Nicolas Dupont-Aignan invité du Club de la Presse sur Europe 1
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:44OuverteRéponse directe
Est-ce qu'Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont raison de faire attention et de mettre en avant cette transparence ?
- 3:08RelanceRéponse directe
Est-ce que ce que vous venez de dénoncer, c'est ce que les Le Pen appelaient l'UMPS ?
- 7:14OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé avec votre alliance entre votre mouvement et le Front National ?
- 11:10OuverteRéponse directe
Vous continuez à travailler avec le Front National. Quelle est la nature de vos rapports ?
- 13:41RelanceRéponse directe
Est-ce que vous avez tout perdu au fond ? Parce que vous vous êtes allié à Marine Le Pen pour rien.
- 16:42OuverteRéponse directe
Vous nous dites qu'il n'y a pas eu de vrai mariage entre Debout la France et le Front National. Peut-on parler de divorce ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:12Invité politiqueFait
« Les deux détaillants, les deux boutiques, s'approvisionnent chez les mêmes grossistes. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Ils sont d'accord sur cette Europe, ils sont d'accord sur la politique économique de souffrance sociale, ils sont d'accord. »
- 1:54Invité politiqueFait
« On peut être en désaccord et respecter les personnes. »
- 2:11Invité politiqueFait
« Je me réjouis de cette clarification idéologique et politique. »
- 3:46Invité politiqueFait
« d'Europe fédérale, de politique de Bruxelles et de Mme Merkel. »
- 4:28Invité politiqueFait
« Si les gens votent Républicains aux législatives, ils ne savent pas s'ils vont voter Macron ou s'ils vont voter l'opposition. »
- 5:30Invité politiquePromesse
« Je présente avec indépendance des gens dans toute la France. »
- 9:50Invité politiquePromesse
« Je ne me suis pas rallié au Front National. Je ne me rallierai jamais au Front National. »
- 15:16Invité politiqueFait
« La jambe gaulliste Debout la France et la jambe Front National. »
- 19:05Invité politiqueFait
« Il faut développer les PME, TPE. »
- 20:54Invité politiqueFait
« Les travailleurs détachés, la concurrence déloyale, l'immigration massive, l'insécurité, tous ces problèmes, on n'en parle plus depuis deux mois. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan68 %
- ?11 %
- Présentateur9 %
- Invité7 %
- Invité 23 %
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Club de la Presse d'Europe 1, 19h-20h, Nicolas Poincaré.
Tout
de suite le premier invité du Club de la Presse, c'est Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, ancien candidat à la présidence de la République, ex-futur Premier ministre de Marine Le Pen. Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan.
Bonsoir Nicolas Poincaré.
Vous répondrez ce soir aux questions d'Arlette Chabot et de Serge-Julie.
On
va parler de l'alliance entre votre mouvement et le Front National qui aura finalement été de courte durée. Mais d'abord, votre regard sur ce qui se passe en ce moment. La nomination hier d'Edouard Philippe à Matignon et puis le report aujourd'hui de la présentation du gouvernement. Le temps de vérifier les situations fiscales, notamment de ceux qui sont appelés à devenir ministres, ce sera finalement demain. Est-ce qu'Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont raison de faire attention et de mettre en avant cette transparence ? Heureusement oui,
je pense qu'il serait temps dans notre vie politique et historique. C'est une bonne chose. Maintenant la vraie question, c'est le fond de la politique.
Moi
je vais vous dire, je vais peut-être vous surprendre, je me réjouis de cette clarification idéologique et politique.
Vous
savez, je pensais récemment à Philippe Séguin auprès duquel j'ai travaillé et qui avait une phrase qu'il aimait tout le temps répéter. Il disait, critiquant les socialistes et la droite classique, il disait les deux détaillants, les deux boutiques, s'approvisionnent chez les mêmes grossistes. Et il visait bien sûr l'Union Européenne, sa mauvaise politique économique. Eh bien les deux détaillants ayant de moins en moins de clients séparément se sont regroupés.
Et
aujourd'hui vous avez un gouvernement...
C'est l
'UMPS, on n'est pas exactement dans l'UMPS.
