Le "8h30 franceinfo" de Monseigneur Pierre-Antoine Bozo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse directe
Comment interprétez-vous cette ferveur très importante ?
- 2:12RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas un paradoxe entre cette ferveur affichée et des Français qui se disent de moins en moins catholiques ?
- 3:34OuverteRéponse directe
Est-ce que pour l'église il y a tout de même un enjeu d'attirer des fidèles, d'attirer de nouveaux prêtres aussi ?
- 4:11OuverteRéponse partielle
Il y a un détail qui montre l'ampleur de la messe demain : des hosties en quantité industrielle. 500 000 hosties sont prévues. Pour quel message ?
- 5:51OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi Saint-Denis pour le Stade de France ? Est-ce que c'est aussi un message que le pape veut envoyer pour une église française faite de plus de différences et de mixité ?
- 7:56RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il y a une fracture qui apparaît chez ces jeunes publics entre mouvements identitaires et ultra-conservateurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30InvitéChiffre
« Plus de 600 000 personnes attendues demain à Place de la Concorde sur les Champs-Elysées pour une messe géante. »
- 2:30InvitéChiffre
« Un bébé sur deux a été baptisé au début des années 2000 et désormais c'est seulement 2 sur 10. »
- 2:47InvitéChiffre
« Il reste qu'il y a statistiquement à peu près 60% de Français qui sont des baptisés. »
- 4:18InvitéChiffre
« 500 000 hosties sont prévues, consacrées par 3 000 prêtres. »
- 21:30InvitéChiffre
« 330 000 victimes comptées par la Sias depuis les années 50. »
- 21:43InvitéChiffre
« Nous avons reçu à l'instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation que nous avons mis en place 1900 à peu près 1900 personnes victimes qui ont demandé reconnaissance et réparation. »
Temps de parole
- Invité59 %
- Invité 217 %
- Présentateur15 %
- Invité 34 %
- ?3 %
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Bonjour
Camille. Bonjour Benjamin. Et bonjour Mgr Pierre-Antoine Bozo. Bonjour Monsieur. Porte-parole de la conférence des évêques de France, évêque du diocèse de La Rochelle, le pape Léon XIV est donc dans les airs. Il arrive sur le sol français d'ici une heure et demie pour une visite historique dans notre pays qui va durer quatre jours d'abord à Paris, puis il sera à Lourdes aussi à Metz jusqu'à lundi. Ce pape Léon XIV, on le connaît encore assez mal, élu il y a près d'un an et demi. Vous allez nous aider à mieux le cerner. D'abord un mot sur la ferveur qui accompagne cette visite. Plus de 600 000 personnes attendues demain à Place de la Concorde sur les Champs-Elysées pour une messe géante.
Des milliers de personnes aussi dès cet après-midi dans les rues de Paris pour une délégation avec le pape en pape à mobile. Comment vous interprétez cette ferveur très importante
? Elle
nous réjouit, elle nous surprend un peu, elle nous réjouit. Elle vous surprend ? Oui, on avait prévu une jauge un peu plus basse, vous voyez, donc on est heureusement surpris par cette ferveur, cet engouement, cet enthousiasme. Alors je pense qu'il y a les chrétiens catholiques qui sont heureux de recevoir le succèdeur de Pierre, que c'est quand même pas tous les matins. La dernière visite c'était le pape officiel, comme ça c'est le pape Benoît XVI en 2008. Voilà, donc c'est un événement rare. Là le pape reste quatre jours, donc vous voyez c'est un bel investissement de sa part, assez vite après le début de son pontificat, c'est son cinquième voyage à l'étranger seulement.
