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interviewLa France insoumise· 3 septembre 2025 95 min

Construire l’unité du bloc populaire aujourd’hui | #Amfis2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à toutes et tous et merci d'être très nombreux et nombreuses à cette conférence qui s'insère dans un cycle de conférence autour de la parution du livre Nouveau peuple nouvelle gauche que vous pouvez vous procurer jusqu'à ce soir à la librairie. Si vous vous l'achetez pas maintenant, vous devrez attendre jusqu'à début septembre pour le trouver chez vos libraires là où vous habitez. Donc je vous invite à aller le récupérer directement après la conférence.

Et l'objectif de ce moment, c'est de prolonger les réflexions stratégiques qui sont amorcées dans ce livre autour notamment de la question de l'approfondissement et de la consolidation du lien entre la gauche et les classes populaires. Alors pour résumer un peu le livre et un peu situer ce dont on va parler aujourd'hui, le livre dresse un constat très clair. Les classes populaires d'aujourd'hui sont non seulement hétérogènes dans le sens où elles sont matériellement composées de groupes qui sont exposés à différents types de domination, elles sont également fragmentées.

Ce qui signifie que l'ordre économique et social nuit à l'émergence de la perception de la condition commune et donc de l'émergence d'une condition d'une conscience pardon de classe. Le peuple comme sujet politique aujourd'hui comme hier mais peut-être plus aujourd'hui encore est politique du fait de sa condition nouvelle. une condition qui est le fruit d'un processus de construction politique qui passe par un travail d'unification et de mise en commun.

Alors cette conférence, elle a pour but d'explorer les conditions de l'unité des classes populaires contemporaines pour parvenir à la victoire politique. Elle interroge comment et par quel biais, selon quelle perspective stratégique aussi la gauche peut aujourd'hui créer de la transversalité pour renforcer une politisation commune dans le but de dépasser la fragmentation des mondes populaires dont on a pu parler au cours de différentes conférences notamment ce matin. Alors, il s'agira notamment de tirer des enseignements du processus d'ignification de la classe ouvrière au siècle passé et de proposer des pistes pour aujourd'hui en tirer donc des leçons dans différents champs, que ce soit de l'ordre de la stratégie électorale, des luttes syndicales au travail et au-delà du travail et la construction et le déploiement d'un mouvement politique au service du peuple qui est une tâche centrale pour nous militants et militantes de la France insoumise.

Alors pour discuter de tous ces sujets essentiels, on a le plaisir donc de recevoir Samuel Ayat qui est chercheur en histoire et en sciences politiques, spécialiste du mouvement ouvrier. Tristan donc qui est professeur en sciences politiques et spécialiste des comportements électoraux. Carlotin avec nous qui est sociologue du travail et spécialiste des mobilisations collectives et Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise.

Alors, on va sans plus tarder lancer les questions. Donc je vais poser une série de questions. Chaque intervenant répondra en à peu près un quart d'heure et ensuite ça nous permettra de laisser un petit temps d'échange avec la salle.

Donc ma première question est pour Samuel Ayat. Donc la question stratégique de la construction de l'unité populaire a toujours été centrale. Aujourd'hui comme hier, la classe ouvrière est issue d'un processus d'unification au 19e siècle, notamment en dehors de l'usine dans un contexte de fragmentation et de dispersion importante.

Alors aujourd'hui, dans des conditions de fragmentation qui sont très poussées mais également très renouvelées, quels enseignements peut-on tirer de l'unification ouvrière du 19e siècle pour faire émerger ce peuple du 21e siècle ? Donc dont il est qui est le sujet de l'ouvrage dont on a parlé. Merci.

Merci beaucoup. Euh bon donc oui effectivement la question qui se pose aujourd'hui quand on essaie de penser euh l'unité populaire c'est pourquoi est-ce qu'il y a pas un mouvement ouvrier euh fort puissant alors que les inégalités explosent ? Pourquoi est-ce que les ouvriers et vous vrières votent largement à l'extrême droite alors que évidemment elle œuvre contre eux ?

Et la réponse qu'on a souvent intuitivement, c'est de se dire que c'est parce que la classe ouvrière, parce que les travailleurs et les travailleuses sont en tout cas dans un pays post-industriel comme la France, complètement précarisé, individualisé, fragmenté et puis moins puissant et moins nombreux qu'il était dans le passé. Or, ce que je vais essayer de dire, c'est que c'est une myopie historique qui nous amène à penser ça parce que au 19e siècle, l'idée de classe ouvrière, l'idée de ce que Marx et Engel s'appelle une classe pour soi, une conscience de classe, ça apparaît dans un milieu professionnel qui est autant voir plus dispersé et plus précarisé qu'aujourd'hui. Il y a au milieu du 19e siècle à peu près 3 millions d'ouvriers d'ouvrières en France, 25 % de de femmes à peu près.

Aujourd'hui, il y en a 6 millions, deux fois plus. La population totale a augmenté au 6 x 2. Donc, on a exactement la même proportion d'ouvriers et d'ouvrières aujourd'hui que au que au milieu du 19e siècle.

Et plus encore, c'était tout aussi dispersé. C'estàd qu'à l'époque, l'entreprise moyenne au milieu du 19e siècle, c'est deux salariés. Donc, c'est une dispersion et une fragmentation qui est totale et c'est un monde qui est complètement hétérogène euh dans son dans son fonctionnement et puis dans les différents statuts et cetera.

Et en plus ajouter à ça que les ouvriers et les ouvrières à l'époque n'avaient pas le droit de s'associer sous quelle forme que ce soit. Vous pouviez pas. Ah, vous entendez pas euh au bout.

Merci. Euh hésitez pas à me faire des signes de loin. Non mais tu as raison.

Euh et donc en plus les ouvriers et les ouvrières n'avaient pas le droit légalement de s'associer entre eux. Donc c'était un monde complètement fragmenté. Et pourtant, quelque chose se passe qui fait que l'idée ouvrière, l'idée de classe ouvrière, l'idée de prolétariat qui est inexistante dans les années 1820 devient une évidence dans les décennies qui suivent et devient le sujet politique fondamental à partir duquel se construit le mouvement socialiste, le mouvement communiste, le mouvement syndical et cetera.

Et donc, qu'est-ce qui s'est passé euh entre les années 1820 et 1850 pour que se réalise ce tour de force ? Euh, en tout cas ce qui nous apparaît à à postériori comme tel et qu'est-ce qu'on peut en tirer comme leçon pour aujourd'hui pour réitérer euh ce tour de force qui a été fait ? Alors, parmi tous les facteurs qui ont permis l'émergence de la classe ouvrière au 19e siècle dans le cas français, il y en a trois sur lesquels je vais je vais revenir.

Les sociabilités, l'existence de sociabilité ouvrière, l'existence d'une idée d'une idée ouvrière et d'idée de la classe ouvrière et puis d'une série d'événements des grèves, des insurrections et des révolutions. D'abord, les sociabilités. Faut bien voir que même si les ouvriers, les ouvrières n'avaient pas le droit légalement de s'associer, en fait, ils ne cessaient de se retrouver, de se rencontrer en particulier dans les centres urbains que en particulier à Lyon et à Paris.

Ça pouvait être dans le cadre de la solidarité de métier, une solidarité plus ou moins secrète avec les sociétés compagnoniques ou une solidarité orientée vers l'assurance sociale avec les sociétés de secours mutuel. Mais en tout cas, les ouvriers, les ouvrières se retrouvaient un peu par métier de façon informelle. Et puis il y avait aussi des solidarités de quartier.

Le quartier, c'est l'endroit où on vit mais aussi l'endroit où on travaille au 19e siècle. et les gens se retrouvent, ils se retrouvent chez le marchand de vin, ils se retrouvent dans les cabarets, ils se retrouvent dans des sociétés de loisirs qui pululent et là les gens commencent à se rencontrer et puis ils se rencontrent aussi dans des associations qui sont pas spécifiquement ouvrières mais qui commencent à aller chercher euh volontairement les ouvriers et les ouvrières à savoir les associations républicaines et les sociétés socialistes. Les socialistes d'abord parce qu'ils arrivent en premier.

Le premier mouvement socialiste, désolé si je dis des choses qui qui sont très connues mais c'est pas forcément le cas. Euh les premières sociétés socialistes qui qui émergent en France, c'est le saint-simonisme. Le saint-simonisme, c'est un mouvement qui a une forme religieuse.

C'est une église le saintsimonisme. Une église qui a pour but d'améliorer la condition physique et morale de la classe la plus nombreuse, la plus pauvre et pourtant la plus utile qui est ce qu'ils appellent la classe ouvrière et ce qu'ils appellent le prolétariat. Et leur but est d'en finir avec ce qu'ils appellent l'exploitation.

Je dis ce qu'ils appellent parce que tout ce vocabulaire qui nous semble si évident aujourd'hui, prolétariat, classe ouvrière, exploitation, l'idée que l'histoire est une lutte de classe, cette idée-là, c'est une invention des Saint-Simoniens et des Saint-Simoniennes dans les années 1820. Ils invent vocabulaire et ils se mettent à aller voir les ouvriers les ouvrières au début des années 1830 comme des missionnaires qui disent bah que il faut euh les euh qu'il va falloir les faire mobiliser. Ils essayent de les faire venir dans leur église et il cible aussi l'autre catégorie de personnes qui jugent comme étant les exclus et les exploités qui sont les femmes.

C'est le premier mouvement qui dit explicitement nous devons aller cibler les ouvriers et nous devons aller cibler les femmes. et l'essentiel des militants ouvriers et des militantes féministes, même si le mot n'existe pas encore à ce moment-là, des années 1830, passe par le saintsimonisme. Vous avez aussi des organisations, d'autres courants, des fourrieristes, des communistes autour de cabé, des communistes qu'on appelle néobabouvistes ensuite dans les années 1840, mais vous avez tout ce milieu, ce creusé socialiste euh qui va vraiment volontairement aller parler à ces classes populaires auxquelles personne ne parle.

Et puis après, on a les associations républicaines à partir de 1830. qui vont voir les ouvriers. Pourquoi ?

Parce qu'à ce moment-là, on est dans une France monarchique, hein, dans les années 1830. C'est la monarchie de juillet. Les ouvriers n'ont pas le droit de vote.

Et ce que vont faire les Républicains, c'est de dire "On va aller mobiliser les ouvriers pour que ceci nous rejoigne." Et c'est le peuple souverain auquel on va redonner ses droits en leur permettant deux choses, de voter bien sûr et de s'armer. C'est le deuxième élément important, la citoyenneté à ce moment-là, c'est euh porter les armes et c'est le droit de vote.

Les deux vont ensemble. Donc c'est le but, c'est qu'il rentre dans ce qu'on appelle la garde nationale. Donc là, c'est les sociabilités.

Mais de ces sociabilités diverses naent une idée, celle qu'il existe une classe ouvrière. Faut voir que ça ne pour les gens c'était très bizarre cette idée qu'il existait une classe ouvrière unique. Ce qu'il voyait c'est une solidarité de métier comme nous on se dit aujourd'hui ah c'est très fragmenté, c'est très hétérogène mais c'était très hétérogène encore plus hétérogène à l'époque.

Mais cette idée émerge qu'il existe quelque chose sur une classe ouvrière comme un prolétariat. Cette idée, elle est développée de toutes parts. Elle est développée par des intellectuels bourgeois qui se mettent dans les années 1830 à faire des enquêtes ouvrières, à considérer qu'il y a un monde ouvrier inconnu et extrêmement dangereux sur lequel il faut enquêter.

Vous trouvez ça du côté des républicains, des socialistes donc et du côté des ouvriers eux-mêmes. Et c'est ça qui est fondamental, c'est que des travailleurs et des travailleuses lancent tout ce qui constitue ce que Jacques Rancier et Alain Fort ont appelé une parole ouvrière, c'est-à-dire des écrits, des écrits ouvriers et des écrits féministes, notamment des journaux euh qui vont donner une voix qui vont donner une voix aux ouvriers aux ouvrières par les ouvriers et les ouvrières elles-mêmes. Et ça c'est récursif.