Si,
si je peux terminer les
deux. Bien sûr. Il y
a
un partage, ils sont d'accord sur l'essentiel. Ils sont d'accord sur cette Europe, ils sont d'accord sur la politique économique de souffrance sociale, ils sont d'accord. Et donc ils ont fait semblant pendant 20 ans de ne pas être d'accord, alors qu'en fait ils faisaient la même politique. Je me souviens très bien d'Edouard Philippe, qui est quelqu'un de très respectable d'ailleurs. On peut être en désaccord et respecter les personnes. Quand je m'étais présenté à l'UMP,
face
à Alain Juppé en 2002, sur la ligne gaulliste, le directeur de cabinet d'Alain Juppé qui m'avait accueilli, quand je lui avais dit je veux me présenter face à Alain Juppé pour défendre des convictions gaullistes, c'était Edouard Philippe.
Et
à l'époque je me souviens très bien, on avait parlé, c'est un centriste, européiste, qui estime qu'il faut une politique plus libérale. Et c'est tout à fait normal, en vérité, qu'une partie des républicains s'allie à une partie des socialistes.
Ils
vont mener ensemble, à visage découvert, ce qu'ils avaient caché depuis 20 ans. Et cela va permettre enfin
de
tordre le cou à cette fausse opposition droite-gauche,
qui
était factice, et de revenir au vrai clivage qui structure aujourd'hui les différences,
et
qu'on a vu pendant l'élection présidentielle, qu'on avait vu avant pendant le référendum sur l'Europe, qui est le rapport de la France à la mondialisation et à l'Europe. Et moi, en tant que gaulliste, défenseur de l'indépendance nationale, d'une politique de relance économique, de progrès social, je suis absolument convaincu
que
ce qui se passe au gouvernement va entraîner des conséquences très fortes sur la vie politique,
et
que c'est tant mieux parce qu'on va clarifier les choses.
Mais Serge-Julie a raison, ce que vous venez de dénoncer, c'est ce que les Le Pen appelaient l'UMPS.
Oui, ou ce que M. Mélenchon appelle l'oligarchie, qu'importe, mais c'est la réalité. Et vous savez, là, la différence, la différence c'est que...
Mais je ne suis
pas séparé là-dessus avec Marine Le Pen.
Mais
je ne
suis
pas séparé comme je n'étais pas marié. On en reparlera tout
à l'heure. Oui, oui, parce qu'il y a eu beaucoup d
'interprétations hasardeuses. Mais justement,
on est là pour...
Mais d'abord, je veux revenir sur ce qui se passe de fondamental. Parce que les Français vont vite déchanter.
C
'est-à-dire qu'ils se mettent tous ensemble pour imposer la cure d'austérité, de détricotage du droit du travail, de réduction des indemnisations chômage, d'Europe fédérale, de politique de Bruxelles et de Mme Merkel. Et on ne
va
pas rigoler cet été. Et les Français, aujourd'hui, sont abusés. Pourquoi
? Parce
que l'emballage est séduisant.
C
'est-à-dire qu'en vérité, il y a un nouveau président, jeune, avenant, de talent. Il y
a
un nouveau Premier ministre, jeune, de talent. Mais ils vont appliquer la même vieille politique qui, depuis 20 ans, ruine le pays, accroît le chômage, la misère. Et c'est
là où il va y avoir... C'est bon pour vous, ça. C
'est bon pour
vous. C'est pas
bon pour moi. J'aimerais que pour le pays, il y
ait
une autre politique menée. Et c'est, en tout cas, moi, je me battrais, clairement, avec Debout la France, pour qu'il
y ait
une opposition qui soit une vraie opposition. Parce que ce ne sont pas les Républicains. Si les gens votent Républicains aux législatives, ils ne savent pas s'ils vont voter Macron
ou
s'ils vont voter l'opposition. Est-ce qu
'ils
vont voter
Philippe
et les ministres Républicains qui vont être au gouvernement, ou est-ce qu'ils vont voter contre le gouvernement ? Donc, les Républicains ne sont plus l'opposition. Et moi, c'est vrai qu'avec Debout la France, on a eu une position claire. On est dans l'opposition.
Arrête, Chabot. Oui, mais en même temps, si j'ose dire, les Français, ils ont quand même choisi Emmanuel Macron. Et les Français peuvent très bien lui donner une majorité avec ses candidats demain. Donc, ça veut dire que malgré vos mises en garde, malgré ce que vous répétez, ce que les Républicains disent, demain, il peut avoir les mains entièrement liées pour gouverner. parce que les Français sont légitimistes. Après tout, ils ont envie de lui donner une chance à ce Président.
