Marine Le Pen est innocente ! - Jean-Philippe Tanguy (BFMTV)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:00ComplaisanteRéponse directe
Bonsoir Jean-Philippe Tanguy. Merci d'être avec nous ce soir.
- 0:03OuverteRéponse partielle
On va parler des réquisitions du parquet contre Marine Le Pen et des conséquences politiques.
- 0:22FerméeRéponse partielle
Le Premier ministre Michel Barnier pourrait utiliser le 49-3 pour le budget. Si c'est le cas, les oppositions pourront déposer des motions de censure. Allez-vous censurer le gouvernement ?
- 1:51FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous déposerez une motion de censure si les arbitrages sur les retraites sont confirmés ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Parlons des réquisitions lourdes du parquet dans l'affaire des assistants parlementaires du RN.
- 5:36RelanceRéponse partielle
Vous dénoncez des réquisitions quasi fanatiques. Pourtant, vous avez souvent critiqué la justice pour son laxisme.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:11Invité politiqueFait
« Michel Barnier est sur la voie, sur le chemin, a choisi le chemin de la censure du Rassemblement National parce qu'il a trahi les promesses qu'il avait faites aux Français. »
- 1:30Invité politiqueChiffre
« On a un déficit qui va être à 5,3 du PIB, qui est considérable. »
- 4:00PrésentateurChiffre
« Pour Marine Le Pen, les réquisitions montent à 5 ans de prison, dont 2 ans de prison ferme aménageable, 300 000 euros d'amende, 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Elles sont injustes, c'est une justice injuste. »
- 4:47Invité politiqueFait
« Marine Le Pen et les autres prévenus vont pouvoir se défendre, leur prédoirie, donc nous ne confondons pas les réquisitions avec le délibéré et les condamnations, évidemment. »
- 6:53Invité politiqueFait
« La capacité de M. Léger à faire le métier qu'il faisait en tant qu'assistant parlementaire n'a pas été contestée. »
- 8:50Invité politiqueFait
« Cette autorité qui l'a contrainte, c'est celle qui était à la fois plaignante et enquêteur. C'est contraire à la Convention européenne des droits de l'homme. »
- 10:21Invité politiqueFait
« Tous les cas que vous citez là, c'est des cas d'enrichissement personnel et ou d'emploi fictif. »
- 10:40Invité politiqueFait
« Détournement de fonds publics. »
- 10:52Invité politiqueFait
« Et je ne suis pas sûr que nos compatriotes considèrent que c'est un crime épouvantable qui mérite 5 ans de prison. »
- 14:21Invité politiqueFait
« Mais il n'y a pas de détournement de fonds publics. »
- 17:19Invité politiqueFait
« Là, on ne parle pas du tout de l'affaire avec M. Copé, les affaires du RPR, les affaires du Parti Socialiste qui étaient du détournement de fonds caractérisé. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy57 %
- Présentateur33 %
- ?9 %
- Locuteur non identifié2 %
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Bonsoir Jean-Philippe Tanguy. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir. On va bien évidemment parler dans un instant de la question de ces réquisitions du parquet, des réquisitions extrêmement lourdes, des conséquences politiques qu'elles sont susceptibles d'avoir puisque Marine Le Pen risque une peine d'inéligibilité qui pourrait d'ailleurs être immédiate avant même que la Cour d'appel puisse est statuée. Mais juste avant, je voudrais vous interroger Jean-Philippe Tanguy sur ce qu'a dit le Premier ministre dans les colonnes de Ouest France, Michel Barnier qui dit qu'il utilisera probablement le 49-3 pour l'adoption du budget.
