Trump, 47e président des États-Unis ? - Roland Lescure est l’invité des 4 vérités de ce mercredi 6 novembre 2024.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse directe
Pourquoi cette élection peut concerner directement les Français expatriés ?
- 0:40OuverteRéponse directe
Ça peut leur poser des problèmes si Trump l'emporte à cause des sujets d'immigration ?
- 1:11FerméeRéponse directe
C'était les ressortissants de certains pays ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Si Trump l'emporte, ça change quoi pour ceux qui font du business ici ?
- 3:05RelanceRéponse directe
Alors qu'il vous avait dit le contraire 15 jours plus tôt ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il est si imprévisible que ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueChiffre
« Il y en a 250 000 États-Unis-Canada et à peu près la moitié ici aux États-Unis. »
- 0:45Invité politiqueFait
« Il a déjà indiqué que s'il était élu, il resserrait très fortement la ceinture sur l'immigration. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Quand il a été élu la première fois, alors il avait fait un Muslim ban dès qu'il est arrivé, en interdisant à tous les musulmans. »
- 1:16Invité politiqueChiffre
« Il y en a eu six, je crois, de mémoire. »
- 1:25Invité politiqueFait
« Il a, pendant la Covid, extrêmement durci les conditions de retour pour les gens qui avaient des cartes vertes, donc des résidents permanents. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Deux jours avant, il a réduit de manière unilatérale la durée des permis de travail des entrepreneurs français et uniquement français qui venaient s'installer aux Etats-Unis. »
- 1:52Invité politiqueChiffre
« Jusqu'alors, c'était cinq ans. Il les a réduits à 18 mois. »
- 1:56Invité politiquePromesse
« Depuis, grâce à l'administration Biden et grâce au travail qu'on a fait avec eux, on est revenu à quatre ans. »
- 2:35Invité politiqueFait
« J'étais ici avec le président Emmanuel Macron quand on avait opéré la première visite officielle. »
- 2:49Invité politiqueFait
« Des droits de douane sur les Airbus et des droits de douane sur le vin. »
- 2:58Invité politiqueFait
« Il y a beaucoup de Françaises et de Français ici qui vivent parce qu'ils font de l'import-export, parce qu'ils font de la distribution de vin français. »
- 3:02Invité politiqueChiffre
« 25% de plus sur les bouteilles de vin français et espagnol à l'époque, ça s'est vu directement dans leur chiffre d'affaires, dans leur revenu. »
- 4:47Invité politiqueChiffre
« Il faut que l'Europe en fasse autant. Il y a, vous savez, un ancien homme politique italien, M. Draghi, qui a publié un rapport qui dit qu'il faut 600 milliards d'euros d'investissement dans l'industrie verte en Europe. »
- 5:32Invité politiqueFait
« Le Congrès, qui vraisemblablement va être républicain, le Sénat l'est, ça c'est déjà acquis, va avoir plus de difficultés à voter des aides massives en Ukraine. »
- 6:34Invité politiqueFait
« Kamala Harris a été soutenue par un front républicain, un vrai, qui allait de la gauche du Parti démocrate aux républicains modérés. »
Temps de parole
- Roland Lescure73 %
- Présentateur27 %
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Et l'invité des 4V, c'est Roland Lescure. Alors Roland Lescure, voilà, vous le connaissez, c'est une personnalité politique macroniste depuis longtemps maintenant, qui a été membre du gouvernement, qui maintenant est député des Français ici en Amérique du Nord. Il y en a un peu plus de 160 000, je crois.
Alors il y en a 250 000 États-Unis-Canada et à peu près la moitié ici aux États-Unis.
D'accord, d'accord. Donc ça fait quand même pas mal de monde. Merci d'être avec nous à cette heure un petit peu tardive. Il est presque 2h du matin ici, mais évidemment c'est une élection qu'on suit beaucoup ici, notamment les Français expatriés.
On ne va pas dormir tout de suite.
On ne va pas dormir tout de suite. Pourquoi est-ce que cette élection, elle peut concerner directement d'ailleurs les Français expatriés ici ? Ça peut leur poser éventuellement des problèmes si Donald Trump l'emportait à cause des sujets d'immigration ou pas ?
