LIGNE ROUGE - Marine Le Pen, la présidentielle à tout prix
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De mémoire de vieilles pierres, voilà longtemps que le palais de justice de Paris n'avait connu une telle effervescence.
Sur une centaine de mètres, une colonne de caméras et de micros.
Des journalistes trépignants de connaître l'épilogue de la saga judiciaire d'une potentielle candidate à la présidentielle. Le gendarme qui très aimablement m'a accompagné m'a dit que c'est faux, il y a plus de monde que pour Sarkozy, parce que l'enjeu est plus grand. Et des badauds, tout aussi impatients de savoir quel sort sera réservé à Marine Le Pen. C'est une femme qui a beaucoup combattu pour son pays, qui depuis longtemps milite, défend le peuple français.
Et je considère qu'après tout, c'est aussi une chose bien de venir la soutenir à notre tour depuis qu'elle me soutient depuis plus de 20 ans.
Moi je suis militant LFI et ce sujet aujourd'hui c'est pour montrer que les citoyens se préoccupent de la justice,
que c'est un procès qui implique de l'argent public, l'argent du Parlement européen, donc l'argent des Français. Celle dont le destin de présidentiable sera tranché dans les prochaines minutes, fait son entrée à la cour d'appel accompagnée d'un cortège de proches.
Madame Le Pen !
Jean-Philippe Tanguy, Caroline Parmentier ou Laure Lavellette, ses lieutenants les plus fidèles sont venus l'escorter dans cette épreuve. Marine Le Pen sort de la salle une heure plus tard, impassible et muette sous le nez des journalistes. Condamnée pour détournement de fonds publics, mais éligible.
Nous notons une inflexion considérable sur les peines, notamment sur la peine d'inéligibilité, qui pour nous est un point extrêmement important, d'autant qu'il a été accompagné de mentions par la présidente sur la liberté pour les électeurs d'avoir un candidat.
Et chaque citoyen peut se poser cette question, est-ce qu'on peut être candidat à une présidentielle en étant condamné définitivement pour détournement de fonds publics et de fonds publics européens ? Un obstacle se dresse encore devant elle, une peine de prison ferme d'un an sous bracelet électronique.
Marine Le Pen a toujours dit qu'elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique.
Marine Le Pen prendra sa décision et vous la fera connaître. Nous avons deux candidats naturels au Rassemblement national. Fera-t-elle campagne avec son bracelet électronique ou laissera-t-elle la place à son poulain, Jordan Bardella ? Après une après-midi de réflexion au siège du parti, sur le plateau du 20h de TF1, que Marine Le Pen vient confier sa décision.
Bonsoir Marine Le Pen. Bonsoir. Avez-vous posé le pour et le contre avant de vous décider si oui ou non vous alliez être candidate à l'élection présidentielle en 2027 ? Est-ce que vous avez beaucoup réfléchi cet après-midi ? Vous avez eu toute l'après-midi pour réfléchir ?
Non. Ma conviction a été très rapidement faite puisque j'avais indiqué, vous le savez, que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation, ce qui n'était pas obligatoirement le cas des autres hypothèses, et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l'arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique. Un retournement inespéré pour la candidate historique du camp national. Une peine d'inéligibilité réduite et un pourvoi en cassation, synonyme de feu vert à ses yeux, pour une quatrième course à l'Elysée.
Elle est décidée à démontrer son innocence. C'est aussi un moyen pour elle de contourner cet argument qu'elle avait mis en avant, de dire qu'elle ne pouvait pas faire campagne avec un bracelet électronique.
Son destin politique est menacé depuis maintenant 11 ans par une affaire hors normes, celle des assistants parlementaires du Front National.
Le Rassemblement National, Marine Le Pen et les autres coprévenus sont accusés d'avoir détourné les fonds européens. C'était des fonds qui devaient servir à rémunérer leurs assistants parlementaires pour le compte du Parlement européen.
Marine Le Pen se lance dans une campagne présidentielle, tout juste condamnée en appel pour détournement de fonds publics. Une première dans l'histoire de la Vème République.
Marine Le Pen, elle puisera dans cette décision de justice une force qui lui permettra de continuer à aller.
J'en suis convaincue que ça va lui donner une dimension, en effet, invincible. C'est Marine Le Fénix.
Retour sur l'itinéraire politique de la fille de Jean-Marie Le Pen, parvenue en 30 ans à élever sa formation d'extrême droite en premier parti de France. Chez les Le Pen, la politique, c'est avant tout une histoire de famille. Le décor ? Le manoir de Montretout à Saint-Cloud, hérité au milieu des années 80. Il est à la fois à la demeure familiale et le QG officieux du Front National.
Et à partir de là, ça s'est mélangé. Vous ne pouviez pas dissocier du tout la vie du quotidien avec la vie politique. Parce que d'abord, c'était son bureau. Et puis voilà, tout le monde, les enfants, allaient et venaient au milieu des soirées politiques ou bien des bureaux politiques.
Les trois filles de Jean-Marie et Pierrette Le Pen font pleinement partie du bouillonnement qui saisit Montretout à cette époque. Marine, le portrait craché de son père, occupe une place à part. Moi, j'ai le sentiment qu'il l'a très tôt vue
comme son héritière en politique. Très tôt. C'est une forte personnalité, Marine, pour ceux qui la connaissent. Déjà, enfant, elle était très gaie, paraît-il très joyeuse. Je crois que sa maman l'a appelée Miss Sourire ou quelque chose comme ça. Elle était très charismatique.
