Benoît Hamon réagit aux annonces d'Emmanuel Macron sur les transports : "Le Président nous parle de centimes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous, avec vos valeurs et vos principes, pouvez opposer à des hommes politiques qui sont dans un autre espace où ces règles et ces principes sont récusés ?
- 3:05RelanceRéponse partielle
Comment on les porte face à des hommes politiques qui sont des ouragans du débat public, et qui n'en respectent plus les règles ?
- 6:33FerméeRéponse directe
Benoît Hamon, la hausse des prix du carburant ne passe pas. Au 1er janvier, elle va encore s'accentuer. Vous venez de le dire, vous voulez une économie décarbonée, mais vous avez fustigé ces hausses voulues par l'exécutif. N'est-ce pas de la pure démagogie de votre part ?
- 8:04OuverteRéponse directe
Le Président a annoncé un geste pour les foyers les plus modestes obligés de prendre leur voiture en améliorant le chèque énergie. Est-ce que c'est déjà une manière de dire j'ai entendu la grogne ?
- 11:27OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une bonne idée de mettre des policiers à l'école ?
- 13:25OuverteRéponse directe
N'est-ce pas là une urgence de remettre le système à plat et notamment cet aspect-là, l'argent ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:07Invité politiqueFait
« Il y a deux chemins et deux stratégies possibles. La première, ça pourrait être de dire, finalement, le populisme monte, soyons nous-mêmes populistes, soyons dégagistes. »
- 6:50Invité politiqueChiffre
« 4 milliards de taxes supplémentaires pour n'en affecter au maximum qu'un milliard à des mesures de transition écologique. »
- 10:35Invité politiqueFait
« Le CICE. En clair, vous allez payer plus votre carburant pour que Total ait encore plus de crédit d'impôt. »
- 12:41Invité politiqueFait
« Pourquoi supprime-t-on des postes de professeurs dans le second degré ? Pourquoi n'y a-t-il pas assez de médecins scolaires aujourd'hui dans le premier degré ? »
- 21:27Invité politiqueFait
« On ne peut pas avoir, être profondément ému devant un ossuaire, devant tous ces morts et continuer à vendre des armes, à armer des pays qui massacrent des populations civiles comme l'Arabie Saoudite le fait au Yémen. »
- 23:05Invité politiqueFait
« Le roi est nu. Il parle, il parle, mais j'espère que ce petit garçon ou en tout cas ses petites filles et ses petits garçons, ce sera l'ouragan citoyen qui dira à un moment le roi est nu. »
Temps de parole
- Benoît Hamon71 %
- Présentateur12 %
- Invité9 %
- ?6 %
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Et avec Léa Salavé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9, le fondateur du mouvement Génération, ex-candidat à l'élection présidentielle. Question 01-45-24-7000, réseaux sociaux, application France Inter. Bonjour Benoît Hamon. Bonjour Nicolas Demorand. Et merci d'être ici en studio ce matin, que ce soit au Brésil ou aux Etats-Unis pendant la campagne des midterms. On a pu voir jusqu'à très tard, on l'entendait dans les journaux ce matin, se déployer, parfois se déchaîner. Toute la rhétorique populiste avec ce qu'elle suscite de clivage, de polarisation extrême et de manipulation des faits, même pointer et déconstruire les mensonges semble ne plus avoir d'effet.
Alors vous, Benoît Hamon, vous travaillez avec des chercheurs, avec des intellectuels, vous dénoncez les outrances et la violence verbale, par exemple à l'encontre des minorités, mais aussi à l'encontre des journalistes. Est-ce qu'on peut essayer de réfléchir quelques instants à ce moment ? Qu'est-ce que vous, avec vos valeurs et vos principes, pouvez opposer à des hommes politiques qui sont dans un autre espace où ces règles et ces principes sont récusés
? Écoutez,
d'abord, je pense que la question à laquelle on doit répondre, c'est effectivement comment s'en sort-on
?
Il y a des populistes qui montent partout, on est en capacité d'en faire l'analyse, on est même en capacité de dire que les libéraux ont une responsabilité immense aujourd'hui dans la montée aux extrêmes. Comment s'en sort-on
? Et
comment s'en sort-on ? En France et en Europe pour commencer, puisque c'est la question que nous posent en tout cas des citoyens de gauche qui se sentent orphelins aujourd'hui d'une grande idée, la gauche.
