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interviewPublic Sénat· 19 mars 2026 44 min

Municipales : Retailleau sème le trouble chez LR

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Notre édition spéciale continue, gros plan sur la droite ou plutôt les droites que je vous propose maintenant après les propos de Bruno Retailleau qui a refusé de soutenir le maire sortant Christian Estrosi à Nice. La famille élargie est déjà divisée, se déchire encore un peu plus Flora sauvage. Psychodrame chez les Républicains, à Nice malgré l'accord entre Allaire et Horizon, le parti d'Edouard Philippe, Bruno Retailleau, le président Allaire, refuse de soutenir Christian Estrosi.

Je ne donne pas de consigne dans les conditions de cette campagne absolument délétère. C'est désormais aux Niçoises et au Niçois de trancher. Candidat à sa réélection, le maire sortant est arrivé dimanche en deuxième position, loin derrière Éric Ciotti qui s'est allié avec le Rassemblement national.

Favori de l'élection, Éric Ciotti s'est immédiatement réjoui des déclarations du président des Républicains. Je remercie Bruno Retailleau d'avoir condamné la campagne délétère de Christian Estrosi et de retirer son soutien au candidat à Macroniste. En refusant de soutenir Christian Estrosi, distancé de 12 points par son rival, Bruno Retailleau s'est attiré les foudres des ténors du parti.

En interne, plusieurs poids lourds déplorent cette sortie. Les Républicains ont accordé leur soutien à Christian Estrosier et à son équipe. Il y a un accord politique entre les familles de la droite et du centre.

Il doit être respecté. Nous l'avons soutenu au premier tour, nous le soutenons sans ambiguïté au second tour. Face à la polémique, Bruno Retailleau publie un message sur X, assurant que l'accord avec Horizon n'est pas remis en question.

J'ai redit que je ne soutenais pas Eric Ciotti et que je désapprouvais son rapprochement avec le Rassemblement national. Interrogé sur l'éventuel souhait de Bruno Retailleau de voir gagner Eric Ricciotti, Christian Estrosi temporisent. Je ne le pense pas à un seul instant, ce serait la fin des LR et je ne pense pas que Bruno Retailleau souhaite la fin des LR.

A trois jours du second tour des municipales, la guerre fratricide chez LR révèlent les fractures de la droite à la recherche d'une boussole stratégique pour 2027. Quand Bruno Rotaillot sème le trouble chez LR, Les Républicains, on en débat avec Laure Salvin. Bonsoir, bienvenue, vous êtes directrice générale de l'Institut de Sondage Vériant.

Jean Garrigue, bonsoir et bienvenue, historien après dans la Commission internationale d'histoire des assemblées. Vous publiez les avocats de la République, ceux qui l'ont construite, ceux qui la défendent. Édition Odile Jacob, Lou Frittel, bonsoir.

Bienvenue, vous êtes journaliste chargé du suivi des droits à Paris Match et Tam Tranu. Évidemment, il restait à mes côtés éditorialistes pour sens public. Alors on va relire pour commencer cette phrase du président du Parti LR qui met le feu aux poudres.

On avait un accord national avec Horizon notamment qui comprenait Nice. Mais cette campagne a été délétère. Je ne donne pas de consigne de vote dans ces conditions, ni d'un côté, ni de l'autre.

C'est au niçois de trancher dans les urnes. Stratégiquement, Laure Salvin, comment vous l'expliquer ? Pourquoi Bruno Retailleau lâche Christian Estrosi ? – Il le lâche, mais il met en même temps en avant les habitants de Nice.

Vous savez que les électeurs, d'une manière générale, n'aiment pas qu'on leur donne des consignes de vote. Donc, quelque part, il se met du côté des Niçois. D'ailleurs, lui, sa ligne, c'est de faire l'union des droites, mais par les électeurs et non pas par les appareils politiques.

Donc, il est assez cohérent finalement avec sa ligne depuis un moment. En revanche, du côté de Christian Estrosi, effectivement, c'est vraiment un sale coup, évidemment, un lâchage, je pense, auquel il ne s'attendait pas. Mais je ne suis pas sûr que ça ait un effet si délétère que ça pour l'élection et notamment pour départager Éric Ciotti et Christian Estrosi.

Je pense que les choses sont assez cristallisées. Il y a une avance importante. Il y a une avance importante.

Je pense malgré tout que les LR qui devaient faire le choix dès le premier tour entre deux candidats qui finalement à un moment donné ont fait partie de la même famille, ils l'avaient déjà je pense pas que ce qu'a dit Bruno Retailleau fasse chercher les choses. En revanche d'un point de vue symbolique et d'un point de vue sur la ligne en fait des LR, ça effectivement ça sème le trouble pourquoi parce que finalement les électeurs se demandent quel est le message principal. Alors ça on y reviendra effectivement parce que c'est vraiment au centre de notre débat avec qui on va s'allier dans les prochains mois, prochaines semaines notamment dans la perspective des élections présidentielles.

Évidemment on va aborder cet aspect c'est pour ça que je vous interrompt. Laure on y reviendra tout à l'heure. On voit mal, encore une fois on a passé notre première partie d'émission à dire que c'est les électeurs qui choisissent, ils ont la liberté de voter et qu'ils vont peut-être nous faire mentir.

Mais bon on voit mal quand même ce qui pourrait faire perdre Eric Ciotti. Est-ce que Nice va devenir une sorte de ville symbole pour l'extrême droite, pour l'union des droites justement ? N'oublions pas qu'elle a déjà été une ville où les liens entre la droite et l'extrême droite étaient vraiment très fort, où la porosité était de mise, parce que même du temps des médecins, la dynastie des médecins, il y avait déjà vraiment une très forte proximité.

C'est une ville qui a une sensibilité d'une droite, on peut dire, radicale. Donc c'est vrai que ça peut être l'un des symboles de la percée réelle du Rassemblement national et de ses alliés, devrais-je dire ? Parce qu'Éric Ciotti, c'est quand même l'allié, mais ce n'est pas le Rassemblement national.

