VIDÉO - Mouvement des lycéens : "Les réponses apportées sont parfois indigentes", regrette le maire de Nancy
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:24FerméeRéponse directe
Demandez-vous aux lycéennes et aux lycéens de retourner en salle de classe ?
- 1:48RelanceRéponse partielle
N'êtes-vous pas en partie responsable de cette situation qui se cristallise ?
- 3:00RelanceRéponse partielle
Le ministre de l'éducation dit qu'il a entrepris le dialogue. Tardivement ?
- 3:42OuverteRéponse directe
Vous demandez la suppression de Parcoursup ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Vous répondez quoi à ces jeunes qui ont ras-le-bol et veulent aller en cours ?
- 6:39OuverteRéponse partielle
Parlez-vous de violences policières ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueFait
« les réponses politiques qui ont été apportées par le gouvernement sont très limitées, pour ne pas dire parfois même indigentes. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Tiens, j'ai 3000 enseignants dont je ne savais pas quoi faire, ça tombe bien, je vais les mettre dans les salles de classe. »
- 4:00Invité politiqueFait
« Ça s'apparente un peu à une loterie. »
- 8:30Invité politiqueFait
« on ne peut pas continuer à avoir tant de mineurs en garde à vue dans notre pays pendant une durée indéterminée. »
Temps de parole
- Mathieu Klein73 %
- Présentateur21 %
- ?4 %
- Présentateur 23 %
≈ 19,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le réveil 100% local, ici matin. Bientôt 8h moins le quart, alors que l'acte 5 de la mobilisation lycéenne est prévu demain, nous recevons le maire de Nancy, Mathieu Klein, en direct dans notre studio. Répond à vos questions Mathieu Barbier. Mathieu Klein, bonjour. Bonjour Mathieu Barbier. Vous demandez ce matin aux lycéennes et lycéens de réintégrer leur salle de classe, la récré est terminée
? Je
ne crois pas qu'on peut qualifier leur mobilisation de récréation. Je crois qu'il y a un malaise aujourd'hui qui s'exprime dans la jeunesse. Lié notamment aux conditions d'études, aux conditions de travail dans les établissements. Et puis lié aussi à cette incertitude, ce sentiment d'angoisse pour l'avenir, qui traverse d'ailleurs toute la société, et qui s'est cristallisé ces dernières semaines. Et je pense qu'il faut prendre au sérieux cette mobilisation, il faut prendre au sérieux ce qui se passe.
Et
je trouve que pour l'instant les réponses politiques qui ont été apportées par le gouvernement
sont
très limitées, pour ne pas dire parfois même indigentes. Donc je crois qu'il est temps de changer de braquet, d'entamer un véritable dialogue, et de répondre notamment sur la question, par exemple, de l'accès à l'enseignement supérieur. Parcoursup fait partie de
ces
éléments clés qui aujourd'hui mettent en tension, créent une angoisse.
On va y
revenir sur les revendications et la plateforme Parcoursup, mais vous n'avez sans doute pas entendu ma première question.
Je
vous la repose. Demandez-vous aux lycéennes et aux lycéens de retourner en salle de classe ?
Moi je respecte le droit de manifester, dès lors qu'une manifestation revendicative, évidemment, se passe dans le calme. Et je ne conteste pas aux lycéens le droit d'exprimer leurs revendications. Ce que je leur demande, c'est de le faire dans le calme, dans le dialogue et dans le débat démocratique. En soutenant ce
mouvement, revendications multiples,
vous
le disiez, n'êtes-vous pas en partie responsable de cette situation qui se cristallise, qui se crante ? Parce que ça décuple la motivation des jeunes.
Je ne crois pas qu'aujourd'hui les maires soient ceux qui sont à la fois responsables de la sécurité et de la tranquillité publique. Et moi je mesure parfaitement les conséquences aujourd'hui du désordre provoqué par l'ensemble de celles et ceux qui profitent de ce mouvement pour casser, pour mettre en difficulté, pour brûler une porte de lycée, pour avoir des comportements absolument inadmissibles.
Celle du
lycée Loritz. Celle du lycée Loritz pour Nancy, mais il y en a eu d'autres en France. Moi je refuse d'amalgamer la totalité du mouvement lycéen. Regardez la grande manifestation de la semaine dernière et j'espère qu'il en sera de même pour celle de demain. La manifestation en elle-même se passe bien. C'est tout ce qui se passe autour, c'est ces cortèges sauvages, c'est cette course-poursuite avec les forces de police à travers la ville, de quelques dizaines, quelques centaines parfois d'individus qui ne sont pour beaucoup plus du tout lycéens et qui ont d'autres objectifs que de porter la parole des lycéens.
