Gérald Darmanin : "Mon souhait, rester au gouvernement"
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Questions et réponses
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- 0:05OuverteRéponse directe
Il se serait bien vu à Matignon, mais c'est son ami Sébastien Lecornu qui a été choisi.
- 0:17OuverteRéponse directe
Votre ami Sébastien Lecornu est le nouveau Premier ministre. Emmanuel Macron n'a pas fait semblant.
- 0:48RelanceRéponse partielle
Il y a un an, vous disiez qu'il serait absurde de garder le pouvoir. Il faut chercher un Premier ministre en dehors du camp présidentiel.
- 2:12OuverteRéponse directe
Vous ne craignez pas la colère avec cette décision d'hier, franchement ?
- 3:46OuverteRéponse partielle
La justice sociale, quelles concessions vous êtes prêts à lâcher au PS ?
- 4:34RelanceRéponse directe
Le Premier ministre va avoir ces discussions. Vous ne préemptez pas ces discussions ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« Le président de la République, il a nommé un homme politique très important. »
- 0:41Invité politiqueChiffre
« Ça fait 8 ans que Sébastien Lecornu est ministre. »
- 1:15Invité politiqueFait
« aujourd'hui, la gauche, telle qu'elle existe, a démontré son incapacité à avoir une majorité également. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Un an après, la France doit avoir de la stabilité institutionnelle et politique. »
- 4:21Invité politiqueChiffre
« la politique du président a fait baisser le chômage, c'est incontestable. »
- 4:43Invité politiqueFait
« il faut abandonner très vite cette funeste idée des jours fériés travailler sans rémunération supplémentaire. »
- 4:57Invité politiqueFait
« Ça a toujours été mon cas, je pense qu'il faut que ces jours fériés, en effet, ne soient plus au rendez-vous. »
- 5:49Invité politiqueFait
« Je prône depuis très longtemps que le bénéfice doit être beaucoup mieux réparti. »
- 5:57Invité politiqueFait
« Avec une obligation, forcer les chefs d'entreprise, le capital à mieux répartir pour les ouvriers. »
- 8:00Invité politiquePromesse
« Si je reste au gouvernement, c'est mon souhait. »
- 8:03Invité politiquePromesse
« Je n'ai pas d'autre envie que de rester au ministère de la Justice. »
- 8:13Invité politiquePromesse
« Je souhaite faire quatre prisons de sécurité nouvelles pour qu'une prison ressemble à une prison. »
- 8:27Invité politiqueFait
« Il y a l'ordonnance de sûreté pour les enfants. »
- 8:34Invité politiqueFait
« Il y a le divorce avec la garde d'enfants en résidence alternée par principe. »
- 10:05Invité politiqueFait
« D'abord, quand le travail doit mieux être rémunéré. »
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Il
est 8h17, il se serait bien vu lui aussi à Matignon, paraît-il, mais c'est son ami Sébastien Lecornu qui a été choisi par Emmanuel Macron. Marc-Olivier Fogiel, vous recevez à présent le ministre des missionnaires de la justice, Gérald Darmanin. Bonjour Gérald Darmanin.
Bonjour. Votre ami Sébastien Lecornu est le nouveau Premier ministre. Cette fois-ci, Emmanuel Macron n'a pas fait semblant. Il nomme son soufou, un collaborateur. Vous avez entendu Boris Vallaud qui parle du président de
la
République en disant que c'est un forcené. Ce matin, on prend les mêmes et on recommence. Jusqu'à une nouvelle censure
? Je
pense que dans l
'état de situation de notre pays, on peut éviter les propos excessifs et insultants. Le président de la République, il a nommé un homme politique très important. Ça fait 8 ans que Sébastien Lecornu est ministre. Il est élu local depuis très longtemps dans son département
de l'heure. Il a été maire. Mais avec le même profil que les précédents. Vous vous souvenez vous-même, il y a un an, vous disiez, il serait absurde de garder le pouvoir. Il faut chercher un Premier ministre en dehors du camp présidentiel. Mais il y a un an, effectivement, je ne pensais pas qu'il fallait nommer
Michel Barnier ou quelqu'un d'une majorité qui n'était pas tout à fait la nôtre. Mais le président de
la
République en a décidé autrement. Et l'Assemblée a pu fonctionner pendant un an. Et on a pu faire des choses pendant un an. Aujourd'hui, la gauche,
telle
qu'elle existe, a démontré son incapacité à avoir une majorité également. et est obligée de s'allier avec les voix du Rassemblement National pour faire tomber le gouvernement. On n'en est plus là. Un an après, la France doit avoir de la stabilité institutionnelle et politique. Le président, il applique la constitution de la Vème République. Il a nommé son Premier ministre. Ce Premier ministre, moi, j'ai toute confiance en lui. Il a une grande capacité de dialogue. Je le connais en effet personnellement depuis extrêmement longtemps. C'est quelqu'un qui vient du peuple, qui est en considération des gens du peuple.