Donc les catholiques sont heureux de le rencontrer. Et puis je pense que le pape c'est aussi une figure un peu curieuse pour les gens qui ne sont pas chrétiens, vous voyez, parce que en fait c'est un chef religieux qui n'a pas tellement d'équivalent dans le monde. Et donc il intrigue un peu je
pense. C'est une figure qui attire, est-ce que le pape Léon XIV en particulier attire peut-être plus qu'un autre, peut-être plus que François auparavant
? Alors ça
je ne sais pas, chacun voyait bien que les marques de personnalité sont quand même très repérables. Entre le pape François qui était un homme un peu sanguin, un peu disruptif, qui a secoué un peu l'église et certainement c'est ce qu'il fallait à ce moment-là. Et puis le pape Léon XIV qui
est
un homme assez posé, on se sent très unifié, un homme vraiment très paisible intérieurement, ça se voit dans sa manière d'être. Et donc je pense que cette nouvelle figure aussi attire les gens. Mgr Bozo, vous disiez vous-même votre surprise face à cette ferveur. Est-ce qu'il n'y a pas un paradoxe entre cette ferveur affichée et des Français qui se disent de moins en moins catholiques ? Alors on dit beaucoup que la France est un pays très sécularisé et c'est vrai que les indicateurs, vous voyez, pour nous qui sont assez objectifs, le nombre de baptêmes d'enfants, de mariages à l'église, même d'obsèques à l'église est en baisse. Le baptême d'enfants, les chiffres sont assez flagrants.
Un bébé sur deux a été baptisé au début des années 2000 et désormais c'est seulement 2 sur 10. Une chute flagrante.
Une chute
importante. Alors il reste qu'il y a statistiquement à peu près 60% de Français qui sont des baptisés. Ça ne
veut
pas dire que ce sont des pratiquants mais des baptisés.
Oui,
il y a 2%
de Français qui vont à l'église par exemple
tous les dimanche. Alors c'est ça, voilà, oui. Donc il y a un sondage au Doxa du Figaro qui est paru hier ou avant-hier qui dit que 82% des Français, toutes catégories confondues, ont une bonne image du pape et sont heureux qu'ils viennent en France. Vous voyez, donc c'est assez étonnant. Donc au fond c'est une figure assez consensuelle parce que je crois que les gens repèrent que c'est un homme de paix, c'est un homme qui cherche l'unité, qui est plutôt un homme de dialogue. Moi je suis très touché, j'ai vu ce matin que les autres religions en France, vous voyez, les juifs, bouddhistes, protestants, musulmans, ont écrit un message de bienvenue pour le pape.
Ce qui fait que, ça veut dire qu'ils le voient aussi comme un homme de dialogue.
Mais ça ne suffit pas à cacher la sécularisation de la société dont vous
parlez, Pierre
-Antoine Bozo, est-ce que pour l'église il y a tout de même un enjeu d'attirer des fidèles, d'attirer de nouveaux prêtres aussi ? On sait que c'est un moment qui est difficile pour l'église
de France. Oui, l
'église n
'est pas une
société
commerciale, elle n
'est
pas là pour faire du chiffre,
elle
n
'est
pas là pour se compter, donc on se méfie un peu. Vous savez, dans la Bible,
il
y a un petit peu une mise en cause quand on essaie de, justement, le but de l'église, ce n
'est
pas de prospérer pour son propre intérêt. Le but de l'église, c'est d'annoncer le message de Jésus-Christ, c'est d'annoncer l'évangile. Et donc, elle reste avec cette dimension missionnaire, qui n'est pas du prosélytisme, qui est, nous annonçons ce qui nous fait vivre, parce qu'on pense que
c'est
un trésor qui peut aider les hommes à vivre en paix. Mgr Bozo, il y a un détail qui montre l'ampleur de la messe demain, des hosties en quantité industrielle. 500 000 hosties sont prévues, consacrées par 3 000 prêtres.
Je
rends hommage aux sœurs carmélites en général, qui façonnent, qui préparent ces hosties. Voilà, avec 3 000 prêtres qui, demain matin, vont les consacrer. Et on se pose cette question, ce super chaud, c'est pour quel message ? Vous voulez encourager les Français à revenir dans vos églises
?
