Dette française: Bruno Le Maire assure que la dissolution "a précipité le chaos"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 44 %Attaque 32 %Défensif 24 %
Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
Vous allez me dire si c'est pour vous une réaction de responsabilité par rapport au vote sur le budget.
- 0:45RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est une position responsable selon vous ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Est-ce qu'à un moment, Bruno Le Maire, vous dites qu'on risque de se retrouver dans la situation où on ne pourra pas payer les retraites des Français, on ne pourra pas payer l'hôpital, on ne pourra pas payer l'éducation des Français ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Mais ça veut dire que si les mesures de redressement des comptes ne sont pas faites, elles nous seront imposées de l'extérieur ?
- 4:12RelanceRéponse directe
Bruno Le Maire, pourquoi vous ne vous êtes pas dressé contre cette situation ? Vous avez alerté, vous avez écrit au Président de la République.
- 5:57RelanceRéponse directe
Mais pourquoi on ne vous a pas écouté ? Vous avez écrit au président de la République sur le taux élevé de nos dépenses et de nos prélèvements.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:02Invité politiqueFait
« qu'il arrive, même un budget qui n'est pas parfait, plutôt que pas de budget du tout, qui ne fera que précipiter la crise financière qui nous pend au nez, tout le monde en a parfaitement conscience. »
- 1:11Invité politiqueChiffre
« Quand on a des taux d'intérêt qui s'approchent des 4,5% et qui dépasseront les 5% de manière inéluctable dans les semaines qui viennent, »
- 2:26Invité politiqueChiffre
« L'écart de taux entre l'Allemagne et la France n'a jamais dépassé les 30 points. Il est à près de 100 points aujourd'hui. »
- 2:31Invité politiqueFait
« C'est autant que vous n'avez pas pour les urgences des hôpitaux qui en ont bien besoin, pour les écoles, pour les crèches, pour nos universités. »
- 3:28Invité politiqueFait
« nous émettrons de la dette, et nos créanciers diront que c'est trop dangereux. On ne suit pas, et on n'achète plus de dette française parce que le risque est trop important. »
- 5:20Invité politiqueChiffre
« Les taux d'intérêt moyens, quand j'étais ministre des Finances, étaient à 1,1%. Ils sont à près de 5% aujourd'hui. »
- 5:45Invité politiqueChiffre
« l'INSEE a révisé la croissance à près de 2%. Elle est à 0,4% aujourd'hui. »
- 13:26Invité politiqueChiffre
« Réduction de 10 milliards d'euros des dépenses sur l'État, austérité, M. le maire, j'ai pris la décision. »
- 15:11Invité politiqueChiffre
« Je propose un point. Ça vous rapporte 3 à 4 milliards d'euros. »
- 15:58Invité politiqueChiffre
« de geler les avancements des fonctionnaires ce qui rapporte près de 4 milliards d'euros, de geler les traitements des fonctionnaires »
- 18:11Invité politiquePromesse
« on va faire une vraie réforme des retraites à 65 ans âge égal de départ avec de la capitalisation »
- 18:39Invité politiqueChiffre
« un rabais sur notre cotisation en disant voilà, on a un niveau de vie moyen et plus faible. Il n'y a pas de raison qu'on continue à financer les autoroutes du sud de l'Espagne ou de l'est de la Pologne et nous nous demandons un rabais de 5 milliards d'euros. »
- 24:49Invité politiqueFait
« c'est une mascarade et les prix du pétrole augmenteront en septembre. »
- 25:01Invité politiqueChiffre
« un tiers de la circulation du pétrole étant bloquée »
- 25:15PrésentateurChiffre
« l'État prend 1,17€ sur 2€ de carburant »
- 25:38Invité politiqueFait
« Quand j'ai lancé le véhicule électrique »
- 25:42Invité politiqueFait
« nous avons lancé le leasing social sur le véhicule électrique »
- 26:33Invité politiqueChiffre
« ça coûte une fortune et nous ne pouvons pas nous le permettre »
- 26:55Locuteur non identifiéChiffre
« ce sera peut-être de 50, de 60, de 80 »
- 27:12Invité politiqueChiffre
« si effectivement le prix du diesel arrive à 2,50 euros, 2,60 euros »
Temps de parole
- Bruno Le Maire62 %
- Présentateur13 %
- ?12 %
- Locuteur non identifié4 %
- Locuteur non identifié 24 %
- Locuteur non identifié 32 %
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Je voudrais d'abord vous faire écouter la réaction de Marine Le Pen sur le budget. Vous allez me dire si c'est pour vous une réaction de responsabilité justement par rapport au vote sur le budget.
Nous
verrons bien la copie que nous présentera le gouvernement, mais j'assume une position claire. Nous assumons vouloir gagner les élections et gouverner la France au plus vite. Un budget imparfait opérationnel avant les élections est préférable cette fois à une loi spéciale car nous pourrons le modifier immédiatement à notre arrivée au pouvoir avec une nouvelle majorité parlementaire.
Au
contraire, s'il n
'y
a pas de budget, nos six premiers mois au pouvoir seraient bien plus difficiles.