À
mon sens, il y a deux choses qu'on doit dire.
C
'est que la gauche, c'est un trop-plein d'hommes providentiels et peut-être pas assez d'idées. Un trop-plein d'hommes providentiels, on voit que beaucoup de ceux qui, à gauche, se sont engagés dans les dernières années, l'ont fait selon les règles de la Ve République, c'est-à
-dire
en pensant que leur seul génie parviendrait à résoudre tous les problèmes. La question qui nous est posée, c'est le chemin
que
l'on propose. Et il y en a deux aujourd'hui à gauche. Moi, je crois qu'il n
'y a
qu'une gauche, au fond, toujours, même si elle est aujourd'hui fracturée. Elle est fracturée parce qu'en fait, il y a deux chemins et deux stratégies possibles. La première, ça pourrait être de dire, finalement, le populisme monte, soyons nous-mêmes populistes,
soyons dégagistes.
Mais non, soyons dégagistes. Et je veux le dire très sincèrement à ceux dont je me sens proche sur les colères, sur les analyses, que tout ça ne mènera nulle part. Pourquoi ? Parce que derrière, il y a une forme d'esprit revanchard, nostalgique, qui ne met en débat aucune solution de nature, à mon sens, à répondre aux aspirations profondes des classes populaires, mais surtout de régler les problèmes. Donc
vous ne croyez pas à un
populisme de gauche ?
Je n'y crois pas. Je
n'y crois pas. Et je pense qu'il faut lui opposer un autre chemin. C'est le chemin sur lequel je me bats depuis maintenant plusieurs années, sur lequel je continuerai à me battre. Et je vais même dire, je vais oublier le jeu sur lequel nous, nous battons. Et ce chemin, c'est quoi ? C'est d'être à nouveau pionnier. Parce que la gauche n'est plus. Pionnière sur les solutions d'avenir. Alors, je pourrais vous revenir sur ce que j'ai essayé de défendre, ou ce que nous avons essayé de défendre pendant la présidentielle, autour d'un nouveau rapport au travail, le revenu universel, la taxe sur les robots, la transition écologique.
Ces questions-là sont centrales, mais il me semble que notre responsabilité aujourd'hui, c'est de proposer une vision positive.
Mais comment on les porte face à des hommes politiques
qui sont des ouragans du débat public, et qui n'en respectent plus les règles ?
C'est aussi
ça la nouvelle réalité.
On
leur oppose justement l'ouragan citoyen. On leur oppose l'ouragan de celles et ceux aujourd'hui qui croient d'abord dans l'intelligence collective. Qui croient qu'aujourd'hui, on est beaucoup plus forts dès lors qu
'on
se met ensemble. Je crois beaucoup à cela. Parce que ce que je vois aujourd'hui, c'est qu'il
y a
une vraie résurgence, ou un vrai retour des intellectuels de gauche dans le débat politique en France. Oui, j'y crois moi. Je pense qu'il y avait un débat politique ou un débat intellectuel dominé par des intellectuels de droite, ou issus de la gauche devenus de droite. Aujourd'hui, il
y a
un retour des intellectuels.
Il
y a un retour de la prise de parole citoyenne.
C
'est d'ailleurs la raison pour laquelle Génération, se présentant aux élections européennes, fait un appel à des candidatures citoyennes. Et je peux vous dire qu'elles sont d'ores et déjà nombreuses. Mais moi, je crois à cet ouragan collectif et ouragan citoyen face à l'ouragan Bolsonaro, face à l'ouragan Trump.
Alors justement, pardonnez-moi, on va parler des
européennes, mais comme l'actualité de cette semaine, c'est avant tout les midterms aux Etats-Unis, on attend de voir le résultat demain matin. Mais si on regarde les deux premières années de Donald Trump au pouvoir, il ne s'est pas effondré, contrairement à ce que préconisaient ou espéraient beaucoup de gens aux Etats-Unis. L'économie va bien, le chômage n'a jamais été aussi bas. Est-ce qu'au fond, au bout de deux ans d'un populiste
au
pouvoir, est-ce qu'il n
'a
pas réussi une partie de son pari, Donald Trump ?
