đŽ EN DIRECT - ClĂ©mentine Autain invitĂ©e de RMC
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Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
Bonjour Clémentine Autain.
- 0:05OuverteRéponse directe
Vous ĂȘtes dĂ©putĂ©e de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis.
- 0:08OuverteRéponse directe
C'est le jour J des retraites. On va en parler évidemment, la position de la France Insoumise.
- 0:13ComplaisanteĂludĂ©e
Je voudrais d'abord vous faire écouter ce témoignage.
- 1:05FerméeRéponse directe
Noël Legrette, peut-il rester ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Mais évidemment, je voudrais qu'on parle des retraites, parce que c'est aujourd'hui le jour J.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10Invité politiqueFait
« à l'évidence, non. C'est un président qui, voilà , on le voit là avec ce témoignage, a commis des violences sexistes et sexuelles. »
- 3:14Invité politiqueChiffre
« encore une enquĂȘte d'opinion hier montrait que 85% des Français sont opposĂ©s Ă tout report de l'Ăąge de dĂ©part Ă la retraite. »
- 3:51Invité politiqueChiffre
« Quatre critÚres de pénibilité sur dix qui ont été abandonnés. »
- 4:26Invité politiqueFait
« Et j'insiste sur le mot contre-réforme, parce que le mot réforme, voyez-vous, c'est améliorer les conditions d'existence. »
- 4:47Invité politiqueFait
« Le gouvernement s'entĂȘte parce qu'il veut atteindre les 3%, cette espĂšce d'objectif totalement comptable, technocratique, inventĂ© sur un compte nable Ă Bruxelles, d'ici Ă 2027. »
- 5:12Invité politiqueFait
« comme il a donné un pognon de dingue aux grands groupes économiques, aux hyper-riches, toute la précédente législature »
- 7:11Invité politiqueChiffre
« 68% des Français sont favorables à la retraite à 60 ans. »
- 9:51PrésentateurChiffre
« Mais ils estiment que d'ici deux ans, il y aura un déficit de 12 milliards de dollars. »
- 9:57Invité politiqueChiffre
« Alors 12 milliards, c'est quoi 12 milliards sur 340 milliards de prestations retraites données chaque année ? C'est rien. »
- 10:01Invité politiqueChiffre
« C'est quoi 12 milliards comparé aux 80 milliards ? Un record de ce qui a été reversé aux entreprises du CAC 40. »
- 10:22Invité politiqueFait
« Le gouvernement, lui, a décidé de donner des milliards et des milliards par le biais autrefois du CICE, par le biais d'exonérations de cotisations, d'exonérations diverses et variées d'ailleurs, ou de soutien sans contrepartie, aux grands groupes économiques et aux hyper-riches. »
- 10:38Invité politiqueChiffre
« On se souvient de la suppression de l'ISF, c'était pourtant plus de 3 milliards. »
- 10:41Invité politiqueChiffre
« Avec la CVAE, la contribution sur la valeur ajoutée, que le gouvernement a décidé d'enlever ces 8 milliards. »
- 16:53Invité politiqueChiffre
« il disait que le systÚme courra à sa perte, il y aura 22 milliards de déficit. »
- 17:03Invité politiqueChiffre
« On a eu 3 milliards d'excédents. »
Temps de parole
- Clémentine Autain74 %
- Présentateur21 %
- Invité2 %
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Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour ClĂ©mentine Autain. Bonjour. Vous ĂȘtes dĂ©putĂ©e de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. C'est le jour J des retraites. On va en parler Ă©videmment, la position de la France Insoumise. Mais je voudrais d'abord vous faire Ă©couter ce tĂ©moignage. NoĂ«l Legrette, on le sait, doit aujourd'hui se soumettre Ă des auditions sur la gestion de la FĂ©dĂ©ration française de football. Et Sonia SouĂŻd, qui est agente de joueurs, a tĂ©moignĂ© sur BFM TV et RMC au micro de Sonia Carnirot. VoilĂ ce qu'elle raconte.