Pas
beaucoup de surprises, il n'a pas de majorité à l'Assemblée Nationale. Il n'empêche, la question est simple. Si 49-3 il y a, ça veut donc dire que les oppositions peuvent déposer et voter des motions de censure. Est-ce que vous allez censurer le gouvernement Barnier si donc
il
décide de faire voter ce budget par 49-3
? Ça
dépendra du texte qui arrive devant les députés. Le Sénat va reprendre le texte, on va voir qu'est-ce qu'ils font. Est-ce qu'ils suppriment la taxe de 6 milliards sur l'électricité ? Est-ce qu'ils suppriment le malus automobile ? Est-ce qu'ils suppriment la taxe sur les billets d'avion ? Effectivement, il y a beaucoup de sujets qui ne sont pas encore clairs aujourd'hui. Ce qui est sûr, et ce qu'on a dit à plusieurs reprises, c'est que Michel Barnier est sur la voie, sur le chemin, a choisi le chemin de la censure du Rassemblement National parce qu'il a trahi les promesses qu'il avait faites aux Français.
Il avait promis la justice fiscale, l'essentiel des mesures fiscales qui touchent les classes populaires et moyennes. Il avait promis la réduction des déficits. On a un déficit qui va être à 5,3 du PIB, qui est considérable. Il n
'y a
pas de rétablissement des comptes publics. Et, si j'ai envie de dire le pire, là-dedans, il n'a rien négocié. Il n'a rien négocié avec le Rassemblement National, il n'a rien voulu négocier avec la gauche. Bref, il a fait un budget minoritaire, volontairement, et il a laissé ses troupes saccagées
et ridiculiser le Parlement. Vous dites
qu'il est sur le chemin de la censure. Les arbitrages, à quelques exceptions près, on les connaît. Laurent Wauquiez, encore il y a quelques jours, est allé au 20h de TF1 pour annoncer la disposition qui avait été décidée sur les retraites, avec
une
façon de préserver les petits retraités et une décision qui serait, pour le coup, moins positive pour ceux qui perçoivent une pension de plus de 2 500 euros. Une facture de 3 milliards. Oui, effectivement, 3 milliards d'euros d'économie qui sont faits sur les retraités. On connaît ces arbitrages. Est-ce que,
si
ceux-là sont confirmés et vous sont soumis, est-ce que vous déposerez, est-ce que vous voterez une motion de censure ? Ce sera décité par le groupe, mais vous voulez absolument... Oui, mais vous avez bien un avis, Jean-Philippe ?
Moi, mon avis, je l'ai donné au Parlement à de nombreuses reprises. Ce budget est inacceptable pour les deux raisons que je vous ai dit. C'est de l'injustice fiscale et c'est un budget de faillite. Ce sera le 51e budget de déficit
de faillite de la
Ve République. Donc,
si c'est un budget de faillite,
vous le censurerez. Mais on nous prendra une décision en groupe. Mais ce qui est sûr, c'est que M. Barnier n'a absolument pas rempli ses promesses, y compris celles qu'il avait faites dans des journaux télévisés à grande écoute, où il avait dit « Mais non, je suis défierant, je ne serai pas Mme Borne, je vais négocier avec les oppositions, tatati, tatata. » Il n
'a
rien négocié, il a complètement disparu. Et ses députés n'ont jamais été présents. D'ailleurs, vous parlez de M. Wauquiez au passage, on l'a plus vu au 20h de TF1 qu'occuper son siège pour lequel il est payé 7000 euros à l'Assemblée nationale, où il n
'a
rien fait, rien dit. Il a été présent 6% du temps. Alors, lui qui passe son temps à parler de
l
'assistanat et à dénoncer des gens qui ne travaillent pas assez, je propose qu
'il
soit payé 6% de son salaire. Ça nous fera quelques économies.
Donc, chemin de la censure pour Michel Barnier. Mais vous verrez, au fond, vous vous attendez de savoir ce que Marine Le Pen va décider.
Bien sûr, c'est la présidente de notre groupe et la chef de notre famille politique, vous le savez très bien. Ne jouez pas à votre tour l'étonné.
Je ne
joue
pas l'étonné, mais je constate que vous avez peut-être un avis que d'ailleurs on pressent dans ce que vous dites, mais que vous préférez attendre de savoir ce que vont dire les chefs sur cette question de la censure ou pas.
Ce mandat
impératif décidé par Marine Le Pen.
