Nicolas Dupont-Aignan invité de Public Sénat
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:01OuverteÉludée
Seriez-vous prêts à accueillir ce bateau, peut-être pour des raisons humanitaires ?
- 3:17RelanceÉludée
On comprend bien ce que vous dites sur le moyen et le long terme, mais sur le court terme, pour les 58 migrants à bord, est-ce que oui ou non, on peut les laisser débarquer à Marseille à titre exceptionnel ?
- 3:47RelanceÉludée
Donc vous êtes d'accord avec la France qui dit qu'il faut trouver une solution européenne ?
- 4:08RelanceÉludée
Mais qui dit que pour l'Aquarius actuellement, il faut appliquer la règle du port sûr le plus proche ?
- 5:01OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous espérez provoquer avec ce mouvement que vous lancez ?
- 6:47RelanceRéponse directe
Pourquoi un constat d'échec ? Par rapport aux amoureux de la France que vous aviez monté après la présidentielle, votre candidature est dans la marque qui n'a pas d'union des droites.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09Invité politiqueFait
« C'est le symbole de l'échec total de la politique migratoire européenne. »
- 2:12Invité politiqueFait
« Et la seule chose que je demande depuis des mois, c'est qu'on ait des chefs d'État. »
- 2:21Invité politiquePromesse
« il n'y aura plus d'accueil en Europe. »
- 2:23Invité politiquePromesse
« Nous allons détruire les passeurs. »
- 4:21Invité politiqueChiffre
« Les passeurs, c'est 7 milliards, le trafic d'êtres humains, 7 milliards d'euros. »
- 4:46Invité politiqueChiffre
« l'Europe a besoin de 6 millions de travailleurs migrants. »
- 6:10Invité politiqueFait
« Il veut des quotas de migrants imposés au pays, il veut un budget européen, il veut augmenter la part de la France, il veut à terme l'impôt européen, il veut l'élargissement au Balkan. »
- 14:42Invité politiqueChiffre
« il y aura ces 6 milliards de baisse fiscale »
- 14:51Invité politiqueChiffre
« il est prévu d'augmenter encore les taxes sur l'essence de 3 milliards l'année prochaine. »
- 15:24Invité politiqueFait
« la désindexation des prestations sociales et des pensions de retraite sur l'inflation. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan61 %
- Présentateur11 %
- Invité7 %
- ?6 %
- Invité 26 %
- Invité 35 %
- Invité 44 %
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Bonjour ou re-bonjour à ceux qui nous rejoignent pour la deuxième partie de cette émission, Territoires d'Info, avec la presse quotidienne régionale. Les Indes et radios, 130 radios qui sont nos partenaires sur tout le territoire français, via télévision et le réseau des télés locales de France et TV5MONDE. Et l'invité politique ce matin en direct. Sur ce plateau, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour. Bonjour. Vous êtes le président de Debout la France et merci d'être avec nous ce matin. Pour vous interroger à mes côtés, Oriane Mancini de Public Sénat, spécialiste politique. Bonjour Oriane. Bonjour Madame. Bonjour. Stéphane Vernet de Ouest France.
Vous dirigez le bureau parisien du plus grand quotidien français francophone du monde. Merci d
'être là ce matin.
Nicolas Dupont-Aignan, l'actualité c'est l'Aquarius dont désormais tout le monde connaît le nom. C'est un navire avec 58 migrants à son bord en route pour Marseille. Le gouvernement temporise sur la question. Seriez-vous prêts, vous, à accueillir ce bateau,
à
le laisser accoster ? Peut-être pour des raisons humanitaires ? Oui, non ?
C'est une question extrêmement douloureuse. C'est le symbole de l'échec total de la politique migratoire européenne. Et je pense qu'il faut absolument éviter que ce bateau puisse accoster. Il faut bien sûr peut-être sauver les personnes qui sont dedans. On ne
va
pas les laisser mourir. Tout au contraire. Mais il faut être sûr que ces personnes n'arrivent pas dans notre pays. Alors on peut tout à fait laisser le bateau accoster pour soigner les personnes. Et puis surtout qu'elles ne restent pas en France. C'est-à-dire qu'il faut absolument les rapatrier dans leur pays
d'origine. Donc en deux
temps pour vous.