Lors de son rendez-vous, il me dit assez clairement que si nous Ă©tions plus proches, mes idĂ©es se concrĂ©tiseraient. En tout cas, il serait beaucoup plus motivĂ© pour m'aider dans ce sens. Excusez-moi d'ĂȘtre vulgaire, mais mon prĂ©sident me voit comme deux seins et un cul en fait. J'ai Ă©tĂ© déçue par mon prĂ©sident. Pour moi, mon prĂ©sident, il doit ĂȘtre, excusez-moi, mais exemplaire. Mais il ne l'a pas Ă©tĂ©. Ăa fait toujours trĂšs mal. Ăa m'a vraiment blessĂ©e au plus profond de mon ĂȘtre.
Ce témoignage, il a été entendu aussi par la ministre des Sports, qui dit « Nous serons à la hauteur ». Noël Legrette, peut-il rester ?
à l'évidence, non. à l'évidence, non. C'est un président qui, voilà , on le voit là avec ce témoignage, a commis des violences sexistes et sexuelles. C'est un président qui, par ailleurs, a posé un certain nombre de problÚmes en termes de management, puisqu'on sait qu'il y a eu des charrettes qui ont été faites à la FFF qui sont trÚs discutables. Et puis, on a vu ses propos sur Sidane. Donc, je pense qu'en raison de son comportement et puis aussi sans doute d'un homme qui a fait son temps, il faut que cela cesse. Voilà . C'est la fin d'un monde ? Sans doute. Sans doute que c'est la fin d'un monde.
Mais enfin, il tarde Ă mourir, si je puis me permettre, parce que c'est vrai dans le sport, mais c'est vrai parfois aussi ailleurs. Donc, il faut en effet donner l'exemple et taper du poing sur la table. Vous savez, la France, l'Ătat français, a les moyens aussi d'intervenir, parce qu'Ă la fois ce n'est pas le gouvernement qui dĂ©cide du prĂ©sident, mais avec le nombre de contrats qui existent et qui lient l'Ătat français Ă la FFF, en rĂ©alitĂ©, il y a des moyens de pression. Et je pense que c'est le rĂŽle, en effet, du gouvernement que de mettre la pression, parce que c'est un sport trĂšs populaire, trĂšs important sur le plan Ă©conomique.
Et donc, on ne peut pas se permettre d'avoir de tels symboles qui sont assez délétÚres pour les valeurs de la France et pour un certain nombre de principes auxquels je tiens.
On reviendra sur ces questions plus largement en politique, mais évidemment, je voudrais qu'on parle des retraites, parce que c'est aujourd'hui le jour J. Elisabeth Borne qui dévoilera tout à l'heure à 17h30 officiellement les contours de cette réforme. Enfin, on en a déjà l'essentiel, 64 ans, 43 années d'annuité pour vous, c'est non ?
Ah, c'est non. Mais vraiment non. Et je constate que le gouvernement s'est enfermĂ© dans un monologue social, c'est-Ă -dire qu'il n'a absolument Ă©coutĂ© personne, et qu'il est prĂȘt Ă avancer fortement en piĂ©tinant le point de vue de la majoritĂ© des Français, puisque encore une enquĂȘte d'opinion hier montrait que 85% des Français sont opposĂ©s Ă tout report de l'Ăąge de dĂ©part Ă la retraite. Et on les comprend parce que c'est insupportable de travailler plus longtemps. Pauline de Malherme, c'est vrai que quand vous avez un mĂ©tier qui est peu usant, notamment physiquement, on peut durer un peu plus longtemps.
Mais quand vous faites des métiers pénibles, et les métiers pénibles, ce n'est pas simplement ceux qui sont répertoriés comme métiers pénibles, étant entendu que par ailleurs, la Macronie a diminué le champ de la pénibilité reconnue. Ce n'est pas seulement la Macronie, c'était sous François Hollande en réalité. Quatre critÚres de pénibilité sur dix qui ont été abandonnés. Je vais vous dire, sur les retraites, il n'y a pas que la Macronie. On sait que les réformes depuis les années 90 qui se sont succédées n'ont fait qu'aggraver notre régime et notre systÚme.
Donc là , on a un gouvernement qui veut passer en force, qui n'a pas de majorité dans le pays, qui n'a pas réussi le dialogue avec les partenaires. Il n'a pas de majorité, bon. Non ?