Et j'espère, je souhaite, qu'il aura en face de lui des interlocuteurs qui vont travailler pour la
France.
Mais un peuple qui est en colère, Boris Ballot le disait tout à l'heure, il est temps d'admettre sa défaite et changer de politique. On va venir à changer de politique. Mais là, effectivement, pour une partie, en tout cas, des gens qui nous écoutent, on a l'impression que le président de la République n'admet pas sa défaite
et
s'entête. Non, mais la dernière élection
législative n'a donné de victoire à personne. C'est un fait. Pas à la gauche, pas au Rassemblement National. Les Français ont envoyé à l'Assemblée Nationale, il faut le respecter, une
assemblée dont personne n
'a
une majorité. Vous ne craignez pas la colère avec cette décision d'hier, franchement, Gérald Darmanin
?
Je
pense que le sujet, ce n
'est
pas la décision de nommer Sébastien Lecornu. La question, c'est la considération, je l'ai dit, depuis de très nombreuses années et avant même cette situation politique, qu'une inflexion sociale était nécessaire de la part des gouvernements, que la détestation des élites et des politiques était très importante, pas que des élites politiques, mais surtout des élites politiques, et que nous devions montrer plus de considération pour les gens. Alors on va
y venir, l'inflexion sociale, mais encore, vous entendez, et ici notamment à RTL, des auditeurs dire, c'est de la provocation de nommer, finalement, quelqu'un de si proche du Président après ce qui s'est passé lundi à l'Assemblée
Nationale.
Mais il ne faut pas juger les gens pour ce qu'ils sont, mais pour ce qu'ils font. C'est ça, être un homme libre, Sébastien Lecornu, je le sais, je l'espère, je l'aiderai, tendra la main, sera un homme d'écoute, de dialogue, et il n'y aura pas de façon d'autre avenir pour le Premier ministre, comme le gouvernement, mais comme notre pays, sans dialogue. Donc si on peut éviter de se jeter des anathèmes et des noms d'oiseaux, c'est une bonne chose. Mais ce n
'est
pas juste des anathèmes,
c'est que là,
depuis
2017,
au gouvernement,
on ne peut pas penser, c'est un homme libre qui est dans un gouvernement et dans des gouvernements, Macron, depuis le début.
Alors
ça, je vous confirme
que Sébastien est un homme libre, et j'ai constaté que c'est à fois un homme d'autorité, et qui est à l'écoute de son pays, parce qu'il est élu local et parce qu
'il
a une fibre sociale. C'est exactement ce que je défends, de l'autorité. Je pense que les Français veulent de l'autorité. La gauche ne peut pas ne pas entendre aussi que dans la rue, à l'école, chez les parents, dans la police, dans la justice, il faut plus d'autorité, et en même temps,
il
faut de la justice sociale.
La
justice sociale, quelles concessions vous êtes prêts à lâcher au PS ? La taxation des riches, puisque ça se joue là-dessus, vous l'avez entendu tout à l'heure. Est-ce que vous, on a entendu votre discours à Tourcoing, vous êtes prêts à un tournant social ? C
'est
ce que vous recommandez à votre ami, témoin de votre mariage, parrain de l'un de vos enfants. Bon, ça n
'a
rien à voir avec
le
fait que je connaisse ça en effet très très bien Sébastien.
Je suis très heureux pour lui.
D'abord, je pense qu'il ne
faut
pas prendre les choses que par l'impôt. Si on commence par l'impôt, dans un pays qui est déjà le plus fiscalisé d'Europe, on va avoir un petit sujet. Alors que la politique du président a fait baisser le chômage, c'est incontestable.
Sauf que c'est le point du PS, vous l'avez entendu. Et là-dessus, ils ne transigeront pas, et vous en avez besoin, autrement, il dégagera comme les autres. Le premier,
on peut éviter d'utiliser ces mots, mais le Premier ministre va avoir ces discussions. Je ne
vais
pas préembser ces discussions et on va le soutenir dans tout ça. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a peut-être des choses qu'il faut changer. Il est évident, sans doute, qu'il faut abandonner très vite cette funeste idée des jours fériés, travailler sans rémunération supplémentaire. Ça nous a tous gênés, nous qui étions de droite sociale, puisqu'on a toujours été élevés dans le travail de plus pour gagner plus Nicolas Sarkozy. Ça a toujours été mon cas, je pense qu'il faut que ces jours fériés, en effet, ne soient
plus au rendez-vous. La taxation des riches, Gérald Darmanin, ne tournez pas autour du pôle là-dessus. Vous savez bien que ça se joue là-dessus. Est-ce qu'il faut faire cette concession ? C'est un gouvernement de compromis.