Marine Le Pen, c'est la chouchoute de Jean-Marie. Quand elle est enfant, il lui passe tout. C'est elle qui est encore plus gâtée que ses deux soeurs aînées. Jean-Marie Le Pen a vraiment les yeux de chimène pour sa petite dernière. Il l'adore.
C'était le chouchou, c'était la plus jeune. Tout à fait naturellement, c'est le bébé le plus jeune qui, généralement, reçoit le plus témoignage d'affection. Marine avait un charme fou, une gaieté ravageuse, une espèce d'amour de la vie qui était très communicatif. Donc, ils étaient extrêmement proches. Il y a des ressemblances et des automatismes. Je crois qu'il y a des comportements, des attitudes, des réflexes sémantiques qui font qu'on voit bien que l'une est la fille de l'autre. À rebours de ce que l'on pourrait attendre d'une famille de la droite nationale, Marine et ses soeurs vont fréquenter l'enseignement public. Une forme d'endurcissement revendiquée par leur père.
Je souhaitais qu'elles aient ce genre d'éducation parce que je voulais qu'elles soient confrontées aux problèmes de la vie dès leur enfance et leur adolescence. Et ça n'a pas toujours été facile pour elles d'être les filles Le Pen. Ce sont les avantages et les inconvénients. On ne peut pas tout avoir. Un climat hostile à l'école et à la maison, un couple qui se fissure, emporté par le tourbillon de la politique.
Moi, je me souviens que leur chambre, leur appartement était au premier et en même temps, il y avait le bureau à côté. Donc voilà, c'était sans doute, il n'y avait pas beaucoup d'intimité. Sans doute, sans doute. Pierrette raconte très souvent ce qu'elle ne supportait plus,
c'était que parfois, il pouvait lui arriver de se lever le matin, d'être encore en chemise de nuit et de croiser un cadre du front qui elle croise dans le couloir et qui même allait dans la salle de bain pour se laver les mains, qui se dit non, non, mais te dérange pas. Et donc ça, elle va vraiment
très, très mal le vivre. Un matin d'octobre 1984, Pierrette Le Pen boucle ses valises et part avec un homme que Jean-Marie Le Pen a hébergé à Montretout, l'écrivain Jean Marsilly. C'était un monsieur qui écrivait un livre sur moi qui s'appelait Le Pen sans bandeau. Et voilà, elle est partie. Vous savez, en général, les gens partent avec des gens qu'ils connaissent, qu'ils fréquentent. Et c'était celui-là qui était là à ce moment-là. Mais ça devait correspondre sans doute à un désir d'évasion. Et Marine apprend cette nouvelle-là en fin de journée
quand Yann, sa sœur,
vient la chercher à la sortie de l'école et elle lui dit tout simplement « Maman est partie ». 16 ans, oui. Ça s'est fait dans des conditions assez brutales, c'est vrai. Donc ça marque. Et puis surtout, c'était public. Oui. Voilà. C'était public. La déesse au sang-bouche s'est saisie de cela. Et c'est ça qui démultiplie en quelque sorte la souffrance que l'on peut ressentir. En effet, les mois et même les années qui suivent vont être rythmés par la haine et la violence du couple qui se déchirent. Entre papier glacé et confidence filmé, Jean-Marie et Pierrette Le Pen prennent les Français à témoin.
Elle part quasiment sans rien. Elle va réclamer à Jean-Marie Le Pen les moyens de sa subsistance qu'il participe à son train de vie. Le Pen refuse, ne lui verse rien, etc. Et Le Pen, un jour, explique dans la presse que si Pierrette, après tout, elle veut gagner sa vie, elle n'a qu'à faire des ménages.
Pierrette Le Pen va prendre au mot celui qui, quelques mois plus tôt, a été élu député à l'Assemblée nationale.
Pierrette va avoir une proposition du mensuel Playboy qui va lui proposer de poser à moitié dénudé en tenue de soubrette. Et voilà, on est en 1987 et Pierrette Le Pen fait la une. 4 jours après l'apparution dans les kiosques, le numéro est épuisé et pour faire face à la demande, Playboy réimprime 200 000 exemplaires. La France entière, en fait, découvre Madame Le Pen en train de faire
le ménage à Languie.
Il y a des centaines qui circulent partout. À l'Assemblée nationale, le kiosque est dévalisé. C'est un truc qui est extrêmement violent et nous, on n'a eu que quelques heures pour se préparer parce qu'il y avait une rumeur donnant l'impression qu'il allait se passer quelque chose dans la presse avec une vague idée du sujet, mais une grande différence avec le fait de détenir le magazine, de l'avoir entre les mains et de lui montrer.
Évidemment, Le Pen vit très mal ses scènes, il s'énerve, il insulte la terre entière dont des élus, des journalistes, etc. Et d'abord, Pierrette Le Pen qui est coupable d'une espèce de crime de lèse-majesté, c'est une humiliation publique qui est terrible pour Jean-Marie Le Pen et dont il ne sait jamais et qu'il n'a jamais digéré.
