Le marché des légumes plongé dans une crise
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Chapitres
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Questions et réponses
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Les prix des légumes vont s'envoler de plus de 30% par endroit.
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J'imagine que la canicule et la sécheresse ont eu un impact direct que vous ressentez déjà sur votre filière.
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Il y a moins de production parce que les producteurs sont obligés de jeter une partie de ce qu'ils voulaient produire.
- 1:38OuverteRéponse directe
Quels sont les légumes les plus touchés ?
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Vous disiez que les tomates n'étaient pas concernées, en tous les cas celles qui sont sous serre, mais je vois quand même que dans les chiffres, il devrait y avoir deux fois moins de tomates cet été.
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Il faudra veiller à ce que les distributeurs n'en profitent pas pour augmenter encore sur le dos des agriculteurs et en disant la canicule et la sécheresse sont là et donc on va encore plus augmenter.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Les prix des légumes vont s'envoler de plus de 30% par endroit. »
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« C'est plus de 100%, nous dit-on. »
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« Depuis la fin du mois de mai, on a subi plusieurs canicules qui ont impacté les productions. »
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« il y a eu à peu près entre 25 et 100% de pertes de production de légumes sur les exploitations maraîchères »
- 1:41Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, tout ce qui est carottes, poireaux, toute la gamme salade est extrêmement touchée. »
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« je vois quand même que dans les chiffres, il devrait y avoir deux fois moins de tomates cet été. »
- 6:07PrésentateurChiffre
« 40% pour les petits pois, 60% pour le brocoli, 100% pour les artichauts »
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« En France, on s'est moins bien préparé que certains pays à la situation que nous traversons. »
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Et oui, ce n'est pas forcément une bonne nouvelle. Les prix des légumes vont s'envoler de plus de 30% par endroit. Et en fonction des produits, j'espère que vous n'êtes pas fan des artichauts. C'est plus de 100%, nous dit-on. Les professionnels préviennent d'un automne cher et directement lié à la sécheresse. La production baisse et menace les cultures. On est avec Bruno Villa. Bonjour, monsieur Villa. Vous êtes président UDC Roselyne et coprésident de Légumes de France et donc professionnel du secteur. Avec vous, on va essayer de comprendre ce qui se passe. J'imagine que la canicule et la sécheresse ont eu un impact direct que vous ressentez déjà sur votre filière.
Oui, tout à fait. Depuis la fin du mois de mai, on a subi plusieurs canicules qui ont impacté les productions. Et aujourd'hui, l'impact est quand même terrible pour les producteurs puisqu'il y a eu à peu près entre 25 et 100% de pertes de production de légumes sur les exploitations maraîchères avec des épisodes qu'on n'avait jamais connus de façon aussi intense et répétitive pendant l'été et avec un gros déficit hydrique également. Ce qui fait qu'on a beaucoup moins de volume et les producteurs sont vraiment très impactés par la situation.
Voilà, et pour bien comprendre Bruno Villa, c'est comme ça que ça marche. Il y a moins de production parce que les producteurs sont obligés de jeter une partie de ce qu'ils voulaient produire. Et malheureusement, au bout du compte, comme il y a de la rareté, forcément les prix montent. Quels sont les légumes les plus touchés ?
Aujourd'hui, tout ce qui est carottes, poireaux, toute la gamme salade est extrêmement touchée. Et les choux, de façon moins importante, les légumes sous serre comme la tomate et le concombre qui aussi pâtissent de manque de volume actuellement. Donc c'est l'ensemble de la gamme légumes qui est touchée. Et comme vous l'avez bien dit, la rareté fait que les prix augmentent naturellement puisqu'en fait, les prix des fruits et légumes évoluent selon l'offre et la demande.
Et compte tenu du fait qu'il y a de moins en moins de production et de moins en moins de volume, clairement, les prix montent parce que la demande est forte et encore plus puisque avec la saison et les températures, les consommateurs consomment aussi plus de fruits et légumes. Et donc la demande est plus forte, ce qui fait que ça fait augmenter les prix. Ce qui est quand même, il faut le dire, plutôt une bonne chose pour les producteurs parce que ça pourra compenser une partie des pertes, mais pas totalement, loin s'en faut. Il faudra effectivement les accompagner un peu plus parce que ça va être une année terrible au niveau économique pour les producteurs maraîchers.
Si je comprends bien, Bruno Villa, on pourra se consoler en se disant qu'en payant un peu plus cher, on contribue aussi à ce que nos agriculteurs, finalement, amortissent un peu mieux le choc. Vous disiez que les tomates n'étaient pas concernées, en tous les cas celles qui sont sous serre, mais je vois quand même que dans les chiffres, il devrait y avoir deux fois moins de tomates cet été.
Oui, oui, non, j'ai bien dit que les productions sous serre étaient également concernées, globalement, de façon moins significative que les producteurs de plein sang qui ont plus souffert encore de la canicule parce que la serre est un abri, donc ça permet de préserver un peu plus les cultures. Mais là, sur les différentes canicules, les productions de tomates et de concombres ont souffert aussi des températures et les volumes actuellement sont très faibles, ce qui fait que les produits ont aussi un niveau de prix plus élevé que d'habitude en saison. Et de fait, forcément, le consommateur retrouve des produits dans les rayons plus chers.
