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interviewEurope 1· 9 avril 2026 4 min

2027, un président sans majorité : "Les élections législatives, véritable enjeu de l’an prochain"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'ésit aux politiques sur européen avec le Figaro. Bonjour Alexis Brezer. Bonjour Dimitri.

Bonjour à tous. Alexis, nous sommes à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle. Alors toute la vie politique, c'est logique s'organise autour de cette échéance.

L'élection renn comme on dit. Mais vous nous dites Alexis attention il y a un autre dont personne ne parle mais qui n'a pas moins d'importance. Les législatifs qui vont suivre.

Qu'est-ce qui vous fait dire cela ? Et bien une raison toute simple Dimitri. C'est très important d'avoir un nouveau président, mais [raclement de gorge] encore faut-il qu'il puisse gouverner le pays.

Et pour gouverner, il faut qu'il obtienne la majorité aux élections législatives qu'il ne manquera pas de convoquer au lendemain de son élection. Or, cela rien ne le garantit. Dans l'état actuel des forces, il y a même un très grand risque que le prochain président élu en 2027 n'est pas la majorité.

Depuis le début de la 5e République, on s'était habitué à considérer l'affaire comme une formalité. Le président élu prononçait la dissolution et il obtenait les mains libres à l'Assemblée. C'était comme ça.

En 1988, François Mitteran, réélu avait certes dû se contenter d'une très confortable majorité relative, mais enfin c'était l'exception qui confirme leur règle. En 2002, l'instauration du quinquena et l'inversion du calendrier avaient même, pensait-on, gravé dans le marbre cette garantie majoritaire ? Seulement voilà, depuis tout s'est détraqué.

On l'a vu en 2022 lorsqu'Emmanuel Macron, largement réélu, a vu sa coalition arriver en tête certes, mais à presque 50 sièges de la majorité absolu. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la dissolution de 2024 n'a rien arrangé. Le camp du président n'a même plus la majorité relative.

C'est bien le signe que quelque chose a changé. Et comment vous l'expliquez Alexis ? Ben alors, par une autre raison très simple, Dimitri, qui tient à l'arithmétique, tout notre système électoral à deux tours et au scrutin majoritaire repose sur un principe qui remonte à la Révolution française, la bipolarisation droite contre gauche.

Or, ce principe s'est effondré et le macronisme a accéléré cet effondrement. Le pays est désormais fracturé en trois grands pôles, une droite radicale, une gauche radicale et entre les deux un magma central à peu près homogène sociologiquement mais divisé politiquement et idéologiquement. Et donc ben la mécanique majoritaire qui fonctionnait à deux, ben elle ne fonctionne plus.

Ça veut dire qu'aux élections législatives qui suivront la présidentielle de 2027, tout peut arriver. une majorité absolue pour le président ou contre lui, une majorité de relative ou pas de majorité du tout. On peut tout à fait imaginer par exemple qu'après l'élection d'un président Eren, les Françaises ou d'un effrayé par leur audace ou par les désordres causés par LFI décident de rééquilibrer les choses à l'Assemblée.

On peut imaginer à l'inverse qu'après l'élection d'un président issu du bloc central, ils choisissent de prendre leur revanche en aisant une majorité de députés. Bref, tout est possible et notamment que la France s'enfonce encore un peu plus dans l'impuissance et le chaos institutionnel. Et il y a encore un moyen selon vous Alexis d'éviter ce scénario du pire.

Alors bon, on va nous parler d'union des droites, de fusion des centres, d'alliance des gauches, d'accord de coalition, de plateforme de gouvernement, de voir de ticket président, premier ministre. Mais vous savez Dimitri, en démocratie il n'y a qu'un juge de paix et un seul plus fort que la logique institutionnelle que les pesanteurs politique ou que la fatalité arithmétique, c'est le peuple. Si les Français sont satisfaits profondément d'avoir porté tel ou telle àisée, s'ils estiment qu'il peut réellement changer les choses et qu'il pensent qu'il doit avoir vraiment les moyens de gouverner, et bien ils lui donneront une majorité.

Mais voilà, cela suppose que l'élection présidentielle soit le fruit d'une adhésion à un homme, à une femme et à un projet et pas seulement le produit d'un rejet. Rejet du RN, rejet de LFI, rejet du macronisme. On peut toujours dresser des barrages mais on n jamais rien construit dessus.

L' dit politique sur europein. Merci beaucoup Alexis Brazet. La une du Figaro ce matin consacrée à l'Iran, le monde suspendu à la trêve [musique] fragile de Donald Trump.

Merci beaucoup Alexis. Bonne journée. Il est 7h55.

Excellent début de journée avec Europe un matin et Dimitri Pavlenko jusqu'à 9h. Nous sommes le jeudi 9 avril et votre invité politique dans un quart d'heure sera le maire d'hiver droite de Béier récemment réélu pour un troisème mandat Robert Ménard. Il sera face à Laurence Ferrari après votre journal.

La météo est le sein du jeu.