Face à Face : Sarah Knafo - 14/09
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:37OuverteRéponse directe
De très nombreuses questions à vous poser ce matin sur le budget de l'État, sur vos propos sur l'AFD. Mais je voudrais qu'on commence par votre livre.
- 2:11OuverteRéponse directe
Et régulièrement, quand on dit « tiens, la cantine va être gratuite, qui paye ? »
- 3:47RelanceRéponse directe
Mais quand vous voyez que le ministre de l'économie, aujourd'hui, dit qu'il va falloir trouver 30 milliards d'euros et qu'il va falloir vraisemblablement faire des efforts sur les retraites, sans doute, faire plus d'impôts de l'autre côté, et que vous vous dites, moi, je vais faire 130 milliards d'économies tout en baissant les impôts, je ne vois pas comment ça passe.
- 4:33OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'on peut y arriver ? 130 milliards d'économies, ce n'est que le début.
- 5:30OuverteRéponse directe
Il y a deux choses, Sarah Knafo. Il y a le long terme et il y a le court terme. Le prix du carburant, la crise du logement, la hausse du chômage, la croissance qui s'est effondrée.
- 6:13OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous lui dites à lui ? Toute cette tragédie que vous décrivez sont intégralement partie du casse.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53PrésentateurFait
« Vous dites, au fond, comme si on était en train de follow the money, de chercher où va l'argent et où va notre argent. »
- 0:59PrésentateurChiffre
« Sur cet argent, seuls 135 euros iront véritablement pour les soins. »
- 1:06PrésentateurChiffre
« Un million d'euros prélevés sur la carrière d'un salarié à 2000 euros net. »
- 1:43PrésentateurFait
« On sait qu'on est la nation la plus imposée du monde. »
- 1:56PrésentateurChiffre
« Sur cette fiche de paye, l'administration va prendre la moitié de la richesse qui a été produite par un salarié au salaire médian. »
- 2:58PrésentateurChiffre
« Juste ça, c'est déjà plus de 100 000 agents qui y travaillent. »
- 4:05PrésentateurChiffre
« Vous vous dites, moi, je vais faire 130 milliards d'économies tout en baissant les impôts. »
- 4:46PrésentateurChiffre
« Je propose d'abaisser le nombre de fonctionnaires de 800 000. »
- 4:53PrésentateurChiffre
« Ça, ça fait une économie annuelle de 40 milliards d'économies par an. »
- 5:14PrésentateurChiffre
« Il y a 470 000 fonctionnaires par an qui quittent leur poste. »
- 5:44PrésentateurChiffre
« Elle touche une retraite de 375 euros par mois. »
- 5:55PrésentateurChiffre
« Lui, il va toucher une retraite de 800 euros après avoir travaillé pendant 40 ans. »
- 6:22PrésentateurChiffre
« Sur un plein d'essence aujourd'hui, vous avez la moitié qui part dans les caisses de l'État. »
Temps de parole
- Présentateur94 %
- ?6 %
≈ 16,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez RMC,
face
à face, Apolline de Malherbe. De très nombreuses questions à vous poser ce matin sur le budget de l'État, sur vos propos sur l'AFD. Mais je voudrais qu'on commence par votre livre. Ça se lit comme un polar d'ailleurs. Vous dites, au fond, comme si on était en train de follow the money, de chercher où va l'argent et où va notre argent. Vous prenez une fiche de paye et vous dites, chaque mois, un salarié qui gagne 2000 euros net verse 439 euros de charge pour sa santé. Sur cet argent, seuls 135 euros iront véritablement pour les soins. Que se devient cet argent ? Ça,
c
'est pour la Sécu. Mais globalement, vous avez fait le calcul, un million d'euros prélevés sur la carrière d'un salarié à 2000 euros net. Et qu'est-ce qu'il en reste
? Si
ça a
tant
de succès, c'est parce que vous pensez qu'effectivement, ils aimeraient bien gagner plus, les Français ?