Non, mais Ă chaque fois, vous dites ça, ce n'est pas complĂštement vrai, ce n'est pas 100% faux, mais ils n'ont pas la majoritĂ© absolue, mais c'est quand mĂȘme le groupe majoritaire dans l'AssemblĂ©e.
Il n'a pas de majoritĂ©, et d'ailleurs, c'est grĂące Ă LR qu'il pourrait faire passer sa contre-rĂ©forme. Et j'insiste sur le mot contre-rĂ©forme, parce que le mot rĂ©forme, voyez-vous, c'est amĂ©liorer les conditions d'existence. C'est changer quelque chose d'un point de vue positif. Vous n'acceptez pas que ça s'appelle rĂ©forme en l'occurrence ? C'est une rĂ©gression. C'est simple, c'est une grande rĂ©gression. Et elle a un objectif. Parce que pourquoi le gouvernement s'entĂȘte ? Le gouvernement s'entĂȘte parce qu'il veut atteindre les 3%, cette espĂšce d'objectif totalement comptable, technocratique, inventĂ© sur un compte nable Ă Bruxelles, d'ici Ă 2027. Il est complĂštement dĂ©passĂ©, ce 3%.
Oui, mais sauf qu'il l'a en tĂȘte, aujourd'hui, le gouvernement. Et il veut l'atteindre d'ici Ă 2027, pour ĂȘtre le bon Ă©lĂšve de l'Union europĂ©enne, et par rapport Ă ses propres objectifs. Et comme il a donnĂ© un pognon de dingue aux grands groupes Ă©conomiques, aux hyper-riches, toute la prĂ©cĂ©dente lĂ©gislature, eh bien maintenant, il faut faire payer les premiers de corvĂ©e. C'est ça qui se passe. C'est-Ă -dire que nous allons payer, et en particulier les plus modestes, et en particulier les ouvriers, les plus pauvres, les employĂ©s qui ont des mĂ©tiers pĂ©nibles. Ce sont eux qui vont payer, ce sont ceux qui ont commencĂ© le plus tĂŽt Ă travailler, qui vont payer l'addition.
Vous insistez beaucoup sur le fait qu'il y en a pour qui ça va ĂȘtre particuliĂšrement douloureux, mais vous avez quand mĂȘme laissĂ© entendre, vous avez dit, bon, quand on a un travail pas trop pĂ©nible, on peut travailler plus longtemps. Est-ce que vous auriez pu envisager de distinguer davantage entre des professions, je dirais, col blanc, col bleu, pour reprendre des appellations sociologues anciennes, et dire, voilĂ , ceux qui sont cadres, qui gagnent bien leur vie, qui ont des travaux moins pĂ©nibles, eux, on pourrait mĂȘme les faire travailler plus longtemps, pour eux ?
Non, je ne suis pas du tout d'accord avec ça, parce qu'on peut choisir de travailler plus longtemps. On n'empĂȘche pas, voilĂ , on a possibilitĂ© quand mĂȘme de tirer dans ce pays. Aujourd'hui, l'Ăąge lĂ©gal est de 62 ans. D'abord, la rĂ©alitĂ© n'est pas 62 ans, parce que le problĂšme, c'est aussi celui des trimestres. Et j'appelle tout le monde Ă faire trĂšs attention aux annonces ce soir sur cet enjeu des trimestres. Parce que le gouvernement, avec son accord avec LR, avec Ăric Ciotti, peut proposer 64 ans et non pas 65 ans. Et donner l'impression aux Français que, ah, ce n'est pas si pire, d'une certaine maniĂšre.
Sauf qu'il peut tout Ă fait faire 64 ans en accĂ©lĂ©rant ce qu'on appelle la loi Touraine, et c'est-Ă -dire, au final, en faisant peser sur les retraitĂ©s la mĂȘme somme, c'est-Ă -dire les 20 milliards qu'ils cherchent Ă trouver pour 2027.
