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interviewEurope 1 — La Grande interview· 15 juillet 2026 20 min

La grande interview de Sébastien Chenu, député RN du Nord, vice-président du RN et vice-président de l’Assemblée Nationale

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1, la grande interview Europe 1 C News, Pierre de Villeneuve.

0:10
Sébastien Chenu

Et l'invité de la grande interview sur C News et sur Europe 1 est député du Nord et vice-président de l'Assemblée Nationale. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Merci d'être avec nous, pas trop déçu ce matin ?

0:20
Présentateur

Comme tous les Français, on croyait, on espérait en cette équipe des Bleus qui s'est bien défendue tout au long du parcours. Moi je ne suis pas un spécialiste de foot, je ne vais pas vous la raconter. Le foot et le Nord c'est la diffusion. Mais à Denain, on est une belle équipe de basket, donc il n'y a pas que le foot dans la vie. Mais évidemment, on préfère voir son pays triompher, donc déçu. Moi je m'attendais et j'avais plutôt envie de regarder la finale. Je ne vais pas regarder les matchs auparavant, je voulais une finale avec les Bleus.

0:49
Sébastien Chenu

Cette France qui semblait inarrêtable avec l'équipe de Didier Deschamps qui rayonnait dans le monde entier. C'était aussi patrimonial d'une certaine manière de voir cette équipe de France qui faisait des envieux dans le monde entier.

0:59
Présentateur

Absolument, une équipe qui a été attaquée d'ailleurs aussi, de façon bien injuste. Je pense par exemple aux propos de l'ancien Premier ministre espagnol qui était particulièrement déplacé. Bon, elle ne nous a pas fait honte, cette équipe de France. Elle s'est bien battue, ce sera pour la prochaine fois. C'est une équipe de France avec des Français ? Ben oui, bien sûr.

1:19
Sébastien Chenu

De toute façon, l'équipe de France, c'est la France.

1:22
Présentateur

Voilà, donc on ne fait pas de tri, pas besoin d'être aussi mesquin que l'a été l'ancien Premier ministre espagnol.

1:29
Sébastien Chenu

Des débordements ont eu lieu à Paris avec des tirs de mortier contre une caserne. À Lyon, c'est plus fort que soi, certains ne peuvent pas s'empêcher de casser.

1:36
Présentateur

Oui, on est toujours confronté au même phénomène de délinquance, que ce soit lié ou pas d'ailleurs directement à des matchs ou à des événements festifs. C'est toujours la même chose. C'est la délinquance qui s'exprime dans les grands centres urbains en particulier, puisque là, c'était Lyon. Parfois, elle est très aiguë, parfois, elle l'est un peu moins. Mais le problème de la délinquance dans notre pays n'étant pas traité, la surreprésentation des mineurs et de l'immigration dans la délinquance n'étant pas traité, eh bien, nous serons confrontés aux mêmes perturbations, j'allais dire, à chaque grand événement. À partir du monde, on ne traite pas la cause.

Vous vous êtes habitué à cette situation, cette personne nue ? Pas du tout. J'ai l'impression que le gouvernement, lui, s'y est habitué et qu'il a essayé d'habituer les Français. Puisqu'on ne traite pas un problème de fond, il revient. Nous, on a envie de traiter le problème de fond. La justice des mineurs, on a fait un certain nombre de propositions responsabiliser les familles. Ça fait partie des propositions. La part de l'immigration, ça fait partie... Y compris sur l'allocation familiale. Bien sûr. Mais moi, je pense qu'il faut taper très dur.

Vous savez, quand on regarde ce gamin du canal Saint-Martin qui s'appelle Hamza, mais on se demande ce que font les parents, sincèrement, qui tiennent en respect le canal Saint-Martin. Alors après, on veut parler à Donald Trump et à Vladimir Poutine. On n'est pas capable de faire régner l'ordre sans que ce soit un ordre qui empêche les gens de s'amuser. Parce qu'un gamin terrorise tout le monde. À un moment, la justice des mineurs, ce gouvernement ne l'a jamais prise à bras-le-corps. La responsabilité des familles, oui, je pense qu'il faut taper fort, oui.

3:02
Sébastien Chenu

Le gouvernement l'avait pourtant mis sur la table. C'est le Conseil constitutionnel qui avait retoqué. Oui, d'accord.

3:08
Présentateur

Ça fait dix ans qu'ils sont là. Ça fait dix ans qu'ils sont là. S'ils avaient vraiment sérieusement...

