L'invitée de Bourdin Direct : Marion Maréchal - 15/09
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Marion Maréchal, bonjour. Bonjour. Directrice de l'Institut des sciences sociales et politiques, la rentrée à Lyon, c'est pour quand ?
C'est pour début octobre pour les bacs plus 4, bacs plus 5, c'est déjà le cas pour les formations continues.
Beaucoup d'étudiants cette année ?
Oui, une trentaine à peu près en magistère et là pour l'instant une trentaine aussi en formation continue. En tout on a près de 200 étudiants qui sont passés par l'ISSEP depuis notre ouverture.
Et pas de diplôme d'État, toujours pas ?
Toujours pas malheureusement, mais pour des raisons qui tiennent à la loi et à la réglementation. On est une trop jeune école aujourd'hui.
Vous pourriez vous associer à une université, je ne sais pas, non ?
Oui, bien sûr, tout à fait. Mais comme on a aussi un parcours un peu inédit puisqu'on fait de la science politique et du management, on est un peu hybride si vous voulez. Donc de ce fait-là, c'est plus compliqué de trouver des écoles qui soient tout à fait similaires à notre programme pour pouvoir faire des partenariats.
Bien, vous êtes avec moi ce matin, avec nous, Marion Maréchal. Vous dites, je me remets à l'exercice médiatique. Pourquoi ?
Précisément pour venir vous parler.
Non, oui, pas que moi, ce n'est pas pour moi.
Non, mais pas que vous, mais pour pouvoir vous parler notamment de nos ambitions, notre projet qui est de monter un centre d'analyse et de prospective à l'intérieur de l'ISSEP. Donc une forme de laboratoire d'idées, un pôle recherche finalement dans l'école qui a vocation à alimenter le débat public, à l'enrichir en apportant des solutions très opérationnelles sur des sujets politiques qui, pour moi, sont peu ou pas exploités, comme je le cesserai qu'ils soient.
Bien, on va développer d'ailleurs. On va développer ces lignes de recherche, ces idées. Mais pourquoi ? C'est pour nourrir un futur parti ? C'est pour nourrir, je ne sais pas moi, un futur candidat, un futur candidate ?
Vous êtes allé beaucoup plus vite sur le sujet que je ne l'imaginais. Oui, ben oui, ben moi j'aime bien l'église. Non, non, écoutez, moi aujourd'hui, je pense que c'est un avantage extraordinaire, c'est que j'ai une liberté totale de ton, d'action, de rencontre, de réflexion. Je pense l'avoir mis à profit depuis trois ans, puisqu'on a créé cette école de sciences politiques.
Liberté, vraie liberté.
On a créé une école Alicette Madrid, on va créer ce think tank qui permet d'associer des profits très variés, chose que je n'aurais pu faire si j'étais restée dans la politique électorale, et donc apporter un regard qui ne soit pas un regard doctrinal ou d'éléments de langage, mais qui soit un vrai regard libre, tout simplement. Donc j'essaye de mettre à contribution cette liberté dans un couloir qui m'apparaît essentiel, qui est le couloir des idées, le couloir culturel, le couloir métapolitique, éducatif, comme vous voulez.
Ce n'est pas pour nourrir, je ne sais pas moi, une future candidature, la vôtre ou une autre.
Non, ce n'est pas l'objectif.
Ce n'est pas un objectif purement politique.
Non, ce n'est pas un objectif purement politique. Je vais vous dire, moi quand je faisais de la politique électorale, j'ai toujours considéré que nous étions dans une forme d'impasse politique, c'est-à-dire, on en parlera certainement, mais j'ai appartenu au RN, et j'en suis très fière d'ailleurs de mon parcours, beaucoup d'amitié encore à l'intérieur du RN. Et aujourd'hui le RN est un parti politique qui est indispensable à la victoire, mais qui n'est pas suffisant.
Et donc je pense qu'il y a encore un effort de réflexion, d'ouverture, de travail sur les idées, de passerelles à construire, qu'on n'a pas réussi nécessairement à faire sur le plan des partis, mais qui peut être fait par d'autres leviers, notamment ce levier des laboratoires d'idées.
Donc pour nourrir, je ne sais pas, une future union des droites par exemple.
Non mais pour nourrir tout ce qui est dans la vie politique...
