Face à Face : Thierry Cotillard - 01/09
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:37FerméeRéponse directe
Rassurez-moi d'abord, vous n'êtes pas candidat ?
- 1:07OuverteRéponse directe
Est-ce que les magasins d'abord et la consommation ont tenu ?
- 2:02RelanceRéponse directe
Ça veut dire que la géographie a changé ?
- 2:38OuverteRéponse directe
Le prix de l'essence, j'y viens, mais il y a une inquiétude immédiate du côté des agriculteurs.
- 3:00ComplaisanteRéponse directe
C'est exactement ça, et je suis là pour passer ce message ce matin.
- 3:20FerméeRéponse directe
C'est-à-dire quoi ? Accepter de payer cher ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:29PrésentateurChiffre
« on a enregistré des progressions à 6% sur l'ensemble de nos intermarchés netto ce qui est beaucoup »
- 3:02PrésentateurChiffre
« on a des productions de tomates qui sont en réaction de 30% »
- 3:07PrésentateurChiffre
« il en manquait plein c'est-à-dire qu'on est en production avec 50% »
- 3:25PrésentateurPromesse
« nous on a décidé la huit mesures immédiates pour la rentrée »
- 4:32PrésentateurChiffre
« si on répercute ça va être 30 à 50 centimes plus cher »
- 4:45PrésentateurPromesse
« Là on le fait au moins un mois »
- 5:26PrésentateurFait
« Oui et puis là on a un sujet on parle de ce qui s'est passé dans les chambres mais dans les élevages il y a eu de la mortalité »
- 5:31PrésentateurChiffre
« il y a des vaches qui ont produit 30% de lait en moins à cause de la canicule »
- 5:40PrésentateurPromesse
« Probablement En tout cas on demandera »
- 5:52PrésentateurFait
« parce qu'il y a des clauses de revoyure »
- 6:21PrésentateurPromesse
« il n'y aura pas d'inflation jusque le mois de mars 2027 »
- 9:01PrésentateurChiffre
« on a passé quelques hausses de produits avant l'été c'était je pense au minéralier parce que le plastique avait pris 15% »
- 9:30PrésentateurChiffre
« c'est moins 3, moins 5% ça va jusqu'à moins 15% »
- 13:07PrésentateurFait
« ça fait 6 mois que j'ai la même réponse c'est volatile »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Invité politique37 %
≈ 6,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez
RMC
RMC jusqu'à 9h
Apolline Matin Face à race
Apolline de Malherbe
10h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Thierry Cotillard Merci de répondre à mes questions ce matin Vous êtes le patron du groupement Les Mousquetaires c'est les magasins Intermarché, Bricomarché Netto, il y a beaucoup de questions à vous poser sur les changements de consommation à la sortie de cet été de canicules de sécheresse, d'incendie la question évidemment du prix dans les rayons, du prix de l'agriculture mais rassurez-moi d'abord, vous n'êtes pas candidat Non, parce que je vous avoue que là, chaque jour la liste est longue et du côté des grands magasins on sent bien quand même que votre collègue Michel-Edouard Leclerc se tâte un peu J'ai l'impression qu'il a été clair bien soir Il a fini par a priori fermer le suspense Vous, vous n'y avez même pas songé ?
Non, je suis très occupé, puis c'est un autre métier
C'est un autre métier, mais cela dit, vous vous mêlez un peu de politique On va le voir, vous êtes inquiet aussi dans cette année qui s'ouvre Mais d'abord la question en voyant cette sortie évidemment d'un été marqué par les incendies la canicule et désormais la sécheresse Est-ce que les magasins d'abord et la consommation ont tenu ? Est-ce que les agriculteurs aujourd'hui vont s'en sortir ? Quelle est la consommation et les conséquences sur la consommation ?