3:12
Sébastien Chenu

Il, y compris le Conseil constitutionnel ?

3:14
Présentateur

Non, c'est Emmanuel Macron et ses gouvernants et ses équipes gouvernementales. Ça veut dire que se trouver en but face au Conseil constitutionnel, c'est une chose. Mais quand on a eu dix ans pour travailler des projets de loi sérieux, on ne se retrouve pas dans ce genre de situation. La réalité, c'est que ça a été du bricolage. C'est du bricolage depuis des années.

3:32
Sébastien Chenu

Les deux incendies en Seine-et-Marne sont fixés, mais pas éteints. Les pompiers ont lutté contre le feu qui a ravagé 2000 hectares. Ils étaient, à un moment donné, 850 sur place pour lutter contre le feu. Quatre personnes sont en garde à vue. Stupeur, lorsqu'on apprend qu'un pompier volontaire aurait allumé l'un de ces feux avec un briquet et de l'essence. Qu'est-ce qu'on fait contre ces gens-là, contre ces pompiers pyromanes ? Comment est-ce qu'on les punit ?

3:57
Présentateur

Il y a deux choses dans le problème. Il y a comment on punit les auteurs, qu'ils soient pompiers pyromanes ou qu'ils ne soient pas pompiers, mais qu'ils soient juste des pyromanes. On sait très bien qu'il y a chez ces délinquants-là une fascination pour le feu. C'est ce qui amène parfois des professionnels du feu à être même pyromanes.

4:14
Sébastien Chenu

Ils ont cours jusqu'à 10 ans de prison lorsque quelqu'un décède dans l'incendie.

4:17
Présentateur

Oui, parce qu'ils passent aux assises. Je pense que là aussi, il ne faut pas avoir la main qui tremble. Et là aussi, il faut les punir très durement parce qu'effectivement, il y a des vies humaines qui sont en jeu, mais il y a aussi un capital forestier, un capital naturel qui est en jeu. Et on le voit avec la forêt de Fontainebleau qui était une des forêts les plus belles d'Europe et qui évidemment est très abîmée. Donc là aussi, sur les peines, il faut aller très dure. Mais sur la sécurité civile, il faut mettre des moyens. J'ai vu que lorsque Gabriel Attal a été Premier ministre, il a réduit les moyens de la sécurité civile.

Il a fait des coupes dans la sécurité civile qui ont eu des conséquences. On a acheté moins de Canadair. On le paye aujourd'hui. Marine Le Pen s'était exprimée en 2022 devant les professionnels de la sécurité civile. Il y avait les moyens, la nécessité de mettre des moyens, mais il y a aussi le statut. Le statut des sapeurs-pompiers professionnels, de l'ensemble des forces qui concourent à la sécurité civile de notre pays. Évidemment, ça entre dans nous, notre plan qui nécessite de redonner des moyens à la sécurité, qu'elle soit civile ou pas, dans notre pays.

5:16
Sébastien Chenu

Sur l'aspect pratique, et aussi parce que nous sommes en période de vacances d'été, Philippe Tabarro, le ministre des Transports, qui était à votre place hier matin, disait qu'il n'était pas certain de rouvrir l'autoroute A6, axe majeur pour ces vacances d'été. C'est une des conséquences de cet acte fou.

5:30
Présentateur

Oui, alors il y a autre chose quand même. On s'aperçoit dans notre pays, et c'est là où le pays est affaissé sur lui-même. Vous avez cet incendie majeur de la forêt de Fontainebleau, la SNCF est débordée, les trains dysfonctionnent pendant 5 jours, l'autoroute est fermée. Vous avez une jeune fille, le drame qu'on a connu avec Liliana, qui est assassinée. Vous apercevez que des centaines de dossiers s'entassent dans les greffes de notre pays. Vous avez une canicule... Vous mettez tous sur la même étagère. Non, mais je vous explique simplement dans ma démonstration. Vous avez une canicule, vous apercevez que rien n'est climatisé.

En réalité, il suffit d'un événement douloureux pour le pays pour s'apercevoir que notre pays est affaissé sur lui-même, que plus rien ne fonctionne vraiment, que c'est le royaume quelque part de la débrouille. Les Français sont obligés de faire avec un état affaissé. La justice, la santé, la sécurité, on s'aperçoit que dans notre pays, il y a une espèce d'illusion du fait que ça puisse fonctionner. En réalité, plus rien ne fonctionne vraiment. C'est là aussi où j'en veux au déconstructeur Emmanuel Macron qui a beaucoup abîmé notre pays sans rien solutionner.