Je
n
'ai
aucune difficulté à obéir à Marine Le Pen. Jean-Philippe Tanguy, parlons donc de ces réquisitions lourdes du parquet dans le cadre du procès des assistants parlementaires du RN. Peine d'inéligibilité pour tous les prévenus. Pour Marine Le Pen, les réquisitions montent à 5 ans de prison, dont 2 ans de prison ferme aménageable, 300 000 euros d'amende, 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, c'est-à-dire qui ne seraient pas suspendus par un éventuel appel. Vous avez dénoncé ce matin, je vous ai écouté attentivement, des réquisitions, je cite, quasi fanatiques.
Je
croyais, Jean-Philippe Tanguy, que la justice était trop laxiste, que les peines n'étaient pas assez lourdes. En fait, ça dépend de ce dont on parle, c
'est
ça
?
Elles sont injustes, c'est une justice injuste. Enfin là, il faut être honnête, M. Duhamel, on ne
parle
pas d'une justice, là on parle du procureur.
Oui, des réquisitions du procureur. On parle des réquisitions
du parquet, ce n'est pas la décision finale. C
'est le ministère
public. Absolument. Marine Le Pen et les autres prévenus vont pouvoir se défendre, leur prédoirie, donc nous ne confondons pas les réquisitions avec le délibéré et les condamnations, évidemment. D'autant plus que, comme nous savons que Marine Le Pen est parfaitement innocente de ce qu'on lui reproche, nous avons toutes les raisons de croire qu'elle peut convaincre les trois juges de dédire les réquisitions. Comme d'ailleurs c'était le cas dans l'affaire de M. Béroud et du Modem, les réquisitions étaient beaucoup plus dures que la sentence finale. Et M. Béroud n'a pas écopé de peine d'inimigibilité ou de peine de prison ferme. Donc j'espère qu'on suivra cette voie-là.
J
'ai parlé de réquisitions quasi fanatiques, car on est dans une outrance totale où les procureurs ont choisi la démesure, ont choisi l'extrémisme pour cacher un dossier totalement vide. Entendez M. Duhamel quand même hier, d'ailleurs devant vos confrères journalistes, que la procureure à un moment, devant un prévenu RN qu'elle savait innocent et dont elle n'avait rien à reprocher, dire « Vous ne pouvez pas demander la relaxe, c'est-à-dire le rendre innocent, l'innocenté, parce que ça me ferait trop mal.
» Jean-Philippe Tanguy,
pour
être très précis, ça c'était dans le cas d'espèce de Jean-François Jal, qui avait effectivement cette phrase qui a été prononcée. Ça donne une ambiance quand même. Oui, mais simplement, ça m'interpète Jean-Philippe Tanguy. Et on reviendra dans un instant sur la question du discours consistant à dire systématiquement que la justice est trop laxiste. Mais par contre, quand ça vous concerne, là, elle est au contraire trop sévère. Vous dites un dossier totalement vide. Mais je sais que vous étiez hier
dans
le tribunal pour soutenir Marine Le Pen. Mais tous ceux, notamment ici à BFM TV, qui ont chroniqué, suivi l'audience pendant ces longs jours où, effectivement, un certain nombre de prévenus étaient auditionnés, ont vu des choses dans le dossier. Je vais vous citer un exemple. Par exemple, votre collègue Julien Audou, le député, qui, quatre mois après avoir été embauché au Parlement européen, avait demandé à Marine Le Pen à faire connaissance avec la députée européenne à laquelle il était rattaché. Ça, c'est pas du vide.
Vous pouvez, effectivement, Jean-Philippe Tanguy, contester l'interprétation qui est faite par le Parlement européen à ce que vous reproche la justice, mais ça, c'est pas du vide. Non,
mais c'est-à-dire qu'il y aurait une procédure depuis dix ans qui implique des moyens considérables de mettre en cause le principal parti d'opposition parce que Julien Audou l'a envoyé un
SMS. C'est pas le seul, Jean-Philippe Tanguy. Mais si, c'est parce que le seul, on
tourne en rond sur les mêmes exemples.
Vous
savez, moi, ça fait dix ans aussi, je fais de la politique, un peu plus. On tourne en tout sens
sur les mêmes exemples. Garde du corps, garde du corps de Jean-Marie Le Pen, de Marine Le Pen, payé par le Parlement européen. Non,
mais ça n'a pas été contesté. La capacité de M. Léger à faire le métier qu'il faisait en tant qu'assistant parlementaire n'a pas été contestée.
