Crise migratoire, carburant, budget... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Marleix
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Bonjour Olivier Marlex, nous devons absolument renvoyer chez eux ceux qui n'ont rien à faire en Europe, dit Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur au sujet des migrants arrivés ces derniers jours à Lampedusa. Seules les personnes en danger dans leur pays pourront être accueillies en France. Vous saluez sa fermeté ?
Fermeté relative, puisqu'il ouvre une porte sur les gens qui seraient en danger. Je ne vois pas beaucoup de Camerounais, puisqu'à Lampedusa il y a beaucoup de Camerounais qui sont arrivés, qui seraient en danger au Cameroun. Donc on voit immédiatement la faille dans la fermeté prétendue hier matin. Hier matin sur Europe 1 c'était on n'accueillera personne, aujourd'hui on en accueillera quelques-uns. Qu'est-ce que vous feriez à la place du ministre ? Il faut la plus grande fermeté, une fermeté absolue. Des Lampedusa en réalité il y en a tous les jours. En 2022 l'Union Européenne a reçu 962 000 demandes d'asile, près d'un million de demandes d'asile. Il y en a tous les jours.
C'est la même chose que la France est un des pays qui en enregistre le plus, en accueille beaucoup et du coup ne sait plus que faire. Aujourd'hui on a à Paris des centres d'hébergement d'urgence dans lesquels vous avez à la fois des demandeurs d'asile et des déboutés du droit d'asile.
La France n'est pas le pays européen qui accueille le plus de demandeurs d'asile.
C'est un des deux pays qui en accueillent le plus à l'année. Et donc c'était le même principe avec l'océan viking, l'accueil de l'océan viking par définition. A chaque fois on envoie un signal et donc la France doit faire preuve d'une totale fermeté dans ce sujet. Il ne s'agit pas de véritable demande d'asile, il s'agit d'une forme d'immigration, c'est évident. Il nous faut encore 962 000 en 2022.
Mais l'effet, la réalité aujourd'hui Olivier Marlec, c'est que plus de 11 000 personnes se trouvent aujourd'hui sur l'île de Lampedusa. On fait quoi ? On laisse les Italiens gérer tout seuls ?
Les Italiens sont en train d'organiser les choses pour pouvoir les garder en centre de rétention plus longtemps, le temps de pouvoir les expulser s'ils n'ont rien à faire. 11 000 personnes, c'est plus que la population de Lampedusa. On les laisse gérer. Des faux demandeurs d'asile. Franchement, je voudrais bien comprendre le sujet, je voudrais bien comprendre ce qu'on a devant nous. Il faut juste se souvenir d'une chose et d'un chiffre. Aujourd'hui, la population africaine, c'est 1,3 milliard d'habitants. D'ici 2050, dans les 30 ans qui viennent, ce sera, selon les experts, entre 2,5 milliards et 2,6 milliards. C'est-à-dire environ un doublement de cette population.
Une population qui aura en moyenne, dans la moitié, aura moins de 25 ans. C'est-à-dire que ce sujet migratoire, il est devant nous. Il faut être effectivement le plus ferme possible sur tous ces sujets.
Mais ce discours de fermeté que vous tenez, il est facile à tenir dans l'opposition. Et puis quand on arrive au pouvoir comme Giorgia Meloni, parfois on change de discours.
Oui, ce que j'observe, c'est que, par exemple, quand nous étions au pouvoir, jusqu'en 2011-2012, on a connu un épisode à Lampedusa. Le ministre de l'Ontario de l'époque, Claude Guéant, avait fait en sorte... Là, à l'époque, les Italiens avaient décidé de se débarrasser des gens qui arrivaient en les faisant aller vers la France. C'est là qu'on avait demandé de la fermeture des frontières. C'est-à-dire que le débat sur la réforme de Schengen et la fermeture des frontières a débuté.
Mais là, à la place de Gérald Darmanin, d'Emmanuel Macron, il y a 11 000 personnes à Lampedusa. Vous faites quoi ?
