Plan de relance européen, Ségur de la santé, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Damien Abad
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Bonjour Damien Abad.
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Tout le monde se demande aujourd'hui ce que le plan de relance négocié au niveau européen, 750 milliards d'euros, va changer pour la France, pour les Français.
- 0:52OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut se réjouir de cet accord, Damien Abad ?
- 2:10RelanceRéponse directe
Mais précisément, on voit bien les doutes que vous avez, mais quand même, est-ce que c'est un accord historique ?
- 3:20OuverteRéponse directe
Au final, Damien Abad, vous dites, ce plan de relance était indispensable, mais vous ne voulez pas que les Français payent la note à la fin.
- 3:29OuverteRéponse directe
Vous dénoncez aussi le fait que, finalement, on retire de l'argent sur certains projets européens, peut-être la PAC, peut-être Erasmus, vous vouliez quoi, exactement ?
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- 1:06Invité politiqueFait
« Le premier, c'est qui paye à la fin des fins ? Parce que quand on fait un accord de 750 milliards d'euros, où il y avait des prêts et un certain nombre de subventions, à la fin, il y a quelqu'un qui paie l'addition. »
- 1:19Invité politiqueFait
« Et nous, ce qu'on veut, c'est que ce ne soit pas les Français. »
- 1:21Invité politiqueFait
« Et sur la question de la taxe sur les transactions financières, la taxe carbone, la taxe sur le plastique, ça reste très flou. »
- 1:37Invité politiqueFait
« et de l'autre, ce que la France va devoir payer en plus, si elle veut maintenir ses politiques territoriales, et notamment la politique agricole. »
- 1:48Invité politiqueFait
« des agriculteurs ou des jeunes, puisque le programme Erasmus serait également diminué. »
- 3:00Invité politiqueChiffre
« puisqu'on sera à 40 milliards, là où le plan de relance est estimé à 100 milliards d'euros »
- 6:10Invité politiqueFait
« nous avons fait des propositions, Jean-Jérôme Bertelous, depuis le mois de juin, chez les Républicains, sur l'exonération de charges sociales pour les jeunes. »
- 6:15Invité politiqueFait
« Je rappelle qu'à l'époque, la majorité En Marche a voté contre comme un seul homme. »
- 6:39Invité politiqueChiffre
« On est à peu près à 3 milliards d'euros d'annulation de charges pour 30 milliards de reports. »
- 6:46Invité politiqueFait
« Nous pensons qu'il faut ces annulations de charges, notamment pour les secteurs qui ont été fortement touchés. Et nous proposons qu'elles soient faites au prorata du chiffre d'affaires. »
- 7:48Invité politiqueChiffre
« J'ai été président d'une collectivité locale. J'ai fait une économie de 40 emplois à peu près en un an et demi, sans que le niveau de service s'en trouve affecté. »
- 8:26Invité politiqueChiffre
« 8,1 milliard d'euros. A hauteur de 8 milliards d'euros, en effet. »
- 8:34Invité politiqueFait
« on oublie très souvent de dire que la deuxième partie, les 90 euros, ils ne sont pas tout de suite. C'est en deux fois. En 2021. »
- 10:31Invité politiqueChiffre
« Le drame français, c'est qu'il y a un emploi sur trois dans l'hôpital public aujourd'hui qui est un emploi de paperasserie administratif. »
- 15:32Invité politiqueFait
« Sur la réforme des retraites, on nous a dit que c'est une réforme de droite. On a vu le résultat, ce n'est pas une réforme de droite, ce n'est même pas une réforme de gauche, c'est en fait une non-réforme et c'est peut-être ça le smacronisme. »
Temps de parole
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Et bienvenue dans le 830 de France Info avec Jean-Jérôme Bertolus et notre invité. Bonjour Damien Abad. Bonjour. Tout le monde se demande aujourd'hui ce que le plan de relance négocié au niveau européen, 750 milliards d'euros, va changer pour la France, pour les Français. Avant d'avoir votre avis, écoutez ce qu'en dit le chef de l'État, Emmanuel Macron.