Ce que vous voulez dire là , c'est qu'il pourrait allonger le nombre de trimestres à devoir cotiser. Exactement. La PremiÚre ministre a promis qu'il n'y aurait pas plus de 43 années de cotisation.
Oui. Alors nous, on se bat pour 40 annuitĂ©s. DĂ©jĂ , il faut ĂȘtre trĂšs clair. Et pas 43. Avec les 60 ans, quand je dis nous, lĂ , pour le coup, c'est la France insomite...
Votre réforme à vous, alors j'allais dire contre réforme, mais enfin, j'ai bien compris que... Le mot de vous ne conviendrait pas, mais enfin, votre réforme à vous, ce serait 60 ans, 40 annuités maximum.
Et vous savez que 60 ans... Et pour tout le monde... LĂ encore, une enquĂȘte d'opinion vient de le montrer, c'Ă©tait la une du journal Politis. 68% des Français sont favorables Ă la retraite Ă 60 ans. Vous voyez ? Donc on est en phase avec une majoritĂ© des Français.
Mais ça, ClĂ©mentine Odin, en mĂȘme temps, on a quand mĂȘme envie de dire que, Ă©videmment, si vous posez la question aux gens de travailler moins longtemps, tout le monde est pour. Ensuite, il y a la question aussi d'ĂȘtre Ă©lu. C'est-Ă -dire que l'argument politique d'Emmanuel Macron, c'est de dire « je ne prends pas les gens Ă revers, j'avais dit que j'allais rĂ©former les retraites, que j'allais les rĂ©former mĂȘme Ă 65 ans ». VoilĂ ce qu'il avait dit dans les semaines de campagne, et qu'il a Ă©tĂ© Ă©lu.
C'est faux. Il a Ă©tĂ© Ă©lu. Oui, il a Ă©tĂ© Ă©lu, mais tout le monde le sait, dans un second tour, oĂč ce qui a Ă©tĂ© le moteur le plus important, c'est de battre Marine Le Pen. C'est d'empĂȘcher l'extrĂȘme droite d'arriver au pouvoir. Et d'ailleurs, lui-mĂȘme l'avait dit le soir de sa victoire. Il avait pris la parole et avait dit « j'ai conscience que je n'ai pas Ă©tĂ© Ă©lue 100% sur mon projet, j'ai d'abord Ă©tĂ© Ă©lue pour Ă©viter une menace de l'extrĂȘme droite en France ».
Mais je suis quand mĂȘme toujours surprise, ClĂ©mentine Odin, que vous remettiez en cause la lĂ©gitimitĂ© du prĂ©sident de la RĂ©publique. C'est une Ă©lection dĂ©mocratique. Vous pouvez dire que ce n'est pas les bons arguments, que ce n'est pas pour les bonnes raisons. Enfin, il a Ă©tĂ© Ă©lu quand mĂȘme.
Oui, il est Ă©lu, il est prĂ©sident de la RĂ©publique, mais il doit composer avec la rĂ©alitĂ© du peuple français. Il est Ă©lu, mais c'est ça que vous dites. Bien sĂ»r, bien sĂ»r. Il est Ă©lu, il doit composer avec la rĂ©alitĂ© des Français. Et j'estime que quand on fait une rĂ©forme avec plus de deux Français sur trois, qui est opposĂ©e Ă cette rĂ©forme, ça pose un problĂšme dĂ©mocratique. Vous ĂȘtes d'accord avec moi que ça pose un problĂšme dĂ©mocratique ? Non, la question dĂ©mocratique, c'est quand mĂȘme qu'Ă un moment,
vous Ă©tiez vous-mĂȘme dans la bataille des prĂ©sidentielles, enfin, je veux dire Jean-Luc MĂ©lenchon, en l'occurrence pour votre camp, et qu'il n'a pas Ă©tĂ© Ă©lu. On peut refaire l'Ă©lection tout le temps, on peut refaire les matchs, on peut dire « c'est dĂ©gueulasse parce qu'il y a eu corner ou il n'y a pas eu pĂ©naud ».
Mais enfin, Ă un moment, il faut accepter le score. Non, Ă un moment donnĂ©, il faut gouverner en essayant d'ĂȘtre accord avec ce que pensent les Français. Ăa, pour moi, c'est la rĂšgle de base de la dĂ©mocratie.