Ils
l
'accostent et ensuite on s'occupe des
personnes. De toute façon, la
problématique, tout le monde se fixe sur Marseille. Mais quand il accoste à Barcelone, les migrants, une partie, viennent en France. Donc la question, ce n'est pas Marseille, Barcelone, l'Italie. C'est la question de savoir si on a le courage à un moment de dire stop
à
cette manipulation de l'opinion, manipulation émotionnelle, qui vise à détruire les défenses de l'Europe,
qui
vise à ne pas traiter la question des passeurs. Et la seule chose que je demande depuis des mois, c'est qu'on ait des chefs d'État. C'est-à-dire que les chefs d'État européens disent clairement,
il
n'y aura plus d'accueil en Europe. Nous allons détruire les passeurs. Parce que vous n'allez pas me dire que les puissances militaires européennes ne sont pas capables de s'attaquer à 200 ou 300 passeurs dotés de moyens ridicules à côté des puissances européennes. Il faut travailler avec les gardes-côtes libyens et il faut mettre vraiment l'Aquarius de côté, car ça alimente
une
inhumanité.
Ce
que je veux faire comprendre... De
côté, ça veut dire que l
'Aquarius doit suspendre ses missions ?
Mais bien évidemment. Ce sont des missions provocatrices de manipulation de l'information qui poussent des milliers de miséreux à aller se noyer en Méditerranée. Donc il n
'y
a aucune humanité là-dedans. C'est de l'humanité de façade. C'est au contraire un appel d'air monstrueux. Et la vraie humanité, c'est de travailler avec les gardes-côtes libyens, c'est de s'attaquer aux passeurs, au trafic d'êtres humains. C'est ça la réalité.
Juste, on n
'a
pas bien compris. On comprend bien ce que vous dites sur le moyen et le long terme, mais sur le court terme, pour les 58 migrants qui sont actuellement à bord de l'Aquarius, est-ce que oui ou non, on peut les laisser débarquer à Marseille à titre exceptionnel ?
C
'est ce que demande l'association. C
'est toujours à titre
exceptionnel pour créer un précédent et envoyer un signal à ceux qui sont en Libye. Vous pouvez venir, donc la France va céder. Il faut que la France ne cède pas. Il faut que l'Aquarius reparte. Et d'ailleurs, entre nous, il était hier, si j'ai bien compris, à 4 jours de mer de Marseille. Et il y avait beaucoup plus de ports proches de l'Aquarius que Marseille.
Donc vous êtes d'accord
avec la France qui dit qu'il faut trouver une solution européenne ?
Mais non, ça ne veut rien
dire une solution européenne. La France,
c
'est Ponce Pilate qui se lave les mains. Ça ne
veut
rien dire. Ça veut dire quoi une solution européenne ? J'en prends 5, t'en prends 10. Enfin, c'est monstrueux d'ailleurs entre nous, cette espèce de marchandage sur des êtres humains. La vraie solution européenne. Non,
mais qui dit que pour l'Aquarius actuellement, il faut appliquer la règle du port sûr le plus proche.
Oui, mais d'accord, mais ce n
'est
pas le problème. Excusez-moi, tout le monde se fixe là-dessus, Marseille, Barcelone, ce n
'est
pas le problème. Le problème, c'est d'envoyer un signal clair et de détruire les passeurs.
Alors,
souvent les passeurs ont des complicités dans certains gouvernements. Les passeurs, c'est 7 milliards, le trafic d'êtres humains, 7 milliards d'euros. C'est le deuxième trafic.
Et
donc, il faut arrêter de continuer à créer l'appel d'air. J'ajoute dernier point et j'ai fini. Il faut s'interroger sur la politique européenne. Je cite toujours cette phrase à la tribune de Genève d'un commissaire européen
qui
dit, tribune de Genève, mars 2017, retrouvez l'article, qui dit, l'Europe a besoin de 6 millions de travailleurs migrants. 6 millions. Ça veut dire que M. Macron et les autres, en fait, ils continuent à alimenter. Ils n'ont toujours pas envoyé le signal qu'il faut dire stop. Stéphane Verner. Alors,
c
'est
le signal que vous comptez faire passer au Parlement européen si vous êtes élu. Vous montez une liste, vous serez tête de liste, vous entrez en campagne, vous avez fait votre annonce dimanche. Qu'est-ce que vous espérez provoquer avec ce mouvement que vous lancez ? D'abord, il y
a
une situation
historique.
En
2005, quand les Français ont voté non au référendum, référendum qui a été trahi par les gouvernements suivants, la France était très seule, le peuple français était seul.
Aujourd
'hui, Italie, Hongrie, Pologne, Danemark, Autriche, République tchèque, etc. C'est-à-dire que dans tous les peuples d'Europe, le bon sens revient et dit «
On
n'est pas contre l'Europe, on est contre cette manière de construire l'Europe.
