supplémentaire. Et notre enjeu, c'est de produire plus et de produire plus rapidement. Parce que c'est ça qui va permettre de servir ces rendez-vous et d'augmenter le nombre de vaccinations.
Précisément, très vite. Vous avez mis en place des sortes d'accords, d'associations avec Récifarm, Delpharm, Fareva, qui vont produire effectivement des vaccins. Est-ce que vous prévoyez d'autres accords ? Est-ce que dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, on va avoir d'autres sites de production d'êtres en France ?
D'abord, ces trois accords, ils ont été rendus possibles parce qu'on s'y est pris au mois de juin. Je vais quand même le dire. Juin 2020. Juin 2020, ces lignes de production ont été co-financées par l'État. La deuxième chose, c'est que nous avons obtenu de Sanofi, puisqu'on en parlait à l'instant, de produire 100 millions de doses pour BioNTech. Ça, ça a déjà été annoncé. 100 millions de doses.
Mais pour l'avenir, encore une fois, ma question.
Et pour l'avenir, nous y travaillons. C'est tout l'enjeu de la réunion que nous avons fait autour du Président de la République mardi dernier avec l'ensemble des labos. Et je peux vous annoncer aujourd'hui que nous avons relancé un appel à projets de 300 millions d'euros pour permettre de fabriquer plus en France. Pas seulement des vaccins, d'ailleurs, mais également des traitements.
Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, et l'invité du 8h30 France Info. On reprend cette discussion dans une minute, juste après le Filinfo à 9h moins 20. Diane Ferschit.
Le maire de Saint-Anne, Charente-Maritime, parle d'une crue historique. Le pic de l'épisode n'est toujours pas atteint. Il est attendu demain matin alors que les précipitations vont se poursuivre. La Charente-Maritime, tout comme 8 autres départements étant en vigilance orange au cru, le Pas-de-Calais et le Nord, sont eux en alerte orange à la neige et au verglas. Le vaccin d'AstraZeneca administré aux soignants, 273 000 doses au total, disponible dans un premier temps. Sur France Info, André Grimaldi, professeur émérite à la pitié, Salpêtrière estime que ce vaccin plus facile à conserver va constituer un vrai tournant dans la campagne de vaccination en France.
Il pourra bientôt être administré par les pharmaciens et les médecins de ville. Une femme de 88 ans retrouvée morte son compagnon, hospitalisé après l'effondrement de leur immeuble à Bordeaux, littéralement soufflé par une explosion vraisemblablement due au gaz. Un drame apocalyptique, selon les témoins. Ce sera le centième classico ce soir. Marseille contre le PSG en clôture de la 24e journée de Ligue 1 de football. Les Marseillais, neuvième du classement, sont sous pression une semaine seulement après le déchaînement de violences de leurs supporters.
Paris, de son côté, doit absolument gagner pour rester au contact de Lyon, nouveau leader provisoire de la Ligue 1 ce matin après sa victoire 3-0 contre Strasbourg. France Info
La ministre déléguée chargée de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher, l'invité du 8h30 France Info, avec Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de la rédaction, Emmanuel Macron a défendu l'approche européenne sur la question des vaccins. Je voudrais qu'on écoute ensemble ce que dit Guillaume Pelletier, numéro 2 du parti Les Républicains. C'était sur France Info mercredi.
La seule raison pour laquelle nous ne sommes que passés par l'Union Européenne, c'est pour des raisons financières et budgétaires qui peuvent être compréhensibles. Sauf que vous savez très bien qu'un troisième confinement, par exemple, va coûter beaucoup, beaucoup plus cher que si la France seule avait, comme les Britanniques ou les Israéliens, commandé ses propres vaccins.
Est-ce qu'on aurait dû faire des commandes de notre côté, seuls ?
Alors, ça c'est parfaitement inexact. D'abord parce que les commandes qui ont été réalisées par l'Union Européenne, elles l'ont été main dans la main avec les États membres et elles l'ont été réalisées cet été. Je vais revenir quand même sur ça. Nous avons cet été réservé des volumes de vaccins, plus de 2 milliards, avec des prix. Et ensuite, nous avons contractualisé. Mais l'engagement avait été pris cet été, au même moment que d'autres pays. La différence entre nous et certains pays, soit c'est une différence de taille, c'est le cas d'Israël, soit c'est une différence de politique vaccinale.