Mais la démocratie, à un moment, vous ne pouvez pas la rejouer tous les jours ?
Non, bien sûr que non. La démocratie, ce n'est pas le temps d'une élection et puis aprÚs, c'est terminé. La démocratie, elle doit vivre entre deux élections. Et le président de la République doit aussi estimer ce que le peuple est capable d'acquiescer, de vouloir ou de ne pas vouloir. Et surtout, les arguments, je vais vous dire, me mettent trÚs en colÚre. Parce que ce qu'on entend, c'est le systÚme courait à sa perte. C'est faux. Faux et refaux. Non seulement le corps, qui est un institut, qui n'est pas une officine gauchiste, a expliqué en long, en large et en travers que le systÚme n'était pas en péril.
Il n'est pas en pĂ©ril et il n'est pas aujourd'hui en dĂ©ficit. Au contraire, mĂȘme, il est bĂ©nĂ©ficiaire. Mais ils estiment que d'ici deux ans, il y aura un dĂ©ficit de 12 milliards de dollars.
Alors 12 milliards, c'est quoi 12 milliards sur 340 milliards de prestations retraites données chaque année ? C'est rien. C'est quoi 12 milliards comparé aux 80 milliards ? Un record de ce qui a été reversé aux entreprises du CAC 40. Je parle là de dividendes ou de rachats d'actions. 80 milliards. Vous prenez tout simplement 12% de ces 80 milliards et vous avez réglé le problÚme des retraites. Vous voulez également d'autres solutions ? Moi, je vous donne un autre rapport parce qu'il faut se rendre compte des choses.
Le gouvernement, lui, a décidé de donner des milliards et des milliards par le biais autrefois du CICE, par le biais d'exonérations de cotisations, d'exonérations diverses et variées d'ailleurs, ou de soutien sans contrepartie, aux grands groupes économiques et aux hyper-riches. On se souvient de la suppression de l'ISF, c'était pourtant plus de 3 milliards. On sait aussi qu'avec la CVAE, la contribution sur la valeur ajoutée, que le gouvernement a décidé d'enlever ces 8 milliards. C'est une question de savoir qui paye, qui ont fait payer les choix économiques du gouvernement.
Est-ce qu'on continue de laisser fructifier les profits et de faire en sorte que la valeur ajoutée n'aille pas au travail, mais qu'elle aille au capital ? Ou est-ce qu'on décide enfin qu'on a de la justice fiscale et qu'avec cette justice fiscale, on est capable de faire tenir sans aucune difficulté notre régime de retraite ?
On parle aussi de la mobilisation et de la maniÚre dont vous allez combattre cette réforme. Vous allez la combattre dans l'hémicycle. Vous avez déjà annoncé qu'il y aurait des motions de censure. Vous avez votre propre contre-projet sur les réformes de retraite.
Est-ce que vous irez dans la rue Ă©galement ? Ăvidemment qu'on ira dans la rue. Et j'attends avec impatience, je dois le dire, tout en me fĂ©licitant de cette unitĂ© syndicale qui est trĂšs trĂšs prĂ©cieuse, la date qui sera posĂ©e probablement demain par les syndicats. Peut-ĂȘtre dĂšs ce soir, ils Ă©voquent la date du 19, du 24. Vous-mĂȘme de votre cĂŽtĂ©, vous aviez... Leur date sera la nĂŽtre. Leur date sera la nĂŽtre. Cette unitĂ© syndicale est trĂšs prĂ©cieuse. Et j'appelle celles et ceux qui nous Ă©coutent Ă ... Je sais que ce n'est pas toujours facile de poser une date de grĂšve, de faire la grĂšve, de perdre un jour de salaire.
Mais je suis convaincue que l'enjeu en vaut la chandelle et que si nous sommes suffisamment nombreux dans la rue, alors nous pouvons faire en sorte que le gouvernement recule. Ăa a dĂ©jĂ Ă©tĂ© le cas dans l'histoire. C'est le moyen, le nombre que nous reprĂ©senterons dans la mobilisation, dans les manifestations. C'est ça la clĂ© pour faire reculer le gouvernement.