Eh bien, la France n'a pas à accueillir. Une fois encore, c'est une question de signal qu'on envoie. Et en tout cas, tout ça montre que de la part du président de la République, de la part de M. Darmanin, il n'y a pas la compréhension finalement de l'enjeu migratoire qu'il y a derrière. Il reste timoré. Alors, quand on sent que l'opinion publique veut de la fermeté, on tient un discours d'apparente fermeté, mais on ne prend pas le taureau par les cornes.
Mais la solidarité européenne, ça ne veut rien dire ?
Moi, je crois qu'il faut de la solidarité européenne, mais pas de la solidarité européenne pour répartir les migrants au sein de l'Union européenne, qui est une espèce d'acceptation de cette situation.
Est-ce que vous entendez bien qu'elle, par rapport à Lampedusa aujourd'hui, on parle de quelques centaines de personnes à l'échelle de la France ?
Oui, mais une fois encore, c'est une question de principe qui est en jeu. On vous dit quelques centaines. Enfin, je disais qu'hier, sur Menton, on disait que ce serait 200 par jour. Tout ça montre qu'en réalité, on n'est pas capable d'une totale fermeté. C'est une question de principe qui se joue. Une fois encore, un milliard d'habitants de plus sur le continent africain dans les 30 ans qui viennent. Ce n'est pas avec des petits bricolages en disant qu'on va en accueillir, que quelques-uns, qu'on va faire le tri. En réalité, on est incapable aujourd'hui. Il y a quand même le principe de l'asile.
Oui, mais ce qu'il faut que les Français comprennent, c'est qu'aujourd'hui, on est incapable de faire ce tri. Quand les Syriens et les Afghans, les deux principales communautés de demandeurs d'asile dans notre pays, sont les Afghans et les Syriens. Mais est-ce qu'on sait qui sont ces gens ? Est-ce qu'on sait vraiment pourquoi ils demandent d'asile ? Il suffit qu'ils fassent une demande d'asile et a priori, on leur donne à tous. Mais on ne sait même pas, s'agissant des gens qui viennent de Syrie, s'ils ont été victimes ou s'ils ont été bourreaux, on n'en sait strictement rien. Et donc, on expose nos compatriotes à des situations de danger. Donc oui, il faut une totale fermeté.
Il faut sortir de cette naïveté. Et le rôle de l'Europe, il y a en ce moment un texte qui est en discussion, c'est de mettre en place des solutions totalement nouvelles. La question, par exemple, de l'asile à l'extérieur, aux frontières extérieures de l'Union Européenne. J'ai connu un couple, j'ai aidé un couple de réfugiés ukrainiens qui avaient quitté l'Ukraine et qui est allé faire sa demande d'asile pour venir en France depuis un autre pays. Tout ça est tout à fait possible. Tout ça peut fonctionner si vraiment il y a des demandeurs d'asile. Mais on n'a pas à attendre que le demandeur d'asile soit arrivé sur notre territoire.
Effectivement, après, c'est extrêmement compliqué de l'expulser.
Olivier Marlex, où en sont les discussions avec le gouvernement sur le projet de loi immigration ?
Il n'y a pas de discussion à la petite semaine. Et je m'en réjouis quand je vois leur absence de détermination sur le sujet. Nous, ce qu'on demande, c'est une réforme constitutionnelle. On a mis sur la table deux textes, un texte de loi ordinaire, un projet de réforme constitutionnelle pour réellement changer de cadre. Aujourd'hui, la France n'a pas la maîtrise de sa politique migratoire pour une simple raison, c'est qu'on applique la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme.
C'est-à-dire que ce qu'il faut qu'on comprenne bien là aussi, c'est qu'on peut demain voter une loi, le Parlement français peut voter une loi, et le lendemain du vote de cette loi, vous pourrez avoir un juge au tribunal administratif, un tribunal judiciaire qui dira « Moi, je n'applique pas la loi française. »
Oui, parce que le droit européen...
Parce que je considère, moi, juge à Quimper, à Orléans ou que sais-je, je considère que, alors que le Conseil constitutionnel a dit que cette loi était conforme à la Constitution, moi, je considère qu'elle n'est pas conforme à la jurisprudence de la CEDH.
Mais à quoi ça sert de proposer une réforme constitutionnelle dès lors qu'il n'y a pas de majorité pour la voter ?