Mais le règlement de compte ne se limite pas à des photos de charme. Dans une longue interview au magazine Rolling Stone, elle raconte l'homme politique en privé, son idéologie à la maison. J'ai toujours vécu dans l'antisémitisme de Jean-Marie Le Pen. Mes filles ont été élevées dans l'antisémitisme primaire. Derrière leur père, les filles font bloc, meurtri et trahi par le départ de Pierrette Le Pen. Elles écrivent au juge qui instruit le divorce pour demander que leur père obtienne la garde exclusive. Et dans le magazine Paris Match, elles enfoncent le clou. Une mère, ça fait partie d'un jardin secret, pas d'une décharge publique. La période est une épreuve.
La politique a détruit leur famille. Pourtant, les trois filles Le Pen ne s'en éloignent jamais beaucoup. Nous sommes en 1985, à l'enregistrement de l'émission L'heure de vérité.
M. Le Pen, depuis plusieurs mois, vous essayez de ressembler à un homme politique, sérieux, responsable, normal, raciste.
Elles sont bien en évidence au premier rang du public. La même année, lors de l'habituel hommage à Jeanne d'Arc, Yann, Marie-Caroline, Jean-Marie et Marine, 4 Le Pen mènent le cortège vers la statue de la pucelle. Un clan que le patriarche est fier de présenter lorsqu'il reçoit les journalistes à Montretout. J'ai des responsabilités si lourdes que je n'ai que très peu de temps à distraire de la politique. Mes filles me le reprochent quelquefois, même si elles ont les mêmes convictions que moi. Parmi elles, se tient assurément sa relève. Sur le tabouret, c'est Marine qui a 17 ans, qui est étudiante en terminale. Le bac est dans quelques jours, quelques semaines. Dans un mois. Dans un mois.
À côté de vous, en vert, c'est Yann, qui est la fille du milieu, la fille cadette et qui vient de fonder son affaire d'hôtesse, d'hôtesse d'accueil. Oui, qui porte le nom de commando chick. Voilà. musclé et de charme. Et Marie-Caroline, que l'on connaît peut-être plus parce qu'elle est active en politique à vos côtés puisqu'elle était candidate du Front National aux dernières élections. Et qu'elle est conseillère régionale. Elle est conseillère régionale. Dans un premier temps, c'est à l'aîné, Marie-Caroline, qu'il revient de marcher dans ses pas.
Marie-Caroline Le Pen, c'était une vraie militante dans l'âme qui s'est présentée à de multiples élections, qui a collé des affiches, qui a milité avec les militants de base du Front National très tôt. Et c'est celle sur laquelle Jean-Marie Le Pen misait à l'origine pour assurer l'héritage politique.
En 1997, lors d'une législative partielle à Mante-la-Jolie, elle arrive en tête au premier tour, très bien placée pour l'emporter. Mais la visite de soutien que vient lui consacrer son père ne va pas avoir l'effet escompté.
Ça va très très mal se passer. Jean-Marie Le Pen va arriver tel un matamor dans ce marché et très vite, ils vont rencontrer les équipes d'Agnès Pelvast, la concurrente.
On le voit ici au ralenti, hors de lui. Jean-Marie Le Pen plaque contre le mur la candidate socialiste Annette Pelvast-Berjane.
Et il va y avoir quasiment des échanges de coups entre les deux. Les images sont très très frappantes
puisque à cette époque c'est suivi par les caméras de télévision et tout ça.
Je vais faire courir !
Marie-Caroline elle va juste halluciner, elle comprend en tout cas qu'elle a perdu en fait. Et elle a perdu à cause de son père.
La rancœur est telle que l'année suivante, Marie-Caroline décide de suivre Bruno Maigret. Elle claque la porte de Montretout avec bagage, mari et enfant. Après Pierrette, une deuxième Le Pen choisit l'exil. Reste Yann, la fille cadette, mais elle fuit la lumière et refuse de s'engager en politique. Quant à Marine, la petite dernière, elle n'a pas très envie de plonger dans le grand bain. Elle le confie pendant la campagne présidentielle de 2017. Vous avez hésité ? Non, je n'ai pas hésité, je ne voulais absolument pas faire de la politique. Justement, oui. C'est-à-dire que j'en connaissais, il faut bien le dire, tous les aspects les plus arides, les plus rudes.
Donc je n'avais pas d'attirance. Même sans vouloir faire de la politique, Marine Le Pen emprunte beaucoup à l'itinéraire paternel. Le bac en poche, elle s'inscrit en fac de droit à Assas, comme un certain Jean-Marie, 40 ans plus tôt. C'est un lieutenant du Front National, Jean-Claude Martinez, qui veille sur la jeune étudiante. Elle a eu son bac et donc un matin, voilà,
Jean-Marie, tu l'as fait inscrire, elle est venue me récupérer à mon hôtel, au boulevard Saint-Michel et je l'ai amené à Assas physiquement, s'inscrire, je l'ai amené dans les bureaux pour la protéger. Je l'ai prise dans mes travaux dirigés, elle a été hyper protégée. C'est la fille du chef, donc voilà, elle était, même à Assas, quoi, voilà, c'est une vedette.