Je
pense qu'ils aimeraient bien gagner plus, comme tout le monde. Et surtout, qu
'ils
se rendent compte qu'ils sont perdants dans ce système. C'est-à-dire qu'ils vivent dans un système, celui de la France, dans lequel on leur a fait croire que tout était gratuit. Que leur santé était gratuite, que l'école était gratuite, que la culture était gratuite. Et finalement, on s'aperçoit que ça n'est pas gratuit, mais que c'est hors de prix. Et il y avait ce sentiment un peu partout dans la population française. C'est-à-dire, où va l'argent ? On sait qu'on paye beaucoup d'impôts. On sait qu'on est la nation la plus imposée du monde. Et à la fin,
on
voit des services publics qui déclinent. Je vois la classe politique qui se pose la question. Et bien moi, j'ai passé un an. Et j'ai essayé d'apporter la réponse. Dans ce livre, Le Casse du siècle, je pars en effet d'une fiche de paye, qui est la scène du crime. Sur cette fiche de paye, l'administration va prendre la moitié de la richesse qui a été produite par un salarié au salaire médian. Ce salarié, c'est Nicolas, que je suis tout au long du livre.
Nicolas,
c'est l'idée aussi du « c'est Nicolas qui paye
».
C'est cette idée qui est montée depuis un an.
Et
régulièrement, quand on dit « tiens, la cantine va être gratuite, qui paye ? » Nicolas, c'est exactement ça. Donc c'est de montrer qu'il n'existe pas de gratuité. Que ce qu'on vous présente comme gratuit, en réalité, vous l'avez payé rubis sur l'ongle. Vous l'avez payé hors de prix. La santé est hors de prix en France. Et ce qui m'a interrogée, c'est finalement, si on nous prend de l'argent, comme sur le modèle d'une assurance, pour nous le rendre sous forme de service. On pourrait dire, là, c'est acceptable. C'est le principe d'une assurance. On nous prélève de l'argent. Et puis, à la fin, on a un service en retour.
Ce
que je me suis attachée à faire, c'est de suivre cet argent. De voir par quel circuit est-ce qu'il va cheminer, est-ce qu'il va en rester au bout pour le service qu'on nous aura promis. Et donc, pour la santé, vous avez cité les chiffres. Quand on va donner près de 500 euros, quand on gagne 2 000 euros par mois, pour sa santé, cet argent va passer au travers de l'URSSAF, au travers de la CNAM. Juste ça, c'est déjà plus de 100 000 agents qui y travaillent. La
Caisse nationale d
'assurance maladie. Absolument. Ensuite, vous allez avoir les ARS, qui coûtent 1 milliard d'euros chaque année aux Français. Puis, encore une fois... Les agences régionales de santé, ce n
'est
pas juste qu'elles coûtent. Ce n
'est
pas juste pour
payer le bâtiment
de l'ARS.
C
'est qu'elles pénalisent en plus.
Non, c'est pour organiser. C
'est pour... Non.
Pour vous, non.
Contrôler, donner des ordres, demander des reportings, exactement à ceux qui doivent soigner. Donc, quand on arrive à l'hôpital, ceux qui doivent soigner sont pleins, alourdis de charges administratives, à telle enseigne que la Cour des comptes nous dit que même les infirmières doivent passer la moitié de leur temps à des tâches administratives. Donc, à la fin, cet argent se disperse. Sarah Knafo, tout ça s'est expliqué dans votre livre. D'ailleurs, je précise que vous êtes au départ magistrate à la Cour des comptes. Donc, en effet, vous avez fait ce boulot-là. Vous l'avez fait pour le grand public, mais vous l'avez fait.
Mais quand vous voyez que le ministre de l'économie, aujourd'hui, dit qu'il va falloir trouver 30 milliards d'euros et qu'il va falloir vraisemblablement faire des efforts sur les retraites, sans doute, faire plus d'impôts de l'autre côté, et que vous vous dites, moi, je vais faire 130 milliards d'économies tout en baissant les impôts, je ne vois pas comment ça passe. Écoutez, j'ai envoyé mon livre à Emmanuel Macron. Je pense que j'aurais dû aussi l'envoyer au ministre de l'économie. Il vous a répondu,
Emmanuel Macron
? Non. Écoutez, peut
-être
qu'il prend le temps de le lire. Il aurait raison de le décortiquer. Manifestement, son gouvernement manque d'idées. Ils ne savent pas quoi faire. Moi, je vais vous dire, je pense plutôt qu'il manque de courage. Parce que là, quand on va chercher les économies ligne par ligne, peut-être que ça blesse certaines clientèles. Peut-être qu'il faut avoir un peu de courage pour venir les défendre. Comment est-ce qu'on peut y arriver ? 130 milliards d'économies, ce n'est que le début. Et c'est ce que j'ai mis dans le livre, à savoir, ce livre n'est pas un programme politique. Il vise à montrer la méthode. Montrer qu'on peut donner les dépenses ligne à ligne.