6:34
Sébastien Chenu

Sébastien Chenivière, nous avons assisté à un clair obscur entre le 14 juillet à Paris et le 14 juillet à Nice, dix ans après le terrible attentat au camion sur la promenade des Anglais qui a fait 86 morts, 400 blessés, des enfants traumatisés à vie également. Joie et vie sur les Champs-Elysées, tristesse et mort à Nice, à Nice où Marine Le Pen s'est affichée en majesté à l'invitation de l'allié du RN Éric Ciotti. Qu'il était le but de ce déplacement ? Est-ce qu'il y avait aussi, aussi, je dis bien aussi, un but politique ?

7:03
Présentateur

Marine Le Pen a été invitée, elle était avec Jordan Bardella qui l'était tout autant, par Éric Ciotti qui a invité l'ensemble des présidents de groupe et des présidents de partis politiques. Certains se sont fait représenter, certains n'ont même pas daigné répondre et je crois qu'il y avait la volonté de communier avec les Français, de dire aussi qu'il ne faut pas oublier que la menace islamiste reste une menace excessivement importante dans notre pays. Voilà, ça c'est, je pense, le premier geste, en tous les cas le premier message sur l'attentat lui-même.

Pour le reste, je crois qu'Éric Ciotti a accueilli des anciens présidents de la République qui ont des sensibilités excessivement différentes, des présidents de groupes politiques qui ont des sensibilités différentes également. Et donc derrière, ça veut dire aussi de l'unité. Et Marine Le Pen, c'est probablement la candidate de l'union, de l'unité. C'est celle qui veut réunir les Français.

7:56
Sébastien Chenu

Justement, hier on a vu effectivement la photo, Éric Ciotti, Marion Maréchal, Jordan Bardella, certains observateurs disent qu'Éric Ciotti est là pour jouer un rôle d'unité dans cette fameuse union des droites que veulent certains électeurs de droite, mais que Marine Le Pen jusqu'à présent ne voulait pas. Mais Marine Le Pen, je vous parlais d'unité et d'union nationale, ne veut pas être restreinte.

8:17
Présentateur

Pour avoir une union nationale, il faut avoir une union des électeurs. Oui, mais elle ne veut pas être restreinte à un champ politique. Marine Le Pen, elle n'est pas là... Est-ce que c'est un bon calcul, Sébastien Chemin ? Ah, je pense qu'il faut dépasser très largement le champ politique. Ah, vous êtes comme Emmanuel Macron, vous voulez dépasser les clivages ? Enfin, lui a fait l'inverse. Il n'a pas dépassé les clivages. Il a pris le pire de la gauche et le pire de la droite. Nous ne comptons pas prendre le pire de la gauche et le pire de la droite. Ça ne nous intéresse absolument pas. Vous allez prendre également des électeurs de gauche ?

On se dit qu'il faut unir, mais des électeurs de gauche votent déjà pour nous. Vous savez, moi, je suis élu d'une circonscription. Je suis le premier élu qui ne soit pas de gauche depuis 1958. Mais je ne sais pas, ça dépend sur quoi ils sont d'accord avec nous. Moi, je pense qu'il y a des gens de gauche qui peuvent être d'accord avec nous. Mais c'est sûr que notre... Il y a des gens de gauche. On a vu tous les héritiers du chevènementisme. Moi, je croise beaucoup d'élus locaux. Vous parliez de la base.

Des élus locaux de gauche qui se définissent comme étant de gauche, qui sont attachés aux valeurs du pays, à l'effort, au mérite, et qui considèrent qu'effectivement, ce n'est pas porté par le camp de la gauche mélanchoniste en particulier. Donc, voilà, moi, je pense qu'il faut aller au-delà. Les Français, notre pays est abîmé. Notre pays est fracturé. Et si vous n'avez pas à l'État, à la tête de l'État, quelqu'un qui permet d'unir les Français, et Marine Le Pen sera cette femme qui permettra d'unir les Français, alors vous ne pourrez rien tenter pour, finalement, faire rayonner le pays.

C'est l'ambition de la France renaissante, de la renaissance française que porte Marine Le Pen, sur son site, d'ailleurs, MarineLePen.com, sur lequel chacun peut aller se faire une idée. Voilà, comme ça, vous aurez l'adresse du site.

9:47
Sébastien Chenu

Exactement. Le président de la République, Emmanuel Macron, lors du 14 juillet, et même à l'hôtel de Brienne la veille, qui affirmait que la France était prête à défendre la liberté et le droit au prix du sang, s'il le fallait. Comment est-ce que vous avez, vous-même, apprécié cette phrase ?