Alors, si on parle de la saison on fait une bonne saison, puisqu'on a enregistré des progressions à 6% sur l'ensemble de nos intermarchés netto ce qui est beaucoup Oute a été un peu moins important en termes de progression et ce qu'il faut retenir c'est qu'évidemment, la canicule la chaleur a dicté la composition du panier c'est-à-dire qu'on a explosé les ventes d'eau de glace, de fruits et légumes également et fait notoire grosse différence régionale c'est-à-dire que ce qui s'est passé dans le sud-ouest a certainement poussé des gens à aller vers l'est, le nord, la Bretagne et on a des progressions qui sont différentes
Ça veut dire que la géographie a changé ? C'est intéressant ce que vous dites c'est-à-dire que vous avez observé dans le nord et dans l'est des comportements qui sont habituellement des comportements estivaux du sud
Des progressions plus importantes c'est-à-dire que j'ai un mois d'août où je vais être à 0% de progression dans le sud-ouest quand j'ai fait plus 7 en Bretagne ou plus 5 dans le nord
En fait, en suivant le chiffre d'affaires de vos magasins mois par mois on voit où sont les français On peut suivre les mouvements des français
Exactement et je pense qu'il y a eu aussi une conséquence on va en parler probablement du prix de l'essence où les français ont moins pris l'autoroute et surtout sont allés au plus près de chez eux et donc effectivement les régions du nord ont bénéficié de cette chaleur
Le prix de l'essence, j'y viens mais il y a une inquiétude immédiate du côté des agriculteurs sur d'abord la production qui sera réduite avec évidemment les conséquences de cette sécheresse et de ces canicules et donc forcément est-ce qu'on va avoir les prix qui montent c'est-à-dire moins de produits moins de salades moins d'œufs moins de fruits et légumes est-ce que ça veut dire qu'on va devoir les acheter plus cher ?
C'est exactement ça et je suis là pour passer ce message ce matin c'est-à-dire qu'on a des productions de tomates qui sont en réaction de 30% les salades dans mes supermarchés quand je fais le tour hier matin il en manquait plein c'est-à-dire qu'on est en production avec 50% on est en pénurie donc en fait on a décidé donc le message a passé ça a été évoqué tout à l'heure c'est soyez solidaires de l'agriculture française
C'est-à-dire quoi ? Accepter de payer cher ?
Alors deux choses en fait la première chose pour soutenir le monde agricole nous on a décidé la huit mesures immédiates pour la rentrée la première c'est d'écouler une production qui normalement ne serait pas mis en vente dans les supermarchés parce que le calibre est trop petit
C'est quoi ? C'est les fruits moches ?
C'est le retour des fruits et légumes moches donc on a appelé ça petit calibre gros soutien et en fait il faut absolument que les consommateurs aillent vers ces produits parce que la première source de revenus c'est de pouvoir évidemment écouler cette production
L'orclosier tout à l'heure sur BFM TV disait c'est très sympa tout ça mais en fait les français ne les achètent plus c'est vrai ça ?
Il y a une déconsommation mais là on est en train de faire des choix c'est-à-dire qu'on a vu les filières qui font la carotte, la tomate et on a décidé de privilégier elle sera un peu biscornue mais elle sera tout aussi bonne et ce qu'on a fait parce que c'est la question c'est qu'en fait pour compenser les volumes qui sont perdus nous avons décidé chez Intermarché mais je pense que les collègues vont faire pareil dans les autres enseignes d'acheter plus cher donc la solution pour que ça s'écoule c'est qu'on aura des marges qu'on va réduire dans les semaines qui viennent pour pouvoir vendre ces produits
Alors vous vous allez l'acheter plus cher la carotte de petit calibre la salade même s'il y en a moins mais le prix en rayon sera pas beaucoup plus cher ?
En fait si on répercute ça va être 30 à 50 centimes plus cher et on va éviter ça dans certains cas on va se dire au lieu nous d'avoir 15% de marge on va la mettre à 10% c'est-à-dire au prix coûtant de manière à pouvoir écouler le produit
Pendant combien de temps ?
Là on le fait au moins un mois
Vous anticipez quelle suite dans la production ?
