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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 8 mars 2022 24 min

Gabriel Attal : "Notre stratégie, c'est de faire monter le coût de la guerre pour Vladimir Poutine"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Nous recevons ce matin dans le grand entretien le porte-parole du gouvernement. Questions et réactions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Et merci d'être à notre micro aujourd'hui sur le conflit en Ukraine. Emmanuel Macron disait il y a quelques jours que le pire est à venir.

0:21
Auditeur

Le pire, ça veut dire quoi exactement ?

0:25
Gabriel Attal

Ça veut dire que Vladimir Poutine, à chaque fois qu'il en a l'occasion, fait état de sa détermination absolue à aller au bout de ses objectifs. Ça veut dire qu'on a aujourd'hui des grandes villes qui sont quasi encerclées, qu'on a des scènes dans certaines villes, je pense notamment à Kharkiv, qui sont des scènes de déflagration absolue. Et ça veut dire oui qu'il faut s'attendre au pire dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, dans les combats.

0:50
Présentateur

Que la violence monte encore ?

0:52
Gabriel Attal

Oui, parce qu'on le voit bien, il y a une détermination absolue de Vladimir Poutine. Aussi parce que les Ukrainiens résistent, ils résistent courageusement et ils résistent fortement. Et donc évidemment c'est une situation qu'on suit de très près et à laquelle on continue à participer en soutenant l'Ukraine avec une aide humanitaire, avec une aide militaire. Et en faisant monter toujours le plus possible la pression sur la Russie, notamment via les sanctions financières qui ont été décidées et qui vont pouvoir être renforcées.

1:21
Invité

Mais pensez-vous qu'on peut encore obtenir un cessez-le-feu ou qu'il faut se préparer à une guerre longue ?

1:26
Gabriel Attal

Si on se mobilise, c'est précisément parce qu'on veut obtenir un cessez-le-feu. Et notre stratégie, c'est de faire monter le coût de la guerre pour Vladimir Poutine. Pour qu'à un moment, ce coût de la guerre soit tel, qu'il ne puisse plus la financer et qu'il soit obligé de revoir ses calculs. On a pris des sanctions massives, historiques, inédites, y compris dans leur rapidité. Et on commence à en voir les effets en Russie. Le rouble a chuté de quasi 45%. La bourse de Moscou est fermée depuis maintenant quasiment une semaine. On voit que le numéro 2 gazier en Russie, son conseil d'administration, a appelé à la fin du conflit.

Que des oligarques commencent aussi à se tourner vers Vladimir Poutine en lui disant « Est-ce que finalement, ça vaut le coup ? » Que vous avez dans l'église orthodoxe, qui est très proche du pouvoir russe, aussi des prises de position extrêmement importantes. Mais est-ce suffisant, à votre avis, à l'heure où nous parlons ? Écoutez, il faut tenir. Il faut continuer à faire monter les sanctions. Là, on le peut. Et c'est pour ça que le président de la République a échangé encore hier avec des chefs d'État et de gouvernement. Notamment le président Biden, le premier ministre Johnson, le chancelier Scholz.

C'est pour ça qu'il y aura aussi un échange dans le cadre du sommet de Versailles qui aura lieu cette semaine avec les partenaires européens. Pour voir où est-ce qu'on peut encore faire monter les sanctions. Mais ces sanctions, elles sont massives. Elles commencent à produire des effets. Et le temps qu'elles produisent pleinement leurs effets, on soutient la résistance ukrainienne avec du matériel de défense et avec une aide humanitaire.

2:42
Présentateur

Justement, la Russie promet d'ouvrir des couloirs humanitaires. Y croyez-vous, Gabriel Attal, alors qu'Emmanuel Macron dénonçait hier le cynisme de Vladimir Poutine, qui voulait ouvrir des couloirs humanitaires, mais pour emmener les Ukrainiens en Russie, ce que les Ukrainiens, évidemment, ne veulent pas ?

