Jean-Luc Mélenchon, co-président de l'Institut La Boétie, ex-candidat à l'élection présidentielle - 18/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et nous recevons ce midi Jean-Luc Mélenchon. Monsieur Mélenchon, nous sommes le 18 juin, 23e anniversaire de l'appel du général de Gaulle, date choisie par l'Elysée pour annoncer la panthéonisation de Misak Manouchian, figure de la résistance française, née en Arménie. Il a été fusillé par les Allemands le 21 février 1944. Il était membre des FTP MOI, Mouvement de Résistance Communiste, et il sera le premier...
La main d'oeuvre immigrée, MOI c'est ça que ça veut dire. Main d'oeuvre immigrée.
Il sera le premier résistant étranger à entrer au panthéon, avec son épouse d'ailleurs, Mélenchon. Quelle est votre réaction ?
Moi j'en suis assez satisfait. Le panthéon, l'idée du panthéon, c'est une idée de la grande révolution de 89. L'idée c'est d'y mettre les personnes dont le comportement, la vie, est un modèle et un exemple. Et puis c'est aussi, c'est pas fait pour les morts, c'est fait pour les vivants, c'est à nous que ça s'adresse. Donc le message qui nous est adressé par Manouchian, c'est qu'on peut de toute nationalité, de toute religion, s'opposer au racisme que représentait, vous avez dit qu'il a été fusillé par les Allemands, mais ces Allemands avaient une caractéristique, ils étaient nazis. Donc c'était des racistes, assassins, antisémites.
Et Isaac Manouchian nous montre que les personnes qui nous entourent, lorsqu'elles sont immigrées, sont des gens qui viennent à la rescousse, chaque fois qu'il y en a besoin pour une grande cause. Alors après, il y a un problème, je crois, qui s'oppose dans le fait lui-même, et sans doute ça va être corrigé, c'est qu'il va être mis au Panthéon avec son épouse. Le cas avait déjà été le même pour Madame Simone Veil, qui est une personnalité extrêmement importante, dont la vie mérite d'être méditée par toutes les jeunes françaises et les jeunes français. Elle avait été panthéonisée avec son époux, Antoine Veil, qui était un homme charmant.
Et là, il va être panthéonisé avec son épouse, à laquelle il était extrêmement lié d'amour. Et donc, je trouve que c'est un beau geste d'avoir dit bien les deux ensemble, mais il ne faudrait pas oublier qu'à part être son amoureuse, c'était une guerrière, une combattante et une résistance. Par conséquent, j'estime que son entrée au Panthéon devrait aussi être célébrée en tant que visage féminin de la résistance. Je suis choqué du fait que le rôle des femmes dans la résistance n'est pas assez souvent évoqué.
François Hollande l'avait fait rentrer, Genève Le Gaule.
Oui, oui. Mais il faut le faire, parce que souvent, je vois qu'on oublie. C'est comme si l'histoire était faite par des hommes. Et nous tous, les hommes, nous avons tendance à reproduire ce schéma.
L'actualité, M. Mélenchon, nous a conduits ce week-end dans la vallée de la Morienne.
Oui, puisqu'il y a eu hier une grande manifestation, plusieurs milliers de personnes, contre le projet de lignes ferroviaires et de tunnels entre Lyon et Turin. Et ce qui est intéressant, c'est que les partisans du projet disent que c'est écologique, et c'est que pour qu'il y ait en fait plus de fret et donc moins de camions sur les routes à terme et plus de trains, pourquoi est-ce que vous, vous pensez que ça n'est pas un projet écologique ?
Les partisans du Lyon-Turin devraient changer de registre. Ça n'a pas de sens ce qu'ils racontent. D'abord parce qu'il y a déjà une voie ferrée qui relie Lyon à Turin. Et elle vient d'être modernisée. Si on y rajoute quelques millions, on peut obtenir une encore plus grande cadence. Or, figurez-vous que cette voie qui existe, on y met aujourd'hui moins de trains qu'on y mettait avant qu'on les réparait. C'est absurde. Les tunnels qui sont faits, qui ont une distance qui est à peine croyable, plusieurs centaines de kilomètres, quand on aura mis tout bout à bout, ne seront pas prêts avant je ne sais quelle année. Tout ça ne sert à rien.
Par contre, le dégât écologique, et je vous demande vraiment, tout ce temps qu'on est, on réfléchit. Quand on a des sujets pareils, on n'a pas d'avis a priori. Moi, la première fois, quand on m'a parlé du Lyon-Turin, je n'avais rien contre, je ne savais pas de quoi on parlait. Quand on m'a expliqué, j'ai changé d'avis. Parce que non seulement, cette voie ferrée existe, donc améliorera-la encore un peu, et surtout, il faut y mettre plus de trains.
Oui, mais alors, pardonnez-moi vos intents, mais c'est très compliqué. Alors, nous avons essayé hier soir d'y voir clair, vraiment, et pour le grand public, c'est compliqué à saisir. Les experts du ferroviaire expliquent qu'il y a une topographie, c'est comme ça, c'est la montagne, et que la ligne actuelle est tellement pentue qu'il faut deux motrices, en gros, pour transporter les trains, et que donc, c'est compliqué,
mettons deux motrices. C'est plus économique de mettre deux motrices que de creuser un trou, pardon. Laissez-moi vous dire pourquoi ce n'est pas écologique, M. Duhamel, et ensuite, vous me donnerez les arguments du lion turin. Mais, pour l'instant, pourquoi ce n'est pas écologique ? Parce qu'on va sortir de là-dedans une masse de terre qui représente l'équivalent de cette pyramide, mais surtout, surtout, surtout, surtout, 120 millions de mètres cubes d'eau par an vont dévaler parce qu'on a fait un trou. Or, s'il y a une question qui est aujourd'hui devenue cruciale, c'est celle des réserves d'eau. Quand on a imaginé ce projet, ça ne venait même pas à l'esprit de ceux qui l'ont imaginé.
Quant aux spécialistes du ferroviaire, vous apprendrez que le patron de la SNCF, interrogé par Gabriel Amard, qui est député LFI du Rhône et qui est la figure à l'intérieur du mouvement insoumis des questions de l'eau, lui a dit « Ah ben oui, c'est juste une question de volonté politique ». Donc, ce n'est rien du tout que d'améliorer légèrement le lion turin actuel.
M. Mélenchon, pour rebondir sur ce que disait Jean-Baptiste, il y a aussi un sujet de sécurité qui est pointé du doigt par les promoteurs du lion turin en disant qu'en l'État, le tunnel ne permet pas d'assurer les garanties de sécurité qu'il faut pour faire passer un train. Par ailleurs, je rajoute à cette question...
Attendez, je ne comprends pas. Le lion turin, il n'est pas certain pour sa sécurité ?
