Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 8 septembre 2025 12 minAutoproduit

Jean-Luc Mélenchon invité du 20h de France 2

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et l'on revient à présent sur la principale actualité de la journée, la chute de François Bairou, la France sans premier ministre et après Bruno Retaillot tout à l'heure. Autre réaction attendue ce soir, celle du leader des insoumis. Bonsoir Jean-Luc Mélenchon.

Bonsoir madame. Merci d'avoir accepté notre invitation. On vous a vu à l'Assemblée nationale cet après-midi.

Alors pas dans l'hémicycle parce que vous n'êtes plus député mais dans les tribunes officielles. Vous vouliez assister en présentiel comme on comme on dit à la à la mise à mort de François Baï ? Oh la mise à mort.

Exagérez pas. Bon, il y a eu une bataille politique, il l'a perdu et moi je suis très frant de la vie du parlement et je voulais voir comment ça se passait. Ce n'est pas si souvent, encore que maintenant, c'est de plus en plus souvent.

Mais la chute dans le gouvernement sur un vote de l'Assemblée, ça n'est pas si souvent. Ce que moi je l'ai ressenti, si vous voulez, pas tellement dans les termes assez politiciens avec lesquels on en parle en ce moment. Euh la chute de monsieur Baï a montré deux choses.

Euh la première, c'est qu'elle était bien plus ample que prévue, c'est-à-dire que vraiment à peine un tiers de l'Assemblée, y compris une partie de ses propres troupes, n'ont pas voté pour lui. Et puis je le comprends comme une victoire populaire. Je vais peut-être vous surprendre mais lui il a dit je présente la question de confiance et saluonsle au passage parce que c'est la première fois depuis 5 ans.

Il a eu ce courage parce que de son aveu, il y avait la menace du 10 réaction populaire et la grève générale du 10. Alors je l'interprète sa chute ce soir comme une victoire populaire. Alors maintenant quoi Jean-Luc Mélenchon ?

Comment sortir du blocage ? Une des options d'Emmanuel Macron, vous le savez, ce serait de nommer un gouvernement avec un socialiste à sa tête. Olivier Fort se dit prêt ce soir à être premier ministre.

Est-ce que vous le soutiendrez ? Olivier Fort qui était votre allié pendant le NFP. Oui.

Oui, bien sûr. Il voulait déjà être premier ministre. Il veut être premier ministre à peu près tout le temps.

Mais non, je ne le soutiendrai pas et je pense que personne le fera parce que il ne peut pas gouverner tout seul. il sera obligé de d'avoir des macronistes avec lui. Donc, ils constitueront ce qu'il y a en Allemagne et dans d'autres pays, une sorte de grande coalition.

Pourquoi voulez-vous qu'on aille soutenir une chose pareille ? Alors, la dernière fois, on leur avait dit, mais on l'a prévenu, on lui a dit "Si tu viens, si nous venons", à l'époque c'était madame Lucy Casté sur laquelle on s'était tous accordés et je crois qu'ils l'ont passé par-dessus bord en route. Et bien, il faut proposer notre programme et puis on verra ce que l'assemblée accepte ou pas.

Donc, vous soutenez pas. Mais attendez, lui vient, il a déjà amputé le programme et il est dans la continuité des politiques macronistes parce que lui prévoit 20 milliards d'économie, l'autre prévoyait 40 milliards. Mais c'est pas du tout dans cette directionlà qu'il faut aller.

Une dette de 3000 milliards, un déficit à près de 6 %, on la passe par-dessus bord où on dit il faut faire des économies. Il dit c'est moitié moins, je ferai moitié moins que François Bairou. Vous vous voulez vous voulez faire des économies sur la dette ou non ?

C'est pas le sujet. Alors, d'abord, je je puisque vous m'en donnez l'occasion, je voudrais dire que j'ai très mal vécu les 15 jours ou 10 jours de monsieur Bairou passant sur tous les plateaux pour dire alors qu'il est le premier ministre à la finance internationale, la France est la catastrophe, tout est perdu, nous sommes submergés. Ce n'est pas vrai.

Si bien qu'à un moment donné, je me suis dit mais est-ce qu'il est pas en train d'essayer d'attirer la crise financière sur la France pour qu'on cède ? Madame, je vais vous dire madame, il y a pas de problème de dette en France Jean-Luc Mélenchon ? Non, il y a pas de problème de dette. 3000 milliards, c'est cosmétique.

Ça y est. Non, mais là, vous répétez le vous faites le répondeur automatique, madame. Non, ce n'est pas la somme qui compte, c'est les recettes que vous avez et c'est le poids de la charge de la dette. 3000 3300 milliards sur la période pendant laquelle il va falloir le rembourser.

Il y aura des revenus, d'accord, de la production, des impôts et cetera. Et bien c'est sur 8 ans. Sur 8 ans cette dette représente 13 % de ce qui va être récolté.