Premier élément, le nombre de fonctionnaires. Je propose d'abaisser le nombre de fonctionnaires de 800 000. Ça, ça fait une économie annuelle de 40 milliards d'économies par an. Donc, si le ministre de l'économie cherche 30 milliards, il en a déjà une. Et ceci, Madame de Malherbe, sans une seule lettre de licenciement. Simplement par le turnover naturel de l'administration.
Ce sont les méthodes qu'on a apprises.
C'est-à-dire qu'on ne remplace pas. On a, si vous voulez, de la chance dans notre malheur. C'est qu'on a tellement de fonctionnaires, près de 6 millions de fonctionnaires en France, que vous avez un taux de départ qui est énorme. Il y a 470 000 fonctionnaires par an qui quittent leur poste. Soit qui arrivent à la retraite, il y
a
un très gros vieillissement des fonctionnaires. Soit qui démissionnent, soit qui vont dans le privé, changent de poste. 470 000 par an. Donc, vous imaginez que ça peut aller plutôt vite. que sur un quinquennat, on peut effectivement baisser le nombre de postes de 800 000. Il y a deux choses, Sarah Knafo. Il y a le long terme et il y a le court terme. Le prix du carburant, la crise du logement, la hausse du chômage, la croissance qui s'est effondrée. Ce matin, j'avais un auditeur sur RMC, Pierre-Yves, qui est aujourd'hui en invalidité. Il a travaillé pendant 40 ans, notamment comme conducteur de bus. Sa femme, qui était aide à domicile, est aujourd'hui à la retraite.
Elle touche une retraite de 375 euros par mois. Lui, il va toucher une retraite de 800 euros après avoir travaillé pendant 40 ans. Et avec les prix de l'essence, il vient en Corrèze. Il dit, je mets 7 kilomètres, ne serait-ce que pour aller à la boulangerie, et je mets 20 kilomètres pour aller chez le médecin. Il a annulé un rendez-vous de médecin parce qu'il n'avait plus d'essence dans sa voiture et qu'il n'avait plus d'argent sur son compte pour refaire le plein. Qu'est-ce que vous lui dites à lui ? Toute cette tragédie que vous décrivez
et
qui émeuve tous les Français, sont intégralement partie du casse. Je vais vous répondre. Sur un plein d'essence aujourd'hui, vous avez la moitié qui part dans les caisses de l'État. L'État aujourd'hui est le premier profiteur de guerre. On accuse beaucoup les entreprises privées et on peut répondre à ces questions qui sont fondamentales économiquement. Mais pour répondre à ces cas individuels, il
y
a une chose qu'on peut faire immédiatement, c'est baisser l'axi sur les carburants. C'est ce que je propose, de la baisser d'un tiers, ça fait déjà 27 centimes de moins sur le litre. Chacun peut aller voir sur combienjegagne.fr, un simulateur qu'on a créé pour que chacun puisse voir sur son plein combien il gagne. Il inscrit son véhicule, il nous dit combien de kilomètres il fait par semaine et ça lui dit combien de pouvoir d'achat il récupère.
Vous maintenez
les certificats d'énergie ? Non,
absolument. Je les supprime également. Ce
qui permet de faire repasser, première fois depuis la mi-août, le prix du litre à moins de 2 euros. Et chacun peut le voir encore une fois sur combienjegagne.fr. Ce que je veux dire, c'est que nous, la France, nous ne maîtrisons pas le prix mondial du pétrole aujourd'hui qui dépend de guerre, qui dépend de la baisse des capacités de raffinerie à l'échelle mondiale, notamment du fait de ces guerres, du blocage du détroit d'Ormouz. Mais il y a une chose qu'on maîtrise, c'est 50% du prix de l'essence. L'État, puisqu'il est fait de taxes. Et sur ça, le gouvernement peut agir et il n'agit pas.