Eh bien, le rôle de la campagne électorale des législatives, c'est de débattre. C'est que nos concitoyens entendent plusieurs points de vue. C'est qu'on puisse exprimer nos différences. Et moi, je dis aux Français ce soir, en tout cas, les candidats partout en France de Debout la France présenteront une alternative gaulliste, républicaine forte. Et j'appelle les Républicains, ceux qui votaient à droite, qui sont complètement trahis, à bien prendre conscience que le parti Les Républicains est au gouvernement avec l'héritier de M.
Hollande. Le parti Les
Républicains qui est au gouvernement, il
y
en a une qui appelle,
comme vous, à l'opposition. Excusez-moi, mais quand vous allez voter
pour un Républicain à l'Assemblée, est-ce qu'il ira soutenir son ami M. Édouard Philippe et tous ceux qui vont aller à la soupe
? Ou
est-ce qu
'il
sera vraiment dans l'opposition
?
Quand ils ont voté M. Fillon, à 20h12, 12 minutes,
ils
sont partis chez M. Macron.
Mais
ils ne sont pas partis simplement par un rivisme ou pour aller à la soupe.
Non,
ils sont partis parce qu'ils sont d'accord avec M. Macron. Et c'est là où il y
a
un changement de clivage politique en France. Donc il y
a
une vraie évolution. Je ne la conteste pas. Je ne conteste pas leur sincérité. Je demande simplement pour la démocratie. La démocratie, c'est quoi, Arlès Chabot ? C'est que les Français, avant de voter, sachent ce que vont faire leurs élus.
Il
n
'y
a rien de pire en démocratie que l'ambiguïté et la tambouille. Donc,
je
pense que M. Macron a été clair.
Il
a dit, loi travail par ordonnance cet
été. Il a été élu avec ce
programme.
Il a
été élu.
Je
prends acte. Mais je dis aux Français, attention, prenez garde. En tout cas, je dis aux électeurs de droite qui veulent s'opposer à M. Macron, ne votez pas pour de faux opposants. Voilà pourquoi je présente avec indépendance des gens dans toute la France.
Nicolas Dupont-Aignan, l'invité du Club de la Presse d'Europe 1. Juste après une pause, on vous demande où vous en êtes avec Marine Le Pen.
A
tout de suite. Et vous posez toutes vos questions sur Facebook et sur Twitter avec le hashtag de un soir. Jusqu'à 20h, le Club de la Presse d'Europe 1 avec vous, Nicolas Pancaré, avec Arlette Chaboy et Serge Julli. Et vous recevez le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan. Et alors, Nicolas Dupont-Aignan, on avait bien remarqué votre alliance entre votre mouvement et le Front National entre les deux tours de l'élection présidentielle. Et finalement, ça n'aura pas duré très longtemps. Qu'est-ce qui s
'est
passé ?
Mais franchement, il y
a
eu une surinterprétation dans un sens et dans l'autre. Mais d'ailleurs, j'ai été victime d'un procès en sorcellerie, en inquisition entre les deux tours.
Pourquoi ? C'était pas une histoire d'amour.
Si.
C
'est un
mariage de raison, on l'a dit. Mais
attendez. J'ai, comme homme politique, eu le courage,
alors
qu'il y
en
a tant qui se sont défilés, de dire qu'entre les deux candidats, j'appelais à voter pour l'un, l'une, Marine Le Pen.
Quand
j'ai dit cela, j'ai brisé un tabou, c'est vrai. Mais j'ai entendu à la radio, à la télévision, rallier le Front National, devient Front National, j'étais devenu... Mais vous n'imaginez pas ce que j'ai pu subir, ce qui montre à quel point il y a eu dans notre pays, entre les deux tours, un climat d'inquisition. Il
y avait
des
candidats, attendez,
j'ai soutenu Marine Le Pen. Vous
étiez son premier ministre
en
cas de victoire, ça va au lieu. Je l'ai assumé, et je l'ai
tellement assumé,
que
je n
'ai
pas soutenu Marine Le Pen à 20h12, le soir du premier tour. J'ai mis cinq jours, et j'ai négocié avec elle
un
infléchissement de son programme.