Il y a d'ailleurs la convention de la droite l'année dernière, il y a un an, c'était il y a un an, presque un an jour pour jour, il y aura une nouvelle convention de la droite cette année ?
Ça, il faudra demander aux organisateurs, mais je pense, il n'y a pas de raison de s'arrêter, parce qu'en dépit de ce qui a été dit, ça a été un succès cette convention. Il y avait des LR, il y avait des RN, il y avait des journalistes, il y avait des intellectuels qu'on n'aurait jamais vues, qu'on n'aurait jamais vues associées au même endroit à l'époque.
Vous avez toujours cette idée-là, associées toutes les droites.
Je continue de penser, si on doit parler un peu stratégie politique, je continue de penser qu'il ne s'agit pas de faire des unions de partis, parce qu'il n'y aurait pas de sens à faire une union LR, RN, dans l'état actuel de LR et de ses incohérences. Mais je pense, oui, qu'aujourd'hui, la marge de manœuvre politique se trouve principalement dans un électorat de droite qui est un électorat orphelin, qui est d'ailleurs largement, je pense, réfugié dans l'abstention, on l'a vu au moment des municipales, qui est un électorat avec qui nous avons beaucoup de, comment dire, oui, de recherches communes sur l'identité.
Vous voulez parler à cet électorat, si j'ai bien compris, vous voulez parler à cet électorat ?
Moi, je considère que...
Est-ce que vous considérez aujourd'hui que le Rassemblement national ne parle pas à cet électorat ?
Pas suffisamment. Pas suffisamment. C'est ce que je vous ai dit au début de cette interview. C'est que le RN est indispensable, mais il n'est pas suffisant. Et je pense qu'il y a encore un travail... Mais pourquoi n'est-il pas suffisant ? Un travail de rassemblement, d'ouverture. Moi, j'ai toujours plaidé, même en interne, pour des coalitions. Je voulais même qu'on fasse des listes blanches au moment des législatives pour identifier des candidats LR qui m'apparaissaient compatibles, et à partir desquels il ne fallait pas mettre de candidature en face. Donc je suis, je pense, cohérente de ce point de vue-là.
Ça ne veut pas dire qu'il fasse s'adresser, évidemment, que de manière catégorielle aux électorats, mais je pense, en effet, qu'il y a là-dessus une marge de manœuvre très importante que je ne vois pas exploiter.
Zemmour, Devilliers, Onfray, d'autres, Emmanuel et Robert Monat, Ménard, d'autres, autour de vous, avec vous, pour construire, justement, cette union des droites. Et puis, comme vous le dites, des LR. Je vais revenir sur LR, parce que vous êtes catégorique. Vous dites que Christian Estrosi a, en quelque sorte, tué les Républicains, pratiquement.
Oui, je pense qu'en tout cas, il est en train de porter le coup de grâce. Le coup de grâce. Parce qu'on va assister à quelque chose qui va être assez amusant, je pense, dans la vie politique. C'est-à-dire qu'à peu près 80%, probablement, des élus nationaux, pas locaux, mais nationaux LR, entre la perspective de faire 13%, d'après les sondages, attention, avec mesure, aux présidentielles et la perspective de sauver leur circonscription ou d'avoir un sous-secrétariat, le choix va être vite fait. Donc ça permettra de clarifier, définitivement. Moi, je serai à la place des LR. Je n'attendrai pas que le parti meure juste avant les présidentielles.
Mais pour ceux qui ne sont pas en accord avec cette Macrono-compatibilité, de créer peut-être un espèce de mouvement qui rassemble les élus LR qui ne sont pas dans cette perspective et se structure peut-être pour les présidentielles. Mais bon, je ne suis pas au LR, donc je ne vais pas donner des conseils quand je ne suis pas dans l'arène.
Vous aviez regardé Robert Ménard, ici même, au début de l'été ? Non, je suis désolée, je ne l'ai pas regardé Robert Ménard. Ce n'est pas grave, non. Je ne vois pas, voilà ce qu'il avait dit. Je ne vois pas Marine Le Pen gagner en 2022. C'est ce qu'il disait à votre place. Est-ce que vous diriez la même chose ?
Je pense qu'on ne peut pas être aussi catégorise. Je n'exclus pas du tout que Marine Le Pen puisse gagner, mais je pense qu'elle ne peut pas gagner seule. Voilà, tout simplement parce que dans notre système d'institution, on ne peut pas gagner sans coalition.
