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interview28 minutes - ARTE· 27 janvier 2026 22 min

Le Canada peut-il être un "phare pour un monde à la dérive"? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Une [musique] assistance debout, une longue ovation. Image rare au forum économique de Davos. Le premier ministre canadien y a fait mouche la semaine dernière en appelant, sans le citer à faire bloc contre Donald Trump.

Les puissances moyennes doivent agir ensemble car si nous ne sommes pas assis à table, nous sommes au menu. Les puissances moyennes ont le choix. Se faire concurrence pour obtenir les faveurs des grands ou s'allier pour construire une troisème voie percutante.

Une déclaration de rupture avec Donald Trump largement commenté par les médias canadiens. Est-ce queil va pas passer sa rage comme un enfant qui a des problèmes dedans qui doit mordre sur quelque chose sur nous ? Mark Cy a fait un pas qui peut l'amener sur une pente très glissante.

C'est un peu un coup de D là qu'il a fait. Un affront pour Donald Trump qui joue les parins et menace le Canada de nouveaux droits de douane. Une reposte accompagnée de photos postées sur le réseau social du président américain généré par Ria.

Elles mettent en scène des dirigeants européens dans le bureau oval devant une carte où le drapeau américain recouvre les États-Unis mais aussi le Canada, le Groenland et le Venezuela. C'est précisément pour contrer cette folie des grandeurs que Marc Harnet prône des alliances pragmatiques et des accords commerciaux à la barbe des États-Unis à l'image de l'accord que l'Inde et l'Union européenne viennent de conclure. À l'heure où l'ordre mondial est en pleine mutation, l'Union européenne et l'Inde se positionnent comme des partenaires stratégiques et fiables.

Alors, faut-il multiplier ce type d'accord ? Les puissances moyennes peuvent-elles s'allier pour contrer les États-Unis, mais aussi la Chine et la Russie ? Le Canada est-il comme la sûre Marc Carnet, un phare dans un monde à la dérive ?

Nos trois invités, Frédéric Arnoude, bonsoir. Vous êtes correspondant en Europe de Radio Canada. Dernier essai, c'est aussi ça l'Amérique, portrait d'un pays polarisé.

Selon vous, Marc Carnet, le premier ministre canadien qu'on vient de voir, donc se positionne courageusement face à un leader brutal. Il peut donner des idées à d'autres pays et tracer la voix en osant faire face à son partenaire principal qui est toujours les États-Unis. À côté de vous Nathalie Joiseau, bonsoir.

Députée européenne, Renw et ancienne ministre des affaires européennes. Selon vous, nous sommes dans un monde où le multilatéralisme est malade et c'est une évidence que les puissances moyennes doivent dialoguer. Il va falloir décider à quoi ressemblera le dialogue alors que le monde est devenu transactionnel.

Et à côté de vous Floriant Louis, bonsoir. Historien des relations internationales. Vous êtes membre de la rédaction, on la revue le Grand Continent.

Votre dernier essai, c'est 1904, jeunèse du 20e siècle. Et vous considérez que le Canada est en train d'essayer de sauver ce qui reste d'une relation transatlantique en immense difficulté, mais vous ajoutez, Marc Harnet est avant tout un pragmatique. Il est prêt à nouer des partenariats avec des pays comme la Chine, voirebres, d'autres pays dont on peut discuter leur relation au droits humain.

On y reviendra. Et on démarre Benjamin avec le penseur du jour. Oui, on remonte loin Tucid, l'historien grec du 5e siècle avant Jésus-Christ, cité à Davos donc par le premier ministre canadien pour fustiger la volonté hégémonique de Donald Trump.

En reprenant ces mots, regardez, les forts agissent selon leur volonté et les faibles en subissent les conséquences. Tu sidide visait alors Athène. Athène qui après avoir protégé la Grèce considérait que toutes les cités grecques lui devaient être allégance.

Voilà pour la référence historique, une citation de carnet qui vise donc sans le citer Donald Trump et Florient Louis. En quoi est-ce qu'une rupture du coup de la part du Canada ? Qu'est-ce que vous entendez dans ces mots vous ?