Donc leur date sera la vÎtre. Je précise que plusieurs dates sont évoquées à ce stade, mais ça sera décidé ce soir, par les organisations syndicales qui pourraient, dÚs le 19, appeler à une mobilisation. Ou alors le 24. Entre-temps, du cÎté de la France insoumise, vous aviez évoqué le 21. Oui, il y a aussi une mobilisation le 21. Donc vous allez multiplier les dates ou est-ce que vous allez abandonner les autres dates pour vous concentrer exclusivement et pleinement sur les dates choisies par les organisations syndicales ?
Le plus important sera la date... Pour ne pas se disperser. Le plus important, le moment qui peut fĂ©dĂ©rer le plus dans le pays, ce sera la date proposĂ©e par les organisations syndicales. Les mouvements de jeunesse, avec notamment la France insoumise, ont dĂ©cidĂ© de manifester un dimanche le 21. VoilĂ , il faut que tout ça indique une montĂ©e en puissance. Par ailleurs, il faut l'unitĂ© politique Ă gauche. Et je me fĂ©licite que la NUPES parte en ordre vraiment rassemblĂ©e. Il y a ce soir un premier meeting, vous le savez peut-ĂȘtre, Ă Paris. Vous allez tenir un certain nombre de rĂ©unions publiques, avec Ă la fois des membres de la France insoumise, du Parti socialiste, du Parti communiste.
Et partout en France, nous allons faire des meetings. Et aussi, il y a tout un travail des consciences Ă faire. C'est quoi un travail des consciences ? Vous entendez, le gouvernement qui rabĂąche sans arrĂȘt, soit des choses complĂštement dingues, comme « parce qu'on vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps », alors ça ressemble Ă une lapadissade. Vous voyez, on se dit tous « ah bah oui, c'est Ă©vident ». Mais non, ce n'est pas Ă©vident. Ăa, ce n'est pas le sens du progrĂšs humain. Si on raisonne en se disant qu'on veut que nos enfants vivent mieux que nous...
Comme vous perdez nos voisins, par exemple les Italiens,
qui travaillent aujourd'hui jusqu'à 67 ans, demain jusqu'à 69. Alors ça aussi, ça fait partie des arguments qui sont beaucoup donnés. D'abord, si les gouvernements voisins ont décidé d'avoir un systÚme de protection qui n'est pas favorable, contrairement aux nÎtres, historiquement, je ne vois pas pourquoi on les copierait. On n'est pas obligé de copier nos voisins. Et puis, il faut les regarder dans le détail, ces autres systÚmes. Parce que le systÚme de retraite, ce n'est pas simplement un ùge de départ légal. C'est aussi le nombre d'années de cotisation, les conditions dans lesquelles on part, etc.
Donc, quand vous prenez l'ensemble de l'épure, vous dites qu'il y a un travail de conscience. Vous dites qu'on n'est pas tout à fait d'accord sur les arguments.
Je serais que vous écoutiez les arguments hier soir de la premiÚre dame, Brigitte Macron, qui était l'invité de TF1, et qui dit que tout simplement, elle est là aussi pour... Enfin, elle est là . Que son mari est là pour sauver les retraites.
Ăcoutez. Ce que me disent les plus jeunes, simplement un point de rĂ©flexion, c'est qu'elles me disent, nous, de toute façon, on n'aura pas de retraite. Donc, moi, ce que j'ai envie de dire aux jeunes, tout est fait pour que vous ayez une retraite. C'est tout ce que je peux dire.
Oui, c'est tout... D'abord, pardonnez-moi une remarque, mais que fait la premiÚre dame de France, comme on l'appelle, à la télévision ? En l'occurrence, elle était là pour présenter l'opération PiÚces jaunes, puisqu'elle est présidente de la Fondation des Opinions. J'entends bien, mais je le trouve trÚs curieux. Elle ressemble à une vice-présidente. Non, je pense que ce n'est pas son rÎle. Elle n'a pas été élue démocratiquement. Et on voit bien qu'à la veille d'un grand rendez-vous, qui est l'annonce terrible de cette réforme par le gouvernement, elle vient, en gros, sympathiquement, faire passer un message en profitant de sa notoriété et de sa place.