D'ailleurs, aujourd'hui, vous dites, je ne sais pas qui sera au second tour de la présidentielle en 2022. Parce que vous, vous le savez. Non, je ne sais pas. Donc, sous-entendu, Marine Le Pen n'est pas certaine d'être au second tour.
Mais personne n'est certain d'être au second tour, ça n'est jamais acquis. Et puis derrière le second tour, il faut faire 51%.
Mais pourquoi ?
Mais pour une raison très simple, c'est que deux ans avant une élection présidentielle, il est absolument impossible de faire des projections qui soient claires. Surtout qu'on ne sait pas exactement ce qu'il va t'advenir de cette union des gauches qui essaye de se constituer. Est-ce qu'il va y avoir des candidatures tiers qui vont apparaître et qui, du coup, vont perturber le jeu ? Est-ce que Nicolas Sarkozy, on ne sait pas, peut-être va-t-il, il semble, en tout cas, revenir un peu dans le jeu et le débat ? Est-ce qu'il va finalement peut-être avoir des velléités qu'on n'attendait pas ? Enfin, tout ça fait que rien n'est jamais acquis dans une élection présidentielle, tout simplement.
Donc, seule Marine Le Pen, avec le Rassemblement National, ne peut pas gagner ?
Enfin, vous me dites ça comme si c'était un scoop.
Je vous pose la question.
Je ne vais pas faire... Je ne vais pas faire semblant de ne pas voir ce que tout le monde voit, je veux dire, ça paraît évident qu'aujourd'hui, on ne peut pas gagner seul.
Mais avec qui peut-elle gagner ?
En tout cas, je pense qu'une fois de plus, les marges de manœuvre se trouvent plutôt chez une partie des LR, pas exclusivement, mais chez une partie des LR, et qu'il faut pouvoir assumer cette ouverture vers cet électorat en particulier, vers ses Français, et vers peut-être ses élus aussi.
Le Rassemblement National ne l'assume pas ?
Je pense qu'en tout cas, oui, ils ont quelques scrupules à vouloir s'adresser prioritairement à un électorat qui se trouve sur ce plan de l'échec. Je ne sais pas, il faudra leur poser la question à eux. Vous avez un regard, vous savez. J'ai un regard, évidemment, mais je ne vais pas me mettre à la place du Rassemblement National, sachant que je ne suis plus aujourd'hui dans l'arène.
Dans tout cas, l'intervention de Robert Ménard avait mis en colère votre tante, Marine Le Pen.
J'imagine, mais Robert n'est pas du genre à prendre des pincettes. Mais vous êtes en accord avec lui, souvent. Vous êtes en accord avec lui, souvent. Je ne suis pas en accord avec lui, surtout.
Est-il vrai que vous ne voulez pas nuire à votre tante ? Que jamais...
C'est vrai ou pas ? C'est vrai ou pas ? Je vous réponds que ce n'est pas parce que je ne suis aujourd'hui plus au Rassemblement National que je suis en guerre contre le Rassemblement National. Il y a une espèce de tendance à vouloir... Parce que je suis aussi de la famille Le Pen, que je suis génétiquement liée au parti du Rassemblement National, si vous voulez. Il y a une espèce de tendance un peu stalinienne, parfois, chez certains élus. Tu dois tout au parti et le parti ne te doit rien. Et si tu n'es pas dans le parti, c'est que tu es contre le parti.
Je considère que c'est une très mauvaise manière de faire de la politique, qu'il y a des réseaux à constituer, y compris par la société civile, et que le drame de la droite en général, d'ailleurs, ce n'est pas propre au RN, c'est cette incapacité à faire vivre des petits îlots de résistance par eux-mêmes en dehors des partis. On l'a vu avec la gauche, qui a pendant longtemps eu la Fondation Jean Jaurès, qui a impulsé des idées, impulsé des stratégies, précisément parce qu'elle n'était pas dans les partis. Donc, elle avait une liberté de ton, de réflexion intéressante. Donc, je trouve qu'il faut laisser... De moins en moins. Je pense évidemment qu'ils ont leur utilité dans la vie politique.