Diplômée de droit, Marine Le Pen entre à l'école du Barreau pour devenir avocate, sans pour autant tourner le dos à l'entreprise familiale. En 1993, entre deux procès, Maître Le Pen est candidate aux législatives. Objectivement, 24 ans, c'est une vie assez courte, mais subjectivement, nous avons été confrontés en qualité de fille de Jean-Marie Le Pen à un grand nombre d'obstacles dans notre vie et peut-être cela nous a forgé un caractère plus combatif et nous a donné une expérience certaine du sens des choses et de la valeur des choses. Sur son tract, la jeune avocate de 24 ans reprend les propositions du parti. Français d'abord ou rétablissement de la peine de mort.
Ce n'est qu'en 1998 qu'elle saute le pas en se faisant embaucher par son père. Un traitement qui fait des envieux dans le parti à la flamme. Bon, il lui donne les affaires juridiques, bon, c'est très bien, mais il lui a droit un salaire de 30 000 francs, un truc comme ça. Bon, les gens disent que c'est un abus de pouvoir et les autres ne sont pas traités de cette manière-là et qu'a-t-elle fait ? Pourquoi elle mérite un tel salaire ? Enfin, etc. Ce n'est pas très bien accueilli. Il y a une part évidente de népotisme, évidemment. Ça n'enlève pas les qualités que peut avoir Marine Le Pen en tant que juriste. Mais évidemment, elle a l'avantage d'être la fille de...
Elle passe ainsi plusieurs années à observer de l'intérieur le fonctionnement du parti avant de se révéler un soir de 2002. Au second tour de l'élection présidentielle, Jean-Marie Le Pen est balayée par Jacques Chirac. Et puisque les cadres du RN ne se bousculent pas sur les plateaux télé, la fille du chef est envoyée au front. Les téléspectateurs assistent ce soir-là à la naissance d'un animal politique. On leur a fait peur. On leur a dit que si Jean-Marie Le Pen était élu, les rivières s'arrêteraient de couler, le soleil ne se lèverait plus, ce serait le début de l'air glaciaire. Donc voilà, il y a probablement un certain nombre de gens qui y ont cru, mais moi je tiens à le dire ce soir.
Ainsi débute son irrésistible ascension au Front National. Poussé par un père, ravi qu'une Le Pen puisse un jour succéder à Le Pen.
A partir de 2003, elle a été nommée vice-présidente du Front National. Jean-Marie Le Pen fait tout pour assurer la promotion politique de Marine Le Pen au sein du Front National. Il avait une formule célèbre que tout le monde connaît. Je préfère mes filles que mes cousines, mes cousines que mes voisines. Eh bien, cette formule-là, il l'a appliquée à l'intérieur du Front National.
Quand en 2010, il décide de lâcher les rênes du parti, Marine grille la politesse à Bruno Gollnich qui patientait depuis plus de dix ans. C'est une affaire familiale, il faut vraiment avoir ça à l'esprit. Je n'ai pas imaginé, moi, puis je ne suis pas la seule à ne pas l'avoir imaginé, une seconde que Le Pen allait adouber Gollnich. C'était évident qu'il allait soutenir Marine Le Pen.
Marine Le Pen est élue président du Front National.
À la tribune, elle dit vouloir tout assumer de l'héritage paternel. Nous avons tous une dette à son égard. La mienne est double. Puisque président est père, il a largement contribué à faire de moi non seulement la militante, mais aussi la femme que je suis. Aujourd'hui, je voudrais simplement lui dire merci. Il lui offre le parti sans la lâcher d'une semelle. En témoigne cette scène, quelques mois plus tard, une caméra capte les mots sévères du père à sa fille qui vient tout juste de descendre de la tribu. Tu sais qui ? Tu sais qui ? Tu le dois. Tu le dis, président ? Oui. Tu le dis.
Ça fait mal voir
que je regarde que je fais les chiffres.
On perd des filons.
C'est ça qu'il faut se dire.
Attends, je vais t'en dire. T'as beau fait, tu le dis, tu le sors.
Oui, très bien.
Elle est bonne ?
Oui, oui, très bien.
Tu le dis à la terre avec Yannick, là. Mais c'est pas moi qui vais à la terre, je sais pas t'en dire. C'est ça, c'est ça.
C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. Non, non, mais toi, il est là.
La seule chose qu'il lui dit, c'est ça. C'est à l'image de leur rapport à un moment. À la fois, je te donne le parti et en même temps, je suis toujours là. Je fais de la politique depuis tellement d'années que je suis capable de te dire va voir l'orthophéniste. C'est pas humilié, c'est souviens-toi d'où tu viens. Comme pour mieux échapper à la tutelle paternelle, Marine Le Pen va placer ses pions au sein du parti. Elle le dit très clairement. Elle dit aux gens qui sont là que sa formulation, c'est les historiques, j'en ai rien à foutre. Parmi les petits nouveaux, un homme fait son apparition à l'ombre de Marine Le Pen.
Un énarque, fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, séduit par le Front National ripolliné que promet la nouvelle patronne. En 2009, les premières visites de Florian Philippot à Montretout se font d'abord dans la quasi-clandestinité. Marine Le Pen a voulu d'abord que son clan, sa famille proche ne soit pas trop au courant parce que j'aurais été peut-être mal accueilli ou perçu comme un intrus. Donc je pense que par prudence, elle s'est protégée en me cachant, entre guillemets. Aidé de son fidèle Philippot, Marine Le Pen va s'atteler à dédiaboliser le parti, le rendre représentable, gommer son image extrémiste.
sacrilège pour le patriarche, il lui mène une guerre sans merci, d'abord larvée, puis publique.