Bon, de fait, c'est une rupture puisqueévidemment le Canada est un pays euh non seulement proche géographiquement des États-Unis, mais proche stratégiquement et historiquement, même si les relations n'ont pas toujours été apaisées. Il faut rappeler qu'en 1812, les États-Unis avaient tenté euh enfin avaient fait la guerre au Canada pour essayer de de qui était britannique à l'époque de de se l'annexer, qu'ils avaient finalement perdu. Euh donc il y a déjà eu bien sûr des tensions et des fortes tensions, mais depuis globalement de siècles, il y avait plutôt un partenariat main dans la main avec l'idée que il y avait une forme de communauté de de destin et même très largement de civilisation.

Donc de fait, il y a là un divorce qui est au moins aussi important que celui qu'on voit actuellement s'opérer aussi dans l'Atlantique entre les Européens de l'Ouest et et les États-Unis. De mémoire, Frédéric Ard, vous avez jamais vu un tel éloignement entre les deux pays pour vous ? Ah ben non, ben c'est clair.

Je veux dire c'est le point de rupture est là et c'est quand même assez courageux que Marc Harné le fasse parce que c'est ça reste quand même le principal partenaire économique. Il y a il y a plus de 3 millions et demi de barils de pétrole chaque jour qui passent du Canada vers les États-Unis. C'est quand même assez majeur.

Et donc le fait qu'il a été euh assez courageux de verbaliser en fait cette espèce de de rupture et de le vraiment de le dire dans un phrasé très particulier, il faut le faire. Alors évidemment ça, bon, il se prétend un petit peu être un phare dans l'obscurité peut-être, mais je pense qu'il donne des idées peut-être à d'autres pays qui se disent "Bon ben, finalement peut-être qu'on pourrait y aller de façon asymétrique et essayer de naviguer entre ces superpuissances qui nous mangent un peu tout sur le dos alors que là ben il y a il y a peut-être d'autres avenues." Donc je pense ça peut être inspirationnel, on va dire.

Nathalie l'oiseau à propos de ceux qui mangent et ceux qui sont mangés, on se souvient d'une métaphore qu'Emmanuel Macron en 2024 avait emprunté un social-démocrate allemand. Il y a le monde des herbivores et puis il y a le monde des carnivores et on va se faire manger par les carnivores. Nous les herbivores c'est les Européens.

Alors ça a été longtemps les Européens mais ce qui s'est passé à Davao, c'est le l'excellent discours de de Marc Carnet. Euh excellent, je l'ai relu plusieurs fois, je l'ai fait lire à plein de gens. Euh mais c'est un discours.

Euh et je me méfie de notre passion française pour les discours. Vous souvenez Dominique de Villepin à la tribune de l'ONU euh attient déjà contre les États-Unis. Euh on adore ça.

Euh l'Union européenne c'est pas un discours, c'est un truc euh souvent trop long, souvent un peu ennuyeux, mais qui la semaine dernière à Davos euh a compris que on avait changé d'époque, pas de notre fête, hm pas du fait du Canada non plus, du fait du voisin d'en face du fait du voisin d'en face qui déteste tout le monde et n'aime les gens que bien cuit comme un carnivore. À partir de là, l'Union européenne a su sur un ton kelen, c'estàd un peu moyen, toujours avec cette tonalité un peu gris. C'est pour ça qu'il a mis les motcarn, il a peut-être un petit peu mis de carburant européenne a pas fait autre chose.

C'est-à-dire que nous, modeste parlementaires européens avons dit bah le le l'accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis qu'on devait ratifier. Bah bah non, on va attendre, on va attendre qu'il arrête de faire n'importe quoi avec le Groenland. On a parlé de cet instrument anticoercition qui avait été plutôt créé contre la Chine.

Mais après tout, quand on regardait ce que c'était que la définition d'une coercition, bah Donald Trump correspondait parfaitement à la définition. On a dit ben, on pourrait pourrait s'en servir. Et qu'est-ce qui s'est passé ?

C'est qu'en fait le carnivore ultime avec Poutine, Donald Trump s'est dégonflé. Vous connaissez l'acronyme Taco Trump Chickens Out. Trump se dégonfle toujours.

Bah, il a reculé. Il a reculé parce qu'il y a eu les mots de de de Mar ce ceux d'Emmanuel Macron aussi il faut reconnaître. Il y avait pas que une paire de lunettes, il y avait des mots derrière.