Et les partis ont des doctrines, ils ont des éléments de langage pour qu'ils soient lisibles. C'est normal. Mais je vous pose la question. Mais ils ne sont pas... Vous ne voulez pas nuire à votre tente ? Bien sûr que non, je ne suis pas là. Vous croyez que je me lève le matin en pensant à ça ? Ça ne m'intéresse pas.
Pas nuire à votre tente, Ça veut dire qu'elle est candidate à la présidentielle de 2022 ? Ça veut dire que vous ne serez pas candidate ? Vous le répétez ce matin ?
Bien sûr, j'ai dit que je ne serais pas candidate. Je ne pense pas d'ailleurs me mettre au service d'un candidat. Tout simplement parce que moi, ça fait trois ans que j'ai quitté la politique électorale. Vous ne serez au service d'aucun candidat en 2022 ? Et je ne compte pas me mettre au service d'un candidat. Même Marine Le Pen ? Mais je me mettrais au service des idées au sens large. Même Marine Le Pen ? Non, mais je ne me remettrais pas dans un parti politique parce que je pense qu'aujourd'hui, je ne peux pas être à la fois à la tête d'une école de sciences politiques à la tête d'un laboratoire d'idées comme on dit maintenant tout en étant au service et porte-parole d'un candidat.
Est-ce que vous avez envie un jour d'être candidate à la présidentielle ? Franchement, je ne parle pas de 2022. J'oublie 2022.
À l'heure où je ne vous parle, absolument pas. D'ailleurs, j'ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre pourquoi les gens se coucher en espérant être président de la République, je trouve que c'est un sacrifice absolument considérable.
Beaucoup de personnes autour de vous, vos proches ne rêvent que de ça. Je vous arrête tout de suite. Marion Maréchal, vous le savez bien.
Moi, j'ai 30 ans. Donc, quand on me dit, quand on me fait des injonctions en me disant « Mais est-ce que vous prenez le moment de ne pas revenir en politique ? » J'ai 30 ans. Donc, je ne vais pas vous dire à 30 ans « Oui, M. Bourdin, je m'engage ad vitam aeternam à ne jamais revenir en politique. » Et pourquoi pas, si un jour, j'ai envie de refaire de la politique ? Je vous dis juste qu'aujourd'hui, je pense que je suis plus utile là où je suis... Et candidate à la présidentielle, jamais. Donc, jamais. À 30 ans, jamais. Je prends un engagement à vie. Non. Non, bah non.
Parce que il faut en avoir envie. Il faut en avoir envie.
À l'heure où je vous parle, j'en ai pas l'envie du tout.
Pour être élu, il faut en avoir envie.
Et je pense que je suis utile. J'espère là où je suis. Parce qu'on va probablement en parler. Mais on va s'emparer de sujets qui aujourd'hui, à droite en général, mais même en France en général, pour moi, ne sont pas traités de manière efficace. On peut revenir sur l'écologie. On peut parler de l'aménagement du territoire. On peut parler de la géopolitique de la France au sein de l'Union Européenne. Et ça, si vous voulez, avant d'avoir des grandes ambitions, des grandes ambitions égolistes, il faut déjà peut-être avoir sur ce que sera la France de 2030.
Dans le paysage politique, à quoi servez-vous ?
À quoi je sers ? C'est très aimable comme question. Mais non, non,
c'est pas très aimable. C'est direct, c'est clair.
J'espère déjà, excusez-moi, mais on a eu beaucoup de débats sur la question de l'indigénisme ces derniers temps, le racialisme, la montée en puissance de ces minorités politiques. Vous savez que c'est un fait, il suffit de regarder un peu la presse pour ça de manière générale, que la plupart aujourd'hui des grandes universités et des grandes écoles qui forment nos élites sont souvent des incubateurs de ces idéologies. Elles en partent, elles sont transmises, elles sont enseignées et elles sont promues au sein de ces écoles. En ayant construit l'ICEP, je pense contribuer à créer une alternative et à répondre, pour moi, à ce sectarisme idéologique qui se propage.
Donc je pense déjà, j'espère avoir eu une petite utilité de ce point de vue-là et j'espère que ça appellera la création d'autres écoles. Sur la question des idées, une fois de plus, pardonnez-moi, j'y reviens. On parle beaucoup d'écologie puisque c'est le grand thème aujourd'hui. Tout le monde court derrière l'électorat écolo, des municipales. Personne d'ailleurs ne s'intéresse aux 50% qui sont restés dans l'abstention. C'est assez drôle. Je pense qu'aujourd'hui, ce qu'on appelle les écolos, ça veut dire sous couvert de on vote pour les petits oiseaux, pour la nature, pour les arbres, ce sont des gens qui sont éminemment dangereux.