Vous pourriez dire qu'il y a un attentat antisémite qui fait...
Ce n'est pas la faute de Donald Trump. Non, mais
d'accord, mais qu'il y
a
un niveau de violence, de haine dans la société américaine qui n'a jamais été aussi élevé. Et qui a été probablement, même pas probablement, sûrement accentué
par rapport... Oui, enfin, jusque-là, ça
n'a pas fragilisé sa base électorale. Mais la question, nous verrons après les élections.
Bien sûr, on n'est pas en train de... Bien sûr, mais moi, je
vous pose la question.
Vous observez les Etats-Unis. Attendez le verdict des urnes. J'entends bien,
on ne fait pas de prophétie, mais tout de même, sur les résultats économiques et sur l'effondrement espéré, les
résultats économiques. De quoi parle-t-on ? Ce pays fait de la croissance en méprisant l'environnement et l'écologie. On est obsédé par le court terme. Il faut qu'on se désintoxique de
cette...
Le chômage
baisse, Benoît. Non, mais
le chômage baisse. Il ne baisse pas chez nous et on n
'a
pas de résultats économiques. Pourtant, ce sont les mêmes politiques libérales. Donc, vous voyez, on peut avoir des prétendus bons résultats aux Etats-Unis, mais qui se font au prix d'une consommation des ressources fossiles, d'une destruction de l'environnement, d'une prédation de nos écosystèmes qui est insoutenable à court terme. Je ne parle même pas à moyen et long terme. Donc, ça n'est pas un bon modèle. Et en Europe, ça ne marche pas. Et pour autant, d'ailleurs, on n
'est
pas beaucoup plus vertueux sur le plan écologique. Ce que je conteste, si vous voulez, Léo Salamé, c'est que les résultats
sur
lesquels se demandent à être jugés ces populistes, qui sont tous millionnaires ou milliardaires, qui méprisent le peuple. Ce sont des milliardaires
qui ont organisé le Brexit en Angleterre. Ça ne les empêche pas d'être élus et de voir le peuple voter pour eux.
Trump est milliardaire, Le Pen est millionnaire, Bolsonaro est extrêmement riche. Ceux-là demandent à être jugés sur quoi ? Sur une idéologie totalement obsolète. Une idéologie obsolète, y compris sur les questions économiques. On les appelle les carbo-fascistes. Oui, ils croient dans le productivisme. Oui, ils croient dans l'agriculture intensive. Oui, ils croient qu'on peut dompter, qu'on doit même dominer la nature et finalement tout dominer. Nous, nous ne croyons pas cela. Eh bien, opposons-leur. Le projet politique, c'est ce que je défends, un projet des solutions. Et parmi ces solutions d'avenir, prenons-en une pour la France, puisqu'on parle de la France.
Je
pense aujourd'hui que nous devons nous fixer un objectif, 2050, première économie décarbonée.
Cela peut mobiliser toutes les énergies en France. Venons-y.
Commençons par ce qui se passe en ce moment, sur la colère d'un certain nombre d'automobilistes qui continuent à monter. Benoît Hamon, la hausse des prix du carburant ne passe pas. Au 1er janvier, elle va encore s'accentuer. Vous venez de le dire, vous voulez une économie décarbonée, mais vous avez fustigé ces hausses voulues par l'exécutif. N'est-ce pas de la pure démagogie de votre part ?
Non, c'est parce qu'il y a une pure arnaque écologique. Pardon de le dire, 4 milliards de taxes supplémentaires pour n'en affecter au maximum qu'un milliard à des mesures de transition
écologique. Il faut bien commencer quelque part, non ? Ben non,
alors commençons, clairement. Mettons en place une TVA réduite sur les transports en commun et transports collectifs. Mettons en place une TVA réduite sur l'achat de véhicules propres. Faisons en sorte que demain, Total, qui fait 10 milliards d'euros, non, dollars, pardon, de bénéfices, soit taxé, pourquoi ? Parce qu'elle exploite un commun. Les ressources fossiles sont un commun de l'humanité. Au nom de quoi accepte-t-on que sans fiscalité, une entreprise fasse des bénéfices sur l'exploitation et la privatisation de ces communs ? Je vais plus loin. Mettons en place les alternatives. Ne voyez-vous pas que les endroits où on n
'a
pas d'autre choix que de prendre la voiture sont les endroits où on est en train de fermer des gares et des lignes de train. Pourquoi ? Parce que les mêmes qui augmentent le prix des carburants sont ceux aussi qui, au nom de la rentabilité, remettent en cause les services publics. Qu'est-ce que moi j'ai entendu
quand j'étais
dans l'Indre ou à Prade, dans les Pyrénées-Orientales, la semaine dernière ? J'ai entendu qu'une chose. On est tous égaux devant l'impôt. On paye le même impôt où on habite. Mais on n'a pas, pour certains, ni de maternité, ni d'école, ni de train.
