Pourquoi choisir de tout bloquer ? avec Nicolas Framont Mathieu Lefevre - C Ce Soir 9 septembre 2025
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a raison de le comparer parce qu'il y a une remise en cause une remise en question des formes traditionnelles d'engagement citoyen, de mouvements sociaux même. C'est-à-dire qu'on va rompre avec les formes établies que sont la manifestation déclarée, la journée de grève isolée qui sont quand même un des rituels des rentrées sociales depuis plus de 20 ans en réalité. Donc déjà c'est quoi la différence ? Pourquoi pourquoi rompre avec ça ? En fait, rompre avec ça, je pense que les gens font des conclusions simples à l'ône de 20 ans d'expérience. ces 20 ans d'expérience et ce qui nous sépare de 2006 le mouvement social contre le CPE qui empruntait ses formes traditionnelles et qui avait obtenu un recul du gouvernement et depuis une multiplication
de ce type de mouvement qui n'obtient aucun résultat. Et le dernier en date, c'est quand même le mouvement contre la réforme des retraites, un nombre record de manifestants dans toute notre histoire sociale et pas une seule inflexion de la part du gouvernement. Donc les gens euh bah prennent les conclusions qui s'imposent, à savoir il y a des formes de lutte qui ne marchent plus, il faut passer à la vitesse supérieure et plutôt que de faire une démonstration de force, il faut aller vers un rapport de force, c'est-à-dire pousser votre interlocuteur à devoir prendre en considération votre opinion. Sinon, bah sinon, il peut y avoir de la perturbation de l'économie. Sinon, il peut y avoir des troubles à l'ordre public. En fait, c'est cette extrémité auxquelles
sont arrivés les Français euh qui soutiennent majoritairement le mouvement, mais je dirais de façon très graduée et très raisonnable. On n'est pas du tout vers une explosion de fièvre. Pour moi, on est vraiment une réflexion qui a pris du temps, qui date aussi, je vous disais il y a 20 ans, il y avait aussi le référendum contre le traité sur le traité constitutionnel européen. N résultat n'avait pas été respecté. C'est le seul seul référendum qu'on a eu en 20 ans. Euh donc en fait, il y a eu aussi les élections législatives de 2024 où des gens ont pu donner leur avis et on a eu un gouvernement formé de de partis qui avaient pourtant été rejetés lors de ces élections. Et donc vous voyez tout ça bah simplement les gens font des conclusions qui
ne sont pas des conclusions idéologiques au sens ils ne sortent pas d'une Bible écrite il y a il y a quelques siècles. Non, ils les sortent de de constats établis sur leur capacité à intervenir en tant que peuple dans le cours ordinaire de la vie politique. capacité qu'on leur a donc retiré. C'est intéressant Mathieu Leff pour un élu de la République d'entendre ça. Vous n'êtes pas d'accord sur le fond politiquement, idéologiquement mais ce qui vient d'être dit est intéressant à entendre j'imagine c'est le ce rejet des formes traditionnelles de mobilisation parce qu'on y croit plus disent ces gens. Ce qui m'inquiète un petit peu plus dans le discours de monsieur dans le fond, c'est la violence qu'on subodore vous parlez de rapport de force, vous parlez
de manifestation illégal. Derrière tout ça, il y a l'idée selon laquelle c'est le rapport de force et la violence qui serait susceptible de faire plier un gouvernement, une classe supposée dirigeante ou des élites. Le rapport de force, c'est très différent de la violence. Vous pouvez avoir un rapport de force qui est pacifiste, qui prend soin des gens sans violence envers les personnes et c'est exactement ce qui est prené. Je suis je suis heureux que vous condamniez la la violenceupara avance et j'espère qu'il y en aura pas demain dans le pays. Euh que que notre démocratie soit malade comme beaucoup d'autres démocratie dans le monde incontestablement. Mais on peut pas dire que on n pas eu de respiration démocratique. On a eu des élections législatives auxquelles les Français se