Non, le tunnel actuel, le tunnel du Mont-Séunis qui n'est pas assez large avec pas suffisamment, on ne va pas rentrer dans les détails, mais de galeries qui permettent d'assurer la sécurité de ce type de ligne par ailleurs. Là, pour le coup, une question pour ceux qui nous regardent, ils se disent en fait, en France, on a des écologistes, des insoumis qui défendent le train, disent il faut prendre moins l'avion et là, on a une ligne qui a vocation à faire plus de frais de ferroviaire et non, on n'en veut pas. Est-ce qu'il n'y a pas une forme d'incroyable
contradiction et de paradoxe ? Pour vous, bien sûr, mais pour ceux qui s'intéressent et qui suivent les faits avec sérieux, non. Pourquoi ? Les autres sont sérieux aussi. Non, non, ce n'est pas sérieux que vous dites, M. Duhamel. Non, mais on a le droit de vous critiquer ou il ne faut pas ? Oui, mais ce n'est pas un sujet de sérieux, vous ne pouvez pas être d'accord. Si, c'est une question de sérieux et d'information, de niveau d'information. Les insoumis et les écologistes, comme d'autres, ont déposé des amendements dans le débat budgétaire pour augmenter l'argent qu'on donne pour le fret ferroviaire. Ceux qui ont voté contre, c'est l'extrême droite et les macronistes. Voilà la vérité.
Par conséquent, quand on fait un tunnel, monsieur, il faut maintenant réfléchir au XXIe siècle, pas rester enfermé dans le XXe. Au XXIe siècle, on se pose des questions écologiques d'une manière différente. On n'a pas l'idée qu'il y ait 120 millions de mètres cubes d'eau gâchés, c'est-à-dire la consommation de la ville de Lyon.
Un million de camions en moins par an grâce au projet de Lyon-Turin, c'est ce que disent ceux qui défendent ce projet. Un million de camions sur les routes en moins.
Ce n'est pas vrai. Ah bah écoutez, c'est l'échelle qui se modère. Écoutez-moi, monsieur Duhamel, écoutez-moi, juste pour la curiosité intellectuelle. Si on remet le niveau de la ligne actuelle, du Lyon-Turin, actuelle, dans laquelle on a déjà dépensé, je crois, quelque chose comme 3 ou 400 millions pour l'améliorer. Si cette ligne ne valait rien, si elle n'était pas sûre, pourquoi a-t-on mis 3 à 400 millions pour l'améliorer ? Si on les y a mis, c'est parce que ça marche. Maintenant, on y met 7 fois moins de trains qu'avant. Donc si on remonte au niveau où on était avant, premièrement. Deuxièmement, si on y fait quelques améliorations, on passera les camions sur le train.
Et je vais vous dire que le programme Insoumis prévoit que l'on passe tous les camions sur les trains entre la frontière belge et la frontière espagnole. Tous les camions qui montent du sud de la France jusqu'à la frontière allemande ou à la frontière belge par le train. Pour ça, il faudrait ouvrir, pardon, mais attendez, parce que c'est trop facile de prendre des apparences et de les manipuler. Quand la gare de triage de Port-de-Valence, que je suis allé voir, qui est une gare extraordinaire, qui est évidemment au nord de Marseille, mais qui pourrait accueillir des dizaines de trains qui arriveraient des ports de la Méditerranée.
Et là, il se trouve qu'on a le canal, l'autoroute, la voie ferrée. Cette gare a été fermée. Donc il y a de la part du pouvoir macroniste et des lobbies d'argent qui l'entourent, la volonté de faire surtout des grands travaux qui leur permettent de remplir leur caisse mais qui ne servent à rien. C'est pourquoi c'est un grand chantier inutile qui coûte une masse d'argent.
Il y a matière à discuter ou on arrête tout ? Parce que le creusement a commencé, ça a déjà coûté assez cher d'ailleurs.
Mais vous avez raison, on devrait même le doubler comme ça, ça sera encore mieux. Ça coûte déjà 26 milliards.
Il y a 33 kilomètres de tunnels qui ont déjà été creusés.
Il n'en reste plus que 200 à faire. Ce n'est pas grave. Bon, alors attendez. Mais ce n'est pas sérieux. Si c'est une erreur, la seule chose qui est en débat, est-ce que c'est une erreur ou est-ce que c'est bien ? Ça va coûter 26 milliards. Alors moi, j'ai retenu le chiffre de 26 milliards. Hier, on m'a dit que c'était 30. Enfin pour 30, mais peu importe, 26 ou 30. Vous ne croyez pas que ça serait mieux de l'investir autrement dans le fret pour réouvrir la gare de Port-de-Valent pour améliorer l'actuelle voie de chemin de fer. Et je vous dis que si on améliore l'actuelle voie de chemin de fer, eh bien, on aura un résultat qui sera supérieur.
Maintenant, il y a des kilomètres de faits de tunnels. Mais eh bien, on va discuter avec les techniciens. Qu'est-ce qu'on pourrait faire de ce trou ? Mais il y a plein d'idées. Déjà, on pourrait le reboucher. On pourrait l'organiser autrement parce qu'il y a déjà ça coule tous les jours. La flotte qui descend de la montagne et qui est perdue. Et on peut l'utiliser de plein de manières.
Ce ne serait donc pas fait pour rien. Il y a plein d'idées. La question de la gestion de l'eau, c'est l'argument prioritaire porté par les soulèvements de la terre qui avaient co-organisé cette manifestation hier. On va revenir dans un instant à la question de la sécheresse. Mais sur les soulèvements de la terre, évidemment, vous avez suivi ça. Gérald Darmanin veut leur dissolution. Il devrait l'annoncer en Conseil des ministres mercredi. Question très simple, M. Mélenchon, est-ce que vous êtes pour ou est-ce que vous condamnez cette dissolution ?
Je suis absolument contre cette dissolution. Je la juge stupide et d'abord irréalisable puisque les soulèvements de la terre n'est pas une association, c'est une fédération d'associations, c'est un groupement. Donc, juridiquement, ça n'existe pas. Deuxièmement, qualifier d'éco-terroriste, c'est utiliser le mot terroriste dans des conditions qui sont indécentes. On ne m'aime pas sur le même plan des gens qui manifestent contre un trou qui sert de bassine et quelqu'un qui tire dans le tas au Bataclan ou qui égorge M.
M. Mélenchon, si je puis me permettre, sur les soulèvements de la terre, il n'y a pas seulement le fait de s'opposer à certains projets, il y a le fait, à Sainte-Solines, d'organiser une manifestation qui est interdite et parfois de cautionner ou de ne pas condamner des gens qui s'en prennent aux forces de l'ordre. Il y a ce qui s'est passé à Nantes, le fait d'aller saccager des cultures qui avaient vocation à essayer de se passer de pesticides. Il y a ce qui se passe ici avec le fait de continuer à aller se mobiliser alors même que la manifestation est interdite. Vous voyez bien
de dire qu'il y a un problème. Le problème, c'est le comportement du gouvernement condamné par l'ONU, condamné par la Cour européenne de justice et condamné par pratiquement tout l'univers civilisé. Dans les pratiques des soulèvements de la terre,
il n'y a pas de problème.