2:58
Gabriel Attal

Bien sûr. Nous, on demande un cessez-le-feu. Et à défaut, une trêve humanitaire ou un accès sans entrave à l'aide humanitaire, en respect du droit international et du droit humanitaire. C'est ça qu'on demande. Donc, des pseudo-couloirs humanitaires qui consistent à dire à des civils bombardés par la Russie, « Venez, il y a un couloir, allez en Russie », ça n'a aucun sens. Et le président de la République l'a dit hier, c'est d'un cynisme absolu.

3:21
Présentateur

Mais le couloir humanitaire au sens strict, celui que vous venez de décrire, est-ce qu'il est à portée de main ? Est-ce qu'il est sur la table ?

3:26
Gabriel Attal

Nous, ce qu'on demande, encore une fois, c'est un accès sans entrave et des trêves humanitaires. Il faut faire attention aux termes. On a vu dans des précédents conflits ce que signifiait parfois couloir humanitaire pour la Russie, c'est-à-dire un chemin contrôlé par les forces russes qui peuvent l'interrompre à tout moment, qui peuvent s'en prendre à des convois. Voilà. Et donc nous, ce qu'on demande, je le redis, c'est un cessez-le-feu, et à défaut, trêve humanitaire ou un accès sans entrave à l'aide humanitaire.

3:49
Invité

Cibler les civils est la plus grave violation du droit international, et ça arrive en ce moment en Ukraine. C'est ce que dit le haut commissaire aux réfugiés qu'on avait à 7h50 tout à l'heure au téléphone. Le procureur de la Cour pénale internationale a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête sur la situation en Ukraine. Où seraient perpétrées des crimes de guerre ? Est-ce que vous avez des informations sur ces remontées ? Est-ce que vous avez des remontées sur le fait que des civils peuvent être visés par les forces russes, donc ce qui s'appelle un crime de guerre ?

4:20
Gabriel Attal

Je vois les mêmes images que vous, et j'entends les mêmes témoignages que vous, avec effectivement des civils qui sont victimes, avec des entreprises, des hôpitaux, des écoles, qui sont ciblés par des bombardements, et des civils qui sont tués. Donc vous l'avez dit, la Cour pénale internationale a ouvert une enquête et va avancer sur ce sujet-là.

4:39
Présentateur

Emmanuel Macron reçoit aujourd'hui le secrétaire d'État américain, Anthony Blinken, qui a annoncé que les États-Unis étaient prêts à livrer des avions de chasse aux Polonais, afin que ceux-ci puissent mettre leur MiG-29 à disposition des pilotes ukrainiens. Est-on sur la même ligne que les Américains sur les livraisons d'avions à l'Ukraine ? Et n'y a-t-il pas un risque d'escalade, là ?

4:59
Gabriel Attal

Notre ligne, et je suis parfaitement conscient que c'est un équilibre, une ligne qui est ténue, c'est de dire qu'on est aux côtés des Ukrainiens, qu'on les accompagne avec des équipements militaires, des équipements de défense, et qu'on ne veut pas être co-béligérant dans ce conflit. Parce que notre objectif, vous l'avez entendu, c'est que ce conflit s'arrête. Ce n'est pas de l'étendre à de nouveaux pays. Ce n'est pas qu'il y ait davantage de bombardements, davantage de victimes, dans davantage de pays qu'aujourd'hui.

5:25
Invité

Mais envoyer des avions, ça nous met forcément dans une situation de co-béligérant, je ne crois pas, non ?

5:30
Gabriel Attal

Écoutez, on a toujours dit qu'on était prêts à livrer, qu'on livrait, on le fait d'ailleurs, du matériel défensif aux Ukrainiens pour leur permettre de tenir. Et encore une fois, je suis parfaitement conscient que cette ligne, elle est très difficile. Mais je pense que notre responsabilité, c'est qu'il n'y ait pas d'extension de ce conflit. Parce que ce qu'on veut, ce n'est pas qu'il y ait plus de bombardements, plus de victimes, c'est qu'il y en ait moins.

