L'interview «Savoir comprendre» : Amélie de Montchalin - 28/05
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:29FerméeRéponse directe
Oui ou non ? Il sera remboursé plus tard, quand on en aura les moyens, après 2028.
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Ils ne le sont pas pour l'instant, Mélis de Montchalin. Quatre pays résistent.
- 3:21FerméeRéponse directe
L'Italie bénéficierait de 172 milliards sur ses 750, la France de moins de 40 milliards, c'est ça ?
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Mais à quoi vont servir ces 40 milliards ?
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Et les 3%, c'est fini, ça. Les critères de Maastricht, c'est fini, tout ça.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Invité politiqueChiffre
« 750 milliards d'euros, 500 milliards distribués sous forme de subventions »
- 0:20Invité politiqueChiffre
« et 250 milliards sous forme de prêts. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Quatre pays résistent. »
- 3:21Invité politiqueChiffre
« l'Italie bénéficierait de 172 milliards sur ses 750, la France de moins de 40 milliards, c'est ça ? »
- 3:29Invité politiqueChiffre
« L'Espagne, 140. »
- 4:50Invité politiqueFait
« Et les 3%, c'est fini, ça. Les critères de Maastricht, c'est fini, tout ça. »
- 5:20Invité politiqueChiffre
« 2700 milliards, plan de relance américain, 1000 milliards, plus de 1000 milliards au Japon. »
Temps de parole
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Vous écoutez RMC.
RMC 6h-9h. Vourdin direct. Amélie de Montchalin est avec nous, secrétaire d'État chargée des affaires européennes. Amélie de Montchalin, donc, la Commission européenne a présenté son plan de relance hier. 750 milliards d'euros, 500 milliards distribués sous forme de subventions et 250 milliards sous forme de prêts. Ça veut dire quoi ? Subventions, ça veut dire que l'argent ne sera pas remboursé. Et prêts, ça veut dire... Si, non ?
Oui ou non ? Il sera remboursé plus tard, quand on en aura les moyens, après 2028. Et ce qui compte dans cette affaire, c'est qu'au départ, il y a une initiative franco-allemande. Je pense que ça sera l'un des moments les plus marquants de ce quinquennat.
Ce qui a lancé le...
Parce que c'est un des moments où on a eu un changement de paradigme. Ou par la volonté, par la persévérance, par le courage aussi, d'Angela Merkel, du Président de la République, on a posé un acte fort, celui de prendre conscience que d'abord, on dépendait les uns des autres et que les anti-européens qui nous disent que l'Europe ne fait jamais rien, et bien en fait, quand on a de la volonté, on peut la faire avancer. Et donc hier, la Commission européenne a présenté ce qu'elle retirait, à la fois de cette initiative franco-allemande et de ce qui était nécessaire aujourd'hui pour l'Europe. Ce qui est nécessaire aujourd'hui pour l'Europe, c'est que nous dépendons les uns des autres.
C'est comme ça qu'on a construit notre prospérité dans les années passées. Aujourd'hui, aucun pays ne peut s'en sortir seul. Aucune entreprise en Europe ne peut s'en sortir de seul. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand vous êtes une entreprise française, et que vous avez des clients et des fournisseurs dans un autre pays européen, vous ne pouvez pas, même si l'État français, et qui fait déjà beaucoup de choses, vous aide massivement, si vos clients, parce qu'ils sont allemands, italiens, espagnols, slovaques ou je ne sais quoi, s'ils ne vous passent pas de commandes, ça ne marchera pas.
Et donc, on a une prise de conscience très forte qu'on dépend les uns des autres, et que c'est une force. Maintenant, il faut en tirer des conséquences. Et les conséquences, c'est qu'ils nous font un plan de relance solidaire. Il faut que ça soit effectivement des subventions.
Il faut que les 27 pays de l'Union Européenne soient unanimes. Ils ne le sont pas pour l'instant, Mélis de Montchalin. Quatre pays résistent.
Angela Merkel a dit quelque chose de très fort. Elle a dit qu'il n'y a pas d'Allemagne forte dans une Europe faible. Je pense que tous les pays, tous les dirigeants aujourd'hui... Mais il n'y a pas que l'Allemagne, quand même. Mais l'Allemagne, si elle le dit, c'est qu'elle prend bien conscience que malgré sa force, elle ne peut pas s'en sortir sans l'Europe. Aujourd'hui, c'est un pays comme la Suède. Pour l'instant, il est très prudent.
Pour l'instant, il est contre ce plan.