Ce sera un des symboles de leur percée qu'il faut malgré tout relativiser, parce que que les enquêtes et les sondages nous montrent que, globalement, la moyenne des performances du Rassemblement national sur l'ensemble de la France n'est pas si formidable que ça. Ils font des percées, ils confirment dans leurs deux zones de force, c'est-à-dire le nord avec un électorat très particulier, celui de Bruet, etc., et puis cette zone méditerranéenne où là ils sont très forts, Boker, etc.

Mais, je le répète, il ne faut pas que l'arbre cache la forêt aussi. C'est que, certes, dans Anis, par exemple, ils vous feront peut-être un gros coup avec Eric Ciotti, mais ça n'est pas forcément grand succès qu'ils auraient pu espérer. Comment elle s'est passée, cette campagne des municipales à Nice ?

Qu'est-ce qu'elle révèle de la droite, de ces craquements ? Elle révèle beaucoup de chose. Et d'ailleurs, le non-soutien de Bruno Retailleau à Christian Estrosi en découle.

C'était une campagne très violente. C'était une campagne faite de Kouba. Et les derniers événements, c'est l'histoire d'une tête de cochon qu'on a trouvé sur la grille de Christian Estrosi avec une étoile de David, une inscription « connard ».

Et donc, on avait l'impression que parce qu'il avait pu soutenir la communauté juive et Israël dans le conflit au Moyen-Orient. Rissian et Estrosi auraient pu être attaqués par la gauche. En réalité, ce qui semble montrer l'enquête pour l'instant, on va être prudent, c'est que ce serait plutôt provenant de son équipe à lui de campagne.

Éric Ciutti l'a attaqué en expliquant que c'était le coup de l'attentat de l'Observatoire avec François Mitterrand. Ce genre de choses, ça peut paraître drôles, mais ça explique aussi pourquoi Bruno Retailleau n'a pas voulu le soutenir. C'est là-dessus qu'il s'appuie en disant le climat délétère de la campagne.

Quand j'y suis allée, c'est vrai que Christian Estrosi a fait de grandes choses pour sa ville, mais il avait l'air un peu chaos. C'est-à-dire que peut-être que le fait d'avoir son ancien ami qui se retourne contre lui et se présente face à lui et peut prendre la ville l'a choqué dans la durée, mais c J'ai lu des échos chez des confrères de cadres au sein d'ELR qui disaient c'est un vieux monsieur de 70 ans qui perd les pédales. Et c'est vrai que la La campagne, elle est très angoissée de son côté à lui.

En revanche, si on va sur la partie plus idéologique, c'est vrai que vous avez la droite, Edouard Philippe, centre droit, UDF, disons, incarné par Christian Estrosi. C'est aussi l'idée de dépenser, investir, créer de l'enrichissement dans la ville par la croissance. C'est plutôt du macronisme.

Et vous avez l'autre C'est la droite RN, mais c'est aussi une vraie droite. Le RN passe pour socialiste, encore pour beaucoup de personnes qui sont dans le Sud. Si vous avez Eric Ciotti, ce n'est pas pareil.

Pour Eric Ciotti, c'est un libéral. C'est quelqu'un qui veut aussi réduire les dépenses drastiquement comme ce qu'il a fait au département. Donc c'est une droite qui plaît beaucoup plus.

D'ailleurs, je vous rappelle qu'Éric Zemmour avait fait de beaux scores dans le sud. Dans cette région. Alors il y a une autre conséquence.

On reste sur Nice pendant encore quelques minutes puis après on on va élargir la focale c'est les sénatoriales qui se profilent à l'horizon au mois de septembre on en parle avec Stéphane Duguay re bonsoir Stéphane puisque cette guerre Estrosi Ciotti à Nice, elle pourrait faire perdre des sénateurs au groupe LR ici au Sénat. Et oui parce que les élections municipales et les élections sénatoriales sont étroitement liées. Ces élections sénatoriales auront lieu au mois de septembre.

Comme tous les trois ans, le Sénat renouvelle de moitié ses membres par département et cette année tous les départements de la Provence Alpes-Côte d'Azur sont renouvelables. A l'image donc des Alpes-Maritimes, c'est une terre de droite avec un fort enracinement LR. Mais comme à Nice, le RN fait de cette région et de ses départements un territoire de conquête et pourrait donc obtenir beaucoup d'élus au détriment des LR lors de ces élections municipales.

Une figure de LR s'alarme, d D'ailleurs, elle m'a expliqué qu'une défaite à Nice pourrait coûter deux sénateurs à LR sur les cinq que compte le département qui sont aujourd'hui tous membres des Républicains. Alors on va réexpliquer comment ces élections municipales ont des conséquences sur les Alors parce que les élections sénatoriales sont un petit peu particulières, c'est un scrutin qui est indirect. Vous qui nous regardez, vous n'allez pas aller voter pour élire vos sénateurs.

Seuls les grands électeurs participent à cette élection. Il y a donc les députés, les sénateurs, les conseillers départementaux, les conseillers régionaux mais surtout les conseillers municipaux qu'on est en train d'élire en ce moment. Eux ils représentent 95 % des grands électeurs. 'est donc là que les partis politiques sortent la calculette.

Si on se concentre sur les Alpes-Maritimes, en 2020, la dernière fois que le département a été renouvelé, il y avait 2062 grands électeurs. Rien que pour la ville de Nice, on comptait 500 grands électeurs et donc en comptant d'autres élus, notamment par exemple ceux de la commune de Cagnes-sur-Mer qui a basculé au RN dès le premier tour dimanche. C'est comme ça que LR estime perdre deux sénateurs en cas de défaite à Nice, au profit du RN et de l'UDR.

Et alors vous allez nous rappeler ce qui s'est passé en 2020 résultat de ces élections sénatoriales là dans les Alpes-Maritimes Des résultats qui étaient à sens unique La liste menée par la LR Dominique Estrosi-Sasson avait obtenu 69 ,5 % des voix Elle avait donc obtenu les 5 élus du département. A ce moment-là, la liste RN qui s'était présentée n'avait récolté que 7 ,43 % des voix et donc n'avaient pas eu d'élu. Alors l'enjeu de Nice perturbé, vous l'avez rappelé par les déclarations du patron de LR Bruno Rotaillot, est pourtant essentiel pour les élus Les Républicains du département.