Le problème c'est que les productions aujourd'hui tomates et salades affichables mais les productions à venir vont avoir le même problème je pense aux pommes aux pommes de terre là les concombres vont être en surproduction on a déjà eu la filière qui nous dit fin du mois il va falloir être à prix coûtant donc pendant 3 semaines donc le phénomène n'est pas
Alors il y a des surproduction il y a de la sous-production vous disiez surproduction
Surproduction
Pour le concombre
Pour le concombre et donc il va falloir l'écouler donc là il faut absolument s'adapter avoir le jeu de jambes et ce qu'on a vécu là la canicule sera derrière mais dans les semaines et les mois qui viennent il y aura une crise agricole et il faudra la gérer
La crise agricole à venir vous la voyez arriver ?
Ah oui clairement Plus forte encore
que les années précédentes ?
Oui et puis là on a un sujet on parle de ce qui s'est passé dans les chambres mais dans les élevages il y a eu de la mortalité il y a des vaches qui ont produit 30% de lait en moins à cause de la canicule donc oui il y aura un sujet et ce sera à l'ordre du jour bien sûr des prochaines négociations commerciales
Ça va dire que les prix du lait vont augmenter ?
Probablement En tout cas on demandera
pas dans les semaines qui viennent parce que pour l'instant c'est les prix qui ont été négociés ?
Exactement L'inquiétude qui était est-ce que à cause de tout ce qui est en train de se passer il y aura une nouvelle inflation en cours d'année la réponse c'est non parce qu'il y a des clauses de revoyure
Pardon mais Thierry Cotillère pour essayer de comprendre le prix auquel vous achetez le litre de lait à l'éleveur vous l'avez négocié il y a 6 mois On est d'accord c'est celui que vous avez décidé au 1er mars Sauf que ce malheureux éleveur s'il a des vaches qui ont succombé à la canicule s'il a des vaches qui produisent moins de lait parce qu'effectivement elles ont subi elles aussi la sécheresse ça veut dire qu'il va vous le vendre son litre de lait au même prix qu'il y a 6 mois mais sauf qu'il va vous en vendre 30% de moins Comment il fait pour tenir ?
On a l'exception il n'y aura pas d'inflation jusque le mois de mars 2027 et il y aura l'exception de quelques filières agricoles où il faudra revoir les acteurs pour pouvoir augmenter
Ça veut dire que concrètement sur le lait vous êtes prêt peut-être dans quelques jours quelques semaines à revoir les prix les tarifs que vous aviez vus et donc à payer mieux l'agriculteur et à vendre un peu plus cher le lait
Oui et je fais un appel aussi aux industriels c'est-à-dire que nous on a une laiterie on a des primes qu'on doit verser aux éleveurs en fonction des volumes si je regarde les volumes réalisés je ne verse pas les primes dans les 8 mesures une des mesures c'était de dire les primes seront versées quand bien même les volumes ne sont pas assurés donc je demande de faire la même chose à Lactalis et tous les industriels
Est-ce qu'on va manquer 2 ? On en manquait déjà parfois le marché était en tension est-ce que vous anticipez une baisse de la production 2 ?
Alors on espère on anticipe une reprise de la production par des autorisations d'ouvrir des élevages
Parce que là on est sur 2 soucis on a effectivement le problème dont on vient de parler qui est la question de la surmortalité notamment dans les élevages de volailles Exactement Donc forcément mécaniquement moins 2 mais on a un autre problème et qui l'a traîné depuis déjà des semaines c'est cette question notamment des normes et du droit de l'urbanisme quand un agriculteur veut rajouter un hangar pour faire plus 2 pour changer aussi pour avoir des normes différentes ça met un temps fou et il n'arrive absolument pas à suivre
Ça met un an ou deux ans donc la crise elle est structurelle c'est-à-dire que pendant 2-3 ans jusqu'à avoir les 150 fameux pouladiers qu'on attend qui couvriraient la consommation française on sera en pénurie Donc
Là pour le coup ça c'est une inquiétude politique de votre part c'est-à-dire que c'est un choix politique aussi d'avoir imposé un cahier des charges un peu contradictoire avec les demandes que l'on demande aux agriculteurs
Oui parce qu'en fait et nous aussi on a été responsables il faut être honnête c'est-à-dire qu'à un moment il y a 7-8 ans quand on nous a dit pour le bien-être animal il faut arrêter l'élevage industriel et en cage tous les distributeurs les associations de consommateurs tout le monde a signé et personne n'a fait l'équation de savoir si le nouvel mode de production Si l'offre pouvait suivre Exactement donc il y a eu une erreur Maintenant il faut faire marche arrière
Donc vous avez dit on ne vendra plus que des oeufs mais vous n'avez pas pris le temps de laisser aux agriculteurs le moyen de s'adapter
La transition n'a pas été faite donc maintenant il faut réagir il faut vite redonner des autorisations pour pouvoir couvrir le gouvernement national
Malgré tout ce que vous venez de me dire vous continuez à affirmer que l'inflation est maintenue Elle sera maintenue que les prix sont tenus qu'ils ne bougent pas globalement
C'est important parce que je pense que ça reste la première préoccupation des français donc moi je suis là pour leur dire on a la réalité économique dans nos mains on a une inflation alimentaire vous le savez de 1% depuis le début de l'année cet été il ne s'est rien passé ça même était zéro on a augmenté
Cet été les prix ont tenu ?