Il voit que Marine Le Pen prend une autre direction, qu'elle élargit, qu'elle construit, qu'elle rend ce parti sérieux, travailleur. Il a du mal à le supporter, qu'elle rompt avec un certain nombre de propos de son père. Et bien là, elle est en opposition à Jean-Marie Le Pen. Cette opposition, évidemment, elle amène la rupture avec Le Pen. Il y a un moment où il pète un câble,
je ne sais pas ce qui se passe, mais toutes les semaines, il fait un dérapage, c'est de la provocation pure. Face aux polémiques répétées du fondateur... Et M. Bruel aussi ? Ah oui, ça ne m'étonne pas. Oui ? On fera une fournée la prochaine fois. Les équipes de Marine Le Pen colmatent comme elles le peuvent.
Un jour, il y avait une vidéo terrible où il avait disserté sur la devise de Vichy.
J'avais prévenu Marine Le Pen
et personne n'osait aller le voir pour lui dire on est obligé de couper ça.
D'abord politiquement parce que c'est insupportable et même pour vous, pour vous éviter des procès. Et personne n'osait aller le voir parce que ça aurait été l'engueulade. Non, on ne me censure pas, on ne me coupe pas, j'assume, etc. Ça, c'est Jean-Marie Le Pen. Et donc, j'ai eu cette idée
de dire écoute, en fait, cette vidéo ne sera jamais mise en ligne parce que le site va planter. Et donc, du vendredi au dimanche soir, vous aviez un message d'erreur sur le site du Front National et en fait, c'était nous-mêmes qui l'avions planté. On n'était que deux à le savoir, Marine Le Pen et moi. Lui, il y a à moitié cru, il a essayé de faire son enquête mais on lui a dit non, non, on a perdu la vidéo, désolé. Et comme il n'a pas eu le courage de la retourner, on était sauvés pour une semaine.
Mais plus rien n'arrête le président d'honneur du Front National dans sa spirale provocatrice. Elle était à bout et elle nous dit aidez-moi parce que je ne sais plus quoi faire. Je vais peut-être arrêter.
Et je dis ce mot est-ce que tu es capable d'aller jusqu'à l'éviction de Jean-Marie Le Pen du parti ? Et là, à ce moment-là, donc déjà, les autres me regardent
avec des yeux effrayés et elles me répondent du tac au tac jamais. Je ne ferai jamais de politique contre mon père. Tu m'entends ? Jamais. Jusqu'à un dernier dérapage qui va changer la donne. Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à grasse c'est toujours votre pensée de l'histoire de la guerre à moins d'admettre qu'elle soit la guerre qui soit un détail de les chambres à grasse. Vous maintenez ces propos ? Oui, absolument. Je les maintiens parce que je crois que c'est la vérité. Florian Philippot avec son frère Damien, conseiller officieux de Marine Le Pen, en profite pour la mettre au pied du mur.
Il y a eu une réunion à Bruxelles et à ce moment-là les frères Philippot vont mettre en balance le fait que c'est le père ou c'est eux. Elle décide de lancer une procédure d'exclusion contre son père.
Allez, avancez là quand même.
Sachant le sort qui lui est promis, Jean-Marie Le Pen se lance dans un baroud d'honneur. 1er mai 2015,
devant des dizaines
de caméras, il s'incruste à l'hommage à Jeanne d'Arc alors que Marine Le Pen ne l'avait pas invité. Puis il monte sur l'estrade au moment même où sa fille allait commencer son discours. Il n'y avait aucune volonté de provocation de ma part et si j'avais un imperméable rouge, c'était un petit peu mode si vous voulez.
Ah non, mais c'était le 1er mai horribilis. C'était catastrophique de A à Z. Vous aviez eu les Fémen sur le balcon, vous aviez Jean-Marie Le Pen qui avait sa parca rouge sur la scène. Alors on s'y attendait.
Moi je suis désolé, je n'ai pas été surpris. On en parlait avant, on disait il va nous faire un coup comme ça. Sauf que personne ne voulait y croire et qu'on ne l'avait pas bien préparé. Comme personne ne voulait y croire, on n'avait pas mis le dispositif nécessaire pour que ça n'arrive pas. Ce 1er mai n'est qu'un avant-goût du parricide politique à venir. C'est l'incroyable dynamique qui porte ! Trois jours plus tard, réunion extraordinaire au Carré, le siège du parti pour trancher sur le sort de Jean-Marie Le Pen. Je suis un militant discipliné et pour l'instant je ne suis pas encore sanctionné si je dois l'être.
Effervescence et sourire devant les grilles mais à huis clos, le ton est glacial. J'ai l'impression qu'on est dans un cimetière. Il y a une ambiance très pesante, très lourde. On entend les feuilles voler, personne ne parle. La plupart des gens de ce bureau politique avaient adhéré sous Jean-Marie Le Pen. Donc ils étaient tous quand même terrorisés parce qu'ils l'ont vécu pendant 40 ans ou 20 ans ou 10 ans pour les plus récents d'entre eux comme le grand chef incontestable et incontesté. Donc il n'était pas question de l'ouvrir contre Jean-Marie Le Pen. Jean-Marie Le Pen se lance alors dans une lourde charge contre sa fille et Florian Philippot.