D'accord, pardon, les assalamés. Mais c'est ça qui est fondamental aujourd'hui. Pardon,
l'actualité, c'est aussi les déclarations du Président de la République ce matin sur ce sujet-là. Et je voudrais savoir ce que vous en pensez. Le Président a annoncé justement un geste pour les foyers les plus modestes, obligés de prendre leur voiture en améliorant notamment le chèque énergie. Et il veut étendre la défiscalisation des aides au transport. Est-ce que c'est déjà une manière de dire j'ai entendu la
grogne ? Mais on est
dans une affaire de centimes. On voudrait aujourd'hui, on parle de transformer notre modèle économique et le Président de la République nous répond par des centimes. Il fait l'aumône à ceux qui voient leur facture de carburant augmenter de quelques centimes. Ça n'est pas sérieux. Ça n'est pas sérieux, mais c'est surtout, plus globalement, c'est qu'on ne conçoit pas aujourd'hui, sérieusement, comment organiser cette transition écologique. C'est pas pareil, effectivement, de faire la guerre aux voitures en milieu rural qu'à Paris. Ça n'a pas la même signification. Mais ce que je dis, c'est que chaque fois qu'on ferme une ligne de train, chaque fois qu
'on
ferme une ligne de train,
on
augmente l'impact de la circulation automobile sur les émissions de gaz à effet de serre et les émissions de particules fines. Donc, le choix du
gouvernement... Donc, la
fiscalité écologique sur les carburants, on arrête.
C'est ça, Benoît Hamon, si on vous entend ? Je pense
que la fiscalité en général, c'est une sorte de piano où on touche un jour la taxe d'habitation, un jour la fiscalité écologique. Moi, je pense, je le dis depuis longtemps, qu'il faut une grande réforme fiscale qui repense les prélèvements et sur le patrimoine et sur le travail, que je pense qu'on a une fiscalité qui n
'est
pas du tout adaptée aux besoins de notre époque. On ne regarde pas ce qu'est la transformation numérique et le fait que la richesse est de plus en plus créée par des robots et des machines qu'on ne taxe pas. C'est invraisemblable.
On ne gardera pas notre
sécurité sociale si on continue comme cela.
Vous serez
dans la rue le 17 novembre. Vous participerez au grand blocage des gilets jaunes qu'on appelle le mouvement ?
Non, je peux être parfaitement solidaire du fait qu'on s'inquiète de son pouvoir d'achat. Je ne rentrerai pas dans des manifestations dans lesquelles on criera abat l'impôt en général alors que l'impôt peut être juste et qu'il est même nécessaire à la redistribution, abat les services publics, abat l'État, abat le parlementarisme. Ça peut être tout et le plus grave, le 17. Donc moi, je tiens à ce qu'à la fois on donne des solutions en matière de transition écologique et qu'on rappelle que même sur cette question, il faut arrêter de se fracturer.
Moi, je serai à la manif pour le climat, à la manifestation pour le climat, mais je souhaite que ceux qui manifestent pour la justice sociale et sincèrement le 17, se retrouvent aussi avec ceux qui manifestent pour le climat. Il faudrait aussi pouvoir se retrouver sur des enjeux
aussi importants. Il y a
hystérie fiscale de la part de l'exécutif comme le dit Ségolène Royal. Vous le diriez dans ces termes
? Je
ne sais pas si c'est de l'hystérie fiscale. Surtout qu'on a un gouvernement qui fait comme les précédents. Là, aujourd'hui, la fiscalité écologique, en l'occurrence, qu
'est
-ce qu'elle finance ? Savez-vous ? Le CICE. En clair, vous allez payer plus votre carburant pour que Total ait encore plus de crédit d'impôt. C'est-à
-dire
qu
'elle
est vraiment la double peine. Donc, oui, il
y
a aujourd'hui une forme de gouvernement sans tête.