Mais si. Mais c'est ça, c'est ça le vrai sujet. C'est que moi, je suis persuadé que si Emmanuel Macron soumettait un projet de réforme constitutionnelle dans lequel il propose aux Français de, allez, pour faire simple, de reprendre leur souveraineté en matière de contrôle de l'immigration, ce qu'on propose, c'est de donner le dernier mot aux législateurs face à cette jurisprudence de la CEDH. Mais il aurait une très large majorité, non seulement à l'Assemblée nationale, j'en suis convaincu, mais aussi dans le pays. Je pense que 80% des Français sont d'accord avec cette idée qu'il faut reprendre notre souveraineté
dans le domaine de l'immigration. Olivier Marlex, invérité du 830 France Info, on vous retrouve dans quelques instants, ce sera juste après le fil info à 8h41. Maureen Suignard.
Bruno Le Maire reçoit les patrons de la grande distribution aujourd'hui pour leur parler carburant. Le ministre de l'Économie a précisé hier que tous les distributeurs pourront vendre à perte, et cela dès le 1er décembre prochain. Mais cela inquiète, l'exécutif promet des compensations aux petites stations qui vendraient à perte. 80 000 enfants sont mal logés en France et la moitié d'entre eux n'est pas scolarisée, estimation de la ministre des Solidarités ce matin. « Invraisemblable et indigne » dit encore Aurore Berger.
Elle annonce le triplement du nombre de médiateurs sociaux qui iront dans les hébergements d'urgence et les hôtels sociaux pour repérer où se trouvent les enfants dans une telle situation. Journée historique à New York. Volodymyr Zelensky à la tribune de l'ONU. Le président ukrainien va s'exprimer à l'occasion de l'Assemblée générale de l'institution. Il va ensuite rencontrer le président américain Joe Biden. Le PSG débute sa campagne de Ligue des champions de football face au Borussia Dortmund. Ce soir, coup d'envoi à 21h au Parc des Princes. Un choc d'entrée pour les Parisiens éliminés dès les huitièmes de finale de ces deux dernières saisons.
Ce sera un match bien sûr à suivre sur France Info. France Info.
Le 8.30 France Info. Jérôme Chapuis. Saliadrachia.
Je jouais avec le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée, Olivier Marlex. Vous disiez juste avant le fil Info, je ne négocie pas avec le gouvernement sur le texte sur l'immigration, même pas sur l'une des mesures, l'article 3, qui vise à régulariser les travailleurs sans papier.
Surtout pas. On sait que tous les pays qui ont eu des mesures de régularisation un peu comme ça, un peu massives, un peu affichées, ont créé un nouvel appel d'air. Donc c'est exactement le contraire de ce qu'il faut faire. En réalité, cette mesure, c'est un petit bricolage de M. Darmanin qui a eu la commande d'un projet de loi sur l'immigration au lendemain d'un discours de M. Macron pendant la campagne présidentielle. Il ne savait pas trop quoi mettre dedans. Donc on a mis une mesure de droite pour exécuter un peu mieux les EQTF. Et il a pris une mesure de gauche, la régularisation sur les métiers en tension. Mais tout ça, c'est une blague ce sujet de la régularisation.
Pourquoi c'est une blague ? C'est une blague parce qu'en réalité, le droit actuel permet de faire au cas par cas. Aujourd'hui, un préfet, il peut donner un titre de séjour à n'importe qui.
Alors justement, vous étant député...
Donc si vraiment, quand vraiment il y a des métiers en tension, tous les hôpitaux de France, par exemple, ont besoin, aujourd'hui on le sait, de médecins étrangers.
Mais vous, comme élu, ça vous arrive par exemple d'aller voir le préfet et lui dire écoutez, voilà, là, cette entreprise...
Oui, sur mon hôpital, je reconnais. On a besoin de médecins étrangers. Et donc, de temps en temps, il peut nous arriver au cas par cas.
Alors, on a besoin de comprendre pourquoi est-ce que vous refusez cet article 3 qui donc prévoit la régularisation du travailleur sans papier.
Parce qu'il créerait un appel d'air. Et donc, il est totalement inutile.
C'est-à-dire qu'il faut le faire, mais il ne faut pas l'afficher. Si je comprends bien votre position, vous le faites tous les jours en tant que député, mais vous ne voulez pas l'afficher dans la loi.