Donc il faut être à la fois très très ferme vis-à-vis de ceux qui cassent, vis-à-vis de ceux qui brûlent, vis-à-vis de ceux qui intimident. Et il faut aussi entamer un véritable dialogue avec les lycéens eux-mêmes.
En le dialogue, le ministre de
l
'éducation dit qu'il l'a entrepris.
Tardivement, très tardivement.
Oui, mais il a dit qu'il l'avait entrepris. Il a annoncé l'arrivée de professeurs dans les salles de classe. Vous
vous demandez... Sorti du chapeau,
oui.
Qui
peut croire à ce type de
fable ? Je vous dis juste
ce qu'il a dit,
moi je
ne suis pas là pour juger. Je comprends votre critique. J'entends bien, M. Borgémé, mais
regardons la réalité. Un jour, un matin, le ministre de l'éducation nationale se réveille et dit « Tiens, j'ai 3000 enseignants dont je ne savais pas quoi faire, ça tombe bien, je vais les mettre dans les salles de classe. »
Mais
qui peut croire à ce type de
fable ? Donc il ment.
Je ne pense pas qu'il soit une question ici de mensonge. Je pense que c'est la traduction...
C
'est
ce
que vous venez de dire, sans le dire. C'est la traduction de l'indigence de la réponse politique. Il faut aujourd'hui travailler sérieusement, prendre au sérieux ce qui se passe.
Pour répondre aux revendications des élèves lycéens, lycéens, vous demandez la suppression de Parcoursup aussi, ce logiciel qui permet de faire la sélection avant l'entrée en fac,
en
fait, c'est ça ?
Oui, je
crois que ça fait plusieurs années que nous sommes un certain nombre à dire que Parcoursup crée plus d'angoisse et c
'est
d'incertitude qu'il ne résout de questions. Ça s'apparente un peu à une loterie. Beaucoup de lycéens se retrouvent avec des choix, avec des décisions qui ont été prises qui ne sont pas conformes à leurs choix, parfois très tardivement. Je ne
suis
pas sûr que ce soit la meilleure manière aujourd'hui. On revient comme avant,
à
notre époque où on allait s'inscrire en fac, terminé ?
Je
ne pense pas non plus que le retour en arrière soit la bonne solution. Je crois qu'il faut prendre la situation de chaque élève, accompagner un parcours d'orientation. Ça se fait aussi avec une présence humaine, ça se fait dans le dialogue, ça ne se fait pas qu'à travers un algorithme, c'est-à-dire un logiciel qui vous fait des propositions conformes ou pas à ce que vous souhaitez. Il faut remettre un peu d'humanité aujourd'hui dans le parcours de vie des jeunes.
Vous parlez du mouvement de la jeunesse, du mouvement des lycéennes et lycéens. Vous essentialisez comme toutes celles et ceux qui défendent ce mouvement, mais on ne parle pas de cette majorité qui est silencieuse, cette majorité qui a envie d'aller en cours, qui a envie de bosser.
On
a
ras-le-bol de voir ces salles de classe fermées, alors qu'ils ont envie d'aller en cours. Vous leur répondez quoi, ces jeunes-là ?
Vous ne
m
'avez pas entendu parler de la jeunesse. Les jeunes sont très divers. Un jeune en lycée pro, un jeune dans une filière générale, un jeune qui habite au cœur de Nancy ou qui habite dans un petit village au fond de la Meurthe-et-Moselle, n'a pas forcément la même vie. Mais ce qui est quand même assez frappant dans ce mouvement, c'est que des jeunes de tout territoire, de toutes origines, dans tout le pays, je rappelle que le mouvement est né à Besançon. On parle souvent de Créteil, mais le mouvement est d'abord né à Besançon en France,
c
'est-à-dire dans un territoire qui n
'est
pas toujours
sous le feu de l'actualité. Oui, mais une minorité de jeunes quand
même. Mais une minorité de jeunes qui représente aussi beaucoup de jeunes qui aujourd'hui veulent que leur voix soit entendue, ce qui n'est absolument pas incompatible avec le fait d'aller en cours. Moi, je pense qu'il faut évidemment prendre ces études au sérieux. Je pense que cette situation ne peut pas durer. C'est pour ça qu'il faut ouvrir de vraies négociations, de vraies discussions, apporter de véritables réponses. Et il faut que le désordre cesse.