5:49
Auditeur

Et les avions, c'est une ligne ?

5:51
Gabriel Attal

Ça, on l'a toujours dit, évidemment.

5:53
Invité

Le président Zelensky demande de nouvelles sanctions contre la Russie, et notamment le boycott du pétrole et du gaz russe. Vous le savez, le ministre ukrainien des Affaires étrangères disait hier que le pétrole et le gaz russe ont l'odeur du sang des Ukrainiens. L'ancien président de la République, François Hollande, hier, dans une tribune au Monde, écrit « Peut-on encore moralement et politiquement acheter du gaz venant de Russie quand l'armée de Vladimir Poutine écrase l'Ukraine, assiège Kiev, bombarde des villes entières et inflige un supplice effroyable à la population civile ? Que lui répondez-vous ? Peut-on encore moralement et politiquement acheter du gaz russe ? »

6:23
Gabriel Attal

D'abord, on doit prendre le plus de sanctions possibles, encore une fois, pour mettre la plus grande pression possible sur les autorités russes et renchérir le plus possible le coût de cette guerre pour les russes. Et je le redis, les sanctions qu'on a prises, elles sont massives et inédites. On a gelé les avoirs de la banque centrale russe. On a retiré du système monétaire international des grandes banques russes.

6:43
Invité

C'est vrai, mais la banque russe où on paye le gaz russe, elle, vous ne l'avez pas retiré du système monétaire international ?

6:50
Gabriel Attal

Je vous ai dit il y a un instant qu'il y avait un travail pour accroître les sanctions, pour continuer à faire monter les sanctions.

6:55
Invité

Donc c'est sur la table, Gabriel Attal ?

6:57
Gabriel Attal

Par définition, tout est sur la table. On continue à discuter avec les partenaires européens. Qu'il faille, pour un certain nombre de partenaires européens, qui sont beaucoup plus dépendants que nous du gaz russe, quelques jours, pour un, mesurer l'impact qu'aurait de telles décisions, donc pour eux, c'est normal. Pour deux, que nous regardions comment est-ce qu'on peut trouver une alternative, c'est par définition beaucoup plus facile.

7:16
Invité

L'Allemagne dit encore hier que c'était absolument exclu, qu'on ne peut pas se passer du gaz russe. Les Allemands ne peuvent pas.

7:23
Gabriel Attal

C'est beaucoup plus facile pour nous en France de dire qu'on peut se passer du gaz russe alors qu'on dépend à 20% du gaz russe que pour des pays, vous avez cité l'Allemagne où c'est 55%, la Finlande c'est 100%, pour les pays de l'Est c'est 100%, ça veut dire qu'en plein hiver, en l'état actuel, il ne pourrait plus se chauffer. Donc, qu'il y ait un travail, des discussions, un débat sur ce sujet-là, c'est évidemment normal et légitime.

Moi, ce que je veux dire, c'est qu'il y a quelques semaines, on estimait que les mesures qui ont été prises de gel des actifs de la Banque centrale russe, de retrait du système monétaire, de grandes banques russes, de SWIFT, ont nous expliqué que c'était impossible à obtenir. On a tous, en Europe, à 27, une histoire des rapports des intérêts différents avec la Russie. Et pourtant, on a été capable de s'accorder en quelques heures sur un train de sanctions inédit qu'on n'avait jamais vu dans un tel conflit. Donc, qu'on continue à discuter, et il y aura un sommet important en fin de semaine à Versailles.

8:10
Présentateur

Mais donc, c'est possible d'avancer sur le gaz et le pétrole ?

8:12
Gabriel Attal

C'est ce que je vous dis, et ce qu'on a toujours dit... Et sur un boycott éventuel ? Non, mais ce qu'on a toujours dit, c'est qu'on regardait comment accroître les sanctions. Je ne suis pas là pour vous dire quelles sont nos pistes, ne serait-ce que parce que si on veut que des sanctions soient efficaces, il ne faut plutôt pas en parler avant qu'elles soient prononcées, pour ne pas permettre aux personnes qui sont concernées, aux pays qui sont concernés, de pouvoir s'organiser. Ce sera discuté à Versailles, jeudi et vendredi. Tout est discuté par les chefs d'État et de gouvernement.

