Les mots poignants de ces élus lors de l’examen de la loi intégrale contre les VSS
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:10Fait
« Ce monsieur a été relaxé de ce qu'il nous a fait à ma collaboratrice et à moi, c'est-à-dire que pendant des mois, on a reçu des menaces de mort, de viol. »
- 4:18Fait
« La loi intégrale prévoit notamment la création d'unités spécialisées au sein de la police judiciaire, un dispositif que le gouvernement proposait de supprimer, mais que la gauche et le bloc présidentiel ont maintenu dans le texte. »
Temps de parole
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[applaudissements]
Avant le vote solennel de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles [musique] à l'Assemblée nationale ce mardi 13 octobre, son examen dans l'hémicycle a été traversé par de nombreux désaccords politiques. L'article 62, c'est la création aujourd'hui d'une nouvelle filière d'immigration. Un étranger, homme ou femme, en situation irrégulière dépose plainte pour violence sexuelle et le voilà inexpulsable pendant toute la durée de la procédure pénale. faire ? Vous en prendre aux femmes ? Alors, on connaît votre obsession pour les étrangères.
Mais il a surtout été marqué par des prises de parole fortes de députés relayant [musique] les témoignages de citoyennes victimes de ces violences. Elle débarque au commissariat le matin même du viol et le policier lui dit qu'il la recontactera pour l'informer de la suite de la procédure et qu'il interrogerait ses proches pour savoir qui elle est et si en temps normal, elle est une fille facile. "À 14 ans, lorsqu'on suit un homme, on sait ce qu'on fait", dit un gendarme à Léa.
Un policier [grognement] à Myriam, violée dans l'enfance, "Avez-vous pris du ?" À Jennifer, "Je ne comprends pas pourquoi vous restez avec ce type comme ça là." À Fatima, "Rappelez-nous si ça dégénère." Écoutez Marie, "Si c'était à refaire, je ne porterai pas plainte, c'est une broyeuse." Elle s'est installée sur les marches un peu à l'écart pour allaiter sa fille d'un an qui pleurait et un maître-nageur est venu lui dire qu'elle pouvait pas allaiter parce qu'il y avait des enfants.
Alors, la mère a écrit à la mairie et le cabinet de la mère lui a répondu qu'il y avait des raisons sanitaires, genre le bébé pourrait avaler du chlore et il a conclu, "Asseyez-vous, enfin ouais, restez assis parce que ça vaut le détour, que certains gestes relèvent de l'intime et n'ont pas leur place dans un lieu public." L'émotion a gagné les rangs lorsque des élus, hommes et femmes, ont partagé leur histoire devant l'Assemblée. J'avais 22 ans quand un inconnu m'a plaquée au mur. Il m'a mis un couteau sous la gorge, m'a conduite en plein jour dans un sous-bois et m'a violée. J'étais en état de choc, c'est une amie qui m'a emmenée déposer plainte.
Le lendemain, je me suis retrouvée dans ce même sous-bois avec des policiers à chercher ensemble le préservatif usagé. Adolescent, j'ai moi-même été victime d'une tentative de viol et d'homicide. Comme des centaines de milliers de victimes chaque année, au calvaire de l'agression, s'est ajoutée la douleur de la procédure pénale. La déposition des faits dans la froideur du poste de police, la comparution à l'hôpital pour prendre les preuves de mon agression, la remise en cause de mon témoignage par les psychiatres, la comparution avec l'auteur présumé des faits. Mais contrairement à des centaines de milliers de victimes, j'ai eu le privilège d'avoir droit à la justice.
Les faits d'homicide retenus au moment du dépôt de plainte m'ont permis d'avoir droit à la diligence des policiers. Les preuves ont été trouvées, les rapprochements avec d'autres affaires ont été faits. Une enquête minutieuse m'a permis d'accéder à un procès devant la cour d'assises des mineurs et d'obtenir la vérité. Au terme d'une procédure qui aura duré près de 3 ans, mon bourreau a été reconnu coupable et écroué. Cette vérité m'a permis de me reconstruire et a permis au temps de réparer la plaie de l'agression.
[applaudissements]
Pour marquer l'urgence de faire passer cette loi, la députée LR Émilie Bonnivard a aussi pris pour exemple une décision du tribunal correctionnel de Chambéry rendue pendant les débats dans un dossier dans lequel elle est [musique] victime. Ce monsieur a été relaxé de ce qu'il nous a fait à ma collaboratrice et à moi, c'est-à-dire que pendant des mois, on a reçu des menaces de mort, de viol. J'ai même eu un bouton de d'urgence de la préfète avec le gendarme qui faisait des des tournées autour de ma permanence. Il a appelé euh en pleine nuit ma collaboratrice avec un VPN en lui disant qu'il allait l'égorger. Elle était toute seule chez elle, j'ai dû appeler les gendarmes.
Et la justice de notre pays a estimé que c'était pas très grave. Donc, il est temps. Voilà. Donc, évidemment que je vais faire appel de cette Mais en terme de victimisation secondaire, vous voyez, quand une décision de justice n'est pas à la hauteur, et bien, c'est d'une violence incroyable. Voilà, pour moi, pour mes collaboratrices et pour toutes les femmes qui le vivent.
[applaudissements]
Donc, euh je suis très malheureuse de devoir dire ce soir et en même temps très heureuse que oui, il faut vraiment vraiment vraiment vraiment cette loi maintenant et que nos juges soient formés formés formés formés. La loi intégrale prévoit notamment la création d'unités spécialisées au sein de la police judiciaire, un dispositif que le gouvernement proposait de supprimer, mais que la gauche et le bloc présidentiel ont maintenu dans le texte.
[musique]