Je veux dire, tous les jours, l'actualité nous démontre que ce sont des gens qui ont la haine de nos traditions, de notre passé, de notre terroir.
qui ont remords dans les rues de Bordeaux.
Entre autres choses,
le Tour de France qui est polluant et machiste.
Et puis dans le même temps, on refuse d'aller à des traditions séculaires de commémoration chrétienne. Et puis on va poser la première perte de la mosquée. Ils sont les premiers à défendre le burkini, le communautarisme, à avoir des relations particulièrement ambiguës avec des minorités agissantes islamistes. Donc ces gens qui étaient marginaux il y a 10 ans, marginaux, demain, dans 10 ans, seront peut-être les ministres de nos enfants, si vous voulez. Donc je pense qu'il y a vraiment un... Il faut s'emparer de ce sujet de l'écologie pour le démystifier. On dit à droite on ne pense pas à l'écologie, on est caricaturaux. C'est vrai. Mais pardon, à gauche... Mais alors l'écologie,
quelle écologie défendez-vous ? Je ne sais pas moi. L'accès... Je sais que vous travaillez sur l'accès...
Tout aussi mauvais, ils font de l'écologie marketing. Donc ils pensent à faire des jungles urbaines comme si c'était ça le sujet objectivement de l'écologie aujourd'hui.
Alors vous vous emparez du sujet de l'environnement, l'écologie environnement, entre autres choses, accès et gestion de l'eau, des forêts, réchauffement climatique. Ça se refroidira bien un jour, a dit Donald Trump. Vous êtes d'accord avec lui ? Ça se refroidira un jour ? Le problème de cette démarche
de la collapsologie, c'est-à-dire de considérer que nous allons vers le cataclysme inéluctable sur la question du climat, pour moi, est une manière de stériliser le débat et d'empêcher l'action. Parce que précisément, si nous allons vers la catastrophe et que cette amorce du réchauffement climatique est inéluctable, ou alors pourquoi agir ? Et pourquoi agir tout de suite sur des sujets qui sont... Alors que défendez-vous ? Je ne sais pas, moi.
Une moindre consommation ? Le développement massif des énergies vertes ? Je vous donne un exemple... Une loi punissant les écocides ?
Non, mais je vous donne un exemple très concret. Vous n'en avez probablement jamais entendu parler. J'en ai parlé rapidement. Aujourd'hui, il y a un levier de la mondialisation qui permet de faire voyager des produits d'un bout à l'autre du monde pour des prix dérisoires et qui contribuent évidemment. Exactement. Et bien ce sujet-là est extraordinaire. On a là un phénomène massif sous couvert de droits maritimes consensuels au niveau international avec des bateaux qui ont ce qu'on appelle des pavillons de complaisance. Donc ils ne payent pas d'impôts, ils ne respectent pas le droit du travail, ils ne respectent aucune norme écologique.
Ils sont abandonnés sur les plages du Bangladesh quand ils ne servent plus et pourrissent sur les plages du Bangladesh sans que personne ne s'en soucie. Et ce système-là est un système qui contribue évidemment à l'impact carbone tel qu'on le dit. Ça, ça m'apparaît être un sujet structurel et absolument essentiel. Un sujet mondialiste. Tout il faut s'emparer. Qui contribue en tout cas à la question de est-ce qu'il est normal aujourd'hui quand on est écolo ? Je ne sais pas. Moi, je n'ai pas entendu par exemple les écologistes sur le traité de libre-échange qui avance petit à petit aujourd'hui avec le Mercosur.
Est-ce qu'il est cohérent aujourd'hui de vouloir dire on veut des circuits courts, on veut défendre la production et la consommation locale ? Les écologistes sont contre
tous les traités commerciaux.
Excusez-moi, ce n'est pas si clair que ça. Jusqu'alors, pardon.
Ils dénoncent tous les traités commerciaux.
Ils n'en font pas. Moi, je ne les ai plus vus parler de théorie du genre et de port du voile qu'objectivement de lutte contre les traités commerciaux de libre-échange. Voilà, bon.