Donc ce que je propose, c'est d'agir immédiatement et pour financer cette baisse, puisque ça coûte 12 milliards d'euros. Encore une fois,
ce
plan d'économie que je n
'ai
pas
pris sans débloquer. Vous
avez vite évacué la question des entreprises privées. Évidemment, une est dans le collimateur, Total, qui à la fois, certes, plafonne à 2 euros dans ses propres stations, mais qui, en tant que raffineur, parce qu'ils sont à la fois distributeurs et raffineurs, fait des marges considérables. L'Union européenne a d'ailleurs refusé une enquête que demandait le ministre de l'économie sur les marges des raffineurs au niveau européen. Est-ce qu'il faut taxer davantage Total ? Première chose, non, il ne
faut
pas taxer davantage personne. Dans le pays le plus taxé du monde, la solution ne sera jamais une taxe de plus. Jamais. Je vais vous dire pourquoi. Enfin là,
ils ont quand même des marges de raffineurs
considérables. Et il faudrait qu'il y
ait
cette enquête. Parce qu'au moins, ça permettrait de comprendre et de sortir de toutes les solutions démagogiques et socialisantes de LFI au Rassemblement National qui proposent de taxer ce qu'ils appellent les super profits. Déjà qu'ils nous définissent ce
qu
'est un super profit, on verra la belle usine à gaz qu
'ils
vont créer. Pourquoi est-ce que je vous dis que ce serait la pire des solutions
? Ce
qu'on vit aujourd'hui, cette crise qu'on vit actuellement, c'est deux facteurs, le blocage du détroit d'Hormuz et la baisse des capacités de raffinerie à l'échelle mondiale. Quand on a une baisse de l'offre, donc de raffinerie, le prix augmente. C'est mécanique, ce n
'est
pas du libéralisme, c'est de
l
'économie. Quand on a dit ça, ce qu'il faudrait, c'est augmenter l'offre de raffinerie.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va réussir les raffineries
en France ? Oui, par exemple. Est-ce qu'on pense qu'on va
réussir à
augmenter les capacités ? Si on les taxe, on va faire fuir les raffineries de France, on va être encore plus dépendant des raffineries du reste du monde et on voit comme ça nous coûte et comme ça coûte aux gens que vous avez cités et à tous les Français qui nous écoutent. C'est le contraire de ce qu'il faut faire et je dis à ceux qui nous écoutent, méfiez-vous toujours de ceux qui chargent des boucs émissaires au lieu de trouver des solutions. Moi, ce que je me suis attachée à faire dans ce livre, c'est qu'à chaque fois que j'expose un problème, j'expose la solution qui l'accompagne. Je ne
veux
pas que les gens referment ce livre en étant énervés, en tapant du poing sur la table. Au contraire, je veux qu'ils le referment en se disant, voilà, on voit le chemin à suivre, on voit les solutions. Il y a 130 milliards d'économies qui sont possibles grâce à ces 130 milliards. Je propose le plan d'enrichissement le plus important de toute l'histoire de la Ve République en supprimant la CSG d'activité, en abolissant les droits de succession, en baissant l'axi sur les carburants, en supprimant les impôts de production. Et là, vous voyez se dessiner une politique qui assure à la fois le pouvoir d'achat, la production, la transmission dans notre pays.
Sarah Knafow, une colère qui est en train de monter. Certains, le patron du Parti communiste, Fabien Roussel, dit qu'il faut même accompagner cette colère. Il encourage les Français à descendre à nouveau sur les ronds-points. Est-ce que vous soutenez cette initiative ? On voit les complices du CAS qui essayent d'exciter la colère des citoyens après avoir créé les causes qui permettaient de mettre les citoyens en colère. Moi, ce que je propose, ce n
'est
pas de leur dire « Soyez encore plus en colère », c'est de régler leurs problèmes. Il faut apporter les solutions. Imaginez ce théâtre où la classe politique n'a plus qu'un seul rôle, c'est de dire aux citoyens « Vous êtes énervés, soyons énervés ensemble ». Mais pas du tout. Quel est le rôle d'un politique ? Quel
est le rôle d'un élu ? Vous ne soutenez pas ces initiatives
de colère ou de mobilisation ? Je soutiens toutes les initiatives de colère parce que j'aime mon peuple et parce que je le soutiens dans toutes ses émotions.