Il y a tous les griefs qui lui permettent d'accuser sa fille
de trahir. En gros, je vois là, tout ça pour ça, je t'ai tout donné, je t'ai comblé, tu ne serais rien sans moi, lui explique-t-il.
Il lui dit qu'elle n'a pas de niveau, qu'elle est incapable de diriger le mouvement, qu'elle n'y arrivera jamais. T'es conseillé par, t'es gouroutisé par un autre incapable. Enfin, moi, je ne m'attendais pas à son âge à ce qu'il puisse encore sortir des choses pareilles. Moi, parfois, j'avais le sentiment
qu'on était dans une cour de récréation.
À l'issue de la réunion, le bureau politique condamne à la quasi-unanimité les dérapages de Jean-Marie Le Pen et le soir même, il est suspendu de sa qualité de président d'honneur. Je constate que Marine Le Pen fait aujourd'hui l'Union nationale. Malheureusement, c'est contre son père. La direction politique du Front National a pris une décision. Jean-Marie Le Pen, encore une fois, était manifestement dans la provocation systématique et probablement à mon égard. Je pense qu'il y a beaucoup de raisons affectives derrière cela, mais il n'en demeure pas moins qu'il tenait des propos qui n'étaient plus admissibles, qui nuisaient à notre mouvement, aux idées que nous défendons.
Elle a pris la décision d'une rupture radicale avec son père parce qu'elle n'avait pas d'autre solution.
Et ça, elle le dit très bien, elle l'explique très bien. Je ne pouvais pas faire autrement. Ça a été douloureux dans le secret de son cœur, ça a été infiniment douloureux. Mais si elle voulait sauver le Rassemblement National, si elle voulait sauver le parti et finalement les Français à l'issue de ça, eh bien c'est pour eux qu'elle l'a fait.
Difficile pour Marine Le Pen de couper avec l'héritage du Ménhir sans décevoir son propre père qui s'en répand sur les plateaux. L'homme de cœur peut avoir des tristesses, mais l'homme politique n'a que des espérances. Elle a dit « Je regrette dans mon cœur et de façon, dans mon cœur de fille, d'avoir dû avoir
à rompre avec mon père. » J'ajoute qu'il s'était totalement réconcilié et qu'à la fin de sa vie, Jean-Marie Le Pen n'en voulait plus du tout à Marine.
Cette succession chaotique entre père et fille a-t-elle servi de leçon à Marine Le Pen pour préparer sa propre relève ? Aux obsèques de Jean-Marie Le Pen en janvier 2025, une image symbolique semble répondre à cette question. Alors que seuls les plus proches du patriarche ont été conviés dans l'église de la Trinité-sur-Mer, le fief familial, Jordan Bardella se tient au premier rang face au portrait du défunt.
À ces obsèques à la Trinité-sur-Mer, je vous confirme qu'il n'y avait que des amis proches. Jordan Bardella y était. Ça a paru normal à Marine. Et lui, surtout, Jordan, a tenu également à être aux côtés de Marine.
Au premier rang parce qu'à la fois en double qualité, à la fois en tant que président, donc Rennes, il a été en quelque sorte le successeur indirect de Jean-Marie Le Pen puisqu'il a succédé à Marine Le Pen et aussi en raison de sa proximité
avec Marine Le Pen.
En huit ans à peine, Jordan Bardella est passé de simple militant du Front National posant aux côtés du fondateur à héritier choisi de Marine Le Pen. 2018, au congrès du FN à Lille. Alors que plusieurs ténors du parti, dont Florian Philippot, viennent de claquer la porte, Marine Le Pen souhaite entamer une nouvelle mue. « J'ai souhaité parallèlement et je le revendique que des visages nouveaux puissent émerger. » Parmi ces nouveaux visages, émerge celui de Jordan Bardella sur scène juste derrière elle. Il fait alors son entrée dans le bureau exécutif à seulement 22 ans. Et à la surprise générale, Marine Le Pen décide de miser sur lui plus qu'un autre.
« En septembre 2018, Marine Le Pen nous convoque à son domicile, ce qui n'était pas habituel. On a une petite dizaine de dirigeants et elle nous dit « Je voudrais vous parler des élections européennes et de la tête de liste aux élections européennes. » Et au bout de quelques secondes, elle nous livre sa pensée. Elle nous dit « Voilà, je pense à Jordan Bardella. » Je peux vous dire qu'on a été très peu à acquiescer et très peu à sourire mais le reste des dirigeants n'étaient pas enthousiasmés. Le mot est faible par cette candidature-là disant qu'il est trop jeune, il n'est pas connu, on n'a pas de recul sur lui, etc. Et il y a eu un grand blanc à la suite de la proposition de Marine Le Pen.