Alors, ce n
'est
pas un chaud, c'est une messe. Donc, vous voyez, pour nous, c
'est un acte... Mais on est entre
les
deux, non ? Avec 600
000
personnes... Peut
-être que la dimension
un peu plus
chaud, ce sera le Stade de France avec les jeunes, parce que, vous voyez,
le Stade
de France, voilà. Mais la messe,
c
'est vraiment la messe. Donc, c'est un temps, vous voyez, ce sera la liturgie officielle de l'église, ce sera recueilli. Il y a beaucoup de gens, parce que là, ce sera plutôt des catholiques. Peut-être qu'il y
aura
des curieux, on peut venir, voilà, qui ne communieront pas. Et
pour quel message de la
part du pape
?
Quel message ?
Alors,
le pape, lui...
Vous
savez, peut-être qu
'il
faut dire un mot pour nos éditeurs, parce que le pape, c'est le successeur de Pierre. Pour dire la chose très simplement, Jésus-Christ, il a choisi 12 apôtres,
et
parmi eux, il y
en
a un qui s'appelait Pierre. Les successeurs des 12 apôtres, ce sont les évêques.
Et
le successeur de l'apôtre Pierre, c'est l'évêque de Rome, parce que c'est là que Pierre est mort, qu'il a versé son sang dans le cirque de Néron autour de l'an 64. Et donc, le successeur de Pierre, c'est devenu le pape. Et donc, le pape, il reçoit la mission que Jésus a confiée à Pierre. Et Jésus a confié une mission très simple à Pierre. Il lui
a
dit, toi, confirme, affermis tes frères dans la foi. Donc, le pape, il vient pour ça, pour nous affermir, c'est-à
-dire
pour nous encourager dans notre foi.
Il
va tout particulièrement s'adresser aux jeunes. Donc, ce soir, au Stade de France, à Saint-Denis, pourquoi avoir choisi Saint-Denis ? Est-ce que c'est aussi un message que le pape veut envoyer pour une église française fait de plus de différences et de mixité ? Alors, il se trouve que le Stade de France est en Seine-Saint-Denis. Mais
il n'y a pas un message, un double message ? Peut-être qu'il y a un
message. En tout cas, moi, je suis très heureux de savoir que, par exemple, il y a 1500 jeunes du diocèse de Saint-Denis qui sont, vous voyez,
alors
très métissés, qui ont invité des amis bouddhistes, musulmans, non-croyants à venir avec eux. Donc, il y aura dans ce Stade de France, non seulement des jeunes catholiques
qui arrivent, il sera plein, il y a beaucoup de jeunes qui ne
peuvent pas venir, qui sont très frustrés. Donc, oui, il y aura aussi cet aspect-là d'une église très variée.
Il
est curieux de ça, le pape Léon XIV, on dit beaucoup que ça l'intrigue, ce qui se passe en France. C'est vrai qu'il
y a
une remontée des baptêmes de jeunes adultes ou d'adolescents,
ce
qui, en effet, entre en contraste...
Avec ce que vous disiez sur la sécularisation. Oui. Peut-être qu'on est arrivé dans un point bas où, au fond, on s'aperçoit que la société de consommation ne suffit pas à remplir le cœur de l'homme et qu'il
y
a aussi, peut-être dans une société un peu anxiogène, il y a une recherche aujourd'hui et qui fait que, de fait, on a une remontée quand même très significative du nombre de jeunes, de jeunes adultes qui demandent le baptême. Et donc, ça, ça nous marque et ça intrigue, je pense, un
peu
le pape. Ce n
'est
pas propre à la France, mais ce phénomène a commencé, peut-être, en France. Et est-ce qu'aussi, avec une jeunesse parfois plus identitaire, avec une vision plus politique, qui crée des divisions aussi au sein de l'Église ? Oui. Alors moi, vous voyez, ce que je vois comme évêque, parce que je rencontre les jeunes en Charente-Maritime, comme je l'ai fait avant, comme j'étais évêque de Limoges, je vois des jeunes catholiques, j'allais dire qu'ils sont... Alors, c'est un mot qui peut faire un peu peur parce que ce mot de radicalisme, il a peut-être un peu connoté, mais je vois des jeunes qui sont assez radicaux dans leur foi. C'est-à-dire qu'ils veulent vraiment vivre l'Évangile à fond.