Nous allons nous construire ce plan de relance avec justement la volonté de financer l'emploi des jeunes, de financer nos petites et moyennes entreprises, nos artisans, nos commerçants, de financer des secteurs. Nous avons commencé à le faire comme le tourisme, mais aussi la rénovation thermique des bâtiments, les industries comme l'hydrogène, les batteries électriques. Tout ce qui va nous permettre dans le plan de relance de créer de l'emploi, l'Europe financera une part importante de ce projet. Est-ce qu'il faut se réjouir de cet accord, Damien Abad ?
D'abord, c'est une bonne chose ce qui est un accord. Il était nécessaire et indispensable. Ensuite, la France a joué son rôle dans cet accord. Simplement, il y a deux points d'interrogation pour nous. Le premier, c'est qui paye à la fin des fins ? Parce que quand on fait un accord de 750 milliards d'euros, où il y avait des prêts et un certain nombre de subventions, à la fin, il y a quelqu'un qui paie l'addition. Et nous, ce qu'on veut, c'est que ce ne soit pas les Français. Et pour ne pas que ce soit les Français, il ne faut pas qu'on ait un impôt européen. Et sur la question de la taxe sur les transactions financières, la taxe carbone, la taxe sur le plastique, ça reste très flou.
Et quand c'est flou, il y a toujours ce risque-là. Et la deuxième grande difficulté de cet accord, c'est ce jeu de bonnes taux qu'il y a, entre d'un côté, effectivement, 40 milliards d'euros que la France va engranger, et de l'autre, ce que la France va devoir payer en plus, si elle veut maintenir ses politiques territoriales, et notamment la politique agricole. Et moi, ce que je ne veux pas, c'est que cet accord soit un jeu de dupe qui se fasse sous le dos des agriculteurs, des agriculteurs ou des jeunes, puisque le programme Erasmus serait également diminué. C'est-à-dire qu'en gros, on a baissé le budget européen, qui est le budget annuel, pour faire cet accord-là.
Et on a dit aux pays dits frugaux, eh bien, vous contribuerez moins à l'Union européenne. Donc, attention à ce que, finalement, on n'est pas un jeu de vase communiquant, qui, à la fin des fins, ce ne soit pas un accord historique, mais que ce soit un accord mi-figue, mi-raisin.
Mais précisément, on voit bien les doutes que vous avez, mais quand même, est-ce que c'est un accord historique ? Est-ce que le fait que les Européens empruntent sur les marchés ensemble, pas un pays après un autre pays, ensemble, est-ce qu'effectivement, c'est un accord historique vers plus d'intégration, vers une Europe fédérale ? Ce qui est historique, ce n'est pas l'accord.
Ce qui est historique, c'est le fait qu'on a un emprunt en commun en Europe. Mais l'accord en tant que tel, qui repose sur des sommes importantes, mais qui fait que la France aura 40 milliards d'euros, on a eu déjà, par le passé, des accords comme cela. Donc, non, c'est un accord qui sauve les meubles, c'est un accord qui permet à l'Europe de tenir debout à 28, et c'est un accord, surtout, qui permettra à la France de financer une partie, mais une partie seulement, de son plan de relance, puisqu'on sera à 40 milliards, là où le plan de relance est estimé à 100 milliards d'euros, sans compter toutes les sommes que nous avons mises.
Ce que je veux dire, c'est que cet accord n'empêchera pas la France d'assumer ses responsabilités, sur la question de la dette, sur la question de la maîtrise de la dépense publique, et sur la question, tout simplement, des finances publiques françaises.
Au final, Damien Abad, vous dites, ce plan de relance était indispensable, mais vous ne voulez pas que les Français payent la note à la fin. Vous dénoncez aussi le fait que, finalement, on retire de l'argent sur certains projets européens, peut-être la PAC, peut-être Erasmus, vous vouliez quoi, exactement ? Cet argent, on le sortirait d'où, alors ?