Mais ce que je veux dire,
c'est que le rôle des politiques, ce n
'est
pas seulement de dire « On va aller manifester ensemble, on va faire des merguez, on va faire la fête de l'Huma ». Pas du tout. Le rôle des politiques,
c
'est de dire maintenant, avec méthode, comment est-ce qu'on règle un à un les problèmes des Français ? Ça, ce serait quelque chose de beaucoup moins stérile que le représentant du Parti communiste, donc à peu près l'idéologie qui nous a conduits là où nous sommes et qui viennent dire aux gens « Je n
'ai
aucune solution à vous apporter, donc je vais me contenter de prendre des pancartes. » Donc, je n
'ai
pas compris. Vous soutenez ou vous ne soutenez pas ? Je pense que c'est assez clair. Je les soutiens et je les comprends dans le fait qu
'ils
soient en colère et je leur dis « Maintenant, nous allons traiter les causes. Nous allons traiter les causes et nous n'allons pas nous contenter de venir apporter des pancartes. » Faut-il faire payer davantage les retraités ? Faut-il mettre à contribution les retraités ? Dans ma philosophie, personne ne paye davantage. Je pense que vous avez compris que notre vrai problème à
mes yeux était les dépenses de l'État. Ils
ne
disent
pas qu
'ils
vont payer davantage, mais en réalité, ce qu'on comprend, c'est qu'il pourrait y avoir une non-indexation des pensions de retraite. C'est-à
-dire
que concrètement, ils ne paieraient pas davantage, mais ils ne toucheraient pas proportionnellement à l'inflation qui, elle, augmente. On écoute donc un gouvernement qui ne sait même pas comment faire 30 milliards d'économies. Donc forcément, ils vont essayer d'aller taper dans toutes les poches. Alors un jour, ce sera les retraités et puis le lendemain, ce sera les actifs qui payent déjà énormément. Donc ce sera Nicolas qui paye qui va passer à la caisse. La question qu'on doit se poser, premièrement, c'est pourquoi faire ? Est-ce que c'est pour sauver le système de retraite par répartition ? Moi, ce système, je ne
veux
pas le sauver.
Je
veux passer au système par capitalisation. Ce système, aujourd'hui, nous y sommes ligotés. Il nous ruine. Chaque personne qui a payé pour sa retraite un tiers de son salaire à la fin ne percevra qu'une toute petite somme. Dans n'importe quel système, en principe, on devrait appeler ça une escroquerie. Ici, le gouvernement appelle ça un acquis social. Moi, je dis qu'il faut changer de système. Il faut passer à la capitalisation. Donc tous ces expédiants ne répondent pas du tout à la question. Il faut 130 milliards d'économies sans appauvrir les Français. Ce que je propose, ce n
'est
pas un plan d'austérité. C'est un plan d'enrichissement. Et si vous voyez les différentes mesures que je propose, vous avez des gains de productivité qu'on peut faire grâce à l'IA. Un rapport IGF-IGAS nous dit que ça pourrait aller jusqu'à 5 milliards d'euros. J'ai encore beaucoup de questions à vous poser, Sarah Knapho. Je vous comprends parfaitement, mais j'ai envie de dire qu'ils trouveront toutes ces solutions dans votre livre. Là, moi, je vous pose des questions très concrètes aussi sur ce qu'il y a notamment dans l'actualité politique. Vous n'êtes pas seulement une auteure, vous êtes une femme politique.
Quand vous entendez hier le discours de Marine Le Pen et la volonté de remettre une priorité nationale sur le logement social, vous dites oui
?
Oui, absolument. C'est dans notre programme de 2022. De la même manière que l'abrogation de la loi SRU qui impose aux communes d'avoir 25% de logements sociaux. Cette loi inique, il faut absolument l'abolir et de toute urgence. Chose essentielle, la politique du logement, dont évidemment, il faut qu'on parle tous puisque c'est quelque chose d'essentiel. J'ai vu que Marine Le Pen proposait une taxe sur les bureaux vacants. Quelle ineptie ! Est-ce qu'on pense vraiment que le
pays...
Ça, vous êtes contre. Totalement contre. Est-ce qu'on pense que le pays qui compte plus de 500 taxes et impôts, qui est le pays le plus imposé du monde, manque d'une taxe ? Est-ce que ça viendra de là ? Évidemment que non. Il faut libérer les contraintes sur l'offre, sinon on ne fera que courir après les conséquences des mauvaises décisions qu'on a déjà prises. Il faut également déplafonner le prix des loyers. Cette mesure qui a raréfié l'offre, on le voit seulement sur la ville de Paris. Depuis qu'on a plafonné le prix des loyers, le prix des loyers a augmenté encore plus fortement qu'avant et 50 000 logements ont disparu du marché.
Donc forcément, quand on essaye de pénaliser les propriétaires, les locataires n'ont plus de bien que les propriétaires leur loués. Sarah Knafo, hier, une attaque russe sur un train à 2 km de la frontière avec la Pologne, c'est-à-dire à 2 km de la frontière Est de l'Union Européenne. Si la Pologne, membre de l'Union Européenne et de l'OTAN, est touchée, est-ce qu'il faut que l'OTAN et la France viennent à son soutien voire passent en guerre ?