C
'est-à-dire qu'à partir du moment où on en reste à un modèle économique qui parie uniquement sur la croissance, croissance qui ne vient pas, qu'on espère que ça baissera le chômage parce qu'on fera de la croissance. Ça ne baisse pas le chômage et il n
'y a
pas de croissance. Tant qu'on ne change pas ce logiciel-là, je pense qu'on en sera toujours à prendre des mesures qui désespéreront tout le monde. C'est ce qui se passe aujourd'hui en France.
Déclaration d'Emmanuel Macron également ce matin. Après l'agression d'une enseignante par une arme factice, par un jeune lycéen qui a utilisé une arme factice, Emmanuel Macron n'exclut pas de mettre des policiers à l'école mais il faut toujours que ce soit la communauté pédagogique ou le chef d'établissement qui en décide. Est-ce que c'est une bonne idée
?
Benoît Hamon ? Non, je ne crois pas que l'école doit être le lieu où l'on trouve des policiers. Je vous le dis honnêtement cet épisode-là est un épisode lamentable. Ce gamin qui braque sa professeure mais derrière mais derrière mais quelle classe politique toxique nous avons ? Une classe politique qui instrumentalise cela pour dire il faut des policiers dans l'école,
il
faut des uniformes maintenant, il faut supprimer les allocations familiales de cette famille. C'est toujours la même chose. C'est-à-dire qu'on ne cherche pas à résoudre les problèmes, on cherche de facto à stigmatiser une population systématiquement. Le grand projet
éducatif... Ou alors à
rétablir une forme de fermeté et d'autorité. Pardon, vous
appelez ça une stigmatisation d'une population ? De
quoi parlez-vous quand vous dites un policier par établissement ?
Pardon, c'est pas ce qu'il
dit. Là, c
'est
vous qui faites de la caricature.
A la demande des chefs d'établissement
des opérations ponctuelles de policiers à l'école.
C'est ça.
Moi, je pense aujourd'hui que la grande question qui nous est posée c'est celle de l'éducation.
C
'est-à-dire du contenu de la scolarité des enfants, de la formation des enseignants, du fait qu'il
y
ait plus d'adultes dans les écoles. Alors prenons les choses clairement. Plutôt que de mettre quelques policiers à la demande des chefs d'établissement, pourquoi supprime-t
-on
des postes de professeurs dans le second degré
?
Pourquoi n'y
a
-t-il pas assez de médecins scolaires aujourd'hui dans le premier degré ? C'est ça la réalité. Aujourd'hui, on pense qu
'on
va mieux éduquer avec moins d'adultes. Eh bien non, ça ne marchera pas. Et puis, si on doit parler encore d'égalité, moi, je continue à penser aujourd'hui que ce qui explique qu'il y ait autant de contournements de la carte scolaire, c'est le fait que le secteur privé n
'ait
aucune obligation dans ce domaine-là. Je reprends donc ma proposition de l'élection présidentielle. Je considère que secteur privé et secteur public, en tout cas école publique et école privée qui participent au service public d'éducation nationale, doivent avoir les mêmes obligations en termes de mixité sociale.
Benoît Hamon, l'exécutif entame la révision de certains articles de la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État, notamment la question du financement des cultes. N'est-ce pas là une urgence de remettre le système à plat et notamment cet aspect-là, l'argent
? Bon,
là, on va autoriser à des associations culturelles le fait de pouvoir faire de l'argent, de faire de la spéculation immobilière, etc.
De vendre des immeubles de rapport.
Oui, vendre ou louer déjà. Bon, c'est ce dont on parle aujourd'hui. Bon, moi, je ne
suis
pas persuadé que ce soit aujourd'hui nécessaire d'aller dans cette direction-là. J'ai surtout, je pointe un sujet. Attention, la loi de 1905, c'est incendiaire.