Néanmoins, le prix rayon n'est pas le prix payé consommateur. Il y a entre le prix consommateur et le prix producteur la marge des distributeurs, également, qui, parfois, est un peu élevée, ce qui fait que ça a un effet multiplicateur, on va dire, des prix qui augmentent.
Il faudra veiller à ce que les distributeurs n'en profitent pas pour augmenter encore sur le dos des agriculteurs et en disant la canicule et la sécheresse sont là et donc on va encore plus augmenter. J'espère qu'ils n'augmenteront pas leur marge d'autant.
Voilà, il faut que ce soit raisonnable puisque, clairement, il faut que nos produits restent accessibles malgré tout pour les consommateurs.
Comme vous l'avez dit, il faut que les consommateurs comprennent que si le prix augmente, c'est lié aux conséquences des canicules et de la faible production chez les producteurs maraîchers et que, quelque part, il y en a aussi besoin parce qu'entre les augmentations de charges que nous avons et que nous devons assumer malgré les productions faibles, clairement, on a besoin de valoriser les productions, y compris celles qui sont dans un état, on va dire, de présentation qui est un peu moins bien que d'habitude avec des légumes de plus petit calibre, parfois un petit peu abîmés.
Justement, Bruno Villa, il va falloir peut-être être un peu moins exigeant et jeter un peu moins et peut-être nous proposer des légumes et des fruits moches, tant pis, des légumes qui sont peut-être un peu atrophiés, pas terribles à la présentation, mais qui peuvent être proposés peut-être à des prix inférieurs, non ?
Oui, tout à fait. L'objectif, c'est de valoriser tout ce qui peut l'être aujourd'hui quand même parce que c'est source de revenus malgré tout. Il faut que les exigences au niveau de la qualité, de l'agréage des produits, notamment chez l'Ottawa, soient un peu assouplies parce qu'un petit légume qui a des défauts, bon, quelque part, il est aussi bon, même si l'aspect est peut-être moins joli. On s'en fiche qu'il ne soit pas beau.
On le coupe et puis on le met dans la poêle et puis ce n'est pas grave, ça. 40% pour les petits pois, 60% pour le brocoli, 100% pour les artichauts, mais c'est terrible ce qui nous attend, là, dites-moi, Bruno Villa.
Oui, c'est terrible. Après, c'est malheureusement les conséquences de cette évolution climatique que nous subissons et qui a un impact important sur les productions de légumes et notamment, on le voit sur la façade ouest où on a subi un climat que l'on n'avait jamais vu avec des canicules répétitives, des températures nuit et jour très élevées et un déficit de pluie énorme aussi. On le voit y compris sur la Bretagne qui subit aussi également de fortes baisses de production et qui impacte les producteurs. Voilà, ça, c'est la réalité de ce que nous vivons aujourd'hui et on peut quand même constater que, voilà, aujourd'hui, il va falloir qu'on s'y prépare, qu'on trouve des solutions.
Alors, justement, parmi les solutions, Bruno Villa, est-ce que l'idée, c'est pas de s'approvisionner ailleurs ? Ça m'écorche la bouche de vous le demander parce que je préfère qu'on ne s'approvisionne qu'en France et que nos agriculteurs soient, évidemment, les premiers à fournir nos fruits et légumes, évidemment, en France. Mais, dans le contexte de cet été, est-ce qu'il va y avoir des approvisionnements ailleurs en Europe ?
Là, après, je ne sais pas quelle sera la politique de certains enseignes. Nous, en tout cas, on milite pour développer la production française et c'est notre souveraineté alimentaire. Aujourd'hui, il y a des solutions, effectivement, pour être capable de produire en France comme le font d'autres pays qui, d'ailleurs, eux-mêmes, ont subi l'effet de la chaleur. On n'est pas les seuls. Je pense que l'Espagne est dans la même situation que nous et d'autres pays méditerranéens qui produisent des légumes aujourd'hui, y compris, d'ailleurs, les pays du Nord, puisque la vague, elle a touché quand même l'ensemble de l'Europe. Absolument. Et donc, le pays qui dit, il est partout.
Mais en France, on s'est moins bien préparé que certains pays à la situation que nous traversons. Il faut travailler un peu plus au niveau du stockage de l'eau pour sécuriser l'irrigation. Il faut accompagner les producteurs pour développer des outils de production sous serre parce qu'on voit que, quelque part, c'est ceux qui protègent le mieux les cultures pour les légumes qui peuvent être cultivés sous serre. Et on a des solutions pour continuer à produire en France. Clairement, il faut les mettre en œuvre. On a pris du retard. C'est indispensable, aujourd'hui, de mettre la marche avant et de développer des productions maraîchères sur notre territoire qui ont toutes leurs places.
Je pense que le consommateur, il est aussi attentif.
Absolument. C'est indispensable de repenser, effectivement, toutes ces questions que vous venez d'évoquer. Merci beaucoup, Bruno Villa, président UDC Rougeligne et coprésident de Légumes de France face, donc, à l'augmentation avenir des légumes. à suivre les escapades de l'été.