Mais je ne veux pas que les pays dits frugaux fassent davantage, finalement, fassent un espèce de chantage à la contribution nette pour pouvoir accepter cet accord. Moi, ce que je voulais, c'est très clair, c'est un accord, je l'ai dit, et d'ailleurs je l'ai salué, mais je veux que cet accord, il soit fait sur des bases stabilisées, c'est-à-dire qu'on sache exactement, par exemple, les ressources propres.
Le président de la République a été assez flou hier sur la question de la taxe carbone, sur la question de la taxe sur les transactions financières, la question de l'entrée en vigueur, la question du montant de cette taxe, la manière dont cela va être financé, et vous savez comme moi, si ce n'est pas financé, qu'est-ce qui se passe à la fin des fins ? C'est une ressource propre supplémentaire que l'on va créer, donc c'est un impôt européen, ou alors on va assumer collectivement d'endetter encore massivement l'Europe et la France. Donc, c'est ça, moi j'ai besoin qu'il y ait une clarté, une lisibilité.
Après, je ne suis pas de ceux qui dénoncent pour dénoncer, et je sais la difficulté de l'exercice, et je sais quand vous passez comme ça 3-4 jours ou 4 nuits dans ces conditions-là, ce n'est pas facile, d'ailleurs il faudra certainement en tirer les leçons.
Surtout que les pays frugaux dont vous parlez, dont vous pointez le rôle, ce sont exactement ceux en Europe qui ont une rigueur dans leurs dépenses publiques, qui est celle que vous appelez en France. On ne peut pas à la fois appeler à la dépense publique maîtrisée en France et dénoncer le rôle des pays frugaux en Europe ?
Au contraire, justement, je pense que la France serait dans une meilleure position politique si elle avait des finances publiques plus saines. Et aujourd'hui, la difficulté de la France, c'est qu'elle essaye de donner des leçons à tout le monde, mais que la réalité aujourd'hui de ses comptes publics fait qu'elle ne peut plus en donner. Et ça, ça veut dire une perte de souveraineté budgétaire. Mais être maîtrisé sa dépense publique, être en capacité de maîtriser son budget, ça ne veut pas dire ne pas être solidaire.
Ce que je reproche, et moi, ce n'est pas un reproche que je fais aux pays frugaux, c'est simplement de dire, aujourd'hui, on ne peut pas avoir un accord qui soit un accord de dupe où on ferait croire aux Français que finalement l'Europe paye l'addition et qu'à la fin des fins, circuler, il n'y a plus rien à voir et que la France n'a plus de responsabilité en matière budgétaire. Non, je ne crois pas à ça du tout. Et je pense que dans ce plan de relance français, il y aura aussi de la clarté à avoir sur le financement que l'on fera en France.
Ce plan de relance qui sera présenté le 24 août prochain au Conseil des ministres, est-ce que le gouvernement a raison de dire la priorité, c'est l'emploi et non pas, effectivement, les finances publiques ou la dette ?
Oui, mais je ne crois pas qu'il fasse simplement le faire dans un choix noir ou blanc. La vérité, c'est que oui, la priorité, c'est l'emploi et le relance économique. D'ailleurs, je l'ai dit dans ma réponse, déclaration à la politique générale de M. Castex. Simplement, quand la priorité, c'est l'emploi, on se donne tous les moyens pour le faire. Sur la question, effectivement, de l'emploi des jeunes, sur l'apprentissage, nous avons fait des propositions, Jean-Jérôme Bertelous, depuis le mois de juin, chez les Républicains, sur l'exonération de charges sociales pour les jeunes. Je rappelle qu'à l'époque, la majorité En Marche a voté contre comme un seul homme.
Et vous, vous le voterez, ce plan de relance français ? Parce que nous, on n'est pas de la politique politicienne. Et que si ce plan de relance va dans le bon sens, on le vantera. On regardera les détails. Aujourd'hui, on a certainement une esquisse. Nous, on a des propositions très concrètes. Je vous en fais une ce matin. Nous souhaitons, par exemple, qu'on aille beaucoup plus loin sur les annulations de charges. On est à peu près à 3 milliards d'euros d'annulation de charges pour 30 milliards de reports. Nous pensons qu'il faut ces annulations de charges, notamment pour les secteurs qui ont été fortement touchés. Et nous proposons qu'elles soient faites au prorata du chiffre d'affaires.