D
'ailleurs,
moi,
j'ai entendu hier, on a tourné dix
heures. Mais il n'était pas assistant parlementaire, il était garde du
corps.
Dix heures sur ce sujet-là, et j'ai réentendu tout le dossier. Je ne sais toujours pas ce qu'on reproche aux prévenus. Donc, on tourne en rond, ils tournent en rond sur du vide. Et d'où les outrances, parce que le dossier est tellement pipeau et bidon qu'ils sont obligés de couvrir cela par le bruit et la fureur et l'excès. Et au final, personne ne comprend rien à ce dossier. De toute façon, d'ailleurs, les Français,
on
le voit bien. On le voit bien dans votre couverture, on le voit bien dans les retours terrain qu'on a. Les Français n'ont jamais adhéré au fond de ce dossier. Ils ne considèrent pas du tout qu'il y
a
un problème. Et donc,
le seul moment où on parle de ce procès, c
'est des réquisitions complètement
dingues. La justice n'est pas trop
laxiste.
La
justice est complètement inadaptée à la situation.
C
'est-à
-dire
que face à des violeurs, face à des gens dangereux, on a des réquisitions très faibles qui ne correspondent absolument pas à l'attente des Français. Il faut-il rappeler que la justice est rendue au nom du peuple français et pas au nom de la caste judiciaire. Et quand il s'agit de certaines forces politiques, c'est toujours à charge, jamais à décharge. Donnez un exemple, excusez-moi, ça n
'a
pas fait beaucoup de cas.
En
tout cas, hier, selon les procureurs, ça n'avait aucun intérêt. Il a été démontré pendant la procédure que le Parlement européen avait produit des faux.
Ça
a fait l'objet d'un article du Monde qui, à mon avis, aurait dû être quand même plus relayé. Eh bien, résultat quoi ? Rien. Donc, le fait que le Parlement européen, qui jugeait parti dans cette affaire, puisque les Français ne se rendent pas compte de ça, puisqu'ils ne
sont
pas au courant, on
ne
les met pas au courant, le Parlement européen, dans l'affaire qui vise Marine Le Pen, comme celle qui a visé M. Bérou, est à la fois le plaignant,
l
'enquêteur et le juge.
–
Alors là, pour que je sache, le parquet, les juges qui vont décider de la culpabilité ou non des prévenus, n'appartiennent pas au Parlement européen ?
–
Mais il s
'est
passé quelque chose avant, vous savez que Marine Le Pen a été contrainte de rembourser des sommes avant que la justice française…
– Mais là, dans le
cas d
'espèce,
la justice française
n'est pas
liée d
'une façon d
'une autre. – Pourquoi elle a remboursé
ses sommes, M. Duhamel ? C'est bien parce qu'une autorité l'a contrainte. Cette autorité qui l'a contrainte, c'est celle qui était à la fois plaignante et enquêteur. C'est contraire à la Convention européenne des droits de l'homme, mais c'est contraire à tous les principes de la justice européenne, évidemment.
– Et dans le cas d'espèce, il y
a toutes les voies de recours possibles pour contester, et on imagine que Marine Le Pen le fera. Votre collègue, c
'est
le député Sébastien Chenu, a parlé d'un parquet au service d'une mission politique. Le mot « mission politique », l'expression est importante. Une mission politique au service de qui
?
Est-ce que c'est le gouvernement ? Est-ce que ce sont les opposants de Marine Le Pen ? C'est quoi, il
y a
une sorte de complot ourdi contre le Rassemblement national pour faire chuter Marine Le Pen et les autres prévenus ?
–
Mais
c
'est un système.
