Lien Canada/UE: «Une réponse aux nouveaux impérialismes russe, chinois et américain» pour Sandro Gozi
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Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
Est-ce que vous saluez cette initiative ? Est-ce que c'est la bonne réponse face à la montée des menaces russes ?
- 2:31OuverteRéponse directe
On reste un instant sur le Canada, qui pourrait donc être associé à ce Conseil de sécurité européen. À quoi cette invitation correspond-elle ?
- 4:22OuverteRéponse directe
Jusqu'où, Sandro Gozzi, peut-on aller dans la créativité ?
- 5:13RelanceRéponse directe
En supprimant certains droits de veto, notamment.
- 5:41OuverteRéponse directe
Je reste sur ce discours sur l'état de l'Union. Comment combattons-nous la montée de l'extrême droite en Europe ?
- 6:39RelanceRéponse directe
Sur quel thème ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:02Invité politiqueFait
« Sandro Gozzi. »
- 0:11Invité politiqueFait
« Ursula von der Leyen a donc proposé ce matin la création d'un conseil de sécurité européen assorti, un protocole de sécurité d'urgence. »
- 0:32PrésentateurFait
« c'est une très bonne réponse et cette initiative qui avait une proposition qui avait déjà faite le président de la République française, Emmanuel Macron, et que justement Ursula von der Leyen a repris. »
- 1:11Invité politiqueFait
« toujours selon les voeux d'Ursula von der Leyen, ce Conseil européen de sécurité devrait associer le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni. »
- 3:47PrésentateurPromesse
« Par exemple, les premiers ministres canadiens pourraient être invités permanents des sommets européens, des conseils européens. »
- 4:57PrésentateurFait
« elle n'a jamais parlé de véritablement réformer l'Union européenne. Elle a parlé d'ouvrir un nouveau débat. »
- 5:15PrésentateurPromesse
« Il faut éliminer les veto, il faut élargir la majorité. »
- 5:21PrésentateurPromesse
« Il faut aussi, là où c'est nécessaire, réformer les traités. »
- 5:51Invité politiqueFait
« Ursula von der Leyen a également mis en garde contre un autre danger, la menace des ultra-nationalistes, des anti-européens. Les marionnettes des régimes autoritaires a-t-elle fustigé ? »
- 5:57Invité politiqueFait
« On a vu la victoire la semaine passée de l'AFD en Allemagne. »
- 6:49PrésentateurChiffre
« On a mis en œuvre seulement les 15% des propositions de Mario Draghi. »
- 7:22Invité politiqueFait
« Et il en va de même pour la montée du Rassemblement national en France. C'est un véritable danger pour l'Europe. »
Temps de parole
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- ?3 %
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Bonjour
Sandro Gozzi.
Bonjour.
Merci de nous rejoindre sur RFI à l'heure où la Russie multiplie les provocations, les attaques hybrides contre l'Europe en raison de son soutien à l'Ukraine. On vient de l'entendre, la patronne de l'Europe, Ursula von der Leyen, a donc proposé ce matin la création d'un conseil de sécurité européen assorti, un protocole de sécurité d'urgence. Est-ce que vous saluez Sandro Gozzi cette initiative ? Est-ce que c'est la bonne réponse face à la montée des menaces russes
? Moi
je crois que c'est une très bonne réponse et cette initiative qui avait une proposition qui avait déjà faite le président de la République française, Emmanuel Macron, et que justement Ursula von der Leyen a repris. Et dès ce point de vue, nous devons sans doute accélérer la mise en place des instruments nécessaires pour nous défendre, parce que nous sommes menacés. Peut-être que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie, mais sans doute nous ne sommes plus en paix avec la Russie, et il
y
a des menaces contre lesquelles nous devons nous organiser. Donc dès ce point de vue, c'est sans doute une initiative importante qu'a reprise ce matin la présidente de la Commission européenne.
Et
toujours selon les voeux d'Ursula von der Leyen, ce Conseil européen de sécurité devrait associer le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni. Ça rejoint là encore l'esprit de la coalition des volontaires mis sur pied par la France et le Royaume-Uni. C'est une ouverture stratégique bienvenue, nécessaire aujourd'hui.
Moi
je pense qu'il faut, il est bienvenue, il faut poser les jalons aussi d'une nouvelle architecture de sécurité,
de
coopération en Europe dans l'avenir, donc il faut répondre d'un immédiat aux nouvelles menaces, mais il faut penser aussi à comment réorganiser la stabilité et la sécurité en Europe, et ceci doit se faire aussi avec des acteurs clés qui ne sont pas membres de l'Union européenne, mais peuvent jouer un rôle important, notamment le Canada, le Royaume-Uni et la Norvège. Pour le Canada, ce matin, le Premier ministre canadien a été présent et a écouté la présidente de la Commission européenne, il s'exprimera devant nous demain, et je crois que l'association spéciale que ce matin a été proposée entre l'Union européenne et le
Canada
va aussi dans la bonne direction, et j'ajoute que s'il y a des gouvernements qui ne partagent pas cet objectif en Europe, on doit aller de l'avant avec les volontaires, avec les pays membres de l'Union européenne qui veulent bâtir cette nouvelle sécurité, et avec les partenaires clés non européens comme le Canada.
Et
on reste un instant sur le Canada, qui pourrait donc être associé à ce Conseil de sécurité européen. Le Premier ministre, vous l'indiquiez, canadien Mark Carney, était ce matin au premier rang dans l'hémicycle de Strasbourg, invité par Ursula von der Leyen, qui lui a également proposé qu'Ottawa devienne le premier membre associé de l'Union européenne. C'est un statut qui reste encore à définir. À quoi cette invitation correspond-elle ? C'est une réponse face à la menace russe également
?