C'est-à-dire qu'une fois que c'est cette idée ouvrière existe, elle aboutit à la construction de nouveaux lieux de sociabilité et notamment d'associations ouvrières dont parlait j'écouté tout à l'heure Ludiv Bantini qui en parlait sur le communalisme. Elle disait la commune de Paris, elle est préparée par des décennies d'associationnisme ouvrier qui sont l'idée ouvrière transformée en structure de sociabilité, en structure organisationnelle spécifiquement ouvrière. Mais bien sûr des sociabilités et une idée ça suffit pas.

Ce qui permet à ces sociabilités nourries de cette idée de l'existence d'une classe ouvrière de se transformer en démarche émancipatrices, c'est des événements et des événements qui vont être interprétés comme l'œuvre de la classe ouvrière. C'est d'abord la révolution de 1830. Je rentre pas dans les détails.

C'est une révolution libérale qui passe d'une monarchie, on peut dire absolue à une monarchie, on peut dire libérale, mais qui est vue comme accompli par les ouvriers parisiens et qui se mettent à se dire "Ah mais en fait, il y a quelque chose comme une classe ouvrière qui peut être un sujet révolutionnaire." Ça veut dire aussi que les ouvriers entendant ce discours se sentent euh euh comment dire euh avoir le droit de réclamer des droits, ce qui amène à réclamer des droits et ce qui donne lieu puisque ces droits ne sont pas satisfaits par le régime libéral. Euh ce qui donne à une insurrection, la fameuse insurrection des Canus lyonnais en novembre 1831 qui est la première insurrection ouvrière de l'histoire de France et qui a une insurrection réussie puisque réussissent à prendre le pouvoir municipal à Lyon avant de le laisser volontairement sans combattre en disant voulait juste poser la question ouvrière.

Et de ce point de vue-là, euh cette insurrection euh euh amène tout le monde à se dire "Oui, il existe une classe ouvrière qui est possiblement révolutionnaire pour le meilleur et pour le pire. Les libéraux disent maintenant on va combattre les ouvriers." Euh les républicains disent "Maintenant, on va s'appuyer.

On va s'appuyer sur eux." Et puis ensuite, il y a la révolution de 1848 qui voit là aussi le triomphe des ouvriers parisiens, la proclamation de la République, la fin de la monarchie et la victoire des de la revendication principale des ouvriers parisiens. Le droit au travail, c'est quelque chose de fondamental.

Le mouvement ouvrier à ce moment-là se trouve dans une situation où il y a pas d'assurance existante et les ouvriers à ce moment-là, il y a 40 % de chômage dans les rues parisiennes. Donc la chose principale pour les ouvriers parisiens, c'est d'être secourus. Ils obtiennent le droit au travail, le droit de vivre de son travail.

Ça donne lieu à la création des ateliers nationaux et ils obtiennent le droit d'être armés et le droit de voter. Or ce qui se passe c'est que pour la première fois vous avez le suffrage universel masculin qui est utilisé en 1848 et qui débouche sur une assemblée conservatrice. Et ça ça aboutit à ce qui est une sorte de choc dont je vais dire deux mots si vous ne le connaissez pas. c'est que même si vous avez le suffrage, même si vous pouvez voter, ça ne suffit pas à garantir la victoire du peuple.

Qu'est-ce qui se passe en 1848 ? En avril, première élection au suffrage dit universel, au suffrage universel masculin, une assemblée élue, une assemblée conservatrice. Elle a peur des ouvriers parisiens justement parce que c'est des révolutionnaires et donc elle décide et elle a peur d'autant plus que le 15 mars 1848 l'assemblée estie par des manifestants dont beaucoup de militants ouvriers.

Elle en a tellement peur qu'elle décide de dissoudre les ateliers nationaux, de finir avec le droit du travail, le droit au travail pardon qui avait été conquis en février 1848 et de forcer les ouvriers à quitter Paris s'ils n'ont pas de travail ou bien à être enrôlé de force dans l'armée. Et à ce moment-là, les ouvriers parisiens se soulèvent et c'est l'insurrection de juin 1848. On voit à ce moment-là la première assemblée au suffrage élue au suffrage universel, la première assemblée républicaine véritablement élu au suffrage universel donner les pleins pouvoirs à un général revenu d'Algérie, le général Cavaniac qui emploie sur les ouvriers parisiens les méthodes qu'il venaient d'expérimenter sur les rebelles algériens.

Et ça y fait en quelques jours des milliers de morts. Il y a des milliers de morts, des milliers d'arrestations. Ce sont à ce moment-là la plus grande répression, le plus grand massacre qui est connu la le plus grand massacre qui'est connu la France plus grand que la Saint-Bartelémiie, le plus grand massacre qui est connu Paris à ce moment-là.

Euh c'est un choc pour tout le monde. D'autant plus qu'en décembre 1848, vous avez la première élection euh présidentielle et c'est Louis Bonaparte qui est élu euh et qui rétablit 3 jours euh 3 jours 3 ans plus tard qui rétablit l'Empire. Et face à cet événement, à cet enchaînement tragique où la première République au suffrage universel, dit universel masculin, débouche sur le plus grand massacre qui est connu Paris et le massacre spécifiquement des ouvriers qui avaient fait la révolution, ça amène à une prise de conscience à et là c'est là qu'on va avoir l'émergence de trois réponses différentes qui vont donner les trois gauches que l'on connaît aujourd'hui.

Il y en a qui vont dire "On n'a pas gagné parce que ce qui nous a manqué, c'est une assemblée vraiment républicaine et socialiste. C'est les ce qu'on appelle les démocrates socialistes qui disent "Il nous faut un parti, il faut s'organiser, il faut faire de la propagande et il faut réussir à obtenir une majorité." C'est l'encre de toute la gauche politique qu'on connaît aujourd'hui jusqu'à évidemment la France insoumise.

Une deuxième interprétation, c'est celle de Carl Marx qui dit "Ce qui a manqué, ce n'est pas un parti démocrate socialiste. Ce qui a manqué, c'est un parti strictement prolétarien décidé à mener la guerre civile contre la bourgeoisie lorsque les circonstances sont adéquates." Et c'est ce qui mènera plus tard au léninisme et aux différentes fractions révolutionnaires du communisme international.

Et une troisième solution, c'est celle de Proudon et puis du mouvement ouvrier qui consiste à dire "On gagnera jamais l'État, c'est pas là qu'il faut se battre. Ce qu'il faut, c'est s'organiser pour la lutte économique parce que les producteurs sont pardon les ouvriers, les ouvrières sont la base de toute richesse. S'ils s'auto-organisent et qu'ils organisent la production et qu'ils organisent la lutte économique, ils gagneront contre la bourgeoisie sans avoir besoin de prendre le pouvoir d'État.

Qu'est-ce qu'on peut en tirer de tout ça comme leçon pour aujourd'hui puisque je vois qu'il me reste 2 minutes. On on Merci c'est gentil. On hérite tous et toutes.

Donc vous avez compris qu'on soit social-démocrate, communiste révolutionnaire ou libertaire ou toutes les combinaisons que vous voulez de ces trois familles, on hérite tous de se creuser des années 1830 1840. Le problème c'est que vous avez compris ces trois leçons, ces trois gauches, elles construisent des organisations. Ces organisations, on en hérite aujourd'hui, on les fait vivre.

Sauf que ces organisations ont pris leur sens parce que au fondement de ça, il y avait des sociabilités populaires, il y avait une idée ouvrière et il y avait des événements insurrectionnels. Aujourd'hui, on hérite de ces organisations, mais si elles ne sont pas irriguées par des sociabilités, par une idée ouvrière ou une idée d'une classe sociale unifiée et par des événements, on risque de se retrouver avec des organisations qui sont des coquilles vides. Et si on regarde de ces trois plans, je veux pas, il reste une minute et j'aimerais pas du tout mordre sur sur le temps pour mes camarades.

On voit que les sociabilités, il y a une avidité de sociabilité populaire. Prenons le mouvement des gilets jaunes. Sur les ronds-points, les gens l'investissaient massivement.

Ça veut dire qu'il y a un manque, qu'il y a quelque chose à jouer là-dessus. Sur l'idée, on voit bien aujourd'hui qu'on a du mal à trouver. On a Ulis Lchkin en parler, on a du mal à trouver.

C'est quoi le sujet ? Les exploités. On dit le peuple, mais le peuple c'est un signorfiant vide dans lequel tout le monde peut aller.

On voit bien comment l'extrême droite réussit à nous concurrencer sur ce terrain. Donc il nous manque le nom euh euh unifié parce que le nom ouvrier lui-même ne souvient plus. Et puis il manque les événements ou plutôt ce qui manque c'est les sociabilités et l'idée qui viendrait nourrir ces événements.

Pensons juste à évidemment au gilets jaunes mais pensons à 2023. Euh, il y a des soulèvements populaires après la mort du jeune Naelë Merzou en plein moment où il y a un mouvement des retraites massif en 2023 dont évidemment on se souvient. Pourquoi il y a pas de jonction à ce moment-là ?

Parce qu'il manque ces sociabilités, il manque cette idée qui consiste à dire ces deux luttes, même si elles prennent des formes différentes et même si elles ont des buts différentes vont dans le même sens. Je finis là. Il me semble que ce qui est important, c'est de en tout cas reconstituer ce creuser fait de sociabilité et de d'idées parce que sans ça les organisations reste des coquis vides.

Mais il faut le faire sans partir vaincu en gardant en tête que ce ne sont pas des causes matérielles qui empêchent aujourd'hui la reconstitution d'un mouvement populaire de masse et d'une idée comme l'idée de classe ouvrière. Les conditions n'ont jamais cessé d'être réunies pour que ce mouvement existe, mais notre capacité collective à s'en servir, elle s émous et tout ce qui va dans le sens d'une recréation de cette capacité dont peut-être he ce genre de rencontre auquel ce genre de rencontre participe est très précieux et très porteur d'espoir. [Applaudissements] Alors, merci beaucoup pour cette première réponse absolument passionnante qui nous permet de voir émerger quelques premièr quelques pistes stratégiques qui éclairent notamment donc les continuités et ruptures historiques qui donnent les bases donc des conditions politiques dans lesquelles l'unification populaire peut s'accomplir au 21e siècle.

Alors, un des champs essentiels de la lutte des classes contemporaines est toujours celui du travail. un travail qui s'est reconfiguré, des emplois qui se sont dispersés, mais donc le monde du travail demeure un espace de politisation et également de mobilisation populaire important notamment par l'intermédiaire des syndicats. Donc ma deuxième question, elle est pour Carlotta.

Comment le syndicalisme peut-il se renouveler pour s'adapter aux réalités contemporaines et unifier les travailleurs et les travailleuses qui sont encore plus fragmentés comme Samuel l'a dit que par le passé ? Euh donc merci beaucoup Marion. Alors, évidemment, c'est une question qui n'est pas simple et sans doute que ma réponse, elle sera pas totalement satisfaisante, mais en plus, je prends en vrai la parole d'un point de vue un peu particulier parce que ce n'est pas moi qui a rédigé donc le chapitre qui a dans l'ouvrage et qui porte sur le syndicalisme, mais c'est Sophie Berérou.

Euh donc j'interviens dans certaines mesures un peu à sa place aussi, mais euh au final c'est assez naturel euh puisque je partage avec elle et avec euh ce qu'elle écrit dans son chapitre un certain nombre de constats à la fois justement sur le rôle que les syndicats pourraient et devraient jouer aujourd'hui et aussi sur la façon d'y parvenir. Donc le premier constat qui ouvre d'ailleurs le chapitre est en fait en fait un paradoxe. Euh d'un côté les syndicats restent parmi les rares organisations à avoir une véritable base sociale avec des directions où l'on le retrouve encore une majorité d'ouvriers et et d'employés.