L'un d'entre eux m'a expliqué que ce qui se passe dans les Alpes-Maritimes avec des conquêtes du RN et de l'UDR d'Éric Ciotti n'est qu'un avant-goût de ce qui se passera à l'échelle nationale. Effectivement, au Sénat, le Rassemblement national, pourrait, selon ses résultats au municipal, avoir un groupe dès le mois de septembre. Oui, aujourd'hui vous n'avez que trois sénateurs RN qui siègent parmi les non-inscrits parce qu'au Sénat, il faut au moins être dix sénateurs minimum pour former un groupe.

Alors, un groupe, ça permet d'avoir des moyens, d'avoir plus de temps de parole, de peser plus sur les travaux qui sont menés ici au Palais du Luxembourg. Un proche de Marine Le Pen me rappelait la semaine dernière que l'enjeu pour l'ERN s'était clairement d'avoir un groupe au Sénat. Une éventualité qui peut se concrétiser notamment avec la victoire de Nice, mais pas seulement.

Certains au Sénat rappellent qu'aujourd'hui vous avez un sénateur RN qui a été élu en 2023 dans le département de la Seine-et-Marne alors qu'il n'y a et officiellement là-bas, pas de mairie à Rennes. Ça laisse donc entrevoir la force de frappe qu'aurait le parti d'extrême droite s'il gagne des mairies comme Nice, mais aussi s'il rentre dans des conseils municipaux dans l'opposition. Merci beaucoup Stéphane.

Jean-Guerri, je commence avec vous quel adjectif un groupe RN au Sénat en septembre ? C'est possible, probable ? Je crois que c'est probable.

Très probable. Très probable. Oui, c'est sûr.

C'est une anomalie. Finalement, je dirais d'un point de vue démocratique, ce ne serait que justice puisqu'on est en présence quand même du premier parti à l'Assemblée nationale, un parti qui commence à s installer dans beaucoup de villes. Donc, au fond, avoir une représentation du RN au Sénat, c'est quelque chose d'intéressant pour eux.

Mais c'est vrai que pour les LR ou le Sénat, c'est quand même leur bastion. Alors là, il y a une réflexion à mener parce que si jamais ils perdaient cette majorité au Sénat, ce serait quand même une lourde opère puisque ça fait partie des trophées qui leur restent. Et on voit bien, à travers les hésitations, c'est le moins qu'on puisse dire, les ambiguïtés de Bruno Retailleau, la difficulté dans laquelle il se trouve, puisque il y a cette thématique de l'union des droites qui débarque, que Jordan Bardella en a même fait le totem de sa soirée électorale quand il est intervenu le premier.

Donc ils vont être confrontés à cette réflexion -là et on voit bien l'embarras parce qu'on part sur des principes qui sont ceux du principe de cordon sanitaire, toujours pas d'union avec le Rassemblement national mais on voit bien que dans la réalité c'est compliqué. Quelques chiffres peut-être Laure Salvin sur les résultats des LR au premier tour de ces municipales, Bruno Rotaio met en avant les villes de plus de 9000 habitants en disant que les résultats sont bons dans ces villes. C'est vrai ?

On peut confirmer ces chiffres-là Tout à fait, mais même en dessous de 9000 habitants. Quand on regarde le fichier des résultats du ministère de l'Intérieur, le fichier de résultats du premier tour, on voit effectivement que vous avez une majorité d'élus au premier tour LR, en tout cas étiqueté LR parce que c'est ça la spécificité, c'est qu'effectivement ce fichier il est étiqueté politiquement, ce fichier du ministère de l'Intérieur. Donc effectivement vous avez une majorité de villes et de communes dirigées par un maire LR, vient en deuxième position le Parti socialiste.

Donc on voit bien quand même qu'on a un réservoir d'élus socialistes et d'élus LR qui est très important. C'est ce qu'on disait, il faut quand même relativiser la percée à la fois RN et même Insoumise. Et LFI, effectivement, sur le RN, vous avez 20 maires, 21 je je crois exactement, 20 maires élus dès le premier tour RN.

Je reprends mes chiffres, mais pour les maires de droite, c'est 902. 902 maires élus dès le premier tour. Et pour les maires Parti socialiste, 547.

Il y a quand même une vraie différence entre les deux. L'où ? N'oublions pas qu'il y a six ans, déjà, on avait vu que les partis traditionnel, c'était maintenu LR et PS, et ça avait été même un soulagement pour les partisans de l'ancien monde.

Un an plus tard, ces partis-là avaient fait 1 ,7 % à la présidentielle et 4 Donc, nous vivons aussi une époque où les scrutins nationaux et locaux sont profondément décorrélés. Ça va bientôt faire 10 ans qu'on a arrêté le cumul des mandats. Eh bien, ça se traduit de cette façon-là aussi au niveau local. – Alors la présidentielle, c'est le thème de l'édito de Tam, donc on y vient dans un instant.

Mais je voudrais d'abord quand même qu'on revoye un peu les réactions en cascade à la suite de l'intervention de Bruno Je vais commencer par celle du parti d'Édouard Philippe. Horizon, c'était sur X cette phrase de Bruno Retailleau. Mais aujourd'hui une confusion dans la ligne politique des Républicains, déjà dénoncée par plusieurs personnalités importantes de ce mouvement.

Si elle devait se confirmer, elle aurait évidemment des conséquences. Nous demandons aux Républicains de clarifier leur position non seulement à Nice mais aussi ailleurs. Tiens, on va écouter aussi la porte-parole du gouvernement.

C'était ce matin sur BFM TV, Maude Bréjon. Vous avez à Nice un candidat de droite républicaine qui est face à l'allié ou supplétif de Marine Le Pen. Il ne peut y avoir aucune hésitation possible.

Quand on a un parti républicain contre un parti extrême, qu'il soit d'extrême gauche ou d'extrême droite, il ne peut y avoir aucune hésitation possible. Autre réaction chez LR, cette fois-ci, c celle du président LR de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Toujours à propos de la phrase d'Augéon Rotaio, comme l'aurait dit un de ses prédécesseurs à la tête du parti, quelle indignité !

Il parle évidemment de Nicolas Sarkozy. « Pour ma part, je confirme mon soutien à la liste portée par Christian Estrosi. » Jean Garrigue, il y a quand même une fracture stratégique qui s'exprime très clairement.