Ben oui. D'abord, il a déjà indiqué que s'il était élu, il resserrait très fortement la ceinture sur l'immigration. Et ici, tous les Français qui vivent ici sont immigrés. Alors certains sont franco-américains, mais beaucoup d'entre eux ont des cartes vertes, des permis de travail, y compris des permis de travail temporaires. C'est déjà arrivé. Quand il a été élu la première fois, alors il avait fait un Muslim ban dès qu'il est arrivé, en interdisant à tous les musulmans. Alors comment vous trouvez les musulmans de rentrer ?
Alors c'était les citoyens de certains pays ? Les ressortissants, de pays.
Il y en a eu six, je crois, de mémoire. Ensuite, il a, pendant la Covid, extrêmement durci les conditions de retour pour les gens qui avaient des cartes vertes, donc des résidents permanents. Du coup, il y a plein de Français qui étaient coincés ici, qui ne pouvaient pas rentrer en France. De peur de ne pas pouvoir revenir. De peur de ne pas pouvoir revenir. Et le dernier point, ça c'était un acte politique très fort qu'il a fait avant le G7 de Biarritz. Vous vous souvenez, quand Emmanuel Macron a reçu le G7 à Biarritz, c'était à l'été 2019.
Deux jours avant, il a réduit de manière unilatérale la durée des permis de travail des entrepreneurs français et uniquement français qui venaient s'installer aux Etats-Unis. Donc jusqu'alors, c'était cinq ans. Il les a réduits à 18 mois. Et depuis, grâce à l'administration Biden et grâce au travail qu'on a fait avec eux, on est revenu à quatre ans. Donc évidemment, les Françaises et les Français que j'ai rencontrés tout à l'heure dans une soirée électorale, ils savent très bien, de manière très concrète, ce que ça veut dire si Donald Trump est élu président pour eux et pour les autres, évidemment.
Alors, ils savent aussi ce que ça veut dire peut-être sur le plan des droits de douane, puisque Donald Trump a annoncé la couleur. 10% en plus sur les droits de douane pour l'ensemble des pays européens, 60% pour la Chine. Donc on ne s'en tire pas si mal du côté de la France. Si Donald Trump l'emporte, évidemment, ça change quoi pour ceux qui font du business ici, les Français qui font du business avec les Etats-Unis ?
Là encore, malheureusement, l'histoire est pleine de leçons parce qu'en 2018, j'étais ici avec le président Emmanuel Macron quand on avait opéré la première visite officielle. On a parlé pendant deux jours des droits de douane en espérant qu'ils ne les imposent pas. On était plutôt rentrés avec de l'espoir. Quelques jours après, de manière là encore totalement unilatérale, des droits de douane sur les Airbus et des droits de douane sur le vin. Il y a beaucoup de Françaises et de Français ici qui vivent parce qu'ils font de l'import-export, parce qu'ils font de la distribution de vin français.
Du jour au lendemain, 25% de plus sur les bouteilles de vin français et espagnol à l'époque, ça s'est vu directement dans leur chiffre d'affaires, dans leur revenu. Alors qu'il vous avait dit le contraire 15 jours plus tôt ? En tout cas, il avait plutôt laissé penser qu'il avait entendu et que tout ça se résoudrait bien. Donc vraiment, ce qu'il faut comprendre, c'est que Donald Trump, il est imprévisible. Et dans les relations internationales, c'est ce qu'il y a de pire. Alors est-ce qu'il est si imprévisible que ça ?
Parce qu'au fond, ce que vous nous dites, il l'avait annoncé. Voilà, moi je vais augmenter les droits de douane. Vous avez beau venir me caresser dans le sens du poil, je vais le faire quand même.
Oui, alors on n'avait pas caressé dans le sens du poil, on avait des discussions entre adultes, grandes personnes, avec des discussions entre les administrations qui avaient préparé ça. Donc évidemment, il peut toujours dire qu'il avait dit, enfin qu'il a fait plutôt ce qu'il avait dit qu'il ferait. Il dit tellement de choses de toute façon qu'il aura toujours une capacité à nous convaincre que ce qu'il a dit, c'est ce qu'il avait prévu de faire.
Mais c'est une question de rapport de force. Est-ce qu'il faut une réciprocité ? Est-ce qu'il faut que l'Europe dise, il nous met 10%, lui on en met 15 et on se met tous d'accord pour le faire.
Ce qui est clair, en tout cas, effectivement, c'est qu'il faut que l'Europe se réveille. Il faut que l'Europe se renforce, il faut que l'Europe se rassemble. Elle a été plutôt rassemblée contre Donald Trump dans son premier mandat, elle a été très rassemblée sur le Brexit, elle a jusqu'à présent été très rassemblée sur l'Ukraine, elle a été rassemblée pendant la Covid, mais pour le reste, c'est un peu chacun pour soi. Et là, on a un devoir de rassemblement et de réveil collectif en Europe.