Et donc à ces titres, il pourrait il devrait jouer un rôle décisif pour freiner la progression des idées d'extrême droite au sein du monde du travail et des classes populaires. Mais de l'autre et c'est là le paradoxe, euh il repose les organisations syndicales surtout sur les fractions les plus stables du salariat. des larges parts euh de celui-ci, en particulier les salariés, les segments les plus précaires, racisés, féminisé reste un peu à marge des organisations, voire elles sont totalement à l'écart.

Euh donc le deuxème constat que je partage avec Sophie euh c'est le consiste dans le fait qu' le frein au recrutement dans ces segments les plus précaires du salariat. Euh mais aussi plus en général les obstacles à la politisation de l'activité syndicale sont de deux ordres. D'abord euh il s'agit de freins de nature exogène et notamment les réformes néolibérales récentes. par exemple avant tout l'introduction par exemple du CSE avec les ordonnances Macron qui ont considérablement réduit les ressources pour les syndicalistes sur le terrain les obligeant à comme le montrent toutes les enquêtes sur le syndicalisme à concentrer de plus en plus de temps et d'activité au dialogue social en entreprise plutôt que par exemple au militantisme et au recrutement.

Mais il existe aussi, il me semble que c'est peut-être ça euh qui est le point central et qui est illustré y compris dans le chapitre de Sophie, des freins de nature endogène, c'est-à-dire liés à euh des dynamiques internes aux organisations syndicales, à une certaine culture de l'organisation, voire à des logiques de reproduction de l'organisation. Il s'agit par exemple de la tendance euh c'est un exemple qui est porté dans le chapitre d'un beau coup de cas à éviter dans les lieux de travail de aborder directement des questions qui sont considérées comme trop politiques euh par crainte notamment de perdre des voies aux élections professionnelles. tout que conduit à euh ne pas afficher des positions politiques en entreprise, mais de manière spéculaire aussi, on pourrait dire qu'en interne, ça amène parfois à masquer des logiques partisanes qui existent bien euh dans les organisations et dans les directions syndicales.

Je partage enfin également les conclusions que sont tirées dans ce chapitre et notamment l'idée que la solution pour palier à cette dépolitisation du syndicalisme ne consiste pas à organiser ou pas seulement en tout cas organiser par exemple des formations sur des sujets d'actualité ou plus directement considérés comme politique ni à entre guillemets transformer les organisations syndicales en une machine électorale mais elle consiste aussi et notamment dans le renforce de l'échelle locale et notamment au travers le renforcement des unions locales où il se joue beaucoup l'enjeu des sociabilités que tu évoquais afin de donner plus de moyens au niveau où justement le contact aussi avec les salariés est le plus précaires et leur mobilisation est le plus directe. Donc cela dit, bah oui, ce qui permettrait, juste pour conclure sur ce point, ce qui permettrait d'un côté d'élargir donc la base sociale au fraction les plus dominées du salariat. aujourd'hui, je l'ai dit, largement à la marge des organisations, euh par exemple reproposer aussi de postes de permanent et de l'autre côté aussi d'articuler davantage l'engagement syndical en entreprise avec des formes de militantisme externe à la sphère professionnelle, euh c'est-à-dire avec des luttes sociales qui se déploient justement dans les territoires, dans les quartiers, ce qui favoriserait il me semble, des formes de politisation et de construction justement d'une conscience commune.

Mais concrètement et c'est justement rappelé dans le chapitre aussi, le renforcement de l'échelle territoriale, ce n'est pas rien car car ça implique une volonté politique forte car ça demande notamment une répartition différente des ressources entre euh fédération, confédération, structure locale et cetera. Donc cela dit, donc là j'ai souligné le point d'accord et on peut résumer aussi, je il me semble, j'espère d'avoir été fidèle, mais un peu les conclusions euh de Sophie dans son chapitre. Je vais essayer de euh prolonger un peu la réflexion et apporter un peu quelques éléments, on va dire, de mon côté.

Donc en premier lieu, je pense que un complément plutôt qu'en opposition bien sûr de ce que j'ai bien de dire euh il serait possible dans la réflexion et voir souhaitable d'élargir un peu la manière de penser le processus de politisation et dépolitisation tout particulièrement quand on réfléchit au rôle des syndicats dans la politisation des classes populaires. J'entends par là. Le fait de passer d'une conception disons étroite de la politisation, c'est-à-dire en terme de vote et ou d'engagement formel au sein de structures militantes a une conception plus élargie, autrement dit à une conception prenant en compte aussi les expressions les plus informelles de la critique, de la domination au travail et de l'exploitation.

En effet, plus qu'ailleurs, il me semble que les frontières entre ce qui est politique et ce qui ne l'est pas est particulièrement poreuse en ce qui concerne l'activité syndicale. Euh très concrètement et ça c'est par exemple un exemple en réalité qu'il y a dans le que porte Sophie dans le chapitre parce que même en vérité des formations qui peuvent sembler très techniques comme par exemple les formations juridiques, les formations syndicales sur le thème juridique, bah en fait peuvent soulever très directement des questions très directement politiques concernant les rapports de pouvoir à l'entreprise mais aussi plus généralement parce que la frontière il me semble entre politique économique au travail travail est extrêmement flu. On peut en effet considérer, comme c'est le cas dans une certaine tradition du marxisme autonome que la lutte pour les salaires n'est jamais une reindification pour économique ou corporatiste.

Parce qu'ig exiger par exemple une hausse de salaire, c'est pas seulement demander plus d'argent, mais c'est aussi contexter directement immédiatement à la fois l'ordre usigné pour utiliser un terme en pas l'incienne, c'est-à-dire bon en gros la hiérarchie sociale, mais aussi la manière donc la société organise la répartition de la de la richesse et pour cela la lutte sur le salaire peut être considérée centrale, globale et directement politique. Cette vision a aussi, il me semble, l'avantage de rompre avec une vision, disons un peu mécaniste de la conscience de classe et donc aussi de la politisation comme quelque chose qui devrait quelque sorte être apporté de l'extérieur en mettant justement l'accent sur le conflit, le rôle du conflit et en cohérence avec l'idée que la classe est quelque chose qui se forge dans la lutte à la fois dans le monde du travail mais aussi euh dans les mouvements populaires et dans les luttes qui se déploient euh dans les mouvements populaire dans les luttes qui se déploient en dehors de la sphère professionnelle notamment dans la sphère reproductive. Ce qui m'amène à mon deuxème prolongement des réflexions amenées par Sophie dans le chapitre.

Euh je pense qu'ici est pertinent en effet de penser le renouvlement de l'action et de la structuration syndicale à l'échelle territoriale, ce n'est pas seulement euh même si c'est déjà pas rien, pour aller à l'encontre des salariés les plus précaires, mais c'est aussi parce que plus que jamais le caractère social de la production est aujourd'hui évident. Ce que je veux dire par là, c'est que ce qui est évident, c'est que l'expansion de l'exploitation à l'ensemble de la vie sociale, donc en dehors de la sphère strictement euh professionnelle, a estompé euh la frontière, de plus en plus la frontière entre travail et au travail, d'où euh aussi la continuité évidente euh entre lutte sociale qui se déploie dans les territoires et lutte au travail. Ça peut paraître évident, mais il me semble que les gilets jaunes qui ont déjà été cités euh dans l'intervention précédente ont exprimé cette continuité et non seulement, comme on le répète euh très souvent, les difficultés à s'organiser sur les lieux de travail euh ce qui est vrai d'ailleurs, mais je pense qu'ils ont aussi montré euh une porosité et une continuité entre travail et leur travail.

Dans ce contexte, il me semble que la dépolitisation de l'activité syndicale tient donc aussi euh je sais pas à la difficulté ou on manque de volonté à saisir ces transformations. Elle résulte avant tout d'un usage pour le coup vraiment je trouve corporatiste du syndicalisme. Usage qui découle de l'enfermement de l'activité syndicale dans l'échelle de l'entreprise selon le registre bureaucratique imposé du dialogue social. fermement l'a dit certes en grande partie subie faute de ressources notamment mais aussi un parti volontaire et c'est cela encore plus que l'abandon d'un discours qui serait directement politique aux partisans qui explique à mon avis euh la dépolitisation et qui permet aussi d'expliquer par exemple le rendez-vous manqué entre ou l'opportunité manquée euh des syndicats au moment des gilets jaunes.

Tout cela me semble d'autant plus dommageable dans un contexte où le revers de la médaille, de la fragmentation du monde du travail dont il faudrait et euh ça a été euh euh très bien fait dans la première intervention, euh nous on sait je pense la nouveauté en opposition à une homogénéité donc largement fantasmée est en réalité peut-être cette dite fragmentation l'opportunité d'une extension du conflit. Les les syndicats, je pense pourraient à travers leur rédéploiement à l'échelle locale se penser davantage par exemple comme des vecteurs de connexion ouvré à construire ce que je qualifierai d'un pouvoir social, c'est-à-dire déborder le lieu de travail se poser comme l'espace clé de l'articulation déjà existante mais à formaliser, à renforcer entre lutte au travail et en dehors du travail. Car si l'exploitation elle-même a débordé l'enceinte de l'entreprise et si la production est désormais désarticurée sur le territoire et profondément incré dans la sphère réproductive, les conflits ont suivi la même trajectoire.

Mais cela suppose aussi que les militantes, donc nous aussi réinvestissent davantage ces structures, il me semble locales qui sont souvent un manque de force euh et euh afin de leur permettre justement de euh de jouer ce rôle de connecteur. Pour conclure, cette extinction, je pense devrait euh être comprise encore une fois comme une opportunité plutôt qui est, comme c'est trop souvent le cas, un frein à l'émergence de la bonne conscience de classe. Ce qui fait éco encore une fois, ce que tu rappelles dans ton chapitre, la classe ouvrière n'est pas le produit mécanique de l'industrialisation mais le résultat d'une rencontre entre une multitude d'expériences dans le monde du travail, engagement commun dans les mouvements populaires je cite, et l'appropriation d'idées émancipatrices.

Et bien sûr, tout cela demande à la fois une remise en cause de la d'une structuration qui est difficile à faire et euh parce queelle demande encore une fois, mais c'est important, un changement dans l'allocation des ressources et la révision, je pense, de tout un logiciel, de toute une vision du monde, de ce qu'on entend par le rôle des syndicats et probablement aussi de ce qu'on entend par la lutte de classe. Donc voilà, je pense que le rendez-vous du 10 septembre par exemple pourra être un moment de nouvelle mise à l'épreuve de la possibilité de la capacité par les organisations syndicales à euh jouer ce rôle de connecteur entre le monde du travail et ce qui se passe en dehors. Un rôle qui me semblerait fondamental dans la perspective de construction d'un bloc populaire. [Applaudissements] Merci beaucoup Carlota.

Donc en parallèle des luttes populaires qui existent au travail et également en dehors du travail comme on vient de le voir, la construction de l'unité populaire peut également se jouer dans la sphère électorale. Il s'agit dès lors de mettre en œuvre une stratégie de mobilisation de l'ensemble des franches populaires qui est également un sujet qu'on a pu aborder lors de cette université d'été, notamment donc en allant chercher les abstentionnistes pour construire un bloc de rupture majoritaire. C'est cette idée qui est développée de 4e bloc.

Tristan. Est-ce que tu peux revenir sur ce que c'est que ce 4e bloc s'il te plaît ? Ouais, ça ça marche comme ça ?

Ouais, c'est parfait. Euh ben merci beaucoup pour m'avoir sollicité. Pour répondre à cette question en fait de l'unité électorale du bloc populaire qui que se pose souvent un mouvement politique en fait on peut partir de trois grands résultats de la sociologie électorale dont les conséquences vont amener à privilégier peut-être cette stratégie du 4e bloc qui est pas la seule j'y reviendrai mais qui est sans doute la plus à court terme celle qui est la plus pertinente.

Euh le premier résultat c'est que le vote obéit à des logiques sociales. Alors, dès les années 1940, on a des travaux qui ont mis en évidence aux États-Unis puis en France qui avaient des variables sociologiques lourdes du vote à clomcé par la classe sociale en particulier en Europe he le degré d'appartenance à la classe ouvrière mais aussi la la religion en France c'était le degré d'appartenance au catholicisme ou encore la détention d'éléments de patrimoine. Mais en fait, le déclin du catholicisme, la généralisation de la propriété locative et le délitement de la classe ouvrière ont remis en cause ces conclusions.