Et donc, ça se traduit par des engagements extraordinaires de colocation de jeunes actifs avec, vous voyez, des gens de la rue. Voilà, une manière de vivre la foi très belle.
Mais par exemple, Pierre-Antoine Bozo, les jeunes étaient mobilisés dès hier soir avec une veillée dans l'Église Saint-Sulpice à Paris. Plus de 2000 personnes étaient réunies, organisées par des youtubeurs, prêtres. Ça a été diffusé sur les réseaux sociaux aussi, avec parmi ces influenceurs aussi des figures proches, en effet, de mouvements plus identitaires, ultra-conservateurs. Ça a même créé un malaise au sein de l'Église. Certains collectifs de catholiques plutôt de gauche aussi le dénoncent. Est-ce que là,
il
n'y a tout de même pas une fracture qui apparaît, en tout cas chez ces jeunes publics ? C'est
-à
-dire
que l'Église n'est
pas à part de la société. Donc, elle est composée de gens... Et c'est très beau que dans l'Église, il y
ait
des gens de gauche, il y
ait
des gens de droite. Alors ça,
c
'est des influenceurs. Les influenceurs, par principe, ils ne
sont
pas très institutionnels. Donc,
ce
n
'est
pas organisé par la conférence des évêques. C'est eux qui ont décidé de faire une veillée de prière. Et il se trouve que, de fait, il y
a
des figures très, très variées. Est
-ce que vous
êtes à l'aise avec ça, justement
? En tout cas,
on dialogue avec tout le monde. Il y avait un évêque qui était là, M. Valentin, qui montrait que les évêques se sont attentifs à ça, essaient de parler avec tout le monde, et essaient de comprendre aussi ces chrétiens qui sont plus ancrés à droite, qui ont le droit d'exister, et qu'il faut essayer d'entendre,
et
qu'il faut donner leur place. Mais, en tout cas, le catholicisme n'est pas une option politique. Ou alors, normalement, il intéresse et des gens de gauche, et des gens de droite. Et on le voit bien, qu'il
y a
des chrétiens de gauche et des chrétiens de droite, et ça, c'est très beau. Alors, justement, M. Bozo, sur cette question politique, quelles sont les relations entre le pape Léon et Emmanuel Macron ? On a entendu qu'Emmanuel Macron aurait voulu faire visiter Notre-Dame au pape, ce que le pape n'a pas souhaité faire. Est-ce qu'il y
a
un froid entre le président de la République et le pape Léon
?
Non, je ne pense pas du tout. Je pense que, vraiment, le pape, il est venu pour ce qu'on appelle un voyage apostolique. Vous
voyez,
je vous disais qu'il était successeur d'apôtres, de l'apôtre Pierre. Donc, apostolique, c'est-à-dire qu'il vient pour confirmer ses frères dans la foi, donc il vient vraiment en tant que chef religieux. Il se trouve que, pour être un bon chef religieux, capable d'être présent dans le monde entier, il est aussi chef d'État. Mais c'est secondaire qu'il soit chef d'État. Et donc, il est accueilli par le président Macron comme un chef d'État. Et le président Macron l'accueille le mieux possible et a proposé un dîner à l'Élysée, a proposé de l'accueillir à Notre-Dame. Et le pape a choisi la version basse pour pouvoir se déployer complètement dans sa mission et dans son voyage apostolique.
Je vous posais cette question d'un froid potentiel entre le pape et la France, parce qu'il y a la loi sur la fin de vie qui vient d'être votée en août. Le pape va se rendre à Lourdes. Est-ce que c'est une manière de dire, sans le prononcer, son désaccord par rapport à la France et cette loi sur la fin de vie ? Vous savez, je pense que ce désaccord, il est connu largement. Les évêques se sont exprimés là-dessus très abondamment. Ils se sont engagés dans ce débat, ce débat grave et important sur la fin de vie. Vous savez que l'Église en France a été en désaccord et que le pape l
'a
dit à plusieurs reprises. Donc le président Macron n'a pas besoin de l'apprendre, il le sait déjà. Mais ce choix de Lourdes, c'est un symbole
par rapport au vote de cette loi ?