» C
'est-à-dire cette folie migratoire, ce dumping social permanent, cette bureaucratie bruxelloise. Il y
a
une occasion historique au niveau européen de revoir la construction européenne. Et elle va se manifester comment, cette occasion historique ? Par une majorité eurosceptique, euroréaliste, moi je dis, au Parlement européen. C'est ça l'enjeu.
Et
face à ça, qu'est-ce que j'ai constaté cet été
?
J'ai constaté que la classe politique française est aux abonnés absents. M. Macron, lui, a une ligne claire. Il veut des quotas de migrants imposés au pays, il veut un budget européen, il veut augmenter la part de la France, il veut à terme l'impôt européen, il veut l'élargissement au Balkan. C'est clair. Et à droite et de l'autre côté, aux abonnés absents. M. Wauquiez veut s'occuper de sa région, libre à lui. Mme Le Pen, elle veut s'occuper de son parti, libre à elle.
Et
donc, il n'y aura pas de leadership
pour
aller là-bas. Moi, je dis que si on veut résoudre les problèmes des Français, chômage, immigration, insécurité, il faut changer les règles européennes.
Et donc, je conduirai une liste. Écoutez, ils ne veulent pas y aller.
Ils
ne veulent pas y aller, donc il faut bien que j'aille.
C'est un constat d'échec. Pourquoi un constat d'échec ? Par rapport aux amoureux de la France que vous aviez monté après la présidentielle, en appelant à l'union des droites, votre candidature est dans la marque qui n
'a
pas d'union des droites. Mais
au
contraire,
je
ne vais pas contre les autres puisqu'ils n'y vont pas.
Donc,
on va faire le rassemblement.
Marine Le Pen n'y va pas, mais il n'y aura pas une
liste du Rassemblement
National. Vous n'en
savez rien. Et il n'y aura pas de liste du Rassemblement National. Vous verrez, en tout cas, moi, je vous dis
que
j'ai lancé un appel. À mon congrès, il y avait déjà le président du CNI, M. Nort, il y avait le président du PCD, M. Poisson, il y avait la représentante du MPF. Certes, ce sont des petits partis, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières. Et j'ai lancé un appel aux électeurs et aux dirigeants des partis. Vous n
'y allez pas. Vous l'avez entendu,
cet appel. Brice
Ortefeuille, hier, sur notre
antenne, disait que le Rassemblement ne peut pas se faire autour du plus petit dénominateur commun.
En parlant de vous, qu'est-ce que vous
lui répondez ? Je lui réponds que dans l'histoire de France, ce n
'est
pas au poids, la volonté politique. Si M. Wauquiez y allait avec un programme clair, j'ai remarqué qu'il se faisait prendre en photo avec M. Orban
et
que ses eurodéputés votaient contre Orban.
Et
que M. Hortefeu, courageux mais pas téméraire, s'abstenait. Ces
eurodéputés sont partagés. Trois ont voté contre Orban, mais six se sont abstenus.
Et
l'abstention, c'est comme voter contre.
L
'abstention, ce n
'est
pas une politique. Et il
y a
un moment où il faut choisir. On ne
peut
pas dire,
comme
le font les républicains, les dirigeants, parce que moi je sais ce que pensent les militants. On ne
peut
pas dire, je veux arrêter l'immigration
et
avoir voté les traités qui ont ouvert l'Europe et qui
ont
créé le chaos. Et M. Hortefeu, il a voté tous les traités qui ont créé le chaos. C'est pour ça d'ailleurs qu
'il
s'est abstenu et qu'il n'a pas voté pour M. Orban. Et donc il n
'a
pas pris position. Les militants, moi je les connais, les militants républicains, je suis issu de cette famille.
Et
bien je peux vous dire qu'ils sont, tous les jours je reçois des mails
de
militants républicains qui me disent, on
va
vous aider. Parce qu'à travers ma liste, je ne
vais
pas simplement vouloir bousculer l'agenda européen, je veux bousculer la droite française.
Et
je veux faire l'union. Et je lance un appel aux électeurs du Rassemblement National, des républicains. Leurs chefs ne veulent pas y aller.