Et nous avons fait un pacte de
gouvernement. Parce que j'estimais fondamental d'aller un peu au-delà, de faire progresser l'union des droites, l'union des patriotes, de sortir du piège de Mitterrand, qui date de Mitterrand. Je peux finir, c'est très important, je vais que les auditeurs comprennent. Mitterrand a inventé le Front National pour diviser la droite, et que la gauche minoritaire
se maintienne... Je crois que Jean-Marie Le Pen y est pour quelque chose. Oui, avec beaucoup d'excès.
Et se maintienne au pouvoir.
Je
n'aurais jamais fait ça avec Jean-Marie Le Pen, vous le savez bien, comme gaulliste, séguiniste. Marine Le Pen n'a rien à voir. Ce parti a changé. J'ai dit qu'il fallait rompre avec cette tyrannie d'une certaine gauche qui, pour se maintenir au pouvoir, divise les électeurs de droite. Je l'ai fait. Je l'ai fait en faisant évoluer le programme sur des points très importants. Et ça a
été traduit... Mais alors pourquoi s'en aller ? Je ne m'en
vais pas. Est-ce que vous avez remarqué, vous avez peut-être remarqué, qu'on n
'a
pas gagné, malheureusement. Ça ne m'a pas échappé. Qu'on n'a pas donc mis en place un programme. Bon. A partir de là, j'ai simplement dit, et j'ai anticipé la disparition des Républicains, qu'il y a deux partis. J'ai toujours dit à Marine Le Pen, elle le sait très bien, c'est les journalistes certains qui avaient beaucoup, comment dire, brodé. J'ai toujours dit que Debout la France resterait un parti indépendant, totalement indépendant. Je ne me suis pas rallié au Front National. Je ne me rallierai jamais au Front National. Il y
a
le Front National, il y a Debout la France. Simplement, j'ai voulu casser la malédiction de la division de la droite. Cette division terrible qui fait
que la gauche est minoritaire dans le pays et a réussi à faire élire Macron. Et
que les gens de droite vont aider la gauche.
C
'est délirant. Eh bien, je vous dis que je continue un partenariat, c'est-à-dire que Debout la France est indépendant, qu'on présente des candidats au premier tour,
comme Mitterrand faisait avec le Parti communiste. Non, mais répondez-moi. Attendez, je finis juste. Ben oui, mais c'est comme ça fait un moment déjà.
C'est un parti différent du mien.
Il
y aura deux partis dans l'opposition, avec Mélenchon de l'autre côté. Mais à droite, il y aura deux partis d'opposition. Il n'y
en
a plus que deux. Puisque les Républicains votent Macron. Il y aura le Front National, on le connaît.
Les
Français connaissent moins Debout la France. Et moi, je vais vous dire, je veux tirer les leçons de la défaite.
Je
veux tirer les leçons de cette marginalisation des patriotes par parfois l'excès de leur programme. Et je suis convaincu, en tout cas, ce sera mon rôle dans les cinq ans qui viennent, d'apporter aux Français un programme d'indépendance du pays sans excès, sérieux économiquement.
Je crois qu'on a compris. J'ai voulu le faire à la présidentielle. J'ai compris. Je le ferai aujourd'hui. C'est mon tour. Il faudrait que Serge Géli puisse vous poser une question. Voilà, je voudrais
que vous répondiez à cette question. Vous continuez à travailler avec le Front
National. Vous
avez quel type d'échange ? Quelle est la nature de vos rapports ? Des échanges ? Des
échanges au téléphone
ou des réunions de travail
? Non, il n'y a pas eu de réunions de travail. Il y a deux
parties. Vous n'êtes pas sans savoir que le Front National a ses propres soucis.
Vous n'êtes pas sans savoir que même à debout la France, que
même
à debout la
France, ma position n'a pas été facile à faire accepter. Parce que c'est un changement historique. Comme quand Léon Blum a fait l'alliance avec le Parti Communiste, comme quand François Mitterrand a fait l'alliance avec le Parti Communiste, a changé les choses pour éviter la division de la gauche et a amené la gauche au pouvoir. Eh bien moi, je veux mettre fin à la division de la droite. Je veux qu'il y ait à terme une évolution des projets. Je veux qu'il y ait à terme une évolution des programmes. En attendant, pour les législatives, je veux que les Français aient
le choix. Il
n
'y a
même pas d'accord
pour les
législatives. Eh bien il y a le choix, comme ça.
Quand j'ai fait alliance avec
le
Front National...