Oui,
c
'est ça. C'est-à-dire que le pape, au fond, il ne
vient
pas là en chef politique, donc il ne va pas délivrer un message. Peut-être qu
'il
en parlera en tête à tête avec le président Macron, mais il vient vraiment pour délivrer un autre message. Et alors c'est beau qu'il parle de cette question de la fin de vie plutôt à Lourdes, qui est le lieu où on accueille des personnes vulnérables, des personnes fragiles, des personnes malades. Et c'est là qu'il parlera. Au fond, la loi est votée maintenant, dans la loi sur la fin de vie. Donc nous, on est obligés d'en prendre acte, hélas, mais ça nous oblige à être d'autant plus attentifs à accompagner les personnes seules, les personnes malades, pour leur montrer qu'elles comptent à nos yeux.
D'un mot, on parlait de politique il y a un instant, Mgr Bozo, la fin de vie, c'est un débat politique. La question du timing de ce voyage a fait débat parce que le pape ne veut pas venir trop proche d'élections ou d'échéances électorales. Il y aura une élection présidentielle dans huit mois en France, donc ça passe tout juste. Est-ce qu'il vient aussi porter un message à ce sujet-là, à l'approche de la présidentielle, justement ?
Peut-être qu'en tout cas, à l'approche des présidentielles et à la destination de tous les candidats. Son message, c'est un message de paix,
c
'est un message sur l'importance du dialogue. Vous savez qu'il a publié une très belle encyclique, je trouve, Magnifica Humanitas, sur la doctrine sociale de l'Église à l'ère de l'intelligence artificielle, et qu'il y insiste sur la nécessité du dialogue, sur le multilatéralisme,
vous
voyez, alors ça c'est au niveau de la géopolitique, mais qui a été remplacé par ce qu'il appelle un multipolarisme conflictuel. Donc le pape,
c
'est un homme de dialogue et peut-être que ce qu'il dit aux candidats, sans leur dire directement, c'est soyez des artisans de dialogue, de paix, d'unité et non pas des vattes en guerre.
Mgr Pierre-Antoine Bozo, porte-parole de la conférence des évêques de France,
vous
restez avec nous, on va évoquer dans un instant la rencontre aussi prévue dimanche à Lourdes du pape Léon XIV avec des victimes de violences sexuelles. C'est juste après l'info en une minute. Il est 8h46, Antoine Jeffin.
Les 720 000 clients d'ENGIE qui ont touché le chèque énergie cette année vont recevoir une aide de 75 euros sur leur prochaine facture, annonce le groupe ce matin. Il dit poursuivre son engagement en faveur des ménages les plus fragiles. Les clients éligibles, les ménages dont le revenu fiscal de référence est de moins de 11 000 euros, n'ont aucune démarche à faire. Dans un peu plus d'une heure, le pape Léon XIV posera le pied sur le tarmac de l'aéroport d'Orly où il sera accueilli par Emmanuel Macron. A 10h, les cloches des églises de Paris vont sonner pendant 7 minutes pour célébrer sa venue en France pour 4 jours.
Le chef de l'église catholique prononcera un discours à l'UNESCO avant une déambulation en Papamobile jusqu'à Notre-Dame de Paris. cet après-midi. Il est soupçonné de viol et agression sexuelle sur 22 enfants d'une école maternelle de Paris. Un professeur d'anglais mis en examen et placé en détention provisoire hier. Accusation qui porte sur la dernière année scolaire. 5 départements en risque élevé feu de forêt aujourd'hui niveau orange qui concernent l'Aude, l'Ardèche, l'Aveyron, l'Hérault et le Gard.