– C'est qui le système ? – Qui agite ce système ? – Ah, mais vous savez,
moi je suis très à
l
'aise, parce que j'ai toujours donné une définition assez claire de ce que nous appelons le système, qui correspond exactement à la situation actuelle. C'est quand les institutions de la République ne sont pas utilisées pour le service des Françaises et des Français, mais pour le service des gens qui occupent ces postes et pour la préservation d
'un
certain nombre d'intérêts. –
Mais
quels intérêts, Jean-Philippe Tanguy ? – Mais vous l'avez dit vous-même, nous considérons que la justice ne fonctionne pas bien
en France. – Mais attendez, Jean-Philippe Tanguy, l'arrivée au pouvoir, l'arrivée au pouvoir, je vais vous faire une petite idée. – Non, non, non, pas du tout, mais c'est parce que j'ai du mal à comprendre ce qu'est ce système.
François Fillon, de droite, Nicolas Sarkozy, de droite, Patrick Balkany, Jean-Noël Guérini, de gauche, Jean-Christophe Cambadélis, de gauche, Alain Griset, ancien ministre macroniste, des responsables du Modem. Le système s'en prendrait de façon indéterminée à des gens de droite, de gauche, du centre. Il n
'y a
pas de mission politique,
là,
si toutes ces personnes-là sont condamnées
à de l
'inéligibilité ou de l'inéligibilité avec sursis. – Vous avez l'air très content
de votre coup, mais
la fin n'a rien à voir. – Je ne suis pas content du coup, c'est une miste factuelle.
– Vous parlez de gens qui ont eu de l'enrichissement personnel. – Tous les cas que vous citez là, c'est des cas d'enrichissement personnel et ou d'emploi fictif. Les procureurs eux-mêmes reconnaissent qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel, qu'il n'y a pas d'emploi fictif, et c'est un désaccord sur l'utilisation
du règlement intérieur. – Mais qu'il y a, c'est ce que dit le parquet,
détournement de fonds publics. – Non, ils n'ont pas réussi à caractériser ça pour le moment. Ça, c'est la justice qui le dira. Ce qu
'ils
disent, eux, c
'est que des assistants parlementaires
européens ont été utilisés d'une manière différente qu'on l'en ferait avec des assistants parlementaires français. Et je ne suis pas sûr que nos compatriotes considèrent que c'est un
crime
épouvantable qui mérite
5 ans de prison, 5 ans de
prison, dont 2 ans ferme,
comme
si Marine Le Pen avait
tué des gens.
– Il y a un principe assez simple. Marine Le Pen et les prévenus sont présumés innocents puisqu'il ne s'agit simplement que
des réquisitions du procureur.
Et on l'a dit dès hier soir sur ce plateau, et il faudra de toute façon attendre. Il y aura ensuite un éventuel appel et une éventuelle cassation. Mais vous voyez bien, les responsables politiques-là qui sont condamnés, ils ne sont pas du Rassemblement national de droite de gauche. Donc pourquoi expliquer que la justice a une mission politique ? Puisque de fait, elle condamne
des
gens de tout le spectre politique.
– Mais parce que là, elle cherche à condamner une personne innocente et des personnes innocentes, évidemment. Là, on va parler de gens dont les faits ont été avérés, le détournement, mais le détournement,
le réquisement personnel
de M. Fillon, parce qu'il a employé sa femme, il est caractérisé. Le fait qu'il ait reçu des costumes, il est caractérisé. Le fait que l'affaire Big Malion avec M. Sarkozy, il y ait eu un détournement d'argent, il est caractérisé. Ça n
'a
rien à voir avec l'affaire de Mme Le Pen ou du Rassemblement national aujourd'hui. Absolument rien à voir. Donc, vous me donnez des exemples
qui ne sont pas du tout comparables. – Et dans le cadre du Modem ? – Et dans le cadre du Modem, il est condamné sur l'inéligibilité ? – Mais
M. Bérou, il n'a pas été…
–
Pas de François Bérou, mais d'autres prévenus, eux, ont été condamnés pour certains des peines d'inéligibilité. – Vous ne croyez pas
si bien dire ? –
C
'était exactement le même sujet, avec des sommes qui étaient dix fois
inférieures. –
Vous
avez parfaitement raison, M. Duhamel, et j'ai à plusieurs reprises depuis six mois dénoncé le fait que le Parlement européen… –
Et donc, c'était le
système qui
s'en
prenait aux
membres du Modem ?