10:04
Présentateur

Bon, Emmanuel Macron en fait toujours trop. On a le sentiment qu'après avoir beaucoup abîmé notre armée, parce que moi, je n'oublie pas que lorsqu'il est arrivé, il a d'abord zappé, enlevé un certain nombre de crédits pour l'armée française, plus de 800 millions d'euros, pour en remettre. Après, nous, on l'a toujours voté. Je rappelle que le Rassemblement National, nous avons voté tous les projets de loi de programmation militaire. Mais Emmanuel Macron avait une vision un peu hiératique de l'organisation de l'armée française, quand il n'a pas voulu lui-même, d'ailleurs, négocier ou partager la puissance nucléaire française. Donc, Emmanuel Macron en fait toujours trop.

Là, il est en train de partir, il est en train de quitter. C'est son dernier 14 juillet. Et derrière, on sent qu'il aurait probablement rêvé d'être à la tête. Il l'avait dit, d'ailleurs, qu'il aurait peut-être imaginé envoyer des gars, pour reprendre son expression, sur le front ukrainien. Donc, Emmanuel Macron, on sent qu'il a ce côté guerrier, alors qu'on aurait besoin, et on a besoin, d'un président qui apaise, un président qui parle à toutes les parties, plutôt que d'un président qui se voit co-belligérant.

11:09
Sébastien Chenu

Mais vous avez regretté la présence de Volodymyr Zelensky hier, vous, dans la tribune présidentielle ?

11:13
Présentateur

Alors, c'est une tradition française que d'accueillir des dirigeants étrangers, des Américains, des Britanniques, des Marocains, etc. Des dirigeants de ces pays sont venus plusieurs fois. Donc, je n'ai pas regretté la présence de Zelensky. J'entends qu'on puisse se dire qu'on soutient l'Ukraine. Aucun problème à cela.

11:29
Sébastien Chenu

Y compris lorsqu'on a vu passer des mirages bi-place avec un pilote français, un pilote ukrainien, formé par ce pilote français.

11:36
Présentateur

Ensuite, moi, ce qui m'intéresse, c'est quel est le message que veut envoyer Emmanuel Macron ? Si Emmanuel Macron veut envoyer un message en disant la France est leader en Europe, forcément la France est leader, puisqu'elle a une armée de format complet, nous avons la puissance nucléaire. Donc, pas besoin d'Emmanuel Macron pour affirmer notre leadership. Si, en revanche, l'idée, c'est de montrer les muscles pour dire à Poutine, vous êtes la menace et regardez-nous, je pense que ce n'est pas le discours apaisant qu'on attend.

On attend d'un président de la République française qu'il essaye de trouver des solutions en mobilisant des partenaires européens, non pas pour aller vers la guerre, mais pour aller vers la paix.

12:11
Sébastien Chenu

Vous pensez que ce 14 juillet est, d'une certaine manière, un vecteur de possible énervement de Vladimir Poutine ?

12:18
Présentateur

Non, je ne dirais pas ça, mais je pense qu'Emmanuel Macron ne fait jamais les gestes qui vont vers la paix. Il a un côté excessivement brouillon. On sent qu'il aurait aimé être à la tête... C'est qu'il n'est pas belligérant. On sent qu'il aurait aimé... On a une posture défensive. On sent qu'il aurait aimé être beaucoup plus partie prenante, envoyer des troupes sur le sol, qu'il est un peu retenu par la réalité des choses, par le fait que les Français ne veulent pas cela. Mais c'est un président qui, je crois, n'a jamais cultivé beaucoup l'idée d'organiser la paix.

12:42
Sébastien Chenu

Le texte sur la fin de vie arrive en ce 15 juillet, Sébastien Chenu devant les députés pour un vote solennel. Et voilà que, surprise, le Premier ministre va soumettre au Conseil constitutionnel l'examen de trois des aspects les plus controversés du texte. D'abord, le délai de rétractation des malades qui ont demandé une aide à mourir. La délicate question de la volonté libre et éclairée des majeurs protégés. L'obligation de tous les établissements de santé ou médicaux sociaux de pratiquer l'aide à mourir. Qu'est-ce que ça traduit ? Est-ce que pour vous, cela traduit un désaccord au sommet de l'exécutif ?

13:10
Présentateur

Alors, peut-être, simplement, il y a le fond. Moi, je trouve que c'est intéressant que le Conseil constitutionnel...