Est
-ce que c'est une déclaration, une position responsable selon vous
? J
'espère que tous les partis politiques auront la même position, c'est-à-dire l'adoption d'un budget,
quoi
qu'il arrive, même un budget qui n'est pas parfait, plutôt que pas de budget du tout, qui ne fera que précipiter
la
crise financière qui nous pend au nez, tout le monde en a parfaitement conscience. Mais chacun doit mesurer la gravité de la situation pour nos compatriotes.
Quand
on a des taux d'intérêt qui s'approchent des 4,5% et qui dépasseront les 5% de manière inéluctable dans les semaines qui viennent, qu'est
-ce
que ça veut dire pour nos compatriotes
?
Ça veut dire que vos enfants, mes enfants, quand ils vont aller emprunter de l'argent à la banque pour se loger, on va leur dire « Monsieur, le taux d'intérêt c'est 6, 6,5, 7% ». Nos enfants, nos petits-enfants ne pourront plus se loger. Ça veut dire que pour les entrepreneurs, les patrons de PME, les artisans, les commerçants qui veulent emprunter de l'argent pour investir, pour créer de l'emploi, ils ne pourront pas le faire. Ils mettront la clé sous la porte parce qu
'ils
n'auront pas l'argent disponible. Donc chacun doit se sentir responsable, écarter toute querelle politicienne,
toute
querelle partisane pour se dire « c'est l'avenir de la France qui est en jeu, nous nous rassemblons, ce ne sera pas parfait, mais au moins il y aura un budget plutôt que de précipiter la
crise
». Le sujet de la dette n'est pas un sujet technique, c'est très concret. Est-ce qu'à un moment, Bruno Le Maire, vous dites qu'on risque de se retrouver dans la situation où on ne pourra pas payer les retraites des Français, on ne
pourra
pas payer l'hôpital, on ne pourra pas payer l'éducation des Français ?
Mais
c'est déjà le cas.
Quand
on commence à dilapider autant d'argent
pour
les intérêts de la dette, je rappelle que quand les taux d'intérêt, ça a l'air un chiffre théorique, augmente d'un point,
c
'est 3,5 milliards d'euros de plus que vous dépensez chaque année, puis 7 milliards, puis 15 milliards. C'est autant que vous n'avez pas pour les urgences des hôpitaux qui en ont bien besoin,
pour
les écoles, pour les crèches, pour nos universités. Donc en réalité, on se prive déjà de capacité d'investissement. On pourrait mettre tout cet argent sur un sujet qui me paraît prioritaire, c
'est
-à
-dire
faire de la France le grand leader des nouvelles technologies de l'intelligence artificielle, construire plus de capacités d'accueil de semi-conducteurs, de construction industrielle verte, mais
on ne peut pas le faire.
Mais ça veut dire que si les mesures de redressement des comptes ne sont pas faites, si je vous entends bien, si je vous comprends bien, elles nous seront imposées de l'extérieur. C
'est
-à
-dire
que les pays que l'on regardait autrefois, parfois, il faut le dire, avec un peu de condescendance, en disant que
ça
ne nous arrivera jamais,
c
'est ce que nous vivons peut-être en pire ?
Le
choix qui aujourd'hui est posé devant tous les responsables politiques, c
'est
est
-ce
que nous voulons un destin français,
ou
un destin à la Grèce,
au
Portugal, à l'Espagne pendant la crise financière ? Comment est
-ce
que ça se matérialisera
? Il
y
a
un jour, certainement pas dans les semaines qui viennent, mais s'il y a encore plus d'instabilité politique, peut-être même juste avant l'élection présidentielle, nous émettrons de la dette, et nos créanciers diront que c'est trop dangereux.
On
ne suit pas, et on n'achète plus de dette française parce que le risque est trop important. À ce moment-là, évidemment, la Banque Centrale Européenne ne va pas nous laisser tomber. Elle dira qu
'il
faut venir au secours de la France parce que c'est l'avenir de la zone euro qui est en jeu. Simplement, le Conseil de la Banque Centrale Européenne dira « c'est à nos conditions ». Donc on vous prête de l'argent, mais on veut une baisse des pensions, on veut une baisse des traitements des fonctionnaires, on veut une
réforme des retraites un peu plus
ambitieuse. Donc c'est pour éviter des sangs et des larmes qu'il faut tout simplement du courage.
Je
salue Edwige Chevrion qui nous a rejoint. Merci d'être là avec Bruno Jeudy, Nicolas Domenac et Anne-Sora Dubois. Avant qu
'on
vous pose tous des questions, il y a une question majeure, Bruno Le Maire, et vous essayez d'y répondre depuis plusieurs jours et plusieurs semaines puisque l'on vous voit dans le débat public et politique. Vous n'avez cessé de dire à tout le monde, lorsque vous étiez à Bercy,
qu
'il vous a été demandé de rallonger les choses, rallonger les chèques, de maintenir le quoi qu'il en coûte. Mais pourquoi vous ne vous êtes pas dressé contre cette situation ? Vous avez alerté, vous avez écrit au Président de la République. Pourquoi en tant que ministre vous avez dit, moi je ne cautionne pas, je pars et je démissionne
? Parce
que je préfère me battre et que je revendique la position que j'ai choisie, c'est-à-dire obtenir des économies. On a fait des économies, on a pris des décisions. Je rappelle qu'on a fait une réforme des retraites quand même.
