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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 13 juin 2022 6 min

Pierre Jouvet : "Ça valait le coup de s'unir, il fallait donner un signal fort aux Français de gauche"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Yael Goz, qui dirige le service politique de France Inter, est avec moi en studio. Et nous avons deux invités ce matin. Annie Gennevard pour Les Républicains dans quelques minutes. D'abord, nous sommes avec Pierre Jouvet. Bonjour. Bonjour Mathilde Munoz. Porte-parole du Parti Socialiste, candidat NUP dans la quatrième circonscription de la Drôme. Vous êtes qualifié pour le second tour. Est-ce que vous pensez qu'il peut y avoir une cohabitation dans une semaine en France ?

0:25
Pierre Jouvet

Ah oui, je crois que la cohabitation est encore possible aujourd'hui. Mais comme le disait juste à l'instant votre reportage, je pense qu'elle jouera beaucoup selon la participation de dimanche prochain. Et que c'est tout l'enjeu de ce deuxième tour.

0:37
Présentateur

Vos réserves de voix, elles sont chez les abstentionnistes ?

0:39
Pierre Jouvet

Clairement. On voit qu'aujourd'hui, avec un électeur sur deux qui ne s'est pas déplacé. Sans doute parce qu'on a eu une campagne qui a été malheureusement trop peu abordée politiquement. Et avec un président de la République qui a encore voulu, comme il l'a fait pour les présidentielles, enjamber cette élection législative. On a une semaine pour convaincre que si les Français ne veulent pas la retraite à 65 ans, si les Français veulent une amélioration de leur pouvoir d'achat, s'ils veulent des services publics forts et de qualité, il faut aller voter dimanche prochain.

1:09
Intervenant

Avec Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, vous continuez à dire ça ?

1:13
Pierre Jouvet

Oui, c'est aujourd'hui lui le chef de la coalition, donc il n'y a pas de difficulté de ce point de vue-là. Il est le représentant du plus gros parti. Vous savez, on est un rassemblement historique de la gauche et des écologistes. Et on a vu la dynamique que ça constituait dans ce premier tour des élections législatives. Et on voit très clairement aujourd'hui que cette volonté de rassembler la gauche et les écologistes était quelque chose d'entendu par nos électeurs de gauche. Donc il faut continuer d'amplifier cette dynamique, chacun avec ses spécificités.

1:40
Présentateur

Et justement, je signale que vous avez négocié pour le PS l'accord avec les insoumis. Lors de la dernière législature, le PS avait 29 députés. Vous pourriez en obtenir, d'après les projections, entre 24 et 29, je dis pour le PS. Est-ce que ça valait le coup de s'unir pour faire à peu près pareil ?

1:56
Pierre Jouvet

Oui, ça valait le coup de s'unir parce qu'il fallait donner un signal fort pour la gauche, pour les Français de gauche qui désespéraient de voir ces divisions, ces querelles se multiplier d'année en année. Et je crois que ce qu'ils ont prouvé dans cette élection d'hier, nos électeurs, c'est qu'ils voulaient nous voir unis. Les scores de premier tour sont très bons partout. Et je pense que c'était nécessaire de le faire et que c'est nécessaire de continuer de poursuivre ce rassemblement.

2:24
Intervenant

Vous vous maintenez, mais vous ne progressez pas, Pierre Jouvet. Quand on additionne les voix des quatre formations LFI, ELV, PC, PS et la présidentielle, on constate que le total gauche est même historiquement bas, malgré cette alliance.

2:38
Pierre Jouvet

Oui, mais c'est ce que je vous disais. C'est parce que je pense qu'il est nécessaire de continuer de mobiliser pour ce deuxième tour. On a vu une surmobilisation d'une partie de l'électorat qui nous est la moins favorable. Et pour ce deuxième tour, moi j'en appelle à la jeunesse de notre pays qui a peu voté hier. J'en appelle à tous ces abstentionnistes qui pensent que la politique ne peut plus rien pour eux parce qu'ils considèrent que l'élection présidentielle a tranché le sujet.