Pardon, laissez-moi finir ma phrase s'il vous plaît. Il y a donc une pratique violente délibérée. À Sainte-Solines, la violence a été provoquée par M. Darmanin. Je répète, a été provoquée par M. Darmanin. Quand vous tirez de votre propre aveu 6 000 grenades sur 4 000 manifestants, admettez qu'il y a un problème. Quand on jette des bavés sur les portes de l'ordre, c'est de la faute de Gérald Darmanin ? Quand vous, monsieur, je vois que vous êtes trop jeune pour savoir ce qu'est une confrontation, voyez-vous, le maintien de ce qu'on appelle l'ordre, ça consiste à trouver un équilibre où tout le monde trouve son compte.
Que la société ne veuille pas qu'on fasse des dégâts dans une manif, c'est tout à fait normal et je pense... Mais les manifestants violents, M. Mélenchon, ça existe. Il y a des manifestants violents, messieurs, sont punis par la loi. Pourquoi dissoudre toute une association ? Par exemple, un journal qui mentirait, on interdirait BFM parce que c'est ridicule.
Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas vous entendre tout simplement condamner les violences ? On ne peut pas défendre l'écologie sans violences ?
Non, attendez, ce n'est pas la question qui m'a été posée. La question m'a été posée, est-ce que j'approuve ou non la dissolution de l'association ? Oui, mais on attend, on attend toujours de vous entendre condamner les violences. Mais laissez développer un argument. J'entends ce que vous me dites. La violence, mais madame, je ne l'ai jamais recommandée. J'ai toujours dit qu'il ne fallait pas faire ça, que c'était absurde, que ça servait. Regardez, les gens qui m'écoutaient, écoutez-moi, les gens qui m'écoutaient, chaque fois que vous jetez une pierre, ces trois-là passent ensuite la moitié de l'interview à me parler de ça au lieu de me parler du fond de la question
qui est... J'ai compris. Mais non, vous réclamez la précision de M. Mélenchon, soyons précis et honnêtes. Ça fait trois minutes et deux questions sur un quart d'heure.
Donc la violence ne sert qu'une chose. Elle ne sert qu'à donner les prétextes à ne parler que de ça et plus du fond. Maintenant, là où je vous interroge tous les deux et vous trois et nous tous qui nous écoutez, est-ce que vous comprenez qu'il se produit quelque chose dans la mentalité de la jeune génération ? Est-ce que vous le comprenez ? La jeune génération est révoltée à juste titre contre l'indifférence au saccage de la nature. Mais ça a d'ailleurs été théorisé. Ça a été théorisé. Quoi qu'on fasse, le pouvoir s'en fout. On fait six mois, huit mois de grèves, de manifestations tranquilles, calmes contre les deux années de retraite de moins et il ne se passe rien. Il passe en forme.
Le lion turin, ça fait deux ans que ça dure qu'on oppose des arguments. Il ne se passe rien. La violence est déclenchée par le refus des autorités d'entendre ce qui se passe. Mais vous la justifiez ?
Donc ça veut dire au fond, comme il y a un silence de l'État, comme le gouvernement n'entend pas la colère, au fond, la violence finit par être une sorte de mal nécessaire. C'est ce que vous dites ? Non, c'est ce que vous dites vous. Ben non, mais si vous dites à la fin, à la violence, il n'y a pas d'autres possibilités, il y a la révolte...
Écoutez, c'est vous qui venez de le dire. Moi, je ne dis pas ça. Je pense, et tout le monde m'a entendu, dire exactement le contraire il y a quelques secondes. Donc, monsieur Duhamel, vous perdez votre temps. Ne faites pas les réponses à ma place. Pour ma part, compte tenu de mon expérience de vie dans ce domaine, pas seulement de la dernière manif, de tout ce que j'ai vu. De ce que j'ai vu quand il y a eu de la violence et quand il y a eu de la guérilla. Je dis, ça ne sert à rien. La non-violence, j'ai le droit, c'est ma philosophie personnelle. La non-violence est la riposte. Non-violente est la solution.
Mais quand des gens font de la violence, au lieu de considérer que ce sont des délinquants qu'il faut immédiatement capturer, dissoudre leurs associations, les mettre en garde à vue sans décision de juge, j'essaye de comprendre et je me dis, comment pourrait-on faire pour que les mêmes ne pensent plus que la violence est une solution ? J'essaye de réfléchir. Vous, vous vous demandez comment réprimer. Nous n'avons pas le même point de vue dans la vie.
Je voudrais revenir un instant, s'il vous plaît, rapidement. Je dis rapidement parce que... Je fais ce que je peux. La question de l'eau, d'un mot, parce qu'on a vu des cartes passer cet été par système de miroir assez étonnant. La sécheresse s'est installée au nord, il ne manque pas d'eau au sud mais cela va évoluer dans les semaines qui viennent. Qu'est-ce qu'il faut faire selon vous ? Est-ce que les gens qui ont des piscines on leur dit vous ne les remplissez pas ? Est-ce que les infrastructures publiques de la même manière on arrête d'arroser ? Est-ce qu'il faut aller jusque-là ou est-ce que ça doit être différent ?
Il faut aller jusqu'où il faut. Si on manque d'eau, il faut faire des priorités. N'est-ce pas ? Je réponds comme quelqu'un qui essaye de réfléchir rationnellement. S'il manque d'eau, alors il faut rationner l'eau qu'on utilise ou l'utiliser à bon escient. Bon, peut-être que ce n'est pas urgent d'arroser les golfs. Peut-être qu'il y a certains arrosages en plein midi que j'ai vus sur des cultures qui sont absurdes. C'est-à-dire nous devons arrêter d'exporter de l'eau. Par exemple, quand on arrose un champ de maïs qui est destiné à aller nourrir les poules chinoises, non seulement nous nourrissons ces braves bêtes, mais nous exportons de l'eau. Il faut donc cesser d'exporter de l'eau.
Il faut cesser d'arroser tout et n'importe quoi. Mais je voudrais vous dire qu'une fois de plus, le problème n'est pas traité comme il le faut avec sérieux. Voyez-vous, j'ai commencé ma campagne présidentielle à deux ans avant l'élection. C'est dire, j'ai pris le temps et j'ai commencé par un meeting sur l'eau. Et pour que ça capte l'attention, malheureusement, je n'y suis pas arrivé, on avait fait un meeting en réalité augmentée. Ça n'a rien donné. J'ai essayé à plusieurs reprises et là, pour le coup, ce n'est pas la faute de la presse. Parce que, bon, pour une fois, oui, pour une fois, comme vous dites, mais pas toute la presse parce qu'elle n'intéressait à rien, mais la FP, oui.
