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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 6 novembre 2018 24 minContradictoireActualité / polémiqueTransportsEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Benoît Hamon réagit aux annonces d'Emmanuel Macron sur les transports : "Le Président nous parle de centimes"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous, avec vos valeurs et vos principes, pouvez opposer à des hommes politiques qui sont dans un autre espace où ces règles et ces principes sont récusés ?

  • 3:05RelanceRéponse partielle

    Comment on les porte face à des hommes politiques qui sont des ouragans du débat public, et qui n'en respectent plus les règles ?

  • 6:33FerméeRéponse directe

    Benoît Hamon, la hausse des prix du carburant ne passe pas. Au 1er janvier, elle va encore s'accentuer. Vous venez de le dire, vous voulez une économie décarbonée, mais vous avez fustigé ces hausses voulues par l'exécutif. N'est-ce pas de la pure démagogie de votre part ?

  • 8:04OuverteRéponse directe

    Le Président a annoncé un geste pour les foyers les plus modestes obligés de prendre leur voiture en améliorant le chèque énergie. Est-ce que c'est déjà une manière de dire j'ai entendu la grogne ?

  • 11:27OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une bonne idée de mettre des policiers à l'école ?

  • 13:25OuverteRéponse directe

    N'est-ce pas là une urgence de remettre le système à plat et notamment cet aspect-là, l'argent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:07Invité politiqueFait
    « Il y a deux chemins et deux stratégies possibles. La première, ça pourrait être de dire, finalement, le populisme monte, soyons nous-mêmes populistes, soyons dégagistes. »
  • 6:50Invité politiqueChiffre
    « 4 milliards de taxes supplémentaires pour n'en affecter au maximum qu'un milliard à des mesures de transition écologique. »
  • 10:35Invité politiqueFait
    « Le CICE. En clair, vous allez payer plus votre carburant pour que Total ait encore plus de crédit d'impôt. »
  • 12:41Invité politiqueFait
    « Pourquoi supprime-t-on des postes de professeurs dans le second degré ? Pourquoi n'y a-t-il pas assez de médecins scolaires aujourd'hui dans le premier degré ? »
  • 21:27Invité politiqueFait
    « On ne peut pas avoir, être profondément ému devant un ossuaire, devant tous ces morts et continuer à vendre des armes, à armer des pays qui massacrent des populations civiles comme l'Arabie Saoudite le fait au Yémen. »
  • 23:05Invité politiqueFait
    « Le roi est nu. Il parle, il parle, mais j'espère que ce petit garçon ou en tout cas ses petites filles et ses petits garçons, ce sera l'ouragan citoyen qui dira à un moment le roi est nu. »

Temps de parole

  • Benoît Hamon71 %
  • Présentateur12 %
  • Invité9 %
  • ?6 %

≈ 17,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salavé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9, le fondateur du mouvement Génération, ex-candidat à l'élection présidentielle. Question 01-45-24-7000, réseaux sociaux, application France Inter. Bonjour Benoît Hamon. Bonjour Nicolas Demorand. Et merci d'être ici en studio ce matin, que ce soit au Brésil ou aux Etats-Unis pendant la campagne des midterms. On a pu voir jusqu'à très tard, on l'entendait dans les journaux ce matin, se déployer, parfois se déchaîner. Toute la rhétorique populiste avec ce qu'elle suscite de clivage, de polarisation extrême et de manipulation des faits, même pointer et déconstruire les mensonges semble ne plus avoir d'effet.

Alors vous, Benoît Hamon, vous travaillez avec des chercheurs, avec des intellectuels, vous dénoncez les outrances et la violence verbale, par exemple à l'encontre des minorités, mais aussi à l'encontre des journalistes. Est-ce qu'on peut essayer de réfléchir quelques instants à ce moment ? Qu'est-ce que vous, avec vos valeurs et vos principes, pouvez opposer à des hommes politiques qui sont dans un autre espace où ces règles et ces principes sont récusés

1:06
Locuteur

? Écoutez,

1:08
Benoît Hamon

d'abord, je pense que la question à laquelle on doit répondre, c'est effectivement comment s'en sort-on

1:12
Locuteur

?

1:13
Benoît Hamon

Il y a des populistes qui montent partout, on est en capacité d'en faire l'analyse, on est même en capacité de dire que les libéraux ont une responsabilité immense aujourd'hui dans la montée aux extrêmes. Comment s'en sort-on

1:23
Locuteur

? Et

1:24
Benoît Hamon

comment s'en sort-on ? En France et en Europe pour commencer, puisque c'est la question que nous posent en tout cas des citoyens de gauche qui se sentent orphelins aujourd'hui d'une grande idée, la gauche.

1:33
Locuteur

À

1:33
Benoît Hamon

mon sens, il y a deux choses qu'on doit dire.

1:35
Locuteur

C

1:35
Benoît Hamon

'est que la gauche, c'est un trop-plein d'hommes providentiels et peut-être pas assez d'idées. Un trop-plein d'hommes providentiels, on voit que beaucoup de ceux qui, à gauche, se sont engagés dans les dernières années, l'ont fait selon les règles de la Ve République, c'est-à

1:46
Locuteur

-dire

1:46
Benoît Hamon

en pensant que leur seul génie parviendrait à résoudre tous les problèmes. La question qui nous est posée, c'est le chemin

1:51
Locuteur

que

1:52
Benoît Hamon

l'on propose. Et il y en a deux aujourd'hui à gauche. Moi, je crois qu'il n

1:54
Locuteur

'y a

1:54
Benoît Hamon

qu'une gauche, au fond, toujours, même si elle est aujourd'hui fracturée. Elle est fracturée parce qu'en fait, il y a deux chemins et deux stratégies possibles. La première, ça pourrait être de dire, finalement, le populisme monte, soyons nous-mêmes populistes,

2:07
Locuteur

soyons dégagistes.