Ont tenu zéro zéro inflation c'est-à-dire un peu moins que justement le trend qui était de 1% on a passé quelques hausses de produits avant l'été c'était je pense au minéralier parce que le plastique avait pris 15% donc votre bouteille d'eau a certainement pris 4, 5, 6, 8 centimes le seul sujet c'est le monde agricole donc tout de suite le maraîchage certainement le sujet sur le lait et après il faudra attendre mars 2027 pour renégocier avec tous les investisseurs
le fameux temps de la négociation collective officielle les fournitures scolaires carrément ça baisse
ça c'est une bonne nouvelle c'est moins 3, moins 5% ça va jusqu'à moins 15% c'est possible en fait c'est des produits qu'on a acheté avant Hormuz parce que c'est un sourcing qui vient souvent d'Asie et donc le conseil que je vais donner c'est profiter faites le plein parce que là dans les semaines qui viennent le même produit avec le prix du plastique qui a pris 15% sera plus cher
vous dites avant Hormuz c'est-à-dire que vous dans votre jargon de grande distribution vous dites avant Hormuz après Hormuz
exactement
ça a changé quoi pour vous concrètement et comment se manifeste la rupture ?
ça a changé une nouvelle inquiétude et donc dans ces cas-là il y a un risque de déconsommation qu'on n'a pas connu en alimentaire mais la vraie conséquence ça a été évidemment la flambée du plastique qui est immédiate et qui sera certainement à l'ordre du jour de tous les industriels parce que beaucoup de produits ont du plastique dans leur composition et donc on aura ce sujet-là en mars 2027
on va parler carburant évidemment mais j'essaie de comprendre et de suivre votre logique ça veut dire que vous anticipez autant là l'inflation elle a été maîtrisée vous anticipez quand même qu'en mars il va y avoir un bon net
il y a un risque en fait que sous alors tout dépendra du conflit soit le conflit au Moyen-Orient dur et donc on sera toujours avec un plastique et d'autres matières premières qui vont flamber
ce matin le prix du baril de Brent c'est 91 dollars hier c'était 90 avant le conflit c'était aux alentours de 60-65
exactement donc on aura cette conséquence et puis les effets de la canicule de la sécheresse donc en fait ces deux phénomènes nous font penser qu'il y aura une demande de tarifs en forte inflation il faudrait être raisonnable parce qu'évidemment après les 20% qu'on a pris après Ukraine remettre 5-6% d'inflation j'ai envie de vous dire ce serait irresponsable pour le consommateur qui aujourd'hui ça c'est pas à moi
que vous le dites il faut bien le comprendre ce qui se joue là c'est que derrière moi vous vous dites qu'il y a tous les toutes les je passe le message à tous les producteurs toutes les grandes entreprises toutes les grandes entreprises qui nous écoutent ce matin qui sont Erta Coca Evian mais aussi les PME de l'alimentaire et qui se disent qu'ils vont être obligés d'augmenter leur prix et vous vous êtes en train de leur dire on n'ira pas jusqu'à 5-6 vous irez quoi ? vous irez jusqu'à 4 ? vous irez jusqu'à 3 ?