D'autant que le survote ouvrier pour la gauche en fait, il a disparu dès les années 90 en France et dans nombreux pays européens. Pourtant, en fait, dans les faits, les variables sociales lourdes du vote, elles n'ont pas disparu. D'abord, la pratique du catholicisme et la détention de patrimoine reste très prédictif du vote à droite aujourd'hui.

Et la détention de capitaux scolaire, par exemple, elle est inversement corrélée au vote d'extrême droite. Puis si on va de là au-delà du clivage binaire entre travaille heureuse manuelle euh et intellectuelle qui était longtemps l'outil privilégié jusque dans les années 90, bah on constate aujourd'hui que le secteur d'activité, la taille de l'entreprise, la précarité de l'emploi, les conditions de travail, ce sont autant de variables qui participent à la segmentation des votes, notamment parce qu'elles modifient le rapport qu'on les travailleurs et les travailleuses au patronat. Et si bien que aujourd'hui par exemple le survote ouvrier pour la gauche il a disparu mais on constate par exemple que les salariés précaires votent plus à gauche que les salariés stables en France et en Europe notamment au sein des classes populaires et d'autres variables jouent aujourd'hui notamment l'expérience discriminatoire liée à l'appartenance à un groupe minorisé en terme d'origine d'identité de genre ou d'orientation sexuelle par exemple entre autres.

Dès lors, parce que les logiques sociales du vote, elles sont diverses. Euh ce qui à mettre en lien aussi avec la pluralité des rapports de domination dans la société, rapport de domination qui se combinent, qui interagissent, mais en fait les bases sociales d'un même vote, elles sont plurielles et le le bloc populaire, il n'est donc il est donc socialement hétérogène. L'appartenance à ce ce bloc, elle répond à la conscience d'être dominé mais selon des logiques qui sont plurielles et qui sont pas seulement purement strictement économique.

Le second résultat de la sociologie électorale, c'est que le vote n'est pas systématique. L'abstention, elle est importante, elle est intermittente, elle est socialement inégalitaire. En France, en dehors du scrutin présidentiel et des législatives anticipées, l'abstention, elle est forte.

Elle concerne la moitié à 2/3 du corps électoral et en plus la participation de la majorité des citoyennes et citoyens, elle est intermittente. En gros, on vote à une poignée de scrutin à commencer par les premiers tours de présidentiel mais pas du tout à tous les scrutins. Si bien que on a certes 20 % du corps électoral, moins de 20 % du corps électoral, plutôt 16 % qui s'abstient systématiquement, mais on a que un gros tiers du corps électoral qui vote à tous les scrutins.

Donc ça veut dire qu'on a quasiment la moitié de la population qui vote mais de manière intermittente. Enfin, les inégalités sociales de participation selon la destention de capitaux notamment économique mais aussi scolaire, sociaux qui sont déjà non négligeables quand l'abstention est résiduelle notamment lors d'une présidentielle, ces inégalités, elles sont beaucoup plus fortes quand l'abstention est importante. Et que ce soit au fil du temps et au fil des générations, ces inégalités elles augmentent quel que soit le scrutin considéré.

Dès lors, parce que les personnes qui se rendent aux ne sont jamais vraiment les mêmes et parce que ell ne constituent souvent qu'une minorité, il convient de construire une stratégie électorale à l'échelle de l'ensemble de la population en âge de voter et pas seulement à l'échelle de celles et ceux qui votent. Et donc construire l'unité électorale du Bloc populaire, ça passe peut-être par le fait de convaincre des des électoristes qui votent déjà, mais aussi et peut-être avant tout par la mobilisation ou la remobilisation de personnes qui ne votent pas ou qui votent par intermittence. Le troisème résultat, c'est que le vote, il s'articule à des visions du monde social qui sont antagonistes.

Parce que en effet, s'il y a des logiques sociales du vote, il y a pas d'effet mécanique systématique. Il y a toujours eu des ouvrières et des ouvriers qui ont voté à droite et à l'extrême droite. Et le survote ouvrier pour la gauche qu'on observait dans les années 70 quand on y regardait de plus près, en fait, il était lié au fait que il y avait un encadrement social et politique de la majorité des ouvrières et des ouvriers par les partis, les syndicals, les sociabilités et que cet encadrement, il a permis de diffuser des valeurs économiques redistributrices.

Par exemple, autre exemple plus récent, il y a des situations minoritaires qui favorisent le vote à gauche, mais en fait, elles le favoris parce qu'elles favorise la conscience des discriminations ou le développement d'attitudes plus tolérantes. Aujourd'hui, on travaille sur sur ça avec une collègue. Les personnes LGBTQ plus votent plus à gauche que les personnesus hétérosexuelles.

Bon, ça paraît assez logique mais en fait quand on y regarde de plus près, c'est notamment parce qu'elles sont beaucoup plus tolérantes à l'égard des droits des personnes LGBTQ, il y a plus d'elles-même et globalement plus tolérantes qu'elle vote à gauche. Et les rares personnes qui sont relativement intolérantes dans ces communautés, bah elles votent à l'extrême droite. Et les attitudes politiques aujourd'hui des électoristes, elles sont sans doute extrêmement clivées, peut-être plus que par le passé.

Aujourd'hui, on a des électeurs et des électrices du RN et de gauche qui s'opposent quand on leur pose des questions sur la question de l'immigration à la fois en terme de tolérance et à la fois en terme d'importance qu'elles accordent ou non à cette question, mais aussi sur l'écologie, sur les droits des personnes LGBTQ a plus, sur les droits des femmes, sur les questions économiques, y compris puisqueon a d'un côté du côté de l'extrême droite des attitudes méritocratiques, hein. Il y a une demande d'état mais surtout pas pour tout le monde. Et à gauche, on a des attitudes égalitaires. très visible quand on pose des questions sur les allocations chômage, sur l'augmentation du SMIC y compris.

Cependant, ces attitudes politiques, ces visions du monde, elles ne produisent pas systématiquement un vote. Jusque dans les années 80, au moins, nombre d'électeuristes de gauche ont des attitudes hostiles à l'égard de l'immigration, des droits des femmes, des droits des personnes homosexuelles. Mais en fait, l'encadrement politique et social de la Classe ouvrière, il diffuse alors auprès d'une majorité d'ouvrières et d'ouvriers la centralité des questions économiques et donc de la question de la redistribution par rapport à d'autres questions qui ont été construites finalement en opposition comme des questions culturelles secondaires.

Alors moi, je parle d'attitude ou d'attitude ou de valeur, c'est parce que il s'agit pas ici de mesurer l'addition à telle ou telle mesure programmatique. C'est parfois ce qu'on utilise nous dans nos enquêtes quand on fait la la science politique, mais en fait c'est plutôt l'adhésion à des visions du monde social concurrentes qu'on essaie de mesurer. Et cette adhésion, elle se construit sur le temps long par interactions sociales prolongées et non au cours d'une unique campagne électorale.

Et contrairement à ce que pensent beaucoup de personnalités politiques, les programmes ou les campagnes ne sont pas reçues automatiquement et également par les citoyennes et les citoyens. Il suffit pas juste de changer son programme pour s'adresser euh à une fraction de la de la population. Et ça amène plusieurs conséquences.

C'est ces résultats de la la sociologie électorale. Ça signifie que construire l'unité électorale du bloc populaire, ça nécessite à la fois de faire voter toutes celles et ceux qui ont déjà des valeurs dites progressistes, mais aussi de faire adhérer le plus possible à de de d'électoris à des valeurs progressistes. Alors le terme progressiste, il est peut-être à à repenser, mais l'idée ici que le le bloc populaire, il est pas donné socialement.

Il se construit à partir d'une vision partagée du monde social, d'une vision égalitaire inclusive. Et si on souhaite rassembler les électeurs qui partagent déjà une vision du monde proche de la nôtre, alors on peut regarder ce qu'elles font lors des élections et forcer de constater que parmi celles et ceux qui ne votent déjà pas pour nous, une grosse majorité s'abstient. Ce qui veut dire, et on ne cesse de le répéter dans nos travaux de sciences politiques, que les électoricistices perdues par la gauche ou qu'elle n'a jamais mobilisé ne se sont pas majoritairement sont pas majoritairement partis vers l'extrême droite ou même vers la Macronie.

Faire l'unité électorale du bloc populaire, en fait, ça passe par la remobilisation électorale, par la mobilisation électorale d'une partie des abstentionnistes. Et c'est là le sens de la stratégie du 4e bloc. Alors cette stratégie, elle est ambitieuse parce qu'il s'agit de remobiliser les abstentionnistes.

Euh, elle est peut-être insuffisante, mais elle suppose de modifier un comportement de vote et non tout un système de valeur, toute une vision du monde social. Et si on regarde les autres stratégies possibles, il y a une autre stratégie possible qui est avancée par certains certains certaines personnalités entre guillemets de gauche, ce serait de changer son discours pour s'adapter aux valeurs des électoristes qui votent pour le RN ou pour la droite. Ben en fait, ça c'est risqué de ne pas attirer grand monde, de perdre des électoristes et surtout de donner raison à la droite et au RN sur les valeurs et sur la hiérarchisation des valeurs.

Et en fait, c'est ce qu'a fait dans de nombreux pays la social-démocratie sur l'immigration, sur les politiques budgétaires et nombre de collègues, il y a un chapitre dans le livre de José Lopez et Raoul Gomez qui est consacré, nombre de collègues ont montré que cela a été très contre-productif pour cette gauche social-démocrate. On pourrait aussi dire bah centrons-nous sur les questions économiques qui font davantage consensus que les questions entre guillemets culturelles. On pourra revenir sur l'opposition entre ces deux types de questions.

C'est une autre solution. Mais en fait ce que montrent les travaux très récents, c'est qu'elle permet certes de fidéliser des électoristes qui même conservateurs et conservatrice sur le plan social sont surtout préoccupés par les questions économiques. Mais ça ne permet pas de capter de nouvelles et nouveaux électeurs et donc c'est une stratégie qui est clairement insuffisante.

Et en fait, si on veut faire progresser aujourd'hui euh les attitudes progressistes, la vision du monde social qu'on défend, bah c'est un travail qui est long, qui est fastidieux parce que ça suppose bah du travail militant de terrain pour reconstruire, revitaliser des sociabilités inclusives et non pas fermer sur un entre soi qui cultiverait lui des attitudes méritocratiques et intolérantes. Il y a des exemples qui ont été donnés dans les interventions précédentes et ces sociabilités, elles permettraient de diffuser ainsi une certaine vision du monde social. Mais il y a aussi un travail de politisation des valeurs qui passe par la modification de l'agenda et du cadrage médiatique et intellectuel.

Alors, ce combat, il peut sembler perdu d'avance parce qu'aujourd'hui, on assiste à une droitisation par le haut du champ médiatique et aussi du champ intellectuel. Euh parce que ce ce alors pour l'instant ce processus par le haut, il affecte pas les les électeurs et les électrices, mais il met au centre de l'agenda certaines thématiques, l'immigration notamment, il en exclut d'autres, les questions sociales et il privilégie des cadrages des problématiques, des problèmes sociaux comme individuels euh à des cadrages collectifs, systémiques et aussi à il privilégie finalement une opposition entre des problèmes sociaux distincts. Et en fait la politisation des valeurs, elle est essentielle parce que c'est elle qui va permettre de ramener vers la gauche des électeurs et des électrices à terme qui s'en sont détournés parce que ça va modifier la hiérarchie des enjeux, ça va aussi modifier le cadrage de ces enjeux.

On peut penser notamment aux questions écologiques ou même aux questions d'immigration. Voilà, je vous remercie. J'espère avoir détaillé un peu le merci beaucoup.