Est
-ce qu'on va laisser les Italiens, les Hongrois, avec toute l'estime que j'ai pour eux, parce qu'ils secouent les choses, est-ce qu'on va les laisser à Strasbourg et à Bruxelles gérer les intérêts de la France ? Moi j'estime que la France doit avoir une parole. Il y
a
une reconstruction européenne en route. C'est un enjeu du siècle. Qu'est-ce qu'on fait de l'Europe ? Comment on crée des grands projets industriels, scientifiques ? Il ne s'agit pas simplement de fermer l'Europe.
Il
s'agit de réorganiser l'Europe. Et j
'ai
un beau projet à porter. Et j'envoie d'ailleurs ce matin le manifeste qu'on a écrit à M. Wauquiez, à Mme Le Pen, aux autres chefs de parti. Et je suis sûr que
ça
va les intéresser.
Alors justement, M. Wauquiez, selon une information du Point, il aurait demandé à Michel Barnier d'être sa tête de liste pour les élections européennes. Est-ce que ça, ce
n
'est pas une rupture claire avec votre ligne ?
Ah mais c'est une rupture claire avec le discours de M. Wauquiez et avec son livre. Puisqu'il a écrit, si j'ai bien lu, vous l'avez lu ce livre. « Europe, tout changer ». C'est une rupture claire avec ses électeurs. Donc s'ils choisissent M. Barnier, ça sera clair. M. Barnier
est
l'homme
de
la construction européenne qui a échoué.
C
'est l'homme des traités européens qui ont abouti au fiasco migratoire. Eh bien moi, je vous dis une chose, c'est que si c'est M. Barnier, eh bien notre liste de Debout la France et des amoureux de la France va faire un score exceptionnel. Parce que M. Barnier, c'est l'homme de l'échec de l'Europe. C'est l'homme de la Commission. C'est l'homme des lobbies. C'est l'homme qui a échoué. Et moi, je veux qu'on reconstruise l'Europe. Et je ne
suis
pas contre l'Europe. Je veux une belle Europe.
Juste un dernier mot sur cette campagne, puisque vous êtes actuellement un député de l'Essonne. Vous avez donc annoncé que vous serez tête de liste aux européennes. Vous continuerez à faire campagne tout en restant à l'Assemblée ?
Bien sûr, je ne vois pas. Le président de la République fait campagne pour une Europe intégrée, supranationale, avec un budget européen, les Balkans, le flux migratoire qui continue. Et il n
'a
pas démissionné de la présidence de la République, que je
sache. Si
vous êtes élu au Parlement européen, il faudra choisir.
Eh bien je choisirais, bien évidemment. La loi choisie, mais si je suis candidat pour aller défendre
des
idées, c'est pour respecter mes idées et je ne suis pas du genre à me défiler. Je
veux
insister, mais
la
question ce n
'est
pas M. Dupont-Aignan.
Mais
est
-ce
que vous réalisez, mais j'y serai,
ce
qui est en train de se passer en Europe
?
Le Brexit, l'Angleterre qui s'en va, l'Italie qui n'en peut plus, et la France aux abonnés absents qui veut continuer comme avant. Et les partis de droite qui ne font rien.
Justement,
Nicolas Dupont
-Aignan, c'est un exemple à suivre.
Bien évidemment, et ça prouve d'ailleurs
que
quand un gouvernement agit,
il
est populaire.
Nicolas Dupont-Aignan, c'est notre invité politique aujourd'hui dans Territoire d'Info. On passe aux questions de société, elle est importante. Vous savez, le comité d'éthique rend aujourd'hui un avis très attendu sur les grands thèmes de la prochaine loi bioéthique.
Le
plus polémique, c'est l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Qu'est-ce que vous en pensez ? Quel est votre avis à vous
?
Alors d'abord, je voudrais dire que ça traverse tous les partis. Parce que c'est un cas de conscience. D'ailleurs, j'ai lu ce matin qu'il
y
avait une députée En Marche qui était très sceptique sur cette extension. Notre parti va en discuter. On vous donnera notre position politique. Moi, je suis, comment vous dire, assez inquiet que le droit à l'enfant,
que
je peux comprendre chez des femmes seules ou des couples homosexuels, se substitue au droit de l'enfant.
Et
je suis attaché à la filiation.
La
filiation. C'est-à-dire qu'un enfant doit savoir d'où il vient. Et je trouve que voter une loi
qui
se prive de père, parce que c'est ça la réalité, un enfant est un geste important de société. J'ajoute un autre point.
On
veut nous diviser la société française sur la PMA, qui va concerner quelques milliers de cas. Quand vous
dites « on
», c'est quoi quand vous dites « on » ?