Euh et puis il y a eu l'action un peu moins spectaculaire mais assez déterminée d'Européens qui ont compris que l'époque avait changé. C'est pas juste Titan Vender, c'était c'était pas juste quoi ? Titan vender l'expression qui avait été utilisée parall c'est de l'allemand c'était nous avait dit ah c'est un changement d'époque il avait dit puis il avait rien fait alors on va y revenir mais puisqu'on évoque un discours et un impact et presque un discours historique regardez notre archive certain compare déjà le discours qui a eu lieu donc au forum économique mondial de Davos de McCarnet à celui de Winston Churchill qui avait évoqué le rideau de fer et l'influence soviétique c'était au lendemain de la seconde guerre mondiale en est en Baltic hands descended across the continent behind that line by all the capitals of the ancient states of central and easy.

Florient Louis cette fois carnet lui il vise l'emprise des États-Unis ou la volonté d'emprise des États-Unis sur l'Occident et en particulier l'Europe. C'est un en écho à cela. Oui, je ne sais pas si si en Écosela et seul l'avenir pourra dire si son discours aura une telle ampleur.

Euh ce qui est sûr en tout cas, c'est que il pointe un divorce qui est qui est en cours et il essaie de proposer une alternative. C'est ça qui est intéressant parce que il se contente pas de tirer la sonnette d'alarme en disant les choses vont mal. il dit "OK, les choses vont mal, mais il y a des solutions.

Il y a des solutions pour des pays comme nous, le Canada, qu'il qualifie de puissance moyenne et pour les puissances moyenne de manière générale sans forcément qu'il précise qui met derrière cette étiquette." Et je pense que ça c'est important pour nous dans la discussion qu'on a aujourd'hui parce que je pense qu'un des pièges dans un discours pour nous européens ce serait de se laisser entendre que nous en tant qu'européens serions une puissance moyenne. Je pense qu'effectivement la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni pris isolément sont des puissances moyennes. voulais dire qu'à 27 mais l'Union européenne elle a tous les moyens d'être une grande puissance et elle est même par beaucoup d'aspects une bien plus grande puissance que la Russie qu'on place dans cette espèce de dichotomie qui a suivi le discours de carnet dans le le le rang des grandes puissances.

Donc il faut euh à la fois écouter avec intérêt ce qu'il propose, mais faire attention, c'est un canadien qui parle qui parle en canadien avec les problèmes qui sont ceux du Canada, notamment une proximité géographique avec euh les États-Unis. Nous européens, nous avons sans doute intérêt à saisir la balle au bon, saisir la main qu'il nous tend, mais en faisant attention bien sûr au fait que le diagnostic qu'il dresse n'est pas exactement celui qui qui nous touche. Mais en même temps, ça a suffi pour piquer au vif Frédéric Arnou de Donald Trump.

Il a réagi aussitôt menaçant à nouveau d'imposer des droits de douanes de 100 % au Canada. Oui. Et parce que bon soit-disant c'est parce qu'il trouvait que bon le Carnet avait annoncé un accord avec la Chine sur certains certaines choses quand même assez assez limité en fait.

On parle ici des voitures électriques de des barrières tarifères en moins sur le canola canadien et là il prenait ce prétexte là pour dire ben là si jamais il signe ça bon mais là ça n'ira pas. Je pense que c'était plus impulsible de la part de Trump parce que dans le fond le discours justement de Carnet a eu quand même un impact assez fort. Alors que son espèce de de de truc très décousu de Trump là pendant 1 heure et demant des gens médusés à Davos, je pense ça n'a pas du tout porté.

Je pense que là il y a une certaine jalousie évidemment il y a un esprit toujours très revanchard Donald Trump. Donc c'est c'est un peu ça. Alors c'est sûr qu'il voit que ce qui se passe ben il n'aime pas.

C'est sûr que monsieur Carne a dit, "Vous savez, bon faire à faire avec la Chine, c'est pas l'idéal, mais dans le monde dans lequel on vit, euh on n pas le choix. Il faut faire des choses comme ça. C'est pas le monde tel qu'on le souhaite mais c'est la réalité actuelle qui peut être brutale." Oui, mais en même temps, il a mis des mots Macarné, c'est-à-dire sur les la main tendue à d'autres puissances.

Vous disiez l'Europe est là, l'Europe a déjà fait beaucoup de choses, le Parlement a pris beaucoup d'initiative, mais tout de même voilà, il trace un chemin que peut-être on avait pas entendu jusque-l non ? Euh bah ce qui est certain c'est que la Van elle ne rate pas une occasion de rater une occasion. Euh ça devrait être j'allais dire l'impératrice d'Europe en ce moment elle devrait dire c'est bien pour ça que le projet européen existe.