– Parce que le Modem est un parti anti-système.
–
Ah ?
–
Oui,
M.
Bérou,
qui gouverne
depuis sept ans.
–
M.
Bérou a toujours dénoncé un certain nombre d'abus des oligarques du régime. Il a dénoncé la privatisation des autoroutes, il a dénoncé un certain nombre de comportements de grands médias à
l
'époque, c'était TF1, sous l
'ère… – Donc François Bérou est
anti-système ?
–
Oui,
absolument,
il a
toujours
été du côté de la représentation de la démocratie, il a régulièrement aidé les opposants politiques à avoir leur parrainage aux présidentielles quand on voulait nous couper le sifflet, il a régulièrement été un des seuls à défendre avec nous la proportionnelle. François Bérou, pendant longtemps, a toujours été une force anti-système, y compris en tant que fédéraliste européen, un opposant à la corruption qui gangrène le Parlement européen. Or, c'est bien ça, le Parlement européen a désigné comme adversaire dans cette affaire, les Insoumis de M. Mélenchon, M.
Bérou, Modem, et le Rassemblement national, car ce sont trois forces politiques qui, au-delà de toutes leurs différences sur le fond, sur la forme, ont lutté contre la corruption du Parlement européen, contre la corruption de la Commission de Bruxelles, et contre le détournement de l'idéal européen. Donc oui, on est exactement dans l'anti-système et la lutte des gens courageux contre des oligarques qui ne visent qu'à préserver leurs intérêts, et
une caste
qui ne veut pas de
l
'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, car oui, l
'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, ce sera la justice exercée au nom du peuple français. Jean-Philippe
Tanguy, continuons à rester sur les faits, puisque vous dénoncez une caste judiciaire, une oligarchie qui déciderait et qui voudrait mettre Marine Le Pen à l'index du débat démocratique. Si on prend très précisément la question de l'inéligibilité, depuis la loi Sapin 2, toute personne condamnée pour détournement de fonds publics est automatiquement déclarée inéligible, sauf s'il y a motivation spécifique de la part des juges. Là encore, cette loi,
vous
avez pu la combattre, vous n'étiez pas parlementaire à l'époque,
c
'était en 2016, elle a été votée par le Parlement, au nom du peuple français. Là encore, ce n'est pas un je-ne-sais-quel complot, c'est le droit.
S
'il y a condamnation pour détournement de fonds publics, il y a inéligibilité.
Mais il n'y a pas de détournement de fonds publics.
Je
vous renvoie à une tribune que j'ai eu l'occasion de lire juste avant de rentrer sur votre plateau, de M. Schuttel. Mais si
la justice le décide... Est-ce que je peux finir le raisonnement,
M. Biamel ? Il n
'y a
pas de détournement de fonds publics. Donc vous m'interrogez sur une loi qui est interprétée par la justice française, non pas selon la loi décidée par les parlementaires français, mais selon une jurisprudence. C'est ce qu'explique très bien ce soir dans le Figaro, l'ancien secrétaire du Conseil constitutionnel, excusez-moi, c'est quand même pas rien, qui explique que l'interprétation du détournement de fonds pour les assistants parlementaires n'est absolument pas liée, même dans les affaires que vous avez citées précédemment avec M. Fillon, qui est très différente de celle de Marine Le Pen en gravité et sur le fond, est une interprétation jurisprudentielle.
Ce n'est pas la loi telle que l'autosité les parlementaires. Vous retrouverez ces informations dans la tribune qu'il publie dans le Figaro. C
'est l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel qui le dit. Il peut y avoir des avis
de Jean-Éric Schuttel ou autres. Il y a ce qui a été du moins montré à l'audience, c'est-à-dire... Oui, il n'y était pas non plus, il n'exagirait pas. Non, mais ça a été raconté notamment par notre reporter Sophie Dupont,
du service Poétique, Vincent Vantiguem. Je suis très attentif à leur reportage. A toutes les journées, Vincent Vantiguem
du service Poétique et de la
justice.