Il y a eu, encore une fois, un entretien hier entre le président Macron, le président Biden, le Premier ministre Johnson et le chancelier Scholz. Il y a un sommet avec les partenaires européens qui se tient à Versailles cette semaine. Tout est discuté.

8:45
Présentateur

Sur la question de l'énergie et des sanctions, toujours, Yannick Jadot accuse Total de complicité avec Poutine. Je cite ses propos, « Si j'étais à la place d'Emmanuel Macron, j'imposerais à Total la fin de sa complicité, donc avec Vladimir Poutine, et ce qui se passe en Ukraine, j'imposerais à Total de quitter la Russie. » Total Energy, je le rappelle, réalise en Russie 3 à 5% de ses revenus totaux et a affirmé qu'il n'apporterait plus de capital à de nouveaux projets dans le pays. Et Total n'évoque pas son retrait ou la suspension de son activité dans le pays. Qu'en pensez-vous de ces propos de Yannick Jadot ?

9:21
Gabriel Attal

« Nous, ce qu'on demande aux entreprises françaises, c'est d'appliquer les sanctions qui sont décidées. » Et les entreprises françaises ont toutes dit, le président de la République, avec Bruno Le Maire, les a reçues en fin de semaine dernière, qu'elles appliqueraient les sanctions. Ensuite, Total a dit, effectivement, qu'il n'y aurait pas de nouveaux investissements en Russie en raison de ce conflit. Après, encore une fois, Total, c'est une entreprise privée. Vous pouvez avoir des échanges avec les responsables de Total. Je vous ai dit tout à l'heure qu'il n'était pas exclu qu'on augmente les sanctions.

Si on devait augmenter les sanctions, par définition, alors même que les entreprises ont dit qu'elles les appliquaient, elles les appliqueront.

9:55
Invité

Les prix de l'énergie, déjà en hausse avant la guerre en Ukraine, explosent. Les prix du gaz atteignent hier un nouveau record historique sur le marché européen. Le baril de pétrole s'est changé à 130 dollars hier. C'est colossal. Est-ce que la facture de chauffage des Français va augmenter le mois prochain et celui d'après ?

10:14
Gabriel Attal

Vous savez que ça fait un peu plus de six mois que le prix de l'énergie augmente. Ce n'était pas au départ lié à ce conflit. C'était lié à une demande mondiale qui avait explosé après la crise économique liée au Covid. Et ce qu'on a montré depuis six mois, c'est qu'on était le pays d'Europe qui prenait le plus de mesures précisément pour limiter l'impact sur les ménages de ces augmentations de l'énergie. Je vous donne un exemple. Le prix du gaz devait augmenter de 30 à 40 % à la fin de l'année 2021. On l'a gelé. Il n'y a pas eu cette augmentation. Mais demain, dans un mois, dans deux mois ? C'est important quand même que je le dise. Je termine sur ce point.

Le prix de l'électricité, si on n'avait pas pris notre mesure pour limiter à 4 % l'augmentation du prix de l'électricité, chaque ménage français aurait reçu en moyenne au mois de février une facture avec une augmentation de 300 à 400 euros en moyenne. On a limité à 4 %, là où chez certains de nos voisins, ça a augmenté de 40, 50, 60, 70 %.

11:05
Invité

Vous avez raison, Gabriel Attal, mais là, il y a une nouvelle donne avec la guerre en Ukraine, avec des prix qui augmentent encore plus et encore plus. Qu'est-ce qui va se passer pour la facture des Français le mois prochain ou celui d'après ?