Le
gouvernement a des problèmes aujourd'hui sur les questions sociales, a des problèmes sur les questions économiques. Même sur le plan institutionnel, nos institutions sont fragilisées par le comportement du président de la République et de son propre entourage. Et on nous sort, là, opportunément, la question de la loi de 1905 qu'il faudrait modifier. Moi, je dis aujourd'hui que la loi de 1905, on a très bien fonctionné avec jusqu'ici, qu'ouvrir un débat sur la loi de 1905, si ça devait nous ramener, vu l'état de la société française et d'une grande partie de la classe politique à un débat uniquement sur l'islam, ce serait, là
encore...
C
'est ça le risque
? Mais oui, je pense que c'est un risque aujourd'hui. Et en tout cas, ce que je considère, c'est que sur cette affaire des immeubles de rapports qu'il faudrait permettre de vendre, c'est-à-dire, en gros, comment financer les cultes, et en l'occurrence, le culte protestant et le culte musulman, je ne crois pas que ce soit prioritaire aujourd'hui.
Il n
'y
a pas une question sur le financement de l'islam aujourd'hui en France, qui est financé par l'Arabie Saoudite et d'autres États du Golfe
?
Je ne dis pas qu'il n
'y a
pas une question de financement, j'avais moi-même proposé, je n'étais pas le seul qu'on puisse le financer par une taxe sur les produits halal.
Donc,
je considère qu'il y a...
Donc, le
gouvernement ouvre le sujet, ne vous semble pas... Oui,
mais j'interroge le moment où il le fait et je pense que ce moment n'est pas du hasard.
Ségolène Royal, les Européennes, Ségolène Royal réfléchit à une liste ouverte qui agrégerait tous ceux qui pourraient se retrouver sur une plateforme essentiellement écologique. Est-ce que vous pourriez en être, Benoît Hamon
? Écoutez,
tout ça, c'est...
La
gauche, elle ne réglera pas la question de savoir comment on s'en sort par le fait d'essayer de rabibocher le papa du PS avec la maman des Verts. Ce n
'est
pas une histoire de famille recomposée qu'on reconstruirait avec les vieux appareils. Tout ça, c'est fini.
Ces
appareils, ils n'existent plus. La seule manière de reconstruire la gauche, justement, c'est de se débarrasser de ce trop-plein d'hommes ou de femmes providentiels pour repenser des solutions. Je le redis.
Nous,
ce qu'on a construit et que nous construisons encore, c'est une dynamique citoyenne. Donc moi, je m'ouvre vers toutes celles et ceux qui veulent construire cela, mais je vous dis, moi,
les appareils...
Elle vous dit la même chose
? Elle s'ouvre
également
?
Je vais vous parler. Franchement, toutes ces histoires de places, de postes, de gens qui veulent garder leur place donc restent bien au chaud dans leurs appareils, c'est
terminé. Vous pensez aux électeurs parfois ou pas, Benoît Hamon ? Non, mais parfois, qui se disent,
on va en entendre au standard, j'ai une demi-douzaine de formations de gauche, qu'est-ce que je fais
si j'ai envie de voter pour l'une ou pour l'autre
?
Et
que ça serve éventuellement
à quelque chose
? Traquez-vous de la Vème République. Ça n'est plus une affaire d'appareil. Ça n'est plus une affaire de petites histoires de places et de postes si on ne comprend pas aujourd'hui que, justement, face au péril populiste et l'impasse libérale, on a besoin d
'une solution et d'une dynamique triste. Non,
mais ce que je souhaite, c'est qu'il y ait sur la liste qui portera l'écologie, la justice sociale et le désir de construire l'Europe demain aux élections européennes. Je veux qu
'il
y
ait
des infirmières. Moi, je veux qu'il y
ait
des gens qui s'engagent sur les questions écologistes sur le terrain. Je veux qu
'il
y
ait
des intellectuels. Je veux qu
'il
y ait des politiques. Mais ça ne peut
pas commencer. Vous le loupez tous.
Oui, mais ça ne peut pas commencer par le fait que quelqu'un dise écoutez, moi, je suis là et que les choses se rassemblent autour de moi. Ce n'est plus possible. Moi,
je
dis
que ce n'est plus possible. Pardon, mais
c'est ce que vous dites un peu quand vous dites je vais conduire une liste aux européennes et j'appelle les autres à venir à moi. Ce
n
'est
absolument pas ce que je viens de dire. Je viens de vous dire que nous faisons cela
et
jusqu'à présent, je n
'ai
jamais dit je vais conduire une liste, rassemblez-moi, rassemblez-vous derrière moi. J'ai dit exactement le contraire. Inscrivons-nous dans une dynamique citoyenne. Je le redis, génération, vous pouvez le faire, appel à des candidatures citoyennes et nous retiendrons des candidatures
hors
de Nord.