Et donc pour conclure ce premier moment de la discussion, la question générale est finalement celle de la forme et également du chemin que doit prendre la stratégie politique de la gauche de rupture notamment au 21e siècle dans sa stratégie électorale, ses propositions idéologiques, son déploiement sur le terrain et ses relations et ses avec les mobilisations dans la société et également les différents types de forces qui peuvent composer ces mobilisations. reste question, mais comment finalement le mouvement insoumis peut-il contribuer à la construction de l'unité du bloc populaire dans les conditions politiques actuelles ? Merci.

Bonjour à toutes et tous. Merci d'abord aux intervenantes et aux intervenants qui, je pense, dans leurs différentes présentations ont apporté plein d'éléments pour abonder de la discussion. Et évidemment, moi j'aurais pas la prétention là en 15 minutes de répondre à la question définitivement qui est posée et plutôt essayer de concentrer mon intervention sur quelques quelques pistes de réflexion euh quelques y compris parfois élément de de de réaction que les différentes présentations qui ont été faites avant moi m'ont m'ont m'ont mis à l'esprit.

Euh premièrement euh tu poses la question en tant que euh ou tu poses la question de qu'est-ce que la France insoumise comme mouvement politique ? peut faire pour contribuer à cet objectif de renforcer l'unité du bloc populaire. Moi, j'y réponds évidemment en ayant en tête et à l'esprit que la stratégie qui est la stratégie de la France a soumise, c'est celle qu'on a appelé la stratégie de la révolution citoyenne et qu'à partir de ce moment-là, notre participation à cet objectif n'est pas qu'une participation électorale.

Et il y a une participation électorale. La présentation qui vient d'être faite, je m'y retrouve totalement et et j'y abonderai. Mais je pense que la France assoumise, elle aspire pas seulement à répondre à cette question d'un point de vue électoral.

Elle aspire aussi à la question et elle aspire aussi de répondre à la question de comment elle agit concrètement dans son lien avec les mobilisations sociale, dans son lien avec les autres structures, les autres corps, les autres cadres qui travaillent euh ou qui participent en quelque sorte de ce bloc populaire à essayer de contribuer à cette à cette à cette unité. Alors évidemment, la France assoumise, elle peut pas répondre à la place des organisations syndicales sur un certain nombre d'éléments que tu as pu évoquer, sur la difficulté parfois de ces organisations syndicales à couvrir l'ensemble du champ du travail et y compris de ces dernières mutations, à prendre en compte ces évolutions et notamment ces dernières évolutions. Mais la France insoumise de dans son rôle de la position qu'elle occupe dans l'espace politique, elle peut parfois essayer en quelque sorte de contribuer à lutter contre contre contre ses faiblesses.

Je partage l'analyse que peut-être qu'on va un peu vite quand on dit le le le monde ouvrier est plus explosé ou fragmenté ou individualisé aujourd'hui que ce qu'il a été auparavant. Alors peut-être, je sais pas, je suis moins connaisseur que toi, mais peut-être qu'il aurait fallu euh poser la question de savoir si euh c'est un mouvement, là tu as comparé avec le 19e siècle, mais est-ce que quand même il y a pas eu d'abord un mouvement d'unification et qu'on a assisté ensuite à un mouvement de désunification ou de fragmentation ? C'est-à-dire que si on compare l'état du monde ouvrier tel qu'il est aujourd'hui et l'état du bonde ouvrier tel qu'il a été il y a une trentaine ou il y a une quarantaine ou une cinquantaine d'années, sans doute que là on a reculé du point de vue où on a avancé du point de vue de sa fragmentation par rapport à à à précédemment.

Bref, tout ça pour dire je pense que la France assoumise, elle a son rôle à jouer euh sur sur ce sujet sans prétendre se substituer évidemment aux organisations syndicales, sans prétendre se substituer aux associations, à celles et ceux qui travaillent chacun à à son de dans dans son point de vue. Mais je je mets quelques idées sur la table de ce que ce que la France insoumise peut peut contribuer à faire. Premièrement, je pense dans les dans les thématiques qu'elle va chercher à mettre en en lien, en interconnexion euh et dans les thématiques qu'elle va décider de prendre en charge politiquement euh en cherchant justement des croisements et des articulations entre différentes structures qui euh travaillent un peu chacun dans leur coin. quand la France insoumise décide par exemple de monter fortement sur la question de la dénonciation des violences policières quand elle décide de le faire et d'en faire un objet politique, je pense que d'un certain point de vue, elle pose la question, je prends la question des violences policières, mais je pourrais prendre la question de du racisme, je pourrais prendre la question de thématiques qui historiquement n'ont pas forcément été pris en charge par ce qui était les structures dominantes de de de la gauche qui conduisait en quelque sorte à ce que l'un l'unité du bloc populaire était pas totale puisque ceux qui prétendaient la représenter ou la construire cette unité du bloc populaire laissaient sur le bord du chemin un certain pourcentage de ce qui devrait être ou de ce qui devrait participer de ce bloc populaire parce qu'elle ne prenait pas en charge les oppressions, les les thématiques, les révoltes, les colères qui pouvaient marquer ces catégories, ces parties de la population.

Donc je pense que un des gros travails de mon point de vue, je suis évidemment pas le mieux placé pour parler en toute objectivité et je mais tout en pouvant dire que la France insoumise ne fait pas tout parfaitement. Mais en tout cas, ce qu'on a essayé de faire euh pour être clair, c'est essayer de de casser des frontières qui pouvaient exister aujourd'hui dans les thématiques qui étaient pris en charge par les organisations à l'intérieur du bloc populaire pour favoriser la la possibilité de construire ou de renforcer cette unité. J'ai évoqué là la question des violences policières, j'évoque la question de de du racisme.

Euh j'évoque la question du refus de l'opposition entre la question sociale et la question écologique, hein. Il y a encore une dizaine d'années, vous aviez des mobilisations écologiques et des mobilisations sociales qui parfois se construisent l'une en face de l'autre et l'une en concurrence avec l'autre parce que il y avait du côté de la mobilisation sociale parfois un refus de prise en charge de l'impératif écologique et parce que vous aviez du point de vue de la prise en charge de l'impératif écologique ou de celles et ceux qui se mettaient en mouvement pour porter la bataille climatique et écologique un refus de prendre en compte le fait qu'il y avait des travailleuses, des travailleurs qui étaient concernés par les mutations nécessaires et que il fallait prendre en charge et les associer à ces mutations et à ces transformations. Je pense que la France a soumise en essayant de travailler une forme d'écologie populaire pour être clair, même si c'est un concept qui à mon avis est pas encore totalement abouti.

Je dis pas que cette difficulté, elle est complètement derrière nous, mais je pense elle favorise la construction et la tentative de de construire un un un bloc populaire. À partir du moment où on est d'accord sur l'idée que ce bloc populaire, il ne se construit pas ou il ne se matérialise pas uniquement dans son rapport à la question économique et à la question du travail, mais aussi à la question de la lutte contre les discriminations, mais aussi à la question de l'égalité, mais aussi à la question euh du féminisme, mais aussi euh euh à la question de l'antiracisme, mais aussi à la question écologique et cetera et cetera et cetera. Donc je pense à travers les les thématiques euh euh et et la manière que laquelle la France a soumise a choisi de de s'engager et pas seulement de s'engager en en parlant mais de se mobiliser et d'essayer de construire des cadres de mobilisation qui regroupent à la fois des organisations syndicales, à la fois des collectifs qui sont nés parfois y compris contre les partis politiques ou contre les organisations syndicales.

Je pense qu'on a essayé, en tout cas c'est comme ça qu'on l'a vu, de contribuer à cette volonté de construire l'unité du du bloc populaire. Et de ce point de vue-là, là on a des travaux pratiques devant nous. Euh on a beaucoup parlé des gilets jaunes.

À la fois, il y a eu quelque chose de formidable dans les gilets jaunes du point de vue de l'affirmation du peuple comme catégorie politique à part entière de l'unité du bloc populaire. Et à la fois, il y a eu des limites et notamment, il y a eu une limite principale euh qui était que il y a eu une un une fracture, une fracturation entre d'un côté le mouvement gilets jaunes qui se mobilisait et de l'autre côté les structures syndicales où il y a une sorte de rendez-vous manqué dans les premières dates de mobilisation et il y a une fracture qu'après a il a fallu et on a jamais réussi totalement de mon point de vue à dépasser. Moi, j'ai assisté, j'imagine comme des gens qui sont ici dans la salle à des manifestations dans lequelles il y avait d'un côté ou l'un derrière l'autre le bloc gilets jaune et ensuite le bloc syndical qui au mieux se tolérait dans la mobilisation mais n'était pas super ravi de manifester ensemble.

Et je cherche pas à dire que c'était de la faute des uns et des autres. Je pose juste le fait que c'était une difficulté objective et on peut pas considérer qu'on va fabriquer ou favoriser l'unité du bloc populaire euh euh et qui a une fracture et une division dans un mouvement qui rassemble des exploités même s'ils sont pas exactement peut-être dans la même position économique parce que tu l'as dit ceux qui vont être représentés par les mouvements syndicaux tels qu'ils sont aujourd'hui correspondent à une partie de la classe ouvrière organisée. Mais ce qui était dans le mouvement des gilets jaunes, c'était une autre partie de cette classe ouvrière organisée.

Et si on veut l'unité du bloc populaire, on a besoin que tout le monde soit ensemble. Bon, donc là, je trouve qu'on a d'un certains points de vue un travaux pratique, une partie de passage au travaux pratiqu avec le 10 septembre. Et de ce point de vue là, je trouve qu'on a bien avancé même si y compris là depuis quelques jours, même s'il y a encore du travail, ce qui doit être je pense notre objectif à toutes et tous. après dans le respect de l'autonomie des organisations et de l'indépendance des organisations syndicales.

Mais ici on est militant parfois aussi militants syndicaux qu'on a des contacts avec des militants syndicaux. Je pense que ce qu'on doit travailler, c'est faire en sorte que dans cette date du 10 septembre, il y ait pas cette division euh et que vous ayez d'un côté euh des gens qui euh sont pas organisés ou qui voient même parfois avec défiance les organisations politiques et les syndicats et les syndicats et qui se rencontent dans cette mobilisation qu'au contraire, ils ont besoin d'avoir des structures syndicales qui peuvent faire des appels à la grève, faire poser des préavis de grève, avoir une expérience d'un mouvement de grève et ils ont besoin d'avoir des formations politiques qui vont ensuite porter ces messages là à l'Assemblée nationale et que tout ça ça doit travailler ensemble. Je dis on a bien avancé parce que moi je trouve que depuis le début de la semaine, depuis la position qu'on a prise il y a une semaine de de d'affirmer clairement un soutien et une mise à disposition au mouvement du 10 septembre.

Bon comme d'habitude, il y a eu la tentative de décrédibiliser en parlant de récupération et cetera, mais depuis vous avez à peu près l'ensemble des formations politiques de gauche qui appellent et vous avez de plus en plus de structures syndicales qui qui appellent et qui rejoignent. Je dis pas que c'est fini, je dis pas que c'est fait, mais je trouve qu'on va de ce point de vue-là dans la bonne dans la bonne direction. Euh 3è élément sur ce même objectif que je voulais comme ça poser poser sur la table en réaction à ce que tu as dit tout à l'heure sur la question des sociabilités qui aussi a beaucoup participé aux modalités et aux formes et aux initiatives qu'on a essayé de prendre à la France insoumise.

On a toujours refusé d'être uniquement uniquement cantonné au terrain électoral et il y a eu toujours cette volonté d'essayer de construire aussi des formes d'action, des initiatives qui soient pas uniquement des initiatives traditionnelles. On le fait bien évidemment, aller distribuer des tractes, aller coller des affiches, aller faire du porte- à porte. Quand on décide par exemple de faire des collectes de produits alimentaires, quand on décide par exemple d'aller faire des collectes de fournitures scolaires, on va le refaire à la rentrée.