Vous perdez 30% de votre chiffre d'affaires, vous avez 30% d'annulation de charges pour telle ou telle entreprise.
Et ça, c'est une proposition que vous nous faites ce matin. On continue d'évoquer l'état des finances françaises, mais aussi ce plan de relance avec vous, Damien Abad. Et notre invité, Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Vous appeliez à l'instant, Damien Abad, à une maîtrise des dépenses publiques en France. Dans le programme des Républicains à la présidentielle, il y a deux ans, il y avait notamment la suppression de dizaines de milliers de postes de fonctionnaires. Aujourd'hui, la France a bien constaté à quel point elle avait besoin de personnel dans ses hôpitaux. J'imagine que vous ne souhaitez pas enlever les forces à la police, à la justice.
Vous les trouvez où, ces postes de fonctionnaires à supprimer pour réduire les dépenses publiques ?
Nous les trouvons dans les administrations d'État, nous les trouvons dans les différents ministères, nous les trouvons dans les différentes agences administratives concernées. Vous savez, j'ai été président d'une collectivité locale. J'ai fait une économie de 40 emplois à peu près en un an et demi, sans que le niveau de service s'en trouve affecté. Il y a un certain nombre de doublons à corriger. Par contre, je le dis aussi, nous avons besoin de fonctionnaires de proximité, de police, de justice, et également sur la fonction publique hospitalière.
J'étais un des premiers dans ma famille politique à dire qu'il fallait que la fonction publique hospitalière échappe justement à toute cette logique comptable, parce que je le vois au quotidien, la souffrance qu'il y a dans nos hôpitaux de proximité, dans nos EHPAD.
Et précisément, le Ségur de la Santé, c'est un bon accord, cela va permettre de remettre en quelque sorte l'hôpital public sur pied ? Ce qui est la partie positive de ce Ségur de la Santé, ce sont les revalorisations salariales qui étaient nécessaires.
8,1 milliard d'euros. A hauteur de 8 milliards d'euros, en effet. Nous surveillerons ça de près, pour savoir si la remise en œuvre est bien totale, parce que quand on dit qu'il y a une augmentation de 180 euros, on oublie très souvent de dire que la deuxième partie, les 90 euros, ils ne sont pas tout de suite. C'est en deux fois. En 2021. Et que, vous savez, quand il se passe 6 mois, 7 mois, parfois, on oublie.
Les personnes-es-soignants regardent ça aussi avec attention.
Oui, et puis il y a un petit sujet quand même sur la question des sages-femmes, qui ont été classifiées sur des professions dites non médicales, en tout cas, et sur lesquelles elles méritent un statut, une reconnaissance également, et aussi tout le personnel qui est autour des services d'aide à domicile. C'est-à-dire que le seul reproche que je ferai à ce Ségur de la sensée, c'est qu'on a eu un Ségur un peu auto-centré sur l'hôpital. Et que dans le monde médical et paramédical, l'hôpital est fondamental, et on l'a vu pendant cette crise sanitaire, mais il y a aussi tous les services annexes sur lesquels il doit y avoir une vraie prise en compte de l'État.
C'est vrai sur les relations salariales, ça a été vrai aussi sur les primes, parce que les primes, notamment sur le service d'aide à domicile, ce n'est pas l'État qui les a financés. Ce sont les collectivités locales et notamment les départements. Il faudra qu'on ait une vigilance absolue là-dessus.
Vous parliez de votre parole un petit peu différente au sein de votre parti sur le personnel hospitalier. Est-ce qu'il y a un examen de conscience à faire à droite sur la question des fonctionnaires à l'hôpital, mais aussi par exemple sur la fermeture des lits depuis plus de 20 ans ?