2:08
Benoît Hamon

Mais non, soyons dégagistes. Et je veux le dire très sincèrement à ceux dont je me sens proche sur les colères, sur les analyses, que tout ça ne mènera nulle part. Pourquoi ? Parce que derrière, il y a une forme d'esprit revanchard, nostalgique, qui ne met en débat aucune solution de nature, à mon sens, à répondre aux aspirations profondes des classes populaires, mais surtout de régler les problèmes. Donc

2:29
Locuteur

vous ne croyez pas à un

2:30
Invité

populisme de gauche ?

2:31
Locuteur

Je n'y crois pas. Je

2:32
Benoît Hamon

n'y crois pas. Et je pense qu'il faut lui opposer un autre chemin. C'est le chemin sur lequel je me bats depuis maintenant plusieurs années, sur lequel je continuerai à me battre. Et je vais même dire, je vais oublier le jeu sur lequel nous, nous battons. Et ce chemin, c'est quoi ? C'est d'être à nouveau pionnier. Parce que la gauche n'est plus. Pionnière sur les solutions d'avenir. Alors, je pourrais vous revenir sur ce que j'ai essayé de défendre, ou ce que nous avons essayé de défendre pendant la présidentielle, autour d'un nouveau rapport au travail, le revenu universel, la taxe sur les robots, la transition écologique.

Ces questions-là sont centrales, mais il me semble que notre responsabilité aujourd'hui, c'est de proposer une vision positive.

3:05
Locuteur

Mais comment on les porte face à des hommes politiques

3:07
Présentateur

qui sont des ouragans du débat public, et qui n'en respectent plus les règles ?

3:13
Locuteur

C'est aussi

3:13
Présentateur

ça la nouvelle réalité.

3:14
Locuteur

On

3:15
Benoît Hamon

leur oppose justement l'ouragan citoyen. On leur oppose l'ouragan de celles et ceux aujourd'hui qui croient d'abord dans l'intelligence collective. Qui croient qu'aujourd'hui, on est beaucoup plus forts dès lors qu

3:25
Locuteur

'on

3:25
Benoît Hamon

se met ensemble. Je crois beaucoup à cela. Parce que ce que je vois aujourd'hui, c'est qu'il

3:29
Locuteur

y a

3:29
Benoît Hamon

une vraie résurgence, ou un vrai retour des intellectuels de gauche dans le débat politique en France. Oui, j'y crois moi. Je pense qu'il y avait un débat politique ou un débat intellectuel dominé par des intellectuels de droite, ou issus de la gauche devenus de droite. Aujourd'hui, il

3:43
Locuteur

y a

3:43
Benoît Hamon

un retour des intellectuels.

3:44
Locuteur

Il

3:44
Benoît Hamon

y a un retour de la prise de parole citoyenne.

3:46
Locuteur

C

3:46
Benoît Hamon

'est d'ailleurs la raison pour laquelle Génération, se présentant aux élections européennes, fait un appel à des candidatures citoyennes. Et je peux vous dire qu'elles sont d'ores et déjà nombreuses. Mais moi, je crois à cet ouragan collectif et ouragan citoyen face à l'ouragan Bolsonaro, face à l'ouragan Trump.

3:59
Locuteur

Alors justement, pardonnez-moi, on va parler des

4:01
Invité

européennes, mais comme l'actualité de cette semaine, c'est avant tout les midterms aux Etats-Unis, on attend de voir le résultat demain matin. Mais si on regarde les deux premières années de Donald Trump au pouvoir, il ne s'est pas effondré, contrairement à ce que préconisaient ou espéraient beaucoup de gens aux Etats-Unis. L'économie va bien, le chômage n'a jamais été aussi bas. Est-ce qu'au fond, au bout de deux ans d'un populiste

4:24
Locuteur

au

4:25
Invité

pouvoir, est-ce qu'il n

4:26
Locuteur

'a

4:26
Invité

pas réussi une partie de son pari, Donald Trump ?

4:28
Benoît Hamon

Vous pourriez dire qu'il y a un attentat antisémite qui fait...

4:32
Locuteur

Ce n'est pas la faute de Donald Trump. Non, mais

4:33
Benoît Hamon

d'accord, mais qu'il y

4:34
Locuteur

a

4:34
Benoît Hamon

un niveau de violence, de haine dans la société américaine qui n'a jamais été aussi élevé. Et qui a été probablement, même pas probablement, sûrement accentué

4:42
Locuteur

par rapport... Oui, enfin, jusque-là, ça

4:43
Présentateur

n'a pas fragilisé sa base électorale. Mais la question, nous verrons après les élections.

4:46
Locuteur

Bien sûr, on n'est pas en train de... Bien sûr, mais moi, je

4:49
Invité

vous pose la question.