Attendez,
le gouvernement. Vous avez raison de me demander de préciser. Le gouvernement. Pour nous refaire le coup de la division du mariage pour tous, si je puis dire. Personne ne parle si Françoise Laborde, qui a écrit un livre très émouvant, des enfants maltraités dans notre pays et du problème de l'adoption. Si en France, la question de l'adoption était traitée, je pense qu
'on
n'aurait pas ce débat de PMA et de GPA. Parce que,
autant
l'adoption par un couple homosexuel et une personne seule ne me choque pas, parce que l'enfant a des racines. Il a un père, une mère, on répond à un cas de détresse. Autant de créer une loi qui crée l'absence de père, systématiquement, automatiquement, sans que l'enfant puisse savoir d'où il vient, c'est un geste d'une gravité exceptionnelle pour ce futur enfant. Et pour moi, les enfants ne doivent pas être des cobayes. Donc c'est une question de société. Alors moi, je fais une proposition alternative. Parce que c
'est
un sujet qui m'ébranle depuis des années. Quand j'étais mère, sur l'enfance maltraitée, j'avais mené des actions dans ma commune. C'est un sujet caché de notre pays. Il y a tellement d'enfants qui pourraient être adoptés, qui pourraient être heureux dans d'autres familles. On n'a jamais traité la question de l
'adoption. Et on
est en train de fabriquer, on va lancer la fabrication de bébés, sans père et à terme
sans mère, parce que ça aboutira à la GPA.
Ma proposition, c'est qu'on réforme complètement le droit de l'adoption, c'est qu'on revoit la gestion des familles d'accueil, c'est qu'on l'occupe de manière beaucoup plus sévère contre les maltraitances d'enfants. Et je renvoie au livre de Mme Laborde.
Stéphane Vernet. Un autre sujet d'actualité, le budget 2019. Vous avez qualifié ce budget dimanche de triste mensonge. Depuis hier, lundi, on a quelques détails sur ce qui se prépare. Est-ce que vous pensez que c
'est
toujours un triste mensonge ? Est-ce que vous continuez à croire que les 6 milliards qui seront rendus aux Français à travers les impôts, c'est une espèce de miroir aux alouettes où votre position a évolué ? Je vais vous dire, je vais être franc avec vous,
je
ne comprends pas ces gouvernements, mais ce n
'est
pas le premier d'ailleurs entre nous,
qui
font des annonces alors qu'ils savent pertinemment
que
dans la réalité, ça ne sera pas ça. Ça ne sera pas tenu pour vous ? Mais bien sûr qu
'il
y aura ces 6 milliards de baisse fiscale,
mais à
ce moment-là, il
faut
tout dire. Au même moment,
il
est prévu d'augmenter encore les taxes sur l'essence de 3 milliards l'année prochaine. Vous savez qu'il y
a
une augmentation prévue chaque année. Ça va devenir insoutenable pour notamment, on est sur la chaîne des territoires, tous ceux qui habitent en province et qui sont obligés de prendre leur voiture pour travailler, pour se chauffer avec le gazole, enfin le fioul. Donc, 3 milliards d'augmentation des taxes sur l'essence. 6 moins 3, ça fait, il ne
reste
plus que 3.
Et
puis, il y a ce scandale des scandales qui est la désindexation des prestations sociales et des pensions de retraite sur l'inflation. Cela veut dire que le gouvernement,
c
'est marqué dans tous les journaux économiques, va économiser entre 2 et 3 milliards d'euros. Cela veut dire qu'il
y a
une amputation du pouvoir d'achat de nos retraités de 2 milliards minimum et 3 milliards avec les prestations sociales. Si je sais compter, j'ai appris ça à
l
'école primaire de la République, 3 milliards de taxes sur l'essence, plus 3 milliards de spoliation de pouvoir d'achat des retraités et des prestations sociales, ça fait 6. Cela veut dire que les 6 milliards de baisse fiscale, c'est pipo intégral.
Un dernier
mot sur les territoires, puisque vous en parliez demain,
en
ouverture du congrès des régions de France, il y aura un coup de gueule poussé par les 3 présidents d'associations d'élus contre la politique
de
Macron envers les territoires. Vous les soutenez, ces présidents d'associations ?
Eh bien, je dis à ces chers présidents d'associations
que
s'ils n'avaient pas voté pour Macron, on n
'en
serait pas là. Parce que ce sont les premiers à m'avoir insulté quand j'ai soutenu la candidate opposée à M. Macron, Mme Le Pen. Alors, M. Bertrand m'a traité de tous les noms, mais il a tellement fricoté avec M. Macron que maintenant, il est bien... Voilà.
