Mots d'accueil par Marina Ferrari, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative
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Chapitres
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Propositif 100 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:22Invité politiqueFait
« Les jeunes ne sont ni en rupture avec la démocratie, ni dans une simple reproduction. »
- 4:06Invité politiqueChiffre
« En 2022, 24 % des 18-29 ans se sont abstenus à tous les tours de scrutin, ce qui est quand même très révélateur, contre 9 % des 60-70 ans. »
- 4:06Invité politiqueChiffre
« 94 % des 18-29 ans considèrent aujourd'hui que la démocratie est un bon système. C'est 12 % de plus qu'il y a 20 ans. »
- 4:50Invité politiqueChiffre
« Début 2025, seul 51 % des jeunes estiment que leur avis compte dans les espaces qu'ils fréquentent, soit un sur deux seulement. »
- 6:55Invité politiquePromesse
« Nous allons déployer une offre d'engagement ciblant les 16 ans. »
Temps de parole
- Marina Ferrari100 %
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Bien, bonjour à chacune et chacun d'entre vous et merci de m'accueillir pour ces rencontre annuelle de l'INGEP. Alors, je préciserai juste je suis ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative. J'ai trois pieds et j'y tiens. Mes deux autres pieds sont très importants. Voilà ce que je voulais vous dire. Alors madame la directrice de l'ingep, ma très chère Aurélie Gouin, mesdames et messieurs les chercheurs et chercheuses, mesdames et messieurs les représentants associatifs et représentants des collectivités territoriales, mesdames messieurs.
Alors, c'est un plaisir pour moi, comme je vous le disais, d'introduire aujourd'hui ces rencontres annuelles de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire qui sont consacré à un sujet qui est absolument central pour notre pour notre démocratie, je vais y arriver, tant il engage notre avenir. et bien évidemment celui de la participation citoyenne des jeunes. En effet, vous le savez, nous traversons une période qui est marquée par des crises multiples. Crise démocratique, crise sociale, crise écologique, crise géopolitique et aussi crise informationnelle.
Dans ce contexte, les jeunes doivent prendre leur place et nous devons collectivement leur donner les leviers pour le faire concrètement. Alors, quel meilleur endroit que le Conseil économique, social et environnemental qui est une véritable maison de la participation citoyenne pour accueillir vos réflexions de ce jour. Ce thème est un véritable enjeu stratégique et je salue le choix qui a été porté par l'ING. Alors, la politique jeunesse que nous portons au ministère que je porte repose, vous le savez, sur une conviction qui est simple. Les jeunes ne sont pas un public à gérer, mais des acteurs à reconnaître, à accompagner et à écouter.
Aussi, je suis heureuse d'accueillir les derniers arrivant que je laisse s'installer. Bienvenue à vous. [raclement de gorge] Savoir improvisé dans la vie. Good. Alors, cela suppose de d'avoir une action publique qui soit lisible, cohérente et construite avec les jeunes. Une politique qui s'inscrit dans des parcours d'engagement, d'émancipation, en mot, des parcours vers l'autonomie. Cette politique, elle repose aussi sur une exigence forte, celle de l'égalité des chances. Car tous les jeunes n'entrent pas dans la vie avec les mêmes ressources, les mêmes soutiens et les mêmes opportunités.
Notre responsabilité est donc d'agir là où les écarts se creusent, dans les territoires ruraux, dans les quartiers prioritaires, dans les outres mères, auprès des jeunes qui dispose du moins d'opportunités. Enfin, cette vision, celle que je porte, repose sur la confiance. La confiance dans les capacités des jeunes à s'engager, à proposer, à interpeller. La confiance dans les acteurs de terrain, les associations, les professionnels de la jeunesse qui sont vous êtes au plus près des réalités. Alors, les travaux de l'ingep sont aujourd'hui des références incontournables dans la mise en place de cette stratégie pour notre jeunesse.