on fera preuve de discernement et on demandera la transparence surtout c'est-à-dire qu'on leur demandera et vous ne la donnez toujours pas ? toujours pas il y a une option 3 qui permet de ne pas la donner il faut absolument
c'est-à-dire qu'ils ne vous disent pas comment ils composent eux-mêmes leur prix avec la matière première
à partir de la matière première à l'école et puis le coût qu'ils ajoutent c'est le coût industriel on demande le split entre les deux pour pouvoir avoir une bonne lecture beaucoup de multinationales surtout ne jouent pas le jeu donc là il faudra jouer le jeu pour qu'on puisse accéder les hauts
est-ce que si j'en déduis qu'on va probablement en mars passer à une inflation probablement de 3% est-ce que je suis dans le vrai ?
c'est encore trop tôt si les industriels arrivent effectivement avec des demandes à 6-7% je peux vous assurer que c'est un vrai combat quand on est dans les box pour pouvoir gommer 3 à 4 points mais ce sera l'objectif parce que la consommation ne tiendra pas je suis là aussi pour vous alerter c'est-à-dire que même l'industriel il doit se dire qu'à un moment à vendre un produit trop cher et bien à un moment il ne se vend plus et donc il faudra être raisonnable dans un contexte économique où on sait qu'il y a un sujet de pouvoir d'achat en France
mais il n'y a pas eu de déconsommation ?
non pas encore quand vous dites pas encore
c'est que vous sentez que ça pourrait venir ?
oui on a la crainte parce qu'en fait toute incertitude politique pèse sur le moral des français la réaction on la connait c'est je ne consomme pas j'épargne donc aujourd'hui la grande distribution l'alimentation est épargnée mais ça peut arriver demain donc on est très prudent
le prix des carburants depuis le début de Hormuz comme vous dites plus 20% pour l'essence plus 40% pour le diesel est-ce que ça va se maintenir aussi haut ?
ça fait 6 mois que j'ai la même réponse c'est volatile en fonction du conflit en fonction des déclarations de Trump en fonction on le voit bien hier des frappes aériennes des Etats-Unis sur la zone donc on espère bien évidemment que le conflit s'arrête une chose est sûre on vous l'avait expliqué c'est un produit d'appel les distributeurs que ce soit chez nous ou chez nos concurrents c'est 1, 2, 3 centimes de marge et donc en fait dès qu'il y aura une baisse du prix du baril on la répercutera ce qui est important parce que je sais que vous avez vu hier la porte-parole du gouvernement et vous aviez raison d'insister sur le fait que les aides
les aides qui sont apportées
aux premiers acteurs que ce soit l'agriculteur le transporteur doivent être absolument reconduit parce que là pour le coup
ils hésitaient c'est-à-dire que la formule exacte de Maude Bréjon alors que j'ai insisté on va dire j'ai insisté mais la formule exacte au départ c'était nous souhaitons pouvoir les reconduire mais c'est impossible pour les français de se projeter avec une telle incertitude ça ne suffit pas un souhait
économiquement la question ne se pose même pas c'est-à-dire qu'il faut bien sûr soutenir les premiers maillons il faut renouveler les aides et en fait le gouvernement devrait être beaucoup plus clair en disant tant qu'on n'est pas sorti du conflit les aides sont maintenues et confirmées point barre et on passe à autre chose parce que bien évidemment s'ils ne le font pas
ne pas créer cette incertitude ce doute cette angoisse
en tout cas
laisser planer
en tout cas je n'aurais pas la même réponse c'est que vous me parlez d'inflation c'est évident que si les aides s'arrêtent là il y aura une inflation
là s'il n'y avait pas les aides et s'il n'y avait pas Total qui plafonne on serait à combien en économie réelle je veux dire ?
on pourrait prendre un 2 points et donc on serait dans une inflation alimentaire qui correspond à l'inflation de 2.1 à cause de laissance
Total c'est votre allié ou c'est votre ennemi dans cette histoire ?
en fait il est fournisseur d'intermarchés puisqu'on achète au pétrolier la seule chose c'est que j'aimerais bien qu'il fasse les prix qu'il se fait lui à ses pompes et en fait il y a une forme de concurrence déloyale mais c'est la règle du jeu
c'est une concurrence déloyale ou c'est une manière de compenser ? c'est-à-dire qu'il se fait sur votre dos le remboursement de la ristourne ?