Que
la France vienne à son soutien ? Absolument, puisque la Pologne est un allié de la France et je pense que là, ça peut tous nous inquiéter ce qu'on est en train de voir, c'est-à-dire qu'une déflagration possible, une escalade possible, ce qu'on perçoit tous depuis déjà des mois. Ce qu'on remarque,
c
'est qu'alors même qu'il y
a
eu des appels à la paix de plusieurs nations, notamment les États-Unis, on remarque que ça n'a pas encore eu d'impact
en
réalité sur le
cours de la guerre. Vous trouvez vraiment
que c'est un vrai appel à la paix ? Les États-Unis, c
'est
-à
-dire
qu'en fait, ils disent surtout à Volodymyr Zelensky de se calmer. Je pense que si c'est seulement ça, vous avez raison, ce n
'est
pas un appel
à la paix. récemment, la théorie de Donald Trump, c
'est même que dans un sens, Volodymyr Zelensky lui-même serait en quelque sorte responsable de ce qui se passe parce qu'il a touché des raffinés sur
le sol
russe. Je pense qu'on ne
peut
pas dire ça. Il faut quand même rappeler que c'est la Russie qui a envahi l'Ukraine, ils sont en pleine guerre. Comment ça, dos à dos ? Non, mais je veux dire, vous n'estimez pas que la responsabilité est partagée comme le
laisse entendre. La responsabilité revient à la
Russie. Moi, je ne suis pas la porte-parole de la Maison Blanche et je ne le serai jamais. Je représente ses intérêts français. Et donc, en parlant d'intérêts français, on remarque bien que même la première puissance économique du monde n'a pas réussi à assurer la paix entre ces deux. Donc, tout ce qu'on peut se dire à notre échelle et en tant que Français, c'est qu'on a un devoir de puissance. On a le devoir de musculer notre défense.
Je l'ai
toujours trouvé compliqué et c'est d
'ailleurs
une des questions que je pose aussi au RN. Ce qui, moi, m'apparaît comme un paradoxe, c'est que dans le monde actuel et dans l'état du monde actuel, vous voulez rester dans l'OTAN mais quitter le commandement intégré. C'est-à-dire que vous voulez rester dans l'OTAN mais ne pas être décisionnaire. Non,
c
'est-à-dire comme le général de Gaulle. Comme le général de Gaulle dans une époque où les tensions étaient très fortes. En effet.
Depuis, vous n
'estimez pas qu'il faille ou alors sortir carrément. Mais si on
y
reste,
est-ce qu'il ne vaut pas mieux pour comment
? Je pense que depuis 5 ans, donc les propositions que vous citez qui datent d
'il
y
a
5 ans,
je
pense que beaucoup de choses ont
changé. Vous voulez les faire évoluer ? A savoir
notamment, non, ça a déjà évolué, à savoir notamment le retrait américain. C'est-à-dire que les Américains qui étaient pour des souverainistes français...
Ils
menacent de se retirer. Oui. Et on voit qu'ils sont en perte d'influence puisqu'ils veulent perdre de l'influence au sein de l'OTAN eux-mêmes ayant décrété que finalement leur avenir ne se jouait pas en Europe mais plutôt sur l'autre rive à savoir du côté de la Chine. C'est un pivot qui ne date pas de Donald Trump, qui date en réalité de Barack Obama qui lui-même a parlé de ce pivot stratégique en disant on va se désintéresser petit à petit du continent européen. Ce que je dis, c'est qu'on doit en tirer parti. Donc pas du tout perdre de l'influence, bien au contraire. C'est que la France peut devenir le protecteur du continent européen.
C'était la mission que le général de Gaulle voulait pour la France. Le général de Gaulle voulait que le parapluie nucléaire français serve à assurer le leadership de la France sur le continent. Pas vraiment puisque quand vous voyez que même le Danemark qui est menacé par les Etats-Unis continue d'acheter du
matériel de chasse américain. Là,
vous vous dites manifestement, il manque encore d'un électrochoc. Je pense qu'il faut à la tête de la France demain, quelqu'un qui aurait pris conscience de cette capacité pour la France de reprendre le leadership qui était la vieille doctrine gaullienne qu'on n'a jamais appliquée. Et maintenant que les Etats-Unis eux-mêmes décident de se désinvestir, c'est le moment où jamais pour muscler notre arsenal militaire et pour muscler notre position sur le continent. Sarah Knafow, vous êtes toujours amie avec l'AFD allemande. Alors je pense qu
'on
ne
peut
pas parler d'amitié dans ces contextes.