Non, la différence, soyons très claires, c'est qu'aujourd'hui, si vraiment on a des cas à régler, on peut juridiquement le faire. Rien ne s'empêche de régler des situations au cas par cas. Mais il y a une immense différence entre régler des choses au cas par cas et annoncer, urbi à torbi, la France régularise ses sans-papiers.
Donc, vous dites à tous les travailleurs sans-papiers qui nous écoutent, allez voir votre député, il peut se charger d'aller voir le préfet pour régulariser votre situation.
Mais pas du tout. C'est sur des situations qui mériteraient, évidemment, des cas extrêmes. Ça n'a absolument rien à voir. Je sais que M. Darmanin raconte ça à tout le monde. Les députés viennent me voir en douce pour obtenir des régularisations, etc. Non, on sait que, enfin, une fois encore, en droit, on sait faire ça. Et donc, on n'a pas besoin de la loi qui serait un appel d'air qui est totalement inacceptable.
En Italie, Giorgia Mollini a fait passer cet été à 123 000 le nombre de permis de travail pour les étrangers dans les secteurs en tension. Ça ne vous fait pas réfléchir ?
Écoutez, on a encore déjà quelques millions de demandeurs d'emploi dans notre pays. Notamment, je vous invite à regarder le taux de chômage des populations immigrées qui est plus fort que la moyenne. Donc, je ne pense pas qu'on réglera la question de la vacance d'emploi par un nouvel appel de populations immigrées. Je ne crois pas du tout.
Olivier Marlex, dans les prochaines semaines, le gouvernement va soumettre au Parlement le texte qui vise à permettre aux distributeurs de carburant de vendre à perte pour une durée de six mois. Est-ce que vous allez voter pour ?
Écoutez, ça change tous les jours, là, en ce moment. Puisque la Première ministre a sorti ça du chapeau il y a deux jours. Ils se sont rendus compte que leur truc ne marchait pas. allait créer une espèce de concurrence totalement déloyale entre la grande distribution dont il ne faut pas se faire d'illusions. Je pense qu'elle leur répercutera cette perte sur le prix du carburant sur d'autres produits sur lesquels la demande sera forte. Et évidemment, ceux qui n'auront pas les moyens de suivre et qui risquent de subir cette concurrence, c'est les indépendants qui sont quand même importants, plus de 5800 stations indépendantes.
Donc, comme ils se sont rendus compte que ça ne marche pas, ils sont déjà en train d'essayer de réparer par... Alors là, finalement, M. le maire va donc faire des chèques, finalement, à ces stations-là.
Donc, il faut comprendre que vous ne voterez pas cette question ?
Non, c'est la politique de gribouille. On n'en est pas à voter encore. C'est la politique de gribouille. Moi, j'avais alerté la Première ministre sur cette question du carburant. On a visiblement commencé à comprendre qu'il y avait un sujet. Il faut faire quoi ? Nous, ce qu'on demande, c'est un vrai bouclier. C'est un bouclier sur le carburant. C'est-à-dire qu'il n'est pas normal. Le gouvernement a su en faire sur le prix d'électricité l'année dernière. Il n'est pas normal que, quand le prix du carburant augmente, la fiscalité continue de peser autant.
En 2022, j'ai vérifié avant de venir, en 2022, année où on a eu déjà, l'hiver dernier, des pics sur le prix du carburant et où on a obtenu cette mesure de la part du gouvernement d'une ristourne, le gouvernement, malgré tout, réussit à empocher 3 milliards d'euros de plus. C'est-à-dire que l'État se comporte en un profiteur de guerre dans cette affaire.
La mesure a coûté 12 milliards. Et il dit, une ristourne, ce n'est pas possible.
Elle n'a pas coûté. N'écoutez pas, monsieur... Ça manque à gagner de 12 milliards. Monsieur Le Maire, elle n'a pas coûté. C'est un mensonge. On parle de fiscalité. Donc, monsieur Le Maire a consenti à rendre aux Français une partie de la fiscalité qu'il leur prend. Quand on roule en France, on roule autant à la fiscalité qu'au carburant, en réalité. Plus de 50% est composé par des taxes. Donc, on demande au gouvernement de ne pas être un profiteur de taxes. Ils ont un peu de mal sur la TVA. Ils pourraient réduire cette fiscalité purement française qui est la TICPE. Ça ne sert à rien de faire des plans sur la pauvreté, contre la pauvreté.