11:14
Gabriel Attal

Évidemment, on va continuer à protéger les Français pour leur facture, pour leur facture d'électricité, pour leur facture de gaz. C'est précisément ce sur quoi on est en train de travailler. Ça va être des annonces dans les prochains jours. Le Premier ministre, aujourd'hui, reçoit les principaux secteurs d'activité concernés, les partenaires sociaux. Il va y avoir aussi des échanges au niveau européen, notamment pour le soutien qu'on peut apporter aux entreprises. Parce que vous savez qu'il y a des entreprises qui sont extrêmement concernées par cette augmentation de l'énergie aussi.

Quand on parle de doublement, de triplement, de quadruplement du prix du gaz, ça veut dire que quand vous êtes une entreprise qui a une tour de séchage pour le lait, quand vous avez un élevage de volaille qui doit être chauffé, quand vous avez des fours aluminium, évidemment, vous êtes très concernés par l'augmentation des coûts de l'énergie. Donc on veut accompagner les entreprises, continuer à accompagner les ménages, et évidemment réfléchir aussi à notre résilience sur le plus long terme face à un conflit qui peut durer.

12:06
Présentateur

Il y a l'électricité, le gaz. Michel-Edouard Leclerc indiquait hier qu'on allait franchir la barre mythique, dit-il, des 2 euros à la pompe. On y arrive cette semaine à Paris, dit-il. Et il alerte aussi sur les tensions, sur les prises agricoles. L'inflation va être forte à l'été prochain. Que proposez-vous pour le pouvoir d'achat des Français sur ces deux aspects-là ? Essence, prix à la pompe et prix alimentaire.

12:34
Gabriel Attal

On a, s'agissant de l'augmentation du prix à la pompe, là aussi, qui dure depuis... Qui a démarré avant le conflit. Depuis plusieurs mois. On a pris déjà une mesure qui s'est appliquée. C'est que 38 millions de Français ont reçu une indemnité inflation de 100 euros parce qu'ils gagnent moins de 2 000 euros par mois. On a par ailleurs annoncé il y a quelques semaines qu'on allait relever le barème de l'indemnité kilométrique pour les Français qui sont les plus gros rouleurs et surtout qui roulent dans le cadre de leur activité professionnelle. Une infirmière libérale qui fait ses tournées, elle a besoin de sa voiture, elle l'utilise toute la journée.

Elle est très impactée par l'augmentation du prix de l'essence. Et ce qu'a annoncé le Président de la République hier, c'est qu'on travaille à de nouvelles mesures, encore une fois, pour accompagner les Français les plus touchés par cette augmentation du prix de l'essence qui sera présentée dans les prochains jours.

13:19
Invité

Encore un mot, est-ce que la prévision de croissance qui était à 4% en 2022 va être revue à la baisse en raison de la guerre d'Ukraine ? Ou est-ce que vous la maintenez ?

13:27
Gabriel Attal

Je n'ai pas d'informations sur ce sujet ce matin qui me permettent de dire qu'on revoit notre prévision de croissance.

13:32
Invité

Dernière question sur les réfugiés. Le haut-commissaire des Nations Unies disait à notre micro que près de 2 millions de réfugiés ukrainiens avaient déjà fui. Combien la France en a-t-elle accueilli à ce jour et combien allons-nous en accueillir dans les jours qui viennent ?

13:44
Gabriel Attal

Il me semble que le chiffre sur lequel ont communiqué mes collègues Gérald Darmanin et Marlène Schiappa il y a quelques jours, c'était que 4 000 réfugiés étaient déjà arrivés.

13:51
Invité

Ce matin, Marlène Schiappa parle de 5 000 personnes.

13:53
Gabriel Attal

Voilà, donc on est passé à 5 000. Il y a un accord là aussi très important qui a été obtenu à 27 pour apporter aux Ukrainiens ce qu'on appelle une protection temporaire. c'est-à-dire la possibilité de bénéficier du même régime que pour l'asile mais plus rapidement, de manière temporaire pour les mettre à l'abri. Il y a aussi un travail qui se fait pour qu'il puisse y avoir une solidarité au niveau européen que chaque pays puisse prendre sa part et le président de la République l'a dit la France prendra sa part. Et moi je veux saluer l'élan de solidarité exceptionnel qu'on constate partout en France.