Et ils avaient fait plusieurs communiqués pour dire ce qu'on était en train de dire. Et je lançais l'alerte. Alors maintenant, je vais en faire une autre. Et je vous demande de m'écouter. La situation va s'aggraver. Pourquoi ? Parce que la fonte des glaces va plus vite que prévu. Ce qui signifie que l'eau froide qui descend dans l'océan universel est plus importante. Et donc, le tapis roulant qui fait le tour depuis l'Atlantique, ensuite revient comme ça, qui est un tapis roulant de courant dans la mer est modifié, ralenti, et à certains endroits, il s'arrête.
Par conséquent, les saisons vont changer et vous avez fait remarquer que c'est curieux, le Sud et le Nord ne réagissent pas de la même manière. Vous n'avez pas fini d'en voir et nous sommes entrés dans une ère de grande incertitude. Par conséquent, ce que le pouvoir n'a pas fait alors que l'alerte lui a été donnée, alors que tous les scientifiques donnent l'alerte, alors que la plupart des politiques qui s'intéressent à l'écologie l'ont fait, n'a rien fait. Et aujourd'hui, à l'heure à laquelle nous parlons, vous ne savez pas comment on fera pour amener de l'eau dans les villages où il n'y a plus d'eau.
Et puisque vous me parliez tout à l'heure du lion turin, il y a 16 puits pour puiser de l'eau qui sont asséchés du fait du lion turin, ce qui est contraire à toute la loi.
Mais du coup, alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Puisque vous dites que le pouvoir n'a pas fait ce qu'il fallait faire.
Oui, alors... Ah ben oui, non mais déjà, c'est à moi de débrouiller la situation. Dans ce cas, élisez-moi tout de suite parce que je m'en occupe.
Non, mais comme c'est vous qui êtes mon invité aujourd'hui, je vous pose la question à vous si vous voulez bien. Quand M. Macron sera là, je lui poserai la question différemment mais sur le même sujet.
D'accord, merci. Non mais vous avez raison, on peut se marrer un peu quand même. C'est des sujets un peu graves. Bon, alors déjà, on commence par dire où il va manquer de l'eau. Parce qu'on sait à peu près les villages où il y avait déjà un problème. Les villes, parce que je vais vous dire, il y a un endroit où il n'y a pas d'eau depuis des mois et des mois. C'est la Guadeloupe. D'ailleurs, là aussi, l'ONU nous a dit écoutez, un an sans eau, deux ans, passons, trois ans, passons, mais cinq ans, mais six ans, mais dix ans, et vous ne faites toujours rien les Français.
Par conséquent, nous savons que le pouvoir est capable de ne rien faire quand il y a une situation très grave et de dire écoutez, on verra et puis qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? L'automne reviendra. Vous ne dites pas quelles sont les solutions ? Non mais je veux quand même dire les responsabilités. Moi, ma réponse est simple, elle est de logique. S'il manque d'eau, on voit comment on fait pour la compenser. Les préfets, au lieu de s'occuper d'interdire des manifestations ou de les rendre bordéliques comme hier, doivent s'occuper de savoir comment les endroits où on manque d'eau vont être approvisionnés.
Si on approvisionne, ça veut donc dire que certains usages seront dorénavant bloqués. Par exemple, Vittel doit arrêter de pomper de la flotte dans la nappe phréatique qui est en dessous parce que les petites villes et les villages qui sont autour n'en ont pas, voyez-vous ? Donc c'est eux qui devraient avoir l'eau et pas l'entreprise Vittel qui la prend gratuitement sur le dos de tout le monde et ainsi de suite. On économise, c'est-à-dire qu'on partage différemment l'eau. Que voulez-vous faire d'autre ? Je ne peux pas faire pleuvoir mais je vous jure
que si je pouvais le faire, j'irais le faire tout de suite. Et nous allons revenir en direct dans un instant pour la suite de cette émission avec Jean-Luc Mélenchon qui est notre invité ce midi.
A tout de suite.
Jean-Luc Mélenchon, l'invité de BFM Politique ce midi. Monsieur Mélenchon, on fait apparaître trois photos d'actualité dans le mur derrière moi. Vous allez pouvoir en choisir deux. Vous allez voir Elon Musk et Bernard Arnault ensemble. Vous allez voir Marlène Schiappa et le prince héritier d'Arabie Saoudite Mohamed Ben Salman avec Emmanuel Macron. Quelle première photo choisissez-vous ?
Alors, Musk et Chmol là et puis là-bas, pardon, qui est à côté de Musk ? Bernard Arnault.
C'est Bernard Arnault.
Voilà. Alors on va commencer avec celle-là. Bernard Arnault, excusez-moi, j'ai dit Chmol, c'est une vieille habitude. Et là-bas, les deux autres,
Ben Salman. Monsieur Macron et Ben Salman. On va commencer avec les deux hommes les plus riches du monde. À eux deux, 400 milliards d'euros de fortune. Cette photo a été prise cette semaine parce qu'Elon Musk est venu à l'occasion du salon VivaTech en France. Ils ont déjeuné ensemble et cette photo, elle a provoqué un raz-de-marée de commentaires. Je voudrais savoir ce qu'elle inspire pour vous.
Les deux personnes comme êtres humains, je ne les connais pas donc je n'ai pas d'avis sur le sujet. Mais pour ceux qui le représentent, oui, j'ai un avis. Les deux représentent ce qui, à mon avis, est le plus immoral dans le mode de production capitaliste, c'est-à-dire une accumulation gigantesque qui se fait nécessairement au détriment des autres. Ce qu'ils ont, c'est ce que les autres n'ont pas. Et puis, tous les deux pilotent des projets qui posent problème. Alors là, c'est un mania de l'opinion mais de bien d'autres choses. Et M. Musk surtout pose problème. C'est lui qui soulève le plus d'interrogations par d'abord ses idées.
C'est un homme qui est très proche d'une forme d'extrême droite très radicale, quasi suprématiste. Et comme il a les moyens de ses idées, je le considère comme très dangereux.
Il ne vous plaît pas sur l'aspect de développement spatial ? Vous qui êtes féru du sujet et qui en avez beaucoup parlé ? Oui. D'abord, comme je suis... Parce qu'il contribue à sa manière à faire avancer pour le coup la recherche et l'exploration.
Je pense qu'on n'avait pas besoin de lui parce qu'il ne fait rien en réalité. Pardon, je vous donne mon point de vue tout cru, tant pis, ça me vaut des problèmes. Mais M. Musk n'existe que parce qu'il a des contrats de la NASA et que ce n'est plus l'État américain qui fait, c'est lui. Alors, les Français ont été capables avec bien moins de moyens de développer la fusée Ariane sur laquelle les autres pays mettent leur décalcomanie et peut perfectionner le système. M. Mélenchon,
d'un mot, Emmanuel Macron se bat aussi pour qu'Elon Musk implante une usine Tesla en France. Si vous étiez président, vous n'essayeriez pas de convaincre ce type de milliardaires
d'implanter des usines en France pour créer de l'emploi ? Pour créer de l'emploi et des bagnoles qui consomment qui sont... Non, je ne ferais pas ça. Si j'étais le président de la République, d'abord, je ne tiendrais pas des discours abstraits comme le président Macron qui dit... Tu dis dînes ! Non, mais d'accord, il dit qu'il faut réindustrialiser et dès qu'il y a un type qui vient avec trois clochettes on dit ah, bravo, merci ! Bon, non, tout ça est ridicule. Réindustrialiser n'a pas de sens si on ne dit pas pourquoi faire.