Alors qu'aujourd'hui, un des premiers facteurs de précarité des Français, les plus modestes, c'est vraiment cette question du carburant.
C'est juste dans votre logique, Olivier Marlex, parce que vous dites qu'il faut baisser les taxes, comme le propose Marine Le Pen aussi. Mais ça coûterait 12 milliards. C'est le chiffre avancé.
Ça ne coûte pas. C'est un renoncement à une fiscalité. C'est un peu différent. Ce n'est pas une dépense.
C'est un manque dans les caisses de l'État de 12 milliards. Vous qui prenez la rigueur budgétaire, la bonne tenue des comptes, vous faites comment, en fait ?
On réduit des dépenses par ailleurs. Une fois encore, monsieur Le Maire, c'est inquiétant d'ailleurs pour un ministre de l'Économie, il semble confondre en permanence les recettes et les dépenses. On comprend mieux la situation catastrophique des finances du pays, d'ailleurs. Et donc, quand vous réduisez une recette, oui, en échange, en face, il faut savoir faire des économistes que monsieur Le Maire a un petit peu de mal à faire. Sur ce sujet, quand même, du carburant. Donc, on demande une mesure beaucoup plus efficace, simple, qui sera un bouclier sur ce prix, notamment en ajustant. Ça peut se faire au mois le mois, l'ATICPE, pour faire réduire ce prix du carburant.
Et on demande surtout une conférence avec le gouvernement sur cette question du carburant, mais aussi la question du gaz. Les Français vont être laissés face à la spéculation sur le prix du gaz, puisqu'on supprime, on a supprimé le tarif réglementé du gaz. On l'a supprimé en plein été, personne ne s'en est rendu compte. Mais cet hiver, dès que vous allez avoir de la spéculation sur le prix du gaz, les Français risquent de voir leur facture s'envoler. On demande au gouvernement, sur ce point-là, de nous dire ce qu'il va faire. Et le prix de l'électricité, là aussi, c'est formidable.
Madame Vargon, présidente de la Creux, a annoncé, je vous rappelle qu'on a eu 15% de hausse, 10% de hausse l'année dernière, nous a annoncé 10 à 20% pour très bientôt. Mais Bruno Le Maire dit que ce sera limité. Voilà, d'accord. Non, mais donc, on aimerait quand même, à un moment, avoir une parole un petit peu fiable, et on aimerait qu'on se mette autour de la table pour avoir les bons chiffres, et que le gouvernement anticipe un peu. L'année dernière, ils n'ont rien, rien, rien anticipé. Regardez la situation économique dans laquelle se sont retrouvés nos PME. Olivier Merlex, on va tout droit au 49-3 sur le budget ? Sur le budget ? Non, une fois encore sur le budget.
Je vous écoute, j'ai l'impression qu'il n'y a pas un point d'accord. Ce gouvernement n'a pas d'autre choix que d'engager sa responsabilité d'utiliser le 49-3. Donc oui, ils vont au 49-3. On ne votera pas, on n'ira en aucun cas à voter le budget. On n'est pas dans la majorité, donc on ne votera pas. Et vous iriez jusqu'à la motion de censure ? Ils n'ont pas d'autre choix, une fois encore, sur les textes financiers. Vous savez, PLF, PLFSS, il va y avoir 14-49-3 pour des raisons de cuisine parlementaire. Donc on n'est pas des maniaques de la gâchette de la motion de censure.
En revanche, on portera ce combat-là, on portera aussi celui du logement, dont on n'a pas parlé, mais qui pèse sur le pouvoir d'achat des Français.
Vous n'êtes pas des maniaques de la gâchette de la motion de censure, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il n'y en aura pas ?
C'est-à-dire que pour nous, la motion de censure, c'est l'arme de dissuasion. Et donc c'est une menace qu'on utilise sur un texte qui serait profondément contraire à ce qu'on considère utile à l'intérêt national. La question d'un texte, une fois encore, de laisser aller en matière d'immigration, serait évidemment profondément inacceptable. Donc là, oui, il y aurait une motion de censure. Sur le budget, ils n'ont pas d'autre choix. Tout le monde, au lendemain des dernières élections, a commencé par Mme Le Pen, a dit qu'on accepte cette Assemblée.