Vous laissez entendre que lĂ oĂč elle va, en tout cas officiellement, pour demander de l'aide pour les hĂŽpitaux,
pour vous, c'est un peu un prĂ©texte ? D'abord, demander de l'aide pour les hĂŽpitaux, Ă©coutez qu'elle en parle Ă son mari, c'est quand mĂȘme lui qui est prĂ©sident de la RĂ©publique. L'Ătat de... Mais c'est catastrophique dans l'hĂŽpital. Vous voulez dire que ce n'est pas aux Français de donner des piĂšces jaunes ? Ce n'est pas les piĂšces jaunes. Ce n'est pas ça, je veux dire, ce n'est pas la charitĂ© qu'on demande. C'est la justice sociale. C'est la justice sociale. Vous voyez, ce n'est pas du tout la mĂȘme logique. Et quand je vous parlais des 80 milliards tout Ă l'heure, 80 milliards empochĂ©s par les entreprises du CAC 40, qui sont redistribuĂ©es en 10 millions...
Ăa fait auriez qu'elle aille voir les patrons du CAC 40 ?
Il faut trÚs peu. Vous voyez, vous parliez de 12 milliards pour les retraites, sur 80 milliards, mais ce n'est pas grand-chose. Donc c'est tout à fait possible de trouver ce qui manque, c'est-à -dire que c'est trÚs peu. Donc faire croire qu'on sauve le systÚme en nous faisant travailler plus longtemps est tout simplement un mensonge. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est un mensonge. Ils peuvent le répéter à nauseum, cela ne changera pas la réalité. C'est faux de dire que le systÚme court à sa perte. C'est trÚs facile de trouver ce qui manque à un moment donné. Et puis par ailleurs, il faut se méfier des prévisions. Le CAC... J'ai bien compris que vous n'étiez pas d'accord avec...
Non, ce n'est pas simplement ça. C'est quand on regarde ce que prévoyait le CAC en 2013 pour l'année 2022, il disait que le systÚme courra à sa perte, il y aura 22 milliards de déficit. 22 milliards de déficit. Et effectivement, depuis, ils disent qu'il y a eu le Covid. Non, ce n'est pas depuis, c'est la réalité. On a eu 3 milliards d'excédents. C'est la réalité, on a eu 3 milliards d'excédents. Donc, nous faire travailler plus longtemps avec des projections qui sont difficiles à anticiper, on n'anticipe pas, par exemple, un changement de politique économique.
Si vous changez de politique économique, si vous augmentez les salaires, le SMIC, si vous faites avancer l'égalité entre les hommes et les femmes,
c'est terminĂ©, il n'y a plus de sujet. En tout cas, l'urgence sur l'Ă©quilibre Ă©conomique n'est pas le bon. CrĂ©mentinotin, je voudrais qu'on dise un mot de l'Iran parce que vous vous ĂȘtes engagĂ©. Je voudrais que vous nous disiez, d'ailleurs, que vous nous parliez de cette personne qu'on va voir Ă l'antenne sur BFM TV. Pour ceux qui nous Ă©coutent, il s'agit d'un jeune homme iranien. Qui est-il ?
Ah, vous parlez de mon... De votre filleul. Tout à fait. C'est mon filleul et il a été pendu par le régime iranien samedi. Et j'étais en effet marraine de ce jeune homme qui fait partie... Marraine de maniÚre symbolique. Symbolique, tout à fait. Vous avez pris, en quelque sorte, ce rÎle. Exactement. J'ai pris ce rÎle. Et je suis, je dois le dire, assez bouleversée de ce qui s'est passé. Nous avons déjà eu quatre exécutions, en fait, de personnes qui se battent pour la liberté, qui se battent pour la démocratie, qui osent affronter un régime dictatorial qui est le régime iranien. Et ils le payent de leur vie. Il avait 22 ans. Il avait 22 ans. Tout à fait, il avait 22 ans.