Vous
êtes dans le même groupe. Absolument. Vous siégez dans le même groupe, ça veut
dire que
vous estimez avoir de nombreux intérêts communs et une
vision commune de la politique.
Alors, on a quelques intérêts communs. Vous l'avez cité, d'ailleurs il y
a
une charte qui les précise. La souveraineté des nations, premier élément, la lutte contre l'immigration clandestine, la défense de l'identité des peuples européens. Je tiens à préciser, puisque je vois venir votre question, que lorsque l'AFD m'a proposé de siéger avec eux, il y avait un homme qui avait tenu des propos scandaleux, que je jugeais scandaleux. Et quand ils m
'ont
demandé de siéger avec eux, je leur ai dit écoutez, ce sera lui ou moi. Moi je ne siégerai pas avec ce monsieur, je ne peux pas cautionner ce genre de propos au sein de mon groupe. Vous parlez de celui qui avait estimé que quand on était un SS, on n'était pas forcément méchant. Absolument. Propos que je condamne. Il n'avait pas exactement dit ça, mais je ne
vais
pas lui tout pinailler sur ce genre de choses. Propos que je condamne. Et donc je leur ai dit Un SS n'est pas automatiquement un criminel. Et moi je leur ai dit je ne siégerai jamais avec ce monsieur. Je n
'ai
même pas eu le temps de finir ma phrase qu'ils m'ont dit on l'expulse du groupe. Résultat, je n'ai pas siégé avec cet homme une seule seconde dans ma vie.
Est-il toujours membre de
l'AFD
?
Il ne l'est plus. Non, manifestement il a quitté le
Parlement européen.
Et donc moi ce que je veux dire maintenant, c'est que Est
-ce que vous vous êtes assuré qu'il avait été pas seulement viré du groupe mais
viré de l'AFD ?
Parce que dans ces cas-là, les amis de vos amis
sont quand même un peu vos
amis. Je vais même
aller plus loin. Tous les propos négationnistes, etc., je les condamne. Madame Apolline de Malherbe, je pense que vous connaissez ma religion. Ce n'est pas moi qui vais cautionner. Enfin, ça n'a pas empêché Éric Zemmour qui connaît la même religion que vous d'essayer de défendre l'idée que Pétain avait sauvé les juifs français. À aucun moment. Ce n'est pas les propos qu'il a tenus. Il n
'a
pas été condamné pour cela ? Il n'a pas
été condamné
pour cela ? Ce n'est pas les propos qu'il a tenus, Madame de Malherbe,
mais
je ne suis pas là pour débattre de ça.
Ce
que je veux vous dire aujourd'hui, ce que je veux vous dire, c'est que tous les propos négationnistes, je les condamne. Et je les condamne d'avance. J'ai vu, d'ailleurs, récemment dans le débat public que même être responsable des propos de son propre parti, c'était difficile. Vous avez entendu comme moi, Jordan
Bardella, dire que je ne suis pas responsable. Je
vais juste finir sur
ça.
Pourquoi est-ce que vous dites, au fond, l'AFD, non, ce n
'est
pas possible de dire que c'est des néonazistes ? Je ne comprends pas quel est votre intérêt. Pourquoi est
-ce
que vous ne dites pas les choses ? que Pétain
aurait sauvé
un certain nombre de juges ?