4:50
Locuteur

Vous observez les Etats-Unis. Attendez le verdict des urnes. J'entends bien,

4:53
Invité

on ne fait pas de prophétie, mais tout de même, sur les résultats économiques et sur l'effondrement espéré, les

4:59
Benoît Hamon

résultats économiques. De quoi parle-t-on ? Ce pays fait de la croissance en méprisant l'environnement et l'écologie. On est obsédé par le court terme. Il faut qu'on se désintoxique de

5:07
Locuteur

cette...

5:07
Benoît Hamon

Le chômage

5:08
Locuteur

baisse, Benoît. Non, mais

5:09
Benoît Hamon

le chômage baisse. Il ne baisse pas chez nous et on n

5:11
Locuteur

'a

5:11
Benoît Hamon

pas de résultats économiques. Pourtant, ce sont les mêmes politiques libérales. Donc, vous voyez, on peut avoir des prétendus bons résultats aux Etats-Unis, mais qui se font au prix d'une consommation des ressources fossiles, d'une destruction de l'environnement, d'une prédation de nos écosystèmes qui est insoutenable à court terme. Je ne parle même pas à moyen et long terme. Donc, ça n'est pas un bon modèle. Et en Europe, ça ne marche pas. Et pour autant, d'ailleurs, on n

5:32
Locuteur

'est

5:32
Benoît Hamon

pas beaucoup plus vertueux sur le plan écologique. Ce que je conteste, si vous voulez, Léo Salamé, c'est que les résultats

5:37
Locuteur

sur

5:38
Benoît Hamon

lesquels se demandent à être jugés ces populistes, qui sont tous millionnaires ou milliardaires, qui méprisent le peuple. Ce sont des milliardaires

5:45
Locuteur

qui ont organisé le Brexit en Angleterre. Ça ne les empêche pas d'être élus et de voir le peuple voter pour eux.

5:48
Benoît Hamon

Trump est milliardaire, Le Pen est millionnaire, Bolsonaro est extrêmement riche. Ceux-là demandent à être jugés sur quoi ? Sur une idéologie totalement obsolète. Une idéologie obsolète, y compris sur les questions économiques. On les appelle les carbo-fascistes. Oui, ils croient dans le productivisme. Oui, ils croient dans l'agriculture intensive. Oui, ils croient qu'on peut dompter, qu'on doit même dominer la nature et finalement tout dominer. Nous, nous ne croyons pas cela. Eh bien, opposons-leur. Le projet politique, c'est ce que je défends, un projet des solutions. Et parmi ces solutions d'avenir, prenons-en une pour la France, puisqu'on parle de la France.

6:19
Locuteur

Je

6:20
Benoît Hamon

pense aujourd'hui que nous devons nous fixer un objectif, 2050, première économie décarbonée.

6:25
Locuteur

Cela peut mobiliser toutes les énergies en France. Venons-y.

6:28
Présentateur

Commençons par ce qui se passe en ce moment, sur la colère d'un certain nombre d'automobilistes qui continuent à monter. Benoît Hamon, la hausse des prix du carburant ne passe pas. Au 1er janvier, elle va encore s'accentuer. Vous venez de le dire, vous voulez une économie décarbonée, mais vous avez fustigé ces hausses voulues par l'exécutif. N'est-ce pas de la pure démagogie de votre part ?

6:48
Benoît Hamon

Non, c'est parce qu'il y a une pure arnaque écologique. Pardon de le dire, 4 milliards de taxes supplémentaires pour n'en affecter au maximum qu'un milliard à des mesures de transition

6:56
Locuteur

écologique. Il faut bien commencer quelque part, non ? Ben non,

6:58
Benoît Hamon

alors commençons, clairement. Mettons en place une TVA réduite sur les transports en commun et transports collectifs. Mettons en place une TVA réduite sur l'achat de véhicules propres. Faisons en sorte que demain, Total, qui fait 10 milliards d'euros, non, dollars, pardon, de bénéfices, soit taxé, pourquoi ? Parce qu'elle exploite un commun. Les ressources fossiles sont un commun de l'humanité. Au nom de quoi accepte-t-on que sans fiscalité, une entreprise fasse des bénéfices sur l'exploitation et la privatisation de ces communs ? Je vais plus loin. Mettons en place les alternatives. Ne voyez-vous pas que les endroits où on n

7:31
Locuteur

'a

7:31
Benoît Hamon

pas d'autre choix que de prendre la voiture sont les endroits où on est en train de fermer des gares et des lignes de train. Pourquoi ? Parce que les mêmes qui augmentent le prix des carburants sont ceux aussi qui, au nom de la rentabilité, remettent en cause les services publics. Qu'est-ce que moi j'ai entendu

7:45
Locuteur

quand j'étais

7:45
Benoît Hamon

dans l'Indre ou à Prade, dans les Pyrénées-Orientales, la semaine dernière ? J'ai entendu qu'une chose. On est tous égaux devant l'impôt. On paye le même impôt où on habite. Mais on n'a pas, pour certains, ni de maternité, ni d'école, ni de train.