Porté par qui d'ailleurs ? Qui refusent absolument l'alliance avec le Rassemblement national ? Il y a par exemple Gérard Larcher, le président du Sénat. – Gérard Larcher, Xavier Bertrand, mais Xavier Bertrand, il est plus ou moins au marge des Républicains.

Ce qui serait très important, c'est d'avoir une clarté venant justement de Bruno Retailleau, mais qui précisément lui se trouve à la tête d'un parti, d'une formation qui est divisée sur cette question. Et avec quand même, il faut quand même insister là-dessus, derrière des électeurs qui sont très majoritairement en faveur de l'union des droites. C'est-à-dire qu'ils ne seraient pas offusqués, me semble-t-il, d'un soutien à Éric Chiodi plutôt qu'à Estrosi.

Donc, vous voyez, c'est quand même une équation très compliquée, mais qui tient à la situation des Républicains eux-mêmes. Je veux dire qu'évidemment, ils sont entre le marteau et l'enclume, d'une hypothèse d'alliance plutôt avec le Rassemblement national ou avec Reconquête, parce que l'hypothèse et la capacité d'alliance, me semble-t-il, si on regarde la sociologie électorale, elle Il est plus du côté de Reconquête que du Rassemblement national. Et puis, de l'autre côté, ce qui a été le fameux socle commun, c'est-à-dire une alliance avec plutôt Horizon, le modem, etc.

Donc voilà, ils sont quand même dans Dans une équation compliquée, c'est le moins qu'on puisse dire. Dans les propos de Bruno Retailleau, on sent une certaine franchise quand il dit campagne délétère. On sent que c'est vraiment ça qu'il pense et qu'il n'a pas du tout envie personnellement de devoir apporter son appui comme ça à Christian Estrosi dans ce contexte, il y a le fait qu'effectivement il parle aussi en tant que président de parti, on dit que c'est un nombre aussi de jeunes militants qui appelaient le parti pour dire mais c'est pas possible Christian estrosi d'apporter enfin on se reconnaît pas du tout dans cet homme etc et mais Bruno Retailleau il reste aussi sénateur et là pour le coup sa prise de parole elle a vraiment énormément semé le trouble et la zizani ici au sénat ou notamment numéro 2 vice-présidente du groupe très longtemps très proche de Bruno Retailleau qui a mis sa personnalité au service de Bruno Retailleau contre Eric Ciotti au sein des Alpes-Maritimes Dominique Estrosi ça sonne quand même extrêmement mal vécu les propos de Bruno Retailleau et bien sûr on a entendu le désaveu de Gérard Larcher Gérard Larcher qui aussi il faut le rappeler ici, est à la tête d'une majorité de la droite et du centre.

Donc évidemment que c'est aussi là-dessus que ça se joue et que Gérard Larcher n'a aucune envie d'aller lorgner du côté de l'extrême droite où il pourrait y avoir maximum 10 sénateurs. Alors qu'ici, le centre est très important. Vous avez aussi les indépendants avec les sénateurs horizon, etc, etc.

Et là donc la majorité au Sénat elle se joue plutôt vers le centre que vers la droite on va écouter Jordan Bardella parce qu'évidemment il y avait son intervention dès 20h05 cette main tendue notamment à LR il tend toujours cette main c'était dans la Marne à Chalon en Champagne et il critique aussi les sanctions annoncées contre les rares élus LR qui se sont alliés au rassemblement national entre les deux tours désolé de voir le patron des républicains monsieur Rotaillot qui menace de sanction les élus des républicains qui comme à Reims ont fait le choix d'alliance avec le RN, alors qu'il n'a pas été gêné par le fait de s'asseoir dans un conseil dénive entre des socialistes et des macronistes pendant des mois et de gouverner la France avec ceux qui l'ont menée aujourd'hui au bord de l abîme. Alors ça vous fait réagir, vous êtes nombreux et nombreuses. Dominique qui nous écrit de Lille, le flou que Retailleau entretient entre la droite et l'extrême-droite n'est -il pas une stratégie afin de récupérer les électeurs du Rassemblement national ?

Et puis aussi Il dit Rose qui nous écrit de Menton, est-ce que la frontière entre les électeurs RN et LR a définitivement disparu ? Je vous garde celle de Rose, Laure Salvin si vous voulez bien, mais je vous voyais me demander d d'intervenir. Je vous donne la parole, allons-y.

Il n'y a pas vraiment de stratégie, en fait. Dans la déclaration de Bruno Retailleau ? Il faut bien comprendre que chez LR, on navigue à vue.

On ne peut pas voir tellement plus loin. Bruno Retailleau, c'est un président de parti qui a été qui a été élu contre son adversaire, pas pour ses idées. Notre Tailleau, c'est quelqu'un de beaucoup plus à droite.

Effectivement, on aurait pu l'imaginer plutôt sur une ligne de Jordan Bardella, Éric Ciotti ou d'autres. On va oublier qu'il est très proche par exemple de François-Xavier Bellamy qui lui Il vote avec les élus du Rassemblement national au Parlement européen et d'autres aussi sur sa liste. Il ne faut pas oublier aussi que, par exemple, vous avez un certain Gomar, qui est sur...

Je me souviens plus de son prénom. qui est sur la...

Christophe Merci-Gomard qui est aussi au Parlement européen qui est allé soutenir Éric Ciotti qui ne s'est pas fait renvoyer de LR. Et pourquoi ? Parce que déjà, LR, c'est une multitude de Chapelle.

Vous me parlez de Xavier Bertrand, mais Xavier Bertrand, ça ne représente personne chez LR. Il pèse très peu chez LR. Quand Bruno Retailleau a gagné, il était soutenu par Xavier Bertrand, Jean-François copé valérie pécresse gérard larcher combien de personnes qui n'ont rien à voir entre elles en réalité et aujourd'hui on semble découvrir que bruno retailleau effectivement a plus à moins de mal finalement à soutenir, sans le dire, des partis ou des candidats plus à droite.

Mais c'est assez naturel. Il vient quand même de chez Philippe Devilliers. C'est un anti macroniste profond.