Vous prenez l'exemple du Parti Communiste et
du Parti Socialiste... Excusez-moi,
François
Mitterrand n'appelez pas à voter communiste.
Non, il y avait des accords
électoraux de
désistement
pour le deuxième
tour. Pour le deuxième tour.
Eh bien au
deuxième tour,
nous ferons... Donc vous avez des accords de désistement ? Je vais vous dire,
au deuxième tour, nous ferons au cas par cas. Et mon Conseil National de samedi, Dieu debout la France, a clairement pris une position. Nous soutiendrons à chaque fois qu'il y a des candidats pour l'indépendance du pays, qu'ils soient républicains. Je prends un exemple, Henri Guénaud, Jacques Myard, des gens qui ont voté non au référendum, qui sont des vrais opposants à Macron. Si ces républicains sont face à En Marche ou les socialistes, nous appellerons à voter pour
ces gens-là. Si ils sont face
au Front National ? Si il y a un Front National qui a des valeurs gaullistes comme Florian Philippot ou d'autres, face à un En Marche, nous l'aiderons. Et puis,
pour le reste, nous jugerons au cas par cas. Nous jugerons au cas
par cas. Parce que je veux faire comprendre aux Français
qu
'il y a une diversité d'oppositions, et que c'est aux Français qui ont voté Marine Le Pen à 11 millions de suffrages, et les 4 ou 5 millions de votes blancs, et ceux qui vont s'apercevoir que Macron et Philippe, c'est quand même une sacrée escroquerie politique, et bien vous verrez que je veux que notre Parti debout la France se développe au premier tour, et on fera le compte au
premier tour des voix. Nicolas Dupont-Aignan, déjà expliquez
-nous à nous, parce que déjà nous, on a du mal
à... C'est très simple.
Moi, je ne comprends pas bien.
Je vais vous dire pourquoi, vous ne comprenez pas.
Je ne comprends pas bien. Est-ce que vous avez... La question est simple. Est-ce que vous avez tout perdu au fond ? Parce que vous vous êtes allié à Marine Le Pen pour rien. C'est-à-dire qu'elle a perdu, ça ne lui a rien rapporté. En plus, vous l'avez effectivement un peu poussé à changer son programme. Du coup, elle est devenue encore moins audible qu'avant. Et aujourd'hui, il n'y a même pas d'alliance électorale, donc vous avez zéro bénéfice de l'opération, avec en plus chez vous des gens qui disent « Erreur tactique, faute politique et morale ». Eh bien,
c'est l'inverse. Hypothèse
numéro un. Alors, expliquez-moi. Ou alors vous nous dites « Mais non, pas du tout. Grâce à moi, le Front National est en train de changer. Je ne suis pas étranger au débat interne qui secoue le parti. Et je renégocie avec Marine Le Pen un programme qui nous permettra de nous unir
demain. » On a
Nicolas Dupont-Aignan. Je veux être très clair. Quand j'ai fait cet accord, certains, M. Macron d'ailleurs, m'a accusé, et ça m'a beaucoup blessé, de faire cet accord pour des raisons financières. Et le fait même qu
'il
n
'y ait
pas de désistement de premier tour prouve qu'il n'y a aucun accord financier. Ça prouve que je veux l'indépendance totale de Debout la France.
Car
je suis convaincu qu'entre le Front National que les Français connaissent et les Républicains qui sont avec Macron, il y a besoin d'un
parti de droite gaulliste.
Premier point.
Premier
point. Deuxième point. Je dis aux Français qu'il va falloir pendant les cinq ans qui viennent reconstruire une alternative patriotique et républicaine qui aura deux jambes.
La
jambe gaulliste Debout la France
et
la jambe Front National. Laissez
le temps de le faire. Attendez, ne demandez pas en quelques semaines excusez-moi,
ne demandez pas en quelques jours de tirer le leçon d'un bouleversement politique que j'ai ouvert. Quand François Mitterrand
a ouvert Oui,
moi j'ai pris ma responsabilité, on m
'a
assez critiqué. Quand François Mitterrand a ouvert l'union de la gauche, ça ne
s
'est pas fait en huit jours.
J
'ouvre l'union de la droite. Je veux sortir la droite de la minorité politique. Et il y a un interlocuteur qui est Marine Le Pen qui a ses propres soucis au sein de son parti. Moi, je développe un parti. Nous sommes concurrents, mais nous combattons ensemble M. Macron et sa politique folle. C'est la logique des institutions. Quand la gauche le fait, vous trouvez ça très normal.