7:58
Locuteur

D'accord, pardon, les assalamés. Mais c'est ça qui est fondamental aujourd'hui. Pardon,

8:01
Invité

l'actualité, c'est aussi les déclarations du Président de la République ce matin sur ce sujet-là. Et je voudrais savoir ce que vous en pensez. Le Président a annoncé justement un geste pour les foyers les plus modestes, obligés de prendre leur voiture en améliorant notamment le chèque énergie. Et il veut étendre la défiscalisation des aides au transport. Est-ce que c'est déjà une manière de dire j'ai entendu la

8:18
Locuteur

grogne ? Mais on est

8:18
Benoît Hamon

dans une affaire de centimes. On voudrait aujourd'hui, on parle de transformer notre modèle économique et le Président de la République nous répond par des centimes. Il fait l'aumône à ceux qui voient leur facture de carburant augmenter de quelques centimes. Ça n'est pas sérieux. Ça n'est pas sérieux, mais c'est surtout, plus globalement, c'est qu'on ne conçoit pas aujourd'hui, sérieusement, comment organiser cette transition écologique. C'est pas pareil, effectivement, de faire la guerre aux voitures en milieu rural qu'à Paris. Ça n'a pas la même signification. Mais ce que je dis, c'est que chaque fois qu'on ferme une ligne de train, chaque fois qu

8:50
Locuteur

'on

8:50
Benoît Hamon

ferme une ligne de train,

8:52
Locuteur

on

8:52
Benoît Hamon

augmente l'impact de la circulation automobile sur les émissions de gaz à effet de serre et les émissions de particules fines. Donc, le choix du

8:58
Locuteur

gouvernement... Donc, la

8:59
Présentateur

fiscalité écologique sur les carburants, on arrête.

9:01
Locuteur

C'est ça, Benoît Hamon, si on vous entend ? Je pense

9:03
Benoît Hamon

que la fiscalité en général, c'est une sorte de piano où on touche un jour la taxe d'habitation, un jour la fiscalité écologique. Moi, je pense, je le dis depuis longtemps, qu'il faut une grande réforme fiscale qui repense les prélèvements et sur le patrimoine et sur le travail, que je pense qu'on a une fiscalité qui n

9:18
Locuteur

'est

9:18
Benoît Hamon

pas du tout adaptée aux besoins de notre époque. On ne regarde pas ce qu'est la transformation numérique et le fait que la richesse est de plus en plus créée par des robots et des machines qu'on ne taxe pas. C'est invraisemblable.

9:28
Locuteur

On ne gardera pas notre

9:29
Benoît Hamon

sécurité sociale si on continue comme cela.

9:31
Locuteur

Vous serez

9:32
Invité

dans la rue le 17 novembre. Vous participerez au grand blocage des gilets jaunes qu'on appelle le mouvement ?

9:36
Benoît Hamon

Non, je peux être parfaitement solidaire du fait qu'on s'inquiète de son pouvoir d'achat. Je ne rentrerai pas dans des manifestations dans lesquelles on criera abat l'impôt en général alors que l'impôt peut être juste et qu'il est même nécessaire à la redistribution, abat les services publics, abat l'État, abat le parlementarisme. Ça peut être tout et le plus grave, le 17. Donc moi, je tiens à ce qu'à la fois on donne des solutions en matière de transition écologique et qu'on rappelle que même sur cette question, il faut arrêter de se fracturer.

Moi, je serai à la manif pour le climat, à la manifestation pour le climat, mais je souhaite que ceux qui manifestent pour la justice sociale et sincèrement le 17, se retrouvent aussi avec ceux qui manifestent pour le climat. Il faudrait aussi pouvoir se retrouver sur des enjeux

10:16
Locuteur

aussi importants. Il y a

10:17
Présentateur

hystérie fiscale de la part de l'exécutif comme le dit Ségolène Royal. Vous le diriez dans ces termes

10:22
Locuteur

? Je

10:24
Benoît Hamon

ne sais pas si c'est de l'hystérie fiscale. Surtout qu'on a un gouvernement qui fait comme les précédents. Là, aujourd'hui, la fiscalité écologique, en l'occurrence, qu

10:33
Locuteur

'est

10:33
Benoît Hamon

-ce qu'elle finance ? Savez-vous ? Le CICE. En clair, vous allez payer plus votre carburant pour que Total ait encore plus de crédit d'impôt. C'est-à

10:41
Locuteur

-dire

10:41
Benoît Hamon

qu

10:41
Locuteur

'elle

10:41
Benoît Hamon

est vraiment la double peine. Donc, oui, il

10:43
Locuteur

y

10:43
Benoît Hamon

a aujourd'hui une forme de gouvernement sans tête.

10:47
Locuteur

C

10:47
Benoît Hamon

'est-à-dire qu'à partir du moment où on en reste à un modèle économique qui parie uniquement sur la croissance, croissance qui ne vient pas, qu'on espère que ça baissera le chômage parce qu'on fera de la croissance. Ça ne baisse pas le chômage et il n

10:59
Locuteur

'y a

10:59
Benoît Hamon

pas de croissance. Tant qu'on ne change pas ce logiciel-là, je pense qu'on en sera toujours à prendre des mesures qui désespéreront tout le monde. C'est ce qui se passe aujourd'hui en France.

11:09
Invité

Déclaration d'Emmanuel Macron également ce matin. Après l'agression d'une enseignante par une arme factice, par un jeune lycéen qui a utilisé une arme factice, Emmanuel Macron n'exclut pas de mettre des policiers à l'école mais il faut toujours que ce soit la communauté pédagogique ou le chef d'établissement qui en décide. Est-ce que c'est une bonne idée

11:28
Locuteur

?