Par exemple, moi je vous dirais nous devons avoir en France une capacité de fonderie et de traitement de tel ou tel métal parce que nous en avons besoin pour faire des rails pour développer le chemin de fer ou pour fabriquer des machines ou l'eau motrice. C'est-à-dire réindustrialiser, ça ne veut rien dire. C'est le marché qui va réindustrialiser. Non, pour moi, c'est la volonté, la direction dans laquelle on va. Voilà, donc il faut faire des machines marémotrices en France. Pour ça, il faut qu'il y ait des usines qui ouvrent. Et si personne ne veut les ouvrir, alors l'argent public peut y servir pendant un temps avant qu'on en crée des coopératives, etc. Je sais comment faire.
L'autre photo, c'est donc le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohamed Belt Salman. Il a donc été reçu par Emmanuel Macron à l'Élysée. La Ligue des Droits de l'Homme dénonce cet entretien. Je la cite, estimons qu'il s'agit du triomphe, du pouvoir et de l'argent. Est-ce que vous êtes d'accord ?
En général, je suis plutôt de l'avis de la Ligue des Droits de l'Homme, cette fois-ci encore. Mais je voudrais, pour la majorité des Français qui sont hostiles à la peine de mort, qu'ils sachent que cet homme, dans son pays, on a guillotiné 196 personnes, pas guillotinées, coupées la tête au sabre. Et cette année, encore plus. C'est-à-dire, alors ça a deux leçons. La première, c'est qu'en principe, on n'est pas obligé de s'embrasser sur la bouche avec un tel personnage qui n'est élu par personne, je tiens quand même à le rappeler.
Mais deuxièmement, ça vous montre que la peine de mort n'est nullement dissuasive car il y a sept fois plus de gens à qui on a coupé la tête cette année qu'en 2021. Par conséquent, ça montre que ça n'avance pas. Mais le fait le plus important, c'est de bien m'entendre là. Écoutez, ce type a décidé de réduire la production de pétrole de son pays. C'est ça qu'il a décidé. Donc, le prix du pétrole va augmenter si on diminue la quantité disponible. C'est donc un problème pour nous tous. Et nous avons intérêt à lui dire, monsieur, vous vous êtes assez gavé d'argent sur le dos du monde entier. Donc vous l'auriez reçu
pour lui dire ou pas ?
Pardon ?
Vous l'auriez reçu pour lui dire ou pas ?
Comment ? Comme président de la République ? En principe, c'est vous qui habitez les gens. Les gens, ils ne viennent pas tout seuls. Si vous avez envie de leur dire des choses désagréables, dans le système diplomatique, vous envoyez vos ambassadeurs ou votre ministre pour dire, écoutez, arrêtez. Et dernier élément, pardon, il faut à tout prix que je dise ce que j'ai à dire. Monsieur Ben Salman a quelque chose d'intéressant, c'est qu'il a décidé qu'il n'était pas fermé au fait que le commerce mondial ne se fasse plus en dollars. Personne n'y comprend rien, mais moi, je vais vous dire une chose. Aujourd'hui, les pays qui veulent faire ça représentent 35% de l'économie mondiale.
S'ils décident de ne plus commercer en dollars, nous allons en devant d'une catastrophe. Monsieur Ben Salman a-t-il réfléchi à ça ? Ou bien s'apprête-t-il à soutenir la proposition de Jean-Luc Mélenchon qu'il y ait une monnaie commune de référence qui ne soit plus le dollar et abondée ? Monsieur Mélenchon et je dis Monsieur Mélenchon pour l'accabler, le malheureux, car c'est aussi une idée qui vient du Brésil et de la République populaire de Chine, ce qui ne se cite pas en France.
Monsieur Mélenchon, on va vous montrer les images de la marche blanche qui a lieu en ce moment même en hommage à la jeune Lincey, donc elle s'est suicida à l'âge de 13 ans en raison du harcèlement scolaire dont elle était victime. Elle en a fait part. Il y a un témoignage ce matin dans Le Parisien de sa meilleure amie qui raconte comment ça a commencé. C'est d'une futilité abominable. En gros, des petites filles la trouvées trop coquettes ou pas sympas ou pas assez jolies, enfin peu importe. On en est arrivé là. Bien sûr. Vous, président de la République, puisque vous en parliez à quelques instants, vous avez utilisé cette expression. Ce n'est pas le cas.
Et je ne suis pas candidat, je le rappelle. Alors, qu'est-ce qu'on fait pour lutter contre le harcèlement scolaire de manière efficace ? Parce que ça existe depuis toujours. On pourrait citer la guerre des boutons, etc. Il n'y avait pas TikTok, il n'y avait pas Snapchat.
Oui, ça existait depuis toujours. Personnellement, j'en ai fait l'objet quand je suis arrivé en sixième. J'étais un petit pied noir. Donc, j'aime mieux vous dire qu'on a été très mal accueillis par des mots qui n'étaient pas aimables du matin au soir. Mais maintenant, ça peut devenir extrêmement obsessionnel. Donc, il y a plusieurs choses. D'abord, il faut étudier ces questions avec du soin. C'est une question où on a besoin du savoir, des psychologues, des sociologues, etc. pour nous aider à comprendre. On a repéré que les victimes du harcèlement étaient surtout dans l'année de transition de la sixième.
Et plus particulièrement, lorsqu'on tombe sur des jeunes garçons ou des jeunes filles qui sont à l'âge de la puberté. Donc, ce sont des moments qu'il faut observer avec attention pour savoir comment intervenir. Après, il n'y a pas d'autre solution que premièrement, côté école, améliorer l'encadrement humain. C'est-à-dire, il faut qu'on puisse aller voir quelqu'un. Donc, il faut qu'il y ait au moins un conseiller principal d'éducation. Puis, honnêtement, le surge, ça fait un peu peur comme on disait.
Donc, il faut qu'il y ait des surveillants avec qui on peut aller parler, à qui on dit attention, mon garçon, pardon, on ne parle pas comme ça, monsieur, madame, vous devez être à l'écoute des gens, regardez bien, faites attention. Et côté parents, aussi, il faut dire aux parents, les parents ne sont pas préparés, regardez un parent, il va dire, si vous donnez quelque chose à un gosse, le gosse va prendre. Et le parent, en général, se dit, on dit merci, on dit merci, alors il dit merci. Les parents sont préparés à une série de codes sociaux, mais ils ne sont pas préparés à tous. Et donc, ils ignorent totalement ce que peut être le harcèlement et surtout la violence de ce qu'on ressent.