Mille milliards de
dettes supplémentaires.
Retirer ensuite, en 2024, après la dissolution. En réalité, Sonia Mabouk, la faute politique,
ce
qui a précipité le chaos, c'est la dissolution. Je vais juste vous donner
quelques chiffres. Donc c'est le Président
de la République ?
C'est la décision du Président de
la
République. Mais je veux quand même rappeler quelques chiffres, parce
qu
'effectivement, je préfère défendre la vérité, plutôt que tous les mensonges que j'ai entendus depuis des mois et des mois. Les taux d'intérêt moyens, quand j'étais ministre des Finances, étaient à 1,1%. Ils sont à près de 5% aujourd'hui. L'écart de taux entre l'Allemagne et la France n'a jamais dépassé les 30 points. Il est à près de 100 points aujourd'hui. Quand je suis parti de Bercy, le taux de chômage était à 7,6%.
Il
est à près de 9
aujourd
'hui. Et je rappelle que la dernière année où j'ai été ministre
de
l'Économie et des Finances sur une année pleine, c'est l'année 2023, l'INSEE a révisé la croissance à près de 2%.
Elle est à 0
,4% aujourd'hui.
Ce
que ces chiffres montent, et je ne cible personne, personnellement, je cible les décisions qui ont été faites.
Mais pourquoi on ne vous a pas écouté ? Vous avez écrit au président de la République sur le taux élevé de nos dépenses et de nos prélèvements. Vous lui avez vraiment proposé de mettre en place une stratégie, semble-t-il, ambitieuse de contrôle de nos finances publiques pour revenir sous les 3% de déficit en 2027. Que vous a-t-il opposé ? Un silence ? Qu
'est
-ce que ça veut dire ? Qu'il a préféré la dissolution à la vérité ?
Tout ça a été parfaitement établi par la Commission des Finances de
l
'Assemblée nationale qui a mené une enquête et qui a approfondi tous ces sujets. Et je pense qu'à un moment très précis, il y
a
eu un choix politique majeur qui a été fait pour la France.
Est
-ce qu'on choisit en juin 2024
le
plan de redressement des comptes publics que j'avais proposé, qui comportait beaucoup de mesures qui sont aujourd'hui sur la table mais qui sont forcément plus dures parce que la situation s'est détériorée
? Ou
est-ce qu'on choisit d'écarter
ce
courage-là en faisant le choix de la dissolution
? La
décision qui a été prise par le président de
la
République, c'est entre le rétablissement des comptes comme je le proposais ou le chaos politique de la dissolution.
Le
chaos
politique de la dissolution. C'est très grave, pardonnez
-moi. C'est très grave.
Mais c'est un choix qui
n'appartient que au président de la République. C'est un non-choix que de précipiter la France en vain le chaos politique. Mais je veux simplement,
parce que ça fait deux ans que j'entends beaucoup de fables sur le sujet, simplement rappeler que chacun prend ses responsabilités. Moi,
j
'ai certainement, Sonia Mabouk, une part de responsabilité dans la situation des finances publiques parce que peut-être qu'ici, là, on aurait pu aller plus loin, on aurait pu dépenser moins tel ou tel moment. Je prends toute ma part de responsabilité.
Mais je
voudrais juste rappeler
que la décision
fondamentale, c'est la dissolution.
Au moment de la dissolution, la Commission européenne est déjà en train d'étudier le fait de placer la France en procédure de déficit exagéré.
Et
la Cour des comptes a jugé,
a
critiqué votre bilan, a repoussé notamment votre argument Covid en disant les voisins européens ont pris des mesures comparables et ne sont pas dans la même situation. Donc déjà, avant la dissolution, c'était déjà très compliqué.
Parce
qu
'avant
la dissolution, bien
sûr...
Ça faisait six ans que
vous étiez là. C'est pas pour dire que vous êtes seul responsable, mais enfin, la dissolution, il y a eu aussi votre audition au Sénat dans laquelle vous dites qu'il y
a
eu une erreur d'appréciation des recettes.
Il
y a eu quand même une succession d'erreurs qui ne sont pas dues à la dissolution.
qui se sont
déroulées sous
votre
direction
de Bercy. Quand je dis que je prends
ma part de responsabilité, je prends ma part de responsabilité. Bien sûr qu'à un moment donné,
il y a eu un trou
dans les recettes, mais on a pris des décisions réglementaires pour corriger ça, des économies sur l'État, des économies
sur les médicaments. Je les ai prises. Pourquoi
les Français l'ont appris si tard ?
Vous
avez dit...
Il y a eu des
recettes qui n'ont pas été anticipées.
Bien sûr qu'il n
'a
pas été anticipé.