Donc, ces
gens qui nous donnent des leçons à longueur de journée et qui ont soutenu M. Macron, ils n'ont pas défendu leur territoire. Alors maintenant, ils découvrent le poteau rose. Eh bien, j'aimerais qu'ils soient des vrais opposants à M. Macron et qu'ils arrêtent leur double jeu.
Merci beaucoup Nicolas Dupont-Aignan. Vous êtes président de Debout la France d'avoir été l'invité de Territoire d'Info. Ce matin, on passe au débrief à la fois de vos propos et de l'actualité avec Yves Tréhard et Denis Jambard dans un instant. Nicolas Dupont-Aignan quitte ce plateau et font leurs entrées. Denis Jambard, éditorialiste à Nice ce matin et à Challenge. Bonjour Cyril, bonjour
Yves, bonjour
à tous.
Denis et
Yves Tréhard, directeur adjoint de la rédaction
du Figaro. Monsieur l'observateur, je lui vole sa réplique à l'intérieur.
Bonjour Cyril, bonjour Denis, bonjour à tous.
Sujet sérieux, triste, le gouvernement cherche une solution européenne pour l'Aquarius qui demande à accoster en France. Vous avez entendu notre invité ce matin, Nicolas Dupont-Aignan. Lui souhaite,
si
le bateau accoste ou accosté, que les gens soient soignés mais renvoyés dans leur pays. Yves Tréhard,
pas étonnant. Oui, c'est une réponse qui est intéressante parce que ce n
'est
pas une réponse radicale.
Il
a dit des choses intéressantes, monsieur Dupont-Aignan, notamment
en
disant que c'était quand même un drame humain, si vous voulez, et qu'il fallait effectivement prendre en considération le sort de ces gens. Je ne pense pas qu'il
y
a quelques mois ou quelques années, il aurait eu la même réponse. Donc on sent qu'il y a une construction dans son discours qui est nouvelle pour faire l'exégèse et la critique
de monsieur Dupont
-Aignan. Après, il a raison sur le fond.
Sur
le fond, il a raison de dire de toute manière, bon, il va y en avoir tous les jours, toutes les semaines et on ne résout rien. L'intérêt du sujet,
ce
n
'est
pas de les accueillir, c'est de résoudre le problème de ces bateaux errants, si vous voulez, qui traversent la Méditerranée.
La
première chose, c'est qu'il faut savoir que l'organisation humanitaire qui s'occupe de ça, SOS Méditerranée, se voit retirer son pavillon par le Panama. Donc ils sont en recherche d'un pavillon de navigation.
Et
qu'est-ce qui se passe ? SOS Méditerranée a son siège à Marseille. Donc en accostant à Marseille, ils mettent les autorités françaises au pied du mur et ils vont obtenir le pavillon français. Ça paraît quasiment évident. Après, le problème, il est beaucoup plus vaste que ça. Simplement, je pense qu'on ne résoudra rien et que l'Europe ne résoudra rien tant que la stabilité de la Libye ne sera pas trouvée. Et cette stabilité-là, je vous fiche mon billet que ça ne sera pas pour demain.
Les services du Premier ministre ont affirmé hier que la France cherchait une solution européenne, Denis Jambard. C
'est
la
seule. C
'est
presque de la langue de bois, ça, puisqu'on entend ça depuis des mois. Mais j'ai été frappé aussi, commis, par l'évolution du discours et qui exprime une vraie sensibilité, parce que ce sont des drames humains.
On
ne peut pas... Et derrière, on a un problème massif. Et en écoutant M. Dupont-Gaignan, je songeais à Charles Pasquois.
Au
fond, il a été le premier, il y a 25 ans, à dire, écoutez, le problème, c'est comment on arrive à fixer ces populations dans les pays d'origine ? Et c'est un problème qui devient massif,
maintenant.
Comment va-t-on faire ? C'est un problème européen,
mais
c'est un problème mondial, c'est un problème africain. Et c'est vrai que c'est du... Alors, on peut avoir des réponses toutes simples. C'est d'une complexité extraordinaire. C'est vrai qu'Yves a raison de... Il faudrait arriver à stabiliser la situation aussi en Libye, qui est devenue la passoire mafieuse, en plus, de l'immigration. Donc, on peut avoir des réponses caricaturales. Je trouvais que M. Dupont-Gaignan avait nuancé son propos là-dessus et manifesté la complexité du sujet.
Nicolas Dupont-Aignan