France
Info
Le
8.30 France
Info Camille
Girard,
Benjamin
Recouvreur
Monseigneur Pierre-Antoine Pozo, vous êtes porte-parole de la conférence des évêques de France et évêque du diocèse de La Rochelle et vous êtes donc notre invité ce matin du 8.30 France Info à l'occasion de la visite historique du pape Léon XIV en France. Ce pape est-il un pape anti-Donald Trump ? La question s'est posée dès son élection il y a donc un peu plus d'un an. Léon XIV est le premier pape américain et qui n'a pas peur de dire ce qu'il pense. On voulait vous faire écouter, c'était en avril dernier, un appel à la paix depuis la basilique Saint-Pierre et vous allez l'écouter aussi qui n'a pas plu à Donald
Trump.
Assez avec l'idolâtrie de soi-même et de l'argent, assez avec la démonstration de force, assez avec la guerre.
Je
ne suis pas un grand fan du pape Léon, c'est quelqu'un de très libéral et c'est un homme qui ne croit pas la lutte contre la criminalité.
Je
ne suis pas un big fan dit Donald Trump à propos du pape. Le pape Léon XIV est-il un pape anti-Trump
?
Je pense que le pape n'est contre personne. Le pape il essaie de vivre l'évangile donc il essaie d'aimer tous les hommes y compris Donald Trump et je pense que peut-être être pris spécialement
pour lui.
Je pense qu'il essaie de l'aimer mais ça ne
veut
pas dire qu'il adhère à ce que dit Donald Trump.
Il
est américain
le
pape,
il faudra bien aussi parce que ça ajoute
quelque chose à cette relation. On peut dire que les
deux grandes figures américaines c'est Donald Trump et le pape Léon XIV. Douce match qu'on
vient d'entendre. Douce match
mais alors qui a été un peu déclenché par Donald Trump et il n
'y a
pas d'escalade de violence verbale chez le pape Léon XIV même si ces mots qu'on a entendus sont quand même fermes et en effet c'est là qu'on dit que le pape c'est un pape un peu effacé par rapport au pape François ce que vous avez entendu montre qu'il n'a pas peur de dire les choses. Oui parce qu'il est allé même jusqu'à dire je n'ai peur ni de l'administration Trump ni de dire le message de l'évangile. Bien sûr il est libre c'est pour ça que il est chef d'état c'est pour pouvoir être complètement libre et ne dépendre de personne pour pouvoir dire ce message de l'évangile qui est sa raison d'être.
Et
le Vatican c'est aussi de la diplomatie souvent les papes essayent de peser dans les négociations dans les conflits est-ce que cette parole elle peut se faire entendre encore aujourd'hui dans un monde qui est rattrapé par autant de conflits aux quatre coins du gouvernement
? Oui
encore une fois vous voyez dans Magnifica Humanitas le pape plaide pour le multilatéralisme contre le multipolarisme
conflit alors je pense il
va venir à l'UNESCO dans son voyage cet après-midi donc c'est une agence des Nations Unies donc le multilatéralisme alors il y a toutes les lourdeurs de l'administration de ces grandes organisations mais cependant il n
'y a
pas d'autre solution que le dialogue pour que les hommes puissent vivre en paix sinon on voit bien que la force du droit est remplacée par la loi du plus fort et c'est ça que le pape combat et c'est en cela que de fait il est aussi un diplomate et d'ailleurs dernière étape de ce voyage le pape Léon XIV se rendra lundi à Metz pourquoi est-ce qu'il a choisi cette ville et quel est le message qu'il va vouloir y délivrer ? Alors ça c'est assez beau dans la construction de ce voyage parce que finalement le pape a peut-être désireux de faire davantage a rajouté une journée il a beaucoup cherché ce qu'il pourrait en faire et au fond je pense qu