C'est une
erreur grave qui a été commise
par Bercy. Comme j'étais le
patron
de Bercy, je prends toutes mes responsabilités sur cette mauvaise évaluation. Ce que je regrette, c'est qu'on ne comprenne pas que le problème de la dette est un problème de système, un problème de modèle économique qui dépense plus de richesse qu'il en produit. Vous le disiez très bien tout à l'heure. Le problème de la dette, c'est quoi ? Ça a été établi par Nicolas Dufour, le patron de la BPI, par tout le monde.
Et par François Pérou, ça lui a coûté son poste
de Premier ministre.
La France
dépense
trop
pour
les dépenses sociales,
trop pour les retraites et elle ne produit pas assez de richesse. Moi, au moins, j'en tire les conséquences. –
Mais est-ce que ça n'aurait pas eu plus
de force
de
panache de partir et de dire au nom même de ce que vous défendez, de
briser l'art,
de
dire
que ce n
'est
plus possible, on va dans le mur. Et vous avez continué.
–
Mais c'est sympathique.
–
Je ne comprends pas. –
C
'est sympathique, mais je vais vous expliquer.
– Non, c'est la
doctrine
chevalementiste. – On accepte ou
pas ?
–
D'accord.
–
Un ministre,
ça
ferme sa gueule. –
C'est
sympathique sur un plateau de télévision, mais pour la réalité des Français, c'est une catastrophe. François Bayrou a fait ce choix-là.
Qu
'est-ce que ça a amené
? Le
retrait de la réforme des retraites. Donc je préfère me battre,
pied
à pied.
–
Mais vous
avez perdu,
il a refusé un projet de loi de finances rectificative, ça n'a rien changé.
– Mais pardon, si à un moment donné, le choix politique fondamental qui a été fait était de dissoudre plutôt que de poursuivre,
ça,
ça n'est pas ma responsabilité.
–
Donc quand il s'agit de rétablir
les comptes… – Donc c'est de masquer
la réalité. La dissolution, elle
ne
sort pas du chapeau comme ça, monsieur le maire. Vous êtes en train de
dire
que vous avez tout fait, vous avez alerté, vous n'avez pas été écouté, et pire, il a été décidé de dissoudre pour ne pas dire cette vérité.
– Non, pas pour ne pas dire la vérité.
–
Pour la retarder ? – Il y aura peut-être une autre majorité,
il
y
aura
peut-être une autre possibilité, et ça fera passer plus facilement la pilule amère ou le rétablissement des comptes
qui est proposé peut-être. – Est
-ce qu'on pourrait dire, Bruno Le Maire, que la dissolution, c'était finalement un peu de la cavalerie financière ?
–
Je pense que la dissolution, c'est un choix qui n'appartient qu'au président de la République, mais qui a abouti à une fuite en avant. Je redis qu'avant la dissolution, oui, il y avait des difficultés, oui, il y avait des choses qui auraient pu être mieux faites, certainement, mais au moins, nous avions le contrôle de la situation.
–
Mais alors,
nous avons,
avec la dissolution,
perdu le contrôle, perdu le
contrôle de la situation.
– Bruno Le Maire, – Et c'est bien ça
qu'est aujourd'hui. un tout petit peu devant. Ce qui intéresse les Français,
c'est de savoir de quoi l
'avenir va être fait. Jusqu'en juin 2024,
nous avions le
contrôle de la situation. À partir de juin 2024, vous l'avez vu, on abandonne la réforme des retraites, on augmente les impôts, on abandonne la politique économique favorable à l'offre. Donc, on jette tout par-dessus bord. C'est une réalité.
Donc, nous nous retrouvons à l'heure où je vous parle. est-ce que le responsable de cette cavalerie
financière, pour ce que dit Bruno Jeunier, est-ce que finalement, ce n'est pas le président de
la
République qui en fait, c
'est
un peu ce qu'on dit aujourd'hui,
c
'est que
ça n'intéressait pas en fait.
Ça n'intéressait pas tellement
les comptes de la France. Les personnes qui nous
écoutent, je peux me tromper, mais je pense que la seule chose qu'ils attendent aujourd'hui des responsables politiques, c'est comment est-ce qu'on sort de cette situation
et
comment est-ce qu'on évite... Oui, mais j'ai envie
de dire, ce n
'est
pas les responsables politiques, c'est
les politiques.
Il n'y a plus le mot responsabilité.
Mais on le sait, vous avez une grande difficulté à
croire
aujourd'hui de la part des Français. Je vais prendre
vos propos qui sont justes.
La
France pêche depuis 40 ans
en
dépensant trop pour l'État-providence et trop pour les retraites. Donc, est-ce que maintenant, on regarde ça en face et on essaye de régler le
sujet ?
À
l'avenir, est-ce que
nous
sommes
prêts, au moment où je vous parle, à dire aux Français, on peut encore sauver la situation ? Ma conviction absolue, c'est qu'il est encore possible de sauver la
situation, que ça se joue dans les semaines qui viennent et que sur
le long terme,
il faut réinventer notre modèle.
Vous, vous êtes un homme responsable, vous remontez sur le Titanic quand le commandant vous dit écoutez, j'ai pris l'iceberg mais je n'aurais pas dû, mais cette fois-ci, je vais faire attention, vous remontez
en famille, avec vos enfants
? À un moment donné, on est tous dans le même bateau. Ce bateau, il a un nom,
il
s'appelle la France.