Est-ce que ce n
'est
pas le moment quand vous voyez qu'en Allemagne les Verts aux dernières élections régionales étaient à plus de 20% ? Est-ce que ce n
'est
pas le moment de donner sa chance aux Verts ? Luc Carvounas, par exemple, du Parti Socialiste, appelle à une grande alliance arc-en-ciel derrière quelqu'un qui s'appelle Yannick Jadot derrière les Verts
?
Est-ce que ce n'est pas le moment d'y aller, de vous allier derrière les Verts
?
On est encore... C'est incroyable.
Je
veux dire, c'est une affaire de parti. Mais les Verts
ne sont pas moins en crise. Vous pouvez faire une tête de liste sans tête de liste. Justement,
moi, je ne veux pas être prisonnier. Écoutez, je l'ai fait une élection présidentielle.
J
'ai vu les chaînes et les boulets que représentaient les partis politiques dans cette élection présidentielle. J'ai porté des idées et ces idées ont été systématiquement tirées vers le bas parce qu'il y avait des appareils politiques et des petits calculs. Eh bien, c'est terminé. Moi, je ne marche plus là-dedans. Je ne commencerai pas par discuter avec des appareils qui ne cherchent que leur propre survie. Vous voulez des idées nouvelles ? Eh bien,
il va
bien falloir vous habituer à faire en sorte ou à comprendre que ces idées nouvelles, elles sont dans la société, rarement dans les partis politiques.
Et il faudra bien quelqu'un pour les porter. On va au standard. Aurélie, bonjour. Bonjour à tous. Bonjour, M. Hamon. On vous écoute,
Aurélie. Je pense
que
c'est possible
à tout ce que vous venez de dire, mis à part sur l'union des gauches
que
vous semblez refuser. Je change ma question, je suis désolée, mais du coup, moi, je ne suis pas d'accord avec vous dans le sens où je pense qu'une alliance avec un François Ruffin pourrait être possible. Je pense que il y a une possibilité pour la gauche de percer et de vaincre face à Macron en 2022. Ce sera l'union des gauches et ça passera par une personne. Merci pour cette question. La ligne est un tout petit peu mauvaise. Mille excuses. Benoît Hamon vous répond.
Mais moi, je suis d'accord. Je n
'ai
pas entendu le prénom et le nom de votre éditrice. Je suis d'accord avec Aurélie. Moi, je ne crois pas aux gauches irréconciliables.
Je
dis juste qu'il y a deux chemins et que le chemin que nous, nous proposons, ce n'est pas celui d'une gauche nostalgique et refont en charte qui ne se réfère qu'aux victoires passées et qui ne pensent pas à
l
'avenir. Moi, je ne pense pas que la solution soit le dégagisme. Je le dis. Je l'assume comme tel. Donc, à partir de là, on peut effectivement réconcilier les gauches et on peut en tout cas leur proposer un chemin commun. Mais que ce soit clair, à chaque fois, on nous donne des noms. Formidables, les noms. Mais voilà, la gauche,
c
'est un beaucoup, beaucoup, beaucoup d'hommes et de femmes providentiels. Pas beaucoup, beaucoup, beaucoup d'idées. Repartons des idées. Repartons des dynamiques citoyennes. Ça me semble être aujourd'hui la priorité.
Myrtille sur l'application France Inter revient sur vos propos vers 8h20. Quelle est la différence entre ce que vous appelez ouragan citoyen et la quantité significative de votes pour le populisme ? Ce sont les populistes qui rassemblent aujourd'hui la quantité de suffrages capables d'être appelés ouragan.
Mais
elle a raison. La question, c'est faut-il s'y résigner ? Et moi, je ne m'y résigne pas. Parce qu'à la fin, qu'est-ce qui se passera ? On est... Pardon de faire... Je ne sais pas si cette question m'invite à faire une référence aux déclarations du président de la République et ce qu'il a appelé son itinérance mémorielle.
Mais... Qu
'est-ce que c'est la mémoire de la Première Guerre mondiale ?