En tout cas, il n'a pas dit qu'il était d'accord. La Suède, vous savez, c'est un pays... Il n'y a pas eu de confinement en Suède. Il y a quand même une baisse du PIB attendue de plus de 7%. C'est un pays qui exporte. Si les pays vers lesquels les entreprises suédoises exportent ne repartent pas, la Suède ne repartira pas, même si son gouvernement est riche. Et même si son gouvernement met de l'argent sur la table. Donc, aucun pays n'est une île en Europe. On vit tous les uns avec les autres.
Et donc, ce qu'on va faire dans les prochains jours pour avoir un accord le plus vite possible, on a normalement un conseil européen des chefs d'État de gouvernement le 18 juin, c'est qu'on arrive à convaincre par la réalité. On n'a pas le luxe, là, d'être dans des débats théoriques, de dogues. Oui, je comprends. La réalité, c'est qu'on est tous dépendants les uns des autres. Et c'est pour ça que ce plan, aujourd'hui, il a été présenté, initié par la France et l'Allemagne, par le président de la République et par Angela Merkel. Ensuite, la Commission européenne prend ses responsabilités.
Et bien, tous les dirigeants, tous les citoyens, toutes les entreprises se rendent bien compte que personne ne peut s'en sortir seul.
Bien, Amélie de Montchalin, l'Italie bénéficierait de 172 milliards sur ses 750, la France de moins de 40 milliards, c'est ça ? L'Espagne, 140.
Mais Jean-Jacques Bourdin, je viens de vous dire, on dépend les uns des autres.
Oui.
Si on n'aide pas l'Italie à la hauteur de ce que la crise sanitaire a créé comme choc économique en Italie, nous, on ne repartira pas non plus. La zone la plus touchante d'Italie, c'est la zone avec laquelle on échange tout le temps.
Oui, tout le nord de l'Italie.
C'est tout le nord de l'Italie industrielle. Nos entreprises, partout en France, dépendent. Et donc, je ne vais pas vous dire, il faut qu'on fasse des plus et des moins. Ce n'est pas ça, le combat. Le combat, c'est comment on repart tous ensemble, de quoi on a besoin pour qu'on reparte tous ensemble. On travaille pour tous les Européens, et d'ailleurs, on travaille pour tous les Français. Parce que, je peux vous dire que si, au tout le monde est en décrépitude, si on a des situations sociales, économiques, très difficiles en Italie, en Espagne, la France ne repartira pas.
Mais à quoi vont servir ces 40 milliards ?
Alors, ils vont servir à aider des grands investissements dans le plan automobile, dans le plan tourisme. Tous les plans qu'on annonce, ils vont être financés avec une cohérence européenne. Parce qu'on veut réussir la transition du véhicule propre, on veut réussir la transition du secteur aéronautique. Ils vont aussi financer, peut-être, la réforme du système de santé. Le fameux Ségur de la santé qu'on vous annonce. Il y a des investissements qu'il va falloir qu'on fasse. Et donc, derrière, c'est comment, à la fois, on reconstruit, mais c'est aussi comment on prépare l'avenir.
Parce que ce qu'a annoncé aussi la Commission européenne sur la fin de l'année hier, c'est à la fois ce fonds de relance, reconstruire dans l'urgence, mais c'est aussi un budget européen jusqu'en 2027. Parce qu'après le rebond, il faut qu'on puisse investir.
Et les 3%, c'est fini, ça. Les critères de Maastricht, c'est fini, tout ça.
En ce moment, ça ne s'applique pas.
Ils ont disparu.
Le budget européen qui est présenté, c'est un budget qui va créer notre souveraineté industrielle, technologique, numérique. Parce que, face à la Chine, face aux Etats-Unis, si on est juste dans le rebond de court terme, et après on se dit c'est bon, on n'est pas crédible non plus. Donc, c'est un combat à la fois, vous voyez, de court terme, comment on sort de la crise, et c'est un combat de long terme, comment on est pertinent, comment on est souverain. Et la souveraineté, ça veut dire comment on est compétitif, comment on peut se défendre face à la Chine et aux Etats-Unis.
2700 milliards, plan de relance américain, 1000 milliards, plus de 1000 milliards au Japon.
Si vous faites la somme de ce qu'on a fait en Europe, il y a un budget de plus de 1000 milliards d'euros. Il y a du soutien pour le chômage partiel, pour les entreprises, pour les recapitaliser, pour le financement des Etats de 540 milliards. Hier, on a encore annoncé 750 milliards. On est à plus de 1300 milliards d'urgence, plus l'action de la BCE, plus le budget européen. Donc aujourd'hui, ce qui manque, ce n'est pas la volonté, ce n'est pas l'ambition. C'est maintenant, il va falloir qu'on puisse réellement mettre cet argent sur la table, au bon endroit.
Au bon endroit, oui, qu'il soit efficace. Exactement. Pour faire repartir l'économie. Merci beaucoup, Amélie de Manchala. Merci.
Amélie de Montchalin