Je reviens vite fait à la politique. Vous n'êtes plus adhérente au Rassemblement National, donc ?
Non, je ne suis plus adhérente au Rassemblement National.
Pourquoi ? Parce que c'est un choix ?
Pour les raisons que je vous ai refaites tout à l'heure. Ce n'est pas parce que je ne suis plus au Rassemblement National que je suis contre au Rassemblement National. Est-ce que Marine Le Pen vous a appelé à... Non, mais écoutez,
pardon, je ne suis plus élue. Oui.
J'ai quitté les responsabilités que j'avais au Rennes il y a trois ans. Je ne suis plus militante aujourd'hui du mouvement. Une fois de plus, ça ne veut pas dire que je suis contre ou que voilà. Mais à partir de là, vu les activités que j'ai aujourd'hui, moi, j'ai à Licep des gens qui ont des parcours extrêmement variés, y compris des anciens de chez LR, des gens qui ont pu travailler avec Fillon, des gens qui n'ont jamais fait de politique. Donc, je ne vais pas, si vous voulez, m'engager dans une voie militante d'un parti.
Est-ce que Marine Le Pen vous a appelée après vos déclarations dans la presse ? Non, mais je vous pose la question. Est-ce que vous avez
dîné avec elle ? Est-ce que vous avez eu des réunions de famille ?
Non, mais vous assumez ses déclarations dans la presse.
Non, mais je veux dire, je vous en parle très sereinement parce que c'est ce que je pense au fond de moi. Elle vous invite à revenir
faire de la politique. Ce n'est pas moi.
Très bien, mais si vous voulez... Que lui répondez-vous ? Elle vous invite à revenir faire de la politique. Le problème, si vous voulez, c'est que c'est très bien d'appeler au rassemblement. J'en suis très heureuse. Mais pour moi, le rassemblement dans tous les partis politiques... Et une fois de plus, je ne vais pas vous prendre au dépourvu, c'est quelque chose que je défendais déjà quand j'étais au VRN. L'acceptation d'avoir des courants, des sensibilités qui cohabitent, alors pas de manière antinomique. Alors qu'elle est
vous répondre ? Elle vous invite à revenir faire de la politique au sein du Rassemblement National.
Je vous ai dit que je n'allais pas revenir dans la politique électorale. Donc je ne vais pas revenir au Rassemblement National. Mais la réponse, c'est qu'à partir du moment où on a déjà à l'intérieur d'un mouvement une difficulté à accepter la cohabitation avec des gens qui étaient jusqu'alors plutôt proches de ma sensibilité et qu'on voit systématiquement le fait qu'ils puissent être marginalisés ou plus investis ou mis de côté, je trouve ça dommage. Voilà, c'est ce que j'ai dit. Une fois de plus, je ne vais pas en faire une guerre personnelle. Je ne me lève pas le matin en me disant qu'est-ce que je vais pouvoir dire sur le Rassemblement National.
Pardonnez-moi, mais ça fait quand même trois ans que vous m'avez entendu sur les plateaux, je pense avoir été la plus neutre et la plus en retrait possible par rapport à ça. Donc, il ne faut pas me faire un procès en tout cas qui serait un procès largement injuste.
Bien, Marine Le Pen défend et elle le dit lorsqu'elle vient les plus modestes, les plus faibles, les oubliés, ceux qui gênent. Patriotisme économique, renégociation des traités européens, fin des accords de libre-échange, soutien aux services publics, aux bas salaires, retour à la retraite à 60 ans, refus des privatisations d'entreprises publiques. Vous êtes d'accord avec tout ça ?
Je ne vous ai jamais vu défendre à ce point Marine Le Pen. Non, mais je ne la défends pas. C'est extraordinaire. Mais je ne la défends pas. Je vous dis quel est son programme. Je vous dis quel est son programme.
Vous êtes d'accord ou pas ?
C'est gentil. Merci beaucoup. Je vous présentez le programme du Rassemblement National. Heureusement que vous êtes là parce que sinon, je pense que je serais passé à côté.
Non, mais soyez sérieux.
Non, mais c'est vous qui n'êtes pas sérieux. Mais si,
moi, je suis sérieux. Je vous demande si vous êtes d'accord avec ça.