Quand on décide de faire des fêtes populaires dans des quartiers, quand on décide, on cherche aussi d'un certain point de vue à reconstruire ces formes de sociabilité qui sont indispensables à l'émergence d'une unité du bloc populaire. Mais si on veut tenir compte de la leçon de l'histoire que tu nous as présenté là, bah il faut le faire aussi en cherchant à travers ces événements et ses initiatives à faire dialoguer ensemble et à se faire rencontrer des mondes qui a priori sont des mondes qui n'ont pas ces formes de sociabilité entre elles. Donc la question qu'il nous est posé à chaque fois et je pense qu'on essaie toutes et tous de le faire, c'est que quand on va faire la fête du quartier populaire de tel endroit, on va faire intervenir le syndical de l'usine d'à côté qui va présenter peut-être dans une forme ou dans un endroit où il a pas l'habitude de le faire le contenu de sa lutte et à l'inverse de chercher aussi à construire ses ponts et ses pastrelles entre ce qui en vérité participe du même bloc populaire mais qui c'est le même débat sur la la classe en soi, la classe pour soi qui qui ne se représentent pas aujourd'hui ou qui n'ont pas conscience aujourd'hui de participer de ce même bloc populaire.

Voilà, elle a quelques idées peut-être là en dehors du terrain électoral sur comment la France insoumise cherche peut encore faire mieux j'en suis convaincu, mais cherche à contribuer à à construire ses formes d'unité du bloc populaire. Et ensuite, évidemment, il y a la question électorale. Je la déconnecte là pour la la clarté de la présentation, mais en vérité, les deux sont forcément en interaction.

Plus vous allez favoriser l'unité du Bloc populaire dans sa capacité de mise en mouvement de mobilisation sociale et plus ça va se traduire et ça aura un impact électoral. Mais évidemment, il y a la présentation qui a été faite par Tristan que que je partage et donc forcément la question qui nous est posée nous en tant que mouvement politique bah c'est quels sont les moyens de favoriser la mobilisation de ce 4e bloc ? Et là aussi je mets quelques idées sur la table pour que ça participe de notre réflexion collective.

Premièrement, je trouve ça c'est vraiment très intéressant de l'avoir en tête. le fait que les catégories les plus pauvres de la population aujourd'hui votent en moyenne 15 20 25 points de moins que les catégories les plus riches de la population. On a tendance à croire que c'est une constante de l'histoire.

Ce n'est pas une constante de l'histoire. Là, je trouve que c'est des chiffres intéressants du bouquin qui a été publié il y a une 2 ans ou un an et demi de Piquetti et Cagé sur l'histoire des dynamiques électorales dans les années 60. Dans les années 70, les catégories plus pauvres de la population votaient davantage que les catégories les plus riches de la population.

Aujourd'hui, ça s'est renversé et c'est pas une fatalité, c'est pas une obligation historique. Il y a pas une explication qui nécessiterait que ça serait toujours comme ça. Et donc, on doit se poser la question de savoir pourquoi à ce moment-là les catégories les plus pauvres de la population voté davantage que les catégories les plus riches de la population. et elle votait davantage à ce moment-là, c'est parce qu'il y avait un modèle alternatif dont on peut parler, qu'on peut critiquer, mais vous aviez vous pouviez voter pour le capitalisme, vous pouviez voter pour le communisme, vous aviez une idée alternative, claire, précise qui était posée sur la table et qui générait un enthousiasme populaire de gens qui se disaient "On peut reprendre nos affaires en main, on peut changer radicalement les choses." et et je pense que c'est la raison pour laquelle moi j'ai jamais été d'accord dans les débats qu'il y a à l'intérieur de la gauche sur cette idée que finalement pour mobiliser largement, il faudrait avoir un discours qui soit un discours moins radical.

Je pense que c'est une fausse idée. Je pense précisément et c'est et d'ailleurs c'est ce que démontre c'est ce qu'on démontré y compris un certain nombre de derniers processus électoraux. Je veux pas être trop long, je vois que j'arrive quasiment à la fin de mon temps de parole.

Mais si vous voulez créer les conditions d'une mobilisation plus importante du bloc populaire et en particulier des du 4e bloc et donc des abstentionnistes du bloc populaire, vous devez créer de la mobilisation autour de de d'un projet de société qui soit un projet de société rupturiste radical clair clairement identifié. Et ça c'est les conséquences en terme de mobilisation, c'est les conséquences en terme programmatique. Ensuite évidemment, il y a des conséquences dans cette stratégie en terme de modalité d'action.

Je veux pas trop rentrer dans le détail sur ce sujet. Et là aussi, il y a peut-être encore de l'inventivité à faire. Mais pour un mouvement comme la France assoumise, bah c'est la nécessité d'avoir une action euh spécifique de de type porte à porte des campagnes d'inscription sur les listes électoral, de lutter contre la non inscription ou la malinscription parce que c'est un vecteur qui a un vecteur très important de l'abstention euh du bloc euh populaire et c'est de se concentrer euh parce que par définition, je des gens qui cherchaient polémique à Jean-Luc Mélenchon pour une phrase arracher dans une manifestation mais par définition tout le monde dit le sait.

Vous êtes des militantes et des militants quand on est dans une campagne électorale on peut pas tout faire. Donc on cherche à regarder, ça veut pas dire qu'on voudrait pas se mettre partout, mais on cherche à regarder ce qui peut permettre le plus rapidement possible de produire des effets de mobilisation. Et donc on cherche à avoir un travail avant chaque campagne électorale de où on va mettre nos énergies en priorité.

Ça veut pas dire qu'ailleurs, il faut pas le faire, on le fait aussi. Mais en priorité, on va essayer de se mettre là où on pense que ça va produire les résultats les plus rapidement possible. Et puis 3è élément et je m'arrêterai là parce que je trouve que c'est un élément intéressant et un bilan politique qu'on peut tirer de la campagne européenne que la France a soumise à a à mener.

Il suffit pas notamment sur des élections à faible participation ou des élections où généralement il y a beaucoup d'abstentions. Il suffit pas d'avoir un bon programme, il suffit pas d'avoir des bons et des nombreux militants convaincus et cetera. Et je le dis parce que je pense que tout le monde doit y réfléchir en perspective des prochaines élections, en particulier des élections municipales où on va être confronté à la même difficulté que les élections européenne.

Moi, j'ai fait trois campagnes d'élection européenne. Les deux premières étaient franchement loupées. Bah loupé, jamais totalement loupé mais du point de vue du résultat aboutir.

Je dis pas que la dernière était totalement réussie, mais elle était mieux réussie. et elle était mieux réussie parce qu'on s'est posé la question de trouver des vecteurs de mobilisation dans la campagne. C'est-à-dire, il suffit pas seulement d'avoir un super programme, il suffit pas seulement que les que que notre programme en matière européenne, il soit génial, il faut que les gens se disent que ça va servir à quelque chose d'aller voter.

Alors évidemment pour une campagne comme la campagne présidentielle, c'est un peu plus facile parce que dans la 5e République, tout le monde a conscience que c'est l'élément central et c dans une campagne européenne, c'est très compliqué. Et votre principal problème, c'est pas que les gens ils vous disent "Je suis d'accord ou pas d'accord avec vous, c'est qu'ils vous disent mais je m'en fous, ça va servir à rien que j'aille voter ou que j'aille pas voter." Et donc la question qu'on s'est posée au moment des élections européennes et je pense la question qu'on va devoir se poser aux élections au moment des élections municipales, c'est quelles sont les de 3 qu euh propositions programmatiques que vous mettez sur la table et qui sont des vecteurs de mobilisation, c'est-à-dire des éléments sur lesquels les gens se disent "Ah bah là, ça va valoir le coup d'aller voter." Et moi, j'assume de dire c'était pas le seul sujet mais qui évidemment que la question internationale, la question de Gaza a été un vecteur de mobilisation dans la campagne européenne de la France assoumise parce qu'il y a plein de gens qui seraient pas allés voter à l'élection européenne et qui cette fois se sont dit bah c'est l'opportunité d'envoyer un message et de demander que quelque chose soit fait pour la fin du génocide à Gaza.

Et on n pas à avoir honte du fait qu'il y ait des gens qui décidé de s'emparer du bulletin de vote pour dire un mot sur ce sujet. Et donc je m'arrête là, mais il faut en tirer l'enseignement pour l'élection municipale. Si vous pensez que vous allez arriver à mobiliser largement dans les catégories dans les quartiers populaires aux élections municipales seulement parce que vous allez avoir un programme super détaillé sans vous poser la question de savoir quels sont les éléments sur lesquels les gens se disent "Ah là, je vais aller voter parce que ça va changer quelque chose dans ma vie ou ça va permettre de faire bouger quelque chose", vous allez à faire un super travail programmatique mais à la fin vous allez avoir déçu du résultat parce que les gens se seront pas mobilisés.

Je pense que tout le monde doit réfléchir. Quelles sont les deux trois propositions qui sont des vecteurs de mobilisation dans notre campagne municipale ? Je dis pas que j'ai la réponse là, on y réfléchit, j'imagine tout le monde doit y réfléchir.

Voilà, pardon, j'ai été un peu plus long que prévu sur mon temps de parole. J'ai pas fait un je voulais pas forcément faire une présentation, mais juste donner quelques éléments de réflexion sur les différents points que vous avez évoqué et je vous remercie encore une fois et je vous invite à consulter à poursuivre cette réflexion en achetant le bouquin. Franchement, c'est un gros gros travail qui a été fait.

Al merci beaucoup pour ta réponse. Le livre, je me suis trompée en début de conférence, il est disponible jusqu'à demain à l'espace du livre. Donc allez quand même l'acheter ce soir, mais vous pouvez aussi l'acheter demain si vous oubliez.

Euh et donc maintenant Zoé va faire passer le micro pour les un temps d'échange. Euh voilà, on va prendre quelques interventions. Bonjour et merci pour la les apports théoriques intéressants.

À propos de dans le cadre de la des campagnes électorales, je pense qu'il y a un piège dans lequel on est tombé avec les chaînes d'information en continue, c'est que de plus en plus les les discussions politiques se basent sur Ah ben, je peux difficilement être plus près là. Donc, je disais que les les chaînes d'information continuent ont fait du mal. En vous forçant systématiquement à prendre position sur à réagir à telle déclaration et cetera.

On parle de moins en moins de programmes. Ceci dit, quand on regarde le programme que que que la France insoumise propose depuis à chaque à chaque à chaque fois, c'est un programme qui est extrêmement structuré, qui qui est large, qui qui représente beaucoup d' de d'intérêt et pourtant on narrive quand même pas à accrocher. Donc je il y a quelque chose qui me semble supplémentaire qui pourrait participer à ce que le jeune homme nous a présenté avec le l'analyse électorale. une vision, un projet de société, c'est-à-dire vers quelle société on veut aller.

Et ça, c'est quelque chose qui a complètement disparu des discussions présidentiel par exemple quoi. Vers quelle société on va et comment on va y aller. Et par exemple, je trouve que dans la dernière que dans la dernière campagne législative, il y avait le programme du nouveau Front populaire qui était danse, qui avait 500 propositions et cetera.

Mais ce que j'ai trouvé très fort et qui a beaucoup accroché quand on est allé rencontrer les gens, c'est les 10 premières propositions qu'on va mettre en marche. Et ça c'était quelque chose qui était euh fonctionnel, qui parlait directement et qui répondait directement à des besoins des gens. Oui.

Oui. Merci. Euh bon, merci pour ces présentations.

Euh je pense sur la question "À quoi ça sert à aller voter, je pense qu'en effet la question de Gaza sur les européennes était très importante." Et je voulais poser une question euh sur euh le dans le livre. Est-ce que vous évoquez aussi sur la question de l'abstention le fait que quand même la trahison de du vote du référendum en 2005, je veux dire, elle a eu des conséquences sur le vote populaire ?

Bon, ça c'est une première question. 2è question sur les syndicats. Euh moi je suis syndicaliste aussi.

Euh enfin on peut pas traiter tous les syndicat dans une même enfin dans une unité totale parce qu'il y a quand même des positionnements qui sont différents, même si euh il y a des unités parfois parfois pas toujours bien bien justifié hein la question des gilets jaunes et en effet en avant sur le sur le 10 septembre. Mais euh moi je voulais quand même citer un petit euh un petit un petit une petite question là. Il y a il y a une pétition intersyndicale contre le budget de Beou.