11:28
Benoît Hamon

Benoît Hamon ? Non, je ne crois pas que l'école doit être le lieu où l'on trouve des policiers. Je vous le dis honnêtement cet épisode-là est un épisode lamentable. Ce gamin qui braque sa professeure mais derrière mais derrière mais quelle classe politique toxique nous avons ? Une classe politique qui instrumentalise cela pour dire il faut des policiers dans l'école,

11:53
Locuteur

il

11:53
Benoît Hamon

faut des uniformes maintenant, il faut supprimer les allocations familiales de cette famille. C'est toujours la même chose. C'est-à-dire qu'on ne cherche pas à résoudre les problèmes, on cherche de facto à stigmatiser une population systématiquement. Le grand projet

12:06
Locuteur

éducatif... Ou alors à

12:07
Invité

rétablir une forme de fermeté et d'autorité. Pardon, vous

12:10
Locuteur

appelez ça une stigmatisation d'une population ? De

12:12
Benoît Hamon

quoi parlez-vous quand vous dites un policier par établissement ?

12:16
Locuteur

Pardon, c'est pas ce qu'il

12:17
Invité

dit. Là, c

12:17
Locuteur

'est

12:17
Invité

vous qui faites de la caricature.

12:20
Locuteur

A la demande des chefs d'établissement

12:22
Invité

des opérations ponctuelles de policiers à l'école.

12:24
Locuteur

C'est ça.

12:24
Benoît Hamon

Moi, je pense aujourd'hui que la grande question qui nous est posée c'est celle de l'éducation.

12:29
Locuteur

C

12:29
Benoît Hamon

'est-à-dire du contenu de la scolarité des enfants, de la formation des enseignants, du fait qu'il

12:35
Locuteur

y

12:35
Benoît Hamon

ait plus d'adultes dans les écoles. Alors prenons les choses clairement. Plutôt que de mettre quelques policiers à la demande des chefs d'établissement, pourquoi supprime-t

12:42
Locuteur

-on

12:42
Benoît Hamon

des postes de professeurs dans le second degré

12:44
Locuteur

?

12:44
Benoît Hamon

Pourquoi n'y

12:45
Locuteur

a

12:45
Benoît Hamon

-t-il pas assez de médecins scolaires aujourd'hui dans le premier degré ? C'est ça la réalité. Aujourd'hui, on pense qu

12:50
Locuteur

'on

12:50
Benoît Hamon

va mieux éduquer avec moins d'adultes. Eh bien non, ça ne marchera pas. Et puis, si on doit parler encore d'égalité, moi, je continue à penser aujourd'hui que ce qui explique qu'il y ait autant de contournements de la carte scolaire, c'est le fait que le secteur privé n

13:03
Locuteur

'ait

13:03
Benoît Hamon

aucune obligation dans ce domaine-là. Je reprends donc ma proposition de l'élection présidentielle. Je considère que secteur privé et secteur public, en tout cas école publique et école privée qui participent au service public d'éducation nationale, doivent avoir les mêmes obligations en termes de mixité sociale.

13:16
Présentateur

Benoît Hamon, l'exécutif entame la révision de certains articles de la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État, notamment la question du financement des cultes. N'est-ce pas là une urgence de remettre le système à plat et notamment cet aspect-là, l'argent

13:30
Locuteur

? Bon,

13:32
Benoît Hamon

là, on va autoriser à des associations culturelles le fait de pouvoir faire de l'argent, de faire de la spéculation immobilière, etc.

13:38
Locuteur

De vendre des immeubles de rapport.

13:39
Benoît Hamon

Oui, vendre ou louer déjà. Bon, c'est ce dont on parle aujourd'hui. Bon, moi, je ne

13:44
Locuteur

suis

13:44
Benoît Hamon

pas persuadé que ce soit aujourd'hui nécessaire d'aller dans cette direction-là. J'ai surtout, je pointe un sujet. Attention, la loi de 1905, c'est incendiaire.

13:57
Locuteur

Le

13:58
Benoît Hamon

gouvernement a des problèmes aujourd'hui sur les questions sociales, a des problèmes sur les questions économiques. Même sur le plan institutionnel, nos institutions sont fragilisées par le comportement du président de la République et de son propre entourage. Et on nous sort, là, opportunément, la question de la loi de 1905 qu'il faudrait modifier. Moi, je dis aujourd'hui que la loi de 1905, on a très bien fonctionné avec jusqu'ici, qu'ouvrir un débat sur la loi de 1905, si ça devait nous ramener, vu l'état de la société française et d'une grande partie de la classe politique à un débat uniquement sur l'islam, ce serait, là

14:27
Locuteur

encore...

14:27
Benoît Hamon

C

14:27
Locuteur

'est ça le risque

14:28
Benoît Hamon

? Mais oui, je pense que c'est un risque aujourd'hui. Et en tout cas, ce que je considère, c'est que sur cette affaire des immeubles de rapports qu'il faudrait permettre de vendre, c'est-à-dire, en gros, comment financer les cultes, et en l'occurrence, le culte protestant et le culte musulman, je ne crois pas que ce soit prioritaire aujourd'hui.

14:45
Invité

Il n

14:45
Locuteur

'y

14:45
Invité

a pas une question sur le financement de l'islam aujourd'hui en France, qui est financé par l'Arabie Saoudite et d'autres États du Golfe

14:49
Locuteur

?