Oui, très clairement. Et il faut l'assumer. Je crois très clairement. Et vous savez, on a fait une proposition avec les Républicains il y a quelques semaines, avec les députés, sur deux choses. On a dit, gel de toute fermeture de lits, au moins jusqu'à la fin de l'année, parce qu'on ne veut pas revivre l'épisode qu'on a vécu dans le Grand Est avec un directeur régional de l'ARS qui voulait fermer des lits en pleine crise sanitaire. Et la deuxième chose que le gouvernement a refusé, c'est dommage, c'est qu'on puisse, de manière temporaire aussi, avoir des autorisations d'ouverture de lits qui soient plus faciles. Aujourd'hui, vous avez un filtre de l'ARS.
Nous, nous souhaitons que le directeur d'établissement ait plus de responsabilités. Donc oui, bien sûr, mais je le dis aussi, n'oublions jamais quand même que les dépenses de santé en France, par rapport aux péridies intérieures bruites, sont plus importantes qu'en Allemagne. Et que pourtant, l'Allemagne a beaucoup plus de lits de réanimation que nous. Et donc, ça veut dire que ce n'est pas simplement une question de moyens. Les moyens sont importants, mais c'est aussi une question d'allocation. Et je vous donne juste ce chiffre-là. Le drame français, c'est qu'il y a un emploi sur trois dans l'hôpital public aujourd'hui qui est un emploi de paperasserie administratif.
Et c'est ça qu'il ne fondera pas non plus.
Alors, où en est les Républicains ? Où en est votre parti ? Il y a un Premier ministre à Matignon qui a rendu sa carte de LR la veille de sa nomination. Vous n'avez toujours pas de candidat à la présidentielle. On attend François Baroin, je ne sais pas ce que vous en pensez. Et maintenant, de nouveau, effectivement, Bruno Rotaillot, qui, votre alter ego au Sénat, remet en quelque sorte la procédure de sélection du candidat à la présidentielle sur la table. On l'écoute, c'était l'invité de France Inter. La primaire, c'est sans doute le pire des systèmes, à l'exception de tous les autres. Parce que s'il n'y a pas de primaire, ce sera le premier tour de la présidentielle qui sera une primaire.
Avec le risque, la certitude même, ce sera l'élimination. Vous êtes favorable à une primaire ?
La primaire, telle qu'elle a existé à droite, ne pourra pas se maintenir dans ces conditions-là. C'était une machine à perdre, les primaires à droite ? Non, ce n'est pas la méthode réarment donnée. L'avantage de la primaire, c'est sa capacité à sélectionner un candidat. Mais il y avait un gros inconvénient qu'il faut absolument corriger. C'est que cette primaire, elle a été très médiatique, très longue. Ça fait pour ça une primaire ? Oui, mais justement, elle crée du coup des couloirs. Et elle crée des femmes et des hommes qui se créent un système de tension. Et c'est très compliqué, une fois que vous avez le résultat de la primaire, pour le candidat qui a gagné, de rassembler.
Et il y a la question du processus, de la méthode de sélection. Il y a la question aussi de l'après-primaire. Et cette question-là, je pense qu'elle n'a pas été suffisamment traitée par notre famille politique. Comment vous regroupez tous les candidats qui ont été ensemble ? Comment vous regroupez les équipes ? Moi, je dis simplement, j'invite tout le monde au calme, au sang-froid, à la sérénité. Parce que les Français ne voudraient pas que demain, on retrouve à droite les tensions que nous avons connues. Il y aura cette question de la sélection. Elle va se poser. Je n'ai pas la réponse pour savoir quel est le meilleur processus de sélection.
Ce que je sais, en tout cas, c'est que si on veut une candidature de droite et une alternance politique à droite, il faut se poser cette question très rapidement. Et que ce choix-là, il devra être fait, effectivement, dans le courant de l'automne. Parce que je ne voudrais pas qu'on laisse passer le train. Et qu'à la fin des fins, la droite se retrouve sans candidature à l'élection présidentielle.
En l'occurrence, Damien Abad, en 2017, ce qui a posé problème à la droite, ce sont les affaires judiciaires de François Fillon. Ce n'est pas une question d'adhésion. Il avait fait plus de 60% au deuxième tour de la primaire. Et il avait des chiffres d'opinion très favorables avant d'être rattrapé sur le terrain judiciaire.