Je me souviens d'un dirigeant du RN qui regardait ses chaussures et qui ne disait plus rien pensant que c'était une folie. Et puis, ils l'ont avoué après. Ils m'ont dit qu'ils avaient pensé que j'étais devenue folle. Non, mais c'est vrai que c'était effectivement une grande prise de risque. Après, ça aurait pu mal se passer par ailleurs. mais c'est le principe de la prise de risque. Vous avez un instinct, vous considérez que c'est la bonne personne qui va apporter aussi une vision un peu différente de celle qui est portée précisément par ceux qui sont aguerris. Et puis, vous croisez les doigts pour que les choses se déroulent comme vous l'espérez.
Marine Le Pen demande alors à Bruno Bilde d'annoncer la nouvelle à Jordane Bardella. Elle voulait être sûre avant de son opinion à trotter. Et elle me demande de le voir et de grosso modo de prendre la température en quelque sorte.
Je me souviens le lendemain, on était, Jordane et moi, dans notre bureau et il me dit Bruno Bilde veut me voir. Il m'a invité à déjeuner et il me dit est-ce que tu sais ? J'ai dit non, je ne sais pas. Tu verras bien. Et quand il est revenu, il n'avait pas eu l'air très surpris. Il n'était pas assommé par la nouvelle.
Quand Marine Le Pen elle le nomme c'est vraiment son idée. C'est un pari pour Marine Le Pen et la suite on la connaît il va être nommé désigné président par intérim du parti. Donc c'est un pari pour Marine Le Pen qui réussit alors qu'au départ personne ne croyait vraiment en son idée.
Le rassemblement national de Jordane Bardella qui selon les estimations d'Ella pour BFM TV est en tête avec 24,20%.
De son succès aux européennes de 2019 jusqu'à la conquête de la présidence du rassemblement national l'ascension fulgurante de Jordane Bardella donne raison à Marine Le Pen. Marine a un grand sens politique. Gouverner c'est prévoir.
Elle a anticipé sa suite ce que ne font jamais les hommes politiques. Elle a décidé et elle a décidé très tôt que Jordane serait son successeur. Elle a souffert d'avoir son père avec elle en permanence qui finalement lui mettait beaucoup de bâtons dans les roues qui discutaient parfois ses décisions qui parfois allaient les contrer dans les médias ayant vécu ça. Je peux vous dire qu'elle ne fera absolument pas la même chose.
Préparer sa suite d'autant qu'une enquête judiciaire commence à peser sur l'avenir politique de Marine Le Pen. Une affaire de détournement de fonds publics au Parlement européen.
C'était des fonds qui devaient servir à rémunérer leurs assistants parlementaires pour le compte du Parlement européen sauf que ces assistants parlementaires en tout cas aux yeux de l'accusation ils n'ont pas travaillé pour le Parlement européen mais pour le compte du parti en France. C'est un montant qui est extrêmement important sur une période longue on parle de trois législatures de onze années avec de multiples députés de multiples assistants donc on voit bien que du côté du Rassemblement national et c'est ce que pense l'accusation le système il a été industrialisé.
Lorsque s'ouvre le procès au palais de justice de Paris en septembre 2024 Marine Le Pen est loin d'imaginer être un jour empêchée de se présenter à l'élection suprême. J'imagine que vous êtes beaucoup préparée ? Je n'ai pas besoin de préparer il suffit de dire la vérité. L'ex-avocate est déterminée à démontrer son innocence.
Marine Le Pen elle arrive au tribunal elle est très préparée elle a cet épais dossier avec plein de post-it qui va l'accompagner tous les jours et pendant ce procès elle ne peut pas s'empêcher elle-même de plaider elle l'ancienne avocate on la voit faire des va-et-vient dans la salle d'audience elle va montrer parfois des pièces du dossier à son avocat qui après va interpeller la présidente elle était très active. Pour autant malgré cette préparation c'est un procès qui ne se passe pas bien pour le rassemblement national.
La présidente de l'audience Bénédicte de Pertuis est très incisive très offensive et assez rapidement dès le deuxième ou le troisième jour elle va parler d'un système et ça, ça va rendre Marine Le Pen complètement dingue.
Si bien que Marine Le Pen elle va commencer à commenter ce procès très rapidement dans les allées du tribunal devant les caméras et à remettre en question la partialité même de la présidente du tribunal. Devant les caméras Marine Le Pen s'en prend au magistrat. Ce procès finit par être un procès
à la politique. Il y avait une volonté de colorer politiquement devant le procès et donc Marine Le Pen elle l'avait entendu aussi ça. Les propos de la procureure quand même à l'époque moi j'étais dans la salle lorsqu'elle avait prononcé était quand même extrêmement teinté politiquement.
Marine Le Pen ce jour-là elle arrive finalement comme tous les autres jours c'est-à-dire qu'on a vu des responsables politiques arrivés au tribunal tenter d'esquiver les caméras de passer par une porte dérobée c'est pas du tout l'attitude de Marine Le Pen.