Quand
la droite le
fait, vous vous estonnez. Eh bien, il va falloir vous habituer à ce que nous soyons à la fois concurrents et partenaires. Et les Français qui volent l'opposition à Macron auront le choix, soit le Front National, que je respecte, soit Debout la
France, qui a un programme différent. Nicolas Dupont-Aignan est l'invité du Club de la Presse.
On
revient après une nouvelle pause.
A
tout de suite. La suite du Club de la Presse d'Europe 1 avec Nicolas Dupont-Aignan. Le président de Debout la France est interrogé par vous, Nicolas Pancaré,
et
ce soir par Arlette Chabot et Serge Di.
Qui
essaye d'interroger Nicolas
Dupont-Aignan, mais comme il fait des réponses très longues, ils ont du mal. On va
essayer
d'avoir des réponses un petit peu plus courtes. Mais c'était important quand
même de préciser bien les
choses.
Alors justement, continuons à clarifier. Vous nous dites, il n'y a pas eu de vrai mariage entre Debout la France et le Front National. Et par conséquent, on ne peut pas parler de divorce après ce qui s'est passé cette semaine. Mais tout de même, il y avait un accord en vue des élections législatives. Il y
a
eu un accord de gouvernement
qui
n'a jamais eu. C'est pas
rien
quand même. C'est pas rien. Mais
heureusement, mais on n'est pas au pouvoir. Et il y avait aussi un accord qui prévoyait que le Front National ne présenterait pas de candidats contre vous dans un certain
nombre de circonscriptions. Nous
avons pensé, ce n'était pas un accord définitif, nous avons pensé qu'il était préférable que l'opposition marche sur deux jambes. Parce que, encore une fois, le ralliement des républicains, la trahison des républicains ouvre une recomposition politique. Et puis, moi, je pense, je le dis comme je le pense, qu'il est bon que les Français aient le choix.
Ce
que je regrette dans la vie politique, c'est que, justement, et c'était l'œuvre de Mitterrand, le Front National est le monopole d'un certain patriotisme. Eh bien, je pense que les électeurs ont le droit d'avoir le choix. J'ai offert ce choix au premier tour de
l
'élection présidentielle. C'est bon qu'il
y ait
des nuances. Mais pourquoi les nuances sont acceptées à gauche et jamais à droite
?
Encore une fois, je pense que les Français... Je
ne veux pas répéter... On a compris. Non, j'ai envie de vous
demander est
-ce que Nicolas
Dupont-Aignan, est-ce qu'il a fracturé le Front National ?
Est-ce qu'il fait exploser le Front National ? Est-ce que
ce n
'est
pas eux qui ont cherché, finalement, à s'éloigner de vous ? Je ne
sais pas. Vous leur
avez imposé...
Mais non, mais... Vous leur avez
imposé ou pas imposé le changement sur la question de l
'euro ? J'avais conditionné
l
'accord de Premier ministre et de Président à une évolution du programme parce qu'à l'élection présidentielle, au premier tour, j'avais défendu un programme que j'estimais plus sérieux sur certains points. Marine Le Pen à notre. Nous avions fait un compromis de Bonaloa parce que c'est une femme avec
qui
on peut
discuter. Elle n'a pas su le
défendre ?
Mais ce n
'est
pas la question.
Apparemment, ça s'est mal passé dans le débat du
deuxième
tour. Ça, c
'est le passé. C
'est le passé, mais c
'est encore le présent.
Écoutez,
c
'était
il n
'y a
pas
longtemps.
On a cinq ans d'opposition. Moi, je veux reconstruire la France.
Je
veux que mon pays s'en sorte.
Je
suis convaincu qu'on peut rassembler les gens pour évacuer le mirage Macron-Philippe. Et ma responsabilité d'homme politique, ce n
'est
pas de faire de la cuisine électorale, c'est de rassembler des droites qui ne se parlaient plus, qui se divisaient et de le faire sur un programme qui rassemble les Français. C'est pourquoi j'ai toujours pensé qu'il fallait évoluer sur l'euro. C'est pourquoi j'ai toujours pensé qu'il fallait un protectionnisme incitatif et pas de fermeture. C'est pourquoi je pense qu'il faut développer les PME, TPE. Il y a des points d'accord avec Marine Le Pen, très fort, je m'en réjouis. Il y a des points où elle évoluera,
il
y
a
des points où j'évoluerai. Ça, c'est un partenariat à bâtir pour l'avenir. En attendant, il est normal que je renforce la jambe de Boulafrance
parce que vous reconnaîtrez
quand même, et je vais être très franc, que Marine Le Pen a fait 20% des voix au premier tour, j'en ai fait cinq.