Moi je leur dis, si demain la majorité à l'Assemblée nationale nous est confiée, alors nous pourrons apporter ces réponses fortes avec un SMIC à 1500 euros, avec des services publics qui seront renforcés, avec un hôpital qui retrouvera toute sa place dans notre pays, avec ce refus de la retraite à 65 ans. Les choses peuvent changer si les gens vont voter. C'est ça le message qui doit être transmis dans les jours qui arrivent.

3:27
Intervenant

Vous avez sans doute entendu les mots de votre ancien camarade Stéphane Le Foll, maire du Mans, ancien ministre PS, opposé à l'accord NUP. Il prévoit de graves déchirements au sein de votre coalition. On peut se poser la question, dans moins de deux ans il y a des élections européennes, comment vous maintiendrez le bloc à quatre avec autant de divergences ?

3:45
Pierre Jouvet

On verra, la question d'un bloc à quatre rassemblés pour des élections législatives ne veut pas obligatoirement dire que nous serons rassemblés de manière permanente, et en particulier sur des élections législatives. Je pense qu'il faut arrêter aussi de vouloir enjamber en permanence, c'est passer d'une élection à l'autre. Là il y a une élection législative sur laquelle nous avons réussi ce rassemblement historique de la gauche et des écologistes, que nous allons poursuivre avec une très bonne dynamique. Ensuite nous verrons, pour la suite, il faut arrêter de vouloir agiter. Moi Stéphane Le Folle, il a voulu jouer le jeu des dissidents.

Je vois que tous les candidats dissidents qu'il a soutenus ont été éliminés hier soir. Donc voilà, je pense qu'il faut un peu de raison dans tout ça.

4:27
Présentateur

Et vous leur dites quoi justement à ces dissidents socialistes ?

4:30
Pierre Jouvet

Revenez dans le rang ou partez ? Non, je leur dis moi de revenir dans le rang très clairement, et je leur dis regardez ce que les électrices et les électeurs ont tranché hier. Et les électeurs hier, ils ont très clairement tranché. Il y a 80% et plus de 80% des dissidents socialistes qui hier ont été battus et battus sèchement dès le premier tour. Et moi je leur dis, n'allez pas contre l'histoire de la gauche, n'allez pas contre l'histoire de votre famille socialiste. Votre histoire, c'est celle du rassemblement. Votre histoire, c'est celle de la gauche et des écologistes.

Vous savez, je vais vous dire, on est sortis d'une élection présidentielle où les socialistes avaient fait moins de 2% à l'élection présidentielle. Qui aurait prédit qu'aujourd'hui, on soit dans une dynamique où dans plus de 500 circonscriptions, la gauche était qualifiée au deuxième tour et où nous étions encore en capacité de maintenir des députés dans une semaine à l'Assemblée Nationale. Personne. Donc aujourd'hui, on a tout un travail de reconstruction à faire du Parti Socialiste, mais aussi de la gauche française dans son ensemble qui s'est beaucoup abîmée ces dernières années. Pierre Jouvet. Et là, nous avons l'opportunité de le faire.

5:27
Présentateur

Pierre Jouvet, une dernière question d'Yelgoz, il nous reste une petite minute.

5:30
Intervenant

Elisabeth Borne qui renvoie dos à dos l'extrême droite et la NUP. Comment vous réagissez ?

5:34
Pierre Jouvet

C'est une caricature. La majorité présidentielle n'a pas de projet, si ce n'est celui de faire travailler les gens jusqu'à 65 ans pour rembourser la dette dans ce pays. Il n'a pas de projet pour le pouvoir d'achat, a affaibli les services publics et veut nous caricaturer. Vous savez, moi je suis socialiste, je suis social-démocrate, je ne crois pas être un candidat de l'extrême ou un candidat d'extrême droite. Tout ça n'est pas sérieux. Et maintenant, il faut un débat, un débat sur le fond pour qu'on puisse avancer et qu'on puisse réintéresser les Français à ces débats et surtout changer la vie des gens. En tout cas, moi c'est ce pour quoi je me bats.

6:08
Présentateur

Merci Pierre Jouvet, porte-parole du Parti Socialiste, invité du 5-7 ce matin.

Pierre Jouvet : "Ça valait le coup de s'unir, il fallait donner un signal fort aux Français de gauche" — Pierre Jouvet · Pourquijevote