Donc il faut accepter les règles du jeu. Encore beaucoup de questions à vous poser, Olivier Marlex, président du groupe LR à l'Assemblée nationale. Invité de France Info, on vous retrouve juste après le fil info à 8h50. Maureen Suignard.
Gérald Darmanin a voulu afficher sa fermeté en Italie. Le ministre de l'Intérieur a rencontré son homologue italien hier à Rome. Il a indiqué que la France accueillerait seulement les migrants éligibles au droit d'asile. Cette réponse est timorée, dit Olivier Marlex. Le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale demande sur France Info plus de fermeté en Europe. Un médecin du Nord suspendu deux semaines. Décision du Conseil de l'Ordre. Il a consulté deux fois le dossier vaccinal du président de la République. Il disait vouloir alerter sur les failles de protection des données médicales. Mais il n'a pas convaincu son ordre.
Après la mort d'une femme de 32 ans à Bordeaux à cause du botulisme, sa famille porte plainte pour homicide involontaire. Elle a mangé des sardines en bocal dans un restaurant de la ville. Une quinzaine de cas au total ont été détectés. Il s'agit du 51e site classé en France. La Maison Carrée de Nîmes est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce temple romain construit au début du 1er siècle après Jésus-Christ. Très bien conservé. La Mairie espère que cela va attirer les touristes et être un véritable levier de croissance pour Nîmes.
Toujours avec Olivier Marlex, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale.
On connaît, Olivier Marlex, les têtes de liste du RN et de reconquête pour les Européennes. Mais pas encore la vôtre. Est-ce que cela veut dire qu'il y a un gros doute sur François-Xavier Bellamy, le chef de file actuel ?
Non, pas du tout. D'abord, je voudrais quand même rappeler à nos concitoyens qui nous écoutent que pour l'instant, on a le choix entre le neveu par alliance de Mme Le Pen et la nièce de Mme Le Pen. C'est un sujet dans les dîners de famille.
Mme Bardella et Marion Maréchal Le Pen.
Oui, oui, parce que les Français ne le savent pas, mais M. Bardella était le compagnon d'une nièce de Mme Le Pen. On n'était pas obligé de le dire. C'est quand même stupéfiant qu'une démocratie en soit arrivée là, quand même, avec une famille qui prospère. Bon, enfin, passons. François-Xavier Bellamy est un député européen absolument remarquable. Combativité formidable. Sur les réseaux sociaux, d'ailleurs, ses interventions sont très, très, très largement partagées. C'est quelqu'un qui rentre dans la technique aussi, qui ne se contente pas de mots, de slogans, contrairement à d'autres, et qui pèse à l'intérieur. L'Europe, elle est dominée par de grandes familles politiques, notamment le PPE.
C'est quelqu'un qui pèse au sein de ce groupe des droits au Parlement européen.
Mais alors, il est si fort que ça ? Pourquoi ce n'est pas évident de le reconduire ?
Ce choix ne m'appartient pas. C'est une question de calendrier. Je fais entièrement confiance à Éric Ciotti sur ce choix. En attendant, ce que je veux préciser, rassurez-vous, c'est que nous, on travaille sur le fond, sur le projet. Quand j'entends Mme Le Pen et M. Bardella changent sur la question de l'Europe, changent d'avis en permanence, on a vraiment l'impression qu'ils veulent sortir de l'Union européenne. Alors, je croyais que Mme Le Pen, finalement, avait renoncé à ce projet, qu'elle ne voulait plus sortir de l'euro, qu'elle ne voulait plus sortir de l'Union européenne. On ne comprend plus leur projet. Nous, on croit qu'il faut être patriote, il faut réarmer notre pays.
Il y a des choses pour lesquelles il ne faut pas attendre l'Europe, notamment sur la question du contrôle de l'immigration.
C'est ce que propose aussi Marine Le Pen.
Pardon ?
C'est ce que dit aussi Marine Le Pen.