Et
il est peut-être normal que les Français qui ont envie que je développe mon parti puissent voter pour mes candidats.
Mais d'un mot,
le point central, c'est bien l'euro. Vous comprenez que la réticence de beaucoup de Français,
c
'est la position du FN sur l'euro, la sortie de la zone euro,
voire la sortie d'une européenne. C'est pourquoi j'avais évolué dans ma campagne.
Donc, tant à
votre avis,
vous pouvez nous dire ce soir que tant que Marine Le Pen n'aura pas une position claire qui est capable d'être comprise par les Français, acceptée par les Français, ils n'arriveront jamais à rien, le FN. Il
y aura toujours ce blocage énorme. Marine Le Pen, je ne parlerai jamais à sa place. Il ne veut pas partir à sa
place.
Mon sentiment, c'est que nous avons cinq ans pour présenter aux Français un programme réaliste, efficace, qui arrive à les convaincre. Et que,
quand
on a une défaite,
il
faut toujours s'interroger sur les causes de sa défaite. Ça ne veut pas dire s'accabler mutuellement, au contraire, essayer ensemble de proposer aux Français un beau projet. Ce projet, je l'ai présenté à la présidentielle. mon parti s'organise, le FN se réforme et se réformera, elle l
'a
annoncé. Eh bien, je pense que maintenant, il faut offrir le choix à nos concitoyens. Et quand il va y avoir la mélasse et la tambouille centriste qui va arriver, je pense que beaucoup de Français seront très attentifs à notre capacité, en tout cas la mienne, modestement, à faire avancer les choses. Car encore une fois, les travailleurs détachés, la concurrence déloyale, l'immigration massive, l'insécurité, tous ces problèmes, on n'en parle plus depuis deux mois. Mais
les Français les vivent. À
Berlin, même.
Les Français les vivent. À Berlin. À Berlin.
Vous avez entendu ? Oh, j'ai entendu, oui. Et j'attends de voir. Parce que pour l'instant, les travailleurs détachés concurrencent toujours nos artisans qui ferment leurs boutiques. Est-ce que, là, actuellement, il
y
a une parenthèse, c'est normal, c'est l'état de grâce ? Et moi, je me réjouis de l'état de grâce. Vous trouvez qu
'il
y
a
un état de
grâce ?
C'est un mot abusif, peut-être ? Dans les médias, disons. Pas chez les Français.
Un dernier mot, parce que vous nous disiez tout à l'heure, Nicolas Dupont-Aignan, qu'il y avait à vos yeux trois parties d'opposition désormais. La France insoumise, le Front National et Debout la France, votre mouvement. Est-ce que vous diriez que ceux qui ont voté pour ces trois mouvements à l'élection présidentielle, c'était les classes populaires ? Est-ce qu'on assiste à un vote de classe
avec les
privilégiés qui auraient voté Macron-Fillon et
les classes populaires qui auraient
voté pour vous ? J'essaye de ne pas être dans la caricature et vous me rendrez grâce d'essayer d'être un homme politique un peu différent des autres. Je ne
vais
pas rentrer là-dedans complètement. Mais ce qui est vrai, c'est qu'on le voit très bien, il y
a
une coupure sociale terrible et qu'il
y a
une France qui souffre, qui va encore plus souffrir et qui en a tout à fait conscience. Je suis sur le terrain dans ma circonscription tous les jours et je vois beaucoup de Français très modestes qui me disent on va déguster encore parce que ce sont les plus riches qui tiennent les manettes. Et ça,
c
'est terrible. Et je le dis à M. Macron et M. Édouard Philippe, je le dis là pour l'intérêt du pays, qu'il prenne garde. Qu'il prenne garde à ne pas appliquer la feuille de route de Bruxelles parce que sinon on va finir avec un pays qui explose à la rentrée et je ne le souhaite pas.
Merci beaucoup. Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France, député maire d'hier dans l'Essonne.
Nicolas Dupont-Aignan