Vous avez des communes, vous avez des associations vous avez des Français qui disent nous on est prêts à accueillir, on est prêts à être solidaires. Et donc oui, on va continuer à avancer pour protéger et accueillir les Ukrainiens qui en ont besoin.

14:33
Présentateur

Allez, on file au standard de France Inter où nous attend Annie. Bonjour et bienvenue.

14:38
Invité

Merci beaucoup à tous. Moi je suis très inquiète parce que j'ai entendu ce qui me paraît être un cadeau reposiné. Savoir nous faire soi-disant un cadeau de la redevance de la radio, de la télévision. Et moi je pense que j'ai un amour du service public qui se justifie parce qu'il y a de la qualité, il y a aussi beaucoup d'honnêteté. Et quand on voit toutes les radios inféodées à M. Zemmour, etc. Moi je suis très inquiète et je voudrais vraiment qu'on ne fasse pas comme en Angleterre où on essaye de déstabiliser la BBC. Il faut absolument qu'on puisse continuer à financer un service public de qualité.

15:30
Présentateur

Merci Annie pour cette question. Je précise le contexte. Emmanuel Macron a annoncé hier la suppression de la redevance audiovisuelle comme le proposait avant lui Marine Le Pen et Éric Zemmour. Et Annie donc s'en inquiète. Voilà pourquoi elle parle d'un cadeau empoisonné puisque cette redevance est un impôt mais qu'elle finance donc des programmes de qualité dit notre auditrice. Réponse de Gabriel Attal.

15:56
Gabriel Attal

D'abord Emmanuel Macron a proposé hier la suppression de la redevance puisque c'était dans le cadre de la campagne présidentielle et du programme qu'il présente devant les Français. Ensuite je veux vous rassurer Annie évidemment qu'on va continuer à financer l'audiovisuel public. Vous avez dit j'ai un amour pour l'audiovisuel public. Moi aussi. Mais ça à la rigueur on s'en fiche. En tout cas j'ai un profond respect et on a un profond respect pour l'audiovisuel public. On a besoin d'un audiovisuel public fort dans un contexte de désinformation dans un contexte où les géants du numérique font circuler des informations qui ne sont pas toujours sourcées.

On a besoin d'un audiovisuel public parce qu'il participe aussi à la création française. Et donc évidemment qu'on va continuer à le financer à garantir ses moyens à garantir son indépendance à lui garantir de la visibilité sur le long terme.

16:39
Invité

Gabriel Attal. Comment ? Parce que si vous enlevez la redevance comment vous allez financer

16:43
Gabriel Attal

le service public de l'audiovisuel ? Ce sur quoi je veux insister c'est que ce que nous proposons de supprimer ce n'est pas le financement de l'audiovisuel public c'est l'outil c'est-à-dire la redevance c'est-à-dire faire payer aux français à 28 millions de français 138 euros quel que soit leur revenu avec la même contribution qui est versée dans un contexte vous le savez aussi où la redevance on le voit est un outil qui s'érode elle est assise sur le fait de bénéficier de détenir une télévision il y a de moins en moins de français qui en détiennent et qui pourtant consomment des contenus sur un smartphone sur un ordinateur

17:13
Invité

Mais comment sera financé si Emmanuel Macron est réélu et s'il supprime cette redevance comment sera financé le service public

17:19
Gabriel Attal

de l'audiovisuel du coup ? Il sera financé et on garantira son financement ses moyens ça peut être par le budget de l'État ça peut être en donnant de la visibilité sur plusieurs années parce qu'il y a besoin évidemment pour les sociétés de l'audiovisuel public de visibilité dans leurs moyens sur plusieurs années Emmanuel Macron il s'exprimait hier sur ce sujet dans le cadre d'une question qui lui était posée par un français sur le pouvoir d'achat et évidemment qu'il aura l'occasion dans sa campagne de s'exprimer sur les questions de culture sur les questions d'audiovisuel et de revenir en détail sur les garanties qui sont données