Souvent, les parents, en l'espèce dans l'affaire de la petite Lincey, parfois, n'étaient pas du tout, comment dire, parfois même accompagnés le harcèlement ou étaient parfois complices. C'est-à-dire qu'il y a aussi des parents qui ne mesurent pas ce que sont en train de faire leurs enfants.
Je ne sais pas de quoi vous parlez, mais si c'est ça, c'est absolument condamnable. Par contre, les gens qui sont là, c'est très important, qu'ils viennent à la marche, etc. Pourquoi ? Parce qu'ils rendent majoritaire une idée. C'est-à-dire que plein de parents vont se dire « Ah ben oui, quand même, moi je suis d'accord avec eux ». Et donc, à partir de là, peut-être vont-ils être plus vigilants et dire à leurs enfants « Dis-donc toi, tu fais quoi avec ton ordinateur ? T'écris à qui ? » Voilà.
Jean-Luc Mélenchon qui concerne des écoles élémentaires à Nice. Vous avez dû en entendre parler il y a quelques jours de ça, des prières musulmanes qui ont été faites à l'heure du déjeuner par quelques élèves. C'est un phénomène assez limité, mais Pape Endia et le ministre de l'Éducation nationale parle de graves atteintes à la laïcité. Est-ce que vous êtes-vous aussi choqué ? Est-ce que vous reprendriez ces mots-là ? Donc, pas choqué du tout, apparemment ?
D'accord. Je suppose que je dois être choqué. Mais d'abord, commençons par dire que réellement, le problème de l'école primaire aujourd'hui, ce n'est pas ça. C'est les classes qu'on ferme, c'est les gosses qui ne peuvent pas manger, c'est les 8 millions de Français qui ne mangent pas à leur faim, qui bouffent les restes de leurs gosses. Enfin, c'est la cata qui se répand dans ce pays social. Néanmoins, il y a une règle
qui s'appelle la laïcité. Qui va dire qu'on est d'accord
avec une prière à l'école, quelle qu'elle soit, que ce soit une prière catholique, musulmane, juive, ou ce qu'on veut, personne, nous ne sommes pas d'accord. Et je vais dire une chose, moi, je ne suis pas théologien, par conséquent, ce n'est pas à moi de dire, mais la prière en général, dans toutes les religions du monde, est entourée d'un certain nombre de précautions. Dans l'islam en particulier, il y a des ablutions, etc. Les catholiques, normalement doivent prier si ils suivent la Bible sept fois par jour, s'ils suivent la religion telle qu'elle est pratiquée ces trois fois par jour.
Et là, ce sont des enfants.
Mais on ne va pas faire ça à l'école. Ce n'est pas le sujet. Et d'ailleurs, dans la tradition musulmane du Maghreb et français, c'est un islam qui dit qu'il faut se soumettre aux lois du pays dans lequel on est. Par conséquent, ceux qui font ces prières se comportent d'une manière qui n'est pas acceptable ni du point de vue de l'école ni du point de vue de la religion.
Rapidement, la question que vous pose aussi, Amandine, c'est celle du respect de la laïcité à l'école. On a vu ces derniers temps aussi... Mais pourquoi on fait le commentaire de ces questions ? Non, parce que c'est pour rebondir. La question est très claire et c'est pour rebondir. Un phénomène de recrudescence du port d'Abaïa à l'école qui a été quantifié. Là encore, 500 signalements sans doute, beaucoup plus parce que ça n'a pas été signalé. Quand on a entendu les réactions dans votre camp, on disait non, non, il ne faut pas s'en prendre, il ne faut pas stigmatiser la communauté musulmane. Attention à l'islamophobie.
Est-ce que là, il n'y a pas une forme de déni de ne pas voir ce qui se passe dans certains collèges, dans certains lycées, sur ce sujet ?
Non, il n'y a pas de déni et il y a une obsession de votre part. C'est obsessionnel. Il faut continuellement que vous parliez de tout ce qui, de près ou de loin, permet de montrer du doigt les musulmans. Alors, je le redis, vous pouvez dire que ce n'est pas votre avis, c'est le mien. Je dis qu'il y a une obsession contre les musulmans dans les médias et dans la parole officielle de ce pays. Donc le port d'Abaïa, ce n'est pas un problème ? L'Abaïa n'est pas une tenue reconnue par la foi musulmane comme une tenue musulmane.
Mais certains disaient la même chose pour le voile, M. Mélenchon. Mais attendez, monsieur,
vous, vous êtes un savant de la théologie musulmane. Du tout, je vous pose des questions. Je m'inclame devant vous. Mais l'organisation qui s'occupe du culte musulman en France, qui peut être à une toute petite supériorité en matière de religion que vous, je ne veux pas critiquer votre connaissance de l'islam. Mais eux, ils disent que ce n'est pas une tenue musulmane.
Donc vous vous alignez sur la position du CFCM et vous dites les Abaïa, pas de problème, on peut continuer à en porter au collège de la CFC.
Si c'est ça que vous voulez me faire dire, tiens, pour une fois, je vais être d'accord et je vous remercie. Attendez, mais monsieur, monsieur Duhamel, vous êtes là pour ça. Je sais ce que vous faites. Tout le monde le sait. Tout le monde le comprend. Oui, oui, on a compris. Alors, l'Abaïa est une tenue inventée par les Bédouins contre la chaleur. Et puis, ça s'est répandu. Peut-être que vous avez vu des gens porter, des fois, des turbans, porter toutes sortes de choses. On ne peut pas dire que ça n'a rien à voir avec la religion. Les jeunes filles, pour des raisons qui leur appartiennent, monsieur Duhamel, peuvent parfois, à certains moments, préférer telle tenue plutôt qu'une autre.
En particulier, à certains âges, vous l'apprendrez, peut-être qu'un jour, vous aurez une adolescente à la maison et vous aurez l'occasion de vous en rendre compte, il y a dans l'évolution du corps des moments qui sont un peu problématiques pour les anciens. Et ça dure quelque temps. La baïa n'est pas un problème. Le problème de l'école, c'est le nombre de profs qui manque, l'insuffisance de l'accueil, l'impossibilité de discuter. La baïa, il y en a des grandes, des petites, des moyennes, et après tout, vous savez, mon père était absolument révolté quand il m'a vu arriver avec les cheveux sur les épaules et une chemise à fleurs.
Alors, s'il y avait eu des gens comme vous à l'époque, ils auraient dit comment, des chemises à fleurs ? Est-ce que vous savez que l'homosexualité est réprimée ? C'était dans la loi. Jusqu'à 1982, M. Duhamel. Alors, vous voyez, les mœurs, les habitudes, les habits, tout ça change. Ce n'est pas la peine d'en faire des drames et d'embêter 6 millions de musulmans dans ce pays en les montrant du doigt tous les 5 millions.