Il nous permettent de comprendre les parcours des jeunes, leurs conditions de vie, leurs forme d'engagement, le rapport à l'information mais aussi leur rapport à nos institutions. Aussi, je veux saluer la rigueur scientifique des travaux qui sont conduits par l'INGEP, mais aussi leur neutralité, ce qui est très important et surtout leur utilité concrète pour l'action publique que nous conduisons. Vous le savez, j'ai également une autre conviction, c'est celle que les travaux portés par l'ingep démontrent avec constance. Les jeunes ne sont ni en rupture avec la démocratie, ni dans une simple reproduction.
Ils ont grandi dans un monde marqué par des crises successives qui ont renforcé les inégalités entre générations. Mais aussi au sein de la même même de la jeunesse, ces inégalités se sont creusées selon le diplôme, le régistre social, le territoire ou le genre. Ces crises ont aussi fragilisé la confiance dans les institutions. Vous le savez, en 2022, 24 % des 18-29 ans se sont abstenus à tous les tours de scrutin, ce qui est quand même très révélateur, contre 9 % des 60 70 ans. Finalement, si j'osais, je dirais que ce sont nos anciens qui décident aujourd'hui pour nos jeunes.
C'est un signal, mais ce signal ne doit pas signifier pour nous un renoncement car dans le même temps, les données sont très claires. Les jeunes continuent d'adhérer massivement aux valeurs démocratiques. 94 % des 18 29 ans considèrent aujourd'hui que la démocratie est un bon système. C'est 12 % de plus qu'il y a 20 ans. Toutefois, j'appelle votre attention.
Vous l'avez peut-être vu en fin septembre 2023, The Guardian avait fait un sondage mondial qui démontrait que si 57 % des répondants âgé de 18 à 35 ans estimaient que la démocratie était préférable à toute autre forme de gouvernement, cela voulait dire que 43 % d'entre eux s'interrogeaient quand même sur le fait que la démocratie soit vraiment préférable à toute autre forme de gouvernement. Donc, on voit que nous nous évoluons dans un environnement international qui aujourd'hui doit appeler absolument à ce que nous répondions aux attentes de la jeunesse.
Mais ce que les jeunes questionnent avant tout, ce sont la cohérence entre le discours et les actes, la capacité réelle de nos institutions à répondre à nos grands défis contemporains et surtout leur place dans la décision politique. Début 2025, seul 51 % des jeunes estiment que leur avis compte dans les espaces qu'ils fréquentent, soit un sur deux seulement. Cela doit nous interpeller. Ce chiffre dit une chose simple. La participation ne peut pas être uniquement formelle. Elle doit être lisible, elle doit être accessible et surtout elle doit avoir des effets concrets. Alors, contrairement à certaines idées reçues, les jeunes ne se détournent donc pas de l'engagement.
Ils ils l'investissent différemment. Et les chiffres sont là. 40 % des jeunes ont signé une pétition dans l'année, 22 % ont participé à une manifestation. Près de 40 % s'engagent dans des activité bénévoles et ils s'engagent d'ailleurs de manière plus ponctuelle, plus horizontale autour de causes qui font écho à leur quotidien et à leur valeur, qu'il s'agisse de justice sociale, d'environnement, de solidarité ou de droits humain. Il faut donc s'appuyer sur cette énergie pour construire un nouveau parcours de l'engagement. Et cet engagement de la jeunesse, c'est bien une force pour notre nation. Une nation de citoyens engagés est en effet une nation sûre d'elle-même et plus forte.
Alors toutefois quand je les rencontre, les jeunes me disent "Ils se sentent parfois perdus au dispositif d'engagement qui existe. Il y a en effet bien des façons de s'engager en rejoignant une association, en rejoignant une réserve, en faisant un service civique. Mon rôle en tant que ministre est donc de les aider, d'aider ces énergies à se concrétiser et accompagner les jeunes pour trouver des dispositifs qui leur correspondent et qui sont disponibles au plus proche de chez eux. Pour avancer sur ce sujet, nous venons de créer une nouvelle sous-direction au sein du ministère, une sous-direction de l'engagement.