14:49
Benoît Hamon

Je ne dis pas qu'il n

14:50
Locuteur

'y a

14:50
Benoît Hamon

pas une question de financement, j'avais moi-même proposé, je n'étais pas le seul qu'on puisse le financer par une taxe sur les produits halal.

14:56
Locuteur

Donc,

14:56
Benoît Hamon

je considère qu'il y a...

14:58
Locuteur

Donc, le

14:58
Invité

gouvernement ouvre le sujet, ne vous semble pas... Oui,

15:01
Benoît Hamon

mais j'interroge le moment où il le fait et je pense que ce moment n'est pas du hasard.

15:07
Invité

Ségolène Royal, les Européennes, Ségolène Royal réfléchit à une liste ouverte qui agrégerait tous ceux qui pourraient se retrouver sur une plateforme essentiellement écologique. Est-ce que vous pourriez en être, Benoît Hamon

15:15
Locuteur

? Écoutez,

15:17
Benoît Hamon

tout ça, c'est...

15:18
Locuteur

La

15:19
Benoît Hamon

gauche, elle ne réglera pas la question de savoir comment on s'en sort par le fait d'essayer de rabibocher le papa du PS avec la maman des Verts. Ce n

15:30
Locuteur

'est

15:30
Benoît Hamon

pas une histoire de famille recomposée qu'on reconstruirait avec les vieux appareils. Tout ça, c'est fini.

15:35
Locuteur

Ces

15:36
Benoît Hamon

appareils, ils n'existent plus. La seule manière de reconstruire la gauche, justement, c'est de se débarrasser de ce trop-plein d'hommes ou de femmes providentiels pour repenser des solutions. Je le redis.

15:45
Locuteur

Nous,

15:45
Benoît Hamon

ce qu'on a construit et que nous construisons encore, c'est une dynamique citoyenne. Donc moi, je m'ouvre vers toutes celles et ceux qui veulent construire cela, mais je vous dis, moi,

15:52
Locuteur

les appareils...

15:53
Invité

Elle vous dit la même chose

15:54
Locuteur

? Elle s'ouvre

15:55
Invité

également

15:56
Locuteur

?

15:56
Benoît Hamon

Je vais vous parler. Franchement, toutes ces histoires de places, de postes, de gens qui veulent garder leur place donc restent bien au chaud dans leurs appareils, c'est

16:04
Locuteur

terminé. Vous pensez aux électeurs parfois ou pas, Benoît Hamon ? Non, mais parfois, qui se disent,

16:08
Présentateur

on va en entendre au standard, j'ai une demi-douzaine de formations de gauche, qu'est-ce que je fais

16:13
Locuteur

si j'ai envie de voter pour l'une ou pour l'autre

16:16
Présentateur

?

16:16
Locuteur

Et

16:16
Présentateur

que ça serve éventuellement

16:17
Locuteur

à quelque chose

16:18
Benoît Hamon

? Traquez-vous de la Vème République. Ça n'est plus une affaire d'appareil. Ça n'est plus une affaire de petites histoires de places et de postes si on ne comprend pas aujourd'hui que, justement, face au péril populiste et l'impasse libérale, on a besoin d

16:30
Locuteur

'une solution et d'une dynamique triste. Non,

16:33
Benoît Hamon

mais ce que je souhaite, c'est qu'il y ait sur la liste qui portera l'écologie, la justice sociale et le désir de construire l'Europe demain aux élections européennes. Je veux qu

16:43
Locuteur

'il

16:43
Benoît Hamon

y

16:43
Locuteur

ait

16:43
Benoît Hamon

des infirmières. Moi, je veux qu'il y

16:44
Locuteur

ait

16:44
Benoît Hamon

des gens qui s'engagent sur les questions écologistes sur le terrain. Je veux qu

16:47
Locuteur

'il

16:47
Benoît Hamon

y

16:47
Locuteur

ait

16:47
Benoît Hamon

des intellectuels. Je veux qu

16:48
Locuteur

'il

16:48
Benoît Hamon

y ait des politiques. Mais ça ne peut

16:49
Locuteur

pas commencer. Vous le loupez tous.

16:50
Benoît Hamon

Oui, mais ça ne peut pas commencer par le fait que quelqu'un dise écoutez, moi, je suis là et que les choses se rassemblent autour de moi. Ce n'est plus possible. Moi,

16:58
Locuteur

je

16:58
Benoît Hamon

dis

16:58
Locuteur

que ce n'est plus possible. Pardon, mais

16:59
Invité

c'est ce que vous dites un peu quand vous dites je vais conduire une liste aux européennes et j'appelle les autres à venir à moi. Ce

17:03
Benoît Hamon

n

17:03
Locuteur

'est

17:03
Benoît Hamon

absolument pas ce que je viens de dire. Je viens de vous dire que nous faisons cela

17:06
Locuteur

et

17:06
Benoît Hamon

jusqu'à présent, je n

17:08
Locuteur

'ai

17:08
Benoît Hamon

jamais dit je vais conduire une liste, rassemblez-moi, rassemblez-vous derrière moi. J'ai dit exactement le contraire. Inscrivons-nous dans une dynamique citoyenne. Je le redis, génération, vous pouvez le faire, appel à des candidatures citoyennes et nous retiendrons des candidatures

17:21
Locuteur

hors

17:22
Benoît Hamon

de Nord.