Pour dire, nous aussi, on impose des droits de douane.
C'est typiquement l'IRA, l'IRA, donc des centaines de milliards qui inondent l'industrie américaine, qui aujourd'hui fonctionnent. Il y a des usines qui poussent partout en Europe. Mais il faut qu'en France et en Europe, on mette autant d'argent pour décarboner nos industries traditionnelles. Ils poussent partout aux Etats-Unis. Pardon, aux Etats-Unis, notamment d'ailleurs dans les Etats républicains. Donc quand j'entends qu'il va arrêter l'IRA, je n'en crois pas un mot. Il faut que l'Europe en fasse autant. Il y a, vous savez, un ancien homme politique italien, M. Draghi, qui a publié un rapport qui dit qu'il faut 600 milliards d'euros d'investissement dans l'industrie verte en Europe.
Il a raison. La France porte ça depuis longtemps. Il faut que l'ensemble...
Ce sont les Allemands qui ne le portent pas. C'est en grande partie les Allemands. Ce sont les choses.
Ce sont aussi d'autres Etats membres qui sont moins industriels que nous et qui ont peur. C'est ce que vous disiez tout à l'heure. Qui ont peur qu'au fond, la menace Trump soit suivie des faits et qu'on en souffre nous. Mais il y a un moment, la naïveté s'est terminée là.
Vous avez parlé de l'unité sur l'Ukraine. C'est évidemment un sujet très très important. Qu'est-ce qui se passe si Donald Trump l'emporte et dit l'aide à l'Ukraine, c'est terminé, puisque moi, je vous ai annoncé que je réglerai le problème en 24 heures ?
Alors, il ne le réglera pas en 24 heures. Mais évidemment, ça veut dire que le Congrès, qui vraisemblablement va être républicain, le Sénat l'est, ça c'est déjà acquis, va avoir plus de difficultés à voter des aides massives en Ukraine. Le ressort du vote Trump, il est multiple. Mais au fond, je pense qu'il y a une chose qui les rassemble sur l'Ukraine, c'est que tout ça, c'est bien loin de chez nous et ça ne nous intéresse pas. Donc voter des dizaines de milliards de dollars d'aides à l'Ukraine, c'est moins populaire que ça l'a été pendant quelques semaines au début. L'Ukraine, ici, c'est essentiellement une inflation en forte hausse.
Et ça, les Américains ont dit aujourd'hui que finalement, tout ça, c'est non et qu'il est temps qu'on vienne à une inflation plutôt normale. Ce qui est le cas d'ailleurs, l'inflation a baissé. Mais malheureusement, les prix sont encore très élevés.
Donc si Donald Trump l'emporte, c'est une victoire aussi de Vladimir Poutine. C'est ce que vous nous dites ce matin dans Télématin ?
Je pense que si Donald Trump l'emporte, Vladimir Poutine ouvrira une bonne bouteille de vodka, voire même peut-être une bouteille de champagne russe, vous savez que ça existe.
Ah d'accord, écoutez, on verra ça peut-être d'un mot. Quelle leçon vous en tirez pour la politique française ?
D'abord que Kamala Harris a été soutenue par un front républicain, un vrai, qui allait de la gauche du Parti démocrate aux républicains modérés, notamment la fille de l'ancien vice-président.
On verra si ça suffit, mais pour l'instant, on n'en prend pas le chemin.
Exactement, en tout cas c'est difficile. Et donc ça, ça veut dire que là aussi, il faut qu'on se réveille, il faut qu'on soit extrêmement ferme dans le combat contre le populisme, dans le combat contre les fausses nouvelles, et qu'on a besoin de se rassembler. Moi je pense qu'à l'Assemblée, on peut faire mieux, rassembler ce que j'appelle moi les républicains des deux bords, les raisonnables, pour résister, résister à une vague populiste qui est présente ici, qui est présente dans le monde entier, et qui est présente en France.
Allez, merci beaucoup Roland Leliscour, vous nous l'avez dit. C'est vrai, la nuit va être longue, on n'est pas encore couchés. Vous êtes avec nous dans Télématin, Fabrice Penaud également, encore merci pour la langue des signes qui était avec nous, et qui a traduit vos propos. Roland Leliscour, merci beaucoup.
Roland Lescure