13:15
Sébastien Chenu

Mais d'abord, peut-être sur le fait qu'on sait bien qu'Emmanuel Macron veut, j'ai vu le Figaro qui titrait qu'Emmanuel Macron veut passer en force sur le texte. En tout cas, c'est une promesse de longue date qu'il a faite. Et là, Sébastien Lecornu, on sent bien qu'il y a un doute.

13:29
Présentateur

Oui, mais il y a un côté un peu faux cul, pardonnez-moi du terme, de Sébastien Lecornu à traduire ce texte devant le Conseil constitutionnel au moment où on arrive à la fin, le jour du vote de ce texte. On n'a pas le droit d'avoir un doute, même au dernier moment. Si, si, mais surtout... Vous avez vu que l'écart s'est resserré entre les votants pour et les votants contre. Mais ce n'est pas un problème de constitution, la réalité. Et c'est là où, effectivement, je pense que le texte porte des enjeux très forts. C'est un problème qui est lié au rapport qu'on a à la vie, à une certaine forme, parfois, effectivement, de liberté.

Et je pense que ce n'est pas uniquement un problème de constitution. C'est là où je trouve que Sébastien Lecornu, s'il avait un problème de conscience, et peut-être l'a-t-il, eh bien, il se cache un peu derrière le Conseil constitutionnel. Et s'il avait un problème de conscience, alors un Premier ministre doit pouvoir s'exprimer, et pas simplement se réfugier derrière le Conseil constitutionnel. C'est là où... Vous auriez préféré une déclaration de Sébastien Lecornu plutôt qu'une saisine du Conseil. Évidemment, parce que la politique, c'est...

Vous savez, moi, je suis très respectueux dans ce débat, et j'ai la chance d'être dans un parti politique qui respecte des avis qui peuvent être divergents. Moi, je vote ce texte. Je ne le fais pas naïvement.

14:31
Sébastien Chenu

Vous allez le re-voter ? Vous l'avez voté la dernière fois ? Vous étiez en minorité ?

14:34
Présentateur

Je ne le fais pas ni avec naïveté, ni même forcément avec sérénité, mais je pense que lorsque des gens veulent quitter la vie, il faut ne pas les sanctionner à l'idée qu'ils doivent aussi quitter leur pays. Je pense que c'est accorder une liberté. On peut avoir un débat. Moi, je respecte beaucoup les opinions, et ce débat, ce tourment qui peut m'habiter en votant ce texte, je l'assume. Je vois que Sébastien Lecornu, lui, se réfugie derrière d'autres. Et ça, j'aime moins, voyons.

14:59
Sébastien Chenu

Et vous, vous assumez, vous aviez été 19 députés RN qui avaient voté pour l'euthanasie la fois dernière. Michel Houellebecq a écrit une tribune dans Le Figaro, où il cite un poète et sénateur de l'Irlande libre, William Butler Yeats, qui dit ceci, quelques marges tiennent encore, mais l'une après l'autre, les digues cèdent, et nous sommes submergés par cette mer noircie de sang, partout où on noie les saints élans de l'innocence. Est-ce que ça n'est pas suffisant pour vous, Sébastien Chenu, de voter contre ce texte sur l'euthanasie ?

15:33
Présentateur

Non, mais je ne veux pas que ce débat se résume à l'idée de faire culpabiliser ceux qui le votent. Moi, si je le vote, c'est en conscience. Je crois que cela accorde un droit que je crois nécessaire. Il y a des problématiques, elles ont été très bien résumées, dans celles qui sont déférées devant le Conseil constitutionnel, sur le délai de rétractation, par exemple, sur les majeurs protégés, par exemple, elles sont réelles, mais je pense que sur le fondement même de ce droit, je le disais, il faut encadrer les choses. Quand quelqu'un veut partir, veut quitter la vie, l'obliger à quitter son pays en plus, je pense que ce n'est pas acceptable.

16:07
Sébastien Chenu

En tout cas, si le Conseil constitutionnel bloque, vous n'irez pas à l'encontre de cette décision du Conseil constitutionnel ? En disant, moi, je vais voter pour l'euthanasier. Parlons encore de l'Assemblée nationale, de ce qui s'y passe. Beaucoup de députés et de ministres ont été indignés par les manifestations de cris, d'injures, de menaces de la part des insoumis, du collectif Dassat-Traoré, lorsque le gouvernement a fait passer par vote bloqué le texte sur la présomption de légitime défense des policiers. Vous, le vice-président de l'Assemblée nationale, comment est-ce que vous expliquez qu'un tel collectif ait pu s'exprimer au sein de l'hémicycle ?