Nous n'avons pas fait le choix, effectivement, d'utiliser le vaccin AstraZeneca sur les personnes âgées. Et je pense que nous ne l'avons pas fait parce que nous estimons que lorsqu'on n'a pas de données, ça ne veut pas dire qu'il est inefficace sur les personnes âgées, ça veut dire que nous n'avons pas assez de données nous permettant de garantir qu'il est efficace sur les personnes âgées. Nous avons les deux vaccins pour les personnes âgées les plus efficaces sur l'ensemble de la planète. C'est Moderna et c'est BioNTech. On est au-delà de 90% de risque, enfin plutôt de diminution d'une maladie grave, là où on ne sait pas pour astraiser les cas.
Agnès Pannier-Naché, donc vous avez cité Israël. Je vais vous donner quelques chiffres, une fois n'est pas coutume. 55% des personnes vaccinées en Israël, 14% au Royaume-Uni, 10% des Américains en France, 2,8%, j'ai envie de dire seulement, des Français ont reçu une première injection. On est lanterne rouge pratiquement en Europe. Est-ce que quand même, ça ne pose pas encore une fois un point d'interrogation sur cette stratégie française qui s'est mise dans les pas de la Commission européenne ?
Alors la France ne s'est pas mise dans les pas de la Commission européenne. La France a assumé, avec l'ensemble de l'Europe, de réserver ses doses. Plusieurs choses. Si nous ne l'avions pas fait, ça aurait été la course à l'échalote entre les différents pays européens, avec un risque de pays qui auraient eu des doses et des pays qui n'auraient pas eu des doses. Le virus ne connaît pas de frontières. Donc cela n'aurait rien résolu. Ça aurait plutôt été catastrophique et d'un point de vue politique, je vous laisse imaginer la situation. La deuxième chose, c'est que nous n'avons pas tout à fait le même point de départ que d'autres pays en termes de production de vaccins.
Aujourd'hui, l'Europe est le premier continent qui produit des vaccins parce que nous nous en sommes préoccupés dès le mois de juin dernier. Si nous ne l'avions pas fait, le risque aurait été qu'on aurait été totalement dépendants et des Américains et du continent asiatique. Il faut aussi le mettre en avant. On signalait tout à l'heure la perte de matière, la perte de production de la France qui est passée de la première à la quatrième classe en termes de production pharmaceutique en Europe. Croyez bien que je le déplore et j'aurais souhaité que nos prédécesseurs aient plus investi dans ce secteur-là.
Mais partant de cette position-là, si nous voulions avoir des vaccins, il fallait faire le maximum. C'est ce que nous faisons. Les Etats-Unis partent d'une position qui est meilleure de ce point de vue-là et nous sommes en train de rattraper. Et ils ont eu 10 milliards d'euros sur la table. Oui, mais là, je pense qu'on est sur un sujet d'argent. C'est moins un sujet d'argent qu'un sujet de R&D et de plateforme industrielle. Notre facteur limitant aujourd'hui, c'est la production. Et si nous n'avions pas anticipé, nous n'aurions pas eu beaucoup de production en Europe.
Vous dites que ce n'est pas tellement un sujet d'argent entre les labos.
Ça ne empêche pas de bien négocier pour les Européens.
Évidemment, il y a des questions financières. Le professeur de médecine André Grimaldi qui était notre invité tout à l'heure pense et dit qu'il faut supprimer les brevets sur ces vaccins parce que c'est un bien public. Tout le monde doit y avoir accès. Qu'il ne faut pas soumettre ce secteur à de la concurrence, à une course au profit.
Moi, je partage l'idée que le vaccin doit être un bien public mondial. Et d'ailleurs, le président de la République a été très clair. Et nos contrats prévoient des mécanismes de dons pour les pays à bas revenus. Et nous participons à l'initiative COVAX. Ça, c'est pour repréciser les choses également. En revanche, aujourd'hui, il serait assez inefficace de distribuer des doses qui doivent être transportées à moins 80 degrés dans ces pays à bas revenus. Parce que la logistique...
Oui, mais supprimer les brevets.
Supprimer les brevets, là, c'est la fausse bonne idée. Parce que ce n'est pas le sujet aujourd'hui de blocage. Notre difficulté aujourd'hui, c'est de trouver des sites de production qui soient homologués, qui soient en capacité de fabriquer. Encore une fois, l'industrialisation d'un vaccin, ça prend en temps normal 12 à 30 mois. 12 à 30 mois. Parce qu'il n'y a pas un lot qui sort d'une usine de vaccins qui n'est pas fait l'objet de contrôles extrêmement approfondis. Il n'y a pas un équipement qui n'ait pas été homologué. Nous sommes sur une industrie qui est extrêmement contrôlée parce que nous toussons à la santé des gens.