Et
ce bateau-là, il a besoin qu'on
comble
les voies d'eau,
qu
'on les ferme une bonne fois pour toutes
et
ce n
'est
pas dans six mois que ça se joue, c'est maintenant. Donc, c'est maintenant qu'il faut engager non pas 5, 6 milliards d'euros de réduction de la dépense, mais 20 à 30 milliards,
ça
a été établi par tous
les spécialistes. que n'avez-vous pas dit
ça au moment où on vous a refusé le projet de loi de finances rectificative ? Pourquoi maintenant et pas à ce moment-là ? Je ne comprends pas.
Mais ça
a
été
dit.
Non, vous ne
vous
l'avez pas dit. Vous auriez pu dire au président c'est maintenant qu'il faut engager ces économies, sinon je m
'en
vais. Vous auriez pu dire au Parlement c'est maintenant qu'il faut les engager, sinon je m'en vais. Vous
ne l'avez pas fait, je vois votre véhémence.
Mais c'est une passion. Parce que c'est un vrai sujet français. J
'entends votre passion. Moi, je vous rappelle à la règle institutionnelle. Toutes les décisions qui relevaient de ma compétence,
je
les ai prises entre janvier et juin 24. Je passe rapidement parce que le passé, ça ne intéresse pas forcément les gens. Je les ai prises contre les oppositions.
La
sortie du bouclet tarifaire sur électricité, tout le monde compte. Austérité, M. le maire, j'ai pris la décision. Réduction de 10 milliards d'euros des dépenses sur l'État, austérité, M. le maire, j'ai pris la décision. Mais il se trouve qu'ensuite,
il
y a des règles démocratiques et institutionnelles qui font qu'à partir d'un certain niveau d'économie, il faut que vous alliez devant le Parlement et que le Parlement les vote.
La démission,
c
'est toujours dans les compétences des ministres.
Toutes les oppositions ont dit plus d'économie, c'est hors de question. Ça va faire de l'austérité.
Non, c'est sur le
diagnostic.
Mais
le diagnostic, il a été fait, il a été écrit,
il
a été dit, je l'ai dit depuis 2021, il faut sortir du
gouvernement. Vous avez dit ni faute ni dissimulation. Je dis
simplement qu'à un certain moment,
que
chacun prenne ses responsabilités. Je ne peux pas, comme ministre des Finances, prendre les responsabilités des oppositions qui ne voulaient pas voter un texte faisant plus d'économie.
Bruno Le Maire, si on regarde un tout petit peu devant ses cours, c'est 30 septembre, donc c'est vraiment, c'est après-demain, faire 30 milliards d'économie, comme a priori, c'est ce qui semble se profiler. Est-ce que c'est de l'austérité
?
Mais non, ce n'est pas de l'austérité.
À chaque fois, on nous revoit... Vous vous posez la question,
non ? Non. Elle est légitime.
La question est pas pour moi légitime, mais le problème, c'est...
Vous dites 10 milliards,
on vous dit
que c'est 30 milliards. J'ai l'impression de me retrouver
au Parlement où à chaque fois que vous annoncez un euro d'économie, on vous dit austérité. Monsieur le maire, vous voulez couper dans l'électricité et les aides aux Français. Austérité. Mais pardon, l'austérité, c'est ce qui va nous pendronner si c'est la Banque Centrale Européenne qui décide à notre place.
Donc je
préfère le courage à l'austérité.
Le courage, c'est quoi ? Mais est-ce qu'on peut trouver
30 milliards ? Vous êtes ministre de l'économie suffisamment longtemps. Est-ce qu'on peut trouver 30 milliards en 15 jours, en 3 semaines ? Oui. Oui,
et
vous
les trouvez où alors ? Simplement,
je mets mon expérience à disposition puisqu'à chaque budget, j'ai essayé d'apporter des économies. Nous en avons fait. les seules décisions immédiates
qui
sont à la hauteur de la gravité de la situation.
C
'est la désindexation des pensions de retraite. Je propose un point. Ça vous rapporte 3 à 4 milliards d'euros.
C
'est la suppression de l'abattement de
10%. Avec un minimum
pour les retraites les plus modestes
? Bien sûr, on ne touche pas les retraites les plus modestes et parfaitement
raison. Et c'est quoi les retraites les
plus modestes ? Pardonnez-moi,
on dirait qu'il y a des retraites
aisées dans notre
pays.
J'avance sur le sujet. Je rappelle juste sur la désindexation des retraites. Je vous l'ai parfaitement dit tout à l'heure.
Les
salaires ne sont pas indexés.
Donc les
gens qui bossent qui ont un salaire, désolé, eux,
ils
font comment
?
Les rémunérations des fonctionnaires, elles sont gelées, elles ne sont pas indexées. Donc voilà pourquoi il me paraît juste et équilibré aujourd'hui de demander la désindexation de un point des pensions de retraite, de supprimer l'abattement de 10% qui rapporte le double 6 milliards d
'euros,
de
geler les avancements des fonctionnaires ce qui rapporte près de 4 milliards d'euros, de geler les traitements des fonctionnaires et j'assortis à ça d'autres mesures qui me paraissent indispensables. Personnellement, je maintiendrai la surtaxe à l'impôt sur les sociétés et celui qui vous dit
ça. La totalité. En 2020, vous
aviez dit que c'était injuste. En 2017, vous l'avez fait, en 2023, vous avez dit que c
'était injuste.