Oui, oui, enfin, on a le droit de dire ce qu'on pense. C'est même Michel Barnier, puisqu'on parle d'Europe, qui est le premier à proposer...
C'était pendant la campagne.
C'est ce qui n'a pas été très bien compris derrière de sa part. Pour reprendre notre souveraineté sur la question de l'immigration. Donc, on fait ce... Nous, on croit qu'on a besoin de la France, mais qu'on a aussi besoin d'Europe. Sur la question de l'immigration, une fois encore, évidemment, il faut redonner du pouvoir à Frontex. Il faut qu'il n'y ait pas trop de Frontex qui surveillent nos frontières. Sinon, on n'y arrivera pas. Comment croire qu'un pays tout seul fasse, une fois encore, 962 000 demandes d'asile de migrants qui arrivent, qu'un pays tout seul pourrait s'en sortir ? Moi, je n'y crois pas du tout. Alors, on n'a pas besoin d'une Europe passoire, évidemment.
Mais on a quand même besoin d'une coordination européenne.
Emmanuel Macron, à la fin de la semaine, va se rendre à la messe du pape François. Ce sera samedi à Marseille. Il y a eu une polémique. Vous la comprenez, cette polémique ? Vous comprenez le président ?
La messe, ce n'est pas un one-man show. Ce n'est pas un happening. La messe, c'est un moment qui réunit des fidèles, des croyants. Et donc, je veux que le président de la République aille accueillir le pape sur le tarmac, qu'il le rencontre très bien, évidemment. Le pape est aussi un chef d'État. Mais qu'il aille assister à la messe, ça me paraît un peu incongru de la part de quelqu'un qui, visiblement, n'est pas chrétien.
Lui, il dit qu'il est en tant que président et qu'il n'aura pas de pratiques religieuses.
Mais ce n'est pas un happening, la messe. C'est un moment pour les fidèles.
Lui, il dit que c'est une marque de considération.
Et donc, de la part de quelqu'un qui présentera, qui en ce moment a comme projet un texte sur la fin de vie, qui heurte tous les catholiques, mais qui le cache, le garde huit jours, il paraît, pour ne pas heurter le pape. Il y a une hypocrisie qui me dérange un peu de la part du président de la République dans ce geste.
Dans un article cette semaine, nos confrères de l'Express racontent votre haine viscérale pour Emmanuel Macron. Est-ce que vous le détestez vraiment ?
Non, non, il n'y a pas de haine, évidemment. Mais il représente un peu tout ce que je n'aime pas, effectivement, en politique. Enfin, moi, je... Comment dire ? Il est d'abord... C'est un mondialiste sur les sujets économiques. C'est quelqu'un qui croit au grand marché mondial contre nos propres intérêts. La vente d'Alstom, d'Alcatel. Regardez la vente d'Atos qui est en train de se passer. Atos, c'est le seul entreprise européenne qui crée des supercalculateurs. Bon, M. Macron est en train de laisser filer ça. M. Coller fait des entretiens dans son bureau et on va laisser filer Atos. Elle est où l'idée de souveraineté nationale ?
Oui, pour moi, la défense des emplois français, ça a plus d'importance que la défense des dividendes d'un fonds d'investissement américain. Et je ne sens pas ça chez M. Macron. C'est ça qui me déplaît. J'ai du mal à sentir son patriotisme, en réalité.
Et alors, Edouard Philippe, qui est la personnalité politique préférée des Français et des sympathisants de droite, il peut être le candidat de la droite en 2027 ?
Certainement pas. Edouard Philippe est l'homme qui a porté tout le bilan d'Emmanuel Macron les premières années. Donc, il sera le candidat du macronisme. Si jamais les Français ont envie de reprendre 50 plus de macronisme après en avoir eu pendant 10 ans.
Mais en 2027, votre candidat, il doit forcément être issu de LR ?
Quand il y a de la droite, il doit être de droite, oui.
Ce qui n'est pas le cas d'Edouard Philippe ?
Non, Edouard Philippe, c'est un macroniste. C'est-à-dire, de gauche, c'est un sujet. De droite sur d'autres, c'est de droite et de gauche.
Olivier Marlex, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale, était l'invité du 830 France Info. Merci à vous.
Alain Marleix