Et donc, vous ne pouvez pas convertir n'importe quel site en site de production de vaccins. Il vous faut 4 mois, 5 mois, 6 mois pour le faire à minima et en ayant toutes les ressources humaines qui sont aujourd'hui sur le pont à raison de 15 heures par jour. Donc ça aussi, c'est un facteur limitant. Mais pour vous, la concurrence entre les laboratoires,
la concurrence financière, y compris sur les profils, etc., n'est pas néfaste ?
Je dirais même que la concurrence fait qu'aujourd'hui, on a plusieurs vaccins. On a plusieurs vaccins. Si on n'avait pas eu de concurrence, on n'aurait pas eu autant. On n'aurait pas eu 230 recherches qui sont parties sur les vaccins. Et donc, certaines qui arrivent et d'autres qui sont interrompues parce qu'elles sont en échec.
Est-ce que vous attendez justement que les Russes déposent une demande de mise sur le marché pour le vaccin Spoutnik ?
Moi, je vais vous dire, je suis agnostique. Tout vaccin qui est prêt et qui a les conditions de sécurité et d'efficacité est le bienvenu en Europe. Parce qu'on a un intérêt à avoir le maximum de différents vaccins et de volumes de vaccins.
Une question qu'on peut se poser sans être vraiment un spécialiste. Pourquoi la multiplication de ces vaccins ? Par exemple, je vous prends l'exemple de Sanofi. Sanofi va mettre en production son vaccin en juin. Il sera peut-être prévu en septembre. En septembre, si on en croit le président de la République, la quasi-totalité de la population française sera vaccinée. À quoi vont servir les nouveaux vaccins ? Par exemple, celui de Sanofi pour les jeunes ? Pour les enfants ?
Vous allez avoir plusieurs besoins. On ne sait pas encore combien de temps vous protègent les vaccins. Si demain, comme pour, vous savez, le calendrier vaccinal des enfants, on dit tous les deux ans, puis après une nouvelle adjection à cinq ans, un rappel, il va falloir prévoir ça. Dans les premières simulations que nous font les laboratoires, il est assez probable qu'il y ait besoin d'un rappel. La deuxième chose, c'est les variants. Tous les vaccins ne seront peut-être pas efficaces contre tous les variants et en particulier ceux qu'on ne connaît pas. Puisqu'encore une fois, le virus, il est vivant. Donc, il va s'adapter à nos stratégies de traitement et nos stratégies vaccinales.
Et la troisième chose, c'est les enfants ? Il va chercher à échapper, il va chercher à éviter.
Et les enfants, un jour, il faudra poser la question. Et puis,
la troisième chose, c'est effectivement les enfants. Il y a des recherches qui ont démarré chez Moderna, notamment, qui commencent à faire des essais. Donc, là aussi, avoir un vaccin qui permette de répondre à tout le monde, c'est évidemment très important.
Agnès Pannier-Runacher, l'invité du 8h30 de France Info. Voici le fil-info à 9h moins 10. Diane Ferschit.
L'annulation de la dette Covid-19 est inenvisageable. La réaction dans le journal du dimanche de la présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, après la tribune d'une centaine d'économistes, vendredi, ils appellent à annuler les dettes publiques détenues par la BCE pour faciliter la reconstruction sociale et écologique après la crise sanitaire. Face à la pandémie de coronavirus, la France dispose désormais d'un troisième vaccin, celui du laboratoire AstraZeneca, déconseillé pour les plus de 65 ans. Il est pour l'heure administrée aux soignants plus de 270 000 doses réparties dans 117 établissements en France.
La date d'ouverture de cette vaccination pour les personnes âgées de 50 à 64 ans sera communiquée très rapidement en fonction des doses disponibles, précise le ministère de la Santé. Neuf départements en vigilance orange aux crues, notamment la Charente maritime. La situation semble stabilisée dans plusieurs communes mais le pic n'est toujours pas atteint à Sainte. Les prévisions annoncent une montée de l'eau jusqu'à 6,20 m. Une crue historique selon le maire de la ville à noter que les départements du Nord et du Pas-de-Calais sont eux en vigilance orange à la neige et au verglas. L'entrée en lice réussit du 15 de France dans le tournoi des 6 nations.
Les Français se sont largement imposés hier face à l'Italie 50 à 10. Prochain rendez-vous pour les tricolores, ce sera dimanche prochain face à l'Irlande. Les Irlandais qui affrontent le pays de Galles cet après-midi. Coup d'envoi à 16h.