17:22
Invité

Est-ce que ce n

17:23
Locuteur

'est

17:23
Invité

pas le moment quand vous voyez qu'en Allemagne les Verts aux dernières élections régionales étaient à plus de 20% ? Est-ce que ce n

17:28
Locuteur

'est

17:28
Invité

pas le moment de donner sa chance aux Verts ? Luc Carvounas, par exemple, du Parti Socialiste, appelle à une grande alliance arc-en-ciel derrière quelqu'un qui s'appelle Yannick Jadot derrière les Verts

17:37
Locuteur

?

17:37
Invité

Est-ce que ce n'est pas le moment d'y aller, de vous allier derrière les Verts

17:40
Locuteur

?

17:40
Benoît Hamon

On est encore... C'est incroyable.

17:43
Locuteur

Je

17:43
Benoît Hamon

veux dire, c'est une affaire de parti. Mais les Verts

17:46
Locuteur

ne sont pas moins en crise. Vous pouvez faire une tête de liste sans tête de liste. Justement,

17:50
Benoît Hamon

moi, je ne veux pas être prisonnier. Écoutez, je l'ai fait une élection présidentielle.

17:54
Locuteur

J

17:54
Benoît Hamon

'ai vu les chaînes et les boulets que représentaient les partis politiques dans cette élection présidentielle. J'ai porté des idées et ces idées ont été systématiquement tirées vers le bas parce qu'il y avait des appareils politiques et des petits calculs. Eh bien, c'est terminé. Moi, je ne marche plus là-dedans. Je ne commencerai pas par discuter avec des appareils qui ne cherchent que leur propre survie. Vous voulez des idées nouvelles ? Eh bien,

18:16
Locuteur

il va

18:16
Benoît Hamon

bien falloir vous habituer à faire en sorte ou à comprendre que ces idées nouvelles, elles sont dans la société, rarement dans les partis politiques.

18:23
Présentateur

Et il faudra bien quelqu'un pour les porter. On va au standard. Aurélie, bonjour. Bonjour à tous. Bonjour, M. Hamon. On vous écoute,

18:30
Locuteur

Aurélie. Je pense

18:30
Présentateur

que

18:30
Locuteur

c'est possible

18:30
Présentateur

à tout ce que vous venez de dire, mis à part sur l'union des gauches

18:35
Locuteur

que

18:35
Présentateur

vous semblez refuser. Je change ma question, je suis désolée, mais du coup, moi, je ne suis pas d'accord avec vous dans le sens où je pense qu'une alliance avec un François Ruffin pourrait être possible. Je pense que il y a une possibilité pour la gauche de percer et de vaincre face à Macron en 2022. Ce sera l'union des gauches et ça passera par une personne. Merci pour cette question. La ligne est un tout petit peu mauvaise. Mille excuses. Benoît Hamon vous répond.

19:03
Benoît Hamon

Mais moi, je suis d'accord. Je n

19:04
Locuteur

'ai

19:04
Benoît Hamon

pas entendu le prénom et le nom de votre éditrice. Je suis d'accord avec Aurélie. Moi, je ne crois pas aux gauches irréconciliables.

19:10
Locuteur

Je

19:11
Benoît Hamon

dis juste qu'il y a deux chemins et que le chemin que nous, nous proposons, ce n'est pas celui d'une gauche nostalgique et refont en charte qui ne se réfère qu'aux victoires passées et qui ne pensent pas à

19:20
Locuteur

l

19:20
Benoît Hamon

'avenir. Moi, je ne pense pas que la solution soit le dégagisme. Je le dis. Je l'assume comme tel. Donc, à partir de là, on peut effectivement réconcilier les gauches et on peut en tout cas leur proposer un chemin commun. Mais que ce soit clair, à chaque fois, on nous donne des noms. Formidables, les noms. Mais voilà, la gauche,

19:38
Locuteur

c

19:38
Benoît Hamon

'est un beaucoup, beaucoup, beaucoup d'hommes et de femmes providentiels. Pas beaucoup, beaucoup, beaucoup d'idées. Repartons des idées. Repartons des dynamiques citoyennes. Ça me semble être aujourd'hui la priorité.

19:48
Présentateur

Myrtille sur l'application France Inter revient sur vos propos vers 8h20. Quelle est la différence entre ce que vous appelez ouragan citoyen et la quantité significative de votes pour le populisme ? Ce sont les populistes qui rassemblent aujourd'hui la quantité de suffrages capables d'être appelés ouragan.

20:07
Locuteur

Mais

20:07
Benoît Hamon

elle a raison. La question, c'est faut-il s'y résigner ? Et moi, je ne m'y résigne pas. Parce qu'à la fin, qu'est-ce qui se passera ? On est... Pardon de faire... Je ne sais pas si cette question m'invite à faire une référence aux déclarations du président de la République et ce qu'il a appelé son itinérance mémorielle.

20:24
Locuteur

Mais... Qu

20:25
Benoît Hamon

'est-ce que c'est la mémoire de la Première Guerre mondiale ?

20:28
Locuteur

Quand

20:28
Benoît Hamon

vous avez lu Jeune Voix ou quand vous avez lu Éric Maria rémarqué de l'autre côté du Rhin, ça disait quoi ? Que le vrai héroïsme, ce n'était pas oublié qu'on était des hommes. Même au milieu des tranchées, même dans la peur de la guerre, même dans ces moments qui étaient des moments d'une douleur et d'une souffrance incroyables. Ils n'oubliaient pas qu'ils étaient des hommes.