Donc sur les récits d'audience,
ce
qui a été démontré, c'est une sorte de système qui permettait aux partis d'être financés grâce à de l'argent qui venait du Parlement européen. Donc vous pouvez considérer que ce n
'est
pas des détournements de fonds publics. Et encore une fois, la justice se prononcera ?
Absolument. Donc ce n
'est
pas démontré si la justice va encore se prononcer
? On
verra.
D'accord. La décision de justice aura été rendue. Par ailleurs, oui, d'accord.
On
verra. Donc il faut mettre au conditionnel, pas au présent de
l
'indicatif.
Je vais raconter ce qui avait été, comment dire, expliqué à l'audience par effectivement ces divers témoignages. Je voudrais qu'on avance. Non,
mais
juste,
je peux répondre sur le fait que ce soit un système. Il y a 13 assistants parlementaires de mémoire mis en cause sous les 20 ans qui sont enquêtés dans cette affaire. Il y
en a
eu plus de 200. Donc si vous voulez, un système qui concerne... Et
les montants, c'est
combien ? Non, mais d'accord, mais un système, c'est systématique. Donc si le systématisme
concerne même
pas 5% des effectifs, on est loin d'un système.
Et plus
de 4 millions d'euros en
jeu. Ça, c'est pas
démontré. Vous me dites,
il
y a eu un système. Donc un système, c'est systématique. Il y a une dizaine d'assistants parlementaires dans un système qui donc exclut 95% d'assistants parlementaires. On est très
loin
du système.
Je voudrais vous montrer une archive. Nous sommes le 9 février 2004. Et écoutez, femme que vous connaissez bien, une certaine Marine Le Pen.
Tout
le monde a piqué de l'argent dans la caisse sauf le Front National. Et on trouve ça normal ? Oh mais non, c'est pas très grave. À la limite, les Français en ont marre. Mais les Français n'ont pas marre d'entendre parler des affaires. Ils en ont marre qu'il y ait des affaires. Ils en ont marre de voir des élus. Je suis navré de vous le dire qu'ils détournent de l'argent. C'est scandaleux. Parce que je vais vous dire, avec tout cet argent,
ce
qu'on aurait fait, en termes de restos du cœur, en termes d'opérations piège jaune, c'est combien d'opérations piège jaune tout l'argent qui a été détourné par les élus ?
Si les prévenus sont condamnés, cet argument ne sera plus valable ? Bien sûr que si,
il
sera toujours valable.
Ah
bon ? Oui, parce
que ça ne parle pas du tout
mais ce n
'est
pas du tout la même chose. Là,
on
parle de sommes qui étaient destinées aux personnels engagés par des députés à son rang national. Là, on ne parle pas du tout de l'affaire avec M. Copé, les affaires du RPR, les affaires du Parti Socialiste qui étaient du détournement de fonds caractérisé qui était l'utilisation, qui était de la corruption, qui
était des valises de billets. S'il y a condamnation, le détournement de fonds sera caractérisé.
Mais non, vous n'avez pas écouté ce que je vous ai dit sur les informations, ce n
'est
pas l'interprétation que donne M. Schottel, c'est factuel. M.
Schottel n'est
pas juge.
On parle,
il était secrétaire général des juges des juges, de ce que vous-même vous appelez régulièrement les sages, parce que d'ailleurs je ne le reconnais pas, mais vous ne pouvez pas d'un côté dire qu'ils sont sages quand ça vous arrange et qu
'ils
ne sont pas sages quand ça ne vous arrange pas. Ce que je veux dire par là, c'est que ce n
'est
pas du tout la même affaire. Ce n'est pas parce que cette vidéo tourne sur les réseaux sociaux depuis deux jours par la gauche
que je me laissais impressionner que je me laissais impressionner mais je serais encore sévère. Mais nous avons les mains propres,
tête haute
sur le fait que vous étiez le seul
parti à faire propre de probité
si vous êtes condamné avec
ce qui a été effectivement exprimé à l'audience. Ce sera plus difficile de continuer à tenir cet argumentaire. Mais
nous avons les mains propres et nous avons la tête haute. Nous allons gagner ce procès et nous gagnerons si malheureusement les juges ne suivent pas la vérité en appel et en cassation. Nous avons toujours les mains propres, nous aurons toujours la tête haute et moi je vois l'énergie, la force de Marine Le Pen en 2004 est strictement la même qu'en 2024. Il y a encore beaucoup de travail pour vaincre la vraie corruption, pour vaincre des gens qui détournent les institutions à leur seul profit. Comptez sur nous. En tout cas nous, c'est sûr qu'on n'aura jamais la tête basse parce que nous n'aurons jamais les mains sales.