France Info La ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher l'invité du 8h30 France Info Jean-Jérôme Bertolus
Vendredi le directeur médical de l'APHP Bruno Rioux a indiqué lors d'une conférence de presse que la situation était maintenant c'est son adjectif tendu dans les 39 hôpitaux de l'APHP parisienne et pourtant la veille Jean Castex avait dénié la nécessité d'un reconfinement. On écoute le Premier ministre.
C'est un pari qui a été fait. C'est un pari. On est au bord du précipice. Est-ce qu'on tombe dans le précipice ou est-ce qu'on reste en équilibre sur la crête ? Pour l'instant on est en équilibre. On n'est personne personne n'espère qu'on va tomber dans le précipice. On aurait pu dire on confine très fort on profite des vacances de façon à couper définitivement parce que pour le coup ça couperait définitivement la dynamique de l'épidémie.
C'était Karine Lacombe qui réagissait précisément au non-reconfinement prôné par le Premier ministre. Est-ce que vous ne prenez pas un risque simplement en prolongeant le couloureux de feu et non pas le reconfinement ? On est au bord du précipice.
Je crois que les Français attendent ni excès de zèle ni laxisme. Et c'est très exactement la ligne sur laquelle nous sommes. Et cette ligne elle n'est pas inspirée par les commentateurs elle est inspirée par les faits. Aujourd'hui...
Les médecins c'est des commentateurs les épidémiologiques ?
Aujourd'hui j'entends Mme Lacombe qui dit nous sommes sur une ligne de crête. Aujourd'hui nous avons un nombre de cas qui est stabilisé stabilisé sur un plateau haut il ne faut pas se mentir stabilisé sur un plateau haut mais ce nombre de cas est stabilisé et c'est plutôt une chance pour nous de ne pas avoir à reconfiner. Nous savons tous que le reconfinement a des conséquences sociales et il a des conséquences éducatives majeures. Nous sommes le pays qui avons réussi à maintenir le plus longtemps ouvert les écoles et je pense que c'est un bénéfice extraordinairement important qui se traduira dans les années qui viennent.
On pourra y échapper selon vous 7 Français sur 10 selon notre sondage exclusif Odoxa pour France Info estiment que non le gouvernement va être contraint à un moment d'imposer le reconfinement.
Je n'ai pas la prétention de lire dans le mar de café. En revanche ma responsabilité celle du gouvernement celle du Premier ministre et du Président de la République c'est de protéger les Français mais de ne pas aller dans l'excès de zèle et de ne pas imposer une mesure qui aurait des conséquences sociales éducatives et économiques qui seraient considérables. Donc nous trouvons cette ligne fine et je crois que c'est une preuve d'un grand courage d'un grand courage de la part du Président de la République et du Premier ministre d'avoir pris cette décision alors que la sécurité ou on va dire la prudence aurait été de reconfiner tout le monde. Il me semble qu'aujourd'hui on s'en trouve mieux.
Quand les médecins disent qu'on va y arriver d'une manière ou d'une autre ceux qui savent je reprends les termes du Président de la République on ne les écoute plus comme avant comme au début de la crise.
Mais d'abord de quel médecin parle-t-on ? Parce que des positions sont assez variées et suivant la personne qui vous parle vous avez des positions. Grand professeur on m'entend sur France Info très régulièrement. Donc on n'a pas de consensus ultime et complètement et ce qui est normal parce que chacun parle du haut de son expérience et en fonction de sa discipline. Donc moi ça ne me pose strictement aucun problème. Nous écoutons les médecins bien entendu. Nous les écoutons. Nous avons des comités scientifiques des comités de santé publique des comités vaccins nous les écoutons. Nos approches sont fondées sur la science sont fondées sur les chiffres.
En revanche nous prenons nos responsabilités politiques. Aujourd'hui la réalité c'est que le niveau de circulation du virus selon le nombre de cas est plutôt inférieur parce que nous avions pris une décision de confinement au mois d'octobre fin octobre qui a été particulièrement efficace. Et ça nous met sur un niveau de circulation du virus qui est plutôt inférieur à ceux de nos voisins européens. Ce qui est une très bonne chose. Nous sommes un des pays où en deuxième vague le niveau de décès est l'un des plus faibles en Europe.
Donc les français peuvent circuler librement il n'y a pas de soucis pour l'instant.