Et malheureusement, il n'est pas le seul. Et d'autres sont menacés. Je veux envoyer un message d'espoir. C'est que d'autres de mes collÚgues députés en France ont parrainé ou marrainé d'autres jeunes qui, eux, ont réussi à obtenir un sursis. Et donc, la mobilisation internationale, ce soutien, d'abord, il est trÚs important pour ceux qui luttent sur place, parce que ça donne de l'espoir. Et on le sait. C'est toute l'histoire des relations internationales. Nous savons que quand il y a ce type de mobilisation, on a besoin d'entendre ces voix fortes qui nous donnent de l'énergie. Est-ce que la France en fait assez ? Et par ailleurs, ça a permis ce sursis. Non, la France n'en fait pas assez.
Et j'avais entendu le prĂ©sident de la RĂ©publique, Emmanuel Macron, nous dire qu'il allait falloir prendre des mesures diplomatiques fortes, des paroles fortes. Et puis quoi ? Je n'ai pas entendu le son de sa voix, alors que ces jeunes... L'ambassadeur iranien a Ă©tĂ©... Enfin, d'Iran en France a Ă©tĂ©... Excusez-moi, vous trouvez que c'est Ă la hauteur ? J'avais entendu parler de prises initiatives au sein de l'ONU et du Conseil de sĂ©curitĂ©. Je ne vois rien venir. Et je pense qu'en effet, le silence assourdissant cĂŽtĂ© du sommet de l'Ătat est un problĂšme.
Charlie Hebdo, qui publie des caricatures et qui a fait un concours de caricatures de l'Ayatollah Romény.
Est-ce que vous soutenez Charlie Hebdo ? Moi, je soutiens la liberté d'expression en rÚgle générale. Voilà , aprÚs, chacun jugera de l'opportunité. Est-ce que ça aide ou pas stratégiquement ? Vous avez un doute ? Vous ne dites pas « je soutiens Charlie Hebdo » ? Non, je dis que je soutiens la liberté de... Vous dites « on en fait pas assez quand il y en a qui faut » Non, je soutiens la liberté d'expression. Je soutiens, voilà , je soutiens la liberté d'expression. Vous ne diriez pas « je suis Charlie » ? Je l'ai dit, « je suis Charlie ». Non, mais l'expression... Non, mais l'expression... Non, non, non, non, à Pauline, j'ai le sentiment que vous avez un peu du mal à dire...
L'expression « je suis Charlie », elle dit quelque chose de fort. Elle dit, et je l'ai dit. Alors vraiment, sans embĂąche, j'ai manifestĂ©. Je veux dire que des journalistes, une rĂ©daction soit dĂ©cimĂ©e par des terroristes pour avoir publiĂ© des caricatures, enfin Ă©coutez, c'est insupportable, absolument insupportable. Donc je dĂ©fends ce droit, voilĂ , Ă caricaturer. Ăa engage Charlie Hebdo. Je n'ai pas participĂ© Ă la discussion qui a amenĂ© Ă ces une. VoilĂ , ça fait partie du paysage. Et la libertĂ© de la presse et le droit de caricaturer dans notre pays, et j'aimerais, Ă travers le monde, doit ĂȘtre en effet... ClĂ©mentine Autain. Ăa fait partie des libertĂ©s.
Clémentine Autain, députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Merci d'avoir répondu à mes questions.
Merci Ă vous. Merci Ă Pauline de Malherbe. Dans quelques instants, le tĂ©moignage d'une jeune femme qui accuse NoĂ«l Legrette de comportement sexiste. C'est une scĂšne qui s'est passĂ©e il y a quelques annĂ©es et qu'elle raconte au moment oĂč le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration Française de Football est poussĂ© Ă la dĂ©mission tout de suite.
Mais oĂč Jean Dujardin ? Tant mariant de regard de gueule.
Robot distributeur.
Est-ce que tu avais Dujardin lĂ , s'il te plaĂźt ? Par lĂ . Monsieur Dujardin ? Ăa arrive tout de suite. C'est sans frais Ă l'Ă©tranger et la carte, elle est gratuite.
Pas besoin de Jean Dujardin pour recommander notre carte bancaire ultime.
Clémentine Autain