C'est bien pour euh ces ces ces ces mauvais jours, ce mauvais temps. On ne l'entend pas parce qu'elle a un logiciel atlantiste qu'elle a pas complètement remis à jour manifestement. Alors, elle est partie en Inde euh et conclure euh un accord commercial et elle a raison.

Et je me dépêche de dire qu'elle a raison parce que dans notre bien-aimé pays, euh on déteste le libre échange, on déteste les accords de commerce par un espèce de réflexe pavlovien qui est qui étonne à peu près la planète entière. Par exemple, l'accord que l'Union européenne avait signé avec le Canada, le CTA, on avait entendu des horreurs. Ça devait être la fin du monde ce CTA.

En réalité, non seulement ça se passe bien, mais il est très bénéfique à l'Union européenne, pardon de le dire, mais plus qu'au Canada. La portée est assez marginale pour nous. Euh voilà, on va dire ça polement.

C'est très joli. [rires] Je je je regarderai la formule de la diplomatie là autour de la table. Passer un accord avec l'Inde et en plus un accord moderne, un accord intelligent.

Heureusement qu'elle le fait. On n'a pas entendu soit la Vlayan. Il y a un autre silence euh à Davos que que je je retiens, c'est le silence britannique.

Parce qu'ici s'il y a un pays qui aujourd'hui se mort les doigts comme jamais d'être sorti de l'Union européenne d'avoir Brexité c'est les britanniques, c'était déjà une mauvaise idée. Mais alors par gros temps est une catastrophe. On va en reparler mais on va se concentrer puisque vous nous tendez ceci sur l'accord signé entre l'Union européenne et l'Inde.

Ben, ils l'ont signé aujourd'hui même. Oui. Ça faisait 20 ans que l'Inde et l'Union européenne essayaient d'accorder commercialement leur violon.

Et bien, ces choses faites. Ursula VERleyen dont vous parliez la même qualifiée d'accord des accords. Une zone donc de libre échange qui pèse 2 milliards de personnes et qui représente tout de même un/4 du PIB mondial.

Mais cet accord, c'est avant tout la baisse drastique des droits de douane de part et d'autres des deux zones. Alors même que l'Inde est plutôt connue pour être l'un des marchés les plus fermés au monde. Alors du côté de l'Union européenne, les droits de douanes sur les voitures vont passer de 110 à 10 %.

Ceux sur les vins espiritueux de 150 à 20 % et ceux sur les pâtes et le chocolat vont totalement être supprimés. Les taxes cette fois sur l'aéronautique, les machines outils, les médicaments devraient elles aussi diminuer. Seuls les produits agricoles et laitiers ont volontairement été exclus de cet accord par les deux parties.

Mais donc au total, l'Union européenne devrait économiser chaque année 4 milliards d'euros de taxes et montrer donc au reste du monde qu'elle reste un pôle attractif. Quant à l'Inde, elle va elle aussi bénéficier d'exonération de taxes par l'Union européenne, notamment sur les pierres précieuses, le cuir et le textile Florian Louis. Est-ce que ce nouveau type d'alliance, ça peut euh au même titre que le mercur rebattre les cartes de l'ordre commercial mondial ?

Si on se place simplement effectivement du point de vue du commerce, oui, de fait ça rebat les cartes. Après, j'irai pas justement jusqu'à parler d'alliance. Je pense qu'il faut pas tout mélanger.

Ce que ma ce que monsieur Carnet a dénoncé hein, c'était quand même une hostilité, voir des menaces d'invasion territoriale, d'annexion territoriale du Groenland, voire du Canada par les États-Unis. Là, ce dont on parle, c'est un accord commercial limité pour faire du libre échange. On n'est pas dans le même registre.

Il y a aussi un accord de défense et de sécurité derrière. Voilà, cet aspect là est en revanche plus intéressant mais encore on n'est pas dans une alliance. C'estd que si demain il y a une guerre entre le Canada et les États-Unis ou entre la France, enfin l'Union européenne et les États-Unis, je doute que l'Inde devienne apporter quelquel militaire que ce soit et d'ailleurs vice-versa.

Donc, il faut aussi voir que quand on sort du domaine, évidemment l'Union européenne, elle est très forte et c'est très bien pour faire du commerce, pour faire du libre échange, faire de l'économie. Mais là où nous sommes justement faibles, là nous avons un déficit de puissance. C'est dans le hard power, c'est dans la capacité à nouer des alliances militaires, à être crédible sur ce plan-là.