M. Mélenchon, l'actualité a été marquée par un nouveau drame en mer Méditerranée avec la mort de centaines de migrants, à un moment où l'Union Européenne sous présidence suédoise se met d'accord sur de nouvelles règles pour l'accueil des réfugiés dans l'espace Schengen, avec, en gros, pour dire les choses rapidement, une nouvelle répartition, si on peut dire les choses comme ça, des gens qui arrivent et une sanction financière de 20 000 euros par réfugié pour les pays qui refuseraient de les accueillir. Tout ça a prêté lieu à des discussions assez tendues. Comment est-ce que vous vous situez sur ce sujet ?
Alors, d'abord, ce qui se passe en Méditerranée est abominable, on est tous d'accord. Le comportement des autorités grecques est atroce. J'ai lu un article de Libération où ils disent que les gardes-côtes refoutent les gens à la mer, des fois les attachent, enfin bon, c'est abominable. Donc, les autorités grecques ne doivent pas se comporter comme ça et on doit les montrer du doigt. Mais après, on comprend une chose, c'est qu'avec les accords de Dublin, là où vous arrivez, vous restez. Donc, celui qui est là au bord, il est mal. Bon, c'est-à-dire les Grecs, les Italiens et en partie, nous les Français, comme nous sommes plus loin des zones de départ, moins. Bon, donc ça, c'est inacceptable.
Ça provoque des débats quelque chose comme 30 ans que tous les ans, nous avons une circulaire ou une loi. Tous les ans ! Et ça donne quoi comme résultat ? Rien qu'il y a d'après, on en reparle et on refait une circulaire ou on refait une loi. Je voudrais que les Français se souviennent, au moment où on parle de cette immigration qui peut-être fait peur à certains d'entre eux, je voudrais qu'ils se rappellent que 131 000 Français ont quitté la France en 2021, que 800 000 Grecs ont quitté la Grèce depuis 2008, pardon, portugais, et 400 000 Grecs. Autrement dit, nous aussi nous migrons.
Et si nous ne voulons pas que nos enfants, nos familles soient maltraités, peut-être peut-on réfléchir à ce qu'on fait. Vous m'avez posé la question de l'Union européenne. Ce qu'a décidé l'Union européenne est une honte, une honte, parce que normalement on devrait dire aucun d'entre nous n'a envie de voir arriver comme ça des gens. Il va en arriver de plus en plus compte tenu du changement climatique. Alors, il faut répartir. Il faut répartir d'autorité. C'est-à-dire, quelqu'un arrive, il est là, on le met à un endroit, comment vous appelez, d'où c'est que vous venez, etc. Et on dit, vous, vous allez en Allemagne, vous, vous allez en Suède, vous, vous allez...
Il y a des pays qui ne veulent pas. Alors, à l'arrivée, ils ne veulent pas, mais la question n'est pas de savoir s'ils veulent ou pas. La question est de savoir si c'est nécessaire ou pas. Est-ce que ces pays sont d'accord pour dire alors la Grèce et l'Italie recueillent tous les immigrés qui passent la mer ? À quoi ça sert d'être l'Union Européenne ? Maintenant, votre présentation aussi pour ce problème, je ne vous en veux pas, non, c'est ce qui est écrit, il faut voir comment ils présentent les choses. Ils disent, il y a une sanction de 20 000 euros quand vous refusez. Vous n'avez pas compris le truc. C'est que, si vous donnez 20 000 euros, vous êtes débarrassé. Oui, c'est ça.
Eh bien oui, non, mais ce n'est quand même pas la même chose. Ça veut dire que ceux qui ont de l'argent pour se payer le fait qu'ils n'aient pas d'immigrés, ils y ont droit, par exemple, les Allemands. Mais les Allemands, ils les accueillent. Pourquoi ? Parce qu'il leur manque presque 30 000 scientifiques chez eux. Alors, monsieur, je termine. L'abomination par-dessus tout, c'est qu'on est décidé d'inventer l'expulsion vers des pays tiers sûrs. C'est-à-dire, je vous expulse et le pays d'où vous venez, pas de vous, ou dit, moi je ne le connais pas, celui-là, alors on ne sait pas quoi faire de vous. Ça vous donne une obligation de quitter le territoire et vous restez là.
On a inventé les hotspots. C'est-à-dire qu'on va installer des camps dans les pays qui sont de l'autre côté de la Méditerranée. Et ça commence immédiatement avec qui ? Avec ceux qui ne peuvent pas dire non. C'est-à-dire la Tunisie qui aujourd'hui est prise à la gorge par le FMI, on lui dit, si vous prenez un camp pour faire le hotspot, alors les gens qui sont chez vous, nous vous paierons pour ça. À ce moment-là, le FMI viendra et dira, vous devez prendre cet argent, donc prendre ses dignes.
Au sujet de l'Europe, justement, puisque les élections européennes vont arriver à gauche, il y a un sujet de discussion, de débat, j'imagine, entre vous, notamment Mme Tondelier qui dirige Europe Écologie Les Verts, c'est de savoir s'il y aura une liste unique et s'il y aura une liste unique ou pas. Et en gros, il y a un argumentaire d'un côté, c'est si on y va chacun dans notre côté à gauche, on nous additionne, on sera plus puissant que si on y va en liste commune. Vous dites quoi ? Vous voulez une liste unique ?
Est-ce que c'est une fin de recevoir toutes ces autres propositions ? J'adjure, mes camarades de la NUPES, nous avons été capables de signer ça. Vous voyez, je vous montre dans les pêcheurs et dans le... C'est-à-dire 600 propositions communes, dont presque 10 pages sur l'Europe. Donc, ce n'est pas vrai qu'on est divergent. Ce n'est pas vrai.
Vous êtes quand même beaucoup plus sceptique sur l'Europe que les écologistes, par exemple. Vous êtes beaucoup plus sceptique.
Mais si vous... Moi, je suis marre. C'est une question de cohérence. Je vais vous donner un autre exemple. J'appartiens à l'école du matérialisme philosophique. Bon. Il y a plein de gens avec qui je milite dans mon parti autour qui ne sont pas de l'école du matérialisme philosophique. On vit très bien ensemble. Ce n'est pas ça qui compte. Ce qui compte, c'est ce qu'on va faire en Europe. En Europe, on ne va pas voter sur la constitution européenne. Il n'y en a pas. On ne va pas voter sur le fédéralisme. On va voter sur des mesures qui concernent tourner les pages, la spéculation sur l'argent... Donc, vous leur demandez de faire une liste commune absolument pour ces élections.
Mais je vous demande... Attendez. Je veux maintenant sur ce point répondre avec la plus grande gravité, le plus grand sérieux. Nous ne sommes pas là chacun pour faire cuire notre petite soupe sur notre petit feu. Si nous sommes ensemble, les sondages disent que nous arrivons en tête. C'est-à-dire que nous préparons les élections suivantes, en particulier les élections présidentielles, en étant la première force politique du pays, la NUPES. C'est très important. Nous avons... Nous venons de mener huit mois d'une bataille terrible contre les macronistes. Nous les battrions. Nous battrions le Front National. Nous devons notre unité au pays. Nous ne nous appartenons pas.