16:36
Présentateur

Je salue d'ailleurs ma collègue députée RN et vice-présidente RN de l'Assemblée nationale, Hélène Laporte, qui a présidé avec beaucoup de talent et de fermeté cette séance. Le débordement est venu des tribunes de l'Assemblée nationale, encouragées par les députés de la France insoumise dans l'hémicycle, totalement inadmissible que des gens d'extrême-gauche, invités par la France insoumise, se mettent à insulter la représentation nationale. Est-ce qu'il va falloir faire du tri sur les invitations ? Il va falloir être totalement exigeant, en tous les cas, sur le mode de comportement. Mais quand vous n'êtes pas exigeant sur le comportement des élus dans l'hémicycle, comment voulez-vous l'être ?

Sur le comportement des invités en tribune. À partir du moment où on accepte que des élus insultent, que des élus se tiennent mal, déploient des drapeaux palestiniens, et que tout cela ne soit pas suivi de sanctions à la mesure de l'insulte qu'ils font à leurs collègues députés et à la représentation nationale, c'est-à-dire aux Français, vous ne pouvez pas exiger la même chose des gens qui sont dans le public. Donc d'abord, ça passe par une reprise en main, j'allais dire, d'un climat à l'Assemblée nationale qui doit être serein pour travailler au bénéfice des Français. Et sur cette loi elle-même, sur cette loi Riposte qui inclut cette légitime défense des policiers, quel est votre avis ?

Nous, nous avons voté évidemment puisque ça faisait partie, c'est un peu une victoire idéologique pour nous, puisque c'était cette loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. Nous la portions dans notre programme, nous l'avions déposée dans une niche et à l'époque, aucun macroniste, aucun LR n'avait voulu nous suivre. Donc même si c'est repris par une autre majorité, vous êtes content qu'elle passe ? Mais oui, parce que nous, quand quelque chose va dans le bon sens, surtout lorsqu'on a été peut-être les premiers à le porter ou à l'imaginer, on le soutient. Et nous l'avons soutenu.

Nous avons vu en face, mais comme lorsque Jean-Luc Mélenchon attaque la Bravem, la volonté, toujours, des forces LFI et écolo, c'est les mêmes, qui sont associées de la même façon, à s'opposer à tout ce qui peut rétablir de la sécurité et de l'ordre dans notre pays. La haine de la police qu'ont ces députés d'extrême-gauche est insensée, peut-être tout simplement parce que pour eux, police nationale, le fait que ce soit national, ça les gêne. Idem, la loi Berger proposée en Conseil des ministres débattue à l'automne, qu'en pensez-vous ? Tout ce qui va dans le sens de plus de fermeté, de plus de sécurité est attendu dans le pays. Mais ça ne suffira pas.

Nous étions en début de conversation sur l'idée qu'il faille traiter les causes. Lorsque vous traitez la cause de la justice des mineurs, lorsque vous traitez l'immigration, qui est surreprésentée également dans la délinquance, vous faites un grand pas. C'est la raison pour laquelle nous commencerons et Marine Le Pen, si les Français lui font confiance, par donner la parole aux Français sur un référendum sur l'immigration. Vous avez vu l'actualité internationale,

19:13
Sébastien Chenu

le blocus d'Ormouz, ici même Philippe Tabarro, ministre des Transports, n'excluait pas que l'essence et le diesel. C'est là la très mauvaise nouvelle pour les vacanciers français

19:23
Présentateur

cet été. Raison pour laquelle il ne faut pas laisser les Français seuls devant leur pompe à essence. L'essence, enfin le pétrole avait baissé les Français n'ont quand même pas vu des répercussions exceptionnelles devant leur pompe à essence. Nous nous demandons simplement une TVA de façon pérenne qui soit ramenée à 5,5% de façon pérenne ce qui éviterait Vous allez la redemander

19:42
Sébastien Chenu

sachant que sans doute un dispositif gouvernemental pour les gros leurs va remettre

19:46
Présentateur

ce dispositif on n'a jamais vu la couleur la réalité c'est que le gouvernement a gagné du temps qu'ils n'ont aidé personne il faut des politiques qui soient pérennes qui nous évitent justement d'être confrontés à des fluctuations pareilles.

19:57
Sébastien Chenu

Merci beaucoup

19:57
Présentateur

Sébastien Senu et bonne journée. Merci. Merci Pierre de Villeneuve