'il
est très attentif à la question de l'Europe vous voyez et de l'Europe comme le lieu où enfin oui on va vénérer pas mal la figure de Robert Schumann un
des pères
fondateurs
et
alors Robert Schumann c'est quand même vous voyez très marquant cet homme-là juste après la guerre qui plaide pour la réconciliation franco-allemande ce qui était quasiment irrecevable tellement la France avait souffert de cette agression allemande et donc au fond répondre au mal par le bien pour ne pas s'enfermer dans une spirale de la violence et c'est ça que au fond à Metz le pape va honorer c'est les intuitions vous voyez de ces grands fondateurs Schumann de Gasperi Adenauer qui sont tous des chrétiens ils se trouvent et qui ont voulu construire une Europe de la paix donc c'est un pape qui véritablement veut peser face à ces menaces de guerre oui
je pense
que c
'est
sa responsabilité et qu'il ne déroge pas
est
-ce qu'il pourrait y avoir une rencontre avec Volodymyr Zelensky le président ukrainien on en parle
en
coulisses
est-ce que vous avez des informations
parce que ça c'est la responsabilité de l'Elysée qui est chargée d'inviter les chefs d'état étrangers le président Macron a dit qu'il l'avait fait mais je ne sais pas qui viendra ce que je sais c'est que le pape ou la conférence d'évêques a invité les présidents des conférences épiscopales qui répondent très positivement à cette invitation et puis aussi ce qui est assez beau il y
a
une quinzaine d'abbés et d'abbes bénédictines parce que les bénédictins ils ont aussi contribué à façonner la culture européenne donc il y aura cette belle séquence européenne
et
avant ce moment fort pour la diplomatie aussi lundi à Metz dimanche avant cela le pape Léon XIV sera donc à Lourdes il y rencontrera notamment des victimes de violences sexuelles commises par des hommes d'église sept victimes au total Pierre-Antoine Bozo qu'est-ce qu
'on
peut attendre de cette rencontre est-ce que le pape vient leur dire que l'église assume toute sa responsabilité
alors
je pense que le pape leur dira cela que l'église assume sa responsabilité que l'église a honte de ce qui s
'est
passé peut-être que le pape au nom de l'église demandera pardon je pense que le pape on le dit vraiment beaucoup c'est un homme d'écoute c'est pour ça qu'il a choisi ce format d'un petit nombre d'interlocuteurs
un format qui a été critiqué
justement dans des collectifs de victimes même comme
celui de
l'église de Betara m'avait demandé
à le rencontrer ce qui n'a pas été accepté on peut le comprendre il y avait différents formats possibles dénonce un rendez-vous manqué les collectifs de victimes et bien en fait s'il y avait eu un rendez-vous avec les collectifs de victimes il
y
aurait eu 50 personnes présentes il y
aurait
eu un échange de discours voilà c'est pas du tout ça que le pape a voulu c'est pouvoir écouter vous voyez les gens qui ont été victimes ils ont une expérience unique et qui est nécessaire moi il m'est arrivé comme évêque hélas d'avoir rencontré des personnes victimes d'abus et depuis que je les ai rencontrés mon regard a complètement changé c'est-à-dire quand on comprend un peu de l'intérieur comment ces gens sont abîmés voire détruits enfin en tout cas le pape il a besoin aussi de cela c'est lui qui veut écouter aussi avant de parler cette réunion elle se fait à huis clos est-ce que ça veut dire que ça reste un sujet tabou dans l'église
?