Mais juste pour être très clair,
Jean-Luc Mélenchon, si vous ne partez pas ensemble, vous dites la NUPES, c'est terminé. Alors, écoutez, je ne sais pas pourquoi
vous faites toujours les réponses à la place des autres. Mais attendez, vous l'avez dit à 20 minutes et simplement, j'essaye de préciser votre pensée. Si, c'était même
une forme de menace. Je vous cite.
20 minutes m'a dit est-ce qu'il y a le risque que ma réponse... Pardon, madame.
S'il n'y a pas d'union aux européennes, il n'y en aura pas non plus aux municipales, pourquoi y en aurait-il une à la présidentielle ? Ce sont vos propos dans 20 minutes, c'est une menace.
Oui, ce n'est pas ce que vient de dire M. Duhamel.
Mais est-ce que vous réitérisez cette menace ?
Non, non, pardon, attendez. Je ne menace personne, madame. Je donne un avis. C'est votre jeu après avoir dit la lupèce et Mélenchon qui dirigent tout de manière à essayer de les écœurer. Non, c'est ce que disent certains de vos opposants. Vous n'êtes arrivé à rien. Nous arrivons en tête dans les sondages. Six élections partielles, nous gagnons un siège. Nous en perdons un et pour nous le faire perdre, il a fallu que tous les autres, depuis les fascistes jusqu'à monsieur les socialistes hollandais et compagnie, madame Delga, il a fallu qu'ils se mettent tous d'accord pour nous battre. Par conséquent, nous sommes la force. Je dis que la force doit s'exprimer politiquement.
Je répète, madame, vous venez d'avoir l'honnêteté de lire ce que je ne dis pas à la traduction de monsieur Duhamel, mais vous l'avez assorti d'un verbe. Je menace. Je ne menace personne. Je dis ce qui est. Est-ce que vous avez changé ? Attendez, êtes-vous capable de dire le contraire de ce que je vais dire maintenant ? Si nous sommes en liste divisées aux élections européennes, nous serons en liste divisées aux municipales ? Oui, madame, je vais vous dire pourquoi. Parce que les Verts décident localement. Donc, nous serons divisés aux élections municipales.
Et si nous sommes divisés aux deux élections qui précèdent l'élection présidentielle, expliquez-moi comment on fait pour expliquer ensuite qu'on se retrouve. Je termine sur une chose, l'Europe, puisque vous m'avez posé la question, sur l'Europe. Le président de la République française a plus de pouvoir sur l'Union européenne, son développement, son évolution, les lois qui s'y présentent, que les parlementaires européens. Alors, comment va-t-on dire ? Nous ne sommes d'accord sur rien, donc nous avons des listes différentes aux européennes, mais aux présidentielles, où là, il y a un pouvoir, alors là, on n'aura pas de candidat commun, parce qu'il y aura des problèmes à nouveau.
Pardon, il y aura un candidat commun qui aura plus de pouvoir. supposé que ce soit un insoumis ou une insoumise qui soit candidate ou candidat à l'élection présidentielle. Elle aura naturellement plus de pouvoir en étant élue que n'en auront tous les députés européens français. Par conséquent, si tout le monde m'a bien suivi, je dis que nous avons la responsabilité d'être unis parce que nous le pouvons, nous avons un programme qui a déjà été signé par tout le monde. Alors, moi, la gauche, pardonnez-moi, M. Mélenchon, comme vous avez mentionné vous-même à plusieurs reprises...
M. Mélenchon, s'il vous plaît, comme vous avez vous-même mentionné à plusieurs reprises l'élection présidentielle de 2027, est-ce que vous excluez-vous de vous y présenter ? Moi, je préfère vous dire
que c'est ma préférence, avec de loin. Parce qu'il n'y a que les gens qui sont en mal de je ne sais quoi pour penser que c'est un statut délicieux. Quand on a fait trois campagnes présidentielles, je vous garantis qu'on a la chair de poule. Vous dites que je ne fais la éviter, mais vous ne l'excluez pas. Mais, attendez, M. Duhamel, il y a plein de gens qui sont capables d'être candidats aujourd'hui dans les Insoumis. D'ailleurs, les noms qu'on nous propose, c'est toujours des Insoumis. Soit on parle de moi, soit on parle de M. Ruffin. Sauf erreur, c'est un Insoumis. Mais il y en a d'autres.
Mme Pannot, dans des plaisosexismes ordinaires sur les plateaux, c'est la présidente du groupe parlementaire Insoumis. Et pas parce que c'est moi qui l'ai nommé, mais parce qu'ils l'ont élue. Et de même, M. Bompard, etc.
Juste, il nous reste très peu de temps, ça a beaucoup choqué certains de vos partenaires que vous citiez comme potentiel candidat à l'élection présidentielle Adrien Quatennens. Est-ce qu'on peut être candidat à l'élection présidentielle quand on a été condamné pour violences conjugales ? Sandrine Rousseau dit que ce n'est pas une bonne solution et Jean-Luc Mélenchon fait une fixation
avec Adrien Quatennens. On a compris. Vous cherchez à voir s'il n'y a pas moyen d'avoir une bataille. D'abord, je vais vous dire une chose. S'il doit être candidat, ce n'est pas moi qu'il déciderait, c'est lui. Deuxièmement, tout le monde a compris qu'il va falloir qu'il repasse une fois au moins à l'élection législative. Donc si vous voulez, laissons ça de côté. Moi, j'ai cité les noms des quelques noms brillants. Donc ce n'est pas rédhibitoire d'être condamné pour violences conjugales ? Mais bien sûr que non. François Mitterrand s'est fait choper dans une histoire catastrophique. Il a quand même été élu président deux fois de la République. Merci beaucoup. M.
Chirac avait des histoires de toutes sortes. Ce n'est pas le sujet. Je vais vous apprendre quelque chose, jeune homme. Et on va s'arrêter là, M. Mélenchon, s'il vous plaît. Ça s'appelle le pardon. Ça ne vous vient pas à l'esprit, mais ça existe. Ça veut dire, le temps passe, vous avez fait une bêtise, une grosse, une moyenne, une petite. Et notre temps a passé, on s'arrête là. Et puis vous avez purgé. Merci beaucoup, M. Mélenchon. Donc M. Catenard n'est pas condamné à vie. Mais les autres sont brillantissimes. Pourquoi ne me parlez-vous pas de Mme Pannot comme candidat à la présidence ? On n'a plus le temps.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce midi sur BFTV. C'était un plaisir. Je vous rappelle, un très beau livre, le programme partagé de gouvernement de la LUPES. Voici Affaires suivantes, Philippe Godin, Dominique Rizet, je vous retrouve à 10 minutes. Ça, c'est votre manie, la première finale sur le quartier.
Jean-Luc Mélenchon