Pourquoi ? J'ai jamais augmenté les impôts des entreprises. Mais là, qu'est-ce que je cherche ? C
'est
la justice. Vous ne pouvez pas demander aux uns de contribuer et aux autres de ne pas participer. Donc il n
'y
a aucune
réforme dans ce que vous faites,
que
les réformes structurelles ne donnent de résultats que dans deux ans ou dans trois ans.
Je révèle. Mais Bruno Le Maire, vous avez raison.
La seule réforme qui aurait rapporté aujourd'hui plusieurs milliards d'euros, c'est la réforme des retraites.
Bruno
Le Maire,
s
'il vous plaît.
Je termine juste par un point
très important dans les propositions.
Vous avez dit
juste. Il y
a
la question de la justice, il
y
a la question de la dignité.
Vous
pouvez dire aujourd'hui, pour la formule consacrée les yeux dans les yeux, à ces retraités qu'on appelle aisés, mais je ne sais pas en quoi ils sont aisés. Écoutez, c'est comme ça, vous serez les prochains sacrifiés. On peut leur dire, alors que pèse sur eux un contrat de génération ?
C'est une question fondamentale que vous posez.
Je
leur dis juste,
tout
le monde aujourd'hui est en grande difficulté. Les salariés, aujourd'hui, il est probable que leurs salaires ne vont pas beaucoup augmenter.
Vous
êtes à près de 9% de taux de chômage. La pauvreté en France est directement liée au chômage. Donc il faut que tout le monde apporte son écho. Je leur ajoute deux choses très importantes pour les retraités. Il n
'est
pas question de cibler qui que ce soit. Ça n
'a
jamais été ma façon de faire la politique.
La
première,
c
'est que c'est jusqu'à ce que la France soit revenue sous les 3% de déficit. Ensuite, on
arrête. On a 10 ans.
Non, pas 10 ans.
Vous
devez
tenir un objectif.
On
sera déjà
retraités
nous-mêmes.
Je suis désolé s'il faut le faire le plus vite possible.
Tous
les autres pays européens sont revenus sous les 3% de déficit. Vous parlez
à quelqu'un qui a fait revenir la France sous les 3% de déficit
en 2019.
Je parle d
'expérience. Il faut d'abord leur donner cette garantie que c'est limité dans le temps. Et puis, il
y a
une deuxième garantie qui est très importante. C'est de leur dire qu'on va faire une vraie réforme des retraites
à
65 ans âge égal de départ avec de la capitalisation pour qu'ils sachent qu'effectivement, c'est une bonne fois pour toutes qu'on fait cette économie. Je rajoute une dernière chose qui rapporte aussi de l'argent.
C
'est qu'à un moment où la France
a
un niveau de vie moyen inférieur à celui des autres pays européens,
il
me paraît légitime comme
l'Allemagne,
comme l'Autriche, comme d'autres pays européens de demander un rabais.
Un
rabais sur notre cotisation en disant voilà, on a un niveau de vie moyen et plus faible.
Il n'y a pas de raison qu'on continue
à financer les autoroutes du sud de l'Espagne ou de l'est de la Pologne et nous nous demandons un rabais
de 5 milliards d'euros. Ah, parce que vous parlez des
autoroutes.
Carburos.
Si jamais, on va y venir, je suis sûr qu
'on
va y venir,
si jamais vous faites l'ensemble des
mesures que j'ai proposées...
Ça, tabou pour Emmanuel Macron, ça, touché au rabais.
Mais les tabous sont faits pour être levés à un moment où la gravité de la situation justifient des mesures
exceptionnelles. n
'y voyez pas de l'ironie. Vous aurez eu d'être ministre de l'Économie avec toutes ces propositions.
Non, ministre des Finances, mais quand
je l'ai été... Vous auriez du l'autre parce que là, c'est parfait comme programme. J'ai fait un certain nombre de ces
propositions et je me suis pris, un mur
de
tout le monde, de toutes les oppositions,
de tous les
responsables politiques, d'autres membres du gouvernement qui disaient que ce
n'était
pas possible.
Mais vous avez dû vivre
un enfer sans que personne ne
s'en rende compte. Mon message
ce soir... Vous savez, l'enfer est pavé de bonnes intentions, j'ai beaucoup de bonnes intentions, mais je
n
'ai pas vécu l'enfer. L'enfer aujourd'hui, c'est ce que vont vivre les Français et ce que vivent certains de nos compatriotes.
Si
nous voulons garder notre souveraineté, notre liberté et ne pas nous voir dicter demain ce que nous pouvons faire librement aujourd'hui, il faut engager les économies que je propose qui nous permettent de revenir à la liberté financière et demain de réinvestir dans les
grands programmes d'investissement,
dans l'école et
dans l'hôpital.