Elle accueille 24 agents de l'ancienne direction générale du SNU et grâce à leur travail, des premières mesures concrètes vont pouvoir être mises en œuvre très rapidement. D'abord, nous allons déployer une offre d'engagement ciblant les 16 ans. C'est un âge charnière, vous le savez, c'est à cet âge que se construisent les premières convictions et où il est essentiel de proposer des leviers d'engagement adaptés et lisibles. Nous allons ainsi ouvrir un onglet dédié à cette tranche d'âge sur la plateforme jeveaider.gouv.fr. Dans le cadre du service civique, nous allons expérimenter une nouvelle offre de formation pour sensibiliser les jeunes face au risque majeur auquel nous faisons face.
En effet, aujourd'hui, il y a une forme d'anxiété de notre jeunesse par rapport aux crises successives que j'ai effleuré en propoly et je crois qu'il est important que nous préparions également notre nation à la résilience pour que nos jeunes se sentent mieux et donc nous allons les former, les les alerter sur les risques environnementaux, sanitaires, numériques, mais également militaire. Je pense que quand on connaît mieux son environnement, d'autant quand il est instable, on se sent plus à même d'y faire face. Nous allons mettre également en place une nouvelle plateforme numérique de l'engagement.
Elle permettra de proposer aux jeunes près de chez eux les dispositifs d'engagement qui leur correspondent en fonction des centres d'intérêt qu'ils auront renseignés. Enfin, nous allons mettre en place un copilotage de ce parcours avec mon collègue Édouard Jeffrey qui est ministre de l'éducation nationale. Le but est de sensibiliser les jeunes et de leur proposer des engagements, des projets d'engagement concrets là où ils se trouvent, c'est-à-dire pour une bonne partie de leur temps dans les établissements scolaires. Pour accompagner la participation de la jeunesse, nous devons aussi nous construire des dynamiques entre générations. Et le mentorat a un rôle à jouer.
Alors, vous l'avez lu hein, d'ailleurs, je suis devenue la mentore de d'un jeune qui s'appelle Raï. et qui est accompagné par l'association l'accordé et j'ai écrit à tous mes collègues du gouvernement pour les inciter à accompagner à leur tour un jeune comme je comme mentor. Je crois que nous avons toutes et tous un rôle modèle si j'ose dire à porter. Je souhaite aussi dans la foulée des élections municipales de marche de mars prochain travailler un dispositif permettant d'encourager les élus à devenir à leur tour des mentors. Et ce projet je le travaille en lien avec mon collègue Michel Fournier en charge de la ruralité.
Cela créera, nous l'espérons avec Michel, des vocations parmi les jeunes pour pouvoir à leur tour s'engager en tant qu'élu plus tard sur leur commune. Alors mesdames messieurs, vous le savez, les travaux de l'INGEP mettent en lumière un facteur clé de l'engagement, le sentiment d'être reconnu et d'être écouté. Et quand les jeunes ont ce sentiment, quand ils ont le sentiment que leurs paroles comptent, alors ils s'engagent davantage. Et c'est un message très clair pour nous, responsable public. La participation doit se construire dans la durée par la confiance, par la transparence et par la cohérence de nos actions.
À ce titre, je voudrais rappeler une mesure importante qui a été prise en mars 2025 avec la réforme du conseil d'orientation des politiques de jeunesse. Sa composition a été revue pour renforcer significativement la place des jeunes. Les moins de 30 ans représentent désormais, vous le savez, 50 % des votants contre seulement 20 % auparavant. C'est le signe de notre volonté de mieux associer les jeunes à la construction des politiques publiques qui les concernent. En conclusion, mesdames, messieurs, j'affirme que la participation citoyenne des jeunes est une condition de la vitalité démocratique.
Elle appelle une action collective décloisonnée, fondée sur la recherche, sur l'expertise professionnelle, sur l'expérience de terrain et sur l'écoute réel des jeunes eux-mêmes. Les rencontres de l'INGP incarnent cette ambition, madame la directrice. Elle contribue à construire une action publique plus efficace. Je vous souhaite donc des échanges riches, exigeants et qui seront, je n'en doute pas, absolument utiles et déterminants. Et je vous remercie toutes et tous pour votre engagement au service de la jeunesse et de notre démocratie. Aussi, bon travail à vous et belle journée, belles rencontres annuelles. Je vous remercie.
Marina Ferrari