probablement parce qu'en fait il a une marge de producteur de raffineur et puis il n'a plus de marge en distribution écoutez c'est la règle du jeu nous on a des usines
vous n'avez pas le choix de toute façon ?
on n'a pas le choix et puis on a ce modèle-là puisqu'on a nos propres abattoirs nos propres usines qui font le yaourt pour pouvoir justement opérer de la même manière sur l'alimentaire
Patrick Pouyanné qui fait une sorte de chantage au gouvernement en disant si vous remettez des taxes sur les super profits qui étaient censés être exceptionnels alors moi il n'y a plus de raison qu'on plafonne et il n'y aura plus jamais de plafonnement c'est comme ça qu'il le formule vous le comprenez ça ?
je le comprends après vous savez il y a un sujet actuel pour essayer effectivement de renflouer les caisses et on est en train de se dire on va taxer les hauts revenus moi je me faisais la réflexion en fait les 3000 mousquetaires qui ont des entreprises payent leurs impôts les 25% d'IS on paye on a une centrale qui paye ses impôts et en fait je me dis avant d'aller embêter le contribuable ou des acteurs de l'économie française il y a quand même un sujet qui n'est jamais abordé c'est le sujet de défiscalisation des grands groupes donc dans mes fournisseurs il y a des grandes sociétés américaines qui font des milliards de chiffres d'affaires pas sûr des milliards de profits mais des centaines de millions et en fait elles ne payent pas d'impôts parce qu'elles ont décidé de mettre leur boîte aux lettres dans un pays européen et pourquoi elles le font européen
et donc ça amène
le sujet que doit avoir la France c'est à quel taux je pratique mon niveau d'impôt parce que s'il est trop élevé c'est très facile pour une société d'aller se poser sur un pays où le taux est moins important et c'est une concurrence déloyale donc il y a certainement des français à taxer mais il y a surtout à remettre de l'ordre dans la maison en allant taxer une production ou une vente qui se fait en France et sur lequel on ne paye pas d'impôts parce qu'on a mis son siège à l'étranger mais ça veut dire ça
que tant qu'il n'y aura pas d'égalité fiscale au niveau de l'Union Européenne de toute façon on sera toujours les dindons de la farce si on augmente nos impôts
exactement et comme la solution en France on l'a compris plutôt que de s'attaquer au problème le problème c'est pas un problème de ressources le problème c'est un problème de dépenses on dépense trop on vit un train de vie qui n'est pas possible aujourd'hui en France et bien la solution de taxer nous écarte d'une compétitivité européenne qui fait que beaucoup d'entreprises l'ont compris il y a même des PME qui commencent à réfléchir je vais défiscaliser en posant un système qui sera à l'étranger
vous en parlez avec vos fournisseurs en tout cas
les grands groupes avaient les moyens de se payer des fiscalistes qui leur ont conseillé ça pendant des années et ils l'ont fait
parce que tout ça est légal
tout ça est légal et donc le vrai risque demain c'est que des PME fassent la même chose et donc de la ressource qui partent à l'étranger
le climat social au sein de vos magasins d'abord une question sur les 22 magasins qui ont été touchés dans la zone des incendies est-ce que vos salariés vont bien est-ce que comment ça se passe aujourd'hui
je l'ai fait au port en Giron je ne me voyais pas aller ailleurs parce que je pense qu'on a été l'entreprise la plus touchée c'est 22 points de vente on a parlé d'intermarché mais on a aussi Bricomarché on a Netto et donc c'était important d'aller les voir au-delà de la paire de chiffres c'est 10 millions qu'on a perdu sur l'ensemble de ces magasins moi ce qui m'a frappé en fait et j'en étais assez fier c'est finalement la solidarité qu'ont eu ces chefs d'entreprise avec la population avec les pompiers ces 100 tonnes de dons aujourd'hui la situation de niveau c'est-à-dire des points de vente qui ont perdu la saison mais les maisons n'ont pas brûlé donc ça va repartir et beaucoup plus grave le port j'en ai le bon exemple c'est j'ai perdu la saison mais j'ai perdu 100 habitations ou 200 habitations qui font qu'évidemment le chiffre d'affaires a disparu
c'est aussi des habitués des clients réguliers
et ce qui a été terrible moi j'ai eu le témoignage de collègues de Stéphanie et Laurent qui sont au port et qui m'ont dit en fait c'est un peu le réceptacle bien évidemment de ce qui s'est passé socialement et on a eu des témoignages de personnes âgées qui pleuraient dans les bras de nos collègues parce que tout simplement la maison a brûlé et on leur dit la seule solution c'est d'aller à l'EHPAD donc vous imaginez le drame pour ces personnes-là et donc une vraie pensée pour eux
Vous faites partie Thierry Cotillard des grands patrons français vous avez peut-être vu ces scènes sur la question du salaire lorsque en premier débat du MEDEF Jean-Luc Mélenchon parle de l'augmentation du SMIC ou de l'augmentation des salaires et qu'une partie de la salle ricane du côté des patrons comment vous avez vécu ce moment vous ?