Bruno
Le Maire, est-ce
que les Français peuvent faire confiance pour réparer les voies d'eau que vous avez décrites du navire France ? Est-ce qu'ils peuvent faire confiance à ceux qui ont contribué à les agrandir, en tout cas, ne les ont pas refermés ? Là, il y
a
un problème quand même. Ça ne
va pas être
facile. Vous avez parfaitement raison de soulever le sujet. C'est pour ça que j'appelle à la responsabilité collective. C'est sûr que si c'est le Premier ministre dont je soutiens les efforts pour avoir un budget qui, tout seul, avec David Amiel, le ministre du Budget, qui fait un travail remarquable, qui dit voilà ce qu'il faut faire, et que tous les autres se planquent
en disant... Ils ne se planquent pas. Ils sont
en campagne, M. Le Maire. On est à 7 mois. Pourquoi voulez-vous aider l'équipage du Titanic quand
vous avez une élection reine ? Parce que chacun devrait comprendre, Sonia Mabrouk,
qu'on est tous dans le même navire et que tout le monde coulera ensemble. Mais même celui qui sera élu président de la République coulera.
Ah bah ça, c'est sûr.
Il
va y
arriver d'une situation... Est-ce qu'on veut demain
élire librement
dans
une situation financière
redressée ? C'est important ce que vous dites. Librement, c'est-à-dire
qu'on pourrait voir notre élection présidentielle confisquée ?
Non,
je
dis simplement qu'à un moment donné, si vous élisez un président de la République qui est au beau milieu du marasme financier et d'une crise financière, ça va être quoi ces marges de manœuvre ? Ça. Eh bien moi, je veux demain un président de la République avec une majorité, avec un gouvernement qui pourra engager des investissements pour le pays, réinvestir dans les grands services publics, en particulier l'hôpital et l'école.
Vous pensez sincèrement
qu'à sept mois de la présidentielle, à sept mois et demi, un budget peut passer
? Je
suis un idéaliste
indécrottable.
Donc
je continue à penser que tout de même,
il
peut y avoir dans l'Assemblée nationale un bref éclair de lucidité.
Que
chacun comprenne, je ne leur demande même pas de penser à l'intérêt français. J'en dis que même dans leur intérêt à tous ceux qui sont candidats, ils ont intérêt à avoir une situation financière stable parce que dans six mois, les taux d'intérêt ne seront pas à 4-4, ils seront à 5-5 ou à 6. La dette aura filé et tout l'argent qu'ils voudraient dépenser pour leur programme,
ils devront le dépenser
pour
les intérêts de
la
dette. Donc s
'ils
ne pensent pas à l'intérêt supérieur de la nation qui moi m'occupe matin, midi et soir pour ne pas vous dire que ça me tarot de si la nuit, qu'au moins ils pensent à leur
intérêt.
Et vous pensez, Bruno Le Maire, juste une toute petite question, pardonnez-moi, le président ou la présidente qui va être élue, le président de la République, elle n'aura ou il n'aura aucune marche de manœuvre parce qu'on se trouve dans la situation que vous avez décrite. Donc il y aura tous les programmes sur lesquels on va se prononcer, on va débattre pendant 200 jours. Si là on
donne l
'impression ou on dit qu'aux Français
qui
n'ont pas de choix, c'est très grave. On a eu une campagne, deux campagnes présidentielles et
deux
campagnes. Du moins
c'est ma question, est-ce qu'on en est là ? Les contraintes
sont-elles ?
A mes yeux, nous sommes très exactement en 1958, 70 ans plus tard. Très exactement. Ce n
'est
pas une crise algérienne que vous avez, c'est une crise financière. Elle n'a pas encore éclaté mais elle est sur le point d'éclater.
C
'est à le moment où vous ne maîtrisez plus rien. Est-ce qu'en 1958, il a été impossible de faire quoi que ce soit ? Non. Il faut simplement garder son sang-froid et savoir où on veut emmener les Français. La première chose à faire, exactement comme en 1958 avec Jacques Rueff, vous rétablissez les finances publiques avec toutes les propositions que j'ai faites. Vous le faites en faisant aussi des réformes de structure, l'assurance chômage, les retraites, la définition de ce qu'est l'État, ce qu'il fait encore et ce qu'il ne fait plus. Pour moi l'État,
c
'est la santé, c
'est
l'éducation,
c
'est la sécurité. Tout le reste, il faut qu'il oublie parce que ce n
'est
pas sa
responsabilité première. Bruno Le Maire, que de temps perdu. Vous pouvez
projeter le pays comme cela a été fait en 1958 vers ce qui doit être l'avenir français au XXIe siècle, c'est-à-dire l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les nouvelles technologies parce qu'aucun pays en Europe,
grâce à l'électricité décarbonée nucléaire, grâce à
nos scientifiques et grâce à nos ingénieurs, aucun pays
en Europe n'a autant le choix de réussir.