Attendez, j'ai pas fini. Aujourd'hui, la charge de la dette dans le budget, qui est la seule réalité matérielle de la dette, elle représente 2 % de la richesse produite, c'est-à-dire 0 presque un point de moins qu'il y a un an et demi. Peut-être dans 3 jours la l'agence de notation fit.

Vous allez me dire on gouverne pas avec eux mais tout de même s'ils abaissent la note de la France répons à ma place, on va emprunter plus difficilement. Mais on mais ça c'est approuvé. La dernière fois qu'on a emprunté de l'argent, c'était jeudi dernier et on a eu 235 fois plus que ce qu'on demandait.

Alors il faut un peu arrêter avec la catastrophe. Mais vous avez raison de dire que vendredi si Fich décide de baisser la note de la France que quand même vraisemblable qu'une agence décide de comment se porte un pays. Vous direz merci à monsieur Bairou.

Alors vous avez raison. S'il continue à descendre euh la notation de la France, et bien les fonds seront obligés sans doute de renchérir. Qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui ?

Ce soir, la France, elle a pas de premier ministre. Vous nous dites "Si Olivier Fort est nommé, on soutiendra pas. Euh si j'imagine quelqu'un du bloc central est nommé, on soutiendra pas.

Comment on sort ? Qu'est-ce que vous dites aux Français qui s'inquiètent ? Les Français qui n'aiment pas l'incertitude, qui ont peur à la fin c'est le travailleur qui risque de trinquer.

Bien, je suis d'accord pour dire que ce qu'il faut avant tout donner à ce pays, pas au marché financier, aux braves gens, aux entrepreneurs, c'est de la visibilité. Pardon de vous dire madame avant toute chose que de continuer à foler le monde c'est que d'abord il y a du soulagement ce soir parce que non seulement on va garder de jours fériers mais ce qui est plus important à nos yeux c'est que euh l'argent qu'on ne voulait plus donner pour rembourser les malades de longue durée c'est-à-dire les gens qui ont eu le cancer et qui sont en rémission ou qui sont en train de le traiter les gens sont soulagés parce qu'ils disent bah je vais pouvoir payer mes frais médicaux premièrement maintenant je réponds directement aux gens inquiets. Il y a des gens inquiets.

Les chefs d'entreprise sont inquiets. Les gens se disent les commandes vont baisser, ils aiment pas l'incertitude. Ou peut-être vous l'aimez, je ne sais pas.

Non, moi je n'ai pas de goût pour l'incertitude. Mais je remarque que l'incertitude c'est pas moi qui l'a créé parce que on m'accuse du chaos, du je sais pas que c'est pas moi qui gouverne, c'est pas moi qui c'est je n'ai je n'ai pas levé non plus la main cet après-midi. Je ne parle pas de ça.

Mais regardons bien que faire ? Vous m'avez demandé alors qu'est-ce qu'on fait pour cette dette ? Vous avez deux manières de faire.

La première qui consiste à dire on ne touche pas aux riches et c'est tous les autres qui payent et on coupe dans les dépenses. Alors les gens à qui on dit vous savez c'est comme un budget familial mais jamais de la vie. Le budget de l'État n'est pas un budget familial c'est un budget où vous décidez vous de vos recettes.

Donc ce qu'il faut à nos yeux c'est augmenter les recettes. Comment ? Et bien en dynamisant l'activité.

Parce que quand vous embauchez quelqu'un par exemple au SMIC, il dépense tout son SMIC pardon. Il paye de la TVA. Tous les Français payent des impôts et puis ensuite ils payent des impôts sur le revenu.

Donc vous augmentez les recettes de l'État. Je mélchon, ça fait 5 minutes que je vais que je vous pose des questions. Vous m'avez toujours pas dit moi ce que je veux c'est destituer le président de la République.

Ben j'y viens mais laissez-moi le temps alors parce que c'est ça vous votre solution c'est ça. Or vous savez très bien que ça passe pas. Voilà donc je sais tout bien.

Vous faites les questions, les réponses. Je vous ai pas répondu comme vous attendiez. Écoutez, ayez la patience de supporter qu'on pense en plus de 140 signes.

Bien. Donc je vais vous dire la situation est telle aujourd'hui. Le le président de la République a montré que quand il dissou, il respecte pas le résultat.

Quand il y a des élections à la date normale, il les perd toutes. Alors s'il les perd toutes, son autorité est égale à zéro. Son gouvernement, on en est à quatre premier ministres.

Il en plus il a été réélu. Il perd tout mais il a été réélu. Parfait.

Heureusement que vous êtes là pour le rappeler, sinon on aurait oublié que monsieur Macron est président de la République. Il a été réélu en effet dans les conditions dans lesquelles vous vous souvenez. C'est-à-dire qu'au 2è tour, il y avait à choisir entre l'extrême droite et voter pour lui ou ne pas voter du tout.

Mais venons sur le fond et ayez la patience de m'entendre. Il y a un choix à faire concerne l'orientation générale du pays. Nous sommes dans un moment dégagiste, vous en conviendrez avec moi.