Donc il faudrait pas se penser qu'on peut se contenter d'accords commerciaux pour contrebalancer la déliquaisscence de l'OTAN qui est pas un accord commercial mais un accord de sécurité. Et on pourrait même, c'est pas forcément mon avis mais certains le disent et donc je pense c'est intéressant de le souligner dire que ce qu'on voit là c'est aussi peut-être on pourrait craindre que finalement les Européens aussi une guerre de retard. C'est-à-dire qu'on voit un monde emmené par Trump notamment qui est en train de rompre avec le libre échange et une Europe qui resterait finalement dans le monde d'avant à continuer sur cette voie-là qui serait dis certain peut-être celle d'hier et et pas celle de demain.

Mais en même temps, c'est vrai qu'on on se dit qu'on pourrait explorer quand même ses puissances. Quand on voit l'alliance qu'elle représente ces puissances moyen c'est 51,8 % de la population mondiale et 46 % du PIB. quand on voit ces chiffres loison bah c'est une évidence ben il faut y aller.

Oui. Alors voilà et euh là pour le coup je vais me référer au discours de Marc Carnet puisque il il met en garde contre la tentation de dresser des murs, des murs contre l'immigration de de de Trump mais des murs aussi commerciaux. La tentation qui est celle des nationalistes en Europe de dire bah finalement le protectionnisme c'est formidable.

Le protectionnisme c'est de l'inflation et de la pauvreté. Donc passer des accords de commerce, c'est passer de mode au motif que Trump n'a que le mot tarifs à la bouche. C'est intelligent de le faire.

Et on voit bien que s'il veut demain remettre s'il reparle de 100 % de droit de douane sur les vins et les spiritueux parce que Emmanuel Macron leur a à nouveau contrarié, on ouvre d'autres marchés avec l'Inde sur le l'aspect partenariat de sécurité et de défense parce que ça a été conclu en même temps aujourd'hui par Kayakalas à New Delhi. Alors l'Inde va pas devenir un allié de l'Europe, vous avez raison. Tout simplement parce que l'Inde a toujours été non aligné. euh n'a jamais voulu être dans une alliance et a toujours été proche de la Russie.

C'est un paris intelligent que fait l'Union européenne de dire bah la Russie vous avez payé pour voir que par exemple vous recevez beaucoup moins d'équipements militaires de Russie parce qu'ils sont occupés ailleurs et d'ailleurs la France exporte beaucoup plus vers l'Inde de matériel militaire. Aujourd'hui même dans l'océan Indien, on a une opération navale de l'Union européenne qui lutte contre la piraterie et les trafics. Il y a des bateaux européens et il y a des bateaux indiens.

Alors oui alors c'est vous vous pointez du doigt un point important, c'est celui de la sécurité. Écouter Marc Rut le secrétaire général de l'OTAN est proche de Donald Trump et il ne le cache pas qui a calmé les véléités de souveraineté des Européens avec des mots très fermes. Écoutez on dream you we need other interest as much as Canada and European all frère voilà un obstacle de taille à ce que propose macarné quand même tout de même la dépendance militaire économique enfin bon c'est pas rien tout de même.

Mais non, c'est sûr que si jamais demain Donald Trump voulait envahir le Canada, je pense pas que ça durerait très très longtemps. On a quelques missiles à droite et à gauche, mais pas grand-chose. Donc c'est sûr qu'on est on est très dépendant.

Mais je pense que dans le fond, tout ce brouis de Trump, ces délires un peu impérialistes font que il y a quand même une prise de conscience importante, c'est queon commence à se réarmer non seulement Union européenne, mais au Canada aussi. Je veux dire, on commence finalement à se rendre compte, bon ben là, on pourra peut-être plus vraiment compter sur lui. C'est sûr que c'est encore une fois très marginal, c'est très négligeable parce que je veux dire on on est un un nain politique et un na aussi au niveau militaire.

Mais c'est pour ça que c'est très compliqué de d'essayer de jouer c'est un espèce de jeu d'équilibriste avec Trump. En même temps, Trump ne sera n'est pas éternel non plus. Oui, mais en même temps, FL, pardon, mais toutes ces puissances moyennes ne nous ont pas attendu pour se coaliser ou pour exister.