17:49
Invité

vous notez qu'il a annoncé que sa première décision de président candidat désormais c'est d'annoncer la suppression de la redevance ça a pu surprendre alors même qu'on est en pleine guerre d'Ukraine que nous avons nos reporters du service public de France Télé de Radio France qui sont en ce moment en train de courir la guerre d'Ukraine et que soudainement au milieu de tout et que le service public est attaqué par des candidats d'extrême droite Emmanuel Macron dit on va supprimer la redevance moi j'ai une question à vous poser sur les garanties

18:16
Gabriel Attal

je le dis c'est pas parce qu'on supprime un impôt pour les français qu'on s'attaque à l'audiovisuel public et je vous redis que l'audiovisuel public on va continuer à le financer la redevance

18:25
Présentateur

c'est aussi le gage de l'indépendance de l'audiovisuel public c'est aussi le gage de l'indépendance de l'audiovisuel public

18:31
Gabriel Attal

mais la redevance elle est fixée par qui ? elle est fixée par le parlement chaque année donc de toute façon je veux dire il y avait déjà cette possibilité là encore une fois on parlait d'amour tout à l'heure il y a des preuves d'amour qu'est-ce qui s'est passé pendant la crise Covid 70 millions d'euros de dotation exceptionnelle sur deux ans dans le plan de relance pour l'audiovisuel public on a accompagné la création de la chaîne Culture Box précisément pendant le confinement pour permettre aux français d'accéder à la culture grâce à l'audiovisuel public sur l'indépendance

18:56
Invité

sur l'indépendance parce que c'est un sujet qui va revenir vu que vous supprimez la redevance qui est effectivement un gage d'indépendance dès qu'un reportage va déplaire dès qu'une interview se passera mal aucune question ne sera pas dans la ligne du gouvernement est-ce qu'il y aura une menace sur le budget de l'audiovisuel public quelle garantie d'indépendance vous donnez au service public avec ce nouveau financement et quelle garantie vous donnez à notre auditrice mais aussi aux millions aux millions d'auditeurs et de téléspectateurs qui plébiscitent le service public on rappelle qu'aujourd'hui que ce soit pour la télé ou pour la radio le groupe de service public est numéro 1 c'est les plus regardés et les plus écoutés et quelle garantie vous assurez que tous les ans on ne va pas devoir dire non ce reportage m'a déplu donc on va baisser le budget

19:36
Gabriel Attal

c'est exactement ce que je viens de vous dire c'est qu'on garantit les moyens de l'audiovisuel public et qu'on peut tout à fait prévoir un système où sur plusieurs années vous avez de la visibilité où vous avez par exemple un budget qui est voté pour 5 ans et dont on ne peut pas déroger ça existe pour certains secteurs de l'état vous avez un budget voté pour 5 ans voire plus et ensuite une trajectoire qui ne peut pas être bougée encore une fois j'entends la question que vous posez sur l'indépendance la redevance elle est fixée par le parlement donc d'ores et déjà aujourd'hui vous auriez la possibilité le parlement a la possibilité s'il le souhaite aujourd'hui de revoir le montant de la redevance et donc le budget qui est affecté à l'audiovisuel public donc ce débat sur l'indépendance moi je l'entends on ne peut pas dire que la redevance soit une garantie absolue de toute façon du point de vue de la stabilité du financement de l'audiovisuel public encore une fois l'objectif c'est de pouvoir rendre du pouvoir d'achat aux français plutôt aux français de classe moyenne qui sont assujettis à l'impôt on l'a fait en supprimant la taxe d'habitation pour 80% des français et pour ceux qui la payent encore on a commencé à la baisser elle sera supprimée totalement l'an prochain et donc on avance aussi sur la question de la redevance tout en garantissant à l'audiovisuel public qu'il pourra compter sur des moyens sur une indépendance et sur de la visibilité sur plusieurs années