sont rendus massivement. Ce sont les élections législatives avec le plus de participation possible. On vit pas une crise de régime, on vit pas une crise présidentielle, on vit une crise parlementaire parce que la classe politique et et je m'inclus dedans n'est pas à la hauteur des attentes des Français. Et également, on y reviendra peut-être parce qu'il me semble qu'il y a un décalage immense entre la promesse politique et la réalisation politique euh sur des sujets essentiels comme l'éducation, comme la santé et ce décalage là nourrit en effet une pression. ce décalage ressenti par un grand nombre de français. C'est ce que vous dit ressenti. Mais il est réel, il est réel sur un grand nombre de sujets euh entre la déclaration politique, le moment où le
gouvernement où le parlement va annoncer une loi et l'effectivité de cette loi, si tentez qu'elle soit véritablement euh euh promulguée et et effective dans ces décrets d'application et parfois extrêmement important. Trump, moi ce qui me ce que je trouve extrêmement intéressant chez lui, je suis pas en total désaccord avec lui, mais il signe un décret, il se passe quelque chose en France. son signe un décret, parfois il se passe pas grand-chose et c'est me semble-t-il dans ce décalage qu'il y a une pression populiste. Mais pensez que les canaux de la démocratie représentative sont aujourd'hui bouchés, c'est me semble-t-il une faute et il faut s'en tenir aux institutions. Je vais vous écouter tous les deux mais juste puisque Mathieu Leff vous vous répond
quand vous disiez que le mouvement était déjà gagné parce que la classe dominante avait peur euh ça veut dire que ce mouvement a a l'ambition de faire peur à celles et ceux qui nous gouvernent. Je pense qu'en tout cas pour se faire entendre oui pour intervenir dans la sphère politique, il faut que votre avis, l'expression de votre avis fasse la différence. Et c'est François Baou qui l'a dit, c'était samedi sur France Télévision, il a dit que il a mis en place cette manœuvre de saordage parce qu'il avait compris que l'atmosphère du pays, dont le mouvement du 10 décembre allait l'empêcher d'appliquer ce programme du 10 septembre, pardon. Oui, c'est dans longtemps et ça c'est voyez c'est une très bonne chose parce que ça veut dire que pour la première fois depuis longtemps le peuple
français a pu mettre fin ou en tout cas stopper ne serait-ce que provisoirement un projet politique qui pardon mais d'une violence immense. Vous vous rendez compte ? Des jours de carence pour des gens qui touchent le SMICX que ça représente ça veut dire ne pas pouvoir prendre d'arrêt maladie. Une année blanche sur les prestations sociales ça veut dire per Nicolas Framon. Non non mais c'est ce qu'il dit. C'est ce qu'il dit. Et moi rien que le fait rien que fait qu'il rien que le fait qu'il le dis qu'il allait se planter à l'assemblée et par ailleurs du coup on en est tous à se dire bon ben on manifeste contre qui monsieur si vous avez un autre projet politique présentez aux élection savez vous savez les gilets jaunes on équayez de les remporter monsieur essayez d'être
majoritaire dans non non non vous pouvez pas dire ça vous pouvez pas dire ça après avoir contourné le résultat des élections après avoir fait un gouvernement après avoir remis les mêmes après cette première ch pouvez pas faire des leçons de démocratie après ce que vous avez fait des élections législatives de 2024, personne ne peut entendre une chose pareille. Personne. Ce qui est vrai, c'est que la référence à 2005, à ce à ce vote contre le le traité institutionnel de de l'Europe et le fait que ça n'ait pas été écouté, ça revient en permanence en boucle. L'idée que les polotiques n'écoutent pas, que il y a eu des il y a eu d'ailleurs des cas d'oléance, il y a eu un un pseudo Tour de France Emmanuel Macron. On en a rien fait, vous voyez. Et donc
il y a il y a vraiment vraiment cette impression qui qui est que les politiques n'écoutent pas, les français notamment n'écoutent pas le système éventuellement suisse où il y a des référendums sur beaucoup de de lois euh et de et de projets importants. C'est vrai que c'est quelque chose qui revient en permanence. Pourquoi est-ce que ça n'existe pas plus ? C'était d'ailleurs un des engagements d'Emmanuel Macron à son arrivée en 2017 qu'il n'a jamais tenu. Bastien François, je votre regard, vous qui suivez très près ces question démocratique et politique, est-ce qu'on est un moment charnière de notre histoire démocratique ? Justement, bah ce moi moi ce bloqu, je trouve ça très intéressant parce que bloquons tout c'est bloqué,