Mais
qu'est-ce qu'on appelle la taxation des riches ? S'il s'agit sur des richesses supplémentaires de mieux répartir l'argent, la réponse est oui, je le porte depuis plus de 4 ans.
Un impôt spécifique pour les riches. Attendez, c
'est très important, parce que là, on parle de l'économie de notre pays.
On
ne
va
pas faire fuir toutes les personnes qui
ont
un peu d'argent, qui entreprennent. Aujourd'hui, les entrepreneurs, par exemple, comme les ouvriers, ils sont aveugles parce qu
'ils
ne peuvent pas investir du fait du dysfonctionnement de la classe politique. Et nous sommes honteux de ça. Moi, je suis honteux du spectacle que nous donnons avec des gens qui sont chefs d'entreprise, qui sont ouvriers et qui attendent des investissements, des nouvelles machines, des nouvelles usines. Donc, on peut parler sérieusement. Si le flux de richesses, le bénéfice peut être mieux réparti, je suis absolument d'accord. Je prône depuis très longtemps que le bénéfice doit être beaucoup mieux réparti. Avec une obligation, forcer les chefs d'entreprise, le capital à mieux répartir pour les ouvriers.
Donc, ça, c'est en dessous et au-dessus. Est-ce qu'il faut d'abord les
taxer davantage ? Ça s'appelle la participation, ça s'appelle le bénéfice, ça s'appelle l'actionnariat salarié. Si l'idée, c'est de faire contribuer plus ce qu
'on
plus, la réponse est oui. Je pense qu'intelligemment,
on
peut trouver quelque chose qui ne tue pas notre économie. Si l'idée, c'est de faire une taxe Zuckman à 2% sur le patrimoine, sur le stock, pour voir les gens partir de notre pays parce qu'on n'est pas une économie communiste et enfermée, je pense que non, ce n'est pas
possible.
Il y
a
une marge entre la taxe Zuckman et aujourd'hui, la taxation des riches. On peut aller un peu plus, pas jusqu'à la taxe
Zuckman. Je pense qu
'il faut partager, si on peut se mettre d'accord en France, pour dire qu'il faut partager les efforts.
Il
faut que les gens travaillent davantage, notamment ceux qui sont au chômage, ceux qui sont à temps partiel, qui sont des temps partiels choisis, ceux qui, je crois, comme les fonctionnaires, peuvent davantage contribuer au travail collectif. Je parle notamment des cadres parce que je pense que les fonctionnaires de catégorie C et B, ils donnent déjà beaucoup de travail. Le travail et tous, plus que le travail et plus, moi, j'y suis très favorable. Et partager davantage les richesses, chacun peut être attentif à ça. Il y
a
des questions qui se posent sur la pénibilité dans le cadre des retraites qui peuvent être prises par la CFDT. Il y a des questions que posent le Parti Socialiste qui ne sont pas totalement inintéressantes, bien évidemment. Et nous, nous avons été parfois excessifs, parfois excessifs, dans le manque de considération que nous avions des personnes qui souffraient. Cependant, il ne faut pas tomber de l'autre côté du cheval. Et je suis sûr que le Premier ministre aura l'occasion de discuter de tout ça avec un Parti Socialiste dont je me félicite, qui va venir aux négociations et qui va venir discuter avec Sébastien.
Et vous, là-dedans, vous voulez garder votre poste de ministre de la Justice, puisque Matignon s'est raté ?
Alors moi, d'abord, franchement, tout le monde voit que ce n'est pas très enviable d'être Premier ministre. Et il est très courageux,
Sébastien Lecornu. Enfin, en même temps, vous le vouliez. Et d'ailleurs, vous avez vu cette comparaison footballistique d'Armana Lecornu. C'est un peu Mbappé Dembélé. Finalement, c'est Dembélé qui aurait eu le Ballon d'Or en premier.