Jean-Philippe Tanguy, sur les conséquences politiques d'une éventuelle condamnation donc à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire, ce sont les réquisitions du parquet, ça voudrait dire que Marine Le Pen ne pourrait pas être candidate en 2027. Dans ce cas-là, Jordan Bardella est le candidat de remplacement pour votre famille politique ?
Il
n'y a pas de candidat de remplacement à Marine Le Pen puisque
Marine Le Pen ne sera pas condamnée puisqu'elle est innocente. Même s'ils arrivent à se débarrasser de Marine Le Pen, ils n'arriveront pas à se débarrasser de Jordan et je m'en réjouis. Oui. Qui a dit ça ? Marine Le Pen, mardi soir j'étais là. Donc si elle dit ça, ça veut dire qu'elle envisage bien la possibilité d'être empêchée auquel cas Jordan Bardella serait le candidat à Edouane. Mais
Marine
Le Pen a toujours
anticipé
le fait qu'un parti politique devait exister en dehors de son leader.
C
'est de sa grande force, peut-être d'ailleurs parce que c'est une femme et pas un homme et qu'elle arrive à envisager le pouvoir en dehors de sa personne ce qui fait d'ailleurs une force considérable pour être légitime à gouverner notre pays. Mais nous ne mettons pas dans la perspective de donner raison à ceux qui nous accusent
de choses que nous avons fait. Mais Jordan
Bardella est évidemment un bon candidat puisqu'il devait être Premier ministre dans un binôme avec
Marine Le Pen. Donc il ferait un bon candidat
à
l
'élection présidentielle ?
Écoutez,
c
'est évident que les qualités de Jordan Bardella ont fait qu'il est président du Rassemblement National. Mais vous voulez absolument nous mettre dans un piège qui est d'ailleurs le piège de ses réquisitions. Le piège de ses réquisitions par leur outrance, une fois plus par leur quasi-fanatisme, c'est aussi de fragiliser la force de Marine Le Pen dans l'électorat en faisant croire qu'elle serait affaiblie et que donc peut-être il faudrait la remplacer. Donc permettez-moi M.
Duhamel de ne pas me mettre dans ses perspectives et de considérer que Marine Le Pen n'est ni affaiblie ni fragilisée, qu'elle est d'autant plus forte et une fois plus, c'est la candidate naturelle de notre force politique n'en déplaise à ceux qui voudraient ne plus la voir aussi
combattir. Mais vous dites que Jordan Bardella serait un bon candidat. Un tout dernier mot sur la façon dont des images ont pu apparaître au même moment, au moment où les réquisitions du parc étaient tombées. Jordan Bardella était en train de signer son livre « Ce que je cherche » à Bruxelles. C'est... Comment dire ? Ça tombe mal
? Mais
pas du tout. Tout cela était prévu. Nous savions très bien que les réquisitions étaient ce jour-là. Nous savions très bien que Jordan Bardella lançait son livre. « Nous n'allons pas suspendre notre activité politique. Nous n'allons pas suspendre notre combat politique parce que nos opposants politiques ont décidé de faire une petite cabale pour nous décrédibiliser. »
Donc,
nous continuons.
Nous sommes auprès
des Français. Nous serons dans les usines. Nous serons dans les chiens auprès des agriculteurs contre
la crise
sociale pour dénoncer ce mauvais budget. Nous serons toujours là pour les Français et Marine Le Pen en première ligne.
Merci
Jean-Philippe Tanguy d'avoir été l'invité.
Tout le monde nous a pas. Merci
Jean
-Philippe Tanguy.
Jean-Philippe Tanguy