20:45
Présentateur

question d'Olivier au standard bonjour et bienvenue

20:48
Invité

oui bonjour à tous on vous écoute oui donc voilà donc pour commencer je ne remets pas en cause bien sûr la diplomatie et le rôle de chef de paix de monsieur Macron au niveau international par contre ce qui me dérange un peu c'est qu'il refuse de débattre avec les 11 autres candidats parce que malgré tout il y va des 5 prochaines années de la France nous avons nos problèmes nationaux nos problèmes français et je ne comprends pas pourquoi monsieur Macron ne veut pas débattre au moins ne serait-ce une fois pour parler aussi des problèmes de la France

21:21
Présentateur

merci merci merci merci Olivier certains des opposants Emmanuel Macron reprochent au président candidat d'avoir peur

21:30
Auditeur

de se planquer Gabriel Attal vous répond d'abord quiconque a suivi Emmanuel Macron

21:35
Gabriel Attal

quand il était ministre puis candidat puis président aujourd'hui candidat c'est qu'il aime le débat qu'il cherche le débat qu'il cherche la confrontation d'idées je veux dire c'est lui qui a fait le grand débat national on n'a jamais vu un président se mettre autant je vais y venir et sur la campagne il y aura du débat il y aura du débat avec les français il y aura du débat avec les journalistes il y aura du débat avec les idéorialistes peut-être avec des politiques je ne sais pas quelles sont les émissions qui seront proposées par les chaînes maintenant sur le débat des candidats jamais un président sortant qui se représentait n'a débattu avec les candidats au premier tour pourquoi ce qui est intéressant c'est le pourquoi parce que par définition il y a des décisions qui peuvent avoir été prises avant qu'on peut remettre en cause mais pourquoi parce que imaginez dans un débat à 12 candidats vous avez une égalité de temps de parole vous avez un président de sortant qui est au milieu et vous imaginez assez bien que vous avez d'autres candidats qui vont tous chercher leur moment de confrontation avec le président en interpellant le président Emmanuel Macron il n'a pas de problème pour être interpellé mais encore faut-il qu'il puisse répondre dans ce débat à 12 vous auriez donc

22:35
Présentateur

c'est un problème de format

22:36
Gabriel Attal

vous auriez donc 1h50 d'interpellation du président et 10 minutes pour le président pour répondre ça veut dire que matériellement il n'aurait même pas la possibilité de répondre aux questions qui lui seraient posées donc ça ne serait pas un débat ça serait du spectacle du buzz une foire d'empoigne ce qui est important c'est que le débat il soit utile aux français il soit utile pour qu'ils puissent avoir connaissance des projets des uns et des autres et pour décider et donc Emmanuel Macron

22:59
Invité

donc ce sera des exercices sécurisés comme il s'est passé hier

23:02
Gabriel Attal

hier il a répondu à une interview de vos confrères avec des français sur la question des droits des femmes il a répondu à une chaîne de télévision et aux magazines elle sur la question des droits des femmes il y avait des lectrices qui l'ont interrogé il a eu ensuite un débat avec des français le soir mais il y aura d'autres émissions l'opinion

23:21
Invité

titre ce matin qui n'est pas franchement un journal d'opposition titre ce matin Macron la campagne sans prise de risque

23:28
Gabriel Attal

la campagne elle a démarré hier donc vous verrez que dans les prochaines semaines nous démentirons ce genre d'assertion la réalité c'est que encore une fois il cherche le débat le président et il y aura beaucoup d'exercices où vous verrez qu'il sera mis face à la contradiction qu'il débattra encore une fois avec des français des journalistes des éditorialistes il y aura beaucoup d'occasion pour cela

23:47
Présentateur

merci monsieur le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal au micro d'Inter ce matin

23:51
Gabriel Attal

France Inter il y aura

23:55
Locuteur

Sous-titrage ST' 501