c'est qu'and on narrive plus à faire quelque chose en fait. C'est-à-dire que qu'est-ce qu'on arrive plus à être ? à être citoyen et on narrive pas à être citoyen parce que en face les instruments habituels de la citoyenneté effectivement sont pas respectés. Bon euh euh je pourrais reprendre exactement tous les tous les exemples de Nicolas Framoch. Je suis d'accord avec tous ces exemples, hein. Vous avez un président de la République lu au second tour de l'élection présidentielle qui dit le lendemain de son élection j'ai entendu l'élection, j'ai entendu les électeurs et franchement bah non c'est pas voilà c'est pas porter un jugement politique, c'est un constat. Bon euh vous avez euh des législatives euh euh vous avez effectivement cette réforme des
retraites euh vous avez massivement quand même des gens qui font grèves, qui se mobilisent et cetera. Le gouvernement utilise euh le le pouvoir en place, utilise tous les instruments possibles pour faire adopter en force un texte sans plus le vote de la représentation. Vous avez cette dissolution ou quand même quoi qu'on dise, je on peut C'est compliqué de dire qui a gagné mais au moins on sait qui a perdu. C'est le président de la Républement. Voilà. Et le président de la réput gagné. Non, on peut peut-être dire que personne n gagné. Oui, peut-être personne n'a gagné. Mais en tout cas, lui, il a perdu. Moi, je Oui. Oui. Non, non, mais moi j'ai je je suis d'accord, c'est assez compliqué mais en tout cas lui, il a dit "OK, mais on continue avec mon programme." Ça
c'est quand même pas vrai. Bah si, c'est ce qu'il a fait. Ah bah, il a dit il a dit qu'on pouvait pas revenir sur la politique de l'offre, on pourrait pas augmenter les impôts et cetera. Bon, les impôts ont augmenté. Ouais, enfin oui, mais enfin vous avez, je veux dire que les impôts ont augmenté. Il y a une sorte de de ligne rouge sur une transformation quand même importante de la fiscalité pour en faire quelque chose de plus juste. Après, on peut chipoter sur tel ou tel chiffre. On va dire, on pourrait prendre plein d'exemples. Par exemple, aussi ce cette pétition incroyable, c'était une étudiante qui plus de 2 millions de personnes contre la loi du plomb. Il y a même pas une réponse, même pas un petit truc qui dit "Ah, c'est intéressant, il va falloir",
il y a il y a même pas il y a plus de réponse. Bon et donc je crois que d'abord il y a un problème effectivement d'absence de réponse. Ça part de loin hein, c'est vrai que euh on pourrait évoquer 2005, on pourrait évoquer toute une série d'épisodes euh qu'on a connu, mais je crois que tout le monde, enfin tout le monde, je pense que c'est pas un truc d'excite égoiste. Je pense que tous les citoyens dans ce pays se disent "On a quand même un problème avec la politique, on a un problème pour se faire entendre. On a un problème pour savoir pour que les élections et euh c'est son sentiment d'impuissance dont vous parlez. Exactement. C'est c'est un sentiment au sens de la colère. Mais mais que que vous que vous ressentez aussi parfois même vous le sentiment
d'impuissance. Mais bien sûr. Ben écoutez, moi je crois quand même, enfin, excusez-moi, je crois que la plupart des gens dans ce pays, je vais au bistro, je rencontre des gens différents, chez des étudiants et cetera, sont un petit peu euh un peu sidérés depuis un an face à la politique. Ça avance pas, il se passe rien, on sait pas. Il y a une très grande incertitude. C'est il y a une très grande incertitude sur demain. Qu'est-ce qu'on va décider ? Qui décide, c'est quoi les règles et cetera. Bon, il y a il y a il y a quand même un petit problème dans ce pays. Pierine Simonou, est-ce qu'il y a un petit problème dans ce pays ? Et quel est votre regard sur ce mouvement ?
Mathieu Lefèvre