C'est une réponse face à la nécessité d'organiser une nouvelle alliance entre démocrates au niveau global. C'est une réponse à la nécessité de sauver le multilatéralisme, et c'est une réponse aussi au nouvel impérialisme, soit-il russe avec l'agression de la guerre en Ukraine, soit-il chinois de plus en plus agressif du point de vue géoéconomique et géopolitique, mais soit-il aussi l'impérialisme de Trump et les menaces qui nous arrivent malheureusement à part des États-Unis. Après, ce statut d'association, il faut le construire. C'est bien d'associer le Canada avec un traité formel. Je crois que nous devrions aussi, du point de vue politique, être très créatifs.
Par exemple, les premiers ministres canadiens pourraient être invités permanents des sommets européens, des conseils européens. Nous devons aussi rapprocher le plus possible les marchés canadiens et les marchés européens, comme on a fait par exemple avec la Norvège ou le Royaume-Uni. Et nous devons, ce qu'on disait avant, impliquer pleinement et construire ensemble avec le Canada un nouveau concept de sécurité et
de
stabilité en Europe et au niveau global. Donc, nous avons les instruments pour les faire. Il faut une volonté politique et, je répète, un peu d'esprit créatif pour véritablement inventer un nouveau type d'association entre le Canada
et l'Union européenne.
Jusqu'où, Sandro Gozzi, peut-on aller dans la créativité ? On sait que la France se réjouit de cette initiative, de cette association du Canada. On parle même d'aller plus loin en permettant aux Canadiens de vivre ou de travailler sans visa dans l'Union européenne. Vous le souhaitez
?
Ceci est tout à fait souhaitable et tout à fait possible. Après, il y a,
par
rapport aux réformes, quelque chose qui a manqué, hélas, dans les discours de la présidente de la Commission européenne. Et qui concerne aussi, pas seulement les Canadiens, qui concerne nous les Européens, elle n'a jamais parlé de véritablement réformer l'Union européenne. Elle a parlé d'ouvrir un nouveau débat. Alors, on a passé des années à avoir un débat avec la conférence sur
l
'avenir de l'Europe. Aujourd'hui, il est temps de réformer l'Union européenne. C
'est ce que vous demandez depuis
longtemps, oui.
Absolument. En supprimant certains droits de
veto, notamment.
Il faut éliminer les
veto, il faut élargir la majorité. Il faut aussi, là où c'est nécessaire, réformer les traités. Donc, si on veut fêter les 70 ans du traité des Roms l'année prochaine, il ne faut pas convoquer un congrès des penseurs et des experts, comme von der Leyen a proposé ce matin. Il faut convoquer une convention pour réformer l'Union européenne et réformer, là où c'est nécessaire, aussi les traités.
Et ça, c'est pour votre demande. Demande de longue date, toujours au chapitre de la sécurité.
Je
reste sur ce discours sur l'état de l'Union. Ursula von der Leyen a également mis en garde contre un autre danger, la menace des ultra-nationalistes, des anti-européens. Les marionnettes des régimes autoritaires a-t-elle fustigé ? Cette montée de l'extrême droite en Europe. On a vu la victoire la semaine passée de l'AFD en Allemagne. Comment la combattons, Sandro Ghodzi
?
Tout d'abord,
il
y
a
eu des bonnes nouvelles, par contre,
de
la Suède. Donc, on
n'est
pas destiné à tomber sur le coup de la montée des majorités d'extrême droite. Mais je crois que la meilleure réponse au nationalisme, c'est justement de construire, de renforcer, d'accélérer la construction d'une Europe plus efficace, plus puissante, et qui puisse être plus rapide à obtenir des résultats concrets. Je crois que, du point de vue de la mise en œuvre, il faut faire
beaucoup
mieux. Pour
le travail, pour la sécurité,
sur quel thème ? Pour la
compétitivité, pour la croissance, pour la création d'emplois. On a parlé pour des années de l'agenda de Mario Draghi qui devrait pousser, booster la croissance et la création d'emplois. On a mis en œuvre seulement les 15% des propositions de Mario Draghi. C'est là-dessus qu'il faut accélérer. C'est avec les réponses concrètes. Moi, je ne crois pas que les citoyens ne croient plus à l'Europe. Je crois que les citoyens ont des doutes sur la capacité de cette Europe à obtenir les résultats et à tenir ses promesses. Et c'est là-dessus qu'il faut travailler.
Il
faut être radicalement alternatif au nationalisme. Et c'est pour cela qu'il faut aussi être très courageux dans la réforme de l'Union européenne parce qu'il est clair que cette Union européenne-là ne peut pas obtenir tous les résultats que les citoyens s'attendent.
Et il en va de même pour la montée du Rassemblement national en France. C'est un véritable danger pour l'Europe en quelques
mots.
Je crois que ce serait la paralysie totale dans les meilleurs des cas. Sinon, une crise profonde politique institutionnelle. Et s'il y avait des nationalistes en Italie, en France, etc., l'Europe serait totalement bloquée parce que les nationalistes n'ont aucune capacité de
s
'entendre.
Merci Sandro Ghodji. Merci d'avoir été avec nous sur RFI. Bonne journée.
Au
revoir. Retrouvez l'intégralité des podcasts RFI sur l'application RFI Pure Radio.
Sandro Gozi