Il l'envoie encore à Nicolas Sarkozy d'avoir imposé le référendum de 2005 via le traité de Lisbonne en 2007. Donc c'est normal, finalement. Alors, la question sur les électeurs, parce que c'est ça le plus important.

Ce sont eux, elles et eux qui vont choisir dimanche cette frontière entre électeur RN et LR. Alors c'est vrai que cette frontière elle est de moins en moins claire et évidente quand on On suit les données d'opinion auprès des électeurs LR dans le temps. On voit que petit à petit, que ce soit au niveau national ou au niveau local, effectivement, ils sont de plus en plus favorables à des alliances avec le Rassemblement national.

C'est à peu près moitié-moitié. Vous avez à peu près la moitié des électeurs RN qui souhaitent une alliance avec le Rassemblement national et à peu près une moitié qui sont plus frileux. La première alliance qu'ils souhaitent quand même, les électeurs du DLR, c'est avant tout avec renaissance et avec reconquête.

C'est intéressant, plus qu'avec le Rassemblement national. Par exemple, si on se projette sur Paris, ça va être intéressant de regarder les reports de voix de Sarah Knafo sur notamment Rachida Lati. – J'espère qu'on aura le temps de parler de Paris.

Jean, allez, vas-y. – Une toute petite anecdote, là-dessus, il y a un cadre de chez Zemmour m'a toujours dit une chose, la différence entre Emmanuel Macron et Éric Zemmour, c'est l'identité. Mais pour eux, sinon, c'est les mêmes.

Donc c'est assez logique. – Jean Guérin. – J'ajouterais que la sociologie électorale, elle est très proche entre l'ELR et Reconquête, beaucoup plus proche qu'avec le Rassemblement national.

Mais il s'est passé quelque chose d'intéressant aujourd'hui, c'est la prise d'opposition de Marine Le peine à propos de Paris. Elle est importante parce qu'au fond, elle rejoint ce qu'avait dit Jordan Bardella qui tendait la main. Elle dit qu'il faut faire absolument barrage à la gauche, sous-entendu soutenir Rachida Datis, c'est-à-dire amener des électeurs du Rassemblement national éventuellement à soutenir Rachida Datis, c'est-à-dire une LR ou XLR.

C'est quelque chose d'assez important. Macroniste. Macroniste.

Non, c'est quelque chose de nouveau – Chez Marine Le Pen, c'est nouveau. – Chez Marine Le Pen, parce que jusqu'à présent, Marine Le Pen, ce n'était pas d'alliance avec les… – Puisque vous ouvrez le chapitre Paris, allez, je vous suis, on va y aller, on va écouter, parce qu'il y a eu quand même une polémique assez forte ouverte par le candidat de gauche Emmanuel Grégoire, c'était sur France Info ce matin. Il accuse Emmanuel Macron. – C'est la première fois historiquement que l'extrême droite dépasse les 10 % à Paris sur le scrutin central.

Première Et comme par hasard, la première fois où ils les dépassent et où ils avaient donc la possibilité de se maintenir, ils se retirent. Pourquoi ils se sont retirés ? pour mettre en œuvre ce qu'ils appellent l'union des droites.

Mais Rachid Haddad, il la refuse aussi. C'est un pacte du diable. Emmanuel Macron est intervenu à différents niveaux pour faire en sorte d'aider au retrait de Sarah Knaf.

Alors il y a eu une double réponse, d'abord un communiqué de l'Elysée et puis ensuite le président de la République lui-même qui a répondu, c'était en marge, enfin à son arrivée à Bruxelles pour le sommet Écoutez, ces propos n'ont aucun sens. Ils déshonorent un peu la personne qui les dit comme ça à l'emporte-pièce parce que c'est pas sérieux. Donc non, je ne connais pas Mme Knaffo à titre personnel et je n'interviens pas du tout dans ces municipales.

Alors on va pas se concentrer sur Emmanuel Macron ou pas, mais en revanche sur le calcul de Sarah Knafo, nous frit-elle. Sur le calcul ? Pourquoi elle se retire ?

Est-ce qu'elle veut pouvoir dire si...

Encore Elle devient maire de Paris, c'est grâce à moi, par exemple ? En tout cas, on a dit à un moment donné qu'elle achetait sa place à la primaire de la droite, grâce justement à ce futur retrait. Elle, elle vous dit...

Ah non, je ne l'achète pas pas du tout. De toute façon, ils veulent déjà de moi. J'y suis déjà.

La vérité, c'est que vous avez Laurent Wauquiez ou David Lysnard qui expliquent qu'il faudrait faire une primaire allant de Gérald Darmanin à Sarah Knafo de facto. Elle, elle ne l'a jamais avec la paix, ils viennent la chercher. En revanche, ce qui est sûr, c'est qu'elle avait dit dès le début, je ne ferais pas perdre la droite.

Il a semblé à un moment donné qu'elle voulait au contraire, quand on l'a donnée à 13-14%, faire une fusion de listes et un programme commun et réussir à repêcher certains de ces colistiers et à les faire travailler au Conseil de Paris. Elle a finalement décidé de se retirer de façon pleine et entière et heureusement, parce que je pense qu'elle a créé de nouveaux électeurs. Mais ces nouveaux électeurs, ils ont été créée sur une promesse, celle de l'Union des droites.

Elle se rachetait aussi une vertu. Elle rachetait la vertu de son parti et d'Éric Zemmour qui s'était présenté en 2022 sur cette promesse-là et qui a fait tout le contraire dans les mois et les années suivantes. Laure Salvain, à quel point ça rebat les cartes quand même ?

Ce retrait de Sarah Knafo et puis alors évidemment la fusion avec Pierre-Yves Bournazel, le candidat horizon. Je pense que ça change tout, ça change complètement tout. Au sort du premier tour, dimanche soir, je pense qu'à peu près tout le monde se disait bon bah c'est plié pour Grégoire.

Aujourd'hui c'est plus du tout le cas en fait. Aujourd'hui si on regarde alors ça va être très intéressant Paris parce que ça va vraiment montrer à quel point non seulement le niveau de participation par commune est important parce qu'on va certainement pas avoir une augmentation de la participation au niveau national parce que vous avez déjà un certain nombre de villes qui sont donc on va pas regarder ça mais en revanche il va falloir regarder ça au niveau local est ce que la participation augmente ou pas a priori dans les grandes communes comme en 1983 qui était une exception ça va certainement augmenté pourquoi parce que l'enjeu au premier tour pour le coup dans les grandes villes c'était quand même assez haut oui mais vous avez certains arrondissements par exemple 18e 19e 20e où ils étaient plutôt à 53 % de participation il y a de la réserve exactement alors que 16e 7e était déjà à 60 % sachant que 7e 16e maire élu au premier tour y compris le 13e arrondissement sont déjà alors à À droite, il y a ces deux arrondissements. À gauche, il y a le 13e.

C'est ça où les maires sont déjà élus. Les maires sont déjà élus. Donc est-ce que les Parisiens vont vraiment comprendre qu'il faut y retourner quand même pour la mairie centrale ?

Et est-ce qu'ils vont avoir envie d'y aller Quand vous faites plusieurs hypothèses, on s'est un peu amusé chez Vérien...

Vous êtes paumés à la fin de l'équipe. On ne sait pas. En fonction des hypothèses...

C'est une école d'humilité. Mais en tout cas, les reports de Sarah Knafo devraient être assez c'est bon, sur Rachida Dati. Oui, au moins. 80-90%. 80-90%.

Bournazel, c'est la même façon. Ça va être quand même...

Alors, je pense qu'on sera plutôt à 60 % pour Dati, effectivement, et un petit peu d'abstention, il y aura certainement un petit peu d'abstention, mais ça va leur faire mécaniquement gagner des voix. Et s'il y a une participation un petit peu plus élevée qu'au premier tour, mécaniquement, en En fait, ça va être favorable. Ça veut dire qu'on aura un résultat assez tard, j'imagine ?

Ça va être très tard. Très bien, ça tombe bien, notre tour électorale, elle dure jusqu'à 23h30. Je restais un peu toujours sur Paris, mais en regardant les résultats du premier tour, on a observé que Rachida Dati faisait souvent des scores plus bas que le candidat de la droite dans un certain nombre d'arrondissements.

Est-ce qu'il y a aussi quand même de l'antidatisme au sein de Paris la personnalité de Rachida Tati est extrêmement clivante et je pense que c'est pour ça aussi que les résultats du premier tour étaient assez décevants pour elle c'est vrai aussi d'ailleurs pour Nice c'est quand même aussi dans les grandes villes ça a été des matchs de personnalité, à Nice...

Wallion ! Regardez-vous à Lyon, la campagne de...

Ciotti, c'est un vrai niçois. Certains disent qu'il parle le niçois, il transpire le niçois. À Paris, C'est compliqué, Rachida Dati, elle est crispante pour une partie de l'électorat.

Et on l'a vu d'ailleurs hier lors du débat, effectivement, où on la voit parfois très sanguine un peu fragile, donc elle va effectivement beaucoup cliver. Sur Sarah Knafo, je reviens sur elle, je pense qu'elle a réussi un coup de génie au premier tour, elle a réussi à faire 10 % alors que c'était sa première campagne, et donc je pense qu'elle veut aussi rester là-dessus, et si elle se retire, c 'est aussi pour éviter d'avoir un score un peu en deçà de ce premier tour, et donc rester sur cette impression positive. On parle de la présidentielle vraiment dans 20 secondes, mais Jean-Garrick c'est vrai que peut-être qu'il y a une anticipation d'un score de 5 % si elle s'était maintenue qui aurait été finalement déceptif. avec les honneurs, je veux dire que c'est un bon résultat pour elle.

Elle a fait une campagne qu'on peut discuter dans le style mais qui a été payante et donc elle a fait le plein, je pense de l'électorat potentiel, d'autant que beaucoup ne la connaissaient pas. Elle a tué le RN au passage et elle a tué complètement le RN au passage. D'où l'intervention de Marine Le Pen à la rescousse pour essayer de participer un peu au festin parce que c'est quand même là ces reconquêtes qui est le maître un petit peu des horloges.

Bon, on essaye de pas mettre la charrue avant les meufs mais allez, faut être honnête, une fois ces municipales passées, Tam, ça va être le cap vers la présidentielle. Et oui, mardi prochain, d'ailleurs tous les chapeaux à plumes de LR vont se retrouver pour un bureau politique, ils vont prendre connaissance des conclusions du comité de pilotage qui doit dire comment désigner le candidat LR à la présidentielle, primaire ouverte ou fermée, candidat naturel, tirage au sort, désignation à l'applaudimètre ou encore épreuve des poteaux, on ne sait pas. Précisons que le groupe de travail a été lancé par Bruno Retailleau, le président du parti et qu'il est présidé par Gérard Larcher.

Le président du Sénat, tout cela ne manque pas de sel, c'est assez cocasse puisque Bruno Retailleau n'a pas attendu la fin des travaux pour se lancer comme candidat et que Gérard Larcher, la semaine dernière, a lui expliqué tout benoîtement qu'aucune personnalité ne s'imposait naturellement, sympa pour le Vendéen, et qu'il était personnellement favorable à une primaire ouverte à l'ensemble du socle commun. Ajoutez à cela leur regard diamétralement opposé sur la salade niçoise, on en a parlé tout à l'heure. Eh bien vous obtenez une réunion où on aimerait tous être une petite souris pour voir comment ils vont bien pouvoir se parler.

En général, on est bien informés donc on devrait avoir quelques retours ces élections municipales, elles vont sans doute entrer en ligne de compte pour déterminer la stratégie présidentielle. On a commencé à en parler, c'est certain. On a déjà vu certains appels du pied à leur droite entre Sarah Knafo et son désistement gratuit en faveur de Rachid la main tendue de Jordan Bardella, où je cite « liste de droite sincère », un appal à l'union entre droite et extrême-droite qui est resté dans le vide puisque LR a même répondu que tout élu quitte entrer une alliance avec le RN s'exposait à des sanctions.

Bruno Bruno Retailleau, on l'a dit au début de l'émission, dimanche soir, peut-être l'avez-vous loupé dans le tumulte des déclarations à dessiner sa ligne. Un appel au grand rassemblement des électeurs de droite contre la gauche et contre le RN. La mention du RN était en tout En tout cas, dimanche, voulu appuyer.

C'est une façon de dire à ceux qui s'aideraient aux sirènes de l'Union des droites que ce n'est pas la stratégie choisie pour lui pour 2027. Au passage, on comprend donc d'autant moins la position toujours sur NIST. Tout ça n'est pas très cohérent.

Oui, surtout qu'on l'a dit, ça a provoqué cette tempête dans le socle ou feu, le socle commun. Voilà, le socle commun aussi. Les municipales vont faire office de crash test pour ce drôle d'attelage.

C'est l'occasion de vérifier l'adage « L'union fait la force » à Bordeaux. Tout le socle commun s'y est mis pour soutenir Thomas Cazenave, Gérard Larcher, Bruno Retailleau, Gabriel Attal, Edouard Philippe, mais aussi le président du MoDem, Marc Fénaud. On a eu le président de l'UDI, le sénateur Hervé Marseille, la présidente du Parti radicale, sénatrice Nathalie Delattes.

Ça a intérêt à marcher parce que sinon ça donnera clairement l'indication que ce socle ne suffit pas. Et alors que restera-t-il de commun entre Edouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau ? Leur ambition présidentielle, ce qui fait un ciment assez friable, vous en conviendrez.

Alors je veux bien vous entendre sur le concept de primaire. Est-ce que la droite et le centre, on peut élargir évidemment, vont pouvoir faire l'économie d'une primaire ? Je ne pense pas et honnêtement mes interlocuteurs ne le pensent pas non plus.

Bruno Retailleau, il faut bien savoir que quand il se présente en février, fin février, il se retrouve coincé. C'est-à-dire que lui, il essayait de se présenter en janvier et son équipe avait expliqué qu'ils étaient obligés de repousser pour sortir du sujet de la primaire. Il y avait une grosse actualité autour de ça, il y avait Laurent Wauquiez qui l'a demandé, il y avait David Nyssener qui l'a demandé.

Et donc l'objectif c'était d'essayer de la court -circuiter. Force est de constater que même en se présentant plus tard, il n'a pas réussi à la court-circuiter. Et qu'aujourd'hui encore, quand on écoute Gérard Larcher ou d'autres, effectivement personne ne le matche même Édouard Philippe.

Alors manifestement, il va bien s'en sortir au Havre, mais encore faut-il continuer à mener d'une forte tête dans les sondages. Ce n'est pas le cas. Il a une stature présidentielle plus appuyée que d'autres, mais il n'est pas le candidat naturel non plus.

Donc vous avez des discussions qui existent. Tous les petits chevaux sont sur la ligne de départ et le but, c'est de réussir à imposer quelques pourcentages qui a valeur de futurs ministères. Donc tous ces gens vont faire un programme et vont faire un programme commun sur quelques lignes partagées.

Ils vont faire une entrée avec des candidats qui ailleront de la droite au centre. La question, c'est jusqu'où ? Avec quelle extremité du centre et à quelle extrémité de la droite ?

Et là, vous avez des positions qui divergent. Certains savent que Sarah Knafo veut se présenter. Ils en ont peur, mais ils acceptent de prendre le risque.

Un mot, effectivement, des codes de popularité. Édouard Philippe, il a bien baissé. Mais dans cette famille politique droite et centre, je ne parle pas du binôme Jordan Bardella-Marine Le Pen, ça reste assez solide quand même, cette popularité ou pas Lorsalvin.

Elle a beaucoup baissé ces derniers temps. Je pense qu'elle a beaucoup baissé aussi parce qu'il n'était pas assez clair sur ses intentions, son projet, son ambition. Il reste quand même malgré tout parmi les candidats potentiels de droite et du centre-droit préférés des électeurs de droite.

Retailleau le talonne, clairement. Retailleau après avoir...

Bon, il a connu une ascension fulgurante dans l'opinion grâce à son poste de ministre. Il a connu une petite traversée du désert juste après quand il a décidé de partir. Les électeurs n'ont pas compris pourquoi il avait quitté le gouvernement.

Et là, ils commencent effectivement à retrouver des couleurs. Moi, je ne suis pas aussi optimiste entre guillemets que vous parce que pourquoi pas se dire...

La première, c'est un peu une délougeur quand même. Pardon. Alors, moi, je trouve que c'est démocratique.

Ça fait vivre la vie démocratique, donc je trouve ça plutôt intéressant. Une première, moi, je ne suis pas du tout sûre qu'Edouard Philippe ait envie de participer. Pas envie, mais est-ce qu'il aura le choix et je ne suis pas sûre qu'il puisse effectivement...

Je pense qu'il peut l'éviter, en effet. Donc, en fait, tout dépend jusqu'où elle va. Il faut de l'argent.

Machine affaire ou pas ? Tiens, Jean Garrigue, les primaires. Alors, pas forcément.

Non, non, mais la primaire de 2016, gagnée par François Fillon, emmène François Fillon comme favori de l'élection présidentielle. Il perd l'élection à cause du Fillonguette, mais rien ne dit qu'il n'aurait pas été président de la République en 2017 s'il n'y avait pas eu ce fillon guette. Donc c'est pas forcément une machine à perdre.

Mais ce qui est sûr, c'est que ça va vraiment dépendre, à mon sens, d'abord, mais c'est ce qui a été dit, d'ailleurs, de la position d'Edouard Philippe. S'il s'avère que, comme ce qui semble prévisible, il est réélu au Havre et que ça lui donne une nouvelle dynamique et qu'il garde cette dynamique qui ne nous fait pas une jupée numéro 2, c'est-à-dire qu un déclin dans les sondages. Mais s'il garde une avance sensible sur ses poursuivants, il n'aura pas intérêt à faire une primaire.

Il aurait écrasé le match. Moi, je pense que malgré tout, on en viendra une primaire parce qu'effectivement, il y a la candidature de Bruno Retailleau et il y a surtout la nécessité pour les Républicains d'exister tout simplement. C'est-à-dire d'avoir un candidat au moins à une primaire parce que s'ils n'ont pas un candidat, s'ils n'arrivent pas à avoir un candidat à la présidentielle, au moins auront-ils eu un candidat à la primaire ?

Au moins auront-ils pesé ? Il y a un paramètre en plus, c'est l'argent. En l'occurrence, vous avez eu une dernière présidentielle avec l'EPS mais aussi LR.

LR n'avait pas prévu le coup pour le coup, où le candidat a fait moins de 5%. Donc pas de remboursement des frais de campagne. Aujourd'hui, les banques ne veulent pas prêter.

Une primaire, surtout si elle est ouverte, ça permet aussi de récupérer de l'argent. En plus, si le ticket d'entrée est un peu plus haut. La dernière fois, c'était 2 euros.

Là, mettez-le à 5 euros pour essayer aussi d'éviter qu'une partie de sympathisants de gauche puissent venir vous returber et perturbés. Vous pourriez récupérer un petit magot et aujourd'hui, qui a un magot sinon via ce biais-là ? C'est Gabriel Attal.

Il ne faut pas l'oublier. C'est le seul aujourd'hui qui a une boutique partitaire et qui a une caisse. Parce qu'on parle d'Edouard Philippe, mais Edouard Philippe, il ne repose pas sur un tas d'or non plus.

Donc c'est Gabriel Attal qui a les moyens financiers. Les moyens financiers, c'est lui qui les a. – Bien sûr, il ne faut jamais l'oublier.

Comment ça se décide, Tab ? Une primaire, c'est-à-dire qu'il y a évidemment un calendrier, c'est au sein du bureau politique de LR. Il y a un moment où ils vont se dire qu'il faut convaincre les autres d'y participer.

Comment… Comment une telle décision peut être prise ? Je ne sais pas. J'adore coller l'État, mais en général, je n'arrive jamais à coller l'État.

Après, franchement, ils en discutent tous. Il y en a beaucoup que j'entends qui pilonnent le principe de la la primaire, mais qu'ils disent tous que c'est le moins mauvais des systèmes à l'exception de tous les autres. Donc ils disent qu'on va être obligés d'en passer par là, on ne sait pas comment faire autrement.

Après bien sûr, il reste le trauma quand même qu'ont été les deux primaires qui ont mené à des échecs pour la droite. Donc ils ont quand même un peu le sentiment aussi que...

Ce n'est pas la primaire qui a mené à l'échec. Je ne suis pas sûre que les gens de droite le vivent comme ça. Ils ont quand même eu le sentiment que ça les a menés deux fois dans le mur.

Et notamment la dernière fois, il valait Pécresse, ça a été très douloureux et ça a complètement vidé les caisses. Il y a quand même toujours cette difficulté dans une primaire. Vous prenez le candidat qui plaît le plus à un segment de la droite, et puis après, comment vous recentrer ?

On a eu la même difficulté à gauche et à droite. Vous avez eu Béloi Hamon, par exemple, qui était très à gauche du Parti socialiste. Impossible de recentrer ensuite pour le reste de la campagne il ya toujours ces inconvénients ils ont tous dans la tête mais ils ont ils savent pas comment faire autrement ça rejoint cette question posée par gérard de reims les lr semble trop divisé pour réussir à faire un bon score présidentiel a dépassé ses divisions avant 2027 c'est vrai que nous frittel des primaires ça affiche des divisions alors peut-être plus des divisions de personnes que des divisions programmatiques ça dépend pour le coup on aurait été il y a 5 ans j'aurais dit que oui effectivement ça allait afficher les divisions de LR mais LR s'est réduit comme peau de chagrin vous avez même très peu finalement de sympathisants de militants même si vous avez eu ce moment où beaucoup ont adhéré pour pouvoir voter pour Bruno de nos retaillots.

Moi, ce que j'entends, mais c'est pas que chez LR, c'est aussi au sein de l'ex-socle commun, c'est qu'il faudrait mettre en place une plateforme programmatique avec trois axes, pro-européen, libéral, sécurité régalien et ensuite faire signer au candidat une exigence, soutenir le candidat qui sera désigné par ce processus qui n'a pas été le cas dans les autres, dans les autres primaires lors salvin il ya quand même peut-être une demande de clarification de la part des et ou des sympathisants qu'ils ont ils ont vu lr finalement rentrer dans un gouvernement avec emmanuel macron président de République, endosser une partie de la responsabilité des réformes. Et puis finalement, ce que vous racontiez tout à l'heure, sortir du dit gouvernement pour une raison qu'on n'a toujours pas bien intégrée. Il y a ce besoin de clarification exprimée par les électeurs sur ce qu'est la ligne LR, le programme de ce parti ? – Absolument.

Les électeurs LR se sentent un peu orphelins de programme. Ils ne savent plus quelles sont les grandes lignes de leur quand vous regardez effectivement le nombre de sympathisants de droite aujourd'hui, qui se disent de droite, il n'a pas bougé par rapport à il y a quasiment 20 ans. Donc il y a un espace politique à droite, de vraiment de droite classique, traditionnelle.

Et pourtant ça ne se reflète pas dans les résultats électoraux de LR, notamment aux différentes élections présidentielles. Donc effectivement il y a une demande de de clarification, clarification de la ligne. Alors je dirais que c'est le cas des LR, mais c'est aussi le cas du Parti socialiste et aussi le cas des électeurs du centre également.

Enfin voilà, je crois qu'on est en demande de de sens public. Le sens de l'action publique. Espérons que la campagne des préventuels nous servira à ça, évidemment.

Merci à tous d'avoir participé à ce ce débat. Jean Garrigue, les avocats de la République cette édition. Odile Jacob et Lou Frittel.

On vous lit évidemment dans l'hypnomanère. Paris Match, je vous dis à dimanche. Alors dimanche, notre soirée électorale 19h30 LCP, Assemblée nationale, Elsa Mondangava et Steve Jourdain qui prennent l'antenne et on arrive avec Adeline François à 21h30.

Franchement les résultats les plus importants...

En tout cas Paris il y a des chances que ce soit après Paris, Lyon, Marseille...

Et on sera là ! Eh bien j'espère bien que vous viendrez nous soutenir. Merci beaucoup donc je vous dis à dimanche notez que demain tiens c'est Bruno Cotteres politologue au Céluipov qui sera l invité Doriane Mancini dans sa matinale.

Salut