Mais il n
'y a
aucun problème avec ça. Il faut apprendre à ne pas avoir d'égo. Ça fait huit ans que je suis ministre. Et je suis très honoré que le président de
la
République m'ait fait confiance. Il a choisi Sébastien. C'est un très bon choix. Je vais l'aider de toutes mes forces. Que je sois au Parlement, que je retourne dans ma mairie à Tourcoing ou que je sois au gouvernement. Vous voulez rester au gouvernement ? Si je reste au gouvernement, c'est mon souhait. Je n'ai pas d'autre envie que de rester au ministère de la Justice. Pour lequel, je pense, depuis neuf mois, j'ai fait un travail très important avec les agents et les magistrats. Les prisons de haute sécurité, je pense qu'en six mois, on montre qu
'on
peut faire concrètement des choses pour les Français. Il y
en
aura d'autres ? J'ai l'ordonnance. Oui, je souhaite faire quatre prisons de sécurité nouvelles pour qu'une prison ressemble à une prison. Ou que les délinquants ne puissent pas communiquer à l'extérieur. Je pense que ça, les Français, je le vois dans leur réaction du quotidien, trouvent que nous avons fait, là, pour le coup, des choses utiles pour la nation. Il y
a
l'ordonnance de sûreté pour les enfants. Il y a le divorce avec la garde d'enfants en résidence alternée par principe. Il y a le projet de loi pénal avec beaucoup plus de fermeté que je porte, je l'espère, avec Bruno Retailleau. Donc oui,
je
souhaite, et mon avenir, je le souhaite, est au ministère de la Justice. Je ne souhaite pas faire du tourisme ministériel.
Pour ça, il faut que, évidemment, le gouvernement ne tombe pas. Vous entendez quand même la colère des Français.
Ils
sont dans la rue aujourd'hui. Ça vous inquiète, cette colère ? Comment la calmer ?
Est
-ce que vous l'entendez, cette colère ? Moi,
je suis issu d'une famille très populaire.
Je
suis élu à Tourcoing, dans des circonscriptions très difficiles. Donc je vois très bien la colère, la frustration, le sentiment de mépris, la haine des élites, l'incompréhension des décisions. Et ça fait très longtemps, c'était déjà l'objet de ma rentrée politique, il y
a
trois ans, quand je me suis fait disputer
à l'époque. Comment
la calmer ? Oui, la considération. Écouter les gens, prendre en considération. Arrêter d'être un chirurgien en visio et être un médecin de campagne. Si je devais changer une image de ce qu
'on
doit être, c'est qu'il faut prendre de la considération avec les gens. Et toute personne mérite considération. Et il n'y a pas d'un côté des sachants qui
ont
des tableaux Excel et de l'autre des gens qui ne comprennent pas ce qui se passe. Tout le monde, par son sentiment, et le sentiment c'est à prendre au sérieux. L'amitié, l'amour, la jalousie, la haine, ce sont des sentiments, c'est la réalité qui prend les gens au sérieux. Il faut prendre au sérieux les sentiments des gens, leurs hématomes, leurs difficultés. Et je pense que les discours, y compris difficultés pour ceux qui bloquent aujourd'hui, bien sûr, il faut lutter contre les débordements, mais il faut surtout les écouter.
Quand on les écoute, on entend notamment leur problème de pouvoir d'achat. Et ça, ça se règle comment
?
D'abord, quand le travail doit mieux être rémunéré. Aujourd'hui, le travail n'est pas assez rémunéré. Aujourd'hui, les gens qui bossent, ils se disent, je ne travaille que pour payer mes factures. Et ils ne s'en sortent pas. Impossible de se faire des petits plaisirs, de partir un petit peu en vacances,
d'acheter une maison.
Donc ça, c'est un peu le discours du Parti Socialiste. Non,
non, c'est
le
titre non. Mais vous avez espoir, pour terminer, qu'il collabore ? Est-ce que vous avez espoir que le PS collabore
? Non, ce n
'est
pas tout à fait le discours du Parti Socialiste. Par exemple, nous, on a fait les heures supplémentaires des fiscales d'ISEC, le Président de la République. Le Parti Socialiste a voté contre. Donc ça ne peut pas dire qu'il rémunère absolument le travail.
Est
-ce que vous avez
espoir que le PS collabore
? Je l'espère. J'espère que nous trouvons ensemble, avec le Parti Socialiste, mais aussi avec l'ensemble des députés de l'Assemblée Nationale. Il ne faut mépriser aucun des électeurs. J'espère que nous aurons des gens responsables, parce que ce sont des partis de gouvernement qui voudront améliorer la vie des Français, pas faire la politique du pire. La prochaine fois, c'est vous.
Vous
parlez de quoi ? De la présidentielle ? De Matignon. Ah, pardon. Écoutez, non, de toute façon, ce qui compte, c'est encore 18 mois de travail. C'est extrêmement long. Et à ma place, quelle que soit ma place, j'aiderai le Premier ministre et le Président de la République.
Merci Gérald Dermannand.
Merci
à
vous.
Merci à vous.
Gérald Darmanin