Très bien. Mais sauf que la CFDT à Paris, elle invite monsieur Beirou pour discuter à la du travail. Et ben là CGT, FO E FSU solidaire appelle et moi j'invite tout le monde à venir hein mardi 26 à 14h place de la République hein contre cette venue de Bairou.

Donc je pense qu'on peut pas voilà je je sais pas du coup sur le chapitre sur les syndicats s'il y a une euh bah une différenciation qui est faite mais on peut voilà, je pense qu'on peut pas avoir une unification globale de tout parce qu'il y a quand même, je vais le dire comme ça, certains qui collaborent sérieusement quoi. Excusez-moi. Merci.

Euh donc tout d'abord, merci pour ces exposés euh très intéressants euh concernant donc le ce manque de vote populaire, cet abstentionnisme dans les classes populaires. Al pour un peu prolonger ce qu'a dit la l'intervenante précédente, on a eu aussi le le quinquena de Hollande qui a été une catastrophe parce qu'aujourd'hui toute personne qui se qui serait plutôt de gauche et qui aurait aller jusqu'à 35 ans euh n'a connu que ça en étant n'a connu que ça comme expérience de gauche et il va se dire mais c'est quoi la différence entre la droite droite et la gauche du coup puisque Hollande il a fait des trucs que la droite arrivé et n'a pas osé faire. Donc est-ce que là aussi on paye pas sa chir et comment conjurer ce ce cette catastrophe hollandiste quoi ?

On va prendre une dernière question en essayant d'être paritaire si c'est possible. Merci. Bon, c'était une question par rapport à éventuellement la position de du vote obligatoire et du vote des étrangers.

Merci. Je sais pas est-ce que vous voyez des choses à moi non. Tu veux qu'on en prenne un peu plus pour que un peu moi, je peux répondre si Vous voulez que je commence ?

Non. Ah, c'est moi. Ouais.

OK. Euh alors pour répondre à sur plusieurs questions euh sur la question du euh sur la question de 20052, nous on voit clairement des effets dans les enquêtes, mais c'est pas spécifiquement lié à 2005 d'abord parce que je crois que l'une des personnes l'a dit aujourd'hui. Alors moi 2005, j'avais pas le droit de vote pour vous donner une idée.

J'ai un souvenir très faible du référendum de 2005, mais en fait il y a un ensemble d'éléments qui ont participé à un décenantement vis-à-vis de la politique et vis-à-vis de la gauche qui ont pu provoquer de de l'abstention très clairement. Et c'est pour répondre à la question du vote obligatoire. En fait, l'enjeu c'est pas nécessairement, nous on nous pose souvent la question, on est allé à l'Assemblée nationale avec des collègues, on nous a dit alors la solution c'est le vote obligatoire.

Mais en fait, ce qu'il faut plutôt penser, c'est penser la question de redonner une utilité au vote et redonner conscience de l'utilité du vote. Parce que si on continue en effet avec des des illusions comme celle de 2012, comme celle de 2005 avant, en fait, ça va légitimer finalement euh le fait que le vote n'est plus un une pratique politique qui permet de faire aboutir le changement social. sur la question du vote des étrangères à étrangers.

Évidemment, ça modifierait le le le corps électoral, ça modifierait évidemment les derrière les résultats à condition qu'il y ait une réelle participation politique, ce qui n'est pas gagné. Il faudrait en effet la la construire même si le vote devient devient possible. Et pour la la question qui a été posée sur les syndicats, alors Jean-Piète sur sur la la réponse de Carlotta, je suis désolé mais avec des collègues, on s'est demander, on s'est posé la question sur est-ce que l'appartenance à telle ou telle organisation syndicale, ça favorise plus le vote à gauche sur les attitudes progressistes que tel ou tel autre.

Ça ça a des effets. Donc oui, il y a des différences entre les organisations syndicales qui peuvent constituer des des vecteurs d'attitude progressistes un peu différenciés. Mais faut aussi pas oublier que c'est pas que l'adhésion syndicale qui joue, c'est aussi l'action syndicale et le fait pour les salariés de participer à l'action syndicale.

C'est pas aujourd'hui il y a 10 % de synd à peu près en France parmi les salariés mais en fait ce qu'il faut pas oublier c'est que il y a une proportion non négligeable de salariés qui font grève. Il y a une proportion non négligeable de salariés qui sont en contact avec des militants et militantes syndicaux. Et ça joue aussi sur les attitudes politiques.

Donc faut pas penser que juste en terme d'étiquette. Ça joue mais faut aussi penser en terme de qui fait de l'action syndicale. C'est ça qui fait aussi la différence entre les différentes organisations au niveau local et au niveau national.

OK. Euh peut-être rapidement sur euh sur euh d'abord pour dire je pense tu as raison sur le premier point et d'un certain point de vue tu as prolongé un peu la réflexion que j'avais posé sur le fait que si à un moment il y a eu euh j'évoqué le fait qu'il y a eu à un moment un taux de participation différentielle entre les pauvres et les riches qui faisait que les pauvres votaient davantage que les riches et je disais c'est parce qu'il y avait un projet alternatif identifié et peut-être que tu as raison que c'est quelque chose qu'on doit qui qui fait un peu équ ce que disait Samuel tout à l'heure sur il faut des sociabilités et il faut une idée. Tu disais euh bah en fait nous on a un programme et peut-être qu'on a une question devant nous qui est le mot de qui qui qui nomme la société à laquelle on aspire.

Voilà, c'est vrai que ça c'est quelque chose autour duquel on tourne depuis maintenant des années et des années. Il y avait la question de l'écosocialisme, il y avait mais chaque mot avait aussi sa sa difficulté. Mais en tout cas, peut-être essayer de de nommer et d'identifier davantage la société alternative comme facteur de mobilisation des catégories des catégorie populaires qui a qui qui sont les les principales victimes de de du modèle actuel et qui donc forcément ont une oreille attentive pour un modèle alternatif, mais pas une oreille attentive pour une proposition politique dans lequelle en quelque sorte on leur fait croire qu'on va aménager un petit peu le modèle actuel pour finalement pas le faire une fois qu'on arrive au pouvoir. surtout quand on vous l'a fait déjà, on vous l'a déjà fait deux ou trois fois.

Voilà, ça c'est un peu le la difficulté. Après, sur euh le TCE euh le mandat Hollande, ah moi je suis pas euh analyste électoral, Tristan me corrigera si je dis de bêtises, mais clairement le total des voix des partis dit de gauche aux élections, il y a une rupture après la fin du quinquena Hollande de 15 à 20 points euh et qui est une rupture sur laquelle en fait qu'on subit aujourd'hui qui fait que vous avez aux élections même quand il y a des candidatures uniques de toute la gauche au premier les tour des élections législatives, vous avez du mal à aller au-delà des 32 33 % grand maximum. Alors ça ça me fait un peu rire quand nos concurrents à gauche disent c'est la faute de la France insoumise et de sa stratégie trop radicale.

Bon la vérité la vérité c'est que si on regarde ça d'un point de vue purement d'analyse électorale le total gauche il a pris il a perdu 15 à 20 points après la le quinquena de François Hollande et nous depuis ben on essaie de remonter la pente et on la remonte mais on la remonte doucement et on voudrait la remonter plus vite. Mais essayer de nous faire à nous porter la responsabilité de cette situation, c'est assez malhonnête. Après sur la question, bon moi évidemment je suis pas là pour donner des des leçons aux organisations syndicales et cetera, mais juste sur la question unité intersyndicale, parce qu'on a quand même le droit de débattre de cette question.

Moi, j'ai tendance à dire bah cette questionlà, je la je la traite de la même manière que la question de l'unité dans le champ politique. C'estàd que évidemment que tout le monde préfère l'unité, mais tout le monde préfère l'unité à partir du moment où elle permet de réaliser des objectifs qui sont des objectifs concrets. Euh et de ce point de vue-là, c'est quand même dommage qu'à aucun moment il y ait eu une une analyse quand même de la de la défaite du mouvement sur les retraites.

C'est-à-dire que évidemment que tout le monde était content que dans les mouvements sur les retraites, il y avait des manifestations avec des millions de personnes et évidemment que tout le monde était content qu'il y ait toutes les organisations syndicales qui appellent à participer à ces manifestations. Mais est-ce qu'à un moment dans le mouvement la volonté de maintenir à tout prix l'unité, elle ne s'est pas faite au détriment d'autres modalités d'action qui étaient des modalité d'action qui allaiit peser sur l'économie et qui allaiit jouer face à un président de la République qui clairement ne jouait pas à la loyale. C'était pas le nombre de personnes dans la rue qui allaient le faire bouger.

On peut se poser cette question sans que ça soit évidemment des leçons qu'on donne aux organisations syndicales. Et c'est la même question que la question sur l'unité dans le champ politique. Évidemment qu'on préfère que les organisations politiques puissent être ensemble, mais à partir du moment où elles sont sur des objectifs politiques et des objectifs programmatiques et des stratégies parlementaires qui sont des stratégies parlementaires qui correspondent aux engagements qu'on a pris devant les électrices et les électeurs.

Et donc c'est la raison pour laquelle nous on a toujours dit c'est l'unité populaire d'abord et ensuite l'unité populaire elle peut prendre différentes femmes et parfois elle peut il peut y avoir autour de l'unité populaire l'unité des formations politiques. Mais si à un moment il faut faire primer l'unité sur des revendications programmatiques qui permettent de changer la société ou sur des stratégie parlementaire qui permettent de mettre un terme à des gouvernements qui veulent nous imposer comme des plans comme le plan Bao, bah évidemment alors à ce moment-là c'est pas l'unité des formations politiques qui doit dominer, c'est d'abord la stratégie et la la volonté rupturiste qui est la nôtre. Voilà.

Donc je pense voilà, moi c'est comme ça en tout cas que j'apprécie cette question et après pour pas être trop long parce que j'espère que tout le monde pourra après qu'il y aura des questions aussi pour les les autres personnes qui sont qui sont à la tribune. Euh le sur la question du vote obligatoire et du vote des étrangers. Oui, on est favorable au votes des résidents étrangers.

Oui, on est favorable au votes obligatoire. Mais à partir du moment et ça doit aller ensemble où il y a une reconnaissance du vote blanc. Voilà, c'est ça qui doit aller euh qui doit aller ensemble.

Bon, ça c'est le livret euh 6e République de la France assoumise auquel je vous invite à vous référer. Je sais pas si vous voulez rajouter un mot si on passe aux autres questions. Alors on passe aux autres questions.

On a perdu. Elle est là, on a plus le temps. Il reste 15 minutes. 1h17.

Allez, trois dernières questions rapides. Très rapides les questions. On promet d'être rapide dans nos réponses.

OK, on va prendre deux questions maximum. Et moi, j'ai dit deux. C'est bien.

C'est bien. Elle a raison. Bonjour.

Euh merci Bravo pour vos interventions. Euh quand Samuel vous parliez des sociabilités euh manquantes notamment après les émeutes suite à la au décès de Naël, euh il y a aussi cette chose, c'était ce clivage avec beaucoup de peur et voir de haine entre les uns et les autres. C'est-à-dire que les gens des banlieux euh ont du mal à se mélanger aux gens des gilets jaunes.

Par exemple, quand on se souvient des gilets jaunes, il manquait beaucoup à certains moment et de la même manière il y a beaucoup de jugement sur ce qui se passe lors des émeutes mais les jugements sont assez unanimes. Donc voilà comment est-ce qu'on peut faire enfin essayer de réconcilier les personnes. Voilà.

Est-ce qu'il y a une femme qui voudrait poser une question ? Quelqu'un là ? Oui.

Alors euh voilà, je voudrais euh poser une question concernant euh le le fait que les gens votent pas euh ou est-ce que l'attitude de Macron la à l'issue des dernières élections législatives n'est pas quelque chose qui va décourager en fait les gens et se dire que peut-être le fait de voter ne sert pas à grand-chose. Donc euh je pense que c'est quelque chose contre contre lequel on doit vraiment énormément communiquer parce que parce que effectivement ça ça décourage. La dernière et après c'est bon.