non c'est pas respect des personnes victimes vous voyez qui ne veulent pas forcément que leur nom soit connu alors au fond la politique de communication autour de ça c'est on ne dit pas qui est invité mais les gens sont libres de le dire donc il y a 5 des 7 victimes qui se sont manifestées et après la rencontre avec le pape ils feront absolument ce qu
'ils
voudront ils feront un communiqué commun ils répondront à des informations à France Info et voilà mais c'est vraiment par respect des personnes le pape lors d'un précédent déplacement en juin à Madrid avait parlé à propos des abus sexuels commis au sein de l'église d'une plaie ouverte ça veut dire qu'il reste beaucoup à faire et que notamment vous à la conférence des évêques de France il vous envoie ce signal et ce message faites plus et plus vite oui en même temps l'église de France je pense fait quelque chose d'un peu unique encore dans l'église universelle avec la commission sauvée la SIAZ avec la mise en place de
l'INIR mais donc
tout n'a pas été appliqué donc toutes les recommandations du rapport alors c'est en cours je peux vous dire qu'il n'y
a
pas une assemblée des évêques où nous ne parlons pas de cela et où nous continuons d'essayer de mettre en oeuvre le maximum de choses pour que l'église soit une maison sûre et pour que les victimes soient accompagnés reconnus dans leur souffrance et que des réparations soient proposées
il
y a
la réparation mais il y
a
aussi ce que vous dites essayer de réformer l'église ou en tout cas de changer les choses pour casser ce système qui a protégé pendant autant de décennies des dizaines et des dizaines d'agresseurs est-ce que à ce niveau-là vous arrivez justement à faire avancer les choses
suffisamment
oui je pense vraiment que ça on est sortis de la dimension systémique vous voyez tellement les choses sont venues au jour et que ça nous a des décennies passées sous silence quand même oui alors c'est les années 50, 60, 70 330 000 victimes comptées
par la
Sias depuis
les années 50 c
'est une projection statistique c'est pas de 330 000 victimes avérées c'est une projection statistique nous avons reçu à l'instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation que nous avons mis en place 1900 à peu près 1900 personnes victimes qui ont demandé reconnaissance et réparation Mgr Bozo c'est intéressant le terme que vous avez prononcé systémique est-ce que selon vous il y a un problème systémique structurel dans l'église en France qui a pu permettre ces abus et qui les permettent encore alors oui pas au sens que c'est un système organisé par l'église c'est une espèce d'écosystème qui a permis cela
le
silence le silence le fait qu'on déplaçait les gens mais il faut pas faire d'anachronisme c'est ce qu'on faisait partout à l'époque et ce n'est plus du tout le cas je pense vraiment qu'on est complètement sortis de cela et qu'aujourd'hui on est extrêmement vigilants qu'on forme les jeunes séminaristes à toutes ces questions qu'on a pris des mesures aujourd'hui un prêtre ne confesse pas à quelqu'un tout seul un jeune sans qu'il y
ait
une porte ouverte etc donc je pense vraiment qu'on est sortis de cela mais il faut rester extrêmement vigilants c'est une question qui nous préoccupe beaucoup alors quand on a un nouveau pape vous savez on se pose toujours la question est-ce qu'il sera plus moderne que le précédent comment est-ce qu'il va c'est la place des femmes dans l'église la question de l'ordination est-ce que ce pape Léon XIV est animé par une envie de faire bouger les choses pour les femmes
alors
en tout cas il a marqué en nommant deux femmes à des instances les plus hautes de gouvernement de dicaster qui sont un peu les ministères de l'église qu'il était attentif à cette question et sensible à cela et qu'il veut vraiment donner leur place dans le respect des différentes vocations aux femmes dans l'église jusqu'à l'ordination Ah non ça je ne pense pas parce que c'est une chose différente sur laquelle j'ai peut-être pas le temps de m
'expliquer
aujourd'hui mais en tout cas vous voyez au fond on vit dans une société où on a du mal à comprendre le sens symbolique de la différence sexuelle dans l'église il est assez marqué symboliquement et donc les prêtres qui représentent Jésus qui est Dieu fait homme masculin ceci est mon corps livré pour vous c'est le corps d'un homme voilà et donc l'identification du prêtre à un homme a un sens symbolique fort face à l'église féminine c'est difficile à comprendre dans la culture actuelle mais je pense que les croyants le comprennent de l'intérieur
merci monseigneur Pierre-Antoine Bozo porte parole de la conférence des évêques de France évêques du diocèse de La Rochelle merci
à
vous invité du 8.30 France Info à l'occasion de la visite du pape Léon XIV qui commence ce matin et qu'on suit ensemble évidemment sur France Info
qu'on suit