L'édito de Thomas Bonnet : «Contre le narcotrafic, l'heure est à la manière forte»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bruno Retaillot veut renverser la table en 2027. C'est ce qu'il indique dans une interview au Parisiens où il détaille certaines idées. Vous vous arrêtez sur l'une d'entre elles Thomas Bonet, celle qui vise à rétablir l'ordre dans certains quartiers en créant un état d'urgence antitrafic.
Alors là, on va vous écouter. Bruno Rotaillot part d'un constat qui est largement partagé. Il y a des quartiers aujourd'hui qui échappent à l'autorité de l'État et qui sont devenus des zones de non droit.
Alors, face à cela, soit on verse dans le fatalisme, soit on imagine des solutions. Et bien, l'ancien ministre de l'intérieur qui était à ce titre d'ailleurs l'homme le mieux informé de France penche pour la deuxième option et développe une idée qu'elle mérite d'être novatrice. L'objectif est clair et je le cite, aller replanter le drapeau de la République dans une soixantaine de quartiers qui sont aujourd'hui aux mains des narcotraafiquants.
Dans lexique employé, on le voit, on est dans le registre militaire et bien la méthode elle l'est tout autant. Il faudra, dit Bruno Rota capable dans ces quartiers d'y contrôler 24h sur 24 les sorties, les entrées, de multiplier les perquisitions administratives, de saisir les avoirs des criminels, voire de couper les réseaux électroniques. Sur cette dernière mesure, ça voudrait dire par exemple mettre en place un système de brouillage téléphonique le temps de mener une vaste opération de police dans le quartier en question.
C'est une tactique militaire connue qui consiste à aveugler l'ennemi et à couper ses communications. Oui. Euh Thomas Bonet, Bruno Rota assume de vouloir livrer une guerre au narcotrafiquant.
Oui. Alors le mot a un peu été galvodé. Il figure aujourd'hui dans le lexique de la Macronie.
Dans les actes, on le constate un peu moins. Le chef de l'État vient de décréter un peu tard la lutte contre le narcotrafic comme grande cause nationale. Mais encore faut-il s'en donner les moyens moyens financiers certes, mais aussi être capable d'assumer une posture maximaliste et s'affranchir de l'état de droit si nécessaire.
Bruno Rotaillot avait dit que l'état de droit n'était ni intangible ni sacré. une phrase qui avait suscité la polémique chez les ayatolas de la morale qui avait voulu en faire un signe d'une dérive illibérale de l'ancien ministre de l'intérieur. En réalité, ce que dit Bruno Rota est plein de bon sens.
On ne peut pas combattre les organisations criminelles d'aujourd'hui avec un arsenal daté et qui ne correspond plus à la réalité du terrain. Le droit, par définition, ça se change et ça s'adapte en fonction des circonstances parce que sur le terrain justement la situation est de plus en plus inquiétante. La mexicanisation de la France avance à babruit.
La pieuvre du narcotrafic étend ces tentacules. Il n'y a quasiment plus aucun territoire qui est épargné. L'hyperviolence, c'est désormais le quotidien dans de nombreux quartiers où la loi qui s'applique, c'est celle des dealers.
Dès lors, la seule question qui se pose, c'est de savoir jusqu'à quel point nous sommes prêts à aller dans la confrontation pour ramener la paix dans ces territoires où les habitants vivent l'enfer. Je suis persuadé que les propositions de Bruno Rotaillot feront crier certaines Vierges et farouché qui veulent s'attaquer au sujet du narcotrafic avec des amendes forfaitaire et des travaux d'intérêt général. La réalité, c'est que l'État n'inspire plus la crainte préalable pourtant indispensable à la puissance comme l'admet Emmanuel Macron dans ce qui est désormais son mantra.
Mantra qui ne s'applique visiblement qu'en dehors de nos frontières mais qui s'évapore quand il s'agit d'aller s'en prendre au banc d'armée chez nous. Quel que soit le nouveau président qui sera élu en 2027, il aura à faire face à la gestion de ces zones de non droit. Il faudra beaucoup de courage pour aller les reconquérir parce que si on ne fait rien, il sera sûrement trop tard et alors la partition dont parlait François Hollande finira malheureusement par devenir une réalité.
Bruno Retailleau