Je connais le programme du Rassemblement National. Vous êtes d'accord ou pas ? Je veux dire, c'est une surprise pour personne que je suis proche d'une majorité. Évidemment que sur la question de l'identité, de la sécurité, sur un certain nombre de sujets, je suis d'accord.
Je ne vous ai parlé ni d'identité, ni de sécurité. Très bien,
mais je ne vais pas être là en tribunal, en expliquant. Alors, et ça, c'est votre proposition que vous êtes d'accord ? C'est votre proposition que vous êtes d'accord ? En plus, tout le monde connaît les désaccords que j'ai pu avoir ou les accords que j'ai pu avoir.
Le retour à la retraite à 60 ans, vous êtes en désaccord.
J'aurais trouvé ça plus intéressant qu'on parle pour le coup de sujets d'actualité. J'aurais pu vous présenter ce que j'en pense. En accord ou en désaccord, d'ailleurs.
Dites-moi, c'est intéressant.
Plutôt que de me faire la liste du programme du Rennes.
Dites-moi, c'est intéressant, la retraite à 60 ans, non ?
Mais tout ça est très intéressant.
La violence dans notre société, allons-y. Une violence gratuite, dites-vous, pourquoi ? Et vous voyez trois phénomènes, l'immigration,
pour moi, c'est des choses qui sont parfaitement identifiables.
L'immigration, pourquoi ?
L'immigration, pour une raison simple, c'est que déjà, il y a une surreprésentation de l'immigration dans la délinquance. Et je vous donne une statistique, mais dans les prisons, vous avez par exemple 22% des prisonniers qui sont des étrangers, de nationalité étrangère, quand ils sont censés représenter que 6% dans la population. C'est quand même un indicateur intéressant. Quand on voit des préfets expliquer que dans leur département, 44% des violences viennent de mineurs isolés, donc de personnes de nationalité étrangère, c'est aussi un indicateur intéressant.
Et quand on voit, évidemment, tous les jours dans l'actualité et les faits divers, les profits des criminels, que ce soit dans les coups et blessures, dans les tentatives d'homicide ou dans les agressions gratuites, qui sont très souvent des Français d'origine immigrée troisième voire quatrième génération qui sont dans une...
Qui se désocialisent, dites-vous, beaucoup d'entre eux considèrent que l'État est un ennemi, ils s'attaquent à tout ce qui peut les représenter et s'installent dans une violence gratuite. Un peu comme certains gilets jaunes.
Qui se désassimilent.
Un peu comme certains gilets jaunes.
Excusez-moi, vous voulez faire comparer les antifas et l'extrême gauche qui aujourd'hui a phagocyté ce mouvement qui est mort, malheureusement pour moi, alors qu'au départ c'était un mouvement citoyen, civique, populaire, provincial et qui s'est fait récupérer une fois de plus comme le fait chaque fois l'extrême gauche par les antifas, les casseurs et les plus violents. Vous n'allez pas me comparer ce phénomène-là avec l'explosion des coups et blessures et des homicides. Pour moi, il y a une raison très simple si vous voulez sur l'effondrement de la chaîne pénale.
Aujourd'hui, il faut savoir qu'il y a moins de 2,8% des affaires qui sont transmises à la justice qui conduisent à des peines de prison. Donc quand on nous explique qu'on est dans une société réprisive, c'est un mensonge. La réalité, c'est qu'avant même d'arriver à de la prison ferme, dans l'immense majorité des cas, vous avez d'abord de la prison avec sursis, puis ensuite de la prison avec mise à l'épreuve souvent plusieurs fois. Donc autant dire que les condamnés le vivent comme une relaxe. Et quand bien même vous allez en prison, les remises supplémentaires de peine, les libertés conditionnelles, y compris pour les gens qui sont condamnés à perpétuité.
Bref, vous avez en fait une organisation de l'impunité. Je ne parle même pas des peines hors les murs qui sont généralisées pour les peines de moins de 2 ans. Et vous avez, parce que ça, tout le monde le nie en disant mais non, l'idéologie des magistrats, mais enfin, vous avez un mouvement intellectuel, porté aujourd'hui par le syndicat majoritaire de la magistrature, qui est un mouvement très bien identifié, qui s'appelle le mouvement de la doctrine de la défense sociale, et qui est un mouvement qui défend le fait que le criminel est la victime de l'ordre social. Voilà, donc c'est le discours que vous avez aujourd'hui, notamment par M. Dupond-Moretti.