J'arrive quand même hein. Petit à petit à petit on y arrive quand même. La politique des Bonjour m'entendez ?

Ouais. Euh je voulais demander, il y a certains camarades qui émettent l'idéettent l'idée que il devrait y avoir un parti euh complémentaire à la gauche de LFI euh très populiste, très euh vibe gilet jaune et qui ouvre une fenêtre d'overton à gauche d'FI pour euh faire en sorte que des trucs que LFI voudrait mettre en place mais que peut-être on peut pas tester ou on a peur de prendre une un torent médiatique, ben au moins ça puisse être testé euh via ça. Bon, il y a la pas du euh révolution permanente, j'y c de secondes mais euh par exemple quelqu'un comme Gill Boulot euh par Juan Branco, je pense il est trop il est trop chelou mais mais quelqu'un comme Ouais voilà un ancien DG jaune.

Voilà, je voulais voir qu'est-ce que vous en pensez de ça. Voilà, merci. Quoi ?

Est-ce Bah si il marche. Euh je je vais je vais revenir juste un peu sur sur les deux éléments sociabilité populaire et puis et puis sur la sur la dernière question. Les sociabilités, ça a marché.

Non, c'est c'est pas un truc magique, c'est-à-dire on utilise l'idée, il faut des sociabilités inclusives et cetera, mais ce qui a marché dans le passé, c'est que les gens y ont reconnu une expérience commune. Et c'est pour ça que la question du travail a été et continue à être central. Parce que ce qui se joue dans ces sociabilités populaires à ce moment-là, ce qui s'est joué, ce qui se joue encore, c'est reconnaître qu'on a une expérience commune qui est celle du travail et qui essaie d'un travail subordonné, contraint, exploité, parfois d'un travail manquant et que ce travail finalement peut-être qu'il doit être reconfiguré pour intégrer des choses qui n'étaient pas à l'époque considéré comme du travail, mais ça donnait un sentiment commun.

Et donc c'est comment faire en sorte que les gens euh changent de jugement réciproque ? Bah c'est que ces sociabilités doivent être nourries et doivent être nourri par des idées qui permettent la mise en commun euh des expériences. Et de ce point de vue-là, il faut bien voir que euh sur la question de la radicalité, ce qui était fort dans la création du mouvement socialiste, communiste et cetera, au milieu du 19e siècle, c'est qu'ils avaient des idées qui étaient simples et qui s'articulaient à l'expérience.

Une idée simple, abolition de l'exploitation. Ils étaient pas là en train de dire "On va faire un programme en 10 points et cetera." D'autres l'ont fait après, ça a été important, mais vous aviez des gens qui disaient il faut en finir avec toutes les formes d'exploitation.

Et donc vous aviez quelque chose qui permettait de faire du lien dans ces cercles de sociabilité, euh qui permettait de faire du lien entre les différentes expériences, c'est on doit arrêter l'exploitation de l'homme par l'homme euh de manière de manière globale. Et ça évidemment dans le creusé que ça que que qu'a été ce début du mouvement ouvrier, c'était pas porté par tout le monde. C'était porté et j'en viens à la question de la fenêtre d'Overton et cetera. s'était porté par des militants communistes qui n'étaient pas majoritaires, qui semblaient même complètement fou à certains puisqu'ils disaient abolition de la propriété, abolition de la famille, mise en commission euh mise en mise en communauté de l'ensemble des biens et cetera.

Ils existaient ces gens-là dans les années 1830 1840. Ils apparaissaient un peu fous mais c'est eux qui disaient abolition de l'exploitation et c'est par eux qu'ensuite les socialistes l'ont accepté et c'est par eux que les ancêtres de la gauche politique, les démocrates socialistes ont dit bah oui, il y a peut-être un problème avec l'exploitation. Donc il faut toujours que dans ce creuser, il y ait des voies radicales.

Je pense qu'aujourd'hui elles existent hein. Il y a plein de parties à la gauche à la gauche de de de la France insoumise, mais il faut constituer les espaces non pas au niveau seulement des directions mais au niveau des bases dans lesquelles tout ça ça se retrouve sur sur la question des l'effet des suites législatives. Pour l'instant, on a vraiment pas les outils pour répondre.

Enfin, j'ai j'ai pas une j'ai pas de données pour répondre scientifiquement sur sur est-ce que ça a un effet, mais sans doute que oui. C'est et c'est un élément de préoccupation, c'estd que c'est un nouvel élément qui va finalement nuire à l'utilité sociale perçue du fait de de voter et donc contre lequel si on est dans une logique de mobilisation des abstentionnistes euh c'est on doit lutter. Juste la la le et et pour répondre à la dernière question euh en en deux éléments très rapides, la question de la remobilisation des abstentionnistes, c'est pas quelque chose de radical hein.

C'est c'est c'était ce que ce que proposait le le Parti socialiste, en tout cas des gens Parti socialistes en 2012. Euh ils ont pas pris preuve de radicalité après. Et en fait, ils faisaient pas preuve de radicalité en 2012 non plus.

Euh mais parce que ça, j'en ai quelques souvenirs quand même et euh mais en fait donc aujourd'hui quand les socialistes disent c'est vraiment une solution radicale d'aller remobiliser les abstentionnistes de gauche en fait non. C'est juste que ce que vous prévoyez en 2012 mais ce que vous avez à peine fait et ce qui était en fait efficace ça a été montré en 2012. Et pour répondre sur la question de la fenêtre d'Overton, en fait la fenêtre d'Overton, elle s'élargit pas que par les partis politiques, elle s'élargit parce qu'il y a des idées qui infusent dans la société en général.

Il y a pas que les partis qui diffusent des idées. Il y a les organisations syndicales, il y a les mouvements sociaux et en fait c'est aussi des choses qui se construisent sur le terrain. Et le fait que il y ait des mobilisations sociales sectorielles, mais pas que qui se construisent sur le terrain et qui aussi ont un lien avec la France insoumise, mais en fait c'est ça qui joue aussi sur le l'infusion des idées.

Donc et en plus quand on regarde quand on on sonde les les les électeuristes, on n pas l'impression qu'il y a une demande de de radicalité en terme de partis politique. Par contre, qu'il y a des adhésions à des mouvements sociaux et à des revendications qui sont portées par des mouvements sociaux. Oui.

Donc je sais pas si la construction de partie c'est euh c'est une réponse. [Applaudissements] Euh moi je vais être extrêmement brève mais je voulais juste cour revenir sur la question euh sur la remarque plutôt l'intervention sur le syndicats et euh le fait que il faut pas tout mélanger et que voilà il y en a certains qui collaborent vraiment et d'autres moins. Par ailleurs moi je suis moi-même syndiqué hein juste pour euh préciser.

Il s'agissait de faire une réflexion, enfin je suis totalement d'accord avec ce qui a été dit. Il y a des positionnements politiques et même des stratégies très différentes. Il a une hétérogénéité qui est importante à rappeler.

Là, c'était plus une réflexion, on va dire générale sur des pistes possibles de réflexion sur restructuration des l'action syndicale et de la structuration syndicale, notamment au regard à la fois des changements du monde du travail enfin et du travail en général et aussi bon euh pour essayer un peu de tirer les leçons, mais ça a déjà été dit plusieurs fois de manière très claire, tirer les leçons des mouvements sociaux à la fois ceux qui ont subi des défaites hein et aussi ceux qui nous ont quand même donné pas mal d'espoir et du coup je pense notamment au gilets jaunes donc c'est des réflexions un peu générales sur comment sur la base de ce qu'on sait sur comment a changer le monde du travail et à la fois ce qu'on a pu observer dans les mouvements sociaux auquels on a participé comment on peut repenser la manière de faire du syndicalisme aujourd'hui c'était plus une réflexion de cet ordre là bravo merci Merci. Moi, juste rapidement pour donner à mon avis sur deux questions. Premièrement, la question que tu as posé tout à l'heure.

Évidemment que c'est le risque, c'est-à-dire que il y a eu une mobilisation puissante au moment des dernières élections législatives après la dissolution de l'Assemblée nationale. Et évidemment, Macron ne respectant pas le résultat. Il y a des gens qui peuvent se dire "Bon bah à quoi bon voter puisque à la fin le résultat n'est pas respecté." Bon, maintenant, je pense que notre travail à nous en tant que militante et militant euh c'est aussi d'expliquer pourquoi Macron a pu ne pas respecter le résultat des élections. et il a pu ne pas respecter le résultat des élections parce que c'est la 5e République et qu'il faut la changer et parce que quand même on a gagné mais on a vécu une majorité relative à l'Assemblée nationale parce que s'il y avait une majorité absolue à l'Assemblée nationale Macron il aurait pu faire ce qu'il voulait mais tout autre gouvernement que le nôtre qui l'aurait mis en place aurait été immédiatement censuré et forcément il aurait été contraint de mettre en place un gouvernement qui était le nôtre.

Donc moi souvent parce que ça m'arrive de tomber sur des gens qui me disent ça, je leur disent "Non, vous trompez si on a si Macron c'est pas parce que on est allé voter que ça sert à rien. C'est parce qu'on n pas suffisamment nombreux à être allé voter parce queon en avait été plus nombreux à être allé voter. Alors Macron, il aurait pas pu nous empêcher de gagner." Enfin, en tout cas, ce que je te propose comme argument à répondre à des personnes qui se seraient susceptibles de dire ça.

Et après, par rapport à la question que tu posais tout à l'heure sur euh en gros des catégories du bloc populaire, on va parler comme ça, qui pourrai se regarder en chiens de faillance ou avoir de la méfiance et cetera. Évidemment que notre sujet ça doit être de la dépasser. Maintenant, moi je dis attention sur ce point, la dépasser parce que ça c'est un débat qu'on a avec d'autres à gauche et il faut l'assumer.

La dépasser, ça peut pas vouloir dire invisibiliser les questions qui peuvent être des questions qui produisent de la division. pour le dire franchement ceux qui considèrent parce qu'ils ont une vision parfois un peu nostalgique de la classe ouvrière française des années 60 70 qui à mon avis par ailleurs est une vision mieux pique aussi parce que je pense que la classe ouvrière des années 70 elle était pas celle que eux-mêmes imaginent qu'elle était mais en gros ceux qui pensent que toutes les autres questions que la question du rapport au travail sont des questions accessoires et que les les traiter ou les prendre en charge politiquement ça produit de la division en fait eux produisent de la division parce que c'est facile quand vous êtes pas concerné par une autre oppression, par une oppression sexiste, par une oppression raciste. C'est facile de considérer que cette question là est une question annexe et accessoire et qu'il faut pas la traiter.

Mais quand la personne, elle est directement concernée par cette oppression là, si vous la traitez pas, elle ne vous rejoint pas dans votre bloc populaire. Donc j'ai une vision autocentrée d'une partie du bloc populaire qui considère queen fait l'unité du bloc populaire, elle devrait se faire uniquement autour de ses propres revendications ou de ses propres aspirations. Donc oui, éviter que on se regarde en chien de faillance mais on le fera pas en invisibilisant les questions qui peuvent diviser.

On le fera en les combattant et en les déconstruisant. en déconstruisant la question du racisme qui peutrainer une partie du bloc populaire en déconstruisant la question du sexisme en déconstruisant ce que je disais tout à l'heure l'opposition entre sociale et écologique et ça c'est le travail des militantes et des militants de le faire. Donc ceux qui disent non, faut pas parler de ce sujet, vous voyez de qui je veux parler, c'est pas pour faire un procès, c'est pas c'est pas ça, c'est pour faire avancer la réflexion entre nous sur ce sujet.

Je dis juste c'est une mauvaise stratégie de considérer ça. Ça a été décrit je pense tout à l'heure. Donc oui, il faut dépasser ça.

Mais attention à la manière avec laquelle on le fait de mon point de vue. Voilà, 1h31, ça va, on a à peu près tenu les délais. Ma merci à tout le monde en tout cas.

Merci beaucoup.