Quand
vous avez lu Jeune Voix ou quand vous avez lu Éric Maria rémarqué de l'autre côté du Rhin, ça disait quoi ? Que le vrai héroïsme, ce n'était pas oublié qu'on était des hommes. Même au milieu des tranchées, même dans la peur de la guerre, même dans ces moments qui étaient des moments d'une douleur et d'une souffrance incroyables. Ils n'oubliaient pas qu'ils étaient des hommes.
C
'est ça qui était héroïque. Quelle leçon on en tire aujourd'hui, nous
? Alors
que c'est prodigieusement plus facile
de
ne pas oublier qu'on est des hommes et que tous ceux qui sont à côté de nous sont nos semblables, même quand ils viennent de l'autre côté de la Méditerranée.
Et
bien moi, j'en tire comme leçon que justement, aujourd'hui, face au populisme qui érige celui qui traverse la Méditerranée comme l'adversaire, l'ennemi de nos modes de vie, de notre civilisation, aujourd'hui, les leçons que je tire de tout cela,
c
'est qu'il faut se comporter en homme avec ses semblables. Et j'en tire une autre leçon pour le président de la République, au passage.
C
'est qu'on ne peut pas avoir, être profondément ému
devant
un ossuaire, devant tous ces morts et continuer à vendre des armes, à armer des pays
qui
massacrent des populations civiles comme l'Arabie Saoudite le fait au Yémen. Se désintéresser aujourd'hui
de
ce que nous faisons et de la responsabilité que nous prenons
dans
son itinérance mémorielle, moi je vois une grande errance morale et éthique
à
évoquer le souvenir de nos morts
et
j'y suis profondément attaché et j'essaye d'en tirer des leçons. Si je gouvernais demain ou si je gouvernais aujourd'hui, la leçon que je tirerais pour mon pays, ce serait justement d'interroger
la
responsabilité de la France en matière de vente d'armes
parce
que nous exportons ailleurs les massacres que nous ne voulons plus voir se produire chez nous.
Benoît Hamon, la panthéonisation du mémorialiste Maurice Genevoix, c'est une bonne idée
?
Écoutez,
moi
j'ai, oui, en tout cas moi j'ai beaucoup aimé Maurice Genevoix, je l'ai lu dans mes années de lycée, comme ça faisait partie de ces lectures qui sont des lectures qui vous touchent, vous marquent. En tout cas, je crois que la panthéonisation, si c'est un exercice seulement de communication,
si
c'est un moyen pour le président de la République ou pour le pouvoir de faire parler de lui, si c'est finalement creux au sens éthique, bon, je trouve que ça perd de son intérêt et de son sens.
Vous l'avez discrédité d'avance ?
Non,
ce que je veux simplement dire c'est qu'il faut en tirer des leçons, c
'est
qu'on ne
peut
pas seulement parler. Il y a un moment, je vais vous dire, c'est comme le comte d'Andersen, il
y
a un petit garçon qui va se réveiller,
il
va dire le roi est nu. Parce que moi j'écoute le président de la République, le roi est nu. Il parle, il parle, mais j'espère que ce petit garçon ou en tout cas ses petites filles et ses petits garçons, ce sera l'ouragan citoyen qui dira à un moment le roi est nu, qu'il cesse de parler, qu'il cesse d'avoir des mots si éloignés des actes qu'il pose. Et c'est valable pour le débat européen. Mais que le libéral qu'il est regarde en face le monstre qu'il a engendré dans le nationalisme. Pensez que ceux qui ont cassé les services publics, le droit au travail, n'ont pas de responsabilité dans ce monstre populiste et nationaliste, c'est fou.
Donc oui, moi je vous le dis, le plus important, redresser la tête aux femmes et aux hommes de gauche, c'est une émission importante. Ici c'est celle où on annonce les démissions. Moi je pense qu'il
y a
une démission politique qui est très importante, qui est celle parfois des citoyens devant une classe politique toxique. C'est le moment de relever la tête et de ne pas se laisser piéger par le même match qu'au présidentiel entre les nationalistes et les libéraux. Parce que ça, ce serait le pire pour la démocratie et le pire pour nos enfants.
Benoît Hamon, merci d'avoir été au micro d'Inter.
Benoît Hamon