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ChroniqueNathalie Arthaud· 9 septembre 2024 4 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleImmigration & asileRetraites

Un premier ministre de droite, sous contrôle de l'extrême-droite

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<b>Macron a donc nommé Michel Barnier à Matignon, ce qui ravit le patronat</b> <b>puisque Barnier a, à son actif,</b> <b>50 années de bons et loyaux services</b> <b>rendus à la bourgeoisie dans les institutions</b> <b>françaises ou européennes.</b> <b>Le fait notable, c'est qu'il a été</b> <b>nommé parce que Macron a eu</b> <b>l'assurance de la part de Marine Le Pen</b> <b>qu'elle ne le renverserait</b> <b>pas immédiatement.</b> <b>Autrement dit, si Barnier veut</b> <b>rester au pouvoir,</b> <b>il va devoir accéder aux demandes</b> <b>du Rassemblement national.</b> <b>Alors Barnier n'aura pas trop à se forcer.</b> <b>En 2021, il prônait la retraite à 65 ans,</b> <b>un moratoire sur l'immigration,</b> <b>il voulait suspendre</b> <b>les indemnités chômage</b> <b>à ceux qui refusaient</b> <b>deux offres d'emploi,</b> <b>enfin toute une série de mesures</b> <b>férocement anti-ouvrières.</b> <b>Et toutes ces mesures anti-ouvrières</b> <b>qu'il va prendre immédiatement,</b> <b>y compris au nom du remboursement de la dette,</b> <b>il les imposera avec le soutien</b> <b>de Le Pen et de Bardella.</b> <b>Le Pen, qui se voulait anti-système,</b> <b>est devenue</b> <b>la roue de secours</b> <b>du système bourgeois.</b> <b>De leur côté, les dirigeants du NFP</b> <b>crient au déni démocratique</b> <b>et certains accusent même Macron</b> <b>de trahison du front républicain.</b> <b>Mais la véritable duperie était dans cette histoire de front républicain.</b> <b>C'était de se désister et</b> <b>d'appeler les électeurs de gauche</b> <b>à voter pour des candidats</b> <b>de la Macronie ou de la droite,</b> <b>de les appeler à voter pour</b> <b>des Darmanin, pour des Borne.</b> <b>Et c'était de faire croire que</b> <b>tous ces gens-là</b> <b>pouvaient être un barrage</b> <b>à l'extrême-droite.</b> <b>et qu'ils étaient, d'une certaine façon,</b> <b>du bon côté de la barricade.</b> <b>Cette duperie est de la responsabilité</b> <b>de la gauche</b> <b>et elle l'a fait consciemment,</b> <b>seulement pour sauver quelques postes</b> <b>de députés supplémentaires.</b> <b>De la gauche jusqu'à l'extrême-droite,</b> <b>on trouve les mêmes politiciens,</b> <b>des opportunistes prêts</b> <b>à retourner leur veste,</b> <b>prêts à s'allier à ceux qu'ils désignaient</b> <b>la veille encore</b> <b>comme leurs pires adversaires.</b> <b>L'autre point commun, c'est qu'ils se placent tous</b> <b>dans le cadre de l'organisation</b> <b>capitaliste de la société,</b> <b>c'est-à-dire sous la domination</b> <b>des familles bourgeoises</b> <b>qui contrôlent l'essentiel de l'économie</b> <b>au travers de leurs trusts industriels et financiers.</b> <b>Et cela les mène toujours à servir les intérêts de cette grande bourgeoisie.</b> <b>C'est pourquoi, malgré leur variété,</b> <b>il n'y a jamais eu un seul gouvernement</b> <b>qui ait interdit au patronat de licencier,</b> <b>de fermer une usine, ou qui l'ait obligé à augmenter les salaires.</b> <b>Et c'est dans l'ordre des choses.</b> <b>On ne peut pas être à la fois dans le camp</b> <b>patronal et dans le camp des travailleurs,</b> <b>dans le camp des exploiteurs</b> <b>et dans le camp des exploités,</b> <b>dans le camp des licencieurs</b> <b>et dans celui des licenciés.</b> <b>Alors pour défendre réellement</b> <b>nos intérêts de travailleurs,</b> <b>il faut construire un parti qui soit</b> <b>prêt à s'affronter au grand patronat,</b> <b>un parti de travailleuses</b> <b>et de travailleurs conscients</b> <b>que ce grand patronat tient nos vies entre ses mains,</b> <b>et que nous ne le ferons reculer qu'au travers de nos luttes</b> <b>et du rapport de force que nous serons capables d'imposer.</b> <b>Ce parti doit être fondé sur la conviction</b> <b>que la grande bourgeoisie est une classe sociale parasitaire,</b> <b>irresponsable, qu'il faut la renverser,</b> <b>car elle mène les travailleurs et la société à sa ruine et aux guerres,</b> <b>comme c'est le cas dans de nombreuses régions du monde.</b> <b>Il ne s'agit pas seulement d'arracher</b> <b>quelques miettes à la bourgeoisie,</b> <b>de la forcer à nous rendre</b> <b>deux années de retraite,</b> <b>ou de lui faire payer</b> <b>un peu plus d'impôts,</b> <b>il faut l'empêcher de nuire</b> <b>en lui enlevant son pouvoir.</b> <b>L'idée que les travailleurs</b> <b>peuvent peser par en bas,</b> <b>s'organiser et lutter, postuler pour le pouvoir</b> <b>en lieu et place des rapaces</b> <b>que sont les bourgeois</b> <b>et des arrivistes que sont</b> <b>tous ces politiciens,</b> <b>est une idée minoritaire,</b> <b>parce que les travailleurs ne s'en sentent pas aujourd'hui capables.</b> <b>Mais s'il y a une chose, une seule chose</b> <b>que doit faire un parti dans le camp des travailleurs,</b> <b>c'est de populariser cette idée,</b> <b>parce qu'il n'y a pas d'autre voie</b> <b>pour sortir la société de la barbarie</b> <b>dans laquelle elle est en train de plonger.</b>