Elle, elle prend la grande porte elle passe devant les caméras alors elle ne fait pas de commentaire mais en tout cas elle montre ce visage combatif sauf qu'ensuite on a le délibéré qui commence à être annoncé et puis on voit qu'elle se crispe de plus en plus notamment au moment où Bénédicte de Pertuis va commencer à aborder la question de l'inéligibilité et surtout de l'exécution provisoire à ce moment-là en fait Marine Le Pen elle comprend qu'elle va être interdite d'être candidate à la présidentielle et elle va être abasourdie et on l'entend sur son banc pas prononcé mais presque soufflé incroyable incroyable comme ça comme si elle n'avait jamais imaginé cette hypothèse
Elle va regarder son avocat elle va lui faire un signe comme quoi elle va partir elle va prendre son sac elle va se lever elle va être suivie par Catherine Griset Ils vont sortir sans un mot à la presse même j'ai envie de dire sans un regard aux caméras direction le siège du parti pour une réunion de crise parce que pour le RN ce jour-là c'est une déflagration Jordan Bardella qui est en route pour le Parlement européen fait demi-tour pour rejoindre Marine Le Pen au siège du parti il y a des cadres du parti qui vont arriver toute l'après-midi et là les téléphones vont sonner dans le vide je peux vous le dire parce que pouvoir rappeler tous les cadres du parti qui étaient dans ce siège personne ne répond j'ai un très proche de Marine Le Pen qui me répond je ne peux pas décrocher je suis en larmes depuis deux heures L'événement est l'occasion pour Marine Le Pen de tester la loyauté de son poulain devant la presse le tandem fait front commun
je ne vais pas empiéter sur votre intervention Marine mais vous avez l'habitude de dire que le combat judiciaire il fait partie du combat politique et là honnêtement c'est un peu gros parce que je pense qu'il y a beaucoup de français qui ont le sentiment
que tout sera fait pour nous empêcher d'arriver au pouvoir moi je leur réponds que rien ne nous empêchera de nous battre pour que nous arrivions au pouvoir nous allons user de tous les moyens qui sont à notre disposition pour permettre aux français de choisir leurs futurs dirigeants et nous allons gagner
ce sont des mots extrêmement durs notamment prononcés par Jordan Berdella comme si finalement il n'avait agi que par intérêt politique c'est à dire qu'on va balayer d'un verre de main tous les débats qui ont eu lieu au sein de ce tribunal toute l'accusation les éléments de preuve qui ont été apportés et on va s'en prendre bille en tête au juge
certains voient pourtant en cette condamnation de Marine Le Pen une aubaine pour Jordan Berdella
ça a fait le travail il n'y a pas besoin de le faire et il peut même la plaindre
donc c'est formidable pour lui il peut même la plaindre
et dénoncer l'injustice et lancer des pétitions tout ça donc pour lui c'est un cadeau divin
vous préparez en attendant au cas où
mais je ne rentrerai pas dans ce débat je sais que vous allez m'attendre au tournant pendant un certain nombre de jours mais je ne rentrerai pas dans ce débat
en coulisses pourtant Jordan Berdella ne se prépare plus seulement à devenir un potentiel premier ministre pour Marine Le Pen il devient le plan B pour la présidentielle 2027 ces derniers mois il caracole même en tête dans plusieurs sondages devant Marine Le Pen je me souviens je me souviens qu'avant la campagne présidentielle de 2022 vous disiez si quelqu'un est mieux passé que moi en 2022 je lui cède la place là vous ne cédez pas la place sauf contrainte et forcée mais parce que c'est un choix qui est commun si vous voulez nous avons fait Jordan et moi un choix commun nous considérons que la meilleure configuration c'est que je sois élue présidente de la république et qu'il soit mon premier ministre il ne s'agit pas pour lui d'être rien tout en réaffirmant sa place de leader Marine Le Pen prépare son procès en appel
quand on arrive au procès en appel on voit un changement on pourrait dire de deux ordres le premier c'est sur la forme en première instance Marine Le Pen elle arrivait tous les jours au tribunal et elle répondait bien souvent aux caméras elle parlait elle expliquait ce qu'elle pensait de l'audience du jour elle faisait des interviews en procès en appel plus du tout on sent un changement de ton de votre part vis-à-vis de
force est de constater qu'il y a eu un changement de stratégie entre la première instance et le procès en appel parce que Marine Le Pen elle est beaucoup plus discrète elle fait profil de bas lors de son interrogatoire elle a que quelques feuilles à noter devant elle elle répond à toutes les questions mais elle s'efforce de ne pas plaider pour ne pas se tirer de balle dans le pied sur le fond il y a la reconnaissance qu'il y a pu avoir certaines négligences un mea culpa partiel sur le fond et un changement de posture sur la forme la stratégie semble avoir été payante en appel mais quand sera-t-il de la décision de la cour de cassation à venir ?
elle va tout de même tenter le tout pour le tout se pourvoir en cassation une dernière fois le risque il est énorme pour elle selon certains juristes parce que eh bien la cour de cassation peut revenir à la première condamnation celle de la première instance celle qui
la contrainte à se retrouver dans cette situation très précaire l'impossibilité
de se projeter vers la présidentielle de 2027
sans attendre Marine Le Pen se rendra dans la Sarthe pour lancer sa campagne dès demain et elle croit en sa chance et moi aussi je crois fermement
en sa chance j'en suis convaincue que ça va lui donner une dimension en effet invincible et même aux yeux des français si vous voulez elle aura triomphé de cette épreuve elle renaît de ses cendres une fois de plus c'est Marine
le phénix son ambition présidentielle demeure suspendue à une nouvelle décision de justice celle de la cour de cassation qui devrait se prononcer en janvier prochain
Marine Le Pen