Ce désordre-là, aujourd
'hui, ne peut pas durer. Aujourd'hui, y compris dans le centre-ville, les gens ont peur de venir,
ne viennent plus. Mais bien sûr, ils en ont ras-le-bol. Ils ont la crise du pouvoir d'achat. Et je partage leur
ras-le-bol parce que le centre-ville, aujourd'hui, il est craint par beaucoup de personnes qui ne veulent plus y aller. Donc, c
'est
pour ça qu'il faut que ce désordre cesse. Et ce désordre doit cesser à la fois. Il faut être très ferme, encore une fois, vis-à-vis des casseurs, vis-à-vis de ceux qui brûlent, de ceux qui incendient, de ceux qui cassent. Et il faut dialoguer avec
les lycéens. Enquête de mémoire jusque-là. La Ligue des droits de l'homme à Nancy, vous avez sans doute entendu notre sujet à 7h30, évoque des dérives, je cite, de la police nancée notamment en place Charles III, jeudi dernier, avec l'utilisation de gaz lacrymogène. Parlez-vous, vous aussi, de violences policières, alors que la police, on le rappelle, a le monopole de la violence légitime ?
Bien sûr, et moi, je... Vous parlez
de violences policières, pas de violences de policiers.
Si vous me laissez répondre à votre question, M. Barbier, moi, je fais confiance aux forces de l'ordre et à la police. Moi, je suis républicain, je crois, en la justice de mon pays. J'ai été dessinateur de témoignages parfois troublants, c'est vrai, et c'est pour cette raison que je fais confiance à la justice pour tirer tout cela au clair, à l'IGPN d'une part, et ensuite à la justice pour tirer tout cela au clair. Est-ce que la police a parfois été débordée ? Est-ce que la police a manqué d'organisation dans les premiers jours, parce que ça a été un mouvement rapide ? Est-ce que la police a trop gazé, ou en tout cas a utilisé parfois de façon pas suffisamment proportionnée ?
C'est à la justice de le dire.
Et
si nous devons reposer une question sur la doctrine du maintien de l'ordre dans notre pays, ça se fait justement, on a une élection présidentielle qui arrive, c'est des questions qui peuvent être débattues, notamment vis-à-vis des mouvements de jeunes. Mais je sais aussi que les policiers, la plupart des policiers et des policières, l'écrasante majorité d'entre eux, sont respectueux de l'ordre républicain, ce sont souvent des parents, pères ou mères de famille, qui peuvent avoir des enfants qui sont dans la rue aussi, et donc ils sont soucieux d'abord de garantir l'ordre.
Dernière question sur ce sujet. Demandez-vous à la police, en tant que mère de Nancy, de ne plus utiliser le gaz lacrymogène pour les manifs qui arrivent cette semaine ? Oui ou non ?
Moi, ce que je demande à la police, et ce que je discute tous les jours avec le préfet de Meurthe-et-Moselle, c'est d'utiliser de façon proportionnée les moyens qui sont à sa disposition.
Mais vous ne
répondez pas à ma question, le gaz lacrymogène
? Je ne suis
pas préfet, je ne suis pas directeur de la police nationale, je ne suis pas ministre de l'intérieur. Moi, je fais confiance aux autorités pour savoir utiliser de façon proportionnée. Et il faut rappeler cette proportionnalité indispensable. Et lorsque des dérives sont constatées, c'est à la justice de les prendre en charge. Mais on ne peut pas continuer à avoir tant de mineurs en garde à vue dans notre pays pendant une durée indéterminée. Donc il faut aujourd'hui que ce mouvement trouve aussi une réponse politique, de l'ordre d'un côté, et le dialogue et la réponse politique de
l'autre. Plus de mineurs
en garde à vue que l'ordre de la totalité de la
crise
des Gilets jaunes. Dernière question plus politique. Votre candidat, ça y
est,
le stagiaire, il a gagné la primaire Glucksmann-Stagiaire. C'est ce que disait Ségolène Royal de lui. Il peut aller au deuxième tour en un mot ?
Mais je crois profondément que le scénario de cette élection présidentielle n'est pas joué. Je me réjouis que Raphaël Glucksmann l'ait emporté de façon si
nette.
Et c'est celui qui peut aujourd'hui déjouer ce scénario écrit catastrophique d'un second tour Mélenchon-Le Pen.
Merci
beaucoup Mathieu Klein d
'avoir été
en direct ce matin à l'inviter d'ici Lorraine à la veille de l'acte V de la mobilisation lycéenne à laquelle vous serez très attentif en tant que maire de Nancy. Bonne journée.
Mathieu Klein