20:48
Locuteur

C

20:48
Benoît Hamon

'est ça qui était héroïque. Quelle leçon on en tire aujourd'hui, nous

20:51
Locuteur

? Alors

20:52
Benoît Hamon

que c'est prodigieusement plus facile

20:54
Locuteur

de

20:55
Benoît Hamon

ne pas oublier qu'on est des hommes et que tous ceux qui sont à côté de nous sont nos semblables, même quand ils viennent de l'autre côté de la Méditerranée.

21:00
Locuteur

Et

21:01
Benoît Hamon

bien moi, j'en tire comme leçon que justement, aujourd'hui, face au populisme qui érige celui qui traverse la Méditerranée comme l'adversaire, l'ennemi de nos modes de vie, de notre civilisation, aujourd'hui, les leçons que je tire de tout cela,

21:13
Locuteur

c

21:14
Benoît Hamon

'est qu'il faut se comporter en homme avec ses semblables. Et j'en tire une autre leçon pour le président de la République, au passage.

21:20
Locuteur

C

21:20
Benoît Hamon

'est qu'on ne peut pas avoir, être profondément ému

21:25
Locuteur

devant

21:25
Benoît Hamon

un ossuaire, devant tous ces morts et continuer à vendre des armes, à armer des pays

21:30
Locuteur

qui

21:31
Benoît Hamon

massacrent des populations civiles comme l'Arabie Saoudite le fait au Yémen. Se désintéresser aujourd'hui

21:37
Locuteur

de

21:38
Benoît Hamon

ce que nous faisons et de la responsabilité que nous prenons

21:40
Locuteur

dans

21:41
Benoît Hamon

son itinérance mémorielle, moi je vois une grande errance morale et éthique

21:45
Locuteur

à

21:46
Benoît Hamon

évoquer le souvenir de nos morts

21:48
Locuteur

et

21:48
Benoît Hamon

j'y suis profondément attaché et j'essaye d'en tirer des leçons. Si je gouvernais demain ou si je gouvernais aujourd'hui, la leçon que je tirerais pour mon pays, ce serait justement d'interroger

22:02
Locuteur

la

22:03
Benoît Hamon

responsabilité de la France en matière de vente d'armes

22:06
Locuteur

parce

22:07
Benoît Hamon

que nous exportons ailleurs les massacres que nous ne voulons plus voir se produire chez nous.

22:12
Invité

Benoît Hamon, la panthéonisation du mémorialiste Maurice Genevoix, c'est une bonne idée

22:16
Locuteur

?

22:18
Benoît Hamon

Écoutez,

22:18
Locuteur

moi

22:18
Benoît Hamon

j'ai, oui, en tout cas moi j'ai beaucoup aimé Maurice Genevoix, je l'ai lu dans mes années de lycée, comme ça faisait partie de ces lectures qui sont des lectures qui vous touchent, vous marquent. En tout cas, je crois que la panthéonisation, si c'est un exercice seulement de communication,

22:40
Locuteur

si

22:40
Benoît Hamon

c'est un moyen pour le président de la République ou pour le pouvoir de faire parler de lui, si c'est finalement creux au sens éthique, bon, je trouve que ça perd de son intérêt et de son sens.

22:53
Invité

Vous l'avez discrédité d'avance ?

22:55
Locuteur

Non,

22:56
Benoît Hamon

ce que je veux simplement dire c'est qu'il faut en tirer des leçons, c

22:58
Locuteur

'est

22:58
Benoît Hamon

qu'on ne

22:59
Locuteur

peut

22:59
Benoît Hamon

pas seulement parler. Il y a un moment, je vais vous dire, c'est comme le comte d'Andersen, il

23:03
Locuteur

y

23:03
Benoît Hamon

a un petit garçon qui va se réveiller,

23:04
Locuteur

il

23:04
Benoît Hamon

va dire le roi est nu. Parce que moi j'écoute le président de la République, le roi est nu. Il parle, il parle, mais j'espère que ce petit garçon ou en tout cas ses petites filles et ses petits garçons, ce sera l'ouragan citoyen qui dira à un moment le roi est nu, qu'il cesse de parler, qu'il cesse d'avoir des mots si éloignés des actes qu'il pose. Et c'est valable pour le débat européen. Mais que le libéral qu'il est regarde en face le monstre qu'il a engendré dans le nationalisme. Pensez que ceux qui ont cassé les services publics, le droit au travail, n'ont pas de responsabilité dans ce monstre populiste et nationaliste, c'est fou.

Donc oui, moi je vous le dis, le plus important, redresser la tête aux femmes et aux hommes de gauche, c'est une émission importante. Ici c'est celle où on annonce les démissions. Moi je pense qu'il

23:48
Locuteur

y a

23:48
Benoît Hamon

une démission politique qui est très importante, qui est celle parfois des citoyens devant une classe politique toxique. C'est le moment de relever la tête et de ne pas se laisser piéger par le même match qu'au présidentiel entre les nationalistes et les libéraux. Parce que ça, ce serait le pire pour la démocratie et le pire pour nos enfants.

24:03
Présentateur

Benoît Hamon, merci d'avoir été au micro d'Inter.