Moi ça ne me fait pas rire parce qu'en fait je suis au contact de mes employés on a des entreprises à taille humaine et moi je connais la difficulté quand on touche le SMIC de s'en sortir à Paris parce que le loyer est à 700, 800, 900 euros j'ai beaucoup d'employés qui viennent de deux heures de transport parce qu'ils ne peuvent pas se payer un logement donc moi ça ne me fait pas rire je pense qu'il faut qu'on travaille maintenant la solution d'un aide qui soit plus important alors la position de ce parti c'est de dire on augmente les salaires l'autre position qui avait l'air de faire le consensus c'est de rapprocher le net du brut et il faut absolument aller vers ça parce qu'en fait on est vers une paupérisation de la classe qui travaille
Est-ce qu'il faut compenser par la TVA et donc par les prix dans les rayons ? Est-ce qu'il faut une forme de TVA sociale ?
Je ne suis pas favorable à ça c'est-à-dire que je pense que la solution qui est à chaque fois de trouver une taxe n'est pas la solution parce qu'en fait on a bien compris on dit on va augmenter
François Hollande par exemple il évoque l'idée d'une TVA dans son programme qui n'en est pas encore officiellement 1 il évoque l'idée d'une TVA à 20% c'est-à-dire augmenter la TVA mais en échange de la mettre à zéro carrément sur une gamme de produits du quotidien
Peut-être en faisant cette différence mais dans la réalité si en caisse on passe d'un produit sur lequel on avait 22 taxes à 22, 23 alors certes on va augmenter les salaires mais c'est poche gauche poche droite le vrai sujet et en fait c'est là où je suis un peu embêté en tant que chef d'entreprise c'est qu'on devrait s'attaquer à la dette publique donc on vient de le dire c'est réduire les surcouches réduire les normes réduire le train de vie de l'Etat et en fait ce qui m'inquiète un peu c'est qu'aucun candidat n'annonce un chiffre et aucune méthode et ça ça ne marche pas en entreprise lorsque il y a 3 ans j'ai eu cette chance ou cette responsabilité de prendre le groupement des mousquetaires on avait 2 milliards de charges on a dit on va aller économiser parce qu'il faut se préparer au temps difficile 10% on a chiffré 200 millions on a vu tous les services on a priorisé on a arrêté des projets
vous avez mis ça dans un tableau Excel vous avez regardé ce que ça donnait vous trouvez que ça manque de tableau Excel dans les programmes des candidats
je ne sais pas s'il faut des docteurs en Excel pour pouvoir s'en sortir mais il faut une méthode il faut une rigueur et ça je ne la vois pas encore donc je ne suis pas complètement rassuré sur la solution et je vous le redis on a un ras-le-bol fiscal en France qu'on soit chef d'entreprise ou citoyen donc la solution c'est vivons avec le train de vie qui doit être le nôtre et attaquons-nous à la dépense
merci Thierry Cotillard d'avoir répondu à mes questions ce matin président du groupement Les Mousquetaires il est 8h50 sur RMC et sur BFM TV