Pendant des années, on s'est endetté, une partie du pouvoir s'est protégée, on nous a dit que c'est temporaire, c'est devenu la norme, donc là, on paye l'addition et certains la payent cash à la pompe. Pourquoi est
-ce
qu'on ne baisse pas les prix
? Parce
que vous ne pouvez pas dire qu'il y
a
un sujet financier majeur
et
dire que
vous
allez baisser les taxes sur les carburants. J'ai vu votre reportage, il est exact, on a un niveau de taxation qui est un des plus élevé d'Europe, très bien, mais il faut juste savoir ce qui est possible ou pas possible. Chaque centime de baisse des taxes sur le carburant, c'est 500 millions d'euros.
Mais vous
êtes attaché
à la concurrence nationale. Vous
ne voulez pas qu'il y ait de nouveau
des
Français dans
la rue, des tensions, des
débordements.
C'est pour ça que la
proposition que je fais, elle est très simple, c'est de dire tous ceux qui bossent, tous ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler, que ce soit les aides-soignantes, que ce soit les ouvriers qui habitent loin de leur usine, eux, il faut les aider. Et croyez-moi, quand on regarde les masses, parce que ça compte... C
'est ce que fait le gouvernement,
les aides ciblées.
Oui, mais je pense que c'est une bonne politique, simplement, on aurait pu l'anticiper.
Vous
pensez que ça suffit
?
On aurait pu l'anticiper. Je rappelle qu'en avril dernier, quand tout le monde se réjouissait de l'accord entre Donald Trump et l'Iran, j'ai donné une interview à vos collègues du Parisien pour dire c'est une mascarade et les prix du pétrole augmenteront en septembre. Tout le monde m
'a
rayonné. Je
vous pose la question, est-ce que les aides quelles sont aujourd'hui ? Je vous
dis
aujourd
'hui que face à ce qui se passe dans le détroit de Bab el-Bandab, face à ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz, un tiers de la circulation du pétrole étant bloquée, les prix vont continuer à
augmenter. Il y a un autre scandale, il y a le
contexte géopolitique.
Il
faut inscrire les aides à ceux qui travaillent dans le temps pour
les aider. Est-ce que l'État
prend 1,17€ sur 2€ de carburant
?
Oui, l'État prend beaucoup d'argent sur
le carburant. Je ne vais pas vous dire le
contraire.
Pardonnez-moi, donc il y a quand même une marge de manœuvre liée à la géopolitique et on ne peut rien aux
humeurs de Trump et aux bouquins
de Poutine. La marge de manœuvre elle est dans la liberté par rapport au pétrole et par rapport aux énergies fossiles. Nous ne le produisons pas. Pardon, mais c'est du bon sens de dire que tout ce qu
'on
ne produit pas on s'en débarrasse, on s'en libère. Quand j'ai lancé le véhicule électrique, quand nous avons lancé le leasing social sur le véhicule
électrique, nous avons déployé les bornes.
Sur lequel vous
êtes
revenu ?
Je n'ai
jamais revenu dessus Edwige Chevrillon.
J'ai toujours défendu
Pec et On
l'idée d'offrir à tous ceux qui sont les plus modestes l'accès des véhicules électriques. Pourquoi ? Pour que dans 5 ans, 10 ans, 15 ans nous soyons libres du
pétrole. Mais
attend, pardonnez-moi. Déjà, presque, on ne
va
plus
être
libre pour l'élection présidentielle. Moi, je veux comprendre. L'État prend sa part avant même que le pétrole n'arrive à la pompe. Sur certaines stations, l'État encaisse plus que le producteur, le transporteur et le pompiste réunis. Pourquoi il n'y a pas cette marge de manœuvre en réalité ? Pourquoi il n
'y
a pas une mission parlementaire sur les prix ? Pourquoi vous ne donnez pas la transparence pour qu'on voit véritablement où
va l
'argent ?
Mais toute la
transparence, elle est faite et on sait où on voit l'argent. Maintenant, nous sommes au pied du mur.
Certains
proposent la baisse des taxes. Ça peut justifier, vous le dites de
manière très claire. On fait les Espagnols ou
les Italiens ? Mais bien sûr, mais ça coûte une fortune et nous ne
pouvons pas nous le permettre. On
ne peut pas se permettre ce
qu'ont fait les Espagnols ou
les Italiens parce que nous n'en
avons pas les moyens. Mais le problème, Bruno Le Maire,
c
'est que la politique des aides ciblées, je vous l'accorde, a plutôt fonctionné tant qu'on était encore dans un prix
qui
ne dépassait pas les 2,20 euros, 2,30 euros comme on est dans le cas aujourd'hui. Et vous nous promettez, et c'est une évidence de le dire, que ce sera peut-être de 50, de 60, de 80, ça existe déjà. Mais là, ça ne va plus tenir.
Ça
ne
va
plus tenir à ce niveau de
prix.
C
'est bien pour cela que j'appelle à ce qu'il y ait des aides qui soient suffisamment massives pour ceux qui travaillent. Plus que
les actuelles ?
Inscrites dans le
temps, peut-être.
Si effectivement le prix du diesel arrive à 2,50 euros, 2
,60 euros,
il faut aider davantage ceux qui travaillent. Mais en ayant cette perspective de long terme qui
est de se libérer
des énergies
fossiles
et d'aller vers l'électrification.
Bruno Le Maire