On l'a très bien dit l'enjeu c'est la responsabilité. Pourquoi c'est efficace ? Parce que les français jouent le jeu parce qu'ils respectent les gestes barrières parce qu'ils font attention à leur interaction sociale ils les limitent un peu parce que le couvre-feu aide à les limiter. On ne va pas raconter qu'on est dans une situation normale de vie. On dit simplement que est-ce qu'il ne vaut pas mieux continuer à avoir ces gestes barrières et être extrêmement responsable pour éviter le confinement ? Et je crois que ce qui serait le plus difficile c'est l'épée de Damoclès qui pèse sur les écoles.
Votre ambition c'est donc de donner des perspectives aux français produire plus vite des vaccins permettent encore une fois selon le président de la république que tous les français qu'ils souhaitent se fassent vacciner fin août. Pourquoi ne pas donner aussi la perspective aux français d'une attestation de vaccination comme le Danemark l'a prôné cette semaine ? D'abord une attestation de vaccination et puis ensuite un espèce de corona-pass qui permettrait de voyager d'aller au restaurant d'aller dans les musées pourquoi est-ce que vous ne prenez pas on va dire date pour les français ?
Alors cette question nous paraît à ce stade très prématurée pourquoi ?
D'abord parce qu'il y a peu de vaccinés et comme ce sont des personnes vulnérables la première vague étant les personnes qui sont en EHPAD cela n'aurait pas beaucoup de sens de leur donner un passeport vaccinal la deuxième chose c'est qu'aujourd'hui nous n'avons pas la preuve scientifique qu'une personne vaccinée ne peut pas être porteuse du virus donc vous vous protégez en vous vaccinant et c'est une très bonne chose mais on n'est pas encore sûr que vous protégez votre entourage donc vous voyez bien que dire de quelqu'un qu'il ne ferait pas circuler le virus parce qu'il serait vacciné poserait problème ces données-là on va les avoir dans les prochaines semaines et on sait par expérience qu'un vaccin diminue la circulation du virus la question c'est de combien ?
Une petite question le Premier ministre a annoncé dans Ouest France de nouveaux investissements pour les hôpitaux vous avez des détails ?
Vous savez que le Grenelle de la Santé a conduit à réinvestir massivement dans les hôpitaux 6 milliards d'euros donc il y a tout le volet qui concerne les personnels avec des augmentations de rémunération et là c'est les nouveaux investissements et nous avons pardon et nous avons les investissements dans les infrastructures donc c'est bien de ça qu'on parle 6 milliards d'euros investis dans les infrastructures dans les hôpitaux c'est des équipements en plus c'est des plateaux techniques qui sont rénovés moi qui ai travaillé à l'hôpital il y a 17 ans je peux vous dire que c'est très attendu par les professionnels et là aussi c'est choisir l'investissement et choisir l'innovation plutôt que choisir la maîtrise comptable en matière de santé ce qu'ont fait nos prédécesseurs
Agnès Pannier-Runacher un mot de la dette qu'engendre déjà cette crise comment la rembourser puisque j'imagine que vous dites qu'il faudra la rembourser est-ce que des réformes à venir pourront y servir la réforme des retraites par exemple
en l'occurrence déjà il n'est pas question d'augmenter les impôts il n'est pas question d'augmenter les impôts parce que on l'a vu sur les crises précédentes notamment la crise de 2008-2009 qui était trois fois moins impactante que celle que nous traversons aujourd'hui l'augmentation des impôts a mis un coup d'arrêt à la croissance la première façon de rembourser une dette c'est de faire redémarrer le pays c'est d'être dans un rebond économique et c'est créer de la richesse en ayant plus d'emplois et plus d'entreprises qui fonctionnent
et les réformes à venir en tiendront compte forcément
ça c'est le premier élément le deuxième élément mais ça on a toujours été constant dans notre position c'est de dire que nous avons un agenda de réforme pour le pays et que cet agenda de réforme doit être déroulé dans cet agenda de réforme il y a notamment la réforme des retraites il y a un petit mot sur ça parce que je veux le dire ici rapidement il nous reste 30 secondes lorsque la réforme des retraites lorsque les retraites le régime est déséquilibré ça veut dire que vous ne financez pas la retraite des jeunes ça veut dire que vous mentez aux jeunes donc à un moment il faut assumer nos responsabilités et s'assurer que les jeunes aient bien une retraite au bon niveau et que ce soit pas un transfert intergénérationnel en leur défaveur
Merci Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée chargée de l'industrie invitée du 8h30 France Info ce matin
Agnès Pannier-Runacher