Et nous avons besoin à la suite d'un mouvement dégagiste, d'un mouvement refondateur. Seule l'élection présidentielle dans ce pays, compte tenu de ce que sont les institutions, nous permet d'avoir ce moment refondateur. Les gens, qu'est-ce que vous préférez ?

Qu'on continue à couper et à détruire le service public ou bien qu'on fasse une relance écologique et sociale ? Ça me paraît simple comme alternative. Et bien, il y a que l'élection présidentielle qui rend ça possible à laquelle vous serez candidat.

Ah non, j'ai pas dit ça. Dites donc attendez ce soir c'est au macable là. Non non mais alors bon je vais vous répondre à laquelle il y aura en effet une candidature insoumise puisque par la force des choses je vous dirai que nous avons gagné les deux précédentes primaires en arrivant très loin en tête de toute la gauche à la présidentielle.

Mais ce n'est pas le sujet là. Le sujet c'est qu'on se comprenne bien. La France est ainsi faite.

Nous ne sommes pas la Grande-Bretagne les États-Unis. Et donc en France, le principe d'autorité découle de un vote franc et massif du du peuple. Moi, j'ai connu ça comme de Gaulle nous appeler à le faire.

Moi, je me souviens vous avoir interviewé plusieurs fois pendant la campagne présidentielle la dernière et vous m'avez dit "C'est la troisième fois, c'est la dernière." Oui. Alors, je sais pas si ce sera pas la dernière fois que je vous dirai qu'il faut changer de président de la République pour savoir ce qu'on veut.

Je vais même aller plus loin. Chaque chaque constitution a son défaut. La 4e République, elle nous a sauvé de la collaboration et du reste.

On est rentré. Le défaut, c'est ça bavardait tellement qu'on décidait plus rien. La constitution du général de Gaulle, elle a eu l'avantage de donner de l'autorité.

L'inconvénient, c'est que ça a dégénéré en autoritarisme. Nous avons donc besoin maintenant d'une 6e République qui permette au peuple, sans faire d'histoire, de pouvoir destituer un président en cours de route par un mandat, par un référendum. Dernière question Jean-Luc Mélenchon, vous avez entendu Bruno Rota il vous a mis en cause nommément vous et Mathilde Pan il veut le chaos.

Ce que veut Mélenchon, c'est le chaos. La violence, il a parlé des mots de Mathilde Pan cet après-midi à l'Assemblée nationale quand elle pointe le Premier ministre en disant "Vous devez avoir peur." Pas dit, elle lui a dit "Vous avez raison d'avoir peur parce qu'en effet il est parti donc il avait raison d'avoir peur de perdre." Je crois que bon, c'est le rôle de Bruno Rotaillot qui est un petit personnage qui vit de la peur.

Il vous a dit tout à l'heure, il faut faire ce que veulent les Français. Alors, qu'est-ce qu'ils veulent d'après lui ? Des policiers partout et pas d'immigrés.

Non, ce que veulent les Français, c'est pouvoir vivre avec une paye décente, que les gamins fassent des bonnes études et quand on est malade, on soit soigné sans avoir à se demander si on va pouvoir payer. Ceux qui disent "Ils veulent le chaos, Jean-Luc Mélenchon, vous leur dites quoi ?" Mais c'est très mal me connaître.

Il faudrait savoir parce que tantôt euh on m'accuse d'être un homme à poigne et à autorité et maintenant me voici un ami du chaos. Je ne suis pas ami du chaos du tout et voyez-vous ma vie m'a permis d'être à plusieurs reprises au contact avec des grands événements de l'histoire de France. Donc je n'ai pas peur, je ne m'affole pas mais je sais qu'il faut trouver une solution positive politique au fait que les Français en ont par-dessus la tête du responsable de la pagaille qui est monsieur Macron.

Voilà ce que je crois et je l'expose et je n'ai jamais dit autre chose que nous ferions tout ça par des élections. S'il y a des actions violentes mercredi, vous condamnez. Pourquoi ?

Euh pourquoi voudriez-vous qu'il y en ait ? Moi, j'ai dit ministre de l'intérieur vient de nous dire "Je crains des actions volantes, des sabotages." Oui, mais le ministre de l'intérieur est en guerre contre le peuple français.

Il va mobiliser 80000 policiers. De quoi a-t-il peur pour qu'on modifie une armée entière face au peuple ? Je redis ce que j'ai toujours dit.

La révolution citoyenne à laquelle j'aspire se fait par les urnes. Les méthodes d'action doivent être des méthodes d'action non violentes ou pacifique. Choisissez le mot que vous voulez.

Et je pense que n'importe quoi d'autre, et je le dis dans les yeux à tous ceux qui m'écoutent, ne faites rien d'autre que des choses qui soient maîtrisé et calme parce qu'ils s'en serviront pendant des heures. S'il y a un cage qui brûle quelque part, ils vont le filmer pendant des heures. Merci Jean-Luc Mélenchon d'avoir été notre invité ce soir.

Merci beaucoup.

Jean-Luc Mélenchon invité du 20h de France 2 — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote