Retailleau peut-il gagner la bataille des droites ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'édito politique surin avec le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet Viller. Bonjour Jacques.
Bonjour Mario. Bonjour à tous. Hier Bruno Rota était largement désigné par les militants du parti les Républicains pour qu'il les représente à l'élection présidentielle.
Une étape est donc franchie et pourtant il en reste encore quelques-unes et pas des moindres. Oui. Le chef a été désigné largement par ses troupes.
C'était prévisible. C'est arrivé, c'est net et c'est sans bavure. Mais le dilemme shakespearien, être ou ne pas être, reste entier pour le parti de Bruno Rotaillot.
Ce dilemme, c'est représenter la droite ou est absorbé par ceux qui prétendent l'incarner. Jordan Bardella sous sa forme bonapartiste, Édouard Philippe sous sa forme orléaniste. Si l'on s'en tient à la seule tectonique électorale, les républicains semblent condamnés, comme le dit Jérôme Fourquet, à la vente à la découpe entre ce qui est devenu le RN une forme de macronisme réconditionné.
Si l'on soupèse les stratégies personnelles, le parti mourra sous le poids des grandes rancunes et des petites ambitions. À droite, elles sont innombrables et elles nous donnent la preuve que les pirates d'Astérix, qui s'abordent rageusement leur propre bateau étaient très certainement de droite. Si les likes enfin font le président, on attendra en vain que le candidat de LR épouse la cause du people.
Pour Bruno Rota pas de princesse italienne à l'horizon, pas de confidences intimes, pas de photos en boxeur ou en marathonien. Le genre de la maison, c'est la compagnie des chevaux, la pénombre des bibliothèques, plus que le sentiment d'Instagram. Donc à vous entendre, tout cela n'est pas très bien parti.
Bah, sauf que ce ne sont ni les sondeurs, ni les commentateurs, ni les communiquants qui font une élection. 2027 sera la rencontre entre la force d'un projet et une situation économique, sociale et internationale. Et le projet de Bruno Rotaillot peut légitimement prétendre être au point d'intersection entre les exigences d'autorité et de liberté qui s'expriment dans chaque scrutin, cette dette qui nous étrangle chaque jour un peu plus et l'inquiétude grandissante qu'inspire la gauche mélanchonisée.
La transhumance des électeurs de la droite vers le RN et Emmanuel Macron n'est pas une fatalité. Elle est le fruit d'une déception, d'une résignation plus que d'un enthousiasme. La généalogie de renoncement, de trahison, de désillusion est sans doute ce qui a affaibli le plus la droite classique.
Sa chance pourtant, c'est que Marine Le Pen refuse toujours de se dire de droite et qu'Edouard Philippe aime plutôt à soigner sa gauche. Et c'est évidemment sur sa droite que Bruno Rotaillot peut récupérer des suffrages. Plutôt que de raisonner comme si les 35 % promis à Jordan Bardella étaient consolidés pour le RN, la droite classique doit essayer de faire revenir à elle tous ceux qui l'ont quitté.
Pour cela, elle doit rompre avec la timidité dans les convictions, avoir l'obsession des électeurs plutôt que des chapeaux à plumes qui n'ont pas croisé un électeur depuis des lustres. La droite de Retaillot doit pleinement assumer sa volonté de conquête. Et vous croyez Vincent que que Bruno Retaillot est la bonne personne pour mener cette très difficile remontana ?
Ben, c'est la grande question Jacques et c'est le mystère de cette histoire. Bruno Rotaillot n'est pas un de ces hommes politiques qui rêve depuis leurs 15 ans d'entrer à l'Élysée. Il n'a ni la voracité animale de ce type d'ambition, ni le grain de folie qui vous perçoite que vous êtes le sauveur de la patrie.
Il y a même une chose étrange et assez rare dans cet univers. Des convictions solides, une grande rigueur dans l'exercice du pouvoir et une forme de gravité dans le regard qu'il pose sur la société. Mais Bruno Rota en est convaincu, il sait ce qu'il faut faire et plus important encore, il sait comment le faire.
Ce sera tout l'objet du volet institutionnel de son programme. Alors, est-ce que ce sénateur minutieux est déterminé à renverser la table au risque de casser la vaisselle ? Bah à moins de 10 % dans les sondages, Bron Taillot est devant un dilemme aussi vieux que la politique.
Mener prudemment sa carrière ou tenter le tout pour le tout pour provoquer le destin. L'édito politique surin signait Vincent Trémolé du Figaro.
Bruno Retailleau