Est-ce
que vous pensez que c'est
un jeu ? Parce que j'ai du mal à comprendre que ça puisse être autre chose. Est-ce que c'est une
conviction ? Je n
'ai
jamais prononcé cette phrase. Ma conviction, c'est qu'on ne peut pas dire que 45% des Allemands sont nazis. C'est tout. Quand vous voyez que partout en Europe, on a nazifié les gens, on a nazifié le Rassemblement National,
on a nazifié les nazis,
en l'occurrence,
c
'est peut-être... Leur parti,
il y en a bien dont on peut parler qui sont nazis, c'est l
'USSS. de 2013. D'accord ? L'AFD. Ça date de 2013. C'est un parti qui s'est créé dans la lutte contre l'euro, contre les finances publiques laxistes. Ils veulent réduire l'importance accordée au régime nazi dans les programmes scolaires d'histoire en Allemagne. Ils veulent stopper les subventions à l'art
considérées comme anti
-allemand. Je vous ai déjà dit que tous les propos qui s'apparentent à du négationnisme, je les condamnerai d'avance. Donc on pourrait continuer
longtemps. Moi, ce que je
veux vous dire, c'est qu'on a nazifié partout dans le monde tous les partis qui voulaient lutter contre l'immigration. Tous. Un à un. Et un à un, ils ont gagné. Ils ont pris de l'ampleur. Donc ce que je dis à
ceux qui nous écoutent, à
vos collègues journalistes, mais non, vous voyez bien même dans votre question, des méchants, mais c'est ridicule. Quelle ineptie, des méchants. Vouloir défendre l'identité de leur peuple, mais est-ce qu'on est dans un dessin animé où
il y a des méchants et des gentils
? Est-ce qu'être à 45% ça ne vous alerte pas ? Est-ce que vous ne
vous
dites pas
? Il y a quelque chose que je n'ai
pas compris. Donc vous vous
dites comme ils sont à
45%, et bien c'est pas le moment de les diaboliser ? Non. Comme ils sont à 45%, ça veut dire qu'ils représentent une attente dans le peuple, dans leur peuple, dans le peuple
allemand. Mais je vous rappelle que Hitler a été porté au pouvoir
par le peuple. De la même manière. Mais vous êtes en train de tout mélanger.
Donc là, ce qu'on observe dans le monde entier, pas qu'en Allemagne, Hitler, vous dites, bon, il y a une aspiration dans le pays, ça devient
ridicule. Je vous assure. Je vous assure que les gens qui nous écoutent ne vont pas vous comprendre parce qu'eux sentent bien que partout où on a diabolisé des partis, parce qu'ils défendaient l'identité de leur nation, à chaque fois, à la fin, ils l'ont emporté. Et si vous continuez dans cette voie, vous serez condamnés à pleurer à chaque soirée électorale parce que nous allons gagner. Nous allons gagner. Nous prenons de l'ampleur partout
dans le monde. Je ne
comprends toujours pas pourquoi est-ce qu'il faudrait relativiser.
Mais je ne
relativise pas et vous m'avez parfaitement entendu. Et je vous ai dit que j'avais fait expulser du groupe quelqu'un pour ses propos. Donc je pense que vous ne me verrez
jamais relativiser. Je vérifierai s'il a été expulsé du parti avec lequel vous vous suégez. Maintenant, j
'aimerais juste te dire quelque chose. Beaucoup de gens instrumentalisent, notamment l'antisémitisme. Je me sens particulièrement touchée par ça. Hier,
il
y
a
des dames de Nous Vivrons, une association, qui sont venues perturber mon meeting. Tout à fait. Qui sont venues perturber mon meeting. J'aimerais dire... C
'est un
collectif féministe de lutte contre l'antisémitisme.
D
'extrême-gauche. J'aimerais dire que lorsque j'ai grandi en Seine-Saint-Denis et que j'étais dans une école juive, j'étais obligée d'être à l'école juive parce que mes parents ne pouvaient pas me mettre ailleurs en Seine-Saint-Denis avec le prénom que je porte. Quand j'étais dans cette école, je n'ai jamais entendu des gens de Nous Vivrons ou leur équivalent venir me défendre quand j'avais des hommes en armes devant mon école. Quand vous avez des juifs aujourd'hui en France qui se font agresser, voire tuer en France. Où est Nous Vivrons ? Où sont-ils ? Du côté de leurs bourreaux et les seuls qui les défendent aujourd'hui dans la classe politique, elles viennent perturber leur meeting.
Donc je pense que pour les gens juifs français qui nous écoutent aujourd'hui, elles leur font honte. Elles
ne les défendent
pas et elles leur font honte. Et pour tous
les français qui
nous écoutent de la même manière, ils savent aujourd'hui qu'ils ne sont pas menacés par l'histoire d'il y a 80 ans mais par ce qui se passe aujourd'hui sur notre territoire. Et moi, c'est ce sur quoi je veux apporter des réponses et c'est ce que
je fais tous les jours.
J'entends votre caractère passionné sur cette question-là.
Merci à vous.
Donc je vous ai laissé finir votre phrase. Sarah Knafot, députée européenne et secrétaire générale de Reconquête, votre livre Le Casse du Siècle. Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.