Enfin, quel est l'intérêt de la Turquie des briques, c'est-à-dire le Brésil, l'Indre, de tout d'un coup être dans un une sorte de de grand raout mondial contre les États-Unis. Enfin bon, ils ont déjà leur vie, leur propre vie, leurs propres alliances. Oui.

Puis comme je disais tout à l'heure, les Européens n'ont pas attendu Marc Carnet pour s'allier, pour faire une alliance de puissance moyenne qui s'appelle l'Union européenne. La Turquie que vous citizez, c'est un cas un peu à part puisqu'elle est dans l'OTAN. Et quant à Marc Route, il joue son rôle malgré tout.

Je n'approuve pas ce qu'il dit, mais enfin, il est secrétaire général de l'OTAN. Il est un peu normal qu'il essaie de sauver ce qu'il peut l'être de de la relation translantique. Non, vous trouvez qu'il a dépassé du Moi, j'étais dans la salle, il répondait à ma question.

Euh, il s'est totalement planté. C'est c'est plus le chef de l'OTAN qu'on voit là, c'est le le l'équipier du mois chez McDonald. Euh c'est c'est il s'est humidié lui-même.

Il a et il a même pas été dans le sens de Trump. Trump dit aux Européens, "Prenez-vous en main pour votre sécurité." Et le la phrase de Rutteux, c'est "Vous y arriverez jamais." Ouai.

H non, ça c'est c'était une énorme erreur qu'il a commise et qui adressait beaucoup de gens contre l'OTAN. Alors que si l'amitié transatlantique est au plus mal, l'OTAN en tant que structure, on en a besoin parce qu'on va pas la réinventer demain. Frédéric car, nous tout à l'heure, on parlait de dépendance militaire mais nous en Europe, on a aussi cette dépendance numérique, c'est-à-dire qu'on utilise des systèmes de visoconférence comme Teams et Zoom.

Et hier justement, il y a eu un sommet, le gouvernement français qui a organisé les rencontres de la souveraineté numérique pour proposer un outil européen. Est-ce que ça déjà c'est une forme de souveraineté nouvelle du point de vue de l'Europe ? Oui, mais encore une fois, je veux dire, on est tellement dépendant de toutes ces plateformes américaines, que ce soit les Microsoft, les ST office, ce soit les les Teams, ce soit les les moyens de paiement, non vis et Donald Trump pourrait toujours dire bon puisque c'est comme ça, on va bloquer tout ce système Visa Mastercard, c'est terminé.

Alors oui, ce sont des bonnes idées mais c'est vraiment sur le long terme et encore là c'est compliqué de faire changer les habitudes des gens qui dans le fond ont des facilités très claires avec ce qu'ils ont déjà comme outil. Ione donc un iPhone et tout le reste. Donc c'est sûr que pour eux ça va être difficile de changer.

C'est un début. Est-ce que ça va aboutir à quelque chose vraiment de redistribuer les cartes ? Permettez-moi dans pardon en tant que parlementaire urbaine.

Comment ça se fait qu'on a pas trouvé d'alternative justement à Visa, Mastercard ? On a entendu Raphaël Gluxman et la Luc dire mais si du jour en demain on peut couper l'États peuvent couper nos moyens de paiement et on serait complètement démuni. Mais que a fait l'Europe jusque là pour l'empêcher ?

Ça fait 20 ans qu'on parle de quelque chose donc un nom ennuyeux comme d'habitude parce que c'est l'Europe l'Union des marchés de capitaux. Ça veut dire que aujourd'hui on a 27 marchés pour lever de l'épargne pour investir. Quand vous voulez monter, mettons, une grande plateforme européenne ou un système de paiement européen, et ben vous avez pas de quoi lever les fonds suffisants.

Surtout qu'en face de vous, vous avez les États-Unis et puis vous avez la Chine. Parce que regardez, vous dites "On peut pas apporter quelque chose de nouveau quand il y a déjà des acteurs américains. Vous croyez que c'est ce que les Chinois sont dit quand ils ont créé TikTok ?

Il y avait déjà tout ce qu'il fallait et puis quelque chose de plus qui a marché. On reste sur cette conclusion à la fois ironique et qui nous fait un peu réfléchir, qui donne du grain à moudre.

Le Canada peut-il être un "phare pour un monde à la dérive"? | 28 minutes | ARTE — Nathalie Loiseau · Pourquijevote