Oui, mais ça, c'est la partie émergée de l'iceberg. Mais nous, on l'a vécu aussi de l'intérieur. Et de l'intérieur, il y a eu des tensions quand il a fallu regrouper les équipes. De l'intérieur, il y a eu des tensions, par exemple, soyons très concrets, sur la question du programme santé de François Fillon. Il y avait des divergences de sensibilité là-dessus. Et on n'a pas pu remettre en question cette partie-là, parce qu'on nous a dit que c'est un bloc, c'est un tout, et vous prenez ça comme un tout. Donc, il y a quand même des analyses, des leçons à tirer là-dessus. Et je ne rejette pas en bloc la primaire.
Parce que je sais bien que, là où Bruno Retailleur a raison, c'est qu'il nous faut trouver un processus de sélection et de substitution. Parce que si on n'a pas de processus de sélection...
La suite, il sort du boil plus tôt, comme Rachid Haddati, aujourd'hui.
Non, mais vous savez, moi, je ne crois pas à la course à l'échalote présidentielle. Je dis aujourd'hui simplement que, d'abord, la présidentielle, c'est une envie. C'est une rencontre entre un peuple et un candidat. Vous pensez que François Baroin, il en a envie ? Eh bien, je pense que oui. Je pense en tout cas que... Vous êtes optimiste sur le fait qu'il se déclare à l'automne, alors qu'il est vraiment très silencieux ? Ce sera à lui de le dire. Je ne suis pas dans la tête de François Baroin. Ce que je sais simplement, c'est que notre famille politique ne manque pas de talent. François Baroin, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et d'autres...
J'ai parlé de notre famille politique, ça ne vous a pas échappé. Ça ne peut pas être un recours, Edouard Philippe ? Moi, je ne crois pas au fait qu'Edouard Philippe aille face à Emmanuel Macron. Je vous le dis très sincèrement, je n'y crois pas. Mais peut-être que je peux me tromper et on verra à ce moment-là. Ce que je dis simplement, c'est qu'on regorge de talent. Il ne faudrait pas qu'à la fin, tous ces talents s'annulent. Et que du coup, on se retrouve dans une situation politique complexe. Donc, pour cela, il faut de la méthode. Il faut aussi du respect. Ça paraît naturel, mais voilà. Et je pense qu'on pourra... Et les choses vont se faire naturellement.
Voilà, donc, il y a aujourd'hui des gens qui peuvent l'incarner. François Baroin en fait partie. Et je suis certain que, en tout cas, moi, ce que je souhaite, c'est que tout ceci soit tranché avant Noël. Parce qu'il y a une attente, je le dis en tant que président de groupe. Les députés, les républicains font le job. Matin, midi et soir, face au Parlement.
Est-ce que votre meilleur talent n'invite pas à l'Elysée, aujourd'hui ? Vous savez, si c'était le cas, ça se saurait. La réalité... Une partie de vos électeurs sont satisfaits de ce que fait Emmanuel Macron et de ce qu'a fait Edouard Philippe à Matignon ?
De moins en moins, je ne suis pas sûr qu'il soit satisfait quand le président de la République parle, par exemple, d'incivilité quand il s'agit d'assassinat. Je ne suis pas sûr qu'il soit satisfait quand la délingance continue d'augmenter. Je ne suis pas sûr qu'il soit satisfait quand il y a une fracture territoriale qui n'a jamais été aussi importante dans notre pays. Et je ne suis pas sûr qu'il soit satisfait quand on voit les risques qu'il y a sur un chômage de masse. Vous savez, c'est comme sur la réforme des retraites. On nous a dit... Sur la réforme des retraites, on nous a dit que c'est une réforme de droite.
On a vu le résultat, ce n'est pas une réforme de droite, ce n'est même pas une réforme de gauche, c'est en fait une non-réforme et c'est peut-être ça le smacronisme. Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée Nationale.
Merci d'avoir été l'invité du 8.30 de France Info avec Jean-Jérôme Bertolus.
Damien Abad