Donc quand vous avez tous ces phénomènes qui sont ensemble, oui, vous avez la défaillance de la chaîne pénale et l'organisation de l'impunité, tout simplement. Et c'est très bien identifié.
Bien, votre centre de réflexion va aussi ouvrir des débats consacrés aux relations internationales, Marion Maréchal. Alors, parlons-en, Emmanuel Macron, a-t-il eu raison de dénoncer une tentative d'assassinat d'Alexei Navalny ? Est-ce qu'il a eu raison de demander à Vladimir Poutine une clarification ?
Si tant est qu'il y ait des preuves qui puissent attester aujourd'hui qu'en effet, M. Vladimir Poutine soit responsable. Pour l'instant, en fait, en réalité, on ne sait pas.
Pour vous, pour l'instant, je ne sais pas.
J'en sais rien, c'est peut-être que vous, vous savez, mais on sait qu'il y a eu manifestement tentative d'empoisonnement, ce qui est aussi contesté d'ailleurs par Moscou. D'où vient cette tentative d'empoisonnement ? Est-ce que c'est des histoires politiques ? Est-ce que c'est des histoires d'argent ? Est-ce que c'est des histoires personnelles ? Moi, je n'en sais rien, si vous voulez. Ce qui est toujours très amusant, c'est la promptitude sur la question
de la Russie.
J'aimerais avoir, si vous voulez, une telle intransigeance d'Emmanuel Macron ou d'autres d'ailleurs avec Erdogan. Absolument. Enfin, je veux dire, on est face à un homme qui depuis des années...
La France est trop faible avec Erdogan.
Ça fait des années. Or, on a un mouvement d'amorce qui est intéressant. Moi, j'aimerais maintenant savoir ce que va dire le Conseil européen sur le sujet. Est-ce qu'on va s'en tenir à des manœuvres spectaculaires ? Des manœuvres spectaculaires ?
J'aime des avoirs de Turcs en France ?
Alors, je vais vous répondre. Est-ce qu'on va s'en tenir à des manœuvres spectaculaires qui n'étaient pas inutiles d'ailleurs, pourquoi pas pour mettre un coup d'arrêt en Méditerranée ? Un accord avec la Grèce qui est sur le plan de la défense aussi intéressant. Et je suis heureuse d'ailleurs que la France, fidèle à sa tradition séculaire vis-à-vis de la Grèce, se porte en défenseur vis-à-vis des prétentions impérialistes d'Erdogan de la Grèce et de nos frontières. Maintenant, la question, c'est est-ce que la France va être capable d'aller au bout de la logique au niveau européen en instaurant un véritable rapport de force ?
Est-ce qu'aujourd'hui, il est normal qu'on continue de verser des milliards à la Turquie en vue de son adhésion possible à l'Union européenne et en vue de la délégation ? On en est loin. On en est loin. Mais enfin, excusez-moi, tous les ans...
On en est loin, ça a beaucoup reculé.
Bon, ça a beaucoup reculé, mais aujourd'hui, est-ce que l'Union européenne se donne les moyens de protéger... Je ne sais pas, moi,
fermeture de certaines mosquées en France. C'est ce que vous dites. J'aime des avoirs de turcs
en France, oui. Est-ce qu'aujourd'hui, l'Union européenne se donne les moyens de protéger et d'assurer la régulation de sa frontière européenne avec la Turquie ? Non, puisqu'on a délégué la politique migratoire à la Turquie. Donc, on vit sous la peur permanente du chantage turc, évidemment, qui a des rapports aussi très ambigus à l'époque avec Daesh, qui a une attitude scandaleuse avec Chypre et avec la zone économique maritime grebe depuis des années.
Donc, je trouve, oui, que quand on sait, en plus, que les frères musulmans qui sont au cœur de la subversion en France et qui sont aujourd'hui des catalyseurs de ce fameux séparatisme dont on parle dans l'actualité, quand on sait les liens qu'ils ont avec la Turquie, ces frères musulmans, puisqu'ils viennent de Turquie, oui, on pourrait aussi relier ça, en effet, à la question de l'islamisme en France, quand on sait l